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Full text of "Opuscules et traits;"

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OPUSCULES ET TRAITÉS 
D'ABOli L-WALID MERWAN IBi\ DJANAH 

DE CORDOUE 



SE VEND 
CHKZ JOSEPH BÂEU ET C 

iS, RIE DK l/ANni-NNE-COMKniK 






OPUSCULES ET TUAiTÉS 

D'ABOU^L-WALII) MERWAN IBN DJANAH 

DE CORDOUE "^'^^"1^^ ^T\ ^^^^^ 

fkM en A Vf k ICf i . , "l I 



TEXTE ARABE PUBLIE AVEC UNE TRADUCTION FRANÇAISE 
PAR 

JOSEPH DEREINBOURG 

IIEMBRK DE L'INSTITUT 

ET 

HARTWIG DERENBOURG 

l'IiOFESSEl r, À L'ÉCOLE SPECIALE DES LANfil'ES ORIENTALES 




ais'vfc 



3. 3- a^" 



PARIS 

IMPRIMÉ PAR AUTORISATION DU GOUVERNEMENT 

À L'IMPRIMERIE NATIONALE 

M IJCCC lAXX 






• !' il 



FNTUODUCTION. 



La vie intellectuelle des Juifs en Andalousie sous la domi- 
nation musulmane présente un spectacle aussi curieux qu'im- 
posant. Peut-être à aucune époque de leur histoire, depuis 
qu'ils avaient [)ordu leur nationalité, les Juifs n'ont montré 
à la fois autant de vi^meur et autant de souplesse. Cinquante 
années de liberté religieuse, d'existence calme et incontestée, 
suffirent pour qu'ils déployassent des aptitudes étonnantes 
dans les branches diverses qui occupaient alors l'activité 
humaine. On voit tout à coup surgir parmi eux des diplomates, 
des financiers, des négociants, en même temps que des sa- 
vants, des philosophes, des grammairiens, des médecins, des 
poètes. Quelques-uns d'entre eux , singulièrement doués , 
quittent leurs comptoirs pour administrer les revenus de l'É- 
tat, et, après avoir dirigé et mené à bonne fin les transac- 
tions internatiQuales de leur pays, cherchent dans l'étude 
et la poésie la récréation de leur vie laborieuse. Ils passent 
tle la chancellerie au bêt ham-midrasch ou aux écoles, et, 
après avoir débattu en arabe et même en latin des affaires 
diplomatiques importantes, ils enseignent à de nombreux 
élèves les différentes disciplines de la théologie juive, exégèse 
biblique, explication du Talmud, philosophie religieuse. On 
sait le rang qu'occupa le médecin Hasdàï ben Isaac bon Ezra 



ir OPUSCULES DABOU L-WALID. 

ibn Scliaproul le Nâsî'^. à la cour de Cordoue, comme minisire 
du khalife Abderame III et de ses successeurs; on connaît enra- 
iement les hautes fonctions politiques que remplit plus tard 
Samuel ibn Nagdéla, le l^âgîd, auprès de Habous et Bâdis. 
les rois de Grenade. L'un et l'autre ont pris la part la plus 

' ^ oyez sur lui Notice sur Abou-îousouf Hasdaï ihn-Schaprout , etc., par Phi- 
lovènc I^uzzaUo, Paris, i852. Par un passage de Periz, Monumenta Germaniœ 
anliqnœ, IV, 871, cité par Luzzalto, p. 16, nous apprenons qu'il savait discuter 
en latin les intérêts politiques de son pays. — Gra-tz, Gescbichte der Juden, 2' éd., 
1871, t. V, p. 823 et suiv. ;p. 488 et suiv. — Rien, dans les documents, ne paraît 
indiquer que Hasdàï ait été grammairien ou savant hébraïsant (vov. Geiger, Das 
Jiidenthum tind seine Geschichie, t. Il, p. 9 4). Dans la première moitié du x'' siècle, 
la science de la grammaire n'était pas encore cultivée en Espagne. — Le nom de 
Schaproul , comme celui de Labrât , et , en général , les noms de famille se terminant 
par un te't, paraissent d'origine espagnole. Schapr'oiil est peut-être une variante 
(le Scliapourt et une forme quelque peu altérée île v»tz ou ruiicr, Saportas ou 
Sasporta s, nom qui a été longtemps et est encore porté par des familles espagnoles; 
l'orthographe en est restée la même parmi les Juifs (cnjc ou jjnsn). Labrât ou 
Librâl (llbrado) est presque la traduction de cnn, bien que les deux Dounascli 
représentent certainement deux hommes diÛ'érents. Mais le nom de r:)7 lui-même, 
traduit par c^snf», ne laisse pas le moindre doute sur son origine. Que l'un se dise 
Al-Kaïrawânî et que l'autre se dise Al-Bagdàdi, leurs noms montrent avec évi- 
dence que leurs ancêtres avaient vécu, avant l'invasion musulmane, dans le 
royaume des Msigoths, et qu'à la suite des persécutions si nombreuses dans la 
Péninsule chrétienne, les uns avaient émigré en Orient, et les autres en Afrique. 
De touL temps, les noms propres se sont transmis et propagés dans les familles 
juives, quand même, par suite des circonstances, elles étaient obligées de s'expa- 
trier. Le nom de Dounasch se trouve une fois, pour le besoin du mètre, traduit 
par Tjj , dans la pièce de vers placée à la tête de la réponse d'Lbn Schêscbét ( Liber 
Rexponsorum , p. 4, 1. 19). Pinsker(L!H-oM/ejRraf/rrton!i/o(, Appendice, p. i6i,l. ult.) 
a eu tort de voir, dans ce mot, l'indice de la haute position qu'occupait Dounasch , 
et d'appuyer par là la fausse interprétation du mot tî't;?, qui n'est qu'une mau- 
vaise explication de » Li^J l . L'erreur se trouve déjà, du reste, dans Juchasin 
(éd. Philopowski, p. asg*"). — Geiger {Jùd. Zeitschrift, t. X, p. 83, 1872) se 
trompe également lorsque, dans la phrase f"r:r ■>ztif> c-'ro '77Jjbf', il réunit le 
deuxième mot au troisième, et voit, dans celui-là, une répétition du quatrième; 
c'est la version hébraïque de l'arabe iLli ^làJf sjLoi (jùloJuJÏ . — A'oyez 
encore, plus loin, page i\. note 1. 



IiMUODUCTlON. m 

vive et la plus active dans les grandes discussions grammati- 
cales et linguistiques qu'ont agiténs et sou1cv(m\s leurs savanis 
contemporains. Car, dans ces temps, on se passionnait pour 
une règle de grammaire, pour l'interprétation d'un vfrsft <lo 
la l}il)le, pour la correction d'un vers qui venait d'être livré 
au public. Dans les réunions tenues chez un membre influent 
de la communauté, la discussion était animée et rude; sou- 
vent l'indignation qu'une prétendue erreur faisait éprouver aux 
principaux jouteurs dans ces luttes littéraires* menait à l'insulte 
et provoquait des haines qui n'étaient pas toujours sans danger 
pour la sûreté des savants, qui, vainqueurs ou vaincus, comp- 
taient des personnages influents parmi leurs adversaires. 

Les liébraïsants connaissent le sort du malheureux Menahém 
ben Sarouk, de Tortose, depuis le moment où les faveurs de 
Hasdaï étaient allées trouver son antagoniste, Dounasch ben 
Labrât. Appelé d'abord à Gordoue par le puissant ministre el 
comblé longtemps de ses largesses, l'auteur du Mahbérét se 
vit tout à coup en butte à de terribles persécutions de la 
part de son ancien ami et protecteur, lorsque celui-ci se fut 
rangé du côté de l'heureux auteur des Teschoiibôt, ou Réfu- 
tation du lexique de Menahém. Nous possédons les lettres 
touchantes de Menahém à Hasdâï, nous y lisons les humbles 
supplications du grammairien dépouillé et réduit à la plus 
affreuse misère.; nous savons aussi l'accueil que lui fait enfm 
le propre frère du ministre; nous avons conservé également 
la continuation des débats entre Menahém ol Dounasch par 
les disciples des deux chefs d'école-; or, tous ces documents, 
qui nous font assister au spectacle d'une extrême vivacité dans 
l'attaque et dans la défense, ne portent pas la moindre trace 

' Voyez, entre tant (raiilres exemples, ci-dessous, pnge 363 et suiv. 
^ Liber Responsorum , par S. G. Slern. Vipnne. i^-n. — Meuahrm hen 
Sartik, etc., par Siegmund Gross. Breslaii, 1873. 



IV OPUSCULES D'ABOL'L-WALU). 

d'une faute grave commise par Menahèm et qui pourrait jus- 
tifier jusqu'à un certain point les mauvais traitements dont 
il était la victime. ÎNous devons en conclure que Menahera 
n'avait été puni que pour avoir persisté dans ses opinions 
relatives à l'exégèse et à la grammaire, après les réfutations 
de Dounasch, probablement approuvées par Hasdâï. Car. 
parmi les points en litige, on en rencontre à peine un seul 
qui touche à une croyance religieuse M Hasdâï, du reste, 
n'était pas grammairien lui-même, et son acharnement n'a 
pas même l'excuse de l'amour-propre blessé -. 

Abou'l-\\ alîd avait, environ un demi-siècle plus tard , sous 
ce rapport, affaire à plus forte partie! Son adversaire. Samuel 
ibn Nagdéla, le Hàdjib des rois de Grenade, était lui-même 
un grammairien d'une certame valeur. La lutte est donc 
engagée entre un simple savant et un puissant homme d'Etat. 
Heureusement le pouvoir de l'émir de Grenade ne s'étendait 
pas au loin et expirait presque aux portes de la ville. La discus- 
sion se borne donc à des pamphlets et à des brochures qu'on 
se lance mutuellement! La postérité a porté un jugement pé- 
remptoire dans ce (h'bat : elle a conservé presque tous les 
écrits d'Abou'l-Walîd . et a laissé se perdre à peu près entière- 
ment les productions grammaticales de son adversaire. 

' Menalièm, p. i7«; Dounasch, p. ']a. Cf. Talmîdê Men. p. 3i;Talm. Doun. 
p. 2 0. — L'explicalion rationnelle de Deut. vi, 8 {Mahb. 91 «) n'a pas élé relevée 
par Dounasch, et a paru si peu suspecte (roy. Graelz, V, 338), qu'on la re- 
trouve chez R. Samuel b. Aléïr sur Exode, xiii, 9. — Cependant, Geiger (Dns 
J udenlhum , etc. li, 94 et 182) a supposé que la disgrâce de Menahém pouvait 
bien provenir de la découverte faite par Hasdâï que , par vanité , son secrétaire 
avait glissé, dans l'acrostiche de la pièce rythmée, en tète de la lettre de Hasdâï 
au roi des Chazars, son propre nom à la suite de celui de son maiire et prolec- 
teur. (Cf. S. D. Luzzatto, Kérétn héméd, Mil, 8(5.) — Menahèm , du reste, a mis son 
nom jusque dans les exemples cités dans son lexique. \oy. p. 9, col. a, où les 
lignes i à 7 donnent les lettres cm: après l'alphabet. 

- Vov. p. II, note 1 . 



INTRODUCTION. v 

L'iulmirablc notice que Mimk a consacrée à la bio{j;ra[)liie 
(J'AI)ou'l-\\ alùl cl à l'analyse de son œuvre, ainsi <[u'à {'('(ud»' 
des travaux de ses devanciers , a épuisé bien des (jucslions (ju il 
serait téméraire de vouloir reprendre à nouveau après qu'un 
tel maître les a résolues. Mais, grâce à la publication (|ui a été 
faite depuis de la {jrannnaire et du dictionnaire d'Abou'l- 
Walîd, grâce aussi à la connaissance <pie nous avons main- 
tenant de ses Opuscules, nous sommes initiés à un grand 
nombre de détails nouveaux qui nous font pénétrer plus avant 
dans sa vie intime comme savant et comme auteur. D'un autre 
côté, l'achat des manuscrits du karaïte Firkowitscb par la 
Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg, et l'extrême 
connilaisance du savant bibliothécaire de cet établissenient, 
M. A. Harkawy, nous ont mis en possession d'un certain 
nombre de fragments fort curieux qui contiennent des pièces 
importantes de la discussion engagée entre notre auteur et 
ses ardents adversaires, et que nous sommes heureux de 
pouvoir mettre sous les yeux du lecteur'-. Nous avons aussi la 
bonne fortune de publier dans cette Introduction un fragment 
du seul opuscule d'Abou'l-Walîd qui n'ait pas encore été re- 
trouvé, du Kilâb at-Taschivtr. C'est notre ami, M. Adol[)lie 
Neubauer, qui, dans un récent voyage à Saint-Pétersbourg, en 
a fait la découverte et qui nous a communiqué une copie de 
ce inq^Teau, copie qu'il s'est empressé de faire à notre inten- 
tion: il nous a fourni, en outre, un grand nombre de rensei- 
gnements, puisés dans le riche dépôt des manuscrits hébreux 
d'Oxford, dont il termine en ce moment même le catalogue. 



' Notice sur Abou 7- Walid Merivdn Ibn-Djanàh , elc. , ou (jiuil i o articles , insérée 
dans le Journal asialùjue, 1 85o , l. I cl II ; tt Noies siijipb'incidaires , etc. , Journal 
asiatique, 1 85 1, I. I, p. 85 et suiv. 

' C(\s divers fragmeuls ont été collalioimés de nouveau par .M. Harkawy sur 
les'orininaiix. 



OPUSCULES DABOUL-WALID. 



Abou '1-AValîd Merwàn ibn Djanàli, nommé par les auteurs 
hébreux R. lônâb et aussi R. Mérinos^, et R. Samuel Hallévi 
ibn JVagdéia, naquirent tous deux à Cordoue vers la fin du 
x'' siècle '^. Mais ils ne paraissent pas avoir fréquenté les mêmes 
maîtres. Tandis que Samuel restait dans sa ville natale, Ibn 
Djanâb paraît avoir passé une partie de sa jeunesse à Lucéna 
(Alisana). ville peu éloiVjnée de Cordoue, et n'être revenu 
que beaucoup plus tard à Cordoue. D'après Edrisi^, l'inté- 
rieur de la ville de Lucéna était exclusivement habité par des 
Juifs, et Moïse ben Ezra nomme pour cette époque R. Isaac 
ben Gikatila et R. Isaac ben Saûl ^^les deux coursiers rivaux de 
Lucéna, parmi lesquels Ibn Gikatila cependant prend le pre- 
mier rang à cause de sa supériorité en arabe *. :: Il ajoute un 
peu plus loin : «A Lucéna vivaient dans ces temps le chef 
Abou'l-Walid ben Hasdâï, Abou Soleïmân ben Râschelâh et 
Abou Ibrahim ben Raroun, el en outre, Ibn Abî Yakwâ, sur- 
nommé Almotanebbî (le faux prophète) ^. v Or, les deux Isaac 

' Les noms doubles que les Juifs porlaient, depuis les princes ^lacchabées, 
sont souvent, choisis de manière à ce que le nom profane rappelle, jusqu'à un 
certain point, le nom biblique. C'est ainsi que le nom de ;nj3, comme on écrit 
toujours pour (Jjv», représente celui de r;i' ik -. et Mérinos (rinc), celui de 
c;)' "^K , , f^jJ (Jonas) étant la forme adoptée en arabe. 

- L'année de la naissance de Samuel est certainement 99*3. On connaît moins 
celle d'ibn Djanâb. Mais M. Munk a démontré péremptoirement qu'elle devait 
tomber entre 985 et 990 (Journal asiatique, i85o, t. II, p. ho). 

^ Géographie, éd. Jaubcrf , t. II, p. 5'i. — Dozy et De Goëje, Description de 
VAfnqiieet de l'Eitpagnc, par Edrisi, Levde, 1866, p. 2 52. 

*^fjy«-'l ij/o <uà-a. vjiJ jijLJl [^'k^ (jl^r'rcpj pfj (jl. (Ebn Ezra, Rhéto- 
rique 'sy^[^^)\ <_jUiTms. d'Oxford. Hunt. Ggg; Neubauer, 179^.) 



INTRODUCTlOiN. vn 

et Bon Hasdàï soiil mentionnés par Ibn Djanah , (|iii ne protlijjun 
^uère les noms propres dans ses ouvra^jes. Pour Isaac Ikmi 
Saiil, nous lisons dans le Rihmâli ce qui suit^ : «Celte opinion 
(cpio les noms de la forme pé'ôl peuvent avoir à i'élat cons- 
truit pcal) a été suivie par le ])oëte, c'est-à-dire par Mar 
Isaac ben Mar Saùl, que sa mémoire soit bénie, dans ce vers : 

Le fond do mon civur (Iccrah Ubbî) ol iiios reins rcprcLleiil doulou- 
rensemenl mes délices, mes (loti\ amis. 

^kerab a été enq)Ioyé comme état construit de hèréh devant 
un nom véritable. 11 m'est arrivé avec ce vers une chose sin- 
gulière que je vais te faire connaître, parce que tout le monde 
récitait ce vers en lisant segôr Ubbî, leçon qui se trouvait dans 
la plupart des copies et dont je m'étais également servi d'après 
une autorité étrangère. Mais lorsque je récitai ce vers d-ans 
ma jeunesse devant l'auteur, il me corrigea et voulut que 
je disse kerab. Cependant, répliquai-je, toutes les copies que 
j'ai vues portent segôr! D'où est donc venue cette altération? — 
Il me raconta alors que cette pièce de vers , à l'éloge de Jacob 
(Guéw) et de ses fils, envoyée par lui de son pays (Lucéna) 
à Cordoue, était jiarvenue à celui qui était l'objet de l'éloge 
an moment où R. lehouda ben llanigà et R. Isaac ben Hal- 
lôn, le poète, se trouvaient chez lui. L'état construit herah 
leur déplut; ils trouvèrent donc bon de le corriger en segôr, 
ce qcri altère le sens , et le poème a été copié à Cordoue avec 
ce changement et cette substitution, v — Plus loin , en citant un 
autre vers «du poète, 55 sans doute du même Isaac ben Saùl, 
et en parlant également d'une maladroite correction qu'on y 
avait tentée, Ibn Djanâh dit encore- rr qu'il avait appris le 
poëme, dont cet hémistiche faisait partie, de l'autenr lui- 

' \ oy. Rikinâh, j>. 122. (]o passa{|e est cilé dans Muiik {Jonriml (isiali(jti<^ , 
j8oo, l. Il, p. ^12). Nous Tavoiis ivpéliî ici à causo de nos contlnsions. 
•2 P. 179, I. iT) el ao (i.jfj.i! J iU-U isUf^). 



VIII OPUSCULES D'ABOU'L-WALÎD. 

même, 75 et «que dans sa jeunesse il l'avait récité devant lui. w 
Une autre fois, Ibn Djanâli reconnaît que, w jeune encore en 
étudiant devant Isaac,» il lui avait fait remarquer une faute 
de grammaire dans un vers^ 11 propose aussi au sujet d'un 
autre vers une correction très-facile-. En donnant l'analyse 
grammaticale de yaddou i^Joël, iv, 3), proposée par le même 
Isaac ben Saùl, IbnDjanàh la fait précéder des mots : et J'étais 
présent quand un des docteurs les plus versés dans la connais- 
sance de la langue, etc.^» Enfin ailleurs, Ibn Djanâh nous 
raconte que, jeune encore, il avait interrogé le docteur sur le 
sens de Ps. cxliii, 9. 11 ajoute qu'lsaac ben Saùl, après s'être 
consulté, n'ayant pu trouver le sens du verset, avait cessé de 
réciter le soir le psaume parmi ses prières additionnelles, 
comme il en avait eu l'habitude jusque-là '\ 

Le nom d'Isaac ben Gikalila se présente très-rarement sous 
la plume d'Ibn Djanâh. Cependant, à l'occasion de la racine de 
tâmf(^Ps.\\\iu, J 0), il le nomme expressément «mon maître^ v 

'■ Loc. cil. p. 10-2, I. ;io-32. CI. cTussi J). i.jë, I. '6[) et suiv., et plus loin, 
p. XVII, note, la critique de Moïse ben Ezra sur i'.emploi de r>Dj, sans qu'il soit 
suivi de pi?; puis, p. i38, I. i 7-iî^, sur )?' pour )'r\ 

- Ibid. p. 177, 1. i-'i; cf. p. 1 i(j, i. 20-ai. 

^ Voy. plus loin, p. 333, 1. 10; cf. Kttâb al-oiiHoùl, col. -^^ij, 1. G-i 1, et Rik- 
mdh , p. lOa , I. 1^-2 3. 

* Voy. Kilàh (d-ousoùl, col. i3G, 1. 29-33; à cornpléler par col. 32(5, 1. 25- 
29; cf. encore ibid. col. ,')2i. 1. 8, passage à corriger d'après Mikh'd Yôji, sur 
Osée, XI, 9; col. 58), 1. 6. — Une explication originale d'Isaac est citée par 
R. Isaac Hallévi, dans son Rikmdh (ms. hébr. de Paris, n" 12I10). Il considère, 
dans le cbap. wii, □*"!!/* u {Deut. xxxn, 17) comme un dénominatif de □^"l^i*!!-* 
{Lév. XVII, -J ), et traduit : r\os ancêtres ne lesonl pas servis et n'en ont pas fait 
des dieux, r, 

* Plus loin, p. 91, 1. 8, le mot LàJji/o est bien précis. — Une opinion sur 
sakouit (/.v. xwi, 16), du même grammairien, se lit p. 10/j, 1. i-10, où il est 
appelé ^^^ (cf. Kamhî, Mddùl, rac. -j;'). — Une observation d'Isaac ben Gika- 
iila, sur la forme liybride de l^t^NT , qui commence comme un singulier et 
finit comme un pluriel, est consignée à la marge du Kitdb al-ousoùl, dans le 
manuscrit d'Oxford. Voy. col. 658, note 39. 



1 



INTRODUCTION. ,i 

Eiiliii, Abou '1-WalîJ bon Ilasdàï paraît avoir été un ami 
plus âgé, avec lc(|uel il discutait certaines questions gram- 
maticales. Ainsi «avait-il eu de longues conversations ^ w au 
sujet du futur yi^^oh avec Abou '1-Walîd, qui pn'tendait qu'il 
fallait adopter pour cette forme une racine nâkah. Ailleurs, il 
fait précéder son nom des titres : le chef éminent, le maître 
parfait -. 

Lucéna devait également offrir des forces notables pour 
l'enseignement falnmdique. Dans une ville aussi importante 
il se rencontrait certainement d'anciens disciples de R. iMoïse 
ben Hânôk, le fondateur de ces études dans l'Espagne musul- 
mane au X* siècle, et si nous ne connaissons pas les noms des 
docteurs qui au commencement du xi* siècle furent à la tête de 
cette communauté , on ne saurait douter que des savants 
comme R. Isaac ben leliouda ibn Giat, originaire de Lucéna, 
et Isaac ben Jacob al-Fâsî, qui lui succéda, n'eussent eu 
des prédécesseurs considérables. Cependant, Ibn Djanâh, 
malgré les nombreuses citations qu'il fait de la Miscbnâh et 
du Talmud, confesse lui-même qu'il ne peut pas prétendre à 
une grande autorité dans ces matières ^. 

Nous supposons donc qu'Ibn Djanâb a dû passer plusieurs 
années de son adolescence loin de Cordoue , et que peut-être, 
lorsqu'il retourna dans sa ville natale, le maître principal de 
R. Samuel Hallévi , le célèbre tUjou Zakariyâ Yaliyâ , surnommé 
Hayyoudj *, autrement lebouda ben David, était déjà mort. 

' Voy. Rikmâh, p. 86, 1. aS-ag. Cet Abou'l-Walid portait, comme notre 
grammairien , le nom de Yônâh,en hébreu. Voy. EbiiEzra,A/oznai>n, p. 3a a, I. 8. 

' Voy. ci-dessous, p. 817, 1. 8. li est encore cité {Kitâb al-ousoid, col. /)6/i, 
1. 1 5 ) pour son opinion sur la dérivation du mot 7'Ji. 

' Voy. Kitàb al-ousoûl, col. 38(5, 1. 3-Zi. 

* Ibn Djanàli le nomme »% ^>^ L^^f (voy. ri-dessous, p. 1, 1.8; p. 2O8. 
l.-a); Moïse ben Ezra, ^y-s: )yyX\ ^^luliJl 3^f3 q.j b^ ^f ; puis, qLO 



X OPUSCULES DABOU'L-WALID. 

On n'a jamais cherché à déterminer l'époque exacte à hi- 
quelle vivait Hayyoudj. Les anciennes sources se taisent sur 

-^y^ *^^u t_si.xLl 3iw»jJl^^f (voy. les passages cliez Munk , A^o(/ce , clc. , 
dans le Journal asiatique, i85o, t. II, p. 29); enfin, Parchon, 771?' S jnn iv~ 
b"i {Lexicon, p. xxii, i. 6). En comparant ces passages, nous voyons que iiiillo 
part le nom de jr y^ n'est précédé de l'article, ce qui exclut toute interpréta- 
tion de ce mot par un qualificatif se rapportant à notre grammairien. Nous 
remarquons, en outre, que, chez Ibn Djanàli, ce nom occupe la place de v,.$>-^; 
que, dans la Rhétorique de Moïse ben Ezra, on dit une fois, là où le nom de 
Yahyà ne se lit pas, qu'Abou Zakariyà ix porte le sobriquet do Hayyoudj ,;) et une 
autre fois, à l'endroit où il est appelé Yahyà, que «son œuvre est connue d'après 
son nom de Hayyoudj, n ce que confirme enfin Parliôn, en citant, parmi les 
ouvrages postérieurs à celui de Menahèm, fie livre de Hayyoudj de R. leliouda.-' 
Ajoutons encore le titre donné par M. Nutt : ipp in ij r7ir' S ^3^^ vp-':? ico 
b"Ji (Tiro treatises, etc., p. 120), et les mots de R. Mosé Haccôhen, dans la 
préface de ses Gloses : ;i)'p r:)20? o^d n:'7co 717 '313 r7i?'> S {ibid. p. 1). Nous eu 
concluons que ttj^P^ est l'équivalent de v^î-^, et nous pensons que nous avons 
ici affaire à l'un de ces noms hybrides comme il s'en forma facilement dans un 
pays comme l'Espagne de cette époque, où deux civilisations et deux langues dis- 
tinctes vivaient, pendant des siècles, côte à côte, et se remplaçaient même quel- 
quefois dans certaines villes. Nous considérons .Hayyoudj comme un diminutif 
de Jahyd, par l'aphéi'èse du yd et l'addition de la désinence espagnole iijjo. Le 
yôd est ainsi retranché, dans Hî'él (l Rois, xvi, 'Mi), pour ÎV/uV/; dans Rou- 
haïin, qui est le diminutif de Yei'otihdm , le père du célèbre docteur karaïte So- 
leïmân. Pour la terminaison ^ a , nous pouvons citer le nom géographique de 
-rj^cV, en Andalousie, de >i>J (Peirus), qui a formé le nisbeh du célèbre aslro- 
nome Pelragius -— (j^>0^^- Peut-être aussi le nom de Yahyà même a-t-il été 
adopté par rie père de la grammaire hébraïque, 1 d'après un nom hébreu f^'T, 
transformé en ji'n, dans sa famille, qui devait avoir vécu autrefois dans l'Espagne 
chrélienne, s'il est vrai, comme l'assure le grossier Ben Schéschét, le disciple 
de Dounasch {Liber Responsorum , t. II, p. 82), que les ancêtres de lehouda ben 
David avaient professé pendant quelque temps le christianisme. Forcés, pour 
sauver leur vie, à ce triste mensonge, ses ancêtres auraient pris la fuite cl 
seraient allés à Fez, où, deux siècles plus tard, se rendit Maïraonide, pour 
jeter également le masque de l'Islam, que le fauatisme musulman lui avail 
imposé. Une lettre fort intéressante, adressée par R. Samuel le Nàgîd, proba- 
blement au Gà'ôn R. Hâï, nous fait voir que les habitants du nord de l'Espagne 
élaient restés suspects de pencher vers le cbrislianisme (Voy. Zékér Nathan, 



INTRODUCTION. xi 

co point . Si cependant, comme nous le pensons avec MM. Pins- 
ker, Geigcr et Graelz ^ Hayyoudj est identique avec le lehouda 

Vienne, 187-^, p. i3/ia). Ces émigrants n'oubliaient jamais la mère patrie el 
revenaient dans la Péninsule dès que l'occasion s'en offrait. La manière de 
nommer un livre très-rëpandu, brièvement, par le nom de son auteur, est tout à 
lait dans les habitudes des anciens juifs, où l'on dit ru'C ntz, pour 'v jnn 'a, 
ou 'c nroj '=, etc. — On sait qu'outre les trois ouvrages de Hayyoudj publiés 
par M. Dukesen i8i^, et par M. Nutt en 1870, Ebn Ezra nomme encore, dans 
sa préface du Moznaîm, un quatrième livre, le rrp-j? '0 irLivre de parfumerie». 
On ne connaît pas le contenu de cet ouvrage qui n'est cité nulle part ailleurs. 
Cependant, le même Ebn Ezra, dans son commentaire sur Ps. en, 2(5-27, 
s'exprime ainsi : «R. lehouda ben David, le premier grammairien, qui était dans 
le Magreb, dit que les généralités demeurent éternellement, tandis que les par- 
ticularités passent. Il est donc vrai que cette «terre» est le continent; «l'ouvrage 
«de ses mains, le ciel,n le firmament; ciel et terre demeurent comme généraUtés 
et passent quant à leurs particularités. C'est là le sens des mots «ils périssent,-? et 
du verset : «Le ciel sera anéanti comme la fumée et la terre dépérira comme un 
«vêlement (/s. ti, 6).r> Il s'agit des choses particulières, sortant du général, qui 
se transforment et périssent, tandis que les généralités, c'est-à-dire les limites, 
sont établies «d'une manière immuable» (cf. Ps. cîlviii, 6), et «la terre reste 
«toujours (Eccl. I, 4).» Ce passage, que nous n'avons rencontré dans aucun 
des ouvrages imprimés de Hayyoudj, serait-il emprunté à ce quatrième livTe qui 
aurait traité de la philosophie théologique? 

' Likyoutê Kadmôniyôt , appendice, p. 1 65. — Judischc ZeitschriJ't, t. II, p. i hg; 
t. IX , p. 70. — Geschichte der Juden, t. V, p. 355. — D'après ce que nous avons 
dit dans la note précédente, l'argument de M. Gross {Menahem ben Saritk, p. 28- 
29 ) contre cette identité , tiré du christianisme professé par les ancêtres de lehouda 
ben David, perd sa force. L'antagonisme entre les Juifs savants du Magreb et ceux 
de l'Espagne, dont parle M. Gross, repose sur un malentendu. Comment s'ima- 
giner que le courtisan Dounasch, qui voulait avant tout gagner les bonnes grâces 
du puissant Hasdâï, ait commencé par ravaler les savants de l'Espagne, de la patrie 
de ce mémeHasdài? Lorsque les disciples de Menahêra, en s'adressant à Dou- 
nasch, disent : «Tu traites les hommes savants et intelligents de l'Espagne comme 
des ignorants et des insensés, etc.,» ils insinuent un fait inexact par l'exagération 
de l'attaque qu'ils prétendent avoir été dirigée contre leur maître, et propre à leur 
ramener Hasdâï, qui se considérait lui-même comme une des sommités scienti- 
fiques de la Péninsule. D'un autre côté, l'accord entre la Réponse des disciples 
de Menahém et le Kitdb et-tanktt a été remarqué par M. Stern ( Liber Bespomio- 
nwn, 1. 1, p. 53, note 9; p. 56, notes 7 et 9), bien que, dans sa préface (p. lxxv), 
il se refuse, sans raisons sulTisantes, à reconnaître, dans le champion de Mena- 



XII OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

ben David, qui, réuni avec Isaac ben Gikatila, le niaitie d'ibn 
Djanâh , et avec Isaac ibn Kaprôn , prit la défense de Menahêm , 
et fut même le principal rédacteur de la Réponse des dis- 
ciples de ce lexicographe, il doit avoir été contemporain de 
Hasdàï ibn Schaprout dont la personne est l'objet de grands 
éloges dans la pièce rimée placée en tète de la Réponse. 
Hayyoudj expose déjà dans ce travail les mêmes règles sur la 
ponctuation auxquelles il a consacré son Kitâb ei-lankît. Il avait 
donc une grande maturité, et était pour le moins âgé de trente 
ans au moment de la mort de Hasdàï, qui eut lieu en 970. 
Si nous avons ainsi à remontera l'année 9/10 pour l'époque 
de la naissance de Havyoudj, nous ne serons pas loin de la 
vérité en acceptant environ l'année ioo5 comme celle où 
R. Samuel Ilallévi put connncncer à suivre ses leçons. Quelque 
précoce que fut le futur Nagîd, il n'aura guère profité de 
l'enseignement d'un tel maître avant l'Age de douze ans. 
Hayyoudj avait alors soixante-cinq ans, et nous avons plu- 
sieurs raisons qui nous font supposer qu'il mourut ciiKj ou 
six ans plus tard (vers 1010). Les évcHiements dont nous par- 
lerons tout à l'heure et qui ont eu pour conséquence de dis- 
perser la communauté de Cordoue, eurent lieu en 101 a. On 
nous dit que Samuel s'enfuit à Malaga, tandis qu'Ibn Djanâi» 
finit par se fixer à Saragosse; on aurait bien dit un mol 
sur le lieu de refuge qu'avait choisi Hayyoudj , s'il avait été 
témoin des tristes faits (|ui désolaient alors la capitale de l'Es- 
pagne musulmane. Mais, ce qui plus est, pouvons-nous nous 



hèm, le même personnage que Hayyoudj. Celui-ci n'elait probableinciil pas encore, 
parvenu, à Tépoque où il rédigeait la riéj)onsc, à découvrir la loi de la trilitéralilé 
jjour riiébreu et son système des lettres faillies et des lettres géminées; dans tous 
les cas, il ne devait pas les publier dans une o'uvre collective destinée à défendre 
Mcnahém contre Dounascli, qui no connaissait pas mieux que so?i adversaire la 
nature des racines hébraïques. 



INTRODUCTION. un 

ima{jiner qu'lbii Djaiiàli, qui en i o i •.> ('lait ccrlaincmenl déjà 
depuis quelques années de ivlour de Lucénaà Cordouo, puis- 
qu'il parle de cette dernière ville comme d'un endroit où il 
a laissé nombre d'amis et où il a \]oûl6 la jouissance d'une vie 
calme et studieuse, pouvons-nous nous ima^^incr, disons-nous, 
qu'lbn Djanâh n'eut pas cherché à se mettre en rapport avec 
un savant tel que Hayyoudj . si, à l'époque de son établissement 
dans sa ville natale, Hayyoudj n'avait pas déjà cessé de vivre? 
Or, parmi les nombreux j)assao;es où Ibn Djanâh j)arle avec 
respect et admiration des travaux de Hayyoudj , aucun ne fait 
entrevoir la moindre trace de rapports personnels entre les 
deux hommes qui, par leurs efforts successifs, ont jeté pour 
plusieurs siècles les bases solides de la grammaire hébraïque. 

Les guerres civiles éclatèrent en Espagne, lorsqu'eul cess(' 
Je règne des fds d'Ibn Abî'Amir et que les chefs berbères eurent 
pris le dessus. C'est en l'an /»o3 de l'hégire ( i o i 3) que la ville 
de Cordoue, ravagée par la peste et la famine, fut assiégée 
par le prince Soleïmân ben al-Hakam à la tête des troupes 
berbères, qui y entrèrent et y portèrent la dévastation et le 
carnage. Les historiens arabes racontent que pendant ce siège 
un grand nombre d'habitants de Cordoue quittèrent la ville et 
s'enfuirent dans diverses directions. Abraham ben David, le 
chroniqueur juif , nous dit également que les Juifs, qui de- 
venaient d'ordinaire les premières victimes de ces hordes indis- 
ciplinées, se portèrent les uns à Saragosse, les autres à Tolède 
ou à Malaga^ 

Ibn Djanâh demeurait déjà à Saragosse, au moment où il 
termina son premier ouvrage, les Notes et additions aux ou- 
vrages de Hayyoudj. «Mon attention, dit-il dans la préface de 
son Moustalhik , a été distraite de ce travail par l'exil qui m'é- 

' Mous citons ici, presque lilléralemeiil, les paroles de M. Munk (Journal asia- 
tique, iS.'io, l. Il, p. .Sg et suiv.; p. 2o3 et suiv.j. 



Mv OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

tait imposé et par les migrations continuelles auxquelles j'é- 
tais obligé ^ 55 II dit encore dans la conclusion de cet ouvrage : 
K Mes efforts ont été proportionnés à mes facultés , à mes res- 
sources, à mon état actuel de préoccupation et d'abattement. 
Je puis, moi aussi, avoir laissé de côté mainte chose. . , . par 
suite de ce que je t'ai raconté de mes noirs soucis, de mes 
sombres préoccupations et de mes voyages continuels, pour la 
plupart forcés ^. 55 Ce n'est donc qu'après bien des pérégrina- 
tions qu'il parvint à s'établir dans sa nouvelle résidence. Et 
dans un âge avancé, lorsqu'on composant sa grammaire il 
revient à parler des événements funestes qui l'ont éloigné de 
Cordoue, on croit encore entendre les accents du profond 
regret qu'éveille en lui le souvenir de la ville natale ^. 

Saragosse était beaucoup moins considérable que Cordoue, 
et assez éloignée de cette dernière ville pour que le wâli de 
la ville Moundhir, autrefois l'humble vassal de l'Emir des 
croyants , pût maintenir son indépendance et se railler du souve- 
rain qui occupait momentanément le trône des Ommayyades^. 
Si l'on excepte les savants qui, à la suite des guerres civiles, 
s'étaient peut-être réfugiés en même temps qu'IbnDjanâli dans 
ces contrées, on ne connaît aucun juif du x'' siècle qui ait tiré 
son origine de Saragosse. A Cordoue, surtout depuis Hasdâï et 
R. Hânôk, les lettres étaient florissantes, les études actives, les 
réunions, où les problèmes scientifiques étaient discutés avec 
ardeur et souvent sans aucune courtoisie, nombreuses et 
bien fréquentées^. Nous avons déjà rappelé les luttes violentes 
entre Menahêm et Dounasch, entre les partisans de l'un et de 

^ Voy. plus loin, p. 3. 

'^ Voy. p. 233 et 23i. 

3 Voy. Rihmâh, p. i85, 1. lo. 

* Voy. Dozy, Hist. des Musulmans d'Espagne, III, 323 et suiv. 

^ Voy. Gràlz, Geschichte der Juden. V, 3^ir> et suiv. 



INTRODUCTION. xv 

l'aulre, où iiiif ambilioii inulsainc a ou certes sa pari; mais 
on ne peul nier (luoii scnl jusque dans les débordements des 
Injures qu'on se lance nujluellenient, l'exubérance de la vie 
inlelicctuelle. A Sara|i;osse , au contraire , la communauté paraît 
avoir été peu importante, il n'y avait ni docteurs érudits, ni 
exégèles injjénieux , ni sociétés vouées aux études bibliques et 
lalmudiques. Dans cette partie de l'Espagne, Tortose, la patrie 
de Menahém, et Tarragone, nommée par Edrisi la ville des 
Juifs '. avaient, peut-être à cause de leur situation maritime, 
attiré les commerçants juifs, qui, par leur connaissance des 
deux langues, de l'arabe et du latin ou de la langue vulgaire, 
devenaient d'utiles intermédiaires entre les chrétiens et les mu- 
sulmans. Mais l'histoire des lettres hébraïques ignore Tarra- 
gone, et Menahêm dut aller à C^ordoue composer son lexique, 
soutenu par les faveurs de Hasdâï. A Tortose, lorsque son 
protecteur le délaisse, la populace saccage sa modeste mai- 
son^. 

Ibn Djanâlî ne cesse pas de stigmatiser l'ignorance et l'inin- 
telligence des gens que le sort lui a donnés pour compatriotes ^ 
Yekoutî'él ben Hassan, le protecteur de Salomon ben Gabirôl, 
avait été probablement parmi les inunigrants. Il était peut-être 
à Cordoue lié avec Samuel Hallévi, disciple de Hayyoudj , et 
montrait peu de sympathie à notre grammairien qui ne le 
nomme pas. Il fait l'effet plutôt d'un aimable et bienveillant Mé- 
cène, d'un homme du monde, riche, généreux et influent, que 
d'un savant et d'un érudit qui se serait mêlé lui-même aux 

' Voy. Edrisi, Géofrrapkie , éd. de MM. Dozy et De Goëje, p. 191 du to\lo, el 
p. 281 de la traduction, li est curieux et instructif que Benjamin de Tudèle, qui 
voyageait dans la seconde moitié du xii" siècle, commence par traverser, sans mot 
dire, Saraf;osse, Tortose el Tarrafjone, el que ce n'est qu'à Barcelone qu'il peut 
[)arler, pour la première fois , des docteurs qu'il y a rencontrés. 

'-' Voy. la lettre de Menalièm , dans le Libei- licxiwnsioiium. 

" Voy. surtout plus loin, p. ',h'A, l. G. 



XVI OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

questions scientifiques. Les éloges hyperboliques que lui dé- 
cerne un jeune poëte de seize ans tel qu'lbn Gabirôl (jui n'a 
jamais connu la mesure, ni lorsqu'il loue, ni quand il blâme, 
et dont la sensibilité était irritée par la mort tragique de son 
ami, massacré par la populace, ne peuvent certes pas peser, 
dans la balance de notre jugement, contre le silence d'Ibii 
Djanâli et en général de tous les chroniqueurs et historiens 
qui ne le mentionnent nulle part ^ 

Salomon ben Gabirôl lui-même fustige Saragossc, où, en- 
fant encore, les événements l'avaiont conduit, par une pièce 
de vers, oii l'on lit : 

A qui parlcrai-je, eu me réveiilanl? à qui conterai-je ma douleur? 
S'il y avait un homme compatissant qui eut pitié de moi, me prît 
par la main . 

• L'identité de \eljOiitî'él avec l'astronome Hassan, que soutient Geiger(Zei(- 
arhrijt cler DenUchen morgenUhuUschen Gcsellschaft , 1869, t. XIII, p. 5i/i-5i6, 
et Salomo ben Gabirôl, Leipzijr, 1867, p. 38 et 118), ne parait guère probable 
(Gràtz, Geschichte der Juden, t. VI, p. 3/i). On se décidera dilTicilement à recon- 
naître, dans l'aslrononie dont les obsenations renwnlent à l'an 971, la même per- 
sonne qui aurait accueilli aussi bien, en 1087, où, en ce cas, il n'était pas loin 
de quatre-vingt-dix ans, un tout jeune homme tel que notre poëte. Le vers d'Ibn 
Gabirôl (Dukes, Schîré ScheUmôh ,lianQ\re, i858, p. 28,1. i),où sont louées 
rla générosité, égale à la mer, la droiture et la science dans la sainte loi de Dieui 
de ^ekoulî'èl, serait faible, appliqué à un talmudisle qui avait été daijydn ou juge à 
Cordoue. Mais, fùt-il plus tort, cet éloge ne prouverait rien dans la bouche d'un 
poëte qui, né en 1 02 1 , n'avait que dix-huit ans lorsque la chute du wâli de Saragosse 
(1089) entraîna la mort de son protecteur. L'élégie (Dukes, loc. cit. p. 3o-3'4) 
composée sur cet événement ne dépeint qu'un homme politique dont la haute 
situation servait de rempart à ses coreligionnaires. Si l'on compare les différents 
passages où il est question de Hassan ben Hassan, on est tenté de prendre 
Yekoutî'él pour le fils du célèbre astronome qui, élevépar son père, pouvait avoir eu 
des notions assez étendues de lastronomie pour que, grâce à sa grande fortune, il 
passât pour un savant dans la bouche de ses adulateurs. Dan."; le passage de Moïse 
ben Ezra cité par Geiger {Zeitschr^ft der Deutschen moi'genlândischen Gesellsehaft , 
loc. cit.), l'éloge se rapporte surtout à Ibn Gabirôl, bien qu'il soit dit également 
qu'lbn Hassan offrait fiicilement matière aux panégyriques du poëte. 



INTRODUCTION. wn 

Je verserais mon cœur dans son sein, je lui dirais une partie de mon 
chagrin ! 

Et peut-être, en parlant de ma douleur, calmerais-jc un peu mon 
trouble ! . . . . 

Est-ce peu de vivre au milieu d'un mondo qui prend iii.i droite pour 
ma gauche ? 

Je suis enterré, mais non dans la plaine; dans ma maison est mon 
cercueil ! . . . . 

Ce monde, .... mais leurs ancêtres ne méritaient pas de servir de 
chiens à mes troupeaux. 

Ils ne rougissent jamais, à moins de se farder la face avec du cramoisi. 

Ils se considèrent comme des géants, ils m'apparaissent comme des 
sauterelles ' 



' Voy. Munk, Mélanges de philosophie j une et arabe, Paris, i85(), p. lôg. Le 
texte hébreu se iil chez Dûtes {lac. cit. p. i), et a pour titre Plainte en quittant 
Saragosse. Malgré la pureté de son langage, l'art merveilleux avec lequel il s'est 
approprié tous les secrets de la poésie biblique, et la profondeur de ses sentiments, 
Ibn Gabirôl n'a pas pu échapper à la critique de Moïse ben Ezra. Nous donnons 
le curieux passage suivant de la Rhétorique, où if est visé sans être nommé : 

«o o- g -.^>-:!j .^[^lil! *-.^s-^-J U J,\ ^yjJfj «^iî t_>Lj j lii.^" (J^ Jj^ 

^ l^r Ij JaJ siL-a_à_À.j y^ ui'o <U:^l^ ^ i;p .^' 3^ [ ^y^9. , . . cnicrj 
^y.S] t>-.3j Ljfcj_^j ij-*»^ ^j-u.. :^ j*?>-^ -i-^S '^y*^^ (j U? «-Lj-^f (j^ 
c-L^-^JC.»». I 0^^ )'J"jj LJLsL3 n>ii Pjjj l'nijj fJULs )•>:■< r ni j3 •• 

^-«-^1 o'^O^ y^^,?^^ *^^ (J^ J-^^' *^ cr'E=D nnni nf; -A^ya^^^j 
pl_cujf ïtXJt" (_j^-~3 Q-/0 tV.;_sij ^ji.2kL2j| Ja-lilî (VA* L-oL os^Y^o %^^^ 

L«ij .il^l j*j .3^ <u^ ^y^^. \ ijôj\ C'j'îDC c5j' mifi ^ r'3'jD ce;) jU» 



xvm OPUSCULES D'ABOU 'L-WALIO. 

SI nous iit^ (levons pas atlaclier trop (l'imporlance aux épaii- 
ohenients d'une ame aussi meurtrie , d'un esprit aussi chagrin 

^jlC« ipTD npj nu'CT 'bip *Jj5 ^ j.cLiJ[ »o-JUc[ iAjoJI f?!;)!; ^^5\jLtf' ^:tv 

i^jsu] tv-c- '*^ï»v-i LSUJviT (_> aii» ^^yX (jo^J •'b'f' iiifiJ» f>b)b . «Fais 

nlleiition à ro que l'usage élablit nu sujet de Teinploi du singulier et du pluriel, et 
à ce qui est attesté par ce qui se trouve dans rÉcrilure. Ainsi les grands poële.^ 
ont fornu' un singulier de sanwiîrvn {Gen. xix, 1 1), ce qui est une erreur. Ce mot 

t'st comme millouim, hippourtm, elc On a employé kât, détaché de tne'ai 

({ui doit l'accompagner et dont il ne peut jamais être séparé. Ces deux mots font 
im ùbn, comme, en arabe, Jfabîh schaMh, hasan basan , elc. On s'est servi de 
gdbbôt et de bdbât seuls, bien que ces deux mots soient toujours suivis de'ayin 
{Lév. XIV, 9, et Zac. 11, i3). Les poètes se sont permis de mettre au pluriel les 
noms des luminaires célestes, tels que scJiémésch, yârê'ah, kîmâli, en traitant 
ces mots à l'instar de lesiltm {haïe, xiii, 10), tandis que hexU seul est ainsi 
employé» Ils ont lait de même pour les noms des pierres précieuses, commf 
léschém, kési'f, zdhàb, en se fondant sur kaspèliém {Gen. xlu, 35). Tout cela, 
c'est forcer la langue d'une façon qui n'est pas permise, malgré les licences qu'on 
accorde à la poésie. Mais ce qui est essentiellement affreux, c'est le fait de celui 
qui a conjugué ces noms comme des verbes, et qui a dit inenrhouliihupt et meyoïi- 
•tchefâli, comme dos dérivés de schàhain et ydschj'eh. 11 a dit aussi «et une âme 
perlée, pemntyâkv,iovmé d'un singulier de penmtm{Lamenl. iv, 7), qui n'existe 
pas. C'est là une finesse qui ne saurait être maintenue. — Sois également 
sur tes gardes, afin de n'employer les mots que dans leurs vrais sens. Certes, 
les explications varient, et les significations se remplacent souvent les unes les 
autres. Ainsi, hàtérém {Ex. x, 7) a le sens de liulà, kî { Nombres, xi\, i3) remplace 
âschér, oulaï { 0.w, viii , 7 et Nomh. xxii , 33 ) prend le sens de loulê'. Ainsi l'a cru le 
poète lorsque, dans le poëme Oulaï dptnd'àt , elc. . il emploie ce mot au lieu de 
lotilê, et cependant oulaï' se rapporte à un objet qu'on espère ou que l'on craint . 
et il en est de même en arabe, où il est rendu par la alla. r. (Cf. kitâb al-omoût . 
col. a6, l. 15-17.) Toutes les erreurs reprochées à un poète, dans ce passage, 
visent Ibn Gabirôl. Le singulier .saxtreV se lit chez Dukes {loc. cit. p. i3, 1. /i ; 
cf. Sen. Sachs, Vie de Suljmon ben Gabirol, en hébreu, p. 82); kdt se renconJre 
fréquemment et jusque dans la phrase mnémotechnique qu'lbn Gabirôl a donnée 
pour les lettres radicales; bdbâtî, chez Dukes, p. /t7, 1. iG (voy. note 3 ); léschém 
se lit, au pluriel et avec suffixe, chez Dukes, p. /18. 1. 1 (cf. note 1, où l'on 
voit que Moïse ben Ezra était tombé dans la même erreur qu'il critique ici); le 
mot p^nhmjâli se trouve chez Dukes, p. 1 (l. 1. ifi (cf. note i): le vers oïdaï, etc. 
est le commencement du n" 1 1. chez Dukes. p. "o. 



INTRODUCTION. xn 

qu'Ibn Gabirôl, le jugemenf porlé par Ibn Djanâh sur sa villo 
adoplive est loin d'être aussi indifférent. C'était nn esprit froid et 
calme, et il était si peu j)oële qu'il avoue lui-mrme qu'après 
avoir essayé quelques vers dans sa jeunesse , il avait répudié une 
muse qui l'avait toujours dédaij^né'. Il p;irlo bien quclcpie part 



' Le passiifj(> en ([iieslion se lit dans Rihmàli (p. 18."), I. •?.'■> à p. i8(), 1. S), et 
a été Iraduil par M. Munie {Joiirn. as., iSCxi, l. II, p. 87). Nous possédons une 
observation malicieuse de Moïse ben Ezra, relative à un plagiat dont Ibn Djanàli 
se plaint dans ce passa{je. Après avoir soutenu que la po(''sie est un don de la na- 
lun' (]ui ne peut être acquis par l'étude. Moïse continue : (J (jl (JsJ' ^f 

^«..^-^f <^iJLj' ,J y^'-' '"«s^-^'» oV:-'»-'' vf U^ cJ'^ *_jiiÀ.c t>^J t^s^iJ jtftuo 

*j£>Iaj. ^t^iil ^Jil:^ (j «Ja^ «ol^Cr ^^if (jl-^JyiJf ^J^ ij^ <A^a\ ^]^ 

lajf ^^ ;^^l y^^ '-^ s g W /,-u.._3 -^ ^.é=>(3^I. trNe vois-tu pas que, chez 
les musulmans, les hommes distingués dans les sciences, lels que le prédicateur 
Ibn al-MokafTii', le secrétaire 'Abd ai-Hamîd , Asma'i , Al-Djâhil et d'autres qui sont 
les piliers de l'éloquence et les maîtres de l'art oratoire , sont incapables de faire des 
vers; et , que chez nos coreligionnaires de l'Andalousie, Abou '1-Walid ibn Djanâh et 
Aboii Ishàk ben Soklàr, surnommé Ibn \âschousch,que leurs âmes soient au j)aradis, 
qui sont des maîtres consommés dans la langue hébraïque, sont hors d'état de nous 
faire entendre un seul vers bien rythmé! Ilest vraiqu'Abou'l-VValîd parle, dans son 
grand ouvrage, des quelques strophes qu'il avait composées, et que, par jalousie, 
on avait mises sur le compte du poêle Ibn Ilalfôn; mais il aurait été plus con- 
venable, pour un homme de son rang, de ne pas parler de cela. Un liommc d'une 
valeur aussi considérable et d'une réputation aussi brillante ne cherche pas à 
paraître avec une branche aussi mince de savoir.?) Pour les quatre célébrités de 
rislàni, voyez Ibu Khallikan, Biog-rapli., I, h'.ii; II, 178; 1 93 et /io5; pour Ibn 
Yàschousch, voyez Ebn Ezra dans sa préface du Moznaïm ; M. Neubauer, Notice 
sur la lexicogi'aphin hébraïque, dans le Journal asiatique , i8()2, t. II, p. 267, et 
tirage à part, p. 301; M. Steinschneider, ZeilschriJÏ der Deutschen morgeiildn- 
dischen Gesellschaft, t. VIII, p. .')5i ; t. IX , p. 838; (innlz, C.pschichte drr .hiden, 
f. VI. p. 53, note 1. — M. Neubauer nous communique quelques fragments tirés 



xx OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

d'un habitant de Saragosse, Ahoii Soleimân bon Tarakâb. 
qu'il nomme son ami et dans la maison duquel eut lieu le 

de la colledion Firkowitsch , achetée par la Bibliothèque impériale de Saint-Péters- 
bourg, et que notre savant ami croit appartenir au j_^^L<tXjf c_jLxi'^(c'Dn'J? 'c) 
d'Ibn ^ àschouscli ; nous n'hésitons pas à les publier ici , parce qu'ils se rapportent 
à Abou 'l-\Valîd et au Nàgid. Les voici : tu- ^j JasJ\ *J (jI b"i 7'j;Jf ^j* 

Tzr J^l yf JUi i^^tX o' tiLfi J ô^^ ^Ij ^ Url l^l^I^ r:3r;p 

t'c; *JltV=k^ L-îU^ (Jx. Jt>JCM,L UyL- (jiJjJl np r;p J.--'U 'îd ^î^J^-^U 'CJ'' 

cjj-pI^^ o^l "^J^^seL ji'îj' ^^: p'jT i;f>i) ^ipji c'irfj l'bp ij pcn t5 l't: cbnjs 'b") 

*L^[ l^^ e>->^l l^ l^U^L me rcu' p' j^. jnn ii'b: [l'ir ;)'7r j>-«3 pLJu 

Joo Iv-û-Xi^ Lo,!;^^Jjo ^1 bJ lVJ ^ O"^ «^LuJ (jt^ i>C (•'*" ^Ji'vàj) 

jJ^iÂ5 B^Likà t^' '"'"'^ Nàjjîd a pensé que le troisième radical, dans les 

verbes 'àsdh , kândh , bdnâh , etc. , est yôd. Il se sépare en cela de tous les auteurs. 
Il soutient que la vraie racine de ces mots est 'âsaî, kânaî, hânaï, etc. , et il le 
prouve par des exemples, tels que nàtàxjou (Ps. lxkiii, 2, et Nombres, xxiv, H), 
hâsâyou (Deul. xxxii, 87), yiichlàyoïi {Job, xii, 6), yirbeyoun {Deul. viii, i'<), 
yibkdyoun {I.i. xxxiii, 7), et d'autres passages où le yôd se rencontre; puis par 
des moLs tels que pidyôn, 'élyôn , Icilldyôn [Is. x, sz),piryô [Lev. xxvi, U etpassim) 
et d'autres semblables, oîi le troisième radical hé n'a fait que remplacer le yôd, et 
où, selon l'avis du ^«âgîd, le vrai troisième radical est un yôd. 11 dit, à un 
endroit : r C'est ce qui a échappé aux savants et au vulgaire;?) et ailleurs : «Per- 
«sonne n*a su ce que nous savons. -î L'auteur (Ibn yàschousch) dit : C'est là une 
opinion si évidemment fausse, qu'on pourrait se dispenser d'en expliquer la 

fausseté; cependant, nous dirons v R. Samuel est ici d'accord avec la 

grammeire moderne. — Un second fragment est le suivant : o>X^^>^l 0^5 

^i^^Lstj Juii <Jr:-rJl *yJ' ci i- (jy fi^^^ ^j^'' 'tV* -"^j; 

J^UJl a^j "■'-JI (^\^ y^"-^} '^^ c^-v ''"-'f^^j] ^vyl (jy^ "''^ c-jL-ojL 

ijttj. jj_^L- <*-^ Àso\ y! iDJ? PK7f) >;'C'K! 8^j_^3 tVwc (jy^l (jJt>^ tN=>'' 
^^ c?ît>-^ r- Dans ces deux vers, on a mis un dâgésch dans le yôd de miyyedè 



INTRODUCTION. \\. 

débat vif cl ramai isé par notre aulcur dans le Kilàh nL-Uis- 
ivii/ii^: il inciilioime encore dans le même traité un Samuel 
al-liazzàn (|ni aurait pris part à ces discussions-; mais Tim 
et l'autre sont [larfaitement inconnus. 

et de mi;iiiel(id('nv , pour lo besoin du inèire. l'our le passa{;c Daniel, xii, 2, cilû 
pr le Nàgîd, il existe une dilTcrencc cnlrc Heu Aschor cl Berr \iiffcili. — Le 
troisième fragment nous intéresse particulièrement : rccD qI JUJ 7'j:J1 LoI^ 
(_joJt -N-^f (_?7!v-<2-Jf ^ bUcv-cJ' U cN-ûJ^ t *JÎ •^' yt^t ^TJf^ '■"■î'J 

pjH'b C'bpD rJj^ l'tntj qL^=5 tmJI c».]lg:iwwf^ <>Jy f ^^ crb p. «Le Màgîd 
idliriiie que /H'sc/iofaA, etc., sont des inipéralifs; mais, bien qu'il ail rcnqili des 
feuilles entières à ce sujet, il n'est pas, comme nous, arrivé à la vraie analyse par 
laquelle il est prouvé que ce sont des impératifs. On doit s'étonner au plus haut 
de({ré que Ben Bal'àm se soit, dans celte question , rangé du côté d'Abou 'l-Walîd, 
en traitant le Nàgid d'ignorant. On peut lui appliquer le verset de Joh , xwviii, 2 : 
cil obscurcit la pensée par des paroles sans intelligence.» Siu- celle discussion 
entre le Nâgîd et AboH '1-Walid , voyez plus loin, p. xliii. — Voici enfin un 
dernier fragment : nnc qÎ j-Lui^f ji^=U 7'j:JL o^Ji^A .>U^i'[ ie^\^ 
Lgjf »Lij <_^^Li/o ^ sli^iJl I j^iCs&j ^À5y) (jv~^f -i^t>-f ':^ 7'cr) '3 'CDî 

rbif)» rbiP T>-»zn Lof. ,4N„sR;JIj. "Pour Sclidineidk {Psaumes, Lxxxïi,3),le 

schin a une voyelle longue pourvue d'un arrêt. Ainsi, nous l'avons trouvé dans des 

copies reconnues comme correctes. Mais la ^lassore, Oldàh tve'ohldh y> — 

Voy encore Kitdh al-ousotU, col. 1 ï^!^ , note 62 , où l'on cile Ibn Yàschonsch, pour 
son opinion sur wedigoum, qu'il prend pour un hifd à la place de ivehiddigoum. 
Celle citation, que le copiste a placée à la marge du ms. d'Oxford, a lait dire à 
M. Dukes [Nahal kcdonmvn, p. 11) qu'Abou'l-^YaliJ iiomuiait Ibn Yàscbouscb 
dans son lexique. Il l'a peut-être eu en vue, lorsque ci^lessous, p. 26'è, 1. 9. il parle 
d'wun homme qui mérite sa confiance pour l'intelligence des conjugaisons; v ou 
lorsque p. 86, 1. 10, il cile cun contemporain dont la science lui inspire une 
grande confiance. 1 11 ne s'exprimerait pas ainsi s'il s'agissait de ses maîtres. — Ibn 
Yàschousch est mort, d'après Ibn Abi Oseibi'a, à Tolède, dan.<i l'année 'i'i8 de 
l'hégire (lo.")-^), âgé de soixante-quinze ans. Il était donc contemporain d'Abou "1- 
Walîd et même probablement un peu plus âgé que lui. Mais les écrits polémiques 
d'ibn Djanàh contre le Nàgid étaient certes répandus depuis io35 ou 10 '10. 

' Voy. plus loin, au commencement du Kitdb at-taswitja, p. .36/i. 

' Voy. p. 302. — On n'a jamais pu prendre au sérieux la pensée de voir, dans 
ce Samuel Hazzàn, le Nâgîd qui aurait rempli les fonctions modestes de chantre 
de synagogue après s'être enfui de Cordoue ( Geiger, Jiidische ZeiLschiift fur Wis 
seucluifl und Leben, t. II, p. lôo). 



Axn OPUSCULES D'ABOU L-WALID. 

Du reste, les premiers adversaires qu'Ibii Djanâli rencontra 
à Saragosse n'étaient pas des admirateurs excessifs de Hay- 
youdj. Les critiques qu'on lui adressait et auxquelles il répond 
dans les deux traités qui suivirent le Moustalhik, portaient 
tout aussi bien sur son propre travail que sur les ouvrages de 
Hayyoudj. A Saragosse et dans ces contrées, il v avait sans 
doute encore des partisans acharnés du système des racines bi- 
litères et unilitères. en vigueur parmi les grammairiens de 
l'ancienne école'. Ici se pn-senle une (juestion à Inquelle il 
convient que nous nous arrêtions. 

Lorsqu'on j)ense qu'à l'époque oii David ben Abraham et 
.Menahem composèrent leurs dictionnaires, les grammairiens 
arabes étaient déjà depuis deux siècles en possession de notions 
très-exactes sur la trilitéralité des racines sémitiques, qu'ils 
avaient écrit sur le ^ilm (Ui-uahwel ]o/ilm alloiiga, sur la gram- 
maire et la lexicographie, des ouvrages nombreux et étendus, 
que les juifs habitant dans les pays musulmans lisaient et 
parlaient l'arabe comme leur lanjjue maternelle, on peut 
s'étonner à juste titre qu'on ait tant- tardé d'adapter et d'ap- 
pliquer à l'hébreu ce système si simple et si rationnel. Il est 
impossible d'attribuer cette ])ersévérance dans des idées suran- 
nées à un sentiment de répulsion que les juifs auraient éprouvé 
contre tout emprunt lait aux ennemis de leur religion en 
vue d'expliquer la langue sacrée. Rien n'est plus contraire à 
l'esprit dos docteurs juifs que cette roideur inintelligente. Par- 
tout et en tout temps, les juifs se sont, avec une rare sou- 

' Dans Ewaid et Dukes, Beilràge, II, 170, les critiques de ces grammairiens 
sont confondues avec celles des partisans de Hayyoudj. Ce que nous avançons se re- 
connaît par la lecture du Tanbîh et du 7a/.rt6. Voy. p. 260, 291, 3 1 1, contre les par- 
tisans des racines bilitères: p. 3i3, contre les gens de sa contrée r-qui n'ont pas 
lu ou qui n'ont pas compris les traités de Hayyoudj.» Abou '1 -Walid désigne 
souvent par le mot j»3 rgens", ci-dessous, 101, 3; 102, 11; 12. j, 2; i5i. 
9; 173, i; 208, 8,etc. , les adversaires qu'il dédaigne. 



LNTUODlir/nON. \Mii 

[liesse e( une iiiervt'illeuse rucilil»', mis nii loiiraiil des i(l(''e5; 
an milieu (lest|iielles lo snrl les avait jelés. Ils (iiil prohahle- 
moiil imité les Syiions pour la poiietualioii qu'ils introdui- 
sirent dans le texte même (.le la liiltle; ils se sont aj>|)ro|)rié 
a\ec prestesse les plidosoplièmes des (irccs et se sont lait de 
bonne heure une exégèse (pu IVil d'accord avec les pruicipes 
(pii en découlaient '. (l'étaient là des hardiesses autrement 
}jrandes (pie rado|)lion d'une conception linguistique. Du 
reste, on comparait bien les mots hél)raï(|ues avec les mois 
araméens et arabes, et l'on expliquait telle racine rare en 
hébreu parles racines congénères des langues sœurs; lehouda 
ben koreisch avait consacré à la nécessité de cette méthode 
comparative sa lettre aux habitants de Kaïrowân, Sa'adià la 
pratiquait constamment, et l'on invoijuait l'autorité de son nom 
respecté ainsi que celle d'autres célèbres chels de la captivité 
contre les hyperorlliodoxes timorés (pii avaient la conscience^ 
troublée par le prestige qu'on accordait ainsi à 1 idiome (\u 
(]oran, dont on ne craignait pas de citer des versets entiers-. 
Il faut donc chercher ailleurs la raison de ce fait singulier 
qu'on n'a pas encore expliqué. 

Nous croyons la trouver dans l'intuition qu'on avait d'un idée 
juste en elle-même et qui a été viciée seulement [>ar l'exagération 
à laquelle on s'est laissé entraîner dans l'application. Par un 



' Los soins pris par les j)i)ilosopiies et les cxéjjèles juils , depuis récolo dAloxan- 
(liie jusqu'à Sa'adià cl sus successeurs, pour écarter toutes les expressions anllirn- 
popatiiiques de la Bil)lc* n'ont pas d'autre orijjine. 

' L'anecdote delà servante de Rabhi, dont le laiijjajje vulgaire, savoir Tara- 
niéeii palestinien, servait à l'explication du mot bibli(pie, est connue. Le Rtmhx 
de R. lehouda heu Koreisch a été publié par MM. Barjjès et l!. (loldberjj, à Paris, 
ii^.)7. — Siu- Sa'adià , voy. plus loiti, p. l'ii; kiUib al-ou.svùl . co\. i3o, 1. 8-iî'2; 
(I. ihid. col. 20/1, 1. !>.') el suiv.; et Ncubauer, La la.vicngnijiliiL' hébruùiuc , p. i;)(i , 
note '1 du tirage à pari. Nous avons nolé un pa.ssa{i[e du (^oran chez Ahoii 1 W alid , 
'•i-ilessous, p. .'{.')•-. 



xsiv OPUSCULES D'ABOU'L-WALÎD. 

procédé purement empirique, on avait remarqué que des ra- 
cines comme nrù', nnï; et nn'ù'. "*: et "'3, "jn et"]Di, hd? et 
■]:î, '?iî et hh', '^in, n'?n et bbn, ri"" et ri:, et tant d'autres, 
pouvaient se remplacer mutuellement, sans que le sens fût 
changé; et, le fût-il légèrement, on ne s'en apercevait pas 
moins de l'idée commune attachée aux deux radicaux com- 
muns à chaque groupe de ces racines ^ Puis les lettres faibles 
qui venaient dans certains cas s'ajouter aux bilitères avaient 
un caractère arbitraire, par suite de l'orthographe parfois 
indécise du texte hébreu, qui permet constamment d'ajouter 
ou de supprimer la quiescente. La Massore, en fixant la scriptio 
plena ou defectiva d'un mot dans les différents versets, d'après 
l'autorité de copies considérées comme correctes et authen- 
tiques, rend, par ses indications mêmes, témoignage de l'in- 
certitude qui régnait à cet égard et de la liberté qu'accorde le 
génie de la langue hébraïque. 

La trilitéralité à laquelle les racines entêté finalement assu- 
jetties saute bien moins aux yeux en hébreu qu'en arabe. La 
troisième personne du singulier masculin du parfait ayant 
été de bonne heure considérée comme la forme la plus simple 
du verbe, on voyait, en arabe, grâce à la voyelle qui affecte le 
dernier radical , dans Jli ,jL£. , *x^, *«« , la représentation com- 
plète des trois radicaux. En hébreu, il n'y avait que deux ra- 
dicaux pour la même forme; dans nu, Qp, ns, bo, etc. nulle 
indication d'un troisième radical'-. Pour les racines n'"? , on 
avait encore bi*, î2 de nbi?, n:D, etc. et les futurs apocopes 
où le hê était retranché. On rencontrait, en outre, en ara- 
méen et surtout dans l'araméen palestinien , des aphérèses 
nombreuses et la réduction du mot poussée jusqu'aux plus 

' Voy. ReiL'in, Hisloire des latigiies sétniliques, p. gîJ et suiv. 
- La différence entre les deux langues subsiste, en partie du moins, lorsqu'on 
piend l'infinitif pour base de la racine. 



INTRODUCTION. xxv 

extrêmes limites : l'rt/^ disparaît en tête des mots dans K3, ^2, 
DD, nn, etc. 

On peut soutenir qu'en Espagne la doctrine des racines 
bilitères et même unilitères n'avait nui beaucoup ni à l'exé- 
gèse, ni aux compositions hébraïques que l'on y tentait; le génie 
des langues sémitiques exerçait une trop forte influence. D'un 
autre côté, on peut également affirmer que Hayyoudj n'a pas 
pu détruire le germe de celte doctrine au point de bannir 
complètement le système des racines à deux lettres du domaine 
de la grammaire hébraïque; c'est qu'il avait en mémo temps 
la conscience de l'individualité de l'idiome national. Me- 
nahêm prend un soin extrême pour conserver aux éléments 
de ses racines une grande fixité, et pour les défendre contre 
les interprètes aventureux qui admettaient des permutations 
risquées des lettres afin d'expliquer certains mots difficiles, 
rPour eux, dit-il, les vallées creuses deviennent des plaines, 
les routes dangereuses des chemins frayés, et on invente à 
force de se livrer à son imagination ^ n 11 distingue très-bien 
entre les lettres qui servent à agrandir les mots et qui ont l'air 
de s'y enraciner -, et les lettres véritablement serviks. Son 
style est presque toujours correct et ne franchit guère les 
limites du langage biblique. Quelquefois roide dans son lexique, 
parce que l'emploi de l'hébreu pour traiter les questions scien- 
tifiques est nouveau, il devient élégant et disert dans ses tou- 

' Mahb. 20 b. ■ — Voy. aussi les observations de Menalièm contre lehouda beu 
Koreisch, p. la a, 23 a, 266 et passim. — En distinguant les différents sens de 
chaque racine, qui sont d'autant plus nombreux que les lettres ajoutées peuvent 
varier dans ces bilitères, il fixe, pour chaque variété, une signification spéciale. 
Ainsi, en citant les exemples pour les quinze divisions (rupbpn) de la racine bn, il 
limite en même temps les formes dont chaque division est susceptible, et, si hél 
veut dire «mur» ou «fossé», et hàlî tranneaun ou «bijoun, il n'est pas permis de 
confondre ces deux mots, et d'attribuer à hcl le sens de hàli, ni à hàlî celui de he'l. 

^ Il se sert du niol o'tinsr. — Voy. surtout Mahb. p. 1 b. 



XXV. OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

chantes lettres à Hasdâï ibn Schaprout/. Après Hayvoudj, ll)ii 
Djanâli maintient encore comme bililères les mots tels (jne 
2:, Zj, ■", yj , ï^a, C'l2, bc, etc., qui se présentent bien avec 
(làgêsch, lorsqu'ils sont afl'ectésd'un suffixe, mais ne paraisseni 
jamais dans l'Ecriture avec un dédoublement du second radi- 
cal-; il appelle les racines géminées des bililères redoublés^. 
Le Nâgid, à son tour, tout dévoué qu'il est à son maître 
Hay\ oudj , considère les racines au second radical faible comme 
des bilitères. Nous le savions déjà par le témoignage d'Ebn 
Ezra qui adopte cette opinion*: mais voici un passage du Nâ- 
gid lui-même, tiré des Gloses de Schem-Tôb ben lehouda 
Ebn Mayôr au commentaire d'Ebn Ezra sur den. 1 , 9 o ^. A l'ob- 

' On tonnait les deux passages rilés et Itlàmés par llavyoudj dans rinlroduc- 
lion de son Traité des lettres quiescentos (D. p. 1 et 2, N. a), ils sont de Mena- 
liém qui emploie seràtô {)iini) dans le sens de «f sa création" , et Id'oud (Tu^'b) dans 
celui de ttse parer». Mais, quant au premier mol, comme l'observe déjà M. Stern , 
Liber jRps/jojwocîmm , p. xxwii, rédilion du Mahb. p. 210, 1. 11, porte la forme 
correcte inri'. Pour le second mol, il ne tant pas oublier que quelques inter- 
prèles, entre autres Menahèm et Hayyoudj eux-mêmes, expliquent Kfin-^ {Ps. 
cxix, 61) par «ils m'ont pillé ">, et rien n'einpécliade lire leawivêd et de traduire 
le vers critiqué de Menalièm : «De quoi droit ces giMis de rien s'enq)aronl-ils dès 
anneaux et des agrafes?" 

- Voy. KiUib al-ousoiil , col. 8, I. k) et suiv.: •?.(}'.], i. ."> et suiv. 

^ blD3 "ÎC. 

^ Sàhàl, éd. Lippniann, '17 A. 

^ Cod. Cambridge n" 5a du Cal. de M. Scliillcr-Sziuessy ; Cod. Ovibrd Pococke, 
207 (Neub. 228). Nous devons la conmnniication de ce jiassage, ainsi (juc de> 
autres extraits de ces G/oses, à .M. Aeubauer. r-" r"D pc ]nz bic; ^cm" pd-'JEU" 
r>fr>}f> •<:iz znpi-i cm'jDi cti 30 cp nbcc c:p? n r>iiv 7'k? ht>KZ '1 nj^7 n ': 
ri^K-i irf) cbj'3 n? m fîi)c? ymrb cbxj n: cp '3 nie u^p yirhj crjC )t»7) ruf^i: 
;n=n nr^r-j r;:'PE -^r.z pr n:; if?» T>if> -jtjrj f)b bjP rbu'b -dz'^ fh njiT )'t:.p' cf 
ij'C j'irP ru '; n;; cnn ipir rbirb ^cn pb z.nz r:i:r rir;pj -izfi ifrirtr bjP ri\t 
r;c»3 ziz ^cf5 rbcr cîrîf) -jf? rn p: n^n p cj cko )f»T iran pb rn pi CjT rnit: 
cjtn o'^i;? c";c ibp )f'^p: p bj* 7jbj ni'pif) 'j->n pbfj nrs pf?) cicri; rj3'f> )f>ir 
f?ir ycpr l'bj' nrc c»:r) -jipr pj rciT p:r ru C7:.b crr cp c rnic r»P -?:• ppr 
b: j:i icip' pKf>j iKi'-' -p r;) n>:C' pr^pj "îis^ "jcr p;r f>bp inj icr P33 70; 
>rc'JTr ij'icf) r^)t crb pf; ^r riJ7r 7j;r p::- -pi br iPicr \zr^ pb r":rr )bpi ct'hjt 



IiNTRODUCTION. \xvm 

servation (.l'Ebn-Ezra (|u«' «loy^e de ye^ô/rf ei^l redoublé coinine 
le iiQuii (le yehônên (/*•. i.xii, y) 57 Ebn Mayôr ajoute : «C'est 
l'opinion de R. Saniuei ban-iNajjîd, qui j)ense que /.<Jm, schâb, 
sàm, etc. ont pour racines deux lettres sensibles, tandis ([ue 
le wàw du milieu n'est pas un radical, mais une quicscente 
destinée à prolonger la prononciation. Cette quicscente pcr- 



fEU" n? cipP3> )f>=3 uDcnj 1515 33'C ;:>3 m jnnf) pifr bcs imirr» cisjt toc p ioj 
T>yT> 1331 CIJ7? 7j;rn or» cf*"?: C"3r c'f'ipji 073!: ni^nif» 'pc cric ne? ibf» b '3 
rilS c>bi!»3 p ij' CJ7f>c pj' crb pp c";r? rbri rr)j7 brcr pj' c-irb ;';3? rm --d 
iccn ira bD3? rn'W^ 'b'33 jij'D' c":c? ?bf'3 fJirc b:? rit CJ7? wit> mien innfrr 
cijU' 77U'» 33)C po '3 jni 7)f>t3 c^j inrb rnf) 705 jsb vkv 'J'Cj 13 l'î'b ;:J"r '"' 
cr: DErjpj pi;»3 irf)' cjcro 33)3 iKt' 33c jd ': cbic;? j'3i );f> p3 ne? P c'baTji 
rbrpi r:7j b: bj' c»:nrj bpro bi^ pcn bu'cn nij'f»: 33inr5 r::):n. — Une autre obser- 
vation singulière du Nàgid se trouve dans ces Gloses au Commentaire d'Ebn Ezra 
sur Gen. xxxiii, 10 : bp)? nitm fo bf) ''D '3 7b ■jb nciD3 7'j:? bf))»:r 3t Trf'C r"D 
f)b )C3 f»rc ce iKh b"i f)C) rrR. Samuel han-Nàgîd dit, dans la section Lék-lekd 
{Gen. XIII, 8), que al nâ' est de la même racine que hô'êl «consens donc-î (cf. 
Juges, XIX, 6), tandis que Ebn Ezra y dit que al est égal à 16. 1 Evidemment le 
Nàgîd naime pas l'emploi de al comme adverbe de négation, lorsque ce mot 
n'est pas suivi d'un futur. Nous serions curieux de savoir comment il expliquait 
ce mot Prov. xxxi, h, et ailleurs. La citation de la pdrdschrîh fait supposer un 
Commentaire du Nâgîd sur le Pentateuque. — Une troisième observation se lit 
à l'occasion du mot schaddaï ( Ex. vi , 3 ) : bfjpiD' cf)i3 3)J'3 »3 r"D '7C b'ps idcïi 
'3 7'j:r ri ctd) 13 inJs '7C tt) a 77c mtn bo:? ppp 7)V) •>7C bips cjt en bips 
7'pn bips ii3Jn3 '7C bipi 7b wwifl 703» ira «ypn ttc 3rp r:':j' inis '"C tti r>bi: 
ib}6 '3 3r>3 p7p7i5? r3i' Si 7'J5? ''D in ^'pni pnv f>iyz tcs irru P3' ^-zn ikz pi 
73351 bi7J '7C en '3 ■îf'ir» '7C nbn trll en est de même pour le mot schaddaï dans 
Ez. I, ai. — Commentaire ; Au commencement d'Ézéchiel (i, ai), on lit : 
r Comme la voix d'eaux nombreuses -^ ; puis ( v. 25 ) : tr Comme la voix de Schaddaï". 
mot dans lequel le yod remplace la lettre double de la racine schddad ; puis on 
lit {Job, XXII, 25) : «Ta matière précieuse sera schaddaï-n , c'est-à-dire, d'après le 
Nâgîd, ffton or sera puissant», comme on le voit par le second hémistiche du 
verset, où se trouve késéf, l'argent. "La voix de schaddaïi signifie donc la voix du 
puissant, et le verset : rComme la destruction qui vient de scliaddain (/s. xiii, 7) 
a le sens : comme la destruction qui vient de celui qui est fort et puissant. C'est 
là l'opinion du Nàgid; mais le grammairien R. Yônâh (Abou'l-Walid) écrit que 
schaddaï csl, d'après lui, un qualiOcalif signifiant -grand et honoré». (Voyez 
Kitâb al-ousoùl, col. 706, 1. 3i-32.) 



xvviii OPUSCULES D'ABOU L-WALÎD. 

manente dans kâm, etc., ne provient pas d'un wâw omis au 
milieu , mais elle est comme la quiescente du scliîn dans sckâmar, 
sans qu'il manque aucune lettre. Le wâw qui est vraiment 
radical au milieu du mot ne disparaît jamais; on d'il gnwa 
(^Nomh. XX, 29), ycschnwweou {^Joh, xxxv, c)), dàivch i^Lam. v, 
17), râvoeh (^Is. lvih, 11); mais les mots desquels le wâw dis- 
paraît n'ont pas cette lettre comme radicale; ils n'ont cpie 
deux lettres pour racine et s'appellent, pour cette raison, bili- 
tères. La quiescente, établie entre le ^0/^ qui a l/âinrs et le 
nièm de kâm, ne se distingue de celle qui est placée dans 
schâmar, hâhar, que par sa stabilité dans le premier, où le 
lutur a yâkoûmou, et sa disparition dans schâmar, oii le luliir 
est yischmeroii. Ces bilitères ne peuvent pas former un para- 
digme « lourd w avec dâgêscli, puis(ju'ils ne possèdent pas de 
lettre de milieu. Aussi les Hébreux ont-ils eu recours au re- 
doublement du dernier radical, et disent-ils kônên (Ps. ix,8), 
et ici ye'ôjèf. Cette circonstance pourrait contribuer à faire 
confondre ces bilitères avec les racines géminées; il faut donc 
faire bien attention avant de se décider [rour l'une ou l'autre ra- 
cine. Il faut observer que hôncn, schôhêb, 'ôdêd, sont des parfaits ; 
mais, au participe actif, il existe, entre ces bilitères et les 
géminées, cette différence que sâbab a sôhêb, tandis que des 
bilitères on dit mekônên, mêhônenâh , avec mcm, par exemple : 
meschôbêb (/s. Lvni, 12), et, au participe [)assif, mckànau , par 
exemple : merômam (ISéh. ix, 5).w 

Quoi qu'il en soit, quand ou se trompait, on se tronq)ait 
donc en pleine connaissance de cause. On était au courant 
du système arabe, mais on ne voulait pas s'y enchaîner. Il 
en était tout autrement dans les pays non musulmans, où 
nous voyons une avalanche de néologismcs se précipiter sur 
l'hébreu à la suite de l'entêtement qu'on mit à ne voir que 
des racines bilitères dans tous les mots qui ne renfermaient 



INTRODUCTION. wu 

jjas trois loltres solides. M. Zunz a placé à la fin de son livre 
admirable sur la poésie synagogale des tables fort étendues 
de toutes ces nouvelles formations dont les Kalîr, les Yôs<^ 
bcn Yôse et tant d'autres faiseurs de chants liturgiques encom- 
braient la langue sacrée K Si Tignorance croissante de l'idiome 
classique est un des facteurs les plus actifs dans la génération 
des nouvelles branches qui poussent et étoufTent finalement 
l'ancien langage, l'hébreu de cette époque, s'il avait été parlé 
|)ar une nation compacte, établie dans une contrée du globe, 
aurait certainement jiroduit une langue néo-hébraïque qui au- 
rait été par rapport à l'idiome de la Bible ce que sont les 
langues néo-latines par rapport à l'idiome de Cicéron '-. Mais 
ces productions isolées d'hommes pieux, sans goût, qui, en 
outre, au lieu de s'abreuver aux sources pures des Ecritures, 
allaient se désaltérer aux eaux troubles de l'agada et du 

' Die synagogale Poésie des Mitlelalters , Berlin , i855,p. SGy et suiv.; surtiml 
Beilage IX, p. 878 et suiv. — Die Ritus des synagogalen Gottesdienstes , Beiliii, 
1859, p. 235. 

- Cette analogie qui se montre dans la décomposition de la langue suffirait 
à elle seule pour nous décider à placer ces paitànîm dans nn pays latin. On a déjà 
observé que Kalîr ne mentionne jamais ni la race arabe, ni l'islam. Depuis le 
iv' siècle, la rime remplaçait de plus en plus la prosodie' dans les hymnes de 
l'Eglise. Pendant les guerres de l'exarchat de Ravenne et des Longobards, les souf- 
frances qu'endurèrent les juifs de l'Italie méridionale nous expliquent la profonde 
tristesse que respirent les poésies religieuses du vu' ou du viii^ siècle, auquel appar- 
tenait Kalir. — Voy. Gratz, Monalschrift , 1869, 361-870; Landshuth, 'Amoud.î 
'Abôdà, p. 98. Le principe, posé par M. Renan (foc. cit. p. /129), «Il n'y a pas de 
langues néo-sémitiques, n et expliqué, d'une manière si ingénieuse et si éloquente, 
dans le troisième paragraphe du premier chapitre du cinquième livre de son 
ouvrage, a été restreint, dans son application, par l'auteur même. Le néo-syriaque, 
par exemple, dont ^I. Nœldeke a construit la grammaire avec tant de science, ne 
manque que d'un courant de civilisation, de génie, capable de le féconder, pour 
devenir aussi distinct de l'ancien araméen qu'aucun idiome européen de la 
langue latine. La transformation y semble même assez avancée pour qu'il 
n'ait plus même à craindre l'influence destructive des érudits qui voudraient le 
ramener à la langue ciassicpie do la Peschîlô. 



\xx OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

midrasch, écrits dans un mélange de mauvais hébreu, d'ara- 
méen et de mots vulgaires ramassés parmi les nations au mi- 
lieu desquelles ils vivaient, ne créaient qu'une confusion de 
laquelle Hayyoudj pouvait dire avec raison t? qu'elle renversait 
les fondements du langage, en détruisait les murs et en dé- 
vastait les limites ^ v 

Hayyoudj s'opposa avec succès à ces destructeurs; il établit 
des règles fixes pour distinguer les racines aux lettres faibles et 
aux lettres géminées, les énuméra dans l'ordre alphabétique 
en indiquant les formes et les divers sens de chaque racine', et 
fraya ainsi la voie à une exégèse plus précise et moins ar- 
bitraire. Il mérita le nom que la postérité lui a décerné, de 
père des grammairiens. Abou'M^ alîd, dans son Kitâb al- 
Moustdlhik, n'a fait que le suivre, le corriger et le compléter. 
Il reconnut, sans hésiter, la haute valeur de son prédécesseur, 
tout ce qu'il lui avait fallu de sagacité et de persévérance pour 
répandre la lumière sur ces questions obscures, et attribua les 
erreurs échappées à Hayyoudj ç^ à la faiblesse de notre nature et 
à l'imperfection de notre être. » Pas un mot de blâme sévère 
contre le maître, partout plutôt une réserve modeste alors 
même qu'il découvre les erreurs les plus manifestes. Il limite 
le champ de ses observations, et s'abstient toutes les fois 
qu'Abou Zakariyâ. par une allusion quelconque, a suppléé au 
silence qu'on aurait pu lui reprocher 2. Aussi, lorsque la mal- 

' 1). 3, i-'i; X. 3, 1^1-1 s. Ce passage est cité par Ibn-Djanâli, ci-dessoiis, 
I«. ■271,7. 

- Toute l'introduction au Motistalhik prouve cette relation entre l'auteur et Hay- 
youdj. Voy. aussi ci-dessous, p. 27^, 1. a-G, et Kitdb al-omoûl , col. .52 i , i. 29, où 
Abou 'l-\Valîd s'accuse d'inadvertance, parce que, dans le Moustalhik, p. 162, 
1. /i , il a signalé le ni/ai de rbj? comme manquant, bien que cette forme soit men- 
tionnée dans l'introduction de Hayyoudj à la 3' partie de son livre; ce passage 
N. 60, A manque D. 99, 9; et, eu égard aux copies différentes des Traités de 
Hayvoiidj qui circulaient on Espagne, il se pourrait bien qn'lbn Djanàh ne 



INTKODUCTION. x.vm 

Nfillaiicf se lui ;ill;i(li(''t> ;\ tl('i'(Ui\ iir de iioiivi'lles omissions 
romiiilsos |»;ii' ilawttiulj et restées inaperçues pour l])ii 
Djanàli. colui-ci répondit rudement à ses adversaires par son 
Hisnitil al-Tiudnli, et leur nionlra (pi'ils n'avaient pas même lu 
j'ouvrajn' (ju'iis se permellaienl de criliquer '. 

L(î Tanhîli est adressé i\ im ami, probablement de Cordoue, 
qui était venu voir noire auteur à Saragosse et à qui celui-ci 
avait donné son MomtaJhih. En retournant, cet ami a été dé- 
pouillé en roule de son baj^age où se trouvait également l'exem- 
plaire du Moustiilhih. Ibn Djanali s'empresse d'en faire faire 
une autre copie qu'il lui envoie, accompagnée du Traité do 
ïnverUsscment. Sa réponse était si écrasante pour les critiques 
injusles de ses adversaires que personne ne voulut assumer 
la responsabilité de ces critiques. 

Le RisàJat el-Takrîbn'nt-Tosli il (xh-aiité pour approcher et faci- 
liter n avait, comme le titre l'indique, pour but de préparer les 
étudiants à l'intelligence des principes posés par Haj v oudj dans 
les introductions qui précèdent ses différents traités. Il se di- 
vise en quatre parties. La première partie, la plus importante, 
est consacrée aux cjuestions qu'Abou'l-Walîd ne traile plus 
tard qu'en passant, dans sa grammaire. Nous n'en indiquons ici 
que sommairement le contenu, nous réservant d'y revenir, 
lorsque nous aurons à exposer les principes de phonétique 
suivis par notre auteur. Après avoir expliqué certaines expres- 
sions employées par Hayyoudj. Ibn DjanAh donne une divi- 
sion des sept voyelles en voyelles principales et voyelles se- 
condaires, et la valeur ainsi que la j)rononciation du scliewtt-. 
11 cherche ensuite à déterminer le sens de la règle élablie par 

iiiérilàt pas le reproche qu'il se fail. il se sert presque toujours pour tfayvouilj 
(tu mot 1^^, qui désiffiie une eireiir par élounlerio, el iiou Je IzAc . (jui inili- 
(jui-rait une faute par ignorance. 
"' \oy. plus loin, p. a/u) et suiv. 



'i et suiv. 



xxm OPUSCULES D'ABOU'L-WALÎD. 

Hayyoudj , que d'ordinaire trois voyelles ne peuvent se trouver 
de suite en hébreu sans qu'elles soient interrompues par une 
quiescente douce, un dâgêsch ou un scliewâ quiescent ^ Ibn 
Djanâh étudie le caractère du hê quiescent, en comparant 
cette lettre aux trois autres quiescentes, âléf, wâw et yod-. 
Enfin, il établit la trilitéralité des verbes au deuxième radical 
faible ^. Quelques observations sur des racines au premier 
radical âléf terminent cette partie*. — Dans les trois autres 
parties, l'auteur s'occupe successivement de racines au second 
radical faible, de racines au troisième radical faible et de ra- 
cines géminées^. Quelques pages, placées à la fin, contiennent 
une distinction subtile entre le futur ayant le sens du parfait 
et le futur remplaçant le parfait *'. 

Les écrits d'Abou'l-Walid se répandirent rapidement en 
Espagne''; les copies, si nombreuses qu'elles fussent, ne sufli- 
saient pas et on lui en demandait toujours de nouvelles ^ 
Les disciples dévoués de Hayyoudj s'émurent. Les hommes 
de génie qui enrichissent la science par leurs découvertes ont 
toujours des sectaires trop zélés, qui, aveuglés par leur ad- 
miration inintelligente, voient dans la moindre observation, 
quelque respectueuse qu'elle soit, une atteinte portée à la ré- 
putation de leur maître: ils prétendent arrêter la science au 
point où celui-ci l'a conduite. A côté d'eux il se trouve heureu- 
sement d'autres savants, qui, s'inspirant des vérités nouvelle- 
ment conquises, les appliquent, les modifient s'il en est besoin, 

' P. 277 el suiv. 

* P. 290 et suiv. 
^ P. 807 et suiv. 

* P. 309. 

5 P. 3oi à 338. 

" P. 338 à 3/12. 

' Voy. plus loin, p. 873. 

' Vov. plus loin, p. •j/17. 



INTRODUCTION. x.vxiii 

els'en servent |)oiii l'aire l'aire de nouveaux [)r()grès à la science 
dans la voie même frayée par leurs prédécesseurs. Ibn Djanah 
ne nomme nulle part celui qui se mit à la te(c des partisans 
à outrance de llayyoudj. Mais leliouda bon Barâm ', Moïse 
bon Ezra-, Salonion Parliôn \ et lehouda ibn Tibbûn'* sont 
moins discrets. L'adversaire qui lançait les Hayyoudjites en 
avant, tout en restant prudemment éloigné de la scène, était 
R. Samuel Hallévi, le tout-puissant ministre du roi de Gre- 
nade, dont nous avons déjà dit quelques mots au commen- 
cement de ce travail. En voyant l'acharnement de la polé- 
mique engagée des deux côtés, nous nous étions demandé 
involontairement si Ibn Djanah n'eût pas subi le sort de Me- 
nahém , dans le cas où l'Espagne arabe , au lieu d'être morcelée , 
avait été encore soumise à la même dynastie, et où le Hâdjib de 
Habous aurait pu mettre la main sur l'humble grammairien de 
Saragosse. 

Ibn Djanah nous raconte au début de son quatrième opus- 
cule, dans le Kitâb at-taswiya, ou Livre du redressement, 
comme quoi il s'est rencontré dans la maison d'un ami, «avec 
un de ceux qui visitaient parfois le pays qu'il habitait^. 'j Cet 
étranger, venu à Saragosse , a bien l'air d'un émissaire envoyé 
par les ennemis de notre grammairien. Il commence par ré- 
pandre des propos désobligeants sur son compte; dans une 
ville illettrée, tout jugement rapporté au nom d'un puissant 

' Nous donnons plus loin des extraits de ses Commentaires sur le Pentateuque 
et autres parties de la Bible, p. xliii et xliv. 

^ On peut lire ie jugement peu impartial que Moïse ben Ezra porte en ces 
discussions, Steinschneider, Cat. Bibî. Bodi, col. 2/4 59. 

^ Lexique, p. xxii. 

' Voy. Rikmâh, p. 11, I. 2-7. Ce passage a été cité et traduit par Munk, 
Journal asiatique, i85o, t. II, p. 89, note. — Voyez aussi le fragment d'Ibn 
Yâschousch, donné ci-dessus, p. xx, note, et les fragments d'Ibrahîm ben Ba- 
roun, donnés plus loin. p. xlvi, notf. 

' Voy. plus loin, p. Mi'i. 



xxxiv OPUSCULES DABOUL-WALID. 

personnage ne pouvait manquer d'exercer une grande in- 
fluence. Il se glisse ensuite dans quelques maisons notables, 
entre autres celle de Samuel al-Hazzân. homme, du reste, tout 
à fait inconnu, où il expose une opinion contraire à Ibn Dja- 
nâh, et bien qu'il y ait été réfuté, il la répète dans la séance qui 
a lieu chez Abou Soleimàn ben Tarakàh, qu'on ne connaît pas 
davantage ^ Là il tergiverse: tantôt il avance une observation, 
tantôt il la retire et prétend qu'il ne se rappelle que confusément 
les critiques qu'a soulevées le Moustalhik. Cependant Abou'l- 
Walîd insiste et la lutte s'engage; dans l'argumentation il ar- 
rache à l'étranger des propositions dont il s'irrite et s'indigne, 
tant elles bravent le bon sens de l'honnête savant. Dans le 
Kilâb at-taswiya, l'auteur donne un procès-verbal authentique 
de la controverse tenue pendant cette séance, et il y ajoute les 
réponses qu'il a faites à d'autres observations, contenues dans 
une lettre que ses adversaires avaient. rédigée, et sur lesquelles 
Ibn Djanâh avait voulu se recueillir avant de répliquer. 

On peut s'étonner du vocabulaire de mots injurieux qu'Ibn 
Djanâh, dans son écrit, lance à la face des partisans excessifs 
de Havyoudj. Mais il y a au fond de cette lutte plus qu'une 
simple discussion de grammaire et d'exégèse. Ibn Djanâh est 
révolté de ce qu'on l'accuse, lui l'admirateur le plus respec- 
tueux de Havyoudj, d'un esprit de dénigrement et d'un parti 
pris de blâme contre le fondateur de l'analyse grammaticale. 
Il proteste contre l'injustice de cette accusation en termes 
aussi touchants qu'énergiques dans la préface de ce qua- 
trième traité, r, Les savants, ainsi s'exprime-t-il , se sont sans 
cesse consacrés à la discussion, et, doués d'intelligence, ils se 
sont toujours livrés à la controverse, . . sans esprit de dispute 
ni ardeur de contradiction. Ils pratiquaient, au contraire, la 
justice les uns envers les autres, ils se soumettaient à la vérité 

' Voy. ci-dpssiis. p. \x et \\i. 



INTRODUCTION. xxxv 

et la soutenaient, sans quo lu joie du vainqueur fut plus vive 
que celle du vaincu; car leur unique ambition à tous était de 
découvrir et de connaître le vrai et le juste , en dissipant toutes 
les obscurités. C'est ainsi que chez eux les sciences grandis- 
saient et que les intelligences s'épuraient. Notre devoir à nous 
.... est donc d imiter ces hommes et de marcher sur leurs 
traces, de nous conformer à leur doctrine. . . ^» On le voit, 
la vérité seule l'intéresse et l'échauffé, et sa sensibilité n'éclate 
que si la vérité est méconnue et trahie. 

La guerre ne s'arrêta pas. Le dernier traité d'ibn Djnnâh 
paraît l'avoir enflammée davantage. Ici viennent se placer un 
certain nombre d'écrits anonymes, dont les titres mêmes 
étaient restés inconnus jusqu'à ces derniers temps. Ce sont les 
^Uyi JZ\^j r Traités des compagnons », composés par les amis 
de R. Samuel, ou plutôt par lui-même-, contre les règles de 
grammaire d'Ibn Djanâli et contre un certain nombre de ses 
interprétations de passages bibliques. Celui-ci y répondit par 
son cinquième et dernier opuscule, leKitâb at-taschwîr r. Livre de 
la remontrance V . Les traités du Nâgîd et la réplique d'Abou'l- 
Walîd paraissaient complètement perdus, lorsque, comme 

' Voy. plus loin, p. .3'i3. 

^ Nous pensons, avec M. Gràtz {Geschichte d. Juden,\l, p. 25), que ces écrits 
de polémique sont les vingt-deux «e/an/n , dont parle Abraham ben Ezra dans son 
Yesôd Mord, cf. plus loin, p. xlix. Le Kitdb al-itttgnd , *UÀ;^-«,ifl c_jUjrnommé 
en hébreu nrirr c, était, également selon Ebn Ezra, le plus considérable et le plus 
important de tous les ouvrages de grommaire. Mais on sait à que! point les juge- 
ments d'Ebn Ezra sont sujets à caution; ce spirituel et savant vagabond loue ou 
blâme, exalte ou ravale le même personnage, selon le caprice du moment. On 
connaît sa versatilité à l'égard d'Abou '1-AValid, qu'il élève une fois aux nues, et 
dont, une autre fois, il voudrait condamner les ouvrages au feu du bûcher 
{Cf. Kérém hétnéd, IV, p. i36). — La traduction du titre, en hébreu, serait 
peut-être plutôt PipcPsrr 'n r Livre de ce qui suffit à toutTî. Nous avons donné 
plus haut (p. xxvii , note) quelques morceaux qui paraissent tirés d'un commentaire 
sur le Pentateuque. Probablement le premier fragment d'Ibn Yàschousch (p. xx, 
note) lui est-il également emprunté. Voy. encore ci-dessous p. xl, note i, et xliii. 



xxxvi OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

nous l'avons indiqué plus haut ^ une heureuse trouvaille nous a 
mis en possession du second chapitre du premier recueil des 
Rasâil et d'un fragment du Kilâb at-tascJnvîr qui comprend la 
fin de la préface et le commencement de l'ouvrage. Nous pu- 
blions ces deux pièces accompagnées d'une traduction française. 
En outre, grâce aux nombreuses citations qu'Abou '1-Wah'd 
fait de ce dernier opuscule, le plus important certainement 
de ceux qu'il avait écrits contre les détracteurs de son Moustal- 
hik, soit dans sa grammaire, soit dans son dictionnaire, nous 
avons pu nous faire une idée exacte de la composition de ce 
livre et le reconstituer dans ses parties essentielles-. 
Le Kitâb at-tascliwîr était divisé en quatre parties. 



PREMIERE PARTIE. 



1° Des racines n^"' et n^J. On verra plus loin ce paragraphe, 
en partie , dans le fragment A , que nous mettons sous les yeux du 
lecteur. Il est, en outre, cité dans le Kitâb al-ousoûl, col, igS, 
1. q3 (jjyi^i cjb5'(j^ <j^i)I ^Ui! i); col. 282, 1. 20, et 
col. 462, 1. 2/1 (oU^i \ùs^ jjts- li). La question de la cons- 
truction du nifal avec nx, traitée dans le Moustalhik , p. 6 et 7, 
y était reprise. Là se trouvait probablement aussi la discus- 
sion sur V:ihnn {^Kitâb al-ousoûl , col. 280, 1. i5) et sur W^'' \>12 

' P. V. 

- Dansle^ùd6a/-ousoiî/,IbnDjanàh dit (col. 1/10, 1. 2 5-2 8; cf. coi. 8, J. 5) que, 
partout où il dit qu'il a parlé d'un sujet, t_jt.-^-^jf I(Jv* y^ ^ rdans un autre 
livrer , il faut entendre parla le Kitdh nt-lascluvlr. Une iois {Kitâb al-ousoûl, p. 168, 
1. 1), il explique ainsi les mots i^^M Ij^ yvc ^J. Il en est certainement de même 
pour le Rikmâh, où la version hébraïque porte, dans ce cas, nr ^D:? nbiij. Voyez 
surtout p. 93, I. 11 et 17. «Dans ce livre, dit-il encore, j'ai raisonné et discuté 
les secrets du langage, au point que, sans l'avoir étudié, on peut à peine péné- 
trer le sens subtil et profond des deux ouvrages d'Abou Zakariyàfl (Kitâb al-ousoûl, 
coi. lie, 1. 22-a5). Enfin, notre grammairien ne termine presque jamais ses 
citations du Kitâb at-taschwîr sans ajouter que cet ouvrage renfermait des vérités 
utiles et profondes. 




^ 



P 
H 
W 

< 
a: 

Q 



■Jj 
< 



ta » lî e ? i 







-'ivT-^ 




Ï^^M 



-iiï^. 




INTRODUCTION. xxxvii 

(ibid. col. aG-î , 1. tjS), dont il est question dans le Kitâh al-las- 
iviija, |). 3 '19. Voyez aussi Rikmâli, p. tj3, I. 17. 

9° De nin [Job, m, 3). d'est le sujet du fragment B, 
tiré des Rasait. La réponse d'Abou'l-Walîd est citée dans le 
Kitàb al-oiifioùl, col. 1 8 1 , 1. 11. L'opinion du Nagîd est bizarre , 
et sa dissertation sur les répétitions des mots, prolixe '. 

3" De -inrci [h. l\, 11). Notre atileur avait parlé de ce 
mot dans le Kitnb al-laswiya , p. 37-), el il y revient dans 
le Rihmàli, p. T) 1 , 1. iiG-s'y. 

DEUXIÈME PARTIE. 

Elle contenait les paragraphes suivants : 
1 " De la formation et de la signification du nifal. Ibn Djanâli 
prouvait que le nifal ne dérive jamais d'une forme lourde, mais 
qu'il dérive toujours de la forme légère [Kitâb al-ousoûl, col. 
3 1 3, 1. 2 5-3 1 : j.jyi>jd\ t_»l-x5^ (j.^ iiAjliJ! '3]l>i\ ^ : cf. Rihmdh , 
p. c)3, 1. 1 1-1 2); cette règle est appliquée à yVn: (^Prov. \i, 
8) et à ]r^bri'' (^Ps. l\, 7: Kitàb al-ousoûl, col. 2 3o, 1. G-9), 
peut-être à n2)î:r] {^Zac. xi, iÇ»; Kitàb aI-ousoûJ,co\. /i/i6,l. 16 
et suiv.) et à D'^cnin (/s. lvii, 5; Kitàb al-ousoûl, ibid. 1. 3i), 
où il aura été parlé incidemment de niDn"*! (Gew. xxx, 38; 
Kitâb al-ousoûl, col. 281, I. 2/1; cf. Kitàb at-taswiya, p. 35/i 
et suiv.); à"ny:(Zac. 11, 17; Kitàb al-ousoûl, col. A/12, 1. 20), 
mot dont il est traité dans les autres opuscules, et sur lequel re- 
vient encore la troisième partie du kitàb at-taschwîr ''^. Après avoir 
nié toutrapport entre le nifal et la forme lourde . Ibn Djanâli pas- 
sait probablement au Ititpaël, qui peut dériver do la forme légère 

' \ oy. ci-dpssous, p. lxii, 1. o et suiv., i,\ix. 

- Ibn Djanàh, avec son tact habituel, avait bien vu la nature du nifal, tandis 
que D. Kamhî, par un déplorable /;oût pour les arrangenionfs symétriques, 
appliqué aux formes grammaticales et aux points-voyelles, a liiit reculer la science 
pendant plusieurs siècles. Voyez la critique tres-sensée de Profiat Dnran, Muasè 
Efôd, Vienne, i8fi3, p. .'îa el suiv. 



xxsviii OPUSCULES D'ABOU'L-VVALID. 

et, plus souvent, de la forme lourde [Kitâb al-ousoûl, col. '6 Ml, 
1. 1 3-1 7 : cf. ci-dessous, p. i8, 1. lo, elRikmâh, p. g 5, 1. i 2- 
i5). Il traitait également des formes hybrides, oii le nifal 
s'était enté sur d'autres formes, comme ibxjj [Is. lix, 3), nbi: 
(1 Chron. XX, 8; Kitâh al-ousoûl, col. 120, 1. 3-2o), ou du 
mtpaël, comme 'nn'iZ'i^Ez. xxiii, 48 ; cf. ci-dessous, p. 19). Bien 
que nous n'ayons pas rencontré de citation de ce dernier cas 
rapportée au Kitâb at-lascliwh% ce cas était certainement traité 
dans les Rasâïl ar-rifâk. lehouda ben Barâm. dans son Com- 
mentaire^ sur £",-. xxiH, /i8, dit: o».ili»- JUxi! n^z':n b2 *ic";:"i 

^y^ iLiiJi svX-iLi y\^ Uî^ JLxjLji)! (jy aaj u^""-^' u^ ^^^' 

. .^^ Lxiû*x^ A.*«juJ ciObiJ JJL) ^ U s^xjLi. r Wemtvwasserou 
est un ?«?/«/ f[ui diffère de ses pareils par la voyelle qui affecte 
le wâw, qui devrait être semblable à celle de vcenôkeschou {^Is. 
VIII, i5), nô\l(Jou 'yPs. xLviii, 5). Abou Zakariyâ a chercbé un 
moyen ingénieux d'enlever à cette voyelle du wâw ce qu'elle a 
d'insolite, en disant : «Le wâw du hitpaël peut être inséré dans 
ç^ cette lettre, puisqu'on trouve, dans notre langue, des mtpaël, 

^ Nous devons les extraits de lehouda ben Bal'àm à i'extrème obligeance de 
noire ami, M. Neubauer. Le Commentaire sur les Prophètes et sur les Psaumes 
fait partie de la collection Firkowitsch , à Saint-Pétersbourg; le Commentaire sur 
le Pentateiique, ou plutôt sur les Nombres et sur le Deutéronome, se trouve à 
la Bodléienne. 



INTUODUCTION. wxix 

tf.conunewenikhipiJC'r(^Dent.xxi^S)^nisclitâwâli(^Prov.\\\n, i 5). » 
L'auteur des Rasâïl ar-rifàk a donc commis une erreur, lorsqu'il 
prétend contre Abou Zakariyû que celui-ci prend weniwwas- 
serou pour un nifdl insolite; ce qu'il n'a pas fait, puisqu'il dit, 
de la manière la plus claire, que le noim de ce mot est le noun 
du nifal, et que seule la voyelle du wâw y est insolite, parce 
qu'elle ne ressemble j)as à celle de ses semblables. Cet auteur 
a trouvé facile de rapporter au nom d'Abou Zakariyâ ce que 
celui-ci n'a pas dit, afin d'affirmer, pour sa |)ropre personne, 

une opinion *' Ibn Djanàli avait adopté cette opinion 

de Hayyoudj, dans le sens que lui donne lebouda ben Baràm, 
dans le Mousialhik, p. 19. — A ce même paragraphe appartient 
sans doute l'explication d'Abou '1-Walîd mentionnée dans le 
Commentaire de lehouda ben Barâm sur McA. n, h : iM'a 
iUaiMI cj^A^Aj u -l; Vka lyi^j t^t i:dd n2?j aLo! ^I ax» J.as VjTci 

jj^j-AjJl cjLxj il «iUi *>yJt^l _jjl. ^Schâclod neschaddounou est, 
d'après ce qu'on a dit, pour nâschaddon mimménnou, c'est-à- 
dire «ils nous ont été violemment enlevés w. La dernier mot a 
été abrégé (en nou), comme wuyijilâhàmounî i^Ps. cix, 3, 
ou ni est pour immî ou hi^, bischschelâm (I Rois, xix, 21, pour 
bischschêl Wiéni) et d'autres exemples. Le noun indique le nifid^ 
et il devrait y avoir nnschaddou mimménnou. L'auteur des Ra- 
sàil ar-rijâk s'est trompé ici; mais Abou'l-W alid l'a expliqué 
dans le Kdâb at-tascliwîr.v L'opinion donnée par lehouda ben 
Barâm se lit, chez Hayyoudj, D. 17/1, 6-177, ^' ^- *^^' 
lU-fî I. 

2° L'explication du passage J^r. xxni, 33-''io; Kitàb (d-ou- 
.soûl, col. /4Ô6, 1. i3 et suiv. Contre son habitude, Ibn Djanàh 
ne se contente pas de renvoyer «à la seconde partie du Kitâb 



XL OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

at-taschwîr : n mais il répète son interprétation, parce qu'il a vu 
« un chef illustre s'égarer et manquer le but dans l'exégèse de 
ce texte. » Nous ne savons pas quel est ce J-aÀt*. ^J^*^J , dont 
il dit aussi (Kitâb al-ousoûl, col. Ba/i , 1. 1 5) qu'il a donné une 
fausse explication de ^3 "l'jbypm (^Jér. xxxvni, ly). On ne sau- 
rait dire davantage sur quel point de grammaire la discussion 
s'était engagée entre le Nâgîd et Ibn Djanâh, au sujet de 
ces versets. 

3" Ce paragi'aphe traitait de la forme poual à la place de 
pcioul. Abou Zakarivâ en avait compté quatre exemples, et 
Ibn Djanâh ajoutait un cinquième exemple, hayyouUàd i^Juges, 
XIII, 8 ; Moustalhik, p. 1 5-i 6). Unepremière contradiction contre 
cette adjonction a été réfutée dans le Kitâb at-tasiviija, p. 35i 
et 35a. Mais Abraham ben Ezra (^Sâhôt, éd. Lippmann. p. /i3'') 
nous a conservé l'opinion opposée du Nâgîd, qui fait de ce 
mot un parfait précédé d'un lié relatif, comme nb'^nn hahoullâ- 
lâh [Ez. xxvi, l'y). «Le parfait, ajoute-t-il, remplace le futur, 
comme c'est l'habitude dans les prophéties ^ ?? Ibn Djanâh admet 
le hê relatif, mais seulement devant les vrais parfaits (^Rikmâli, 
p. /i3, 1. 18-21), et dit avoir soutenu son analyse de ce mot 
dans la seconde partie du Kitâb at-taschivîr, par des arguments 

' R. Tanhoum, dans son Commentaire sur l'Ecclésiaste (ms. Pococke, 32o), 
cile les deux opinions opposées d'Ibn Djanâh et du Nâgîd : i ; ■ ^-'; j;[ Jlj* 

rfjin cf» \)zh t>J«_} \z)h it,^ r;rr) birc ^.(t>L;^A^« brir *J\ (^ c:)-"''^ P^p^:Jl 
^j.j| ^^j^ cri-' sLàa/o c^rpi' ~r; nu*r; ù^.y^. P^nr: ^r» nip's Oo^J ppib 'nifî 
L^l* 7)b'r c\.-Jv-J «->l JL5 7brr ii';b rrr: TD ^t. *.^^Lk i^J'^Lg^Xc jî-Us» 
b^iDC C'7pr? rbbi?? Trr (Ja^ -)zf> J cV 'biT <j Ig-* t (j t J lis tjj? bfjinn 'i 
JkJLCwwo JiiAj joL) JjiS ^ . Dans les Glose» d'Ebn Mayor sur £j:. m, 2, 
on cite également cette opinion du Nâgîd {-r<T>y> oipra "îsu' bj^D ^ir ) et celle de 
R. Môschéh Gikatiia au sujet de Prov. x\?, iç), telle qu'elle est exposée par E. E. 
Sdhot, liS^, et Commentaire sur Er. m, 2. 



INTRODUCTION. \u 

solides et fort utiles pour la science des l"orniatioiis(v-ÀJjUa:Jl), 
Kilàb al-ousoùl , col. 356, 1. 3o et suiv.; col. 1/18, 1. 1, où il 
dit avoir oxj)li([ué nD'ù'a [Ez. xxii, a 4) en même temps que 
hayijouUàd (cf. D. KamhL sur ce passage); Kitàb al-ousoûl, 
col. 983. 1. 2 3-a8; col. i83, 1. i-O. où il considère Vmn 
(/s. XLiv, ao) aussi comme un qualificatif. 

ti° Sur hl [Ps. cxLi. 3); mais ce mot n'était expliqué qu'in- 
cidemment {^Kitàb al-ousoùl, col. 7/10, 1. 6-8: aJUII^^Iï 
jjyijà\ cjUS'^j^ iùjUJi), puisque l'article paraît avoir été con- 
sacré au dàgêscit du sàdc, dans le mot mï: (Ps. cxli. 3; Kitâb 
al-ousoûl, col. 109, 1. i/i; col. ^^^9, 1. 28 : iUjUil isJUi! i 
jjyijju] LjVjiS' ^J^y, à celui de la même lettre, dans i:"'î*j2n 
(Ex. II, 3 ; Kitâb al-ousoûl, col. 6 1 8 , 1. 1 6 , et Rihnâh, p. 1 klx , 
I. 1^); à celui qui aiïecte le liof de rinp"»*? [Prov. xxx, 17), de 
rinp"» (Cew. xlix. 10; Kitàb al-ousoùl^ col. 993, 1. 20 :^yâ».l i 
^yiuil tjLjc5'(j^ iCoUJÎ aIUII) et de ■]Ti"np''3 (Ps. xlv, 10; 
Kitâb al-ousoûl, col. 290, 1. 18-20): et ie rêsch de nD"'y")n 
(1 5flm. 1 , 6 ) et de cn"'N"!n (^ibid. x, 2 4 : II Rois, vi , 3 2 ; Rihnâh, 
p. i/i/i, 1. i3 et suiv.). lehouda ben Barâm, dans son Com- 
mentaire sur les Pro[)hètes , se rapporte à ce paragraphe dans 

ce qui suit : j-a-**-» -«^L^I^ j»x.*a-« yû^ iiJiliiJi nD"":?-)!! 113^2 

y,yAJ^\ <J\jiS ^ i\y :ij Jô_5 2nî *n~"'":")j. ^Harveîmâh est un 

infinitif suivi d'un y, pronom féminin; le rêsch a dâgêsch pour 
faciliter la prononciation. H en est de même pour hassejinô qui 
est un infinitif avec dâgêsch dans le sâdê. Celui qui a considéré 
ce mot comme un nom, en le considérant comme étant de la 
même espèce que rejidâtô {Cant. m, 10), a commis une erreur 
et a été réfuté dans le Kitâb nt-laschwir. » 



XLU OPUSCULES D'ABOU 'L-VVALID. 

TROISIÈME PARTIE. 

1° Des verbes qui expriment un ordre (»;-4^^ JUiiil], tels 
que hâbâh [Kitâb al-ousoûl, col. 278, i. 8-11; cf. Kitàh at-tas- 
iviya, p. 357 etsuiv.). Peut-être y était-il question aussi de has 
( Tanhîh , p. 2 6 1 et suiv. ). 

2° Des formes passives : a. ""ouzzab, loukhah, etc. sont formés 
aussi bien de la forme légère que du piël [Rikmàh, p. () a. 1. 2 1 et 
suiv. [nin "lEcn nbiîn. 1. 28; nn'^^nn -i2d ni.ti nîn -^Dcn T^bvii. 
1. 3 1] ; cf. Mouslalhik, p. 33. 1. 1 1 à p. 3 /i , 1. 1 1 ; Tanhik, p. 2 60, 
1. 8 etsuiv.): — b. toukad [Lév. vi, 2) et ses semblables étaient 
longuement traités dans la troisième partie du Kitâb at-taschwîr, 
«en opposition avec celui qui, ne comprenant pas le sens des 
paroles d'Abou Zakariyâ, voulait les rattacber à la forme lé- 
gère w (^Kitâb al-ousoûl, col. 993,1. i A-i 8: cï. Mouslalhik, p. 33. 
1. 10 à p. 87, 1. 10). Sur np;». -:"'i. tnv etc., voy. Kitâb al- 
om5om/, col. 3 5 7. 1.7-2 2 (vLjlS^ (j.* <\.x.ji^l^ iLAJliJi isjljm i, 
jj,yX^\ );sur ""''1, voy. Kitâb al-ousoûl , co\. ko'] A. 20 àp. /108. 
1. 10; passage étendu, qu'il faut comparer avec Moustalhik, 
p. 96, 1. 1 g; p. 200. 1. 1 et suiv.; sur ]n\ etc. .yoy. Kitâb al- 
ousoûl, col. 467,1. 4-1 1; suryn;;, voy. ibid. col. 468, 1. 11. 
Peut-être était-ce dans le même paragraphe qu'étaient expli- 
qués nmn [Gen. xlix, h ) et imn (Ps. lxxix, 1 1 ; Kitâb al-ousoûl, 
col. 3 00, 1. 3 G et suiv.) ; le premier passage est cité par Hayyoudj 
(D. 56, 26; N. 32, 19), qui y voit un passif du liijil, pour 
toutar. Voy. Yhn Ezra, sur ce verset, qui donne deux exégèses 
de ce mot, dont l'une lui maintiendrait le sens du hijîl, et avait 
été probablement adoptée par le Aàgid. 

3° Ibn Djanâb traitait, dans cette partie, le mot -i2'j "àmôd 
[Juges, IV, 20) qui, en sa qualité d'infinitif, reste invariable 
et ne subit aucun changement par le genre ou le nombre [Kitâb 
al-ousoûl, col. 3o4, 1. 8-i5: col. 532. 1. 21-28; cf. Rik- 
iiiâh , p. 88. 1, 34-35). lehouda ben Bal'àm, dans son Com- 



INTRODUCTION. xlim 

inentaire, dit : aKJL* j»>v.Aa-« iDV n'7D"'i *i^^ •■• '7nNn nriD no:? 

U^ J_^ ^yi ;j-«. ft'^moV/ (Juges, iv, ao) est, comme le 
même mot [Ex. xviii, aS), un infinitif. L'auteur des Rasâïl 
ar-rifàh a commis à cet égard une erreur qui a été réfutée par 
beaucoup d'arguments, qu'il serait trop long de mentionner, w 
Ibn Djanàh y reprenait aussi les infinitifs avec hê à la fin, tels 
que nL:':;D, etc., qu'il avait déjà discutés dans le Moustalhik 
(p. 1 0, 1. 5 et suiv.).le A7/rtè at-taswiya (p. 3 76,!. 4 et suiv.). 
Le Kitàb al-ousoûl [col. 090 , 1. 3 1 , à 09 1 . 1. 2) cite le passage 
suivant du Rikmâh (p. 39, i. 6-12) : «Nous avons parlé lon- 
guement de ce point dans un autre livre, c'est-à-dire dans 
le Kitâb at-taschwîr. v Cet infinitif reste également invariable. 

li° A la fin de cette partie (^1 AiiUJi iJjUdlj^i i), Abou'l- 
Walîd expliquait i!::n t\W\> [Nombres, iv, 7), 'J-pn nx r^DD 
[ibid. IV, 20) et rn^: nDCDm [h. xxviii, 20; Kitâb al- omoûl, 
col. 96, 1. 3o, à 97, 1. 10; col. 439, 1. 27, à hho, i. 1). 
On voit sur quoi roulait la discussion, entre notre auteur et le 
Nâgîd, par le passage suivant de lehouda ben Baràm, dans 
son Commentaire sur le Pentateuque : ojj^laJi » js-tf> ^jl (j>o *>o^ 

^.^^Lo Jj^jLT JUii c>.-^3 înVc'J! i \^\ ^\:^ l^ ^^:^\j 
l'en <^Jt* (J-* p2 -]C"' Tc\y V'î T'UNIT bi(V2U 'id Jb^^yi^Ji t_>'^^ 

_j^_5 isSj^\ jj^ ^yo jnbwJi Jl5i (j-« -«^^^ù- i '^^•^^ ^j "l-î^' "il^J 

iUkij^ y,Mé ljy.Ai 4^udi <^JJi nDic:n. «Il est évident que ces 
vases et ces ustensiles sont tous nécessaires pour la table, et 
rie sont pas là pour son embellissement, comme le dit l'auteur 
du K'iiàb at-iascliwîr. R, Samuel le Nâgîd dérive le sens de 



xuv OPUSCULES D'ABOU 'L-WALID. 

youssak i^Ex. xxv, 2g) du sens àe hassêk nésék (^Nombres , wviii. 
7). Mais on n'a jamais trouvé, pour la table, une pratique qui 
ait rapport à un mélange de vin. Ce mot est un passif d'une 
forme lourde, qui signifie appuifer, comme le disent les an- 
ciens, c'est-à-dire couvrir. Il dérive de nâsak (/s. xxix, 10) et 
de nesoiihâh {^ibid. xxv, 7), qui signifient tous deux cou- 
vrir, envelopper. » Il y avait donc deux questions débattues dans 
ce passage : une question sur l'utilité des vases (|ui couvraient 
la table, et sur laquelle lehouda ben BaTàm se déclare contre 
Ibn Djanâli, et une autre sur la dérivation du mot youssak, 
que lehouda ben Bai'âm décide en faveur de noire grammai- 
rien. On pourrait supposer, en voyant un passif de liifil faire 
le fond de la discussion, que ce paragraphe terminait le para- 
graphe précédent. Peut-être la citation de bVinm [Ps. ex, 2), 
a à la fin de la troisième partie 55 (^Kitâb al-omoûl, col. 2t5, 
1. 2/1-27), se rapporte -t -elle à une exposition des formes 
pôlêl, sur lesquelles le Nâgîd parait avoir eu des idées 
inexactes, d'après un passage que nous empruntons au Com- 
mentaire de lehouda ben Bafâm sur les Psaumes : nc? '?S2. 

]zh aK-ic! [jy-^. yl <^ bi'IDDV ^^J^^ aJvoIavj ^ ^'^*i ^ ■^■^ 
321U?'' "'U-'îS J-A-«_5 Cî2p tK-*»! LÀ.i£> o^-viA^ J-s-^i j »X.ri> J^i (_^_5 

i *j^ t^-^^ *^ J^^^ ^ *>*- tel; «^^j '-'^r^^ ~pc~3 ncDi3nD_5 



I 



I NT non UCT ION. XLV 

l^jjL (j*.y»Ji Ja^î _^j o-^Àxl' i dLi.il 

Ia^a^a» ylÎJ. « Yillânân (Ps. xci, i) est redoublé de Ion, yâloun. 
Abou Zakariyâ a déjà parlé de ce redoublement dans un cha- 
pitre à part, relatif à ce mot et à ses semblables, en tête de la 
seconde partie de son livre (D. p. G7, 1. 1 8; N. p. /io,l. 9). J'en 
fais l'observation, bien que ce soit hors de doute et évident, à 
cause de celui qui, en prétendant réfuter celui qui est le pre- 
mier dans l'arène de cette science, a commis l'erreur, dans les 
Rasâïl arrifâk, de donner à ce mot, pour type, yitpôêîy comme 
si la racine était lânan, avec double noun. Des enfants riraient 
d'une telle dérivation. Si elle était admissible, elle le serait 
tout aussi bien pour tous les exemples cités par le maître dans 
ce chapitre, et considérés par lui comme des formes redou- 
blées de racines au second radical faible, tels que yekômêm 
(^Mîch. II, 8), mimmithômemîm [Ps. xvii, -y). Cet homme va donc 
ici établir une racine hâmam, et en faire autant pour des 
mots comme yeschôbêb (Ps. xxiii, 3), mithôsêsét {^Ez. xvi, 6), 
etc. Aussi a-t-il vu la mauvaise voie où il entrait, et en est-il 
revenu dans le Kitâb al-hodjdja «Livre de la démonstrations ^ 
H avait mentionné, en même temps que yitlônân, pôr hitpô- 
rerâh (/s. xxiv, 19), sans en donner le type, et avait laissé 
ainsi le doute subsister dans les âmes. S'il avait donné l'arc 
à celui qui l'avait façonné, il aurait frappé juste ^. w 

QUATRIÈME PARTIE. 

Elle n'est citée que dans le Kitâb al-ousoûl (col. Sô^, 
1. i3-i/i), à côté de la troisième partie, et devait revenir 

' Nous n'avons rencontré nulle part ce titre d'un ouvrage du Nàgîd. En 
hébreu, ce serait ncir:? 'z. 

- L'extrait des Gloses d'Ebn Mayor que nous avons donné plus haut (p. xwi, 
note 5) montre que lehouda ben Bal'àm a jugé trop sévèrenoent le Nâgîd. 
L'analyse de yitlônân se rattache à l'opinion du Nâgid sur la nature des verbes 
au second radical faible en général. 



xLvi OPUSCULES DABOU'L-WALID. 

sur les passifs des formes lourdes, peut-être à la suite 
d'une réplique arrivée de Grenade. On sait, par un passage 
cité plus haut (p. xlii). et par Ebn Ezra [Sâhôl, 68''), 
que certains grammairiens n'acceptaient pas que les futurs 
qui y sont cités pussent appartenir à des passifs du hifil, 
lorsque cette forme ne se rencontrait pas. D. Kamliî (^Mik- 
lôl, éd. Fûrlh. 69°) nous dit que c'était l'opinion du 
Nàgîd R. Samuel, et que ces passifs dérivaient de la forme 
légère. Le fragment suivant, tiré du Kitàb al-mouwâzana, 
d'Ibrahim ben Baroun. se rapporte à cette discussion: iS^^ 

y£i^ 21^ (3-***^'' <-.v»iaj 't^lll] jLsfc wAA-S J^ aK-CIî rf\«0 y^ (^<XJ5 

iJUjû ^j^ ^j».4S*Xi ^^. î^ Entre le i\àgîd et le savant Abou'l- 
AAalîd, que Dieu leur soit miséricordieux, il y a eu bien des 
paroles sur le futur des passifs. Le Nàgid y a obtenu la palme 
de la supériorité. On en trouve la quintessence dans l'ouvrage 
composé avec choix par Abou'l-Faham. et qui veut bien con- 
naître ce sujet, peut l'y cherchera» 

' Ce passage appartient à un chapitre ayant pour litre: ^\c>- ^J^ (J^^f 

ïj^^tUl L^Cyu' cJv^iJ *^\) (J^àI' ji^'^^xf(. f'Des particularités qui 
affectent le verbe, et de Tordre dans la formation des paradigmes mentionnés.» 
— M. Neubauer nous a communiqué encore les deux passages suivants, copiés 
par lui sur les feuillets détachés de la collection Firkowitsch, à Saint-Pétersbourg, 
et qu'il suppose également appartenir au Kitâb al-mouwâzana. En pariant des 
verbes transitifs, Ibn-Baroun dit : (jjJf yJ^'j LajL^ ^>-^ i-i-f>j\ c^-j^ ^\ 
y-^Js. ly-^ 'tV-J\ c>-/-^l (J^J^r! "-yU (^' (J^ uyj**-* ïSXj iJ,\ (_5i>a;o 

UJLj JytL« npr (j<X) (jf ^J^c nsT inir ifi-jc nf) n no ûlUi^ *^ (j^5 
cslJi (j ^y^\ l-^'^-s^ L^^ <U^3tJ CiU3 J/L^ >-^- t>^ ■''•*^-'' c_iiJ^^_5 



INTHODUCTIOM. xmi 

Nous ne savons pas dans (juelle partie du Kitâb at-taschtvir 
Ibn Djanàli avait parlé, de nouveau, de iinKD [Prov. i, 29), 

L^^o. «Chez les Arabes, il y a iiiio soptième espèce, où le verbe a Irois régimes, 
comme a'iainn, aiiba'a, puisqu'on dil : J'ai fait connaître à Zaiil 'Amr, le meilleur 
des iiommes. Nous n'avons absolument rien de pareil dans notre texte. Cependant 
R.Môscliéh ben Gikatila, que Dieu lui soit miséricordieux, allègue que, dans cer- 
tains cas, nos verbes peuvent être suivis de trois régimes, et donne pour exemple : 
Deus docuit hraelitas viam rectam, où rectam serait le troisième régime. Je trouve 
([ue le Nàgid. que Dieu lui soit miséricordieux, cile exactement le même 
exemple. Mais tous deux commettent en cela une méprise, et pècbent contre la 
langue en y introduisant ce qui ne s'y trouve jamais employé. 1 — Voici l'autre 

passage : {.£—, 9 kXj^\ ^a Jj_s»-i_Lf U«L ■■• ^jOL-a_i_LI aL^'Î v^=i 
joL^jf fj V.yi>^ à^Xs. *m\ <»-i^v t;;!! O^ U^ [t*^ V^ xup- t\3 oO^J ^>» 

Jo-a_à_iî (j JL?» L\ ... ■^. Lo>!;^l^5 v-^3 i>ii iSr^U *^'^^ 3>^y>^ "Vv^t 

jj» JLaàIi yl jls *jU lajLo ^ JJij ii oJiJi Ijofc (j Ufj «»jt^ 

\oJc> (_^ <ul [ «^» crbj p ?7ir' 'n AsoLj'. rji7b . . .j5nn) lin^cr'; . . . );r>'ti'? ': j.X/> 

(JiSJ\ X-jUCi ^ <V,<iJ ^C-a *-«^^aJ 0^-[y^' (J TJ^J' (û^.^© v$:0>j L 4_>*tVt( 

.jLiv^t ïlow ^Sur les régimes des verbes. . . . Sur le régime indiquant 

le motif, tous ceux qui ont précédé pataugeaient aveuglément. Le .\àgîd a parlé 
des divers régimes, en disant, à la fin, qu'il en a expliqué qui ne l'avaient été 
dans les livres d'aucun autre auteur, et où aucun hébraïsant n'avait vu clair. En 
effet, il a dit de fort bonnes choses à ce sujet. Quant au régime de la conco- 
mitance, Mais, pour le régime indiquant le motif, rien ne l'empêche, 

en hébreu. Il dit que, pour ce régime, on se sert presque toujours de l'infinitif, 
en le déterminant par un Idméd, comme lahdmîténou [I^ombres, xvi, i3), ledé'dh 
{Ex. II, fi). lehouda ben Baràm, dans son Irschâd, a suivi le Nàgid dans cette 
matière, et l'a textuellement copié.-' — Le régime de concomitance étant exprimé, 
en arabe, par la désinence, ne pouvait pas se retrouver en hébreu. Peut-être 
celte impossibilité était^elle exprimée dans les mots indéchiffrables qui se lisaient 
après <Va.,o. — Vlrschdd est le livre connu, dans la littérature hébraiique, sous 
le nom de f^iipr mmr. Ben Bal'àm y parlait sans doute de l'emploi des lettres 
serviles, comme l'a fait plus tard l'auteur du Manuel du Lecteur (édit. J. Deren- 
bourg. Journal asiatique, 1870, t. II, p. ^i-Ho; tirage à part, p. 2-^, l. 5-6). 



xLvui OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

qu'il avait expliqué {^Moustalhik , p. lA, 1. 9 et suiv.; Kitàb at- 
taswiya,^. 3 69 et suiv.). Il dit (^Kitâb al-oiisoûl, col. 2 3,1. 16) 
qu'il avait, dans son dernier opuscule, fourni des preuves 
évidentes que ce mot ne pouvait être qu'une forme lourde, à 
cause du schewn qui affectait le préfixe. Nous ignorons égale- 
ment où Ibn-Djanâh avait parlé, de nouveau, des formes 
irrégulières iveloàrô (/s. lu, 16) et oujmàlô (^Jér. xxii, i3), 
qu'il avait mentionnées, MoustalJiik, p. 119, 1- ^^-5. Car nous 
apprenons par lebouda ben Baram que le Nâgîd l'avait 
combattu à ce sujet, dans les Rasâïl ar-rifàh, et certes notre 
grammairien n'avait pas manqué de lui répondre dans le Kitâh 
at-taschwîr. Il est probable qu'lbn Djanâli avait réuni dans 
un endroit du Kitâb at-taschwîr les différents exemples de per- 
mutation entre les voyelles dont il avait parlé souvent dans le 
MoustaJhik, et auxquels il consacre un court chapitre du 
Rikmâli, p. 50-02, en disant à la fin. r qu'il était superflu de 
traiter longuement ce sujet mentionné déjà dans le Moustalhik 
et ailleurs (^'\^\bv\^ = «^*j ).v \ cet endroit, il s'était également 
occupé du mot m'?~2Dn (Jos. xvi, 9), où le liîrék sous le mêm 
remplace le scJiourék i^Kitâh al-ousoûl, col. 8 /i , 1. 1 5- 1 7 : ^j^ , 
1. 17). Le Kitâb at-taschwîr est encore cité sans indication de 

— Après ^Li.^^i, le fragment renferme encore quatre lignes en fort mauvais 
état. On voit seulement que Ibn Baroun compare ces infinitifs, précédés de 
làméd, aux futurs précédés de ^j chez les Arabes. — Les rapports entre Ibn 
Bnroun et Abou'I-Faham se voient dans le passage suivant de Moïse ben Ezra : 

» j^Jj' yjwJ (jj (Éy^vjt ojt «_>A.«<wi'» oLii^a . r et le maître célèbre et 

l'interprète considérable Ahou'l-Faham, fils d'At-Tabbân, était auteur, poète et 

prédicateur; puis le respectable Abou Ibrahim ben Baroun, son disciple n 

Le premier est le Lévi ben At-Tabbân mentionné par Ebn Ezra dans son intro- 
duction du Moznaïm. Voyez, du reste, Steinschneider, CataJ. Bodl. col. 1616. — 
Si le Mouwdzann était nu dictionnaire (Neubauer, hotire stir In lexicographie ^ 
p. 9o4), il avait, comme première partie, une grammaire, ainsi que tons les 
lexiques anciens. 



INTROniK.TlON. \i.iv 

la parlio du li\re [Kilàb al-ousoûl, col. li'.)-i , 1. h). II)m Djanàii 
y reprenait sans doute la question relative aux inlinilils des 
verbes r\"b, qu'il a\ai( traitée longuement dans If Tal/rih, |). oo^i 
et suiv. Nous avons déjà cité, ()lus haut, un |tassaff<' d'Ihn 
Yâschousch, qui donne l'opinion du iNàgid sur ces verbes. 
Celui-ci paraît avoir supposé partout un yod comme dernier 
radical, tandis qu'lbn Djanàli préfère! le ivàiv. Le livre spécial 
que, d'après Ebn Ezra [Moznahu, -îc) v"), le Nàgîd avait con- 
sacré à cette question, était donc une des Rnsâïl ar-rifàk, à 
laquelle Ibn Yàschousch empruntait sa citation. 

Après avoir ainsi réuni tout ce que nous avons pu rencon- 
trer sur cette discussion entre le Nagid ft Abou'l-Walîd. 
nous donnons les deux fragments des écrits polémiques qui 
nous ont été conservés. 

A. Fragment du KitÂb it-tascbu ir. 

\^^Xjt AJC_>tj [^]ii (j*.UJt!î^ ^çV:^sJl j.IâjJ! Xfls. (_*A^^ AJCjsJ^aAj 

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' Les premières lignes de ce fragmenl soiil on Irès-niaiivais étal : nous donnons 
tin l'ar-similo de lonlc la pivniif're \Mfo. - Penl-t-tro *yo«-«, -^son efTorl-'. 



i OPUSCULES D ABOU'L-WALÎD. 

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INTRODUCTION. u 

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ui OPUSCULES D'ABOU'L'WALÎD. 

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IMIlUDUCriOiN'. i.ni 

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(j>4' HT^rn "'C'jNj (^Ja-> ^I jnjrj ^|^ ^j! jy^ H) ii a^jL» ,^^ 

^JM^ s Ui (ji_j AÀ£ 

... et il se serait mordu les doigts d'avoir été injuste et blessant à 
mon égard. Certes, si à mon tour je voulais lui chercher «juereiie. je le 



uv OPUSCULES D'ABOU'L-WALÎD. 

lérais souflVir '. De plus il s'est arrogé une science qu'il ne possède pas, et 
a prétendu à un succès qu'il n'a pas obtenu. Simaginant avoir remporté la 
victoire dans sa réfutalion. et avoir triomphé dans son attaque, au point 
d'écarter dorénavant les doutes et la discussion, il s'est accordé la cou- 
ronne du triomphe, et il s'est ceint de l'épée de la puissance et de la 
conquête dans des choses où il a été repoussé lui-même. Lorsque j'eus 
étudié de plus près le livre et que je l'eus soumis à un examen sérieux 
et à un raisonnement attentif, je vis qu'il était rempli de vétUles, farci 
de bavardages, bourré d'erreurs et de fautes. Alors je vous ai fait voir 
et j'ai vu moi-même ce que j'ai vu dans ce livi'e. Eh bien ! mes amis, 
puisse Dieu prolonger vos jours! vous ai-je menti, en vous disant qu'il 
a été la risée des enfants et que les jeunes gens ne se sont même pas 
moqués de la manière dont il a mis à nu sa honte et étalé son impu- 
deur? N'est-ce pas le cas de lui appliquer levers du poëte : 

Jamais les ennemis n'auront à supporter de la part d'un ignorant ce que l'ignorant 
devra supporter de la part de lui-même. 

La vraie dignité n'exigerait-elle pas de le laisser sans réplique, n'était 
ce que vous savez de ce caractère étrange, de la réputation imméritée qu'il 
brigue auprès des masses? Vis-à-vis d'un homme ainsi lait, il faut mettre en 
évidence son erreur, et c'est une obligation de dévoiler son ignorance. Il 
y a , en outre, la récompense à laquelle on peut prétendre pour l'avoir 
détourné de son erreur s'il a l'esprit juste, ou pour avoir préservé 
d'autres savants du danger de se laisser égarer par des mensonges. 

Mû par ces considérations, je vais constater ses erreurs et rendre 
claires ses paroles inintelhgibles, dans un exposé lucide et une argumen- 
tation convaincante. Je suis seulement embarrassé qu'il y en ait tant, que 
je sois obligé de dire comme la servante un jour à son maître. Etouffé 
par des vomissements, le maître lui avait demandé le vase; mais, tandis 
que la servante cherchait à le lui présenter, le maître fut pris par im fort 
dévoiement. rO maître! s'écria alors la servante, je ne sais plus pour 
lequel de ces deux llux je dois me dépêcher.» Moi aussi, je ne sais par 
quelle erreur commencer, et quelle erreur laisser de côté; car, si j'avais 
le dessein de lui faire un crime de tout ce qu'il a dit et où il s'est trompé, 
je parlerais beaucoup et j'écrirais longuement. Je le réfuterai donc par- 
tout où il a prétendu que moi j'étais dans le faux; parfois aussi dans 
les cas où il a commis des fautes en dehors de cela. Mais d me sera im- 

' Oii Itjpn : Si j'avais répandu des calomnies, j'en éprouverais du rhagrin. 



INTRODUCTION. i.v 

possible de répondre ;i loul; mes occupations m'en enipôclieiil; car, tlans 
son Traité, il y a autant de fautes que de mots. Le sage a déjà dit: aEn 
faisant beaucoup de paroles, on n'évite pas le péciié^ {Prov. x, 19). 
Je ne lui rends pas ses calonuiies, par respect |)our ma personne, et 
parce que ma dignité m'interdit de le traiter comme il m'a traité; mon 
caractère s'y oppose et ma religion me le défend. Mais il est temps que 
je conmience à lui lancer mes foudres et que je me dispose à lui porter 
mes coups. Dieu, dont j'ai imploré le secours, m'assistera. Son prophète a 
dit : ffOui, l'Eternel Dieu maidei-a; qui osera alors me traiter avec ini- 
quité?Oui, tous . semblables à une élolle, ils pourriront, etc. 1 (/s. l, 9). 
Il a dit encore : rrll a transformé ma bouche en une épée tranchante; à 
l'ombre de sa puissance, il m'a cachet (Ibtd. xLix, -2). Si mon adversaire 
a l'esprit juste et qu'il reconnaisse la vérité, il la suivra; car elle mérite 
avant tout d'être suivie; et alors, il remplacera sa censure par une appro- 
bation, et changera son blâme en éloges. Mais s'il persévère dans son 
erreur, s'il persiste dans son ignorance, nous ne nous en occuperons 
plus , son ignorance ayant été constatée et son goût pour les disputes 
ne faisant plus doute pour tous ceux qui auront jeté un regard sur 
notre livre. 

Outre ce que je viens de dire de son manque de savoir et de la mau- 
vaise opinion qu'il a de moi, je me sens entraîné à le contredire par 
le désir qu'il a eu de paraître notre égal, et par l'envie qu'il porte h 
notre intelligence et à notre bonne réputation dans le inonde. Car il n'y 
a pas de remède contre les atteintes de l'envie , rien n'en guérit les bles- 
sures. ffLa jalousie, dit le sage, est comme la carie des os 11 {Prov. xiv, 
3o). Le sage arabe dit : 

On peut espérer remeltrc loules les inimitiés, excepté l'iniiiiilié qui a sa source dans 
l'envie. 

Mais nous , nous disons avec le poëte : 

Qui a 1 anie endolorie l'apaisera chez moi , car je m'engage h l'accueillir. 
Est-il courbé , je le redresse, comme le tailleur de bois redresse, pour les llèclies, la 
branche du iiab'a. 

Parmi toutes les Lettres des Compagnons dont mon adversaire m'a fou- 
droyé, la première de ces nobles lettres qui me soit parvenue maintenant 
est celle dans laquelle il me contredit , au sujet de l'explication que j'ai 
donnée, au commencement du MoM^^rtZ/wX-, pour hô/cîah (Gen. xxiv, /i/i), 
liôkalilâ ( ibid. xxiv, 1 /i ) et ivenôkàhnt ( ibid. xx , 1 6 ). J'y avais dit que partout 



Lvi OPUSCULES D'ABOU'L-VVALID. 

Je sens le plus convenable et le plus exact est rprëparer, mettre en pré- 
sence n'. H cherche à m'attaquer avec toutes sortes de phrases emmêlées et 
bien peignées, suivies et hésitantes. D'abord, il prétend que mon inter- 
prétation de ces passages par crpi^éparer, mettre en présence ^î, est une 
nouveauté que personne n'avait encore soutenue, qu'elle est impossible 
et inconvenante au plus haut degré. Voici ses propres paroles: fr N'est-ce 
pas une abomination de traduire : :f C'est là la l'emme que Dieu a mise 
en présence?») Mais il donne pour toute preuve qu'il y a là une abomi- 
nation, l'opinion de ses maîtres, qu'il cite, et qui expliquent ce mot par 
ff disposer, Taire renconlrerr). Nous avions vu, nous aussi, que quelques 
personnes, qu'il avait rassemblées contre nous, s'étaient déclarées pour 
son exégèse; mais nous n'avions pas pu 1 approuver. Elle repose sur la 
dérivation de ces mois de nà/aih {Juges, xvui, 0), ce qui, à notre avis, 
est inacceptable. Le noun, dans nôkah, fait partie de la racine, comme on 
le reconnaît dans nikhô ( Ex. xiv, a ) , nekôhô {Is. lvii , 'i ) ; tandis que dans 
les mots qui Ibnl le sujet de cette discussion, c'est le œâw, rem[)laçant 
un yod, qui est le premier radical , conmie dans kôhîl, hâhalti {Job, xxxii, 
11), nôltàlàh [Èz. xix, 5), avec la dilîérence que cette dernière racine 
n'est [)as tiansitive. L'argumentation sur laquelle le sens de «faire ren- 
contrer" était ap|)uyé étant fausse, ce sens l'est également ". 

Outre cela, je le dis en toute sincérité, je ne vois aucunement oii est 
l'inconvenance du sens que j'ai donné. Car, lorsqu'on dit: que Dieu te 
fasse rencontrer, on entend par là : (jue Dieu le facilite telle chose, et 
ce que Dieu facilite à quelrju'un, il le met en sa présence. Où est 
alors l'abomination, lorscjuon dit: «Dieu l'a mise en présence», si cette 
locution a le même sens que rrlJieu lui a facilité iV Mais, quand même 
ff faire rencontrer r? et rr mettre en présence" ne seraient pas deux locu- 
tions aussi rapprochées l'une de l'autre, comme vous le voyez, il faudrait 
encore que ce prétendu juge nous fît connaître où se trouve l'abomi- 
nation dans notre phrase : «Dieu l'a mise en présence». Serait-ce peut- 
être parce qu'il dit, dans ce chapitre, où, pour réfuter notre explication 

' Pour l'inleiligence de la discussion entre Abou M-\\ alîd et son contradicteur, 
il a l'allu traduire ici sLia»^! plus littéralement que nous ne l'avons l'ait, ci- 
dessous, p. 6, où nous Tavons rendu par «r destinera. 

- Menalièm lui-inèino place la racine nâlcah à part, bien qu'il ajoute «qu'il ne 
sait pas si le noun l'ait partie de la racine. îi — Parmi les anciens, Sa'adià confond 
r;D avec rr, Gen. xx, iG (cf. ci-dessous, p. 0, note i, et Ebn Ezra sur ce verset), 
et /s. 1. iH, où il trailuil rn;»:» par JblaxJ • 



INTRODUCTION. lvii 

lie ffpa^parei" el ff mettre en présence r», il s'exprime ainsi: ff Préparer» 
et ff mettre en présence i sont deux sens diiïérents ; le premier s'emploie 
pour une chose qu'on a mise en réserve, alors que l'on commence; le se- 
cond s'applique à un objet qui est rapproché, que tu as sous la main, 
parce qu'il est en ton pouvoir?» Mais c'est là de lergolage; car une chose 
présente est le contraire d'une chose absente; et, lorsqu'on prépare une 
chose, on l'anu-nc inraillibleuienl après quelle était absente, et elle est 
alors présente. Ces deux expressions se couvrent donc tout à fait et 
peuvent être prises l'une pour l'autre, parce qu'en rendant une chose 
présente, on la rend présente pour un temps rapproché, ou bien on la 
prépare pour un temps éloigné. Tout cela a échappé au savant docteur 1 

Malgré cela, mon contradicteur a éprouvé une certaine hésitation; et, 
après m'avoir attaqué pour avoir donné le sens de ff préparer» et ff mettre 
en présence», il a ajouté : ff Cette interprétation n'est pas tout à fait 
erronée , mais elle est choquante. » 11 était donc ébranlé. Il a montré 
également de l'hésitation, lorsque, après avoir soutenu que ff préparer» 
et tfrendi-e présent» sont deux sens différents, il poursuit : tfbien que 
deux appellations puissent être données l'une pour l'autre, lorsqu'elles 
sont voisines pour le sens.» C'est ainsi que, dans une même question, 
il se soulève et se calme , il nie et affirme à la fois. Dès lors s'égarent ceux 
qui n'ont pas confiance en sa parole, mais ne connaissent pas ses côtés 
vulnérables, et ne savent ni ne comprennent l'argumentation; tandis 
que lui , il s'esquive dans des phrases et se dérobe du milieu des choses , 
les laissant telles quelles, sans s'arrêter ni s'appliquer à aucune. 

Il a encore voulu repousser mon opinion sur hôMah, en s' exprimant 
ainsi : ffNous trouvons que al-i'^dâd tf préparer» se dit, en hébreu, pour 
hêktn, ydktn, nekonîm (Ex. xix, ii); mais nous n'avons jamais ren- 
contré dans ce sens le mot hôlâah. » Eh bien, mes amis, puisse Dieu vous 
accorder le bonheur, en faisant cette assertion , il a commis deux erreurs : 
d'abord d s'est mal exprimé, puis le fond de sa pensée est faux. Pour 
l'expression, il dit : ttAl-i'^dâd se dit, en hébreu, pour hêkm\ri en ren- 
versant les mots, il aurait dû dire : Hêkin se trouve, en hébreu, pour 
al-i^dâd, car ul-i'^dàd est mi mot arabe et non pas mi mot hébreu. Ceci 
a échappé au docteur! Le fond de sa pensée est également faux; car si, 
de ce que hêkin signifie ff préparer», il résultait que hôkîah n'a pas ce 
sens, il faudrait conclure, de même, que we'^aUedâh [Prov. xxiv, 27) et 
iva^àlidôtêhém [Is. x, i3) ne signifient pas fti)réparer» , parce que hêkin 
signifie t préparer». Ceci a encore échappé au docteur ! 



mil OPUSCULES DABOU'L-WALID. 

Après avoir adopté l'opinion de ses maîtres, rendu hôkîah par ftfaii-e 
rencontrer n, et prétendu que c'était la traduction exacte, afin de s'en 
servir comme argument contre ma version . il s'est conduit avec duplicité 
envers ces mêmes maîtres , les a contredits , a rejeté leur opinion , et préféré 
traduire par frque Dieu a instruite», en donnant à hôkîah le sens de 
tôkâhâh (T instruction». Certes, on ne saurait se montrer plus hésitant, 
plus changeant ! Je serais bien curieux de savoii" pourquoi il s'est per- 
mis de préférer le sens d'r instruire» qui, pour tout homme intelligent, 
est mauvais dans ce passage et inapplicable à ivenôkâhat, tandis qu'il ne 
me serait pas permis à moi d'adopter le sens de rr préparer, mettre en 
présence», bien qu'il s'accorde avec tous les passages. C'est bien là le 
cours de la nature . le penchant du caractère ! 

Mon conlradictem' s'est encore trompé en attribuant la demande d'eau 
faite par le serviteur d'Abraham, à son libre arbitre, comme s'il lavait 
formulée de son propre choix. La chose ne s'est pas passée ainsi; le ser- 
viteur d'Abraham était plus intelligent et plus confiant en Dieu que cela. 
Il remit son libre arbitre entre les mains de Dieu , en disant : fr Eternel , Dieu 
d'Abraham, fais que je rencontre aujourd'hui, etc.» [Gen. xxiv, la). Ce 
qui suit : frMe voici debout, etci [ihicl. 1 3 ).ne doit être que l'indice que 
Dieu a exaucé son vœu. C'est l'opinion de R. Sa'adiâ, et c'est la bonne '. Mais 
le docteur a mal raisonné, comme il l'a fait, en ce qu'il dit au sujet des 
paroles prononcées par Jonathan, fils de Saiil. D'après lui, Jonathan, en 
disant : ffSils me parlent ainsi, etc. (I Sam. xiv, g), mais s'ils me parlent 
ainsi, etc.» {ibid. lo), a voulu éprouver seulement la vaillance ou la 
lâcheté des Philistins. Il ajoute : rrCar, s'ils avaient dit: Restez tranquilles 
jusqu'à ce que nous arrivions auprès de vous [ibid. 9), cela aurait été 
une preuve de leur vaillance; mais en disant: Montez près de nous et 
nous monterons [ibid. 10), ils auraient dévoilé leur lâcheté.» C'est là 
une maladi'esse et une folie de la part de celui qui émet ime telle opi- 
nion, puisqu'il n'est pas permis de penser que Jonathan ait supposé à 

* En effet, Sa'adiâ lui-même traduit, dans l'histoire d'Eliézer, T-if-7^ [Gen. xxiv, 
12) par ^j ; jip;r [ibid. ik) par Ig^ii. ; n':r (î6î(/. à/i)par V^3^. Peut-être 
s'est-il expliqué mieux encore dans son Commentaire que nous ne possédons pas. 
Car cette conduite d'Éliézer et de Jonathan a été traitée, par quelques docteurs, 
de pratique répréhensible défendue par Lév. xix, 9G. Voy. Traité de Hôlîn, gS 6; 
Maïmonide , Hilkôt 'Ahôditl ëltlim , ch. xi , S 4 ; et la Ghse de Abraham ben David . 
et surtout D. Kamliî, dans son Commentaire sur 1 Sam. xiv, 9-10. 



INTRODUCTION. m 

I avant-garde {ibid. 12) des Philistins la lâcheté de le craindre, lui, ac- 
compagne de son ëcuyer. Mais 



» B. Fragment des Rasâïl ar-rifak. 

<^^L*j 4^o»ii i*>sJft i J^^:>\ nnn Jlj iT^n (-f\j j, o^jJi ^i aj^X-si-! 

■l"''"' u*^U^ '^^''^ *^' ~'^''''' '^'~'*"'"' ^^'^^ tj-*j jg .<*' U ^^1 t^ AAi dUi 
^jl^ l^-^il J> ol 4 (jjJa-J i U o^-*-j (jy-5l^I uLaXj *^L^ 13: 

nV"'?!"!! Jb AJl^j-ioJU g J^ 3rNi cA^ji.l m^D^ii «^^ -133 mn 

AjLà^ [-133 mn] idn n'?"'bm srx Jj-ï» Jl* <^w.^ miDD^Î^j-j^^ 
Jy»U iDî p i"? ib"» idk'? ■'sk nx 12^2 icrx uwn iniV n^CT" JyiJ 
i^Ut-« i 133 rnn ^j! ^^t l'jrn inni^y-A-ij-^^ ^y 123 mn y^ 
mn yt ^^ ^jliû^l^ 13Î p -jb l"?"" n''DT' Jl* I^-I33 iV Jlï &j\^ ib"» 

&3\<] mn nD^^ 'j:? n33 yia nD-)3 tjUJTl J^ 133 n*?"» ^^ijc* i 133 

«Xi Oyjyi j,I yi^^î Jlï A L»^ ji tj^ l*X43 "îbm (S-Jt^ i 
"•3 N"im tr» 133 r\'\7\ Jots» Uj,! pL^ji t^ J^AajLÎI \ù-Jb i -j^a- 

(j-:s?o J^=i ^j\^ u o>jt> yî jW- ^ W*-« u^y *^' *l^ nmn 
J^JJ! l«x^ ouuij iuOiîi ^.«jtxowjc; tXjJipi j,i J-^^ Là^ (J^-^^ 



tx OPUSCULES D'ABOU'L-VVALÎD. 

^^jSii\ C.A-.ÀJ (ji ^ki Jyui Ak^^b *_^_5 '^^r* ^^^ i ^-i^ IJ^^^ 
^ -^ÀâC^Jl i «jLoL-w! b<XÀ* (^«XJ! (^i^i »«Xift ^^jiaj i u xijjt^ 

Jo Cj-« ^Vs-M! jiXjj f»_j-?J^ kiUi JJ^^ *N^ (j^ (j^^ JUc »-:*lî <Xi 

JJuXi Lwajî^ ^ J AJjotî LjyJiLS^ii J-tf»^ Lii-Ji A-V^i viLby -j^Ji 

^ Ig-UJ^ JwsML c:ajI^ n-^'U^^Ji yl ôj-fc OtxS' 'uàjij jiJi t^j4>OL> 

iJ U JI Aj ^i t5«xJl (?) j»XaJI l«Xiû Us-^l 4Xi yl^ yl^ iOUJiil 
t^ 2"1\S* tM *;-*«i^ JyiJl l«X^ (J^- u' J^ 1^ Ajl Jytj \IM Aaaj 
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t^JL^" U n^D^^ »s J>Ji-!l JJ^X-S^^rx ^ Jy»i^ J^lil (jkj ^i u 



INTRODUCTION. i.xi 

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Lx.i OPUSCULES D ABOU'L-WALÎD. 

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■'C?'' •'ia nc^bc* JUi xjjb iUft -g^- '^ixe; nnx i3'?n q"''?-:.-; ■'C*"' "i:: 



INTRODUCTION. lxih 

riKiDa '?NT^"'b w^nha nON""! nDxm inniy»"n nsnx h'-dk Vy 'jsm 
».x*j_5 nr-)2yn rm'?'«D'? nnsD "^bo iDiVi spy npy iDxn n''7'''7n 

-Jsj» yl »x*j -)DN n'?"''?."!'! *î>» (ji Jyij *y?-y »*>^ J^*j □n'^iV 

A^o^^Xj :iV» Aki^li JJj> »i iaj» UXi-Jo" ^ nnp"'"! ^ nîv ps inN 
è<^à^ J^ lj*>^->^ t^ls Ni" p2 imizpa inx "i3p''i x»! S ^ki-l^ y» 

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Aji) nriD '.12 [yc;ij] baiv' S*xm xiii yop b-^n 212 yvM -'?Dn j-in 
□nD DN ")nm JoU ■;23 1'?'» ^^x.* i n2: mn y! *iy» Uî^ Joùji 

l^î -P yy^ij viU^x^' «iiJ^l, l^Jl ^jyu-uo -Pb.x>^ If bl >i 
V^i UU iouiib min ^^ p^l Ul mn mDn2 bv *iy» i J^b 

y2Hh i'DU 12 HDC;"» DDn n'?T'j,Lail 4^ "î'?r V^' i5^ If jl^Ui 

m*? ny pyT'n a-xJ ^^^ □D'j'jinn yb dLiui) i)^ CD'jVinn ni'C hta 
L4_aJ! I^..mn.uà>j yl *>o»-j »XjtA.j >X^ iDîyn ni'7"'N hhn vVc "''?"'' 



i.xiv OPUSCULES D'ABOUL-VVALil). 

^?U<5 nmin nD-imn Jousp. ^jî «^ôUil i f>^^j jj (jl? J«>-^i^ 

je?"''''! 33u"'1 4^Ua» cj^j_j4^t (j^Jl a1 JyiÀi s^UIi ^j^^^î ^9 

mpUr'Ni TisDi:? nny 'd "'m^jipn nro'^Ni ^nnz'C '':n -nx cm nnn 
"îbm Tnm 4^i-«-« ^ bi^Dn yc"' izu "pixc; njm ■'V mr ïn* Tire»" 

i Ninn DipD3 D2î:"i1 lit (^JT^ii *i J^ *j»j Jiï lilî «iiiyij J^ 

inm (^xjf D^D riN -inm ^j\^ 1^ ;?:;•'•' i ddi^i ^^uuç ^j^^^ f*y.Ji o«otj 
Ait 4^ ^>yJi nnî:'^^ "«oiy^ onD »;5i ^ ^L nnn dn* inm i ^^ 

^ *XnXJ •^j'Jj (jN-A-A^wo-ilt (jvj ^ji >i» .y il riT^V ^Vinit ^~« (_:*jl^ 
<il ^jyk*.*Àj i) ^jjt^.A*It yt dL«Ltf> Ai JyiÀà iUwJîJl ij^ A.A«Ui tj^ 

A^Wt »«>w* i -\JiAJu>- nmn "'d Nnm ijy^. (jt ^^-c J-^à ]"mnJt 
xj (^aaj ^U» <J t_^^^ U Jlï ^jU l^ tjjLsi anD riN inm y_j.5o^ 
iuuJis». (j^ [«^y^ij ^ UAiU A*ySI »js.i^ i <\jj.Jyij <^«>vj| jU^t a:>-3 

j<.ï^ »:>i)yi Ait n"î"'"'73t lâ-iJ (j^ iuLoLiL y! If nne?^ tcw npct: 
□n'^rN* 2>3jj> J^*>wj cjljjj^it A:?: ^^^ AJi-oiJi ^^ -«xJi ^jl U^ 
Jis} înDu'b m cn'Tiw*'! "inu-'n "piXn \s-ic': dit di Dn\~i'ri "iu?3 

i t_^-*_-**^-i_5 npc'D ^Di ^D^'? -iD'7n n'^nm Dimsi bv 'cmm c-m 

^^.A**.j ^ iî »j-ji x..*»^^ t»X.iû (j*»'^^ [«^^J e:*L»5vÀi.lt (j-« Li^AP 
iJt ^V<^J i^'[,^j..Aj,\ (j^ AAAJlii ^jû ^vXJt ^jl (j^J i)t J_^i)t liXiû 



INTIIODIICTION. lAv 

n'r^Ni^v.:^' f"^^-* ^ -^^i i'?2wVn wS*'? en ^^i jL^si-i ^^ J.Ai *X3 ^ji 

(j-._5 "ipc ~ih''^ '"^^'J mm pwS* '?2n' n:n jLa^i ^ Laîi-jI ^-^-i Jos-S 

àjLxJLAvî (^»**.»-i U^ w'p nS"! C'en iinn *i_j-i Àasjv.^aÀJI àjU)c*»,i)l 

"•S \"iP' Jli tr« «jLxx-iw! k^^i U_5 nSiy nn nvn (j^JyM i>i '^^^Sl^i 

tj^lyM -^5 UJoljt »jUAA«i c^j^i U_5 D^n* mn nDmi nap "'Dx 

yl* JliJ ^jU iucoLs^i U&jLai_5 J_^s>JI l^jujijs- yi) iS nnp* n"'\v 

JJUjl ^ii (XaJo lil_5 UtU^Ai?. (^\ ni'n"'Ji^ nN''2Jt^ n'7"'3NJi /j^j^y 

a"'"i'7N~i nx yn"""! j^ n:?"'-)\- ■^i'n ip^n nrr'îinD Ailii-:»! aàà aj.^^ 
yû ni*'>"T'n ""iTi lii.Âj yî j*_5.X*il (j^ ^il □"'D'irn mnn yaix'? ynpi 
*rx :d"' AiLji-il <\_»-^^ pVn"»' ^*-« i _j-4.i yn*'" Ul_5 v^-^a-ÀJi 

cKAiÀj bu (^j_*r Uij DnD nx")nm d a^uû^x^ ^A*io l-tf '«^^^ tr-» 



' Le manuscrit a laissé ici un,' place vide. Mais il parait que les six mots 
depuis Loj ir.-laieiil (prim,' iv|H'"lili(iii dfs mois il v.u^:^f U., fi tpTil ne 
manque rien. 



iA\. OPI SC.IIJ-S II AliOirL-AVALlI). 

Tn.iiTÉs DES CnMPAG\n.\ii. — Premier !r;iik'. — Deuxième mol. Observations sur 
ce fjirAboii 'l-\Vniiil n exposé dans le paragraphe Udi'àh. 

Alton "l-\\;ili(l (lit : rAhou Zakariyà a mis ensemble, avec la même si- 
(Tgnincalion. homh \.}oh , m, 3) et watlahar {Gen. xxxviii. 3) '.n Puis, 
pour bien faire ressortir la grandeur de ce pcclié et la gravité de ce mê- 
lait, il poursuit : ff.le ne comprends pas comment il a pu permettre 
rrcela; car, comme on sait, wattaliar, (pii précède wattêléd, signifie elle 
tr devint enceinte; si donc horàli avait le même sens, comment aurait-on 
ffpu savoir, au point de lannoncer, quel sexe avait l'enfant qui était en- 
pcore dans le sein de la femme enceinte? On voit que, dans le verset de 
'■■hih, le verbe nmar ne se rapporte pas à Job, mais à celui qni donnait 
r-la nouvelle, comme s'il y avait àmar hammcbnssêr ; seulement le sujet 
f-a été omis, ce qui est possible, parce que tout verbe suppose un agent, 
-qu'il soit exprimé ou non'. t» Après avoir fait grand étalage de ce qui se 
trouve dans la Massôràb et de ce qni ne. s y trouve ])as, Abou l-Walîd 
reprend : r-Job exprime la m»'me pensée ([ue Jérémie, xx, i5, etj'ajonte 
rrque hàràli a un sens diflérent de n'allalinr, et que le premier a le sens 
ffde youUad. .lob dit : rlJn bouuue ta ('té enfanté,'^ commeJérémie : rrll 
"test né un enfant mâle." (>e sens de horàh est conlirmé par le mol 
rlinrni/ {Gen. \i,ix, '.îG), qui signifie : ceux qui mont enfanté. Enfin, 
-on trouve walUthar ( I Chr. i\ , 17). qui ne peut avoir d'autre sens que 
r celui de ««//t'/cV/. Abou Zakariyà s'est donc trompe '.t — Les frères ' 
d'Abou'l-Walid disent que, dans ce paragraphe, l'eirem- d'Abou Zakariyà 
qui met horàh ;i C(jlé de hàrnlàh (Gen. xvi . 5) a été jugée avec matu- 
rité par Aboul-Walîd. lorsqu'il lait observer qu'il aurait été impossible 
de connaître la nature de la grossesse, si hôrâh avait le même sens que 
hàràlùh. 

.Nous allons à notre tour (b'uioutrer qu Abou l-W alid ignore lusage 

' Voy. ri-(Jessoiis. p. 1-28, I. 1 . 

- Ihid. 1. 0-11. 

■' !hid.. p. 1 :>(). I. ô-i I . 

' Ibn Djanàli désigne souvent, par ce nom, ses amis et ses disciples. — \ous 
ne pouvons pas savoir si (elle opinion a élé exprimée \eil)alement on s'il evislail lia 
li\iili' dans ieiiiiel li's aillii''i'(Mils d" Abou 'l-^\ alid \eiiaienl an secours de leur mailii'. 



INTI'.OhlCTKlN. iwii 

«le la laiij'iic cl (jiie I aryimioiit an(|ii('l il se ('iiiiii|M»!iii(' csl Iticii laiMo; il 
devrait bien dislinguer losens pioiirc des mois dr leur sens li<;iii«'. uo pas 
confoiidii' le sens ap]iai'(Mif (U's loi niions avec Icim' sens cacln'î, cl rccon- 
iiaîln; loniploi <|n nnc lanjfnc |i('ul, l'aiie des ('Icnienls dont elle dispose. 
Mous nous [(ornerons à lircr de ce para{j"ra|)lie la (h-inonslralion cpn doit 
rendre plus rvidenle son ignoraurc el sa mauvaise méthode d inlcrprdta- 
tion. Nous lui dirons donc ; Si lu ohjocles qn on n a j)as pu leconnaîlre le 
sexe de lenlanl pendant qu'il ëlail encore dans le sein de celle femme, 
pour nous, le verset nesl pas pris an propre el à la leltre, mais présente 
une exj)ression mélapliorifjue el (ijj-urée. destinée à frayer le chemin au 
but que sest proposé Job. savoir de déplorer son sort sans avoir l'inlen- 
tion d(; maudire el d'exécrer le jour de sa naissance comme l'exif'erait le 
sens npparenl des mois. Autrement oppose-loi également aux mots : 
ffPérisse le jour •^, en disant : comment Job a-t-il pu parler ainsi? I(^ jour 
ne peut pas périr, atteint par la malédiction de Job, ni la imit disparaître 
sons le coup de sns imprécations. Tu j)ourras encore serrer do plus près 
le sens des mots ; rrPérisse le jonri. ot dire : S'il s'agissait du jour même de 
la naissance et de la nuit même où elle l'ut annoncée, si Job formait un 
vœu coniro un temps écoult!, contre une époque déjà [)assée, ce serait 
absurde. Un bien, Job veut parler de lanniversaire annuel de ce jour et 
de cette nuit, ce que semble confirmer le verset : "Qu'aucun cri d'allé- 
gresse ne retentisse en ce jour; -> mais comment cet anniversaire a-t-il 
mérité sa malédiction, et Ta-l-elle atteint ou non? Job dit aussi: trQue 
celle nuit ne s'unisse pas aux join's de Tannée, qu elle n'entre pas dans la 
supputation des mois.- Ce jour a-t-il fui de manière à disparaître du 
calendrier, ou non, el, dans le [)remier cas, comment a-l-il disparu? 
Ensuite, comment Job s'est-il permis de maudire le jour et la nuit qui 
n'avaient rien fait? Conmient a-l-il motivé sa malédiction par les mois: 
rParce quils n'ont point fermé les ()ortes du ventre qui me portait-, 
pnisque ni le jour ni la nnil n'avaient ce pouvoir? Enfin, comment Job 
savait-il (jue la nouvelle avuit été donnée pendant la nuit? peut-être était-ce 
pendant la journée. La question contraire peut se faire an sujet du jour 
pour la naissance. Tels sont lendjarras excessif et l'aberration inquiétante 
qui proviennent naturellement de l'opinion que de tels morceaux aient 
été dits dans le sens propn;; et si ce bavard (?) nous a conduit à un )•('•- 
sult.it aussi fâcheux, nous dirons (pie de même que le discours de Job, 
dans .sa totalité, peut être pris au (i;;uré el hors de son sens littéral , sans 
qn on tienne conqite de la rc'-alité. de même on ne s'est pas préoccupé de 



lAvui OPUSCULES D ABuUL-WALil). 

savoir ce que la femme enceinte portait dans son sein. Ce quç nous venons 
(le (lire sur Joli s'applique à Jére'inie. puisqu'il est reconnu que les pro- 
phètes maudissent ce qui n"a jamais mérite la malédiction. Ceci est clair. 

^"insistons pas sur ce point, à cause de son évidence, et revenons à 
l'opinion d'Abou 'l-Walid que le verbe âmar ne se rapporte pas à Job, 
mais à celui qui annonce la nouvelle, puisque c'est armé d'une telle ar- 
gumentation (pi'il se demande comment on a pu connaître le sexe de 
l'enfant dans le sein de sa mère. Nous lui ferons fobservation suivante : 
Si Job s'était servi du verbe bisser «ril a annoncés, on aurait pu suppléer 
liamwchnsscr : car presque loujours. lorsqu'on supprime le nom d'agent . 
ou lindique en niaiulenaul le verbe de la même racine. On supplée ainsi 
liaschschâbcr (\r\n» Jércmie , xix. 1 1. parce que j/isckhàr indique cet agent; 
liaHohrr, dans Deut. \xviv, G, parce qu'il y aie \ei'ho ivai/i/ilchôr; ham- 
maffgidj, dans Gen. xLviir, 9. parce qu'on y lit n-ai/ya/rgcd ; haïuinaff- 
gfdtm, dans I Sam. \\u . ?> 1 , et II Snm. 11 , A . sous linlluence de wmjijag- 
gîdou; yôlndlô dans I Unis, 1. 0, à cause de yâlcdâh; de même l'agent 
est suppléé derrière wnijtjà'mèr (I Sam. xi\. '>!>) et n'cWinar [ihid. xxiv, 
11) '. 11 t'aurail été permis de procéder de la même manière poiu- Ainav 
[Job, lu.o). el de suppléer un agent indiqué par le verbe; mais quant 
à intercaler «celui qui annonce la nouvelle^ , tu n'y as pas plus de droit 
(pi'un autre n'aurait à y suppléer à volonté l'enchanteur ou le sorcier, ou 
les prophètes. 

Il est à remar([uer que relli|)se de l'agent ou d'mic autre partie du 
discours est fréquente dans l'Ecriture; seulement, presque jamais nous ne 
la rencontrons qu'autant qu'il y a dans la proposition une indication du 
mot omis. Puis nous ne nous décidons pour l'ellipse que contraints 
par la nécessité, c'est-à-dire lorsque nous ne trouvons d'autre moyen 
d'interprétation que l'ellipse. Ainsi, pour watlehal Dâirid (II Sam. xni. 
89), nous suppléons néfêsch, |)arce que nous y sommes forcés et que le 
genre fénn'nin du verbe indique ce mot ". Mais nous nous décidons pour 
toute exégèse que nous découvrons et qui nous di.spense d'avoir recours à 

' C'est ce que Raschi appelle lui -îip' ft^pr! {Gen., i, 1; m.mii. î et 2 , et 
pnssirn ). 

- Ainsi déjà Jonathan. — Ihn Djanàli nienlionne é[[aleri)ent celle ellipse dans 
le cljapilre x\v dn Rikindh (p. i.jo, 1. 22) qni est consacré entièrement à l'el- 
lipse, et présente une riche collection de mois et de lettres retranchées qu'une 
honne ext'gèse ordonne de réiahlir. La version hébraïque a même passé quelques 
oxcmph^s qu'on icironve dans !'ori,<|innl arabe. Ainsi, p. i Ô2 , I. 11, il manque. 



INTHODIM'.TIO.N. i.xtx 

mie ellipse; ciir lellipse est une iiii[)errectit)ii (uToii ne tl«»iL iidinellK! (jiie 
(juaiitl on y est ponssé par la necossiu!. Du resle, la comparaison élablic 
par Abou 'l-Walùl entre le discours de Job et celui de Jérémie, oîi celui-là 
ne maudirait pas celui qui annonce la nouvelle, mais le moment aucpiel 
la nouvelle a ôic donnée, tandis (pie ccliii-oi maudiiail la personne elle- 
même «pii apporte la nouvelle, n'existe ipie pour le l'ail de la malédic- 
lioii, ce (pii enlève toute lorce à rar[[umeiitation tircîe d(! celte aiialo{j-ie. 

Pour nous, (jui savons que relii[)se est une iiiijierrection, nous n'avons 
pas dit que dans le verset de Job il y eût raj^ent relrancbé; car rien 
n'empèclie «pie le verbe «/;/«/• se rapporte à Job, et soit une l'épélition du 
mot ntii/ij6'iu(ir qu on lit dans le verset pnicédenl. yVucunc nécessité ne 
nous oblige donc à admettre une ellipse. 

Une 'elle répétition ne peut rebuter personne, car la répétition des 
mois, soit dans le même sens ou avec des sens dillérents, est un usaMc 
répandu , connu , qu'(jn admet généralement. La ré()élilion peut être utile . 
elle peut être un moyen oratoire, ou bien elle peut avoir pour but d'auj;- 
menter la clarté, i" Elle est utile quand on répèle la [)roposiliun généiale 
au moment do l'expliquer. Exemples : le passage Juires, xvn, 3 et Zi, oîi, 
au moment de raconter les événements en détail, on répète les mots: frll 
rendit l'argent à sa mèren;et de même ib'ul. \\, oo, où l'auteur reprend 

iiprès jnrjc, lo passa{;e suivaiil : p rjf:r? yv j.JO-iAjI n in p cors ib pf) ri'P' fv pii 
(lispz tb) <J ^\^ U jjî ov^U^ll (^ y'X>>.JL CCTJ Jls'j pn (_i(>i P3 >n 
'^/JL> (jyCwj r:r:r3 (^S^_ yl «y>^U^ 'ùi:^- tb Ji. );ko ^-^j] y^' 'vX>>-o 

e>3j^ cSij ^LJf^ ^Uf A3 J^ VU=»il 00^ ^11.^-1 ^A ijyS u 

jr:»: j m ^j tsi^l | ipp» piu r3»bf> tta "îcf) wnbf)?) *Lsi ^ L»iJ | *;JiBiI f g jo^ 
JJuJI .i^^ lo-^J^ v:i'7r ps <_5l L^j^io bm ;r3 ^-ji. c'îrsJI q./o (jI^(^^ cjI mp' 
<^^ y^ l'f t-:>>-^_3 i'j=' ^'i^3 i^c l-xâjî o.nnjf jLs c;U jjC ^c j>ljVf ^vc 
(jf^ Km jin on^ 'ci b:f)' -n J A^^c. ^]}\ ^^ J^U'^f fi^ J )j^^ j^ '"* 
^1 ^v*^ Knn pp Lc-jÎ J^-S^ jjk^. Pour Juges, xi, 36, on peut voir la Mas- 
sore sur Lev. vin, 8, où l'on a rciiiii six passages dans lesquels Ki:n doit èlie 
iiilerprélé par :^:m. L'cxé(;èsc adoptée pour Éz. xliv, :>a, se tiouvo 'r;iliiiiiil 
Kiddomchin, 786, et a pour but d'accorder la ié{;islaliou d'Ézétliiel avec coHl' 
du Lcviliquc. L'autre sens de Kvd. 11 , j.") , se lit dans le KiUth al-miscAl, roi. 'i-jC» , 
I. 15-37. ^"'' ''" reste, d-dessoiis, p. \riii-xriv. 



Lxx OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

les faits en aii'ivanl aux détails. 2° La répétition oratoire se fait tantôt par 
fies mots différents ayant le même sens , comme Detil. \x\n . 9. ; Job, xxvu , 
3; Psaumes, cxuii, 12, passages où l'on répète élégamment la même 
pensée en variant les mots; tantôt, ce qni est non moins élégant, 
par les mêmes mots, comme Juges, v, 'j3; Psaumes, xi.vn, -j; Isaïe , 
xxvi. i5; (ïeii. \lix, 3:^. La répétition {\n même mot est quelquefois 
une nécessité de la langue, comme Nombres, iv, if); (Icn. xxxn. 17; 
Zacharie, xii, 13; Nomb. xxvin. ai; ou bien un moyen de renforcer 
le sens, comme le redoublement du mot iâb, dans Juges, xi, ^5, comme 
aussi le mot '^âijàn'm , écrit deux fois. ibid. s.. It , mais en deux sens dif- 
férents. Un cas semblable est celui de luVàdôm hiVâdôm [Gen. xxv, 3o), 
deux mots dont le second est le qualificatif du premier; ou wchaima^ar 
nâ'^ar (I Sam. i, ai), oii In qualificîition est faite par un procédé diffé- 
rent. Nous citons ces cas à l'exclusion des autres cas, pour ne point 
sortir de notre sujet. 3° Quant à la répétition d'une expression dans un 
but de clarté, nous entendons par là qu'on répète d'une phrase éloignée 
ce qui peut en rendre le sens plus clair. On trouve des exemples I Rois, 
vin, h; \ Sam. xvn, i3 et i/i; dans ces derniers versets, les mots: 
rils suivirent SaiiU se lisent jusqu'à trois fois. Cette répétition dans un 
but de clarté se rencontre surfout pour âtnar (voyez II Sam. xiv, 4; 
Gen. xLvi, 9; Exode, i. i5 et lO; Jévit. xxi, 1). Nous adirinons donc 
qu'il en est de mêuie pour âmar {Job, m . .'> ) , après le mot ivayyô'mar du 
verset ])récéden(. 

Abou "l-W aiid dil encore dans ce paragraphe : rrllne peut venir dans 
ffl'idée de personne qu il faille lire ivayyikberon au lieu de >rayyikbôr\r, 
C'est là une idée qui n'est jamais entrée dans notre esprit et qui n'aurait 
jamais dû entrer dans le sien; car le texte porte bihebourdlô , qui manque 
dans toutes les copies du Mouslalhilc parvenues avec la garantie de la 
signature de fauteur '. Or il n'y a pas plus de raison dattaquer Abou "I- 
AValidpour le lapsus, qu'il a commis à cette occasion dans le Moustalhih, 
qu'il n'y en a dé suivre son exemple dans la manière dont il s'en prend 
à Abou Zakariyâ pour un cas semblable, afin d'établir que nôscha^ 
{Is. xi,v, 17) avait patah, et nôschâ'^ (Psavtnes, xxxin. 16) avait 
Icâmês ■. Cependant, dans une copie autographe d'Abou Zakariyâ, 

' Voy. p. 198, 1. la. 

- Le jiiolse trouve dans le manuscrit arabe, ujoiiléproltablement par une main 
postérieure ; il manquait dans la copie sur laquelle a.élé l'aife la version hébraïque. 
' Voy. ci-dessous, p. -îf). note 1. 



1\ ri'.ODliCTlON. i.wi 

une nous ;i\()iis ciiliv Its mains, on lil : iwscha (Px. \\\ni, i (i ) ;i 
kdmcs , piircc »|H(M''c'sf le |)iiilici|>o du iiifiil ; mais mscha' (l.s. \i,v, 17 ) 
a patah, parce (juo c'est le [larfait tlu /(</«/. 

l/opinion (rAbou'I-VValId que ln')rùli a le sens de i/oiilhKl, de même 
que ivattaliiir [\ Chron. iv, 17), présente nue élraii{je inlerprëlation. 
Car nous lui demanderons d'abord s'il allirme que la mère de Miryàin , 
Schamniaï et Yisclibal», avait été {jrosse de ses enfants, comme il allirme 
quelle les a mis au monde, et s'il rt'pond oui, nous lui dirons : l'our- 
(juoi periuets-tu plutôt qu'on rapporte la gënéalojjie à la mère après 
l'enfantement qu'après la {j-rossesse? S'il répond : parce que je n'ai pas 
trouvé d exemple lui ce rapport entre les rnères et les lils soit exprimé 
autrement que par l'enfantement, nous lui citerons Osée, 11, 7. oiiliorà- 
tàin frcelle qui en était enceinte établit bien cette relation à la suite de 
la jjrossesse, et Genèse, xi.ix, -iO, où liôiaï désigne père et mère. Kn 
elfet, la mère est la liôràli td'enceinlei au propre, tandis (jiie pour le 
|)ère ce mot n'est emplov (' qu'au lijjuré , comme yàlêd { Piov. wui , -j '1 ) el 
tjclàdékà [ibid. "2 2). Ce qui conlirnic encore tlavantage l'usage ilétablir la 
généalogie du fils d'après la mère . c'est l'emploi de tehôlclehéiu , l.s. u , 'i , 
et le sens de ce mot ne peut être mis en doute, si l'on compare Ijàlèl 
[Job, xxxix, 1). Il n'y a donc rien qui einpêcbe de lixer la généalogie 
d'après la mère à la suite de la grossesse. 

dépendant, si Abou'l-Walîd nie encore et veut faire le lin pour dis- 
cuter que kdràli dans Osée, n, 7 , et dans les autres exemples que nous 
avons cités, puisse avoir un auti-e sens que celui de yâlad, nous allons le 
pourchasser dans ces prétentions et tourner la discussion d'un autre côté. 
Nous lui dirons : Le sens des verbes scitàkah ^sc coucher 15 et yàsclmu 
1» s'endormir») qui se suivent (1 Hois , xix, 5; Psaumes, lu. G; Job, m, 
i3; 1 Sam. xxvi, 7), n'est-il pas aussi connu que celui de lidràli el 
ijâlad, qui signilient concevoir et enfanter? S'il répond oui, nous repren- 
drons : Eh bien, nayyisckhah [Gen. xxvni, 1 1) iloit impliquer également 
le sens de wayyischan , puisqu'il est dit après: fret il eut un songe;" or 
Ion ne rêve qu'après s'être endormi. Donc, de même que le [)remier 
des deux verbes a sulh pour exprimer les deux sens, il doit en être de 
même pour vcaUahar à l'égard de ivattêléd. S'il nous réplique (|ue , dans 
le passage de la Genèse, le rêve qui est raconté était une indication siif- 
lisante que le coucher avait été suivi du sommeil, nous ferons observer 
à notre tour (jiie, dans le verset des Chronicpies. les noms des enfants, 
Miryâm, Schannuai el Vischbiili, ninnliciil loiil niissi |ii<ii qu"' la gros- 



i.xMi OPUSCULES DABOU'L-WALID. 

sesse a été suivie de l'enfantement, car il n'y a pas de différence entre 
les deux problèmes. 

Nous irons encore plus loin pour décider Abou "i-Walîd à reconnaître 
la justesse de ce que nous venons de dire, et nous chercherons à dé- 
montrer combien son opinion est défectueuse et sa déduction fautive. 
Supposons qu'en effet les Hébreux n'établissent pas la généalogie d'après 
la grossesse, qu'est-ce qui empêche que hârâtâh [Gen. xvi, 4) ne soit 
pris au propre, et que ivattahar (1 Chron. iv, 17) ne soit pris au iiguré? 
Si Abou'l-Walîd nous demande un exemple qui ferait voir clairement 
cette espèce d'expression figurée que Ion adopte pour luîrâh, nous 
lui présenterons le mot scluîldh qui, au propre, comme tout le monde le 
sait, signifie boire toute chose liquide, qui coule, comme l'indique Lévit. 
XI, 34, exactement comme yàlad veut dire au propre enfanter. Or nous 
savons que le sang fait ])roprement partie des objets potables, comme le 
démontrent les versets Ezéch. x.v\ix, 17, 18, 19; puis la parole de nos 
anciens: Le mot mayy'un n'indiquerait que leau, mais d'oii conclure que 
la loi s'applique également au vin, à la rosée, à l'huile, au sang, au miel 
des abeilles , au lait? C'est pourquoi le texte ajoute ; et toute boisson '. Les 
docteurs donnent encore sur d'autres matières qui peuvent être bues des 
développements qu'il ne convient pas de citer ici, où nous voulons seule- 
ment faire voir que le mot dâm «sang» est au propre considéré comme 
une chose potable. Cependant on applique au sang le verbe âkal frnianger n 
Léoit. vu. -iO. Ailleurs, Dent, xiv, «23, ce verbe est aussi employé au 
figuré. Pourquoi alors ne pas supposer que watlahar, dans le passage 
des Chroniques, est pris dans un sens figuré, ce qui ferait tomber toute 
la critique qu'Abou'I-Walîd a dirigée contre Abou Zakariyâ dans ce 
paragraphe? Le mot liâràh, dans son sens réel, est aussi a|)pliqué mé- 
taphoriquement à l'injustice {Ps. vu, i5); une métaphore éloquente, 
avec le veibe liârâh, se lit encore haïe, xxxni, 11; enfin, un emploi 
fort beau du sens figuré de cette racine a été fait par nos anciens, 
lorsqu'ils disent ; Aujourd'hui le monde a été conçu ^, et le verset Jé- 
rémie, xx, 17, n'est pas moins admirable. Mais, par Dieu, si Abou'l- 
Walîd avait pris pour tâche d'ajouter à l'œuvre d'Abou Zakariyâ le 
sens figuré de chaque mot, toutes les fois que celui-ci l'avait omis \ 
il aurait également dû ajouter le verbe âkal, appliqué au sang ! Il 

' Sifrâ sur Sclwmînî, vin, 1; cf. Mischnâh Makschînn, m, !\. 

- Rituel de la fête de Rôsch Haschschdnâh. 

■' Nous .-ivoiis tiaduit romme s'il y avait ïLk^ l.>fr;lasJl. 



INTRODUCTION. lxxim 

aurait dû eu faire juilniit pour yâdà', qui au propre signifie savoir, et 
qui au figure est einpioyd ( Gen. iv, 9 5) dans le sens d'avoir commerce avec 
une femme; ot aussi do même pour le verbe bo' [Gen. xxxviii, 18) qui, 
au propre, signifie enti-er, et qui au figuré est appliqué aux relations 
avec une femme. Si Abou l-Walîd nous répond que pour lui wattahar dans 
le livre des Cln'uiii(|uos, i-oni[)aré à irattuliar trutlvlcd, représente un sens 
propre nouveau , nous lui dirons d établir la dill'érence qui existe entre ces 
deux sens de htînlh et les deux sens de âlcal, de bà' et de yâda'^ que nous 
avons cités. Une fois en train de censurer Abou Zakariyà sous ce rapport, 
que ne l'a-t-il pas censuré sur tous les faits semblables pour faire ses addi- 
tions? Ainsi, dans le paragraphe hâsâh, Abou Zakariyà mentionne viahà- 
sttâli (Lévit. VI, i3) et hàsî [Exode, xxvi, 12) à côté de wayijaha.s [Gen. 
xxxu!, 1) et ivattdhâs (Dan. xi, i), et cependant, dans les premiers 
exemples, le sens est la moitié, et dans les autres hclmh a, comme hillêk, 
le sens de distribuer. Abou Zakariyà a encore placé yâsôb (I Rois, vu, 
98), qui signifie tom'ner, à côté de wehcsèb [Ezra, vi, 22), qui signifie 
changer, renverser, mais non faire tourner dans un cercle. C'est ainsi 
qu'Abou Zakariyà s'est comporté à l'égard de bien des cas où il a suivi 
la même voie que pour tvattahar. Pom' nous , nous déclarons excellente 
la voie suivie par Abou Zakariyà ; nous [)laçons les versets qui se sont 
présentés à son esprit ici et ailleurs à leur endroit, qu'ils soient au figuré 
ou au propre, et nous n'aimons pas être traités avec perfidie. 



11. 

Abou'l-Walîd approchait déjà de la vieillesse', lorsqu'il put 
enfin mettre la main au grand ouvrage que, depuis longtemps, 
il avait projeté'-. C'est son Kttâb al-Tanhîh ou ik Livre de la 
Recherche minutieuse ^r, divisé en deux parties, dont la pre- 

' Préface du Riktmh, dans rédilion hébraïque, p. xi, 1. 37. Cf. le texte arabe, 
Journ. asiat., 1800, II, p. 87.3, 1. ult., ot la traduction française de M. Munk, 
ibid., p. il 5. 

- Plus loin, p. 358, 371 et 37G. Peul-ètre fait-il déjà allusion ù son projet 
de faire un lexique complet, p. i3, 1. 10. 

Ibn Djanùli explique ainsi lui-même ce litre (Journ. asiat., ilmi, p. 07;), 
I. 17), on le donnant connue l'équivalent du mot pnp7. 



rAxiv OPUSCULES DAHOU'L-WALID. 

mière, le Kitâb al-Lomm, ou r Livre des parterres lleiiris'r, 
est un traité de grammaire hébraïque, et la seconde, le 
Kitâb al-Ousoûl, ou «Livre des racines», est un dictionnaire 
complet du langage biblique. Il laissait, dans ce travail, bien 
loin derrière lui tous les ouvrages qui avaient paru anté- 
rieurement sur la même matière. Sans parler de la supé- 
riorité de son dictionnaire sur les lexiques de Menaliém , de 
David ben Abraham - et d'autres auteurs dont des fragments 
nous ont été conservés, la grammaire n'avait jamais été étu- 
diée d'une manière aussi large et indépendamment du dic- 
tionnaire ^. Chez Havyoudj lui-même, la grammaire sert 
seulement d'introduction aux Traités des verbes aux lettres 
faibles et des verbes aux racines géminées: Ibn Djaiiàli lui 
consacre le premier toute la place que mérite cette science. 
L'analyse que nous avons donnée du kitâb at-tascimir a 
démontré que déjà, dans le dernier .de ses opuscules, certes 
le plus important et le plus considérable, notre auteur avait 
discuté les questions de grammaire les plus compliquées qu'oji 
soulevait à son époque'^. En recueillant divers fragments, de 
ses adversaires auxquels il répondait, nous avons pu recon- 
naître et apprécier sa supériorité, non-seulement sur ses con- 
temporains, mais aussi sur un grand nombre des grannnairiens 
qui lui ont succédé. C'est (jue toutes les facultés de sa rare 
intelligence, tous les eilorls de son esprit lin et analytique 
sont concentrés à cette heure sur la connaissance exacte et rai- 
sonnée des textes sacrés, afin de les expliquer conformément 

' Loc. al. p. 38 1 : jj^ f^lî^ l^3 if)^ O^ ^^V '^U-i^ '-&>^«^ 

- Pinsker, LiHoulè Kadmmiijôt, p. 117 et suiv. ; A. Neubaiicr, .Journ. nsinl. 
i86i, J[, p. 'i63 et suiv.; lirage à part, p. 25 et suiv. 

•^ Il cMi est ainsi encore chez Saloinon Parhôn, l'abiéviatciir tl'ihn Djanàli. 
^ L'aiiloui liii-ini"ino |n dit dans la jiri'rarc t\\i lill.indh , Mil, I. iS-33. 



INTHODLT/nuN. i.wv 

aux règles (runc exégèse rigoureuse et rationnelle '. ll)ii l)ja- 
iiàh est arrivt' maintenant à cette maturité où, d(''tat'h(' des 
affaires de ce monde et indilTércnl aux juisères dont il s'était 
tant plaint autrefois, il n'a d'autre souci que celui de ses 
chères études et ne conçoit d'autre crainte (jue celle de voir 
ses méditations troublées de nouv(\Tu par des attaques impor- 
tunes et de haineuses insinuations'-. 

La philosophie et la médecine étaient, dans l'Espagne 
arabe, le complément indispensable de toute carrière savante. 
Mais Al)Ou'l-\Valid ne paraît guère avoir prati([ué la médecine 
que conune gagne-pain. Le Traité des médicaments simples, ou 
Kitàb at'Talkhis, qu'lbn Abi 'O-seib^a cite de lui, était, comme le 
titre l'indique sullisamment, nn simple manuel sans impor- 
tance^. Pour les opinions philosophiques qu'on rapporte en 
son nom, elles semblent tirées de sa grammaire et de son 
lexique *. Quoi qu'il en soit, Ibn Djanàli est avant tout gram- 
mairien, exégète et lexicographe. 

' Voir les divers passages de la préiace citée. 

- Ibn Djanàli parle de son éloignement de Cordoue sans amertume et comme 
d'un lait historique, Rikmdli , p. i85. — Son mépris pour les grandeurs et les 
faveurs des grands se voit dans un passage curieux du Kitdb d-ousoûl (col. 93, 
1. a'i), où il dit : -Cette explication du mot téhél [Lév. xx, 12), je la dois à la 
grâce et à la bonté divines, en même temps qu'au travail soutenu et à Tapplica- 
tion constante que je mets jours et nuits à mes recherches et à mes études, au 
point que je dépense pour de Thuile le double de ce que d'autres dépensent pour 
du vin.i On pense involontairement à l'opulent chambellan du roi de Grenade, 
son adversaire. 

' Voy. cependant JyM»-n. asial. i85o. 11, i.j, note 1. Ebn Ezra, Momaim, 
18', l'appelle f>cnr rjn 'n sR. Yônàh, le médecin?»; l'explication donnée à cet 
endroit pour I Bois, ix, 6, se lit liihndli, il)(), m, et 190, ^3. — - Quoi qu'il 
en soit, Ibn Djanàb ne parle de son Traité des médicaments nulle part dans ses 
ouvrages. 

* M. Munk cite {ibid. note 2) le pass^age d'ibn Abî 'Oseibi'a, où il est dit 
qii'-Ibn Djanàli s'est occupé avec soin de l'art île la logique- Notre auteur revient 
deux fois A parler du rapport intime (jui existe cuire les catégories de la qualité .1 
de la quantité; il ajoute que les Hébreux, les Arabes et les Ioniens appli(pu>nl. 



Lxxvi OPUSCULES D'ABOU'L-VVALID. 

Dès le deuxième siècle de l'hégire, les niusuliiians culti- 
vaient avec succès la grammaire de leur langue, et celte 
science, ainsi que l'art de bien dire, était tenue en grand 
honneur à la cour policée de Cordouc. L'esprit subtil des 
Arabes excellait dans ce genre d'études hautement apprécié 
comme un moyen d'interpréter le Coran et de comprendre 
les anciennes poésies. Abou '1-Walîd prit les Arabes pour 
maîtres, et acquit une profonde connaissance de leur littéra- 
ture et des grands ouvrages dans lesquels avaient été exposés 
minutieusement les j^rincipes de leur langue. Dans ses Opus- 
cules comme dans son Ltvre de Recherches, il cite souvent les 
procédés de la langue arabe pour expliquer ceux de la langue 

par extension et improprement, les mois ayant le sens de uraud et de fort aussi 
à ce qui est considérable par le nombre {Kildb al-ousoùl, col. la/i, 1. ir)-i7; 
col. 5/ii , 1. 3i-col. 5^2, 1. h). Mais il ne cite pas, à ce sujet, un trait»' de 
lofjique qu'il aurait composé. Dans sa Notice sur Saadtd, p. 85, note (dans la 
Bible de M. Calien, en lètc d'isaïe; tirage à part, p. i3; cf. Juurn. asial. ibid. 
p. Ii6), Munk cite la glose marginale d'un manuscrit où Ibn Djanàli est nomme 
parmi ceux qui se sont déclarés contre Téternité de la matière. Il le kit {Rikmâh, 
p. 1 88, 1. 9) sans renvoyer à un autre endroit où il se serait exprimé,' à ce 
sujet, plus explicitement. La même pensée d'opposition contre la philosophie 
d'Aristote se trouve dans le passage du Kikmâli, p. iGo, 1. 89 -p. lOi, 1. 3'i, 
traduit, sur la version hébraïque, par Munk, ibid. p. /i5 et suiv. Voici une partie 

du texte arabe inédit : ft^-^'y-^ '^■^^t i_v '^ '^— ■''■.' jijU-iYI ^js. <u v^ Uri 

ijjisJ] LUJi itilU. •uT'^jx. [^ o^^f J»-="^U (j.il.Aif i^ J,\ *^.iU^ 

«^ *J UJ I *J^ /*-^^ ^5 ^ft.^P.a>i ^Js> àj^ ^_^ yj J j^ ^ *j y (j^SLwJ I L l«J L 

Ui'^JStNjU y. !S(>.jU- v!^ rH^ t_sa^ O^';^^ i_>.*lV» ij^iJ^ O^M^La <o| 

u -^LiVi^ J .x^:if[ aj:^ ju^ c_^_^vi oL$5 r-.i? >Tb JU 

«y^j ,j^ ;_vy^i» ^^ ^^ UJI5 Uj «^[^ (j^< c^^ y L^l**X^=lj 

Ibn Djanàh parle de riinmorlalilé de Tàme, Oiisuûl , co\. 108 et suivantes, où il 
commente Ecclésinste . m. 18-ji d'une mniiiùrc loil original''. Voy. ri-dessous, 
p. cxii et suiv. 



INTUODI'CTION. iaxmi 

liôbraï([iu', iiiiilaiil en cela le (iàùii Sa'adiâ (|iii. un siècle aiijta- 
ravant, avait (K^jà suivi la ineini' métliodo. cl doiil la ré|)ula(i()n 
iiicontest/'C devait {Taranlir iKtlrc auteur eoulre la suscej)td)ilité 
ombrajjouse des hyperorlhotloxcs (|ui auraient j)u lui reproclier 
de telles ronipai'aisnns coniine indijjnes de la langue sacrée". 
Dans la version hébraïcjue du Fiilannii. les passages des 
granunairiens arabes sont quelquefois supprimés ou abrégés, 
connue inutiles au lecteur juif dépourvu de la connais- 
sance de l'arabe. Nous en donnons un exemple curieux, le 
seul où le célèbre Sîbawaibi soit expressément nommé. Eu 
parlant des lettres radicales omises, Ibn Djanàli continue : 

iC-^^l i (j^^j.^v->*o iXJiî /o-^l (Jy'^ I*Xi& ij^ jji:^\ ^jjj«X3C' »Xjj^ 

-O^AÏÎJcJ «X^io!^ -o.^-frr?^**-**' (*-fr*-^ kiljï t^S*- ^-^^ '''^•M' Jjl >J *>0 

lajij «^LxJl* l;,j^-s^-*wl^ *>o^ (jl i)i b (jl ill *i^Ju «Les Arabes 
retranchent encore davantage, au point de se contenter de la 
première lettre d'un mot au lieu du mot entier. C'est ce que 
rapporte leur Sîbawaibi qui cite d'un Arabe le vers suivant : 
rt.Xous rendons pour le bien beaucoup de bien, mais pour le 
r^ mal, nous donnons le ... w Pour le dernier mot , fasclischarrnn 
(le mal), il mettait le fà. «Je ne veux pas le mal. à moins 

«que tu ne le 55 Au Hou de iouiûla (veuilles), il ne 

prononçait que le ln-ji. Toute la citation de Sîbawaibi manque 
dans l'édition du Rilmâli (p. 10 -y, l. 3o)^. 

' Voyez ci-dessous, p. 1^0 et l'ii. 

* Ce passage se lit dans le Kitâb, ms. ar, do la Bibl. naf., siippl. ar. n° 1 1 ^f), 
fol. 3m r°. Au lieu de o^^J, on y lit j^vJ > et pour o^yj, on y lit pL^. 

' H faut y lire crr^D'c. — Nous ajoutons ici encore quclrpies autres passajjes 
omis dans la version liébraïque : 

P. 33, 1. 37 el sniv.. npr.'s zwA : Ijot J pIaJI Là_j t vW S^^^"^-^ '-'^2 



lAxviii OPUSCULES DABOL L-WALII). 

Cependant, malgré les rapports intimes et nombreux qui 
existent entre l'arabe et l'hébreu, Ibn Djanali pouvait plutôt 

«o (j^^ L? t_>otx-^U> '*-jj-^4; -^-^f cjl^ ij-f tvs^ (î^-«^ju jU ij^ijtlt 

»M O-S Ur O'^tia 3liu ^^î ^^^ Âa» isL^f c:J^J (lisez t_>ojJL)) ooi 
Ajif oJ^^ i^y W L'-^y) tiUjî; ^-li 

iS^yj L/'pCr'C-a* j JljJf ^j_j--^î_^AjJf :>îjj ftVjt" jj^ Jt,v Lvj!^ ci' 

J\oJ\ îcv*^ lT^;-'^ njr^ ^J «L>^^' cflJcvii» iriliJVf ïjjt. J L> (_3/«J' 
Lâjf U viiji-e j^. "JU-'N* ^^5>J^r ^Ljs-^Jf ii-fiJ ^J "Los Arabes emploient 
quelquefois le bâ dans ce sens. Un Arabe âgé que sa famille effrayait par le loup, 
comme on le fait pour les enfants, dit : t C'est pour ce qu'on (bimd) ne m'ef- 
r frayait pas (autrefois) par le loup.ji Bimd donne à ces paroles le sens: Cela 
m'arrive maintenant en échange de ce que j'étais lorsque le loup ne m'inspirait 
aucune terreur. — Une femme, voyant un aveugle qu'on guidait, dit : "C'est 
rrpour ce que {bittid) je Lavais connu voyant bieu.r) Bimd signifiait, dans la 
bouche de celte femme : C'est un échange de ce que je l'avais connu voyant 
bien. — Un poète arabe, en s'adressant à une habitation délaissée, dit : 

Certes, si je te vois déserte, c'est en échange de ce que je l'ai vue peuplée. 

rC'cst-à-dire l'un des deux états a remplacé l'antre. — Dans (nibidcDiésrhph 
(Arnos, m, la), les Hébreux ont ajouté au bel un ddlét, comme les Arabes 
ajoutent md dans ces mots, puisque le ddk't. a, en syriaque, le sens de àschér, 
qui, à son tour, a également celui du ma arabe. C'est pourquoi nous traduisons 
le passage d'Amôs : au lieu d'être attaché à son lit de repos. -^ — Sur le premier 
exemple donné par Ibn Djaiiàli, voy. Frevlag, Prov. ar. IL p. /iiy. — Le pas- 
sage Amos, m, i-?. , est également cité par Tanlioum, Commentaire stir Habakouk, 
publié par Munk, p. 99-101. — Enfin, pour le .sens qu'lbn Djanàli attribue à 
méschék, on peut voir Ousoûl, col. 396, 1. 17-20. 

P. ')o, i. ."i-j, après j-)j*r : f^ jo) t-Jv^ ^j-^ 0>>^ J<AJ' tilil (jUju 

*iL*i>Jl J.:^\ ^.« (__j«àX^ (lisez ^XA_«,^[) (js.,^u»I[ ^Ub . L'auteur veut dire 
que CJv-^ reste sans nounation, que Zeïd y soit annexé comme agent ou comme 
n'-ginii'. I Vnv. Kildh.M. H. Deri^nbniii'fj . 1. p. \'.) — Lne omission ;"i In fin du rhn- 



INTIIODIJCTION. i.x\u 

mcllrc à jh-kIII la iiK-lliddc (|m' lui onscigiiaieni ses maîtres, 
(|ne les rèjjlcs iniimlicust's (|iuls avaient établies. Qiiiconf[ii(' 
est quel(|ii<' peu an ((tnrnnl de la grammaire arabe sait quelle 
j)lace importante y occupe la connaissance des cas ou des 
inflexions finales dont sont susceptibles les noms, les adjectifs, 
les pronoms et les verbes, en un mot, toutes les parties du 
discours sujettes à la déclinaison et à la conjugaison. Or, l'hé- 
breu ne possède que des rudiments rares de désinences; h 
part quelques adverbes pourvus d'une sorte de mimation ', et 
ertaines formes du verbe (]ul ont, à côté du futur simple, un 
futur abrégé, rien n'y rap|)eile les cas et modes arabes, sur 
les(piels les grammairiens musulmans ont écrit tant de chapitres 
pleins de Imesses et de subtiles distinctions. D'un autre côté, 
le système des points-voyelles et des accents, d'une extrême 
simplicité en arabe, est très-varié et fort compliqué en hébreu. 
Les Arabes, dont la langue était vivante, se sont contentés de 
marquer les trois voyelles principales, plutôt pour les besoins 
de leur grammaire que pour ceux de la [)rononciation, en se 
fiant, pour les nuances, aux transformations naturelles que 
l'organe fait subir à chaque son dans l'usage d'un idiome 
parlé. Par contre, les Juifs, dont la langue n'était plus qu'une 
langue savante, se sont efforcés à reproduire pour la vue. 
conformément à une tradition scrupuleusement conservée, 
l'immense gamme dos sons avec lesquels leur langue était 
prononcée, et à inventer, en outre, l'interponction la plus 
étendue que l'on connaisse, destinée à indiquer dans le verset 
non-seulement les moindres coupes, mais aussi les liaisons 

pitre xxvii du nikmàli , se rapportant à iV/;/ final des l'oriiies telles qne \^j^^.=i . 
il été si};nalee dans le Manuel du Lecleur, p. 23.3 (Jountul asialiqiie, \ 870 . l. Il , 
|t. .")/ii). — ) oy. encore ri-dcssous, p. 38.3. 

' Hikmdh , p. :>."), 1. .3."). CI'. \\\\iA. Journal iisialiqtir . iS."h>. t. II. p. -V.uj , 
noie 1 . 



lAxx OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

intimes des mots d'une proposition. Une notable partie de la 
grammaire hébraïque est consacrée à régler l'emploi de ces 
signes dont la plupart n'ont aucun équivalent dans la gram- 
maire arabe. 

La phonétique hébraïque se distingue en outre essentielle- 
ment de celle des Arabes. Hayyoudj avait déjà établi les quatre 
lois suivantes qui en déterminent le caractère particulier : 

1° Toute lettre est mue par une des sept voyelles nommées 
rois, ou bien elle est en repos ou quiescente n'étant mue 
par aucune de ces voyelles. Une lettre pourvue d'un schewâ, 
au commencement d'un mot ou d'une syllabe, est toujours 
prononcée avec l'une des sept voyelles, déterminée soit par la 
voyelle qui alFecte la lettre suivante, soit par la nature de la 
lettre elle-même. 

2" Aucun mot ne peut commencer par une quiescente ni 
se terminer par une lettre vocalisée.. 

3° Deux lettres en repos ne peuvent se rencontrer de suite, 
ni au milieu, ni à la fin d'un mot. Au milieu, la seconde 
lettre, pourvue d'un schewâ, est traitée comme si elle était au 
commencement du mot; à la fin, elle se joint au mot suivant, 
à l'exception du cas où le mot, finissant par deux schewâ, est 
placé à la fin d'une proposition. 

k° Trois lettres pourvues de voyelles ne peuvent se suivre 
dans un mot sans être interrompues par un repos, à moins 
que le mot ne renferme une gutturale ou une lettre géminée. 

Hayyoudj dit expressément en tête des trois dernières lois 
qu'elles sont particulièrement suivies par «les Hébreux, » pour 
indiquer que la phonétique hébraïque se distingue par ces 
lois. Peut-être Hayyoudj ne l'a-t-il pas dit pour la première 
règle parce que, comme Abou '1-Walîd , il reconnaissait trois 
voyelles primitives, celles des Arabes, et quatre autres voyelles 
secondaires, et que. par conséupient. la notation plus précise 



INTHODIKyriON. fAXNi 

(les llt'hroiix ne (•oiislilimil [t.is |i(.iir lui iiiic (linV'rcncc iV-cllc 
onliv 1rs deux plionéliqucs '. 

Abou'l-Walul no menlionnc pas la deuxième loi dans ses 

' Aljou'l-Walùl donne comme vojelles principales schouréh, Ijorh et patulj. 
(ci-dessous, p. 375), en subordonnant hôlém et kâmés à scJiourék , ségôl à jmtali 
(>l srrè à hiri-k: Il considère, en elFet, le liùlém comme une voyelle cpii ne se dis- 
linpue {jiièro du schonrél; (voy. ci-dessous, p. •.î."U') el passiin), et comprend sou- 
vent les deux signes sous le nom commun du damma arabe. Il indi(pi(î des per- 
mutations entre le hôlém ou le schouréh- el lidnws (ci-dessous, p. iJsC); liil.nuUi, 
5o, 19, a'i et pastim). Notre Lamés hdiouf eut encore identique avec le schourék 
dans le /^oxa/ et le \wjal (ci-dessous, p. 35), et le nom onnndn (Cant. vu, :î) 
est placé par Ibn-Djanàli sous le paradigme y>o»<rt7 {liihnnUi, Gi, 10 et i4; cC. 
ci-dessous, p. 35 1, note 1). En réunissant ces faits, on ne peut pas douter cpi'Ibn 
Djanàh adoptait, en principe du moins, la prononciation des hainlants de Til>é- 
riade, de TÉjfypIe et do l'Afrique, qui, sillon Ebn Ezra, wsavent seuls prononcer 
le hdniés, en fermant la boucbe et sans l'ouvrir, comme pour le pntalji {Saljôl , 
3b, \. 5-7). Il pouvait ainsi traiter de kàmés frddùl certains /.«/«es qui, en elVel, 
ne le sont pas (voy. ci-dessous, p. 197, note 1 et passim). Les rapports entre 
ségôl el paialf , puis entre sèrè et hiréh , n'ont pas besoin d'être appuyés par dos 
exemples. — Cette division des voyelles en trois groupes et les règles do la pro- 
nonciation données pour le schewà mobile réduisent à un minimum ladiflerenco 
entre deux formes correspondantes de l'bébreu et de l'arabe. Prenons, par 
exemple, kâlibonn et hùtéh; Va long et le hôlém présentent au fond les deux 
prononciations dialectiques du kdmés, à un degré plus élevé qu'entre Va non 
suivi d'une quiescenle et le kdmés dans ,j-w-^ et 3an (rd'éb). Le hirck a fait 
place au séré, parce qu'en hébreu le dernier radical ferme la syllabe. Si l'état 
construit ^37 et le pluriel cp?"^ se prononcent ddbar el dubànm, la différencL- 
entre ces formes et ddbdr n'est plus que graduelle, et la voyelle elle-même ne 
change pas. — La Massore ne mentionne jamais que deux noms de voyelles, h; 
kdmés et le patah, en les subdivisant en k. gâdôl (r) et k. kdtôn (..). et en p. (jd- 
dôl(-) et p. lidlôn (,.); les quatre autres voyelles sont désignées par 'f>, if> et in 
ou p. On ne saurait supposer que les autres noms aient été ignorés, puisqu'ils se 
trouvent déjà clioz Sa'adià {Manuel du Lecteur, p. 207 ; Journal asiatique, 1 870 , 
II, p. 5 1 5) et que Hayyoudj , qui donne les sept noms, soit dans ses Traités, soit 
dans la partie grammaticale du Sefér haimikkoud (D. 209, 22, N. i3i, 18), se 
conforme à l'usage des Massorètes quand il énumère les divers signes employés par 
les ponctuateurs. Mais cette nomenclature n'est possible qu'en prononçant le kd- 
més à bouche ouverte, comme les orientaux, et il est regrollable qu'Ibn-Djanàli 
ait greffé cette division sur celle ([u'il établit lui-même. Co mélange do doux 
systèmes opposés a créé mainte confusion dans sa gramm.'iirc 



Lxxxn OPUSCULES D ABOU'L-WALIL). 

Opuscules, mais il l'applique et la rappelle, comme une règle 
convenue, dans sa grammaire'. Ebn Ezra rapporte, au nom 
de R. Môschéh Hakkôhên, en l'approuvant, que ce grammai- 
rien avait raillé Hayyoudj ft d'avoir posé pour l'hébreu une 
règle qui est la condition inévitable de tout langage, w Cepen- 
dant Hayyoudj avait fort bien jugé. Il avait eu en vue le 
nombre considérable de mots arabes qui commencent par 
ivesJa et qui, pour être prononcés, doivent s'appuyer sur la 
fin du mot qui les précède; rien de pareil ne se rencontre en 
hébreu. D'autre part, l'hébreu ne possède aucun mot finis- 
sant, comme j3r , par une voyelle qui n'est pas suivie par 
une quiescente exprimée ou sous-entendue, ou par une con- 
sonne en repos -. 

On comprend moins bien la troisième loi de Hayyoudj, 
qu'lbn Djanâh modifie tacitement, en considérant les deux 
schewâ à la fin d'un mot comme qniescents , quelle que soit la 
place qu'occupe ce mot dans le verset ^. 

Mais alors, c'est la loi contraire qui est vraie, c'est-à-dire 
que deux lettres en repos peuvent se rencontrer à la fin du 
mot en hébreu. Dans tous les cas, et Hayyoudj doit en con- 
venir, une syllabe peut se terminer par une (juiescente écrite 
ou sous-entendue, suivie d'une lettre en repos, c'est-à-dire 
pourvue d'un schewâ quiescenl , par exemple r\'iii{ôt), 121 {dâ- 

' Rikmâh, p. ilii, ]. 8-9, et p. 167, I. 19, où il laul lire bri' pour p:»'; le 
texte arabe porte : ^^.^Lwj ÎoJv\j V» U^ f^NXy) Us^.^. 

- Hayyoudj énonce cette loi dans rinlroduclion de son premier Traité ( D. 6 , i ; 
N. Il, 29) et dans son Livre de la ponctuation {D . 902, aA; N. 1.3 1, 19). La cri- 
tique de R. Môschéh ne se trouve pas dans ses Gloses; elle est citée par Ebn Ezra 
{Sâhôt, 6a, ili). 

^ Ci-dessous, p. 276, 1. 4 et 5, où, dans deux exemples, les deux scJiewd ne 
sont pas en pause. Voir Hayyoudj, D. p. 6, 1. 2 et siiiv.; N. p. 5. i. 36 et suiv. ; 
p. 182,]. 7 et suiv,; le passage D.p. 200, i. 8; N. p. i3o, 1. 8, paraît cependant 
supposer dmart , sans que le scliPirn sons le tdtv soit mobile. 



Ii\TRODlJCTI()!N. i.wxiii 

hâr), co (jiii, excepté à lu fin des vers, serait impossible en 
arabe. Anssi trouvons-nous cette loi ainsi fixée par les dis- 
ciples de Menahém dans leur Réponse à Dounasch, et Ton a 
déjà vu ([lie Havvoudj en était probablement le principal ré- 
dacteur", et plus tard par R. lehouda Hallévi, l'auteur du 
Kouzai'î, qui considère rindéj)endance complète du mot hé- 
braïque, ne se rattachant par aucun lien ni au mot qui le 
précède, ni à celui qui le suit, comme un {jrand avantage 
de la langue sacrée, et comme la cause «que cent personnes 
peuvent réciter un verset comme un seul homme, s'arrétant 
ou continuant leur lecture ensemble et au môme moment-, 55 

' Voy. plus haut, p. xi, noie t, et la note suhanlc. 

- Voy. Joiiriiol asinùqne , iSG5, 11, p. 9(3/i et suiv. — Voici, d'après le ma- 
nuscrit d'OxIord, les passaj^es du Kotizavl où R. lehouda Hallévi expose son opi- 
nion sur les avantages de la phonétique hébraïque, 11, S 78-78 : 

^JaÀjf (jV L)jXst^ 1— >-^ JUsUUk/o iXy^àJ e>*5-i iH^ (-^)''r^ U ^^ 

ily<â_5 .;jt^^y^ 2j^J\ yJ^AyB ^►.ÉZSI^I \J<^=lJ ^^sJL] luy^]^ «oU I ^ ôX>. 

ï jot> L;^2>,l^f ^l-T" df L;^JiL:si.j [jJtJC's ^ \oJ:>^ ^41 jLs vF 

Lifc3j-*J JLàJ«AJ e^jt-i?» (j,'Ol UxjJ «^« i>_«Àj Ul yi BsçijJ,! LU-^iJf 

(j; Jî Ut>.-~if i_$^ iàill 8cx* 
*-^^^-^ CW ^^ ^-*^- ^) (jy-^L« (j^.j LgA5 »^ qL y«^ jb VA 

^<;\^î ^iv^-aJl ïov-ô ^ ^[^ Q^TUI l^KJl .U â^Lc 3\ c:>l^ 

^aaJI (J j,Uil J_j.<î.2«.^ iiàii LîUtXj J^j ïÀJàJ] (Js. i?LiJlj *iJV( 
jnb»J|j hï'ïnj] ^Ja^o ^js.;^.^LkJÎ (^t>^ yot sj«-iJf f^y^ t^"^. ^^ J^K 



Lxxsiv OPUSCULES DABOUL-WALID. 

La quatrième loi est critiquée par x4bou '1-Walîd dans le 
Kitâb at-tahnb (p. 2S0), où il cite des exemples de mots ne 

c?>crD ncb') eus mj^nv A^ (J/J L« ^ UpLÎ (:5'0Î U |05i2jJ>f 
S 78. Le Rhazar : Vous avez raison de repousser un avantage qui n'est que 
pour roreillc à côte d'un autre qui influe sur ie sens; le mètre flatte Touie, mais 
la ponctuation soutient le sens. Cependant je vous vois, vous autres juifs, reclier- 
rher le mérite du vers, en imitant les autres nations et en introduisant leur pro- 
sodie dans l'hébreu. — S 7^. Le IJàhàr : C'est (|ue nous nous chargeons d'une 
peine ingrate et contraire à notre génie en faisant l'abandon dudit avantage; nous 
allons encore plus loin et nous gâtons la nature de notre langue qui était faite pour 
l'union des fidèles et que nous réduisons à mettre le désordre parmi eux. — § 7.J. 
Le Klinzar : Comment cela? — S 7 G. Le Hdbdr : N'as-tu pas remarque que cent 
personnes peuvent réciter un verset, comme un seul homme, s'arrêtantou conti- 
nuant leur lecture ensemble et comme un seul homme? — ? 77. Le KItazar : En 
efTet, j'ai observé cela et je n'ai rien vu de pareil ni chez les Persans, ni chez les 
Arabes. C'est même impossible, lorsqu'on récite .de la poésie, ilais explique-moi 
comment votre langue a obtenu cet avantage, et comment la prosodie le lui a fait 
perdre? — § 78. Le Hdhâr : C'est qu'on y réunit deux repos, mais on n'y réunit 
jamais trois voyelles, à moins qu'il n'y ait des circonstances particulières. Puis 
chaque mot finit par un repos. Ce sont ces lois qui ont fait gagner à notre récita- 
tion l'avantage de l'ensemble et de l'animation. La mémoire a été ainsi facilitée 
et l'intelligence du sens a plus aisément pénétré dans nos âmes. La première perte 
([ue le mètre nous ait fait subir est la loi de ces deux repos; ensuite, il a 
bouleversé l'accent tonique : plus de distinction entre oklâh et nkelâk, entre 
oîtirà et àmerou dans la lecture accentuée, entre ômér et âmar, et sc.'irt^a' devient 
l'égal de weschahlî, bien que ces deux mots diffèrent entre eux, l'un étant un par- 
fait et l'autre un futur. ]\ous avions cependant assez de latitude en entrant dans 
la voie du piout, qui ne gâte pas le langage tout en se servant de la rime; mais 
en allant jusqu'à la composition métrique, nous avons éprouvé le même sort que 
nos ancêtres, lorsque le Psalmisle dit d'eux: ttUs se mêlèrent aux nations et 
«ils apprirent à imiter leurs actions {Ps. cvi, 35).n 

Ce texte arabe prouve que Pinsker {Likk. Kadm. p. 65, 1. 16; cf. Stern, 
Liber Restions. I, p. 38, note) a eu tort de changer le texte du S 78. Quant aux 
exemples cités dans ce paragraphe, ils sont, dans le manuscrit d'Oxford, sans 
voyelles. Les deux premiers nous semblent représenter le cas où le schéma mobile 
est confondu avec le sc/iewa quiescent, et les deux derniers, celui où l'on ne dis- 
tinguo pas entre millc'èl et millera. Mettait-on un hibnrs sous le premier radical 



INTRODUCTION. i.xxiv 

rciirermaiil ni j;ulUirales, ni Icltrcs gérainccs, cL qni néan- 
moins présentent trois voyelles de suite. Cependant, dans le 
Bihmâli (p. ()8, 1. 18), il reconnaît que, dans ces mots, l'une des 
(rois vovf'iios n'est pas obli|;atoire, tandis qu'elle est forcément 
(loiiiit'e à une lettre {jutturale ou à la première des lettres 
jféniinée». En examinant, en (général, le commentaire d'Ibn 
Djanàli sur les règles posées par Hayyoudj, on serait presque 
amené à se demander si notre auteur, tout en les adoptant, 
s'est bien rendu com[)te de toute la portée de ces lois; car 
celte quatrième loi est également caractéristique pour la pho- 
nétiqiic hébraïque, 011 des formes comme «XaS, ^•^K ^j^, 
etc. sont impossibles. lehouda Hallévi cite également cette 
loi comme fondamentale pour la différence entre la formation 
des mots hébreux et celle des mots arabes. 

En dehors de ces lois, Hayyoudj avait parlé de la double 
nature des six muettes nDDlJ3 en hébreu, phénomène in- 
connu des Arabes. Puis il s'étend longuement sur la quatrième 
quiescente lié, qui porte le nombre des quiescentes en hébreu 
à (piafre. toutefois avec cette différence que le hê est une lettre 
douce qui ne sert jamais à la prolongation. 11 paraît qu'on 
avait contesté celte assertion de Hayyoudj, et Abou'l-Walîd 
démontre, par de nombreuses citations, cjueile était la vraie 
opinion du grammairien au sujet de cette lettre (Ci-dessous, 
[). 2(jo et suiv.). 

(le 'nDC? J. DerenLourjj {Oriciilalia, Amslerdara, i8'i0, II, p. lofi et suiv. cl. 
WissenschaJ'tl. Zeitscli.furjnd. Tlieal. V , p. '109) et Geiger {ihid. et Kéréin lléiiukl, 
IX, p. 64 et suiv.) se sont déclares pour cette ponctuation; J.D. Luzzallo {lUbiuih, 
p. :îo4 et suiv.) a émis des doutes à ce sujet, et Ton comprend, en effet, diflicile- 
nient comment ce hdmés a pu disparaître aussi compli'-lement de tous les nianus- 
crils de la Bible. — La crilicpic élevée par H. leliouda Hallévi coiilrc Tintrodiic- 
tioii des mètres arabes dans la poésie bébr.iicpie se trouve déjà dans les Rc'iinnses 
des disciples de Menahèm à Dounascb (Sleni, /. c. p. 21-29). '^' Y '^^' sonleniie 
par les mêmes raisons. 



LXixvi OPUSCULES DABOU'L-WALID. 

C'est un grand mérite de Hayyoudj et d'Ibn Djanàli d'avoir 
ainsi reconnu et formulé les principes linguistiques de la 
langue sacrée. Cette indigence de voyelles, par rapport à 
l'arabe, doit remonter à l'époque la plus ancienne de la litté- 
rature hébraïque, puisqu'elle en explique seule, ce nous 
semble, un phénomène étonnant, savoir l'absence de tout mètre 
et de toute prosodie. En considérant la nature éminemment 
poétique des Hébreux, le génie inspiré de leurs prophètes 
et de leurs poëtes, les dispositions heureuses qu'Us paraissent 
avoir possédées pour le chant et la mélodie, dispositions attes- 
tées par le grand nombre d'instruments de musique qui sont 
mentionnés dans l'Ecriture, on est en droit de se demander 
comment il se fait qu'un peuple si admirablement doué ait pu 
ignorer complètement la prosodie, tandis qu'un autre peuple 
delà même race, les Arabes, beaucoup moins poétique, et 
dont le chant s'inspire à des sources moins élevées et moins 
pures, possède une métrique conq)lèt(' et compliquée, des 
rythmes riches et variés qu'on a pu rapprocher des mètres 
grecs. Il n'y a que la pauvreté des voyelles et l'abondance des 
consonnes se heurtant rudement l'une contre l'autre qui, à une 
époque anté-historique. aient pu mettre les Israélites hors d'état 
d'ajouter le charme de la mesure aux qualités admirables de 
leur poésie. Cette rareté des voyelles, observée par Hayyoudj 
et Ibn Djanâlî, doit être de beaucoup antérieure au temps 
où l'on commença à écrire en hébreu. Car, une fois la pro- 
sodie établie dans un idiome, elle devient le moyen le plus 
sûr d'en garantir le vocalisme contre toute usure, puisque 
chaque voyelle perdue briserait le moule dans lequel le vers 
est jeté; et il parait certain que l'arabe a ainsi, grâce à la me- 
sure de ses vers, résisté à travers les siècles aux atteintes que 
la vivacité de la parole parlée porte d'ordinaire au langage. 
Nous pensons de même que, si l'hébreu avait jamais possédé 



IIMTI\ODUCTlOi\. ixxxvii 

une vocalisation aussi liclio ([ue raral)c, il s'y serait produit 
une prosodie (lui, à son tour, ini aur;ill conservé son abon- 
dance de voyelles ^ 

La {jrainmaire de llayyoudj, nous l'avons déjà dit, ne dé- 
passe pas le mot et ses accidents; le principal objet en est 
rétablissement de la trilitéralité des racines, jjrâce aux traces 
.[u'une lettre faible ou double peut avoir laissées dans les dif- 
férentes formes des verbes. Le Rikmàh d'Ibn Djanali a des visées 
|>ius élevées : il embrasse tout le domaine de la science gram- 
malicale, aussi bien l'étude du mot en lui-même que celle des 
rapports entre les mots dans la [)roposition et entre les pro- 
positions dans le discours. M. Munk, dans sa Notice, a donné 
une analyse succincte, mais suffisante, des cjuarante-six cha- 
pitres de l'ouvrage d'Ibn Djanàli-. Nous nous contentons d'y 
renvoyer le lecteur. L'édition de la version hébraïque, quelque 
imparfaite qu'elle soit, qui a paru depuis, a rendu ce livre 
accessible aux bébraïsants^. Certaines parties de la grammaire 
y sont traitées avec une telle supériorité, que M. Munk a pu 
dire, entre autres, du chapitre vi (p. la à /i/i de l'édition) 
«que les observations d'Ibn Djanâh sur les lettres serviles sont 
encore ce qu'on a écrit de mieux sur cette matière, et que 

' On a vu, dans la note précédente, les efforts faits au x' siècle, afin de plier 
riicbreu à la prosodie arabe. Les poêles qui en avaient risqué les premiers es- 
sais changeaient le système de ponctuation, afin de se mettre d'accord avec la 
jjrammaire arabe. Ils remplaçaient libbôt (nijb) par libbot, mê'ôz (iu'r) par meoz, 
schàl (nr) par scitat; ils Taisaient disparaître le Aa/c/" dans les mots comme bahà- 
iiâhâh ou wehaëlôhîm; dans un vers cité {Rep.d. discip-j). 23), ils paraissent avoir 
obtenu unmèlre A/in/j/", en ponctuant 'enfli/o (';'!■') et limeijouda'aya {■'i-ivr:^) , cxac- 
loment comme on peut donner en arabe, dans ce cas, un fatlia au yâ du sullixe; 
dans un autre vers, pour obtenir un hezedj, ils lisaient àschéi- yâsare scifim (^cf> 
c'Dr ->i^). En voyant ce bouleversement de toute la phonétique hébraïque, on 
conqjrend les plaintes amères que ces procédés provoquaient (Stoin, ibid.). 

- Journal asiatique , i8r)o. II, p. 2:26-3 '4 'i. 

^ Sefer llarihma, pidilié p.ir B. Goldberf;, Knincforl-sur-le-Mein, iST)!"), iu-S°. 



i.xxwni OPUSCL'LES DACOL L-WALU). 

notre auteur, sous ce rapport, n'a été surpassé ni alteinl par 
aucun (les modernes ^ 55 — Le chapitre xi (p. 55 à yâ), qui 
traite des formes variées des noms, est également très-curieu.v. 
autant par l'abondance des exemples cités que par la sinj[»li- 
lication qu'il introduit dans cette grande variété de formes, 
en subordonnant des paradigmes différents en apparence ù 
une forme principale, vocalisée différemment, selon la nature 
des lettres qui composent la racine^. — Le résumé générai des 
règles de la conjugaison, que donne le chapitre xiv (p. 'j'j 
à 97), renferme, malgré sa concision, une théorie complète 
des transformations que subit le verbe hébreu; Ibn Djanàli \ 
traite le jiii'l et le liifil en même temps que \e pilpêl et le lavcpoêl, 
(i\e l'emploi du nifiil et du hitpaëP. s'étend sur les formes que 
|)eut prendre le nom d'action ou masdar, en comparant sou- 
vent le verbe arabe et les théories des grammairiens qui s'en 
sont occupés. — Le cha[)ilre xvii (p. 109-1 18) expose l'em- 
ploi des suffixes dans les verbes et les noms. Ibn Djanâli suit 
ici ses maîtres, les grammairiens arabes, en distinguant entre 
les propositions dans lesquelles l'agent exprimé précède la troi- 
sième personne des verbes (bwXw ^jmn), et celles où l'agent la 
suit ("ibtrn ""CNj. Mais Profiai Duran nomme déjà cette dis- 
tinction une subtilité inutile: et, en effet, il est rare qu'en 
hébreu le verbe, quand même il précède son sujet, ne s'ac- 
corde pas avec lui. En général, toute In théorie concernant 1'//*- 

' Journal asiatique , Inc. cit. p. 228. — On conçoit lacilcmenf de quelle irapor- 
lance pour l'exégèse doit être une étude approfondie des lettres serviles, lorsqu'on 
y comprend non-seulement les suffixes et préfixes, mais aussi toutes les parti- 
i;ules, prépositions ou conjonctions, qui, n'ayant qu'une lettre, s'ajoutent aux 
mots. 

- Ainsi , le paradigme peél comprend en même temps kémah , Ijèschéb, tne'salt , 
simîdh , salntâh , g'ul, sis, 'ir (pi. 'âydnm), béhéli, pélî, iiéid, ard (nom propre, 
Nomb. XXVI, ko). 

' Ces sujets avaient été traites dans le Taschivir. \oy. ri-dessus, p. xwvii et 
siiiv.; Rikuidh , p. 97, 1. i.j et suiv. 



INTRODUCTION. i.xxmv 

vAOdlif [x) i^Kx4t. 011 hébreu 13 Smon) et ïairmtl (J^liJI, eu 
hébreu Vi'lîn) est, (huis hi {jrammaire de hi laujjue sacrée, 
nue vraie su[)errélati()u '. — Ou trouve, daus h' rliapilre xix 
(p. i!20-i3/i), h's chaugeuieuls ([uo subissent les noms par 
suile (hi leur annexion à un sulFixe ou à un autre nom. Les 
lois d'après lesquelles les voyelles restent immuables ou se 
transforment n'ont rien d'analogue en arabe, j)uisque dans 
rette langue Xuhij'a n'afl'ecte en rien le vocalisme du nom dé- 
terminé-, dépendant, Ibn Djanah trouve encore moyen d'e\- 
piicpier, à notre avis mal à pro[)Os, une anomalie en hébreu 
par une anomalie en arabe. Dans plusieurs passages, comme 
Il Roiii, 111. h: Ez. wii, 1 8: XL, 38, et ailleurs, celui des 
deux noms «pii devrait être à l'état construit a néanmoins 
conservé la terminaison hn; notre auteur pense que le mêni 
a été rétabli après coup, t^ comme les Arabes rétablissent 
le a d'un nom féminin après l'avoir retranché sous l'influence 
d'une interjection ^. n Une influence fâcheuse de la grammaire 
arabe se fait également sentir dans le chapitre xxii (p. i/io- 
1/17) qui traite de Vidgâm ou de l'insertion des lettres. 
«Lorsque, dit Ibn Djanah, aux deux extrémités de deux mots 
que l'accent ne sépare pas, se trouvent deux lettres semblables. 



' Les termes lechniqucs concernant ces catégories n'ont pas pénétré dans les 
grammaires écrites après Abou '1-Walîd. — Voici un passage du nihndh où ces 
termes abondent (iT), 15-37): Le ?a//ieV/ s'ajoute à l'inchoatifdans cncb) (Is. xxxii, 
1), 3'Cprb (I Sam. xv, 99); à l'énonciatif de Tinchoatif, dans obcjf'b (I Citron, m , 
'\),r>}tn^{ib. xxi, 19), pjcb {Jet: xxx, 19); à l'agent, à cause de sa ressemblance 
avec l'inclinatif, dans -ij-^ b!; (Deut. xxiv, 3), mif»»:!; et ninifib [Gen. i, i5). Ibn 
Djanâli traduit ce dernier verset : « Il parailra des luminaires au firmament pour 
éclairer la terre, et (par suite) il y aura des indices (journaliers), des sai- 
sons, etc. 7) 

* Voy. cependant ci-dessus, p. lxxxi, noie 1. 

' Rikmdh, lit), 10-12. Ibn Djanàli veut parler des formes comme £y\ to , 
JJs L) , où l'on peut n'Iablir le s rotraurlii'', eu cnnsorvanl à cette lellre 



xc OPUSCULES D'ABOU'L-NYALID. 

dont l'une termine le premier mut et l'autre commence le mot 
suivant, la seconde lettre peut s'assimiler à la première, 
puisque le premier mot doit finir par une quiescente, et 
le second mot aussi sûrement commencer par une lettre 
affectée d'une voyelle. On lit donc pj p , comme s'il y 
avait p:2 binnoiin; ... p"'"i* v*"^"', comme un mot p"'i2Jn''; '?tx"i 
l'?, comme iVîNI, etc. ^.. Il en est de même lorsque les deux 
lettres, sans être semblables, appartiennent au même organe; 
on lira donc "'V inn comme ^hn''', n'jD: bi< comme nbcsN, y^n"" 
'3JÎ comme I3:îîn\ Enfin, dans un môme mot, on prononcera 
D'onym comme n^ym. w Notre auteur ajoute : cj'ai dit que 
cette prononciation est possible, sans rien décider à ce sujet, 
parce que, jusqu'à ce jour, je n'ai point rencontré de lecteur 
capable dont la tradition m'inspire une confiance absolue, n 
Gomme argument en faveur de ces cas d'insertion, il allègue 
la prescription des docteurs de séparer avec soin les deux 
lettres semblables pour la lecture obligatoire du schéma, et de 
ne pas confondre en un seul mot deux mots comme "33'? "jy, 
prescription qui semblerait impliquer l'habitude de ces assimi- 
lations. Nous pensons que ces absorptions des lettres sont tout 
à fait contraires au génie de la langue hébraïque, où, comme 
l'ont si bien dit Hayvoudj et lehouda Hallévi, chaque mot, 
nous ajouterions volontiers chaque lettre, maintient autant 
que possible son indépendance et son existence propre^. Sans 
doute, dans la vivacité de la conversation, toute langue connaît 
de ces suppressions involontaires, où les consonnes s'entre- 
choquent et se détruisent; pour faciliter la prononciation, on 
mange une partie du mot, ce qui est le vrai sens du mot r»!^^', 
fort bien rendu en hébreu j^ar ni'b^n. On comprend que les 
docteurs aient recommandé aux fidèles de se mettre en garde 

' Voyez, cnire autres, Minhal Schai, sur ces passages. 
- Ci-dessus, [i. lwxiii. 



INTRODUCTION. xci 

contre ce penchant naturel à\ivaler les syllabes pour un texte 
récité deux ou (rois fois par jour, et auquel on voulait néan- 
moins garantir une lecture exacte et solennelle. Une partie de 
ces suppressions et assimilations des lettres, dues, à l'ori^jine. 
à la précipitation de la parole, finit par se lixer régulièrement 
dans les langues, et Yid^àni arabe n'est au fond (ju'un com- 
promis entre l'orthographe, qui a conservé intacts tous les 
éléments du mot, et la prononciation prise sur le fait et régu- 
larisée par des lois. L'hébreu ne connaît pas ces compromis; 
les lettres qui ne se lisent pas ne s'écrivent pas davantage: on 
élimine ce qu'on ne prononce pas, et hinirisch, devenu liiijpkch, 
s'écrit Vin; mitdabbêr, transformé en middabbêr, s'écrit ";31D, 
et ainsi de suite. Aussi concluons-nous (jue la lecture correcte 
de l'hébreu est celle qui, sans se laisser séduire par les dia- 
lectes ou idiomes congénères, respecte et maintient toutes les 
lettres du texte. 

L'analvse exacte et scientifique des formes grammaticales a 
donné à l'exégèse d'Jbn Djanâh une sûreté qu'aucun de ses 
prédécesseurs n'a connue au même degré, et qui n'a été dé- 
passée par aucun des interprètes juifs qui lui ont succédé. Il 
suflit, pour s'en convaincre, de consulter non-seulement les 
versions de Sa'adiâ, mais de comparer encore les commen- 
taires d'Ebn Ezra et de David Kamhî'. Toutes les parties du 

' jNous donnons ici, au liasard, quelques exemples de l'exégèse originale dlLn 
Djanàli : Il traduit {Ps. xlix, ilt-tb) : «Certes leur croyance (de vivre éternelle- 
ment) est une sottise de leur part; mais en suivant (les animaux), ils iront à la 
mort comme eux; comme les brebis que conduit la mort, ils sont vaincus sans 
détour ni répit cbaque matin, et leurs formes, la mort les use par une décision 
céleste {Ousoûl, col. 33, 5-19; cf. lJ87,<j-i3: 3GA, i2-i3; 782, 24-27).^ — 
Jm-. X, 1 7 : «Amène plus bas que la terre ton abaissement, loi qui es assise dans 
une forteresse (col. (3i, i3-25).i — Ps. lxxxviii, 17 : «Je suis faible et mou- 
rant; depuis ma jeimesse, j'ai supporte des terreurs à tout moment (col. 0") , 1. () , 
on comparant (jUI ; et 506, 1, en citant '*X^J).v — P*. lxxxiii, t!i : «Moi» 
Dieu, place-les comme l'ordure devant un vent d'orage (i3.">, 32).i Ce passage 



xcii OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

Kilâb aJ-Louma contiennent comme exemples un <jrand nombre 
tic versets présentant des difFicultés qui sont résolues avec 
tact et indépendance. Mais la partie la plus curieuse et la plus 
intéressante de l'ouvrage est formée par les chapitres xxv à 
XXXIV (p. i5 0-218), consacrés aux figures oratoires, ou formes 
exceptionnelles du langage, destinées à donner plus d'éclat, de 
vivacité ou d'énergie au discours, telles que l'ellipse, le pléo- 
nasme, la transposition, l'expression impropre, les mots irré- 
guliers, etc. etc. «11 y a ù peine un chapitre de l'Ecriture, dit 
avec raison M. Kirchheim, dans l'introduction qu'il a placée 

osl inléressant parce que Tauleur y parle d'une fausse interprétation ancienne, qui 
expliquait bjbj par croucTi (voy. le Targoum), et il ajoute : frLa prouve que cette 
erreur remonte Lien haut, c'est que l'auteur de la version chrétienne a traduit 
ainsi et s'est trompé à cet endroit comme à hien d'autres passages.» En effet, 
Ji'rôme dit : pone eus ut rntain. La Vulgate est encore citée, col. i55, 1. i5, à 
l'occasion du mot rrn {h. xxi, 11), qu'Ihn Djanâli traduit : rla nation mourante?^, 
en rapportant la prophétie à Rome; il remarque : r Comme l'auteur de la version 
chrétienne connaissait ce mystère qui s'appliquait ù ses coreligionnaires, il a 
laissé le mot doumâh, tel quel, sans traduction. îi — Joël, 1,17 :«lls sont dessé- 
chés, les grains répandus pour la semence sous la terre labourée (586, 27; 
cf. 1/16, 3o, et 5oi , 8).n C'est une exégèse, remarque Ibn Djunâli, rque per- 
sonne avant nous n'a aperçue, et que nous devons à l'assistance et à la grâce de 
Dieu."^ C'est une légèreté d'Kbn Ezra, lors(ju'il attribue à noire auteur l'explica- 
tion do CjJi par le mot néo-hébraï(pie cdj', explication que le Kitâb nl-oiisoûl 
abandonne pour celle de la comparaison avec 4«..^ . — Sam. xiv, 16 : «Voici que 
le camp était secoué et brisé coup sur coup (comme s'il y avait oibri "jib? 7b'); 1 76 , 
23-28; cf. 306, 3i, et Rihnâh, 188, 2i).n — Ps. lxxiii, 10 : «C'est pourquoi 
le peuple de Dieu est de nouveau troublé, et il verse des larmes abondantes; c'est- 
à-dire l'aspect du bonheur et du calme qui régnent parmi les impies trouble la 
foi des justes (170 , 33, à 176, 23; cf. Rikmâh, 188, 22).^ — Ps. lxii, A :«Jus- 
quos à quand déverserez-vous contre les hommes vos calomnies. . . , comme un mur 
violemment secoué? (181, 20, à 182, 31). 55 Abou'l-Walîd compare c^^i ^t 'e 
proverbe cité, Freylag, Prov. 1, C39; puis, pour lo sens général du verset, /.s. 
xxv, li. — Beaucoup de ces interprétations ont passé dans les commenlaircs d'Ebn 
Ezra et de Kamhî, sans qu'elles y soient accompagnées de la rigoureuse analyse 
de noire auteur; bien d'autres apparaissent comme des nouveautés dans les com- 
mentaires modeines. 



1MI\01)U(.TIO.\. xciii 

en lulo (le celte partie ilu Rilamïli, dont un passage ne reçoive 
une lumière inattendue des principes et des bases posés dans 
ces pages instructives ^w Les meilleures explications d'Ebn 
Ezra, dans ses commentaires, sont puisées à cette source, et 
Profiat Duran reconnaît fort bien «qu'il y a bien peu de nou- 
veau dans les ouvrages de ce grammairien '^.n 

M. Munk a déjà accompagné les litres de ces cbapitres de 
quel(|ues exemples de leur riche contenu. Nous ne pouvons pas 
nous dispenser d'en donner un nombre plus considérable, pour 
mieux faire ressortir le rare mérite d'Ibn Djanali : 

1° L'ellipse[[). i5o-i68). — Après le verbe N'wj, il fautsup- 
pléer b^^p , h. xlh , a , et Job, xxi , 1 1 ; îiv , Prov. ix , 12; HDW , Nàlj. 
1 , 5. On a oublié le verbe "^ViinD , I Ckron. xvii , o , qui est écrit 
II Sam. VII, n ^; Nnn ou IX"), II Ùwon. x, t fi, qui se lit IRois, \ii, 
1 6 ; IDb , II Citron, x , 5 , qu'on voit I Rois, xii , 5 ; "iDN , h. v, 9 ; 
I3ri, Jitg. v, q; le nom C'Dj, 11 Sam. xni, 3 y, et xxiv, 1 1. 
Il manque L"'ii devant pUDl, Gen. xv, 2; devant n:ncn, Juf>: 
vu, 21; devant mnivi, l Rois, 11, a6^; "idn devant pn'ù'N, 
I Chron. IV, 12; ViN* devant n'^bji, II Sam. xxi, 19, qui est 
écrit I Chron. xx, 5. Le passage dilîicile d'Osée, viii, 6, est 
traduit conformément aux accents et en sous-entendant nïi* : 
«Car (cette idole) provient (du conseil) d'Israël et de lui 
(le roi). 55 n'j^D est pour 'd -\2V,Lév. xix, i3^ Souvent, il faut 
sous-entendre dn, Ex. iv, 28; Jug.\i, i3; Rulh, 11, 9; II Smn. 
XIX, 8; Is. XXX, 20; Eccl. IX, iG. Dans ces deux derniers ver- 
sets, il faut l'ajouter au ivàw et traduire bien que. La préposi- 

' i?i7iHià/i , p. i/ig,l. ta. 

- Ma'usè Efôd, p. lili, 1. 12-1.3. 

' Ibn Djanâli nomme d'ordinaire les livres de Samuel et des Rois «la pi'omière 
recensioii'' (wicf?!? frire?), les Chroniques tria seconde recension'5 (r';r? ':?). Il 
complète et corrige ainsi les deux textes l'un par l'anlro. 

'^ Ce mot a paschid, et est ainsi séparé de /efc, qui suit. 

^ llikiiulh, i.")i, 2.'), où il faut lire : 'ci 7iv)o? opir ")Cp:i f' c c ->zi p-' f- ■ 



xciv OPUSCULES D'ABOUL-WALID. 

lion |D étant employée pour la comparaison, il faut souvent 
deviner, par le contexte, l'adjectif absent; ainsi Midi, vu, li : 
«le plus juste est pire qu'une haie d'épines. 55 Une ellipse plus 
forte est adoptée par l'auteur dans le verset Deut. xx, ig, où 
il supplée 3?i'"» et traduit : « tu ne dois pas abattre l'arbre frui- 
tier, comme l'habitant de la ville abandonne l'arbre, en subis- 
sant le siège de ta part. 55 11 suppose itb CN', Pror. xiv, 7, et tra- 
duit : «Eloigne-toi de l'ignorant; autrement, tu négliges les 
recommandations des sages '.55 La négation exprimée dans le 
premier membre de la phrase doit être souvent suppléée dans 
le second-. Ibn Djanâh applique cette règle à Dent, xxxii, 3i; 
XXXIII, 6; Prov. xxx, 3. Il ajoute même ab, où aucune néga- 
tion ne se trouve, Lév. xxv, 33, d'accord avec la \ ulgate^. La 
suppression d'une lettre rend quelquefois le mot méconnais- 
sable, et il considère w, Job, xxii, 3o, comme l'équivalent 
de U\V; non, ibid. xxix, 6, = nN'Cn; 'CJ, ibid. ix, 9, = ^"•2'; 
^^•D , Amos, VIII , 8 . = ■!N">d ; n2 , Lam. 11 , 18, = z\2l ; nn , Osée, 
IV, 18, = ISHN ^. — Un grand nombre de lettres retranchées, 
mentionnées dans le chapitre des ellipses, appartiennent sim- 
plement à la grammaire, et nous ne citerons qu'une expUca- 
tion d'Eccl. XII, 12 (p. 161), et (VEzra, i, 6 (^ibid.y. 

9° Pléonasme (p. 1 G 8-1 -5). — Le même mot ou la même 

' Lot'. ciV. lô/i, f>(). Le texte arabe porto : civ-Lg-=» cvai ^1^ li^^ i^^ J>^ 

- Ibid. 105, 22. La version hébraïque a imj et nfjijK, à la place de ^ 
et jj-U ! 

^ Celte correction hardie a été blâmée par Profiat Duran, /. c. p. i5i, 1. ali. 

** Voy. Oiisonl, col. 28, 2^-3o. 

^ Nous avons donné quelques passages duch. xxv qui manquent dans la version 
hébraïque, ci-dessus, p. lxïhi, note 2 et ailleurs. En voici encore un qui devrait être 
inséré, p. 159, 1. Sa : jt^ crj J^Vf^ cj ^Ij-s' J ^-« ^l^i ioJcV^ txJ^ 
IJl'sJ ,L^| I^JiJL.! ^\J\ culc t^3l^ li! ^Sl} c: Lf^io cr; ^U fyo^ 
'»:?»D ir^r'b^ )>:r':c wr'bn J.~= 3 L nrbrj irr^rDj ic'bn» ir-r ^j laSiÂ^ L^T »« Pf:n 



INTRODUCTION. xcv 

phrase sont répétés alin «le donner plus de force au discours 
(r.Xx^>b, yn:"?), comme Jérémie, x, 2 5, et ailleurs. Pour la 
même raison, on met le pluriel à la place du sin^julier, Is. 
XIII, lo'; Amos, m, i5; Ex. xii, 69; Lév. xxiii, 28; E:. xlvi, 
7; Ps. cxLix, 2; Job, XXXV, 10. On ajoute le pronom séparé 
pour la personne exprimée déjà par un sulFixe, non-seulement 
auprès du verbe, où ce sulTixe indicpie le sujet, mais aussi 
derrière les infinitifs et les noms, où le suflTixe marque le 
régime, II Sam. xix, 1; Neh. v, 2^. — Ibn Djanah traite 
comme pléonasmes toute lettre et chaque mol superflus ou 

Pij) cmf) locc ri:? O'pnS c'E:^ *Jft5 cili^ (J.£ (JtV'^-'lî '<J^* lT"' • tJ^ 

' Le texte hcl)raïque (t68, 29) est fortement abrégé. Voici roriginai arabe de 
repassage : J 4^.if^j ^^^ oJz-ïJf j j-*^ J^g-^'-^ ^J/^'^'J 
ciUjJj (JUuJf 4_>J2JJî -j tj^» csLÎjJ^ yfcSSsiJl ^j rc'3 (JUuJt »_jj2aJI 
r>:'D ^j5_La_^_ f°^5 CJV^^-'^ ci ''-^j^ <S^^\ P'^ 't^d rc:) b'c: c-'r Jb 
J.-^..^.^ (J^ b'r: yÎT" Us^Ij oy^f Jr:if *J •^î;'^ jr^'n mm <*.iy Ut^ IjyJf 
ci'-: «_A_^ii ^UivS i_^_É=îa-^f ,j» «v_^L_j L« A.J1 ^ (jlj iV;_^wI 
rtLe Acsî/ est l'étoile connue sous le nom de Canopus, qui se trouve au pôle aus- 
tral, et en face de lui, au pôle boréal, le kûndh ou ferkeddn (^ et 7 de la Petite 
Ourse). Le 'Ascii (l'Ourse) est également au pôle boréal. C'est pourquoi Job ( ix , 9 ) 
fait suivre les noms des trois constellations des mots «et les chambres du sud», 
parce qu'elles sont situées dans les deux pôles. D'autres prennent klmâh pour les 
Pléiades, et expliquent les mots hadrè téinân par la circonstance que ces étoiles 
sont sur l'inclinaison australe. En mettant kesîl au pluriel, Isaie a donné plus de 
force et d'ampleur à cette expression, en comprenant dans ce mot les astres qui 
l'avoisiuent. -> Yovez, sur ces constellations, M. A. Stern, dans le Jûd. Zeitsch. III, 
3 58 et suiv. 

^ Rikmdh, 169, 29 et suiv. «Quelques interprètes, égarés par v. 3 à 5, don- 
naient à c'jT le sens de i-ihhîlâ [Ps. xliv, 1 3) et en faisaient i'énoncialif de nnt , 
qu'ils considéraient comme l'incboatif; ils traduisaient : «Nous vendons à un prix 
élevé nos fils et nos filles, etc.r' Mais ceci est impossible. Seulement quelques 
familles, tombées dans la plus profonde misère, et chargées d'un grand nombre 
d'enfants, disaient, dans leur pauvreté extrême : «Nous avons beaucoup d'enfants, 
allons en vendre une partie pour nous procurer de la nourriture.» 



xcvi OPUSCULES DABOUL-WALÎD. 

employés mal à propos. Il regarde le premier yod, clans in"^ 

[Ps. CXXXVIII, 6), 2^'û^] (Job, XXIV, 9l), b''b''] [Is. XVI, 7) ', 

comme un redoublement du signe de la troisième personne; 
le mêm, dans ■':î:d, etc., comme un redoublement de la pré- 
position ]'û. Le mêm est également répété dans '^P'^D et "'D"'D , de 
□"•D, pluriel incomplet d'un singulier inusité ''D; car le mm du 
pluriel disparaîtrait à Télat construit et avec le suffixe. La pré- 
position hhnéd devant bel {Ex. xx, 20), ou |D (ib'id. ix, 18), ne 
sert à rien. La négation xb n'a aucune raison d'être dans Jcr. 
XLix, 2 0, et Job, XIV, iG: il en est de même pour ix, I Sam. 

XX, 10; pour bx. ibid. i3 et ailleurs; pour ~i\ Jos. xvii, ih. 
La terminaison du pluriel pour les féminins ôt est suivie de 
suffixes qui contiennent le yod appartenant au pluriel des 
mascuHns; exemples: ij^TnJD, ""TIjw, n\~iu3, etc. etc., à côté 
de ^nizD^. 

3" Substitution d'un mot à un autre (p. i^y-i^i). — Elle 
comprend tous les genres de métonvmies. îi'j « peuple w [E.r. 

XXI, 8)etv,3 «nation'? (Gc». XX, /i) remplacent u'\s* «homme»'; 
□•»D «eau» (I Sam. xxv, 1 1) est pour ]"'"' «vin», parce que les 

' Pour b'b'fj {Jér. xlviii, 3i) et ib'b'n (/s. lxv, l'i), Aboiri-WalM suppose deux 
termes soudées l'une à l'autre; ainsi 'àyèltl si[;nifierait : rjo ferai ([u'il pousse dos 
gémissemenlsn. Voir i?i/i7«â/j, 170, 1. 31-171, i. 3. 

- Rikinâh, 170, i. 20. Le texte arabe ajoute : .ilJsjf (J^ I'Aco (J-û-J t^ 

^-^y (j t? *Lj^ Uj |C^VI yi.[ jjk^ U ^«^1 «.^4: (j«^jj *L^iI s^^^vJ 

'U^ J^-^ ?W^ "Et il n"a pas dit makkôtckd , comme c'est l'usage. Souvent 
un mot reprend sa forme primitive, en abandonnant l'usage constant. D'autre 
part, on trouve wclanhôléhém {Osée, ii, 3), avec if'id, bien qu'il s'agisse d'un 
singulier, parce ([ue la terminaison ùl se trouvant à la fin dn mot, on l'a Irailt- 
comme un pluriel.-» 

^ Pour le second passage, Ebn Ezra appelle Ibn Djanàli «songe-creux» à cause 
de celte interprétation; au premier passage, il attribue celte exégèse à R. Sa'adià, 
([ui traduit ^^ail ^^.su-l ■ 



INTIIODI'CTION. x<:vit 

deux mots >i<jiiilii'iit une boisson '; zm «or» [Zac. i\, lû), 
pour JDC « huile 'î, à cause de la pureté des deux objets; dïï;n 
Rpécli(5n(/>*fr. V, -y), pour pip «sacrifice 77; ncD «pàque» (/)eji/. 
\v!, a) et :n «fêle?? [Ps. cxviii, 93), pour les victimes qu'on 
sacrifiait en ces jours; MroVr, ville de la Moabilide. est employé, 
fs. xvii, *j . à la place des villes du pays (leDam;is-; le nom de 
Jacob (Ver. xxxiii, a fi) est substitué à celui d'Aron, puisque 
le contexte démontre qu'à côté de la race royale de David, il 
doit être question des familles sacerdotales; Mîkal est nommée 
à la place de sa sœur .Mérab (IlS^jn. xxi, 8), et Absalon pour 
son frère Salomon (I Rois, n, 98) '. "ni") (/*\ xlii, ic)) rem- 
place cnm; innx (I Chr. vu. 1 5). inu.'N; lint [i\omb. xxiv, 7), 
rjic*; u.t: [Amas, vi, 8, et Ps. xxiv, /i), CIT; c^'j[Ez. xxiv. 5), 
\v; pD (/«. XXI, 3), TnVù' ^; pi'3 (Il 5am. xiii, 8), ncp; n^irn 
(Zr/c. XI, i3), ^i"l^•^; Ticn'r^ n-'n (II Chr. xxxv, 21), cip»: 
TiDn'^D ^ ; ""JD b'j{lVomb.uu A), ^"'ns'''; c:n (P/m'. xxiv, 9 8)op*^'". 

' Dans le Mldrasch Samuel, R. Aïbè dit égaloment que, dans l'histoire de 
David ot Nàluil, il laiil (oujours entendre vin à la place d'eau. — Rihmdh, i']'], 
19, il faut lire CjP pour ci:p. Le texte arabe porte : V. a_i , l y. j ^ pLtl 
<Vj ^a^ ravec Teau, on n'est ni avare ni généreux-'. 

- Ainsi Sa'adiâ : irn^i' ^jXo Lsfcf Ji Ci'yoa. Voy. /.«s. i^jo, II, p. -ili-j, n. i. 

' Un poêle, sans doute Isaac ben Saiil (voy. ci-dessus, p. vu), avait imité cette 
singulière substitution de noms en parlant de la chevelure d'Adùniyàh (r»3-jf5 ^rcl), 
au lieu de la chevelure d' Absalon. Un critique avait ajouté vh «du frère d'Adô- 
niyâh'7, ce qui détruisait le mètre. Ibn Djanàli, pour marquer Tabsurdilé de cotte 
correction, dit : -»jUJ| JL3 ^jyo ^Jj-^J^ T'y^ Y^ O^ 7^^ 9^3' ^^ *^l"' *^*'' 
malgré la bizarrerie de la comparaison, bien rendu par la version hébraïque, 
179, 1. 21. Voyez ibid. note 'À. 

* Voy. Ousùùl, col. Jig'i, I. i.'j-a'i, et roi. GiG, 1. 37-30. 

' Ibn Djanàh compare le <_)v> jl.i des Arabes, Rihnâh, iHo, 1^. 

* ïbid. 181, 28. En arabe : f^3è Jj^v ^ tiLli ^V. Voy. Journ. asiat. 
i85o,II, 989, pour ce passage, et Uthmàh, tSa, 6-i3. 

' Cet exemple manque dans la version hébraïque, Rikwdlt, 182, 16: Tn bn 
{Ps. xxxviii, 20) -ij-z 'f'ît mi [jJls l/"(t>. XX. lO) -jpr ^r ^i^s^r I^'^j c:p 7j^ 
Làjf^ (Il .Snin. XXV, -n) -mr: ipr 7f ilï». {ihid. i,xix, .î) c;r -f;: sjxst^ 
(/*.<. Lxiv, .'))^pr 'j'f>. 



xcviii OPUSCULES L)"AI5Ul l.-WALÎU. 

— Parmi les verbes, ^1Z' r. brûler 55 prend le sens de loiulre 
(Ex. XXXII, 20); p'k3 wmoudre'5. celui de broyer; Wûl ç^élre 
silencieux 55, celui de s'arrêter (, /os. x, i3, et l Sam. xiv, 1 5); 
nx") « voir 51 , celui de chercher (ibi(L xvi, l'y); b'J''' signifie «il 
s'arrêta» (11 Snm. xv, a'i); "]'?''i «il resta 57 {Jui>\ xvii, 10); 
"iDxm (II Sam. XIV, Il iiiit.) remplace N2m c^elle vinlw '; -^n" 
(î7»/V/. iq), yCu* ^(le roi) a entendu •i^; □"'n'7Nn Vx ••• mp:i 
(Ex. XXII, 7), E:^^'7wS*2 ■■• 'JiZ'Z'i. Ibn Djanàli fait entrer dans 
ce chapitre les cas où les actions des sens de l'homme sont 
confondues; où le général est mis pour le particulier ou le 
particulier pour le général, le tout pour la partie ou la partie 
pour le tout; où certains nombres, comme sept, dix, cent, 
mille, sont employés improprement pour désigner une grande 
quantité; où les deux genres sont intervertis, parce que, tout 
en écrivant un nom masculin, l'auteur a pensé à un féminin, 
et vice versa; où le pluriel et le singulier, le parfait et le futur 
se remplacent mutuelbmient. Il y traite également d'autres 
licences grammaticales, comme l'emploi irrégulier des formes 
et des modes, surtout de l'infinitif qui prend souvent la place 
d'un temps déterminé, ou la substitution d'une personne à 
une autre-, A la fin, sont résumés les anthropomorphismes, 

1 Ainsi les Seplanle, ei Jonallian cliez tÇamiii et Laj'rarde. 

* Voici un exemple pour chacun des cas donnés dans le texte : rt>i prend le 
sens d'entendre {Je: 11, 3o); soleil et lune sont placés pour le ciel {Eccl. 1,9, et 
ft. Lxxii, 7);mD « ongle 1 pour bête à ongles {Ex. x, 96); pour les nombres, on 
peut comparer Lév. xxvi ,21; Job , xix, 3 ; Eccl. vi , 3 ; Ps. xci , 7 ; Kyzr> se rapporte 
à ncir {Ex. xxii, ao), parce qu'on a pensé à 7Jj; r'rn a pour sujet opr:? {Jcr. li, 
6â), comme s'il y avait pf>?. Pour le pluriel qui remplace le singulier, nous 
citons un passage omis dans la version hébraïque, et qui devrait se trouver dans 
Bihndh, i 87, 1. 7, après le mot rc? : «*^yU '^-'^- ^-' ^'tvpr:? cjp; )rpj rbf) «v-U-o» 
(_)ULC!i! (j «J"» Urt c^î (Jû ^UJf iiCvJl (J riu L^ d-AXi (J.C f>ir:: 

fil en est de même de nimsaoti (Ezvo, ii, C)^) <|ni est pour itiitiRa, leçon qui 



liNTIlonrCTION. \i-.ix 

les inélaplioics cl \y\- expressions li;jiir<''es (|iii ;il»ninlonl diins 
rKcrilurc. 

h" Des mots Irn'iiu tiers ( p. i (j ô->> o 5). — Sous ce lilrc , l'auteur 
réunit l)ean((Ui[t de noms et de vorbos (|ui sont rorni(''s contre 
toute analojjie. On a ainsi employé l<' pluriel des infinitifs 
-\"t"î:23 [K:. \vi, 3i), D2\"inîn3 (j7W. m. 8); on a ajouté un 
sullixe à nP"'*riPwC {ilùd. \\\\. i(')); on a mis Mmi's sous le lié 
de np^m [ihid. wiv. lo)', de licn {.h'r. \u\. 8), de "iccm 
[Jobj XXI, 5)-. de n2:c*m (Ez. xxxii, i()): on a également 
placé hhnés sous le premier radical (ks- im|)ératifs "iru;D 
(£":. xxxu. ^o), ^&J (Sepluin. ni, i/i), Trp {Miellée, i, iG), 
"»2in ( /.v. \Liv. !)2)- "i2";n (JrV, ii, ir?)'; et de même sous le 
second radical d'un certain nombre de troisièmes personnes 
du masculin singulier du parfait au kol, et de noms à l'état 
construit oii l'on s'attendrait à un pnt/ih '. Les mots suivants 

se trouve dans la seconde copie (AV/i. vu, (i'i). En effet, ce verlie se rapporte 
à keldbdm , ci a été seulement mis d'accord avec hnmmilyahàx'im , parce qu'il se 
trouve placé à côté de ce niol.-i vir^ (\\Sain. x\, 6) est pour Wc; r:\p {Gen. xi,i, i), 
pour cbn; rmt {Deut. i, iG), pour tkz; oc {J^r. \xiii, i/i), pour l'infinitii jic; 
j'orr {Deut.\x\, 3), pour j':r:; -,t? {Lév. xiii, 3), pour -jcr;; j'ip' {ihid. vu. a.o), 
pour 3-jp'; crni (/s. xxxiii, a), pour nmf, 'te (£z. xliii, 3), pour ite. 

' nikmdh, igt), i."». Ibn Djanàh a trouvé ce mot ainsi écrit dans une copie 
faite en Palestine ; mais il y avait pntah dans sa copie ))abylonienne. La leçon 
avec hdmés ne se trouve pas dans nos manuscriLs. Vov. Minijat Schaï, ad 1. 
- Minhat Schaï, ad 1. 

' liikmdh, 196, 37 à 197, ^1. llm Djanâli prouvait à des adversaires, par deux 
massores, que ce mot est bien un inipiValif du Inl ( horlioii) , et point du piél 
(lidrebou). 

* Cette voyelle a sa raison dans une prononciation emphatique ou prégnante. 
De là tous les hdmi's des troisièmes personnes du parfait employées comme noms 
propres, tels que Adtdn, Schdfdt, etc. (voy. J. Deronhourg, Not. cpigrapb. p. 1 10). 
Ainsi, dans -jtu (Osée, vi, 1), on appuie sur la dernière syllabe pour faire ressortir 
les deux radicaux que ce mot a en commun avec Ktffu de même qu'on lit en- 
suite 7', pour rr, afin d'établir un autre jeu de mots avec t;rjr''. On pourrait 
induire de là (jue le hdf sans dày/'xiU se prononçait, dans les couirc'es du Nord, 
à peu près coumie le In'l. 



c OPUSCULES D\\B0U'L-WAL1D. 

résistent h toute analyse exacte : DZNïtn [Gen. xxxii, 20), pour 
D2NVÇ2; "iN21!: (USam.ui, 2 5), pour -jXlDD; □D'-rilSirm [Jér. 
XXV, 3i),pour c:''n"iï"'2ni ': \"i'?2"!r) (Osée, xi, 3),pour \iVj"in -. 
II y a d'autres mots qui ont été divisés en deux : L:nvù'N"n3(jE'-. 
xxvH, 6) doit être réuni en DnVwXnz, pluriel de "iiu-wn (/.s-. 
xLi, ic)): nDi'-"'7D (^Eccl. V, 10), en nDvbD; Tù'N'bwn [ibicl. viii, 
l'y), en "Iu'N'Sc'd , signifiant «parce que 55, comme ''D'^C's «à 
cause de qui» (/on. i, 8)^. Ibn Djanàli combat encore, dans 
ce chapitre, l'opinion de certains grammairiens, cpii soute- 
naient qu'une quiescente ne pouvait jamais être supposée 
après une consonne pourvue de patak ou ségol, et prouve que 
ces deux vovelles, aussi bien que les cinq autres, font supposer 
des quiescentes*. — Dans un court chapitre qui suit, notre 
auteur distingue entre les formes irrégulières qui s'écartent 
de l'analogie, comme i:"''?!:."! (/s. xx\i, 5), mis à la place de 

' Rikmdli , 199, 19-28. r^olro auteur Iradiiil : cret je vous broyerai et vous 
tomberez comme des vases précieux». C'est rexplicatiou à laquelle s'arrêtent 
Hitzig et Graf. Dans VOnsoùl, col. 566, 1. 95-27, Ibn Djanàli renvoie, pour co 
verset, à ce qu'il a dit dans la grammaire. La glose du ms. R note 7 a néanmoins 
ftSÇt'.ij.jJJa^ ! Les nombreuses gloses de ce ms. sont donc d'une main étrangère. 

' D'autres formes, irrégulières en apparence, sont expliquées: Ainsi TiZiT-{hou(L 
daschiidh , h. xxxiv, 6 ) , après quelques hésitations , est considéré comme un hotpàel , 
et comme égnl à houtdaschndh ; pour l'assimilation du f«ir, Ibii Djanâli compare 
houkkabbés {Lév. xiii, 55), et pour la suppression du ddgèsch dans le second 
radical, hotpdkedou {Nomb. i, 18). Voy. Rikmàh, 200, 83 à 901, 9. Ebn Ezra 
n'a pas accepté cette analyse, mais elle est approuvée par tous les exégètes mo- 
dernes, bien entendu sans que notre auteur soit cité. Pour d'autres formes, 
Ibn Djanàli adopte une interversion des voyelles, par analogie avec l'interver- 
sion des consonnes dans jr; et Cj3, rbcc et rcbc; ainsi CTrrf; (Zac. vu, 1 A) est 
pour cirçf> (cf. cependant lïikmdJi, 901, aS, où il faut lire ^nf', et Ousoùl, lia'], 
16); pn' ( Is. XXX ,19), pour pn^ ; criçrb ( Lév. xxvi , 1 5 ) , pour cïiçri ; tkztj ( ibid. 
xxvii, ^3), pourrirrrj. 

^ Rikmdh, 200, 5, et suiv. Dans le texte, il faut lire : 1. 7, irntrj en un mol; 
L 8, -itP pour ^cf'l; 1. 1 2, 'c pour ';. 

^ Rikmdh, 901, 35 à 202 , 26. L'expression ïi^ i:c:, qui se rencontre très-sou- 
vent dans ce passage, esl la (rndiHiion do ^c ^5», et signifie ^précéder». 



INTRODUCTION. ci 

t2"'VDn , cf celles où l'usage tUahli est contraire à la règle 
et ([ui y rentrent exceptionnellement. Ainsi le futur du 
verl)e ]Dj est d'ordinaire ;n% bien que les autres verbes au pre- 
mier radical nouii n'aient jamais «m' pour le second radical; 
cependant on trouve ]Dj {Jit(j. xvi, 5). 

5° Lalranupositioiii^^). 207-9 iq). — Elle a lieu pour les lettres 
d'un mot (métallièsc) ou pour les membres d'une proposition (by- 
pallage). Ibn Djanàli traite comme des métatlièses les variétés c|ue 
présentent les racines à lettres faibles, comme nu et ir, mîD et 30% 
3n et a-)"! (Ps. XXXV, 1), Ti"" et m [Juges, xix, 1 i)\ nî3 et m3, 
nsT et "jn, ni'n et V"*" {Ez. xiii, 10) 2, djd et pD(Ps. lxxxviii, 

1 ()). — Comme exemples d'un déplacement des mots dans une 
phrase, contrairement à ce qu'exigerait le sens, Abou'l-Walîd 
cite des passages où la préposition nécessaire pour indiquer 
les rapports d'un nom avec le verbe est mise devant un autre 
nom qui en est le régime ou le sujet. Ainsi il traduit, Ps. civ, 6 : 
«les montagnes s'élevèrent au-dessus des eauxw (cf. ibid. 
cxxxiv, 6)-, ibid. Lxxx, 6 : ^tu les abreuves de larmes à pleine 
mesure 55. comme s'il y avait V^b'Ci dvjdI; Job, xvi, i5 : «j'ai 
mis de la poussière sur ma tête», en expliquant par hy iZ'J 
''j-p^. La préposition est transposée, sans qu'il y ait un verbe 
exprimé, dans "iC'DjS *t:~ [Lév. xvii, i/i), tandis cju'il devrait 
y avoir 1D"3 "îC'îi «son âme est dans son sang 55. Il y a égale- 
ment déplacement lorsque le verbe est rapporté à un sujet 
(|ui ne lui convient pas; ainsi yitr ^^se mouvoir» est dit de 
l'eau, tandis qu'il ne peut se dire que de l'animal [Gen. 1,20, 

2 1 ; Ex. VII , 2 8 ; P«. cv, 3 ). 



' Rikmdh, 209, 17 : f à moins que dans vdd ii n'y ait aphérèse du ijùd." Cf. 
ibid. 157,35. 

- Dans le sens de «division, séparation". Voy. cependant Oiisoûh aa-"?. aS, où 
Tauleur considère pn = jin , dans le sens de jLà- . 

' Rikmdh , 9 1 o , 1 1 --.î 'i ; Ousnûl , ^yi 2 , 1 7 et suiv. 



on OPUSCULES D'ABOUL-WALID. 

(')" L'interi^ersion(j). 2 i a-â 1 8). — Elle a lieu lorsque la suite na- 
turelle des mois ou l'ordre logicjue des idées est renversé ' . Ainsi , 
Is. XXVI, 1 1, le complément est [)lacé entre le sujet et le verbe; 
Ex. XIV, 9 1, on dit : ^û mit la mer à sec et les eaux se fen- 
dirent», et on intervertit l'ordre logique, en plaçant l'effet avant 
la cause; Gen. 1,7, les mots f? il fut ainsi ?' devraient se trouver 
en tête du verset; ihid. xxii. t3, il faut traduire : «Abraham 
leva les yeux après cela et vit 55, comme si ma se lisait après 
VZ'^'j; I Sam. xiv, 35, le sens du second membre est : « cet anlel 
fut le premier que Saiil bâtit pour l'Kternelw; car un autre 
autel avait déjà été élevé à Mikmâscb pour retenir les Phi- 
listins (îY»<V/. XIII, 9-11), tandis que ce dernier devait empêcher 
le peuple de manger les victimes avec le sang. — II v a en- 
core interversion lorsque, dans une suite de propositions, une 
proposition, an lieu de se rattacher à celle qui la précède im- 
médiatement, doit être rapportée à une proposition éloignée. 
Ainsi «les trois choses» {^Ex. xxi, 1 1) ne visent pas les objets 
mentionnés au verset 1 o , mais les cas exposés dans les ver- 
sets 8 et (j, d'après les([uels le maître peut épouser l'esclave, 
ou la destiner à son fils, ou pourvoir à son affranchissement. 
Une parenthèse est adoptée par notre auteur, ihid. vi, 3-5; 
il re\pli(|ue de la manière suivante: En apparaissant aux pa- 
triarches, et en leur promettant de leur donner le pays de 
Canaan, «je ne me suis pas fait connaître à eux, en jurant 
par le Dieu puissant et par mon nom de Jéhova», comme je 
le fais à toi , à qui j'apparais face à face -. Tout le verset, Dont. 
v, 5, jusrju'à l'avant-dernier mot forme parenthèse, et "l'cah 

' Le promier i.'xeinple est tiré de Ps. cxxxviu, 7, où Ibn Djanàh traduit <jf> par 
r aussi», comme si ce mot était placé avant br, contrairement aux versions an- 
ciennes et aux exégètes, qui le rontieiit par -nez" (Tar}j.), on par •Tolère"' (Se[)- 
lanle, Syi'ien , Jérômo). 

- l'il.mdh . .'î '1 , ^-\'j. e| 217, -"j-ifi. 



INTUODIICTION. cm 

se lie au v. 'i. Pu. \lv, (), les mois «[)iiissenl les nalions elro 
ta rançon 55, coupent la proposition, coniine cela se lait en 
arabe'. O désordre se voit surtout pour les suIFjxes, (|ui se 
rapportent souvriil à un nom (''ioijfiié : nmx (^K:. \ii, i3) ne 
se rapporte pas à Babylone, mais à Jérusalem; Cinx [Jvr. li, 5) 
vise la terre de Babylone; nyam (Ps. xliv, :2) veut dire «et 
lu les as établis ri, savoir les ancêtres, bien (jue le nom qui 
précède soit WM «les nations ??; inpîm (II Sam. \i, y 5) doit 
élre rendu «et encourage Joab';. La même confusion règne 
i)our les préfixes, où la personne indiquée parle pronom vaiie 
d'une pro()Osition à l'autre et ne peut être reconnue (|ue par 
le contexte. I Sam. xv, s'y, la proposition «et Samuel s'en rc- 
louriui pour s'en aller-?, est suivie par celle-ci : r et il saisit le 
j)an de son manteau (jui se décbiraw, oîi «ih' désigne Saûl 
([ui cliercliait à retenir Samuel -. Ibn Djanàli termine ce para- 
grapbe par une réflexion au sujet du démonstratif ht. nxî, qui 

' Rikmdh, 3 1 fi , 3m-36 , compare Is. xlui . 'i. — IJ/fiio oT) : trCommo cliseiil les 
Ai'ai)es : Doucement! que tous ces <]ens soient une rançon pour toi." Voici le 
îexie arabe (Je ce passage : |L <U<xSo la-u^^jy^ a'^CW loS^ i! 'ui t5p jJJ» aIâ^o» 

La citation l'orme un demi-vers arabe du mètre baatl, dn poêle ^àbiga (H. De- 
renbourg, DiWdde iVfltj'g-a, p. ^5, 1. G; Ahlwardt, 5i»«, p. 8). Les mots «comme 
disent les Arabes v montrent qn'lbn Djanàli n'a pas emprunté ce demi-vers au 
diwan, mais aux grammairiens arabes qui le citent tous. Voy. MouJ'iissal , p. (î5, 
I. 19, et le Commentaire sîir le Mo u/ussal à^ ibn Ya'isch, p. 53t!. H en est proba- 
blement ainsi des autres vers cités par notre auteur. 

- Ibn Djanàli ajoute très-judicieusement {Uilimàh, aiô, 128-83) : t^Si le pro- 
nom, comme d'aucuns le prétendent, se rapportait à Samuel, qui aurait agi 
connue Abîyàb agissait plus lard en l'ace de Jéroboam (J Rois, \i, 3o), on lirait 
)rjnp>) «et il le déchirai, tandis c[uo le nifal tij)V indique que le manteau se dé- 
chira sans intention de la part de celui qui le saisit. '■» Les Septante, qui ajoutent 
le nom de Saiil dans le texte, traduisent néanmoins par les mêmes mots tpie I Itois , 
\i, 3n, comme s'il v avait )^J'^pv. 



ctv OPUSCULES DABOL L-WALID. 

se rapporte tantôt à ce qui précède, tantôt à ce qui suit. Il 
explique, à cette occasion, le verset 19 du chapitre m de 
YEœoile d'une manière originale. Dieu dit à Moïse : «Ne crains 
pas de te trouver en présence du roi d'Egypte, car je serai avec 
toi, et te donnerai force et courage, et ce qui doit te le •prouver, 
cest que je {envoie^-» c'est-à-dire, puisque je t'ai confié cette 
mission, je te dois l'assistance nécessaire pour la remplir. Les 
mots «quand tu feras sortir ce peuple, etc.» forment une pro- 
position détachée, et n'ont rien à faire avec le signe que Dieu 
donne au prophète; car, d'abord, Moïse n'a jamais douté que 
sa mission lui vint de Dieu, puis, s'il avait conçu des doutes à 
cet égard, la jireuve [)ar un fait futur n'aurait pas suffi pour 
les dissiper \ 

Les onze derniers chapitres de la grammaire ont [)our objet : 
l'interrogation et les particules interrogatives, en particulier 
la particule hê, susceptible de ponctuations diverses; les noms 
déterminés, tels que les noms propres et les noms communs 
affectés do l'article, et les noms indéterminés; le masculin et 
le féminin, la formation de ce dernier genre dans les noms, 
les pronoms et les verbes, l'emploi du masculin pour le fémi- 
nin, et vice versa, et d'un même mot pour les deux genres, 
enfin l'application du genre féminin, lorsqu'on sous-entend 
une nation ou une'certaine manière d'être; les particularités 
des noms de nombre et leur svntaxe. 

' Rilpnàh. 218, ()-2i. — Par la première raison, ibn Djanâh réfute l'opinion 

de Sa'adià, qui traduil : il lif^ cAj c>^ j»' ^-^ *-J f »<3^j ^^^ CJ?-^' ^ ^ 
«je serai avec loi, ce qui est une preuve que je t'ai envoyé, et quand, cIct;, et 
de 1^. lehouda Hallévi {Koiizari, iv, 3), qui est d'accord avec Sa'adià, lorsqu'il dit: 

rilSr •jb ru •;r:ii prn '; ^j-i-j \ôJ^ J.i>« ^cdJ cvjLi^j l>*^î fû^'J (j^ 0^^ 

(jUCo J^ (J Syà.:^] j^\ (ALu^ya ^\ *.jÛ^1 (dans la version hébraïque, il 
laut lire : pir 'c ';:f' '5 Pifrt Pif»? ). Par la seconde raison , notre auteur s'op- 
pose à l'inlerprétation de tous les exégèles qui, depui;; Ebn Ezra jusqu'à Knobel , 
cherchent la preuve ou le signe dans le second membre du verset. 



INTIiODlCTlON. cv 

On le voit, aiicmi [(liiMioinènc de la langue nY'(lia|)|)e à 
ralleiilion <l Ibn Djaiiàli. Mais nous avons insislr volontiers 
sur les clianitres on iiulri; grammairien c()u\ie du nom de 
fi{;ures de rliélorique les hardiesses inconscientes d'une exéjjèsc 
(lue les cliampions les |)lus téméraires de la critifitie moderne 
ne désavoueraient pas. 

Nous ne devons pas passer sous silence un dernier trait 
particulier de la libre cxéjjèse d'Ibn Djanàli. Nous voulons 
parler du peu d'attention (ju'il paraît accorder au\ accents 
lorsqu'ils gênent son interprétation. Nous ne citerons que deux 
e\enq)les : Isalc, i, 5, il traduit : «Plus vous êtes frappés et 
plus vous persistez dans la révolte» '. Ibn Djanàh reporte donc 
au second membre de phrase le mot ni?, que les accents rat- 
tachent au premier. — Ibid. ij , il traduit : «En peu de temps, 
nous aurions été comme Sodom, etc."-». Ici encore, tDi'DD est 
lié, contrairement à l'accentuation, avec les mots suivants. 

Le bon sens, l'esprit d'analyse rigoureuse, la connaissance 
profonde de l'hébreu et des langues congénères qui régnent 
dans le Louma, se retrouvent dans la seconde partie du Kitâb 
at-Tankîh, dans le Kitâb al-Omoûl, ou Livre des Racines. Ici 
encore, les prédécesseurs lui apprennent bien peu de chose, 
les lexicographes de son pays, Menahèm et Dounasch, ne 
peuvent que bien rarement être mis à profit, les travaux des 
Karaïtes n'avaient guère pénétré en Espagne^, Hayyoudj, 

' Ousoûl , 025, 27. — Ebii Ezra suit d'aliord la même opinion ot,à quelques 
lignes de distance, il adopte une autre exégèse, sans avoir l'air de se douter de la 
contradiction dans laquelle il s'engage. 

- Rihmâk, 99, 2^ : cn:3 jnp \icrj ct. Ici, Ebn Ezra recommande, ^ comme 
un principe important, qu'il faut suivre la voie iniliquée par les accents; n il a 
probablement l'intention de critiquer Ibn Djanàh. On citerait cependant bien des 
exemples où Ebn Ezra viole lui-même son principe. 

■' Neubauer, Journal asiatique, 1862, II, p. 280, Notice sui' la lexicographie 
hébraïque, p. 18^1, note /i, cite la note marginale d'un manuscrit d'OxI'ord (BodI. 
Cod. ilunt. 105) f>ù Ibn Djnnàli miidint la Inussi' iiilirpnHalion d't':rc/i. xvui, (3, 



cvi OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

cité à tout propos, ne s'élait pas occupé des racines saines; et, 
bien fpi'il divise les racines faibles et les racines géminées dont 
il s'occupe d'après leurs sens différents, il ne donne presque 
jamais l'explication du mot en arabe, et rarement il s'arrête à 
des passages difficiles de l'Ecriture où ces racines se rencon- 
trent. Le Hâivî, ou Recueil des racines de Hayyâ Gâôn, est 
resté inconnu à Ibn Djanàb; mais il cite les explications tal- 
mudiques de ce docteur et de Scberîrà Gàôn. le père de 
Hayyâ, parce qu'il aime à mettre en lumière le sens des ra- 
cines rares par l'usage (ju'en ont l'ait souvent les docteurs dans 
la Mischnâli et dans les autres ouvrages rabbiniqucs^ Dans cette 
voie, il avait été précédé par lehouda ben Koreisch et Sa'adia 
Gâôn. Le premier lui avait appris, en outre, à se servir du 

par 'Anàn cl sa soclo. cl particulièrement par Bon Zita. Noire auteur connaissait 
peut-être ces passages par les écrits de poléuiiipie contre les Karaïles, composés 
par Sa'adià. 

- En réunissant tous les passages où Scherîrà est cité, on voit qu'Ibn Djanàli 
n'avait entre les mains qu'un commentaire du Gàôn où étaient expliqués les mots 
dilllciies du Traité de Sabbat. Voici ces passages : col. 67, 1. 3o; col. gO, 1. 5-(j 
[Sabbat, 'ji^b): col. i-Ji), 1. •ih—i-j {Sabbat , i3t); col. lâd, 1. 29-80 (m. lie- 
chôrvt , vil, 1, probal)lonient expliqué à roccasioii de Sabbat, 110 b, d'après la 
variante dMri(c/i,s. v. f;:iï3p): col. i58,l. 00; col. 220, i. 3o {Sabbat, 10.5 a; 
cf. Arnch, -îcp 3); col. aS'i, 1. 3i {Sabbat, 1 106); col. 329, 1. 82 (Gitltn, Gijb, 
probablement à l'occasion de 6'flW«<, 7^ i); col. ^191, 1. 9-1 1 {^y^ (J e>jî)5 
j>Uf iuLafcl b") j)f5jf)Tic irjV: r>3r -icbn ^ fcpb; cesl Sabbat, 12 «); col. 5i 7, 1. 7 
{Sabbat, 55 6); col. 54i, 1. t4-i8 (pjï JàliJl v>«^J' (J i'^^ ^■''■'- j"'-' o^K^^ 
Sabbat , 133 t); col. 557, I. 7 et suiv. {'Oiihsiit , m, -i). Pout-èlre faut-il lire •>h? 31, 
dont le commentaire sur la sixième section de la Mischudli est cilé par .^bou'I- 
Walid. L'édition imprimée de ce Commentaire (Berlin, 1806) est certainement 
incomplète (cf. col. 16^, 1. 3-8, où fiT^iz j-i parait également devoir être rem- 
placé par 'fî? jt); col. 718, 1. io-12 (m. Sabbat, v, 1). — Il faut en excepter 
cependant deux endroits, où Scherîrà donne le sens de deux mots qui se trouvent 
dans le chapitre vu du Traité de Gittln (ccl. 71,1. 5-7, et col. 168, 1. 9). Mais, 
eu égard à toutes les autres citations, on est en droit de supposer que les deux 
mots, appartenant aux pages de Gilljn qui s'occupent de médecine, ont été 
expliqués à l'occasion des pages analogues qui se lisent dans le Traité de Sabbat , 
M. mq b lA suiv. (cf. R. IVissim. Chivis labnndim . éd. rioldenlhnl, Wion. i8'i7. 



INTHODI CTI()^. cvii 

lavijoum on de In version araméennc ', et Sa'adià, sans parler 
de r« Explicalion des soixanlf-dix motsw-, lui fournil ses 
versions arabes d'un <;rand nombre de livres l)il)li(|nes, versions 
(|ui i"e|)osenl souvent sur une tradition autlienli(|ue, puisée 
auprès des maîtres qu'il avjiil fn'quentés et dont il avait suivi 
les leçons en Syrie et particulièrement ii Jérusalem ^. Mais si 
Abou'l-Walùl s'est appro])rié la méthode suivie par lehouda et 
Sa'adià. s'il s'est autorisé de leur e.\emj)le pour se j)ermettr(' 
l'interprétation du sacré par le profane, s'il respecte pieuse- 
ment l'exéjjèse transmise par la bouche des anciens, il élargit 

AT) «, 1. iilt.). On peut conclure de là que Scliorîrà n'a pas l'crit d'aulre commen- 
taire. — Quant aux cilalions de Hayyà, elles semblent tirées en partie de ses 
commentaires de la section de Tahàrvt. D'autres citations se rajiportent éjjaiement 
au Traité de Sabbat, comme col. 69Û , 1. iG-20 {Sabbat, 87 b), et col. Opy , 1. 4 
(Sabbat, 'j'j b). Il est parle (col. 77, I. 39) de crn'D de R. Hayyà, pour un mot 
lire de m. Dt'sd, 11, 1 (cf. cependant ki'lim, xiv, 3). — Ces GomnienLiires pa- 
raissent avoir été écrits dans un mélanjjo d'hébreu et d'araméen avec de l'arabe, 
comme Je Miftéali ou Clavis, de R. Nissim. 

' R. leliouda ben Koreiscli, Epistola , éd. Barges et Goldberg, Paris, 1837. 

- Ces soixante-dix mots ont été publiés en mémo temps par AI. Dukcs, Zeit- 
schrijtjûr die Kunde des Morfj^en laudes, V, ii5-i3(), et J. Derenbourg, Wissen- 
schfijtl. Zeitsch.Jtir jiid. Théologie, \, 317-32/1. 

'•' Il est certain que Sa'adià a traduit et en partie commenté le Pentalempie, 
Isaie, les Psaumes, les Proverbes et Job. Ce sont les seules \ersions de livres de 
l'Écriture dont les dillerentes bibliolbèqncs de l'Europe possèdent des copies, et 
ce sont aus.si les seules que nomme l'auteur du Kitàb al-fhrist (éd. Fluegel, p. M**' 
I. 1 0; cf. de Sacy, Chrest. arabe, I , p. 307). Son séjour en Syrie est alleslé par l'his- 
torien arabe Mas'oudi, qui était son contimporain et qui l'avait vu à Jérusalem 
(passage du Tanbîh , publié par S. de Sacy, Notices et tx^7-ai'te,MII, p. 1 67 et suiv.), 
et paraît confirmé par lui-même dans son Commentaire sur le livre de lestrdh (ms. 
de la Bodléienne, à la fin de l'introduction), et par le Commentaire sur les Chro- 
uiijues, publié par M. Kirchhcim (187'!), p. 30, 1. li-o. Ce n'est qu'en Palestine 
que Sa'adià a pu encore trouver le texte hébreu, perdu depuis, du Livre des 
Jubilés et du Middôt Hakdmim ? Mesures ou règles des docteurs". Là aussi, 
il a pu voir l'original hébreu, également perdu depuis, du premier livre des 
Macchabées. (Voirie journal Ualduirmel , 1" année, ^Vllna, 1871, p. G'i; cf. 
a\\$ii JiidiscJic Zeilsih. \, ^.G'u) 



cMii OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

singulièrement le champ de la méthode comparative par une 
connaissance plus étendue et plus sûre des langues congénères. 

M. Neubauer, dans sa Notice sm* la lexicographie hébraïque, 
a donné un extrait de la préface qu'Ibn Djanûli a placée en 
tête de son dictionnaire, et l'a fait suivre d'un certain nombre 
d'exemples tirés de cet ouvrage K Depuis, le savant bibliothé- 
caire de le Bodléienne a publié le texte arabe tout entier du 
Kkâb al-ousoid'^. Aussi, serons-nous très-sobres pour les articles 
que nous faisons entrer dans cette introduction. 

Les particules n'ayant qu'une lettre et qui s'attachent à la 
racine étaient traitées de main de maître dans le sixième cha- 
pitre de la grammaire; les particules qui forment un mot à 
part ont été réservées, par notre auteur, pour le dictionnaire. 
Quebjues exemples montreront de nouveau à quel point l'exé- 
gèse d'ibn Djanûh est originale, vraie souvent, ingénieuse 
toujours. 

Voici l'article Mi^ . r Cette particule signifie proprement 

une des deux choses (ou) Cependant, par extension, elle 

prend le sens de la conjonction ivàw, Lév. iv, 28; xxvi, lit; 
— celui de ?m conditionnel, comme le premier des deux iwV, 
Ex. XXI, 3i et 3G; II Sam.wiu, 1 3 , où la proposition qui 
répond à la condition commence par la conjonction wâw, sans 
que cette lettre, ce qui est fort rare, soit attachée, dans ce 
membre du verset, à un verbe au parfait*; — celui de sinon, 
Mal. II, ly, qu'il faut expliquer : «Si ce n'est pas, comment 
concilier cela (cette impunité du méchant) avec le Dieu de la 
justice équitable? 5? — celui du fractionnement d'un tout, sens 

' Jouvual asiatique, iSG-2, II, p. 318 et suiv.; tirage à part, p. 172-201. 
- The book of hebrew roots, Oxford, Clarendon press, 1873-1875. 
•' Ousoûl, col. 26, 1. i4 et suiv. 

* Voy. nikmdli , 22, lA; cf. Ewald, Lehrbuch dcr liehraischm Sprache (\ii-]o), 
p. 859. 



INTRODUCTION. cis 

dans lequel la particule doit être répt-tée, comme U^ en arabe, 
Lév. V, 3 : «Si un homme touche à (jueKjue chose d'impiu-, soit 
à tel objet, soit à tel autre objet»; et non pas sou à tel objet «, 
puisque «à quelque chose d'impur» est le sens {jénéral qu'on 
divise ensuite. » 

Pour îN, il donne d'abord le s(>ns de 'il r alors», devant le 
verb<» au jiarl'ait et au futur; on ajoute yod, VN; on le fait 
précéder de mèin, et ([uehpn'fois de JD, et on a îND et îx JD, 
dans le sens de «X-* et *>^à.^ «depuis». Les versets Ps. \l, 7-8, 
signifient : «Tu ne nous avais pas demandé des sacrifices et tu 
ne m'avais pas déchiré les oreilles par une telle exigence, 
lorscjue je montrai mon empressement d'accomplir tous les 
préceptes du culte que tu m'ordonnerais •. » — Juges, v, 9 1-22 , 
veut dire : c^Dans le wâdî de Kischôn, je les écrasai, en les 
foulant avec violence, lorsque les chevaux avaient les sabots 
usés par la course vertigineuse de la fuite, et précipitaient les 
cavaliers à terre-.» — îN a aussi le sens de UJo r. autrefois, 
auparavant, jadis»; II Sam. 11, 27, est traduit ainsi : «Si tu 
n'avais pas parlé, le peuple n'aurait pas cessé de les poursuivre 
dès avant le matin ". » 

Nous résumons encore l'article ""Z. Cette particule est appli- 
quée de plusieurs façons. Elle signifie, malgré cette circons- 
tance ou malgré cette manière d'être, parexemp]e,£'^. xxxiv, g : 
«Puisse Dieu marcher parmi nous, bien que ce peuple soit opi- 
niâtre;» l'opiniâtreté ne j)ouvait pas être une raison pour 
que Dieu accordât son pardon à Israël (cf. ihicl. xxxii, c)): — 
îhid. XIX, ô : «Vous serez, parmi les peuples, ma propriété 
élue, bien que toute la terre m'appartienne: ^i — Gcn. viii, 

' OusuiH, 29, 27 : tr Lorsque, à la slalioii do la monlajjne du Sinai, le pmiple 
d'Israël dit : Tout ce que Dieu dira, nous lo ferons el nous récoiiterons.-' 
- Voir Ousoùl, 17.'), 93, et i8, 3-j. 
^ C,on)[t. Ilil/iu'Ui . ^'}7},'^l. 



ex OPUSCILES DAliOUL-WAMI). 

9 1 : ««Je ne maudirai plus la terre à cause de riionime, bien 
que le penchant du cœur humain soit mauvais dès sa jeu- 
nesse; 55 la méchanceté ne pouvait pas être la cause de la pro- 
messe divine de ne plus maudire la terre; — Jos. xvii, 18 : 
«Tu extermineras le Cananéen, bien qu'il possède des chariots 
de fer, qu'il soit puissant; 7? — Gcn. iv. a 6 : « Bien que Gain su- 
bisse un châtiment sextuple, Lémék sera puni soixante-dix-sept 
fois; 57 — D(in. ix, 9 : «Dieu est miséricordieux et pardonne, 
bien que nous nous soyons révoltés contre lui.'- — "'2 a le sens 
de «par rapport à?). Il Oivon. wii. (J : v^W ^xiérû par rapporl 
aux blessures (cf. II Rois, vin, 2(j)^;'5 — Jér. xt, i5 : rf.Par 
rapport à ta méchanceté d'autrefois, tu ressentiras les alTres 
de la mort. ?; — "'D signifie en outre r. de même 57 . Oaée, \i , 10: 
«Ainsi il rugit;?: — «lorsque 75. Job, vu. 1 3 ; r Lorsque je di- 
sais: Mon lit me calmera et ma couche emportera ma plainte; 
lu m'as brisé par des rêves terrifiants, tu m'as assailli avec des 
visions émouvantes, v — Il est mis pour le pronom relatif, 
Nomb. xiv, 1 3 : « Desquels tu les a tirés; 5) — il devient adverbe 
de lieu, Is. xxx, 21 : «Que vous alliez à droite ou h gauche; w 

— il signifie «parce quew, Gcn. 111, 1 .'i : r. Paire que tu as fait 
ceci;;? — il est interrogalif, Is. xxix, ifi: (t L'œuvre dit-elle à 
son créateur? 55 et dans ce cas, ^2 ijcut être précédé du hê in- 
terrogatif, et devenir "'zn, de même que les Arabes disent J-^' ; 

— il signifie « de même (pie ?? , Is. lt v, 9 ; — « parce que 57 . Prov. 
XVI, 26 : « L'àme du iiialheureux prépare son propre mal- 
heur, parce que son ])ropre langage le charge -; 5? — «puisqu'il 
en était ainsi w (ii commenrant une phrase incidente), I Sam. 
XXII, 22 : «J'ai su en ce jour, puisque Dô'êg l'Iduméen y était, 
qu'il ferait son ra])porl à Saûl;n — «certes?? i^lj\),ibi(I. xxv, 

' Sur zKn , voy. Bihmdh, iôq, 35; 9.00, 9. 

■^ Oiisoiil , hh, i/i-2.'5. Il faut, 1. i("> et 21, k^ pour l^, el 1. 20, ;iiJo|)lor l;i 
Ici'on tlu niamiscril île lloneii. 



INTr.ODlJCTKi.N. cm 

a5: «CVr/t's. Ici esl son noiu. Ici il vs[\v Osée, vi, () : •' Cviirs , 
ils coinmellcnt des actions alxnninahN's ' ; 55 Ps. \iv, (i : «Oue 
vous méprisiez le conseil de l'hinnhle, rcrlos Dieu le proliVe; v 

— cren vérité, sans doute, Ex. wiii, 33 : r.Sans doute , ceci 
devieudiait un piéjfc pour loi;v et avec hê ("'-'"i), Cen. xxvii, 
30 : ((.Sans donlc, on lui a donné le nom de Jacob;» 11 Sam. 
\\\\\ : «11 était sans doiilc honoré'-;» — «afin (juc» (^3=<J), 
Ps. XVI, 8 : «/!/« «/MC je ne sois pas ébranlé de ma droite '';» 
1 Bois. VIII, 35 : ri A fin <jiic tu les exauces;» — «si», Ritlli , 1, 
112 : «iSV je disais;» — «jusqu'il ce que, pour que» (/p.c»-), 
Ps. cil. .") : f^ Jusqu'à ce </«c j'aie oublié de prendre ma noiirri- 
liire:» ce ipii implique souvent un témoignante de dédain, Ex. 
m , 1 I : ff Oui suis-je, ])our(|ue j'aille?» — «pour cela •'•> (^ jJ), 
Osée, vil, i h : ^Ccsl pourquoi ils gémiront.» — La fin de 
l'article est consacrée à la particule composée dn* ''J. 

Nous aurons accompli notre tâche de faire connaître les 
(pialités rares d'Abou'l-Walid, lorsque nous aurons mis sous 
les yeux des hébraïsants encore trois articles du Livre des Ra- 
cines qui traitent, l'un d'un verbe complet, l'autre d'un verbe 
incomplet ou à radicaux faibles, cl le troisième d'une racine 
géminée. 

1° Bàra''. — Gen. i. 1; Is. xli, 90; Gcn. v, q; ihid.vi., 7; 
Nomb. XVI, 3o; Is. xlii, 5; ibid. xliii, 1; Ps. li, 12; Gen.v, t; 

— nifnl : Ps.cM, kj; Ez. xxi, 35; Ex. xxxiv, 10; Ps. civ, 3o; 
Ez. xxviii, i5; Gcn. 11, U: — ce mot est de la même famille 
que l'arabe Sj~> . qui signifie «il a créé». Un autre sens, celui 
de «choisir, élire», se trouve .los. xvii, i5, 18; Ez. xxi, 9.1\. 

' Sur les autres parties du verset, voyez liikmàh, i3.'5, 21 ; Oiisoûl, 73^1, i:!. 

- Dans la citation {Oitxoùl, 3i-, i5) il y a confusion entre v. 19 et v. a^?; 
puis, I Chron. xi, 26, on a mis i:? pour':?. Voir, sur co hc, /?i7.m«/i , /i 3 , lo-i^i. 

' Voy. Ebn Fzra . ad lac. 

'' Ousoùl, 107, 27 à 111, 33. — Les exemples (pii se Ironvout en lèle rie 
rartifle ilonnonl, comme toujours. ilifTérenles formes du vcHk'. 



cvu OPUSCULES DABOU L WALID. 

Abou Zakariyà pense que berou (1 Sdin. wii , 8) vient de celle 
racine, dont on a fait tomber !'«/<''/ pour l'alléger'. Il aurait 
mieux valu dire que Yàh'f de bârtf s'est changé en lié, et qu'on 
a eu ainsi bcrou sur le modèle de "àsou, bënou. A nîon avis, il 
faut rattacher h cette racine et à ce deuxième sens kbârum 
(^Eccl. in, 18), hârâm étant primitivement bcraàm, dont on 
a changé Vàléf en hê, de telle sorte qu'il a fini par ressembler 
à raâm, ''àsâm; le hhnéd a pris le sens de ''al, comme cela a 
Heu I Sam. wui, 20; II Sam. xvni. 11; Prov. ix, i4 (cf. le 
second hémistiche-). Le sens de h\ phrase est: «Parce que 
Dieu les a choisis et élus entre toutes les créatures, n II fau- 
drait, il est vrai, encore dscliér avant V//, comme Dent, xxxn, 
01, mais ce mot est souvent retranché, comme nous l'avons 
fait observer dans le Loumd, et ""«/ est remplacé par làméd ^. 
Voici la pensée que le sage a voulu exprimer dans ce passage* : 
Après avoir décrit le soin extrême qu'il a donné à la sagesse, 
le grand prix qu'il y attache et le degr<5 élevé qu'il y a atteint, 
Salomon s'étonne que, malgré le haut rang qu'il occupe, il 
puisse être soumis au même accident que l'ignorant, savoir à 
la mort. C'est là ce qu'il dit Ecd. n, 15-17. A peine a-l-il 
terminé sa déclaration, qu'il Irouve détestable et affligeante 
cette parité de l'homme instruit et de Thomme ignorant de- 
vant la mort, que Salomon se met à s'étonner d'un autre 
point, plus blessant pour son âme, plus douloureux pour son 
cœur, et qui lui inspire un plus grand dégoût pour la vie, 
c'est l'égalité devant la mort entre l'honnne et l'animal. «Je 
me suis laissé al|er, dit-il, à l'étonnement au sujet de 1 homme, 

> N. 71, 3-7. 

- Voyez Rikmâh, 20, 1. — Ousoùl, 108, i->, il y a conliisioii enlre v. ."> 
ot V. 1 h. 

' Cf. prj (II Chr. I, /i); Rihmàh , 1 5.3, 37. 

* llin Djanùli est quelque peu prolixe dans son iiilcrpiélalioii : nous avons 
tlieiTli('' à abréfjoi' autant que nous avons pu. 



INTRODUCTION. cmu 

([iifi Dieu a clioisi et élu parmi les êtres vivants, destinés à 
mourir, et dont, après réflexion, on reconnaît (pie le sort est le 
même que celui des animaux [ibid. m, 18);» vn ollct, l'homme 
est un accident et l'animal est un accident, «'t un même acci- 
dent les atteint tous les deux, puisque celui-ci meurt comme 
celui-là, et le même souffle est en eux sans que l'homme ait 
un avantafje sur l'animal (v. 1 9); car tout vient de la |)Oussière 

et tout y retourne Mais ce souille est le souffle de la vie, 

qui est commun à l'homme et à l'animal privé de raison et qui 
péril lorsque meurent l'un et l'autre. L'àme raisonnable, au 
contraire, appartient à l'homme seul parmi les êtres voués à 
la mort, et elle continue son existence lorsque l'homme a dis- 
paru Les hommes instruits, poursuit Salomon, savent 

que l'âme raisonnable, légère, pure et d'une substance fine, 
monte et s'élève vers son élément, tandis que le souffle de la 
vie dans l'animal, lourd, épais et grossier, descend vers son 

élément et périt avec le corps (m, 21) » Cette explication 

est d'accord avec la raison , d'après les affirmations des philo- 
sophes habiles, et avec la tradition des prophètes; car cette 
pensée n'a jamais cessé d'être connue parmi les nôtres; elle 
était répandue et adoptée par tous. Car si Abigaïl dit à David 
(I Sam. XXV, 29): r^Que l'àme de mon seigneur soit enveloppée 
dans le faisceau des vivants avec l'Eternel, ton Dieu!» elle a 
entendu parler de la vie éternelle, et aborder David par une 
pensée connue, consentie et acceptée. (Cf. Eccl.wi, 7.) — Le /je 
du mot Iiaôlâh «qui monte» (in, 21) est l'article qui déter- 
mine et affirme; c'est pourquoi il a kâmés, comme Ez. xx, 82; 
Gen. XXXIX, 1 7, et tel qu'est toujours vocalisé le hê de l'article, 
quand il précède un \njin, excepté dans le mot halwerîm 
(II Sntn. V, 6)1. Si le verset devait exprimer un doute, le hê 

' Hikmâh , 101,1. i)-i3. 



cxiv OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

aurait patah, d'après l'habitutle constante du langage. Bien que 
]e hê de hayyorédét «qui descend'? (^EccL m, ai) uit patah, 
le (làgcsck dans le yod est encore un indice que le hê est 
l'article, d'après ce qui arrive dans la plupart des cas, bien 
qu'il y ait quelques endroits où le dâgêsch se met également 
après le hê interrogatif [Lév. x , i 9 ; I^omb. xni ,19; Joh, xxiii , 
6) '. Nous avons traduit : « L'homme est un accident, etc. » en 
considérant mikrék comme étant à l'état absolu, parce que le 
rêscli a ségôl, et qu'à l'état construit, cette lettre exigerait sêrê. . . 
L'homme a été considéré comme un accident, bien que les 
individus soient des substances premières, parce qu'il se dé- 
fait, se disjoint et s'en va. Puis, l'animal a été mis en rapport 
avec l'élément de la terre, bien qu'il soit composé des quatre 
éléments, parce que la terre en est l'élément le plus visible, 
le plus épais et le plus corporel , et parce que cet élément n'est 
pas séparé des autres éléments. Le chef de l'Académie (Sa'a- 
diâ), le Fayyoumite, n'attribue pas \q verset Eccl. ix, «j : «C'est 
la même chose pour tous, le même sort est réservé au juste 
et au méchant, 55 à Salomon lui-même; mais il le considère 
comme l'opinion des ignorants qui prétendent qu'il n'y a pas 
de dilférence entre le pieux et l'impie, bien que cette diffé- 
rence soit grande, comme le dit le prophète Maléaki (ni, 1 8)^. 
Cependant, dans ce verset aussi, il peut s'agir de la mort, 
sans que cela soit contraire à la foi. — Mais revenons à lebâ- 
râm. C'est le seul exemple, en hébreu, où le lâméd se place 
devant un parfait^. — Ouhâre [Ez. win, ^17) signifie «tailler 
(c5>')' couper 55. — Bàri (Jug. îh, 17), berfîm (I Rois, v, 

' lUhmlli ,221, 28-.'Î2 ; d. 1 '1 '1 , 17-19. 

- L'explication d'Eccl. m, t>.\, par Sa'adià.so Ml Emounôt {éd. d'Amsterdam), 
■i I d à Sa a. Nous n'y avons pas Ironvé son opinion sur Ercl. ix, 9 , citée par notre 
auteur. 

^ Voyez p. r\ii . liffue 5 et suiv. 



INTHODUCTlOiN. cw 

3), herîàh {K:. \\\iv, 3), henik (^(icn. \i,r, T)), Dans birynli 
(A:. \\\iv, rîo), Yàli'/ a été retranché, on l)i('n le Iroisièmo 
ratiical <//«'/ a été changé en lié, sans ce|)('n(hinl prendre un 
(làlivach, comme "oniyyàh '. — Beriàh (^Hnh. i, iG) est le qua- 
lificatif de maàkiUô; le hê est paragogique, comme dans d'autres 
mots cités dans le Loumn-. — Le sens de hàri se retrouve dans 
leliabrfdhthn y[ Smn. ii, •?()). qui admet deux explications : on 
peut prendre le sullixe pour un couq)iément direct, et Ira- 
duire «pour vous engraisser», ou bien |)Our un conq)Iément 
d'annexion, le verbe étani inlransitif, comme liihri dans le 
langage des docteurs*', et traduire par '^ votre engraisse- 
ment». 

9" '^Oiit'^. — "Aivelàh [Est. I, 16); lemvivêt [Lam. m, 3G). 
Cette racine a été mentionnée dans le Traité des Racines aux 
lettres douces^, et complétée par nous dans le Moustnlljik'^. 
"^Awetàh peut avoir pour racine "nivâh, en comparant \îselâlt 
ou "âivat, comme kortâh (II Sam. m, 12)^. — Abou Zakariyà 
a fait entrer dans cette racine laout [Is. l, /i); nous croyons 
devoir le dériver de la racine géminée \itat, comme lâlwur 
[Eccl. IX, 1), qui a la même origine que bârour [Joh , xxxin, 5). 
A mon avis, 'ef [Eccl. viii, 5) signifie «droit, science», comme 
l'indique le mot mischpât «jugement», qui l'accompagne. Le 
même sens se retrouve I Chr. xii. Sa, où lalUim signifie les 
traditions et le droit, comme on le voit par la suite, où il est 

' Rikmâh, 157, 16: Birydii, pour lenàh, avec supprossioii du ijnd de pro- 
longation et cliangement de Yâléfen yod. C'est la seconde des deux analyses, avec 
une légère différence pour expliquer l'absence du dàfri'scli. 

- Rihindh, 89, 20 et suiv. et surtout I. Ai. 

' Lii\\j, Neuhebr. nnd chald. Wôrlcrbiich, I, 9G6, col. 2. 

* Ousoûl, 5i3, 7 a 5i4, 17. 

'■' D. 86, iîi-17, où il faut lire rr»? jv^d; iN. 5j, 3i-3(i. 

* Ci-dessous, p. 109. 

' Rikiiiûli, p. 85, I. 20. 



CKM OPUSCULES D'AUOU'L-WALID. 

(lit : K [)our savoir ce qu'on fait en Israël 55. L'homme "lUî {^Lév. 
\vi, -21) est également un homme au courant des traditions, 
un jurisconsulte qui sait ce qu'on doit faire avec le bouc émis- 
saire; V//< est donc un dérivé de "êi. — Partant de cette donnée, 
le verset h. l , /i , serait à expliquer : « afin de donner l'intel- 
ligence des choses à celui qui est pauvre d'esprit, faible de 
connaissance, ignorant 55, — En effet, si "et était d'une racine 
au second radical faible, le pluriel '///?w n'aurait pas de dn- 
(jêsch. Il est vrai que la lettre quiescente douce pourrait être 
absorbée par le dâgêsch, dans le tâw de Itlîni et "ktî, comme 
cela a lieu pour sîs, au pluriel sissim (l Rois^ vi, 18): mais, 
pour ce dernier mot, l'origine d'une racine à la seconde lettre 
faible n'est pas douteuse, tandis que 'c/, tout en pouvant être 
comme kên d'une racine au second radical faible, est en réa- 
lité comme hês, lêb, etc. d'une racine géminée, puisqu'il a, 
comme ces derniers mots, dàgêscli au pluriel et lorsqu'il est 
suivi d'un suffixe. Gomme il y a, en'outre, pour Ufout un mo- 
dèle, labour, qui est d'une racine géminée, ce qui enlève toute 
force à une df'nionstration pour que I(fout soit d'une racine 
au second radical faible, il n'v a plus aucune raison pour c[ue 
nous ne reconnaissions pas dans le dâgêsch de laitthn l'ab- 
sorption d'une des deu\ lettres géminées. — "Itthn a encore ce 
sens, Est. I, i3, où il s'agit de légistes qui possèdent la tradi- 
tion et les jugements, et Dan. \i, 6, qu'il faut traduire : et et 
il la fortifie par des îivis justes et des conseils sages 57. — Mon 
opinion sur hfotit se confirme par l'arabe, oii l'on dit cx^i 
J^aJIj b^Xi «j*ai fait pour quelqu'un succéder une parole à 
l'autre 55, c'est-à-dire je lui ai dit une parole après l'autre, ou 
et je l'ai fait boire successivement 55. Notre verset peut donc être 
traduit : «Afin de dire à l'ignorant un mot après l'autre 55, 
c'est-à-dire de lui faire comprendre et de lui enseigner une 
chose après Tautre; car on ne j»eut ni instruire, ni faire coni- 



INTKOU lier ION. (Avn 

prendre les choses (11111 seul ('oii|». iiiiiis il liiiil allci doii- 
eeinenl et avec ordre '. 

3° Sùlal'-. — Wayi/àsôllou [Joh, \i\, i-j) eiiipriiiile son 
sens n slllân c^ ronce w {^Ez. wvni, -j/j), de la même manière 
donl j'ai e\[)li(|iié .sa/'tr {^Lain. ni, ii)-*. D'anties mellenl ce 
mol en rapport avec sùlclùli (Il Sttm. \\, i,)) el pens(!nt cpul 
s'a{;il de l'éléNalion d'nne harrière à poinles de ler, connue des 
épines. — Sùllou Inuiuiicuillàli (/*. iam, lo) et scloulàli (^Jér. 
xvni, 1 5) sont menlionnés dans le Traité des racines géminées^. 
— A cette racine appartiemient eiicori! sàlelâk (^Ez. xxi, •n'j) 
et sôlelôl (^Jér. xxvn, î2^i). — Nons avons encore ajonlé, dans 
le Moustalhik'-'^ nn antre sens, celni de soUou [Ps. Lxvni, 5), 
anqnel nons avons également rapporté mistùlêl {^Ex. ix, 7), en 
lenr assigMiant le sens de gloire et de fierté. — Salseléhâ {^Prov. 
IV, 8) pent aussi signifier <t exalte-la, gloritie-law, ainsi (pie 
silsoul {^kuldousclitn , 7 S''), ilans le langage des docteurs. — - 
Nous avons encore admis la possibilité cpie nuslôlêl présente 
un troisième sens de la racine sôlêl , et soit synonyme de inil- 
liazzêh, de mahzik [Ex. ix, !2). Puis nous avons rattaché à ce 
sens mcsdlôl[[\ Clir. i\, 1 1) et Hdlseléliâ [Prov. iv, 8), avec des 
explications (jii'il est superllii de réj)éter, puis(]iron peut les 
chercher dans l'ouvrage cité. JN'ous donnons ce mèuie sens à 
mesillôl [Ps. Lxxxiv, G), et traduisons le verset : t? Heureux 
l'homme qui trouve un appui en toi, dont le cœur cherche en 

' Le c.lialdéeii Iratliiil ru*; par rntrj, cl Sy'adià |)ar viJ j ; rus deux versions 
s'accordent avec le sens donné par Ibn Djanàli. VoJr aussi Uunnascli, p. ^(j. 

- OmsomV, col. /i8."5,'jo a ttH'i, i5. 

^ Dans la citation de Job, il y a confusion entre vix, i -j et \xx., i j , comme 
cela arrive souvent à Ibn Djanùli, citant de mémoire. D'après celle opinion, il 
faut traduire : «Ils couvrent de ronces ma roule". Pour sijrer, on peut voir ci- 
dessoiis, p. (j'i, 1. 5, et Ousoùl , col. '177, ;î(). 

* D. 16G, aG; N. ii/i, II. 

^ Ci-dessous, :!o5, 11 fisuiv. 



oxviii OPUSCULES D'ABOU'L-WALÎD. 

toi sa force et son bonheur certain, v — Dans le MouslaUùk, 
nous avons traduit mesilJôt (II Clir. i\, ii) par «supports??. 
Il ne me paraît pas impossible n)aintenant qu'il faille entendre 
par ce mot les bois de la toiture, c'est-à-dire les poutres trans- 
versales; car les Arabes nomment ces pièces de bois rawâfid. 
Or nous avons dit, dans le Moustalhik , que le sens de mesillôt 
devait être «appui» {rafd) et «force»; seulement, nous l'y 
avons expliqué par «supports pour retenir», tandis que nous 
considérons comme possible qu'il s'agisse des poutres transver- 
sales, nommées djawaiz. Nous donnons le même sens au mot 
mis'àd (I Rois, x, 12). 



m. 



Il nous reste à faire connaître les sources qui ont servi à 
cette publication. On ne connaît ([u'un seul manuscrit des 
quatre opuscules d'Abou'l-Walîd, celui de la Bodiéienne à 
Oxford. Nous disposions d'abord d'une copie de ce manuscrit 
que M. Neubauer s'était faite pour son usage et qu'il nous a 
gracieusement abandonnée. Plus tard, pendant le cours de 
l'impression , les curateurs de la Bibliothèque nous ont confié, 
pendant un certain temps, le manuscrit lui-même'. 

Nous en empruntons la description au nouveau catalogue 
que prépare M. Neubauer. Le n" 1 45 3 (Pococke 1 3/i, Uri i 58) 
est écrit sur papier oriental en caractères hébreux palestiniens, 
au Caire, par Joseph ben Salomo; il fut terminé en i3i6. Il 
contient d'abord les traités connus de Hayyoudj, puis les 
opuscules d'Ibn Djanàh dans l'ordre suivant : a, t^jJcJî cjIjlS' 
Jy.4^;:]!^ (fol. ]i7v°): h, ^x^] l^Ix.^ {ïo]. 1/16 r°): 

' De là viennent ([uelques-unes des additions et corrections qui se trouvent à 
la fin de ce volume. Un certain nombre de mois, que nous avions inlercalés dan? 
le texte par conjecture, se sont trouvés ensuilc dans le manuscrit. 



INTRODUCTION. cxix 

(Ici ordre est arbitraire et no répond pas an\ ('poques exactes 
dans les(juellos les travaux de notre {jraniniairien se sont suc- 
cédé. Nous avons adopté, dans notre édition, l'ordre que 
donne Abou'l-Walid lui-même dans la préface de sa gram- 
maire-, et dont l'exactitude est en outre attestée par les cita- 
tions que fait l'auteur dans tout nouveau travail des travaux 
qui l'ont précédé^. 

Le manuscrit, (jui est fort bien conservé, a cependant souf- 
l'ert aux derniers feuillets, et certaines parties étaient devenues 
tout à fait illisibles. Nous avons pu beureusement les rétablir 
d'api-ès un manuscrit du Kitàb al-tasiviija qui s'est trouvé ré- 
cemment dans la collection Firkowitscb, que nous avons déjà 
eu l'occasion de mentionner plusieurs fois. M. Harkawy nous 
a fourni une collation complète de ce traité*. 

Nous avons déjà dit que le n" i 453 de la Bodléienne ren- 
ferme, au commencement, les traités de Hayyoudj. Un second 
exemplaire de ces mêmes traités se trouve en télé du n° i /lôa 
(Pocockc 99, Uri ^Ôq). L'original arabe de l'œuvre gramma- 
ticale de Hayyoudj est encore inédit ^, et on peut le regretter, 

' Le copiste el les propriétaires successifs du manuscrit paraissent avoir appar- 
tenu à la communauté karaïle du Caire. 
- Rilpnâh, xni, 16-17. 

* Ainsi le Moustalhik est cité dans le Tanhih, p. 269, 25o, soi, etc.; dans 
le Kilâb al-Tahib, p. 33 1, 1. y ; dans le Tasiviya, p. 0/19, 35o el passiin. — 
Le Mouslallnli et le Tanhîh sont mentionnés dans le Tasiviya, p. 3^7, et le Tak- 
rîb, dans le même traité, p. 368. 

* Ce manuscrit contient également des fragments du cv„^aaJ! aJLvn (voir 
ci-dessous, p. 267 et suiv.); nous l'avons cité sous Tiniliule P; el le manuscrit 
de la Bodléienne sous la lettre 0. 

•* Il faut cependant excepter le ia-viuxil t_)U>. nu 7)p';r 'z, que M. Nuit 
(voy. p. cxx, n. a ) a publié en arabe à la suite de la \ersion hébraïque. En comparant 
l'original arabe avec la traduction , et eu ayant égard à la souscription qui se lit à 
la fin de celle-ci, dans Tédition de Dukcs el dans celle de Nuit, on est amené à 
penser : 1" que Toriginal de Hayyoudj se terminait aii\ mots P'j? piot (N. 1 iG, 3o; 



cxx OPUSCULES D'ABOUL-WALID. 

malgré la publication, faite en 18/1^1, de la version hébiait|iii' 
d'Abraham ebn Ezra, par M. Dukes\ et plus tard, en 1870, 
delà version deMôscliéh Hakkôben ibn Gikatila,par M. Nutf-. 
Ebn Ezra avait consciencieusement maintenu le texte de 
Hayyoudj ^, mais le manuscrit dont s'est servi M. Dukes pour 
son édition était incorrect et incomplet^. Môschch Ilakkôhèn, 
de Cordoue, qui avait, comme autrefois Ibn Djanàh, émigré 
à Saragosse, passa une grande partie de sa vie à écrire des 
gloses sur les ouvrages de ses prédécesseurs^. Pour les Traités 
de Hayyoudj, il lui est arrivé tantôt de fondre ses observations 
avec le texte qu'il traduisait, tantôt de changer complètement 
ce texte et de substituer sa propre opinion à celle du maître 
de Cordoue''. Il s'en est suivi que les critiques d'Abou'I-Ualîd 

D. i()i, 10, doit ôlro forrigc, comme Ta remarque M. Sleinsclineider, Calai. 
Bilil. findl. coi. 1 3o5); 2° que tout ce qui suit, daus les deux éditions, jusqu'à la 
lin <lu traité, sont des additions ou gloses de R. Môscliéli Hakkôlièu sur les ditfé- 
rentes parties du Traité de Hayyoudj, gloses extraites probablement en partie 
d'autres ouvrages sur la ponctuation et l'accentuation, et qui, à cause de leur 
plus grande étendue, ont trouvé place à la suite de ce Traité; 3°, que de ce Kiuib 
al-lanki'l, nous ne possédons que la traduction d'Ebn Ezia, qui traduisait égale- 
uieut les gloses arabes de R. Môschéli Hakkobén. 

' Gramtnnlischc W erl;e des B. fcluida C/irt^»/oMg', etc. , par Léopold Diikcs; il 
lorme le troisième fascicule des Ik'itruge, etc., publiés par Kwald et Dukes. — 
Cette version est indiquée dans nos notes par la lettre D. 

- Ttvo Ireatises on verhs coiitainin^ fcehlc and double lelleis, by R. lehiida 
Jlajiuir, etc., by John W. Nuit. — Cotte version est indiquée par la letlre N. 

■ Vo\. cependant note 6. 

' Lue lacune très-grande se trouve p. 1 10-1 1 1, où il manque, entre ?::• d 
r;n, tout ce qui se lit dans \. depuis p. 70, I. 1 1 , jus{|u'à p. '-8 , I. -jS. 

*■ çj=UuSy^\ / \^~\l)yi}\. Moïse elm Ezra, cité par M. Steinscimeider, (Àilat. 
Bibl. Bodl.co\. 18 nj. — Les versions de R. îMôscliéh paraissent avoir été écrites 
comme gloses de celles de Sa'adiâ. On peut l'affirmer pour le livre de Job; voir 
ms. de la Bodléienue, Hunt. u°5i 1; Neubauer, n° 120. 

" Voyez les notes, p. li, /ii, 62, Sa, 55, 58, 67, 87, (jH, làk, -joi, 3oi), 
3i3, 3i8, 33o. — P. 55, 7!) et ()8, Ebn Ezra a les mêmes changements, ce 
qui parait indiquer un texte de Hayyoudj différent de celui dont disposait Ibu 
Djanàh. — On usait, avant cpie liniprimerio uiuIlipHàt le nombre d'exen)plaires 



INTRODUCTION. r.vvi 

'^olll (lovoiuies souvent sans objel. Puis, sans parler des copies 
(HIC llavvond) avait fait faire lui-menie de ses ouvrajjes, et 
dans l('S(|Ui'lles l'auleur introduisait des rorreclions et des 
additions', nous avons pu voir df^jà [)lns haut que les parti- 
sans à oiiliJUK'c de Hayyondj. alin de mieux s'attaquer à Ibn 
Djanàli, avaient pratiqué, à leur tour, des changements arbi- 
traires dans les nouvelles copies des Traités ([u'ils mettaient 
en circulation-. Pour nous, l'original arabe nous a été dune 
grande utilité; il nous a permis de rétablir le texte dans les 
nombreux passages de Hayyondj cités dans les Opuscules et 
de justifier les observations qui y sont déposées. 

df rlia([iie ouvrage , d'une fjrande liberté envers les copies manuscrites des anciens 
auteurs. On y faisait les changements qu'on croyait nécessaires dans l'intérêt de 
la vérité, sans se laisser détourner par la pensée qu'on prêtait ainsi à autrui ses 
propres opinions. Les délicatesses de la critique moderne étaient inconnues aux 
hommes dont le seul soin était de ne pas conserver, dans leur petite bibliothèque, 
les erreurs qui auraient pu égarer un lecteur moins avisé qu'eux. Etaient-ils 
assez consciencieux pour placer leurs cliangements à la marge, d'autres copistes se 
chargeaient de les faire entrer dans le texte même et d'y effacer la leçon authen- 
tique. De là il arrive qu'on cherche souvent en vain, chez les anciens auteurs, 
les interprétations citées en leur nom. Voici deux exemples d'altération évidente 
qui se rencontrent dans la version du premier chapitre d'Isaïe par Sa'adià: 
Vers. 1 1, on s'attend à trouver pouro'fjnt:, en arabe jj\.ÀiuKif, puisque Ebn Ezra 
dit que le Gàôn explique ce mot par c->f>->-)3, en comparant m. Sabbat, xxiv, 3; 
mais l'édition de la version et le ms. de Paris portent tous les deux u^\^, 
bien que la graisse du buffle fût interdite et impropre au sacrifice. Vers. -29, 
Sa'adià avait évidemment traduit ci'ti par , j^U^ puisque Dounasch l'avait cri- 
tiqué pour celte version, qu'Ehn Ezra {Sejat Yéter, n° AO) cherchait à défendre; 
or l'édition et le ms. ont ^iijjf. 

' Voy.lanole suivante, et p. 5G, note 2. Cf. aussi p. 1/16, s. v. tt. — Il v avait 
également des copies différentes du Moiistalhik , et la copie que nous avons sous 
les yeux n'était pas la dernière. Voy. ci-dessous, p. 170, note 1, et p. 2 Ai, 
note 1. — La version hébraïque, au contraire, paraît avoir été faite sur une copie 
moins complète que la nôtre. Ainsi il manque, p. 1 0, depuis t\s» (1. 8) jusqu'à bibc 
(I. 19); p. 59, 1. i-A;p. 7 A, 1. 12 à p. 70, 1. ô; p. 17(1, I. 'i-li; p. iHij, I. a--; 
p. •.>o3 , I. A-() ; p. 2 1 1 , 1. 1 o à p. 9 1 2 , 1. 1 . 

- Ci-dessns. p. l\iii, lo-i'i: i.\\ , I. uli. 



cxxii OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

Nos Opuscules ont eu , comme les Traités de Hayyoudj , Thon - 
neur d'être traduits en hébreu. Nous en sommes certains pour 
le Moustalhik, qui porte en hébreu le titre de njw'nn "^zz ^ On 
trouve des traces d'une version du Tanbîh, en hébreu mynn c. 
du Talîrîh wat-tashîl, en hébreu ^*c•^~n niT'pn d, et du Kilâh 
at-tasvuiya, nx'C-'nn c '-. Nous ne saurions l'aflirmer pour le 
cinquième écrit, le Kitâb al-tascJnvîr, dont le titre a été traduit 
par ncb^nn c ^. Nous nous sommes procuré une copie de la 
traduction du Mouslalhik, qui se trouve parmi les manuscrits 
de la Casanata, à Rome, où elle est notée I, vi, lo. On lit, à 
la fin du Traité, les trois vers suivants : 



"iV"»: pr-'] -i^V nnn ni"' nxîpnaiiû mc^y^pmuxVxn 

Souviens-toi. lecteur, de celui qui a traduit ce (livre) dans la lanjjue 
des Juifs, afin d'aufjmenter Ion intelligence. 



' Plus correctement j'tr:? '=. ^oy. M. Steinschneider, Calai. Bibt. Bodl. 
col. 1^19. 

- Pour le Tanhih et ie Taswitja, on peut lire llisl. littéraire de la France, 
t. XXVII, p. 599. trLe manuscrit de Tolède, 99, ^3, y est-il dit, commence par 
un feuillet transposé , oîi on lit: Moi, Salomon ben Joseph ben Ayyoub Hassefardi, 
j'ai traduit ie Kitub el-tanhih et le Kilàb et-taswiija d'Ibn Djanàh à Béziers en 
Tannée ooii (i254).-î — Buxtorf, Biblioth. rabbinica (éd. 1708), p. 180, parle 
d'une traduction hébraïque du Takrib, par Jacob Romans de Constanlinople. 
Voyez cependant .M. Steinschneider, /. c. 

' La traduction hébraïque du Kiiâb al-Omoûl renferme des titres diiïérenls : 
elle donne, pour le Moustalhik , le litre de flc-'JT 'z -livre du Supplément -i, et 
pour le Taschivîr, celui de nr;»;")? 'z rlivre de la Remontrance-; Ousoiil, col. ;>3 , 
note 6. 

* Nous Usons ainsi au lieu de jZT que porte notre copie. 

•■' Notre copie a pn. 

" Chaque hémistiche se compose de trois inouslafildun , im bien, d'après la 
terminologie de la mi-trique liél)raïr|ue. -ir>v ruMjr» tc. 



INTIl01)UCTI0^. cxMii 

En le lisant, lu diras: -fOiii, paix ôtorneii»! à ()l»a(lyàli;n i-l do ijt^né- 
ralion en (jénéralion, il l'accordera la [)ai.\. 

Dieu, qui a daigne faire un tel Itien, cnnlinuora à n'jonir ton cœui, 
et te donnera la joie. 

Le Inuluctcur s'a[)j)C'hjit (Joiu-, Ohadyàli. Il vivuil avant la 
seconde moilié du xiv' siècle, puisque Proliai Duran. (|ui écri- 
vait sa {jrainrnaire vers 1600, cite un passa^je du Muioilidljik , 
d'après notre version, et paraît même croire que l'Iiébreu était 
l'orijjinal d'ibn Djanàh '. Etait-il identique avec 'Obadyàh ben 
David ben 'Obadyâh (jui composa, vers iSaS, un Commen- 
taire sur le Traité de la fixation des néoménies - ? On ne saurait 
le dire. On serait disposé à le croire plus ancien, quand on 
regarde sa terminologie grammaticale, qui présente des [)arli- 
cularités qu'on ne retrouve plus après lehouda et Samuel ibn 
Tibbon, ni après les Kamhî,père etfds, qui, dans le xiii" siècle, 
avaient créé et établi définitivement le langage scientifique de 
l'hébreu moderne ^, Quoi qu'il en soit, la version de 'Obadyâh 

' Mdasêèjôd, p. 5o, et ci-dessous, p. -no, note 1. Il faut lire, dans le texte 
de Proflat, yap pour 333, et mpo pour oipn. — Le passage cité ihid. p. Sa , coname 
tiré du rjrrr '3, appartient an traité des racines aux lettres faibles de Hayyoudj, 
et y acte reproduit d'après la version de R. Môscliéli ibn Gikalila, dont la Glose 
a été confondue avec le texte de Havyoudj. Voy. N. p. 32 , 1. 93-27. — Enfin Pro- 
fiat nomme, p. 116, un grammairien, R. Mèïr ben David, son contemporain, 
comme auteur d'un ouvrage intitulé rjtrr njcr 'o «Anticritique», et ayant pour 
objet de réfuter certaines opinions exposées par Ibn Djanâh dans le Mouslalhik. 
Voy. Steinschneider, ibid. col. 1 696. 

* C'est le commentaire qui accompagne, dans nos éditions du grand code de 
Maïmonide, les C7tnr cnp notr. 

^ Le mol c;^LL<J| (p. i3, i. M et 9; p. 1 ^ , 1. 1 et pansim) est traduit par 
C'J'jj'?; ikÀ^\ (p. 26, 1. 5), ocr ifj r7nr f)cc pirri; [ji^. (p. 5i, 1. 9), ^m cr 
TC3 p:j'>); i^ji^ (p. iili, I. 5), \>zii, etc. Middâh, proprement mesure, signifie, 
dans leTargoum et la Miscbnàb, attribut, quabté; voy. Lévy, Chald. Wôrlerbucli , 
II, p. 9; tnyan a déjà, dans V Etclésiasle , v, i3, le sens d'événement, accident, 
el signifie, dans le langage néo-bébruique, tout ce qui consliluc et spécialise une 
substance ou un objet, lo npc ( j<p^). par rapport au c5j' (yfcp.). Le mol ibir 



cxxiv OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 

nous a (Hé d'une grande utilité, et nous a souvent servi à fixer 
et à améliorer le texte arabe ^. 



ou it»ri7i ce, dont on se sert depuis Ebn Ezra, iui est inconnu. — Le mot Ju?f i 
dans le sens de «racine», est rendu par ipji; le terme usité de C"5C ne se ren- 
contre que dans les passages où il est ajouté au texte, par exemple pour /^yl^ 
ïjJil (p. 6^1 , I. 5), la version a cnci C'i'px'b pnpv? 717. — L'infinitif, ou »tV-a-tf, 
est traduit par j03 (p. ai, 1. 9; p. a3, L 6; p. 4o , 1. 1, etc. ); d'autres fois (p. 12, 
1. 1 1) par )f>iK) bj'D? iipo f))rc jijsr, ou bien (p. ^9, L 6) b^Dri "îipD f»rc îIjdd, 
(p. 67, L 7) crnipB) D'bjJD? 'j)j=j (p. 76, 1. 3), ^)j)ni 3)jn. L'auteur ayant, 
comme on le voit, connu le mot nipn, si propre à traduire le stV-o.^ des Arabes, 
on se rend diflicilement compte du nouveau terme qu'il a inventé. Les formes 
comme sibboûb se rattachent d'ordinaire au piél, et on pourrait penser à II Sam. 
XIV, 9 0, où 330 signifie « remanier, changer w. L'infinitif serait donc , selon 'Obadyâh , 
la forme qui est remaniée dans la conjugaison dont elle est la base. Cependant le 
sens ordinaire de ce mot, dans l'hébreu moderne, est «circuit 51, et de là obiJ?? 3130 
« tour du monde ^ , litre du voyage entrepris au xn' siècle par R. Petahiâ. L'infi- 
nitif aurait-il été nommé ainsi parce que, en sa qualité de fondement et base 
du mol, il fait le tour du verbe? Peut-être faut-il penser plutôt à r30 cause, l'in- 
finitif étant la base, la cause du verbe. — Nous avons rencontré ailleurs, pour 
masdar, la traduction également difficile de ?7)cf> (J. Derenbourg, Manuel du 
lecteur, p. 20, note 10). — «^ est rendu par 'OT ou pjp; à] ^ ZaJi pai' nTca 
n37; Jl«j2 «U^. (p. 63, 1. 7) par vzn if'Trbi. — Souvent le traductur amplifie 
le texte, p. e. p. 63, 1. 8 : bj? '(mr» .)nrz-)-j pirnn f^irn u'iji br zif> pibn» pri' rnb 
'ci .i'r>i;)7i '3'fl:3 inif)) .l'floui •'3"773ibir) .mfjon. 
' Cf. p. laSetia'i, 1 '11, 176, 907. 






^^^lo s «._ J 1 



r 

.^^Aa-^ùJH JJ aMI ^^I ^,^^1 po^il^ ^..ys!^ ^^i W^î "^^ ^' 



OPUSCULES ET TR4ITES 

D'ABOU 'L-WALID MERWAN IBN-D.TAIVAH 

DE GORDOLi:. 

=3«»<= 

I. 

Kl TA H AL-MOUSTALHIK. 

Mon Irère bien-aiiné, mon ami intime, que Dieu veuille e'clniiei" 
pour toi 00 qui est obscur et le de'voiler ce qui est caché; depuis 
bien des années, nous étions encore dans notre pays, j'ai sans 
cesse été préoccupé de remplir les lacunes pariout où le maître 
excellent, le cher[)arrait, Aboù Zakariyà Havyoûdj ((pie Dieu soit 



2 OPUSCULES DIBN DJA^AII. 

^..Juf,.'îyji^\ ^ 4r*'^ AjLiii <x-«).Xj yl^ (^\ jj«U>iil ^j^ i«X=- iwsi.J 
S4X_r»_j ^ -l__i\Ji^ JLS"îi ii^ «jùLaj»-» iijwiiuJi a_yiJi ii ii-«*ywo 

' Version hébraïque : rbr incc •';r tfrij r:pr iStr ';. Dukes, .'i , i i ; Nuit, 3, 
28. — - On attendrait ^j . 



miséricordieux pour lui et lasso briller son visage), a négligé 
de donner au complet les verbes aux lettres douces et les verbes 
géminés. [Car malgré la condition qu'il s'était imposée dans l'in- 
troduction de ses deux ouvrages] de citer la totalité de ces verbes, 
d'en rattacher chaque espèce à son genre, et chaque exemple 
à son espèce, Aboû Zakariyà a passé bien des racines dont il 
aurait dû faire mention, et expliquer tant les formes obscures 
que les sens difficiles à saisir; puis il a laissé de côté bon nombre 
d'espèces et oublié une foule d'exemples. Je ne veux aucunement 
pour cela ni lui infliger un hlàme, ni lui adresser un re|)roche; 
les forces humaines sont limitées, Dieu seul est parfait, accompli 
et sans égal. J'avais aussi conçu des doutes sur de nombreux 
points traités dans les deux ouvrages d'Aboû Zakariyà, (|ue je 
désirais exposer et éclaircir; car il y a grande utilité et gros pro- 
fit à ces discussions, ces deux classes, savoir les racines aux 
lettres douces et les racines géminées étant ce qu'il y a de ])lus 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 3 

^illi (w£ ^iajuÀ» iJUs^ij Mj\yfju\ ÀjiASi j ^£vi (jàii ,^j-« (^Xi^l 
Vi Sj>y^ï a]^\.>» ^^M I*X_£û ^ J.>Jl 1^^ "J^^Jj 5*>^ C^ij (i^ 



obscur et de plus difficile dans la langue hébraïque. Mais j'ai 
été arrêté jusqu'à ce jour par l'importance de cet homme dans 
cette matière, par son éclatante valeur, par son autorité ; personne 
avant lui n'avait traité ce sujet, et depuis personne ne l'a dé- 
passe*; nous avions envers lui des obligations réelles de nous avoir 
lait taire des progrès dans cette science, d'en avoir élucidé les 
parties obscures et de les avoir mises à notre portée. En outre , 
mon attention a été distraite de ce travail par l'exil qui m'était 
imposé, et j)arles migrations continuelles auxquelles j'élais obligé^. 
Mais tu insistais, puisse Dieu augmenter tes forces; et d'autres, 
une réunion d'amis habitués aux recherches et aux études, insis- 
taient à leur tour; il fallait me décider à vous satisfaire et à vous 
accorder ce que vous désiriez. Je cherche donc, dans la mesure de 
mes forces et dans les limites de mes facultés, à compléter les ra- 
cines des verbes, les espèces et les exemples qu'Aboû Zakarivà a 
passés, dans ce livre que je nonnne pour cela Mmistallnl, '-(|ui 
' Vovpz rtnlrodnclion. 



h OPUSCULES I)1B\ DJANAH. 

v.jLa5^ -"^JS-^ C:^^-^'^ J— '^' tj-* *i^^>!!^i «i^-î-i vJ^ <^ J, ^i ^ 

A_À_-o sLÀ.^jt_j" \j: yj£> Ljfi b>^.i aaA^ bi>5 ui_5 ij^» dl^-i-Jl 

' Vers, liébr. : r.y-jr> ■ir»' pcfr b3f> ty"V cr'JC»; il faut ajouter en tétc : nr^h yi 
jiBiEf' CJ', d'après R. Serahia Ilailévy (prefiice du Ilommàôr), qui cile ce passage 
eu entier. 



cherche à conij)U''ter, '^ et où j'ai noté les points qui ni avaient paru 
douteux dans les deux traile's mentionnés. Dieu sait qno je n'ai 
aucune intenlion de prendre à parti cet homme ni de nfattaquer à 
lui : n' est-il pas comme la mer où nous j)uisons? N'est-ce pas lui 
qui fait jaillir la flamme qui nous éclaiie? Peut-on l'atteindre à la 
course? Peut-on fendre sa poussière? Nous imitons seulement ce 
jihilosophequi, en réfutant Platon, dit : kM y a lutte entre la vérité 
et [Platon; tous deux me sont chers, mais la vérité] m'est plus 
chère. -^ Cet homme illustre a une excellente excuse; il a du 
faire de grands efforts et travailler beaucoup à un sujet nou- 
veau, et, sans aucun doute, s'il avait vécu assez longtemps, il 
aurait ajouté lui-même tous ces verbes et résolu tous les doutes 
que ses deux traités ont laissés subsister. Notre critique n'est que 
le résultat de l'instruction que nous avons reçue de lui, et des 
enseignements que nous avons tirés de ses deux ouvrages. Nous- 
mème, nous no jirélendons pas être infaillible ni exempt d'erreurs. 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 5 

<NX!uXi^ i_tl »*XjUJI (j^OcJ ax^ ijaxj J ji ^ ji CJ^Jl »>>-^-5^ 

oi.l.^ u p^JdUî i L;û^Jv^ ^j ;:^^ p^Jl vî^^' CJ^ V^ 
/i]L»4i j s^i -j^juLI ^^4 JUxi^ï vL> i rp::.- Jl ^jUl<' 



car la nature liuniaine est sujette aux erreurs, surtout chez ceux 
qui, comme moi, ont l'àme préoccupée par l'exil, et dont la si- 
tuation est en tout point contraire à celle <ju'à décrite Jérémie, 
(xLviii, 1 1), quand il dit : t:Moab est lrau(|uille depuis son enl'ance , 
il repose avec calme sur sa lie, il n'a point été versé d'un vase à 
l'autre, il n'est point allé dans l'exila w 

En dehors de coque j'ai d'ailleurs fait entrer dans cet ouvwijj'e, 
j"ai rattaché toute explication qui m'a paru pouvoir être ajoutée 
aux explications qu'Aboû Zakariyà avait données dans les divers 
|)aragraphes de son traité; j'ai cru me rendre ainsi plus utile et 
ollVir au lecteur de plus jjrands avantages. 

Il y a des verbes qu'Aboû Zakariyà ne cite pas d'une maniiire 
satisfaisante, ni à l'endroit convenable; il y louche seulement en 
passant et les comprend dans des articles destinés à d'autres verbes , 
ou bien, il en parle dans un des chapitres consacrés aux observa- 
tions générales, sans y revenir dans le corps de l'ouvrage. Ainsi, 
dans le chapitre général du nifal, qui, dans le |)remier livre du 
traité des lettres douces, précède le tableau des verbes au [)remier. 

' Le lexlt? no présente que le commencement dn verset. 



6 OPUSCULES D IBN DJANAH. 

nN"i n "'z-ir! "iwN nn-*in nmx _j-i£>j p-^-^^ ^'^^ j-f^ y^^ 9-%j Axi 

•^ 02*? <i£ ^\} \~i":2w: (j'kî nzriNt:' 'ïVnn L^iî-oij n:Mn dzS nx 

' D. '40, la; N. 31, 9."). 



radical //oW, il cilo nôkalj [Job, xxiii, 7), et wemwivâheluih [h. i, 
18); mais il ne mentionne pas cette racine à son endroit, là où, 
dans le premier livre de ce traité, il range les verbes au premier 
radical yàd, d'après l'ordre alphabétique. Cependant, ce mot se 
rencontre souvent dans l'Ecriture et présente encore un second 
sens, ainsi liôka/jtâ [Gen. xxiv, i/i); liôkfah [ibid. kk); wenàhâhal 
[Gen. XX, iG) ou hôkfah. signifie partout r préparer, destiner. ^ 
Dans le premier passage, hôkahtâ veut dire : rr c'est la femme que 
tu as préparée et destinée pourIsaac;T) le dernier signifie : -quant 
au tout, elle l'a pré|)aré et disposé," c'est-à-dire, elle a préparé 
et disposé tout ce qu'il lui avait ordonné en fait de vêlements : 
ce nifal est donc transitif': il a pour régime kôl, comme nischbarti 
[Ez. VI, 9), hèhâhoH [Xomb. xxxi, 3), dont le premier a pour 
régime libbdin , comme on le voit par le contexte du verset , oiî le 

' Sa'aclia : ciUu^ J^' l-y^5 ''ct tout cela est devant loi.'» Les polyglollos 
|poilenl, [jar eireiir, l^U fU^.(Vov. E. Ezra nd h. I. et Sii'ad. F^rod. \iv, •2.) 



klTAli \I.-M0USTALI11K. 7 

nxi nnxc ic iw'x njiîn LDih nx \n-i3c: -i::;n Cu 12a: t^n 



cœur brisé est la cause du souvenir, et dont le dernier se rap[>orle 
à ânàschhn, ce qui est prouvé par le mot mê'iltekém. Un autre 
exemple est tinnâschênî [h. xliv, 91) où le verbe est en rapport 
direct avec son suffixe. Aboû Zakariyà lui-même prend yi!(6l 
(ù/. XL, i5) pour un nij'al, et cependant il a pour complément 
iyyîm. Je ne me suis pas imposé l'obligation d'ajouter des verbes 
j)areils ; j'ajoute seulement ceux qu'Aboû Zakariyà ne mentionne 
pas du tout. 

L'auteur cite aussi certains verbes ailleurs qu'à leur place, en 
disant : fcTel ou tel mot n'est pas de cette racine, w mais sans 
indiquer de quelle autre racine il les dérive. Toutes les lois qu'il 
en est ainsi, j'ai cru devoir mentionner le verbe à l'endroit qui 
lui convient, afin de ne laisser aucun doute suison origine ni sur 
sa dérivation. 

Aboû Zakariyà ne s'est pas attaché aux exemples ([u'il a cités 
de noms dont il n'y a pas de verbes, mais tout spécialement aux 
verbes. De mou côté, je ne me soucie pas davantage de réparer 



8 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

<_>La_j ^ >.v._^i Liûj-j*k.j ^ *^' iouiaJ SjUil o^Aii! cj!^j> ^^^ 

lîûp Jyj ^ il \^^x*à\y<, »j -tU^i^l »«Xd) ^^^^JlU»ll bis (JvAill ci>i_5i 
i^ <_>L_X-WÎ ikX_JÛ v'^' ^—'^^^ *^ Uûp^Xj ^_jA2Jsii ^-OkJl ij 

' D. manque; N. Mo, 7. — - I). igf), li; .\. 88, \h. — ■• D. 169, i&; 
N . I 1 5 , 1 .') . 



les omissions qu'il a laites de noms renfermant une lettre laiblc 
ou deux lettres semblables, tant qu ils ne présentent pas des élé- 
ments de conjugaison; mais dès que la racine présente un verbe 
et une conjuj^aison, je conq)lèle ce que l'auteur a négligé, puis- 
que telle est la métbode qu il suit lui-même dans ses deux ouvrages. 
11 s'est oublié néanmoins dans de nombreux passages, où il l'ait 
ligurer des noms dont il u'v a pas de verbe, par exemple teriyydh 
(/s. I, 6), maswéli [Ex. xxxiv, 35), sein ah [Ez. xxiv, 7), etc. 

Dans le traité des lettres douces, Aboû Zakariyà touche parfois 
légèrement l\ certaines choses concernant les verbes géminés, sur 
lesquelles il ne revient pas du tout dans le traité qui est consacré 
à ces verbes. J'ajoute ces choses à leur place, puisque l'auteur 
les a négligées à l'endroit qui leur élait naturellement assigné. 

Je conserve dans ce livre l'ordre suivi dans les deux traités 
dAboù Zakariyà. Je traite les racines aux lettres douces avant les 
racines géminées; poui' les lollres douces, je commence par les 



KITAIi VI.-MOUSTALHIK. 9 

iJ jls j-^^-oi ^TvJSi AK-i^^K-J ^ Ltf l^Awjl^ U_5 2Nu^ jN'û;^ î^Nu' 



vt'ibes qui ont poiu' premier radical âléf, je continue pai' ceux qui 
ont rjôd pour premier radical , [)uis viennent ceux qui ont une 
lettre douce pour deuxième radical, et enfin, les verbes qui oui 
une leltie douce pour troisième radical. Pour les racines qui 
commencent par àléf, je n'en ajoute que lorsque, dans l'un des 
sens, elles présentent une irrégularité. Quant à celles dont le pre- 
mier radical estî/oV/,je les ajoute, que les formes (trouvées) soient 
irrégulières, ou bien qu'elles doivent l'être dans la conjugaison, 
alors même qu'on ne les rencontre pas dans l'Ecriture. Les racines 
<'f les sens des verbes au deuxième radical doux n'ont été ajoutés 
fju'autant qu'on y trouvait un adoucissement. Mais je ne me suis 
pas inquiété des verbes (jui suivent la voie des verbes sains et 
présentent leur s(?cond radical sans le soumettre à aucun adou- 
cissement, comme scAàV//",sc/u{'rt^,scA«'rt/>, etc. bien (|u'Aboii Zaka- 
riyà en ait mentionné quelques-uns. Parmi les racines qui se ter- 
minent en àléf, jo ne cite (jue celles dans lesquelles celte lettre se 
cliange particulièrement en hé. Je complète cependant les sens et 



10 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

«ii^As-j JoLiajiJ! ^i ^d^ (fc^^^J *ili« (^ LjsJiLrfiîj jl i^ijJis »iiJi 

c:^l-À_A_x_J! IvXjl^_^ Jlxïl jj-4 jOlcLiî^ l^ji 14x3 Jj.i^ ^jl U JoUJ 
ii (^jUJlL! cyiji JUiî (j^ xicLà^ 1^1 l^AJ Ia<2jÎ Jyù ^^i vi>->y^ 



les lorines des verbes qui ont ydd ou «/<"/" comme premier radical, 
que ces letlres se trouvent faibles ou non. Je place à la Un les 
racines ge'minées, suivant en cela la me'lhode d.Vboû Zakariyà et 
imitant son exemple. 

Sache, que Dieu te lasse connaître les vertus et fe'loigne des 
vices, que parmi les verbes négligés par Aboù Zakariyà, j'en ai 
rencontré qui sont difficiles à classer, (ju'on peut prendre pour 
des racines au deuxième radical faible, qu'on a redoublées, ou 
bien, pour des redoublements de racines aux deux dernières 
lettres semblables; car l'analogie pourrait fournir des exemples à 
l'appui de l'une aussi bien que de l'autre de ces deux hypothèses. 
Quelques-uns de ces verbes permettraient même qu'on les consi- 
dérât comme des dérivés de racines au troisième radical faible , 
ou de racines ayant î/oV/ pour premier radical ; et, en dernier lieu, 
on [)ourrait les regarder tous comme des formes particulières, qui 
ne rentrent dans aucune des catégories que nous venons de men- 
tionner. Ayant fait celte remarque, j'ai cru devoir assigner à ces 



KITAi; \I.-M()IISTVLIIIK. 11 

.\_ci3l çjLx-iîi ij^iû^iwl ^ LL 14] :>j^\ ^j! (->^i; 14^ vilJi ^^c 
^ ^J*,LA_^^i ^! ,j^ L^-A-i L^àjUi olol) t^w.ij j^^^j ^^ UûL.1 

,jà_x^' ^^ Jsjjjj! ^K ^ji_5 iJ^ifc UjliLS^i l^Ji Uiji ^^ U»j6i3 
i_vk3Jit ^v;^i (i^ï 'V ^-J^ ^^^ »^-» i "^-^ J^'^ ^iyï -Uoi)! 

aJsjû ^jl J^^li nD- J^Ji JU» j^^Jl^ ^^'^ Lr**4^ ^^^ »i *^' 

ç:Uji AJtJ;! AX^"j (J-^^ii a3>U; ig *l^ pfV« Ji-^ ^SUj (S-^\ ^^I 

^I "'? •'Di Sx no-n Ni'^T rî:"'D-în ^N'i cDri n"?^^ j-jj^Ji^ ^n^m 

J^_x_jUÎ ^^ LySl) (^*xJi L$Jvr^i ^^5v-fw.i ^iÀ.' J^ill ^y^\ ^S 



verbes un chapitre particulier à la fin de mon ouvrage, où je les 
ai réunis sans me laisser aller à aucune décision au sujet de la 
racine à laquelle ils appartiennent. Que les hommes d'éludé 
cherchent à découvrir l'origine de ces verbes et à ôter le voile (|ui 
les cache encore. 

Avant de commencer à compléter ce qui est relatif à ces verbes, 
je veux expliquer ce qu'Aboii Zakariyà entend par les mots genre 
(racine), espèce (sens) et individus (exemple) qu'il emploie dans 
son travail et que nous avons adoptés aussi dans cet ouvrage , bien 
qu"Aboû Zakariyà désigne quelquefois aussi les divisions |)ar le 
nom d'espèce. Je prends un cxem[)le qui fera comprendre le but 
(juc nous nous sommes proposé par l'emploi de ces trois mois : 
la racine dâmdli qui s'écrit dâlét, mém, hê, c'est le genre; il ren- 
ferme quatre espèces, re[)résentées : 1° par dâmàh [Ez. xx\i, 8); 
!>" [)iiv ddmlti [Osée w, 5); .">" par dimmill {\omh. xwm, 50), «'t 
A" lidiiii'ijiulli [.Irr. xiv, 1 - ) , lidiuvlt [Lain. m , /i()) , doini{l's. lAXXiii » 



12 OPUSCULES D'IB.N DJANAH. 

,'lXjdLl ç-*Àj|j ^j*okrs>i j-*! jj-« AÀA^j cji^i L» iJs.^ OtAÀifc- »>v;*-)^ 

p'^il^ U^U'^ ^ ^ ^ii JUiiJi^ Jlxjcsiii^ Jlicuiii^ '^^y^^i 
^Js-^-g j^ jjK, *n u Ui_5 ^^lisriii ^^rs; <^;l^ ^XjjiiJl Jlxii)! 



3). La première espèce a (Uuix divisions; Fiine la forme légère 
dans le passage cité, à savoir : Ez. x\xi, 8, et l'autre, la l'orme 
lourde, dans àdamméh [Lam. ii, i3); la deuxième espèce a aussi 
deux divisions, la forme légère déjà mentionnée, à savoir Oséei\, 
5, et la forme lourde dans diinmâli (II .SV;w. xxi, 5); la troisième 
espèce ne se subdivise pas et n'a (jue la forme lourde, sans la fornu' 
légère, comme dans l'exemple cité; la quatrième, entin, na 
qu'une forme légère. C'est là ce que j'ai voulu expliquer au sujet 
du genre et de l'espèce, mots si souvent répétés dans cet ouvrage. 
Les individus compris dans les espèces sont les formes qu'on 
obtient par la dérivation, telles que les futurs, les noms, les qua- 
lificatifs, rimpéralif, les participes actif et passif, le nifal , le 
liitpaël, le passif; les divisions des formes lourdes sont également 
comprises parmi les individus. L'infinitif (masdar) a selon moi 
le rang du genre le plus élevé, et il est par sa nature [)lus ancien 
(jue les verbes; eu d'autres termes, le verbe disparaîtrait si le mas- 



klT\l', \I.-M()l STM.IIIK. 13 

Joijl!!^. >.x..t-Ji ^U.j;L jj^-caii ^ijyj u^lj j-y^l^ ^^j^ î*^> 

j^ IojLJLj ^^^\ I Jsjû ^^£ ^3 cj^ U!j j*Xa^^ Joj ;j1^ »xi^ 

JJjs5 «Jvjsr jlyjiil iàxMl i ^^ J-Ai-«lj ^■i^^■> Jl >>^^' U^-f^ 

y,S. jU^^i^ ^IjUiiJl^ ^Uw^ii Uij J_^iil oj^J" ^J;-*^ aK-cU 
^Ji (j_jX-! (jl t^^**^^ S^^-^ ^^^ *'^'* CJ- ^jî^ *'->^ ^' '•■â^'^^'' 

^_^À_x-j ,-^.:<Lx-*vi Uj jl i)i l-jiyi5l i o-^*^^ ^\j^^^ W^y^ 



r/rtr disparaissait, mais le contraire n'aurait pas lieu, car ie verbe 
(ie'rive et relève (sâdir) du masdar, qui est le nom du verbe; ou ne 
saurait dire damba au parfait, avant d'avoir auparavant l'infinitir 
(larboun, et katala au parlait suppose rinfinilif Lathun. Je me 
sers d'un exemple tiré de l'arabe, parce que tu le saisiras plus 
promptement; mais tu pourras reconnaître le même fait en hébreu. 
Je complète les genres et les espèces avec tous les soins pos- 
sibles; mais, pour les individus, je ne cite complètement que le 
nifal, le hitpaël et les passifs, parce que leur conjugaison varie 
avec les racines. Je ne me suis pas préoccupé des noms , des qua- 
lificatifs ni des impératifs à cause de la grande diversité qu'ollrenl 
leuis formes; [tour réunir et citer des types aussi différents, il au- 
rait fallu plus de temps (jiie nous n'e:i avons mainlenanl. Peut- 
(•Irele ferons-nous à un autre moment. Je ne fais pas plus (relforls 
pour les futurs, qui sont aussi nombreux et suivent jtresque tou- 
joiMS régulièrement lanalogie. Kn revanche , j ai ajoul(' quehjue- 



U OPLSGULES D'IBN DJANAH. 

dUi ij IàaÀ& c-***^ ^_5 IgjkAiiJiXj t^lkx» ^^wJllaj !^3 <î(ys-5 _^»Xj 

.-*-S=*' N2r^ *lxJl c>^ Hj-j ipr "i^nxn Ajô J^AsJiJi (J^ '"Tir "l^HNP S 

' D. oi, 9; \. lô, /i. — - l). 3i, 16, on il Inut corrijjor mn' pour miv. 
N. 1."), () a une rédaction (liflérenle. Vovoz riniroduclion. 



fois des qualificatils ou des noms, bien qu'ils ne se conjujrucnl 
pas, non pas que j'aie été oblige de les ci 1er, mais ])our mon 
plaisir ol ]tar mon libre clioix; quelquefois même, par suite 
d'une eirconslance qui m'y poussait. Seulement, qu'on ne me 
demande pas d'être complet sur ce point, et qu'on ne me reproche 
pas en cela une contradiction avec le principe (|ue j'ai posé plus 
haut. 

Mais il est temps que je commence à parler de tout ce que j'ai 
promis de mentionner dans cet ouvrage. Je prie Dieu dt; me pré- 
server de l'erreur et de me délivrer du péché. 

DES VKRBES Ql'I ONT ÎlÊf POUR PREMIEIl RADICAL. 

Ahah. Aboù Zakariyà a passé une forme, savoir : le uifal, 
hanné' ëhâhim (Il Sam. 1, 9 3). Il ajoute (jue te^êhdbou [Prov. i, 22) 
est pour tehàbnn, avec ségol sous le tàiv et srhervù sous Yâléf, 



klT\r. \l. MOIISTAIJJIK. 15 

A-|çi ^^<X.À.C Làjl j.jl=>-^^l=>- Xa3 *i^i^ Tîin"' V^wN"' JO»"^ Oli^l 

A-Af-j ^TjJl ^j^~> ;jlj \"iuX '"nxn 'pN ^jj t^ ^J^' ^5^^ u^- u' 

j-i>^l_5 mi333 ■IÎN: JLxjLJ^I '^»Xi.-l ^^ys■*^3^ AÀ» J^icl "lîN 

""in Vrxn C'a 'jzn*:* JUà3!>'I _^^ \>y<s^\^ [*a.:^ aà-* Usj! Jjl&i_5 
^^-k-J ,_ji_J^il i)^_j ]d:^ ]r\:n t <>Lj; ^^ ^dn^ Srxn îz:wX"i n^n 

' I). 32, 7; N. iT), 3'i.- 2 D. 33, 9/1; N. 17, 1. — ' I). 3/i. ot suiv. 
N. 17, 1 el suiv. 



comme yé'schemou ( Ps. \x\iv, 28), ijéhredoii [Ez. xxvi, 18). C'csl 
j)Ossil)le. Copendanl , à mon avis, il se pourrait aussi que ce mol 
fut uue lorme lourde, comme teahàrou [Gcn. xxiv, 50), de ma- 
nière que le sêrè remplaçât le pâtah. Je regarde cette explication 
comme préférable; car elle ne suppose qu'une irrégularité au lieu 
de deux. 

Azar. Aboù Zakarivà a [)assé deux Ibrmes, le nij'al : nezâr 
[Px. Lxv, 7), et le hitpnël : hit'azzar [ibid. xciii, 1). 

Akal. Aboû Zakariyà a passé la division de la forme lourde : 
E:. m, -1 et II; puis le nifal [Ex. xxii , 5; Nomb. xii, 12; Lév. 
\ii, i8). U('\îh(U yc'àkèl, dans ce dernier passage, est la même 
forme 1^10 h'nmâtôn yinnâtm {.1er. xxxn, !x), et n'était 1Vj7c/. on y 
verrait le dàgèsch indiciuer finserlion du tioun du nifal, comme 
dans hiunàtôn »//»»«/('». Après avoir cité dans ce pnragiaplie rt»A7iY// 
[Er. III. 2) (piil [U'ciid pour un ^w'^oî// ayant adopte le inodidi' de 



16 OPUSCULES D'IBN DJANAII. 

L>i cj.X->_5 Jv.i c_jl.:ciii iOs_^ ^'-*='^3 r^^ (jJ U^Xy^ '^^ N")pDJî 

(^ *\.=- '■^rjî: *>jIj -"^rn ii-ib rrù'r: nî: ^g_5 A-t*<^U^ -\làÀ] sosjij 

^1 ^^u*M-£_j Tin "!l'7Tl ^.X.^ "i"l^\~i y^J.^ /.) aKa») ^o_j '7i'"E ^-V 

l-xij ''?";Si:' ;jK.^ ^^3 oni'" bbrc hd^w t$_5 ^x->L»w Ll c:*ji^;u4,! 

' D. ;Vi, 16; N. 17, 0.0. 



pou^dl, Aboû Zakariyà ajoute : rH en est de même du mot lotiHâh 
(II Rois, II, 10), où la foniK' est prouvée par le kâmés du kôf; du 
mot mou^àdél [Prov. xxv, 19) , de yoidâschmi [Ecc. ix, 19), qui est 
un pe'ouUm se montrant sous le paradigme de pouâlîm; je ne 
connais pas de cinquième exemj)le dans la Bible. 'i Merwân ben 
Djanàh, l'auteur de cet ouvrage, dit : J'ai cependant trouvé un 
cinquième mol, saxoïv : hayyoïillâd {Juges , xiii , 8) qui est un 
pâ'^ùuï sous la forme de pou^âl; car au fond, il faudrait hoyyâloud, 
comme I Rois, m, 96. Peut-être, en cherchant bien, trouverait- 
on encore quelque autre exemple; mais je n'ai pas eu l'intention 
de mettre l'écrivain en défaut, jmisqu'il appartient à Dieu seul de 
lout embrasser. En effet quelques-uns citent, comme sixième 
exemple, oumôrât [Is. xviii, -j) pour mârouf, et j'ai ajouté moi- 
même un septième exemple, schôlâl {Micka 1, 8) à la place de 
schâloul. ]\Ion seul but était de te faire retenir hoyyoïiUâd. On 
a aussi soutenu que moii'âdét [Prov. xxv, 19) est un qualificatif 



Kir\l5 Al.-\l(tlIST\I.IIIK. 17 

._.L.i-o 'v-itw.5î> -j^A;:ii liUJ^i sJvit» Jous? ^JsS^ sp*n ::'? ^j) 



(Icrcfrél. flapies la forme de lioulal {Isaïv, \i.iv, 9.0); et lous ces 
mots qui viennent d'être cités pourraient être pris pour des qua- 
lificatifs de la forme âmân {Cantique, vu, 2). 

Alaf. Aboû Zakariyâ ne le cite pas. Il se trouve dans Pror. 
wii, 20; et la forme lourde, d'après le paradigme de schif^bar. 
ijeschabbér, se rencontre dans Job, xv, 5, etxxxui, 33, où l'on a 
laissé subsister à la fois Vâléfâe la première personne et celui du 
premier radical. Ailleurs [ibifl. xx.w, ti) on a supprimé le pre- 
jnier radical et fait remonter la voyelle à la lettie précédente; car 
malférwu, dans ce passage, est pour mealfènou avec âléf; on a 
supprimé Vâléfct l'on a reporté la voyelle au mihn , pour qu'elle 
indiquât la forme primitive. Le sens de malfcnou est prouvé par la 
seconde partie du verset. — Cette racine présente un autre sens 
que celui dont nous nous sommes occupé, dans ma'àlîfàt (Ps. 
cxLiv, i3), qui est tiré du mot dlrf "troupeau-. (I Sam. xvii, 18). 
Si un adversaire infatué nous reprochait d'avoir cité celte racine, 
et nous disait : D'après le*; condition'' que tu tes imposéfs dan< 



18 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

O^Xib- ^^A» J^^I «._j~^'i J«i>-i ljfi_. AAijJ <X»»Î ^ J>X:Cfiî AÎviwOsj 

Dpy*''? -)!:n"' "•:x: yû^ JUÀJii! li^Jv^-! -__;jry>.2jjsî!' ^^^^ joi^i ^■^n^• 

' D. 3'i. oa: N. 17, ;>.j. — '^ D. 35. 8: N. 17, 35. 



rintrodiiction de cel oiivrago, tu ne devais rechercher, parmi les 
racines qui ont âléf pour premier radical, que celles qui pré- 
sentent un affaiblissement dans une de leurs formes, tandis 
quâlaj ne présente d'affaiblissement ni dans l'un ni dans Tautre 
de ses deux sens, et que, dans le premier, on trouve seulement le 
premier radical retranché : nous répliquerions et nous dirions que 
le retranchement d'une lettre est un affaiblissement, et qu'après 
tout nous suivons en cela la voie d'Aboû Zakariyà lui-même à la 
racine A:oi\ 

Amar. Aboû Zakarivâ a passé deux formes, le nifal (Nomb. 
xxiii, 23) et le hitpaël {Psaumes, xciv, It). 

Asaf. Aboù Zakariyà a passé la division de la forme lourde , Nomb. 
\. 26. et le hitpaël [Deut. xxxiii, 5). — Remarque que, dans la 
plupart des cas, le hitpaël vient de la forme lourde et le nifal de 
l.'i forme légère. Le nifal et le hitpaël se trouvent cependant réunis 



KUM! AI.-.M(iI m \1,II1K. 19 

idd:i ^il JvçoJ! JotjuM. o^ui^ J^*À>Î ^r5^y;:xis^ J^xJciiJIj, JUjbii! 
"ji^^ ^r^' "TT li 4^ji a»X--iiJ! ^Ji (^ J»>^j^ A\.«>i ^ J.>J«.j zriS 

iJî \u^:2 ^:2 "i-psnn i-pînn ^LI»x5^ Uist cmncu^c '?" •-'?\"i'i 

i JLxJciV!^ JUii^^l cl^>i J, Iaàj! J.Ai U^^ j^jv>wijJl A^-^^Ii^ 
L^wia_jl i)L-;i ,x_jl mriw';- ""sr:* *"'3"i:"i ^^i-«' vi^L^o eui^^ili » j^ift 

' I). 'lo, i(i-i8: X. 31, oS-^f). 



dans certains mots, comme weuiirœasserou (Ez. xxin, 68), wenik- 
kappêr ( D«/f. \xi, 8), nischtâwàh (Prov. xxvii, i 5); et Aboû Zaka- 
riyà dit que le premiei" de ce- mots est pour wenitwasserou , et le 
deuxième pour ivpvitknppêr. Merwàn dit : La re'union des deux 
formes dans ces exemples prouve que le nifal et le kitpaé'l peuvent 
se rencontrer dans une même forme ie'gère ou lourde : wmikkappèr 
est à l'origine une forme lourde, comme l'indique le dâgèsch de 
kippt'r; nisrhtàxràh . au contraire, est primitivement tme forme lé- 
Jîère, puisqu'il n'a pas de dâgêsrit. Otte manière de voir serait 
confirmée par des exemples du hltpaël Aomb. i, i8; ihid. i, '17: 
Juges. XX, 10, dans lesquels le dâgèsrh manque. Mais le nifal ne 
s ajoute jamais à une forme lourde autre que le hilpaël. r)n pourrait 
du reste aussi soutenir que ces hilpaël sans dâgêsch sont des formes 
insolites qui, dans l'origine, devaient être pourvues du dàgêsch. 
De même il est permis de voir une foime insolite dans la réunion 
du mfal et du hitpnël dan'^ les trois mots mentionné'^ ri-dessus. 



20 (1 



>in SCI I.KS l) ll!\ |)J A.NAII. 
CzV'^w ^CNi _^-^^ A.^-ii jiw_. ^ i J^.jï^i_5 Uai^ Uiji ÀÀ^ J^^U 

1.^3 nVrx Si:n' n^z' "! irt n-.îTw iiDw J^<> nb"? ^j^Xj y! ^,-«^1 
D^w n"DC"Dw t^A^ ri'?"p U^Ji ï^'j'vj jj^V» (ji ^"D >-<»'iii s (j^ 

A_) J>xj a!^ j2-j î«x^ n'7N; 'w'-:: ^n* -2-','p 'j'QZ", h.in' 2~)p y£>_j 
nDCN yj^s- n'^yr '?";>••: (^ :>i Jo^i ^^ sil^ iUàxJ ^5jy) ^ <3Gi ^^ 
iOsJû ^^ i_5»Xxi.Jt j, L^Aa-« ^^j.i«-S iiLaxî »«Xxj bi cj>Xia-^ Jsjj_5 ■''7 

s>^^j»j UOlks lvy~*-« :>U.a.il .iiO>vX*il Ui^ """■'" NTi "Z niïj 'unjl '_j-^iifj 
' D. 35, 13-19; \. 18, i-S. 



— Alioù Zakarivà a cncoïc iK'fjlijfi- dans icllc racine uiu' l()nii(' 
passive haïe, xwiii, 'i. Dans le même paragraphe, il dit : 
f'Esfàh [Notnb. xi , 16) est une forme insolite, car le paradigme 
des impératifs pe^ol . augmentés du hé que les Hébreux peuvent 
ajouter à ce mode, devient yx/W// ; exemples : scliemôr. schomrâh; 
zekor. zolrâli; et celui des impératifs yj^V//, augmentés du hé. de- 
\ leni pNâh: exem[)]es : .çrAe?/m\ schinCâh: schelah. schilhdh. De 
même quésfâh est une anomalie parmi les formes pe'ô/, de même 
on trouve un impératif insolite dépeçai; c'est korhâh [Ps. lxix, 19) 
de heidb [Dent, v, ik).- Aboû Zakariyà ne s'est évidemment [las 
rappelé d'autre mot qui s'écarte de la forme régulière pe%l 
{\\\ésf'àh. Jai trouvé cependant après lui un autre mot qui s'écarte 
de la forme généralement employée : c'est nmeràh [Ps. cxli, 3), 
de «csor [ilnd. xxxiv. lA). qui devrait être no-mîh comme schomrâh 
et qui est devenu une exception comme ésfâh: de même nisiieréhà 



kirui \i.-\i()i siwi.iiiK. ai 

j^Ji Jjw^ "^^^ 'i'>j»-=^ ^ Uçyw ^ *-^ ^r^' wj--* ^•''^ cî*^-'' d,^***^'^ 
^^S-x-j^ -_^ A_) ;^^-j ^ ^s^J.M i:"'î*jn Lr^^J_j aj ^Ia^j^M U)i=) 

-Zl'Z Jo»->wJj JvA-àJÎ j^.^». ^k'i^% J_5-wl j-'^-*»-*» -^À-o _5l_jjl_j J-^^J'' 
' Vers. hebr. : ijPDi rnn piit) ■(Ticri '^i^c •'e:. 



(Prov. i\, i3). Dans ces deux exemples, le sâilè esl pourvu 
d'un dâgéscli , pour que la langue s'y arrête et le prononce l'acile- 
uieut sans le confondre avec uu sin, ce que pourrait amener le 
voisinage du rèsch. Car la langue prononce difficilement .s«Je avant 
rêsch, et fou a préféré placer dans la première lettre un dâgêsch . 
pour que la langue y appuie fortement. On a ainsi introduit le 
dâgèsch dans certaines lettres dont la prononciation se rapproche 
de celle d'autres lettres pour éviter toute confusion et dans l'in- 
térêt de la clarté. Tel est, dans liassejljio [Exode, ii, 3), le sâdé, 
qu'on a cherché à rendre plus distinct en y plaçant un dâgèscli, 
de peur (jue la prononciation ne le confondit avec les/», lettre 
(|ui se prononce presque de même, surtout (jue le sàdè esl suivi 
d'un pr sans dàgèsch. Le /te de ce mol uesl pas uu article, bien 
(|uon ail soutenu cette opinion, en considérant le wàw comme 
Ifllrc cxplélive et eu lisanl Itasscftn: uuiis liassefluà est l'iidinitil 
de la forme lourde cl le ivàœ un sullixe indiquant le régime, 
l n cxciiiplc loiil à lail .iii.doiMic esl /unn'linnli il Siou. i. (i); (ci 



2-2 OPUSCULES DIBN DJ ANAH. 

il ,>w_À_-« o'>-^J' l_ji)^-ui»j "iriupn:") nc";:: I-aooI i_jJlij_5 <^*^" c}^-*J 

"IDN"» THN' DZTiN TCN: Jlxij"5^l liè*>vs.-i (jv^aisi!' 3.A-* JoiftI "IDK 
' I). 36, t;i: N. i.'!. o!i. — ■' D. 37, 30: ^. 19, -J). 



mot est aussi un inlinifil" de la lorme lourde; Ton a donné un 
dâgésch au rcsch. parce qu'on a cru ainsi appuyer fortement sur 
cette lettre qui, à cause de son ronflement, cause des diffi- 
cultés à la langue. On a encore placé un dâgésch dans le kôf dn 
ounetakhenouhou [Juges, xx,^^) pourquele/co/ne soit pas confondu 
avec un ko/'. On ne peut pas donner d'explication grammaticale 
de ces dâgésclis: ils forfifieni la lettre, et, marqués par les uns, ils 
ne le sont point, je pense, par d'autres. 

Asar. Aboû Zakariyà a passé deux formes : le iii/al {Gen. xlii. 
1 () et 16) et un passif qui se présente deux fois dans Isate, xxii, 
3, au milieu de la proposition et en pause. 

Àsal. Aboû Zakariyà a passé le nifal [Ez. xlii, 6). 

Asar. Racine «omplétement oubliée. Voyez cependant le parfait 
(II Bois, XX. 17), puis le futur ipsar, avec «/e/'adouci et hôléin 
■-UV le 70^, dapiTs le paradigme i/o'mnr, enfin, .\éh. xin, 10, où 
irn6seink = ird owernh , piimitivement ivà'esrràh == ivâ rschmerdli, 



klTAB AL-M(>LSÏ\I,11IK. 23 

J^^^l ^^^ >aJ! -'^yJ> ^^i .-aJ^I ^£ X*U..« _5i_^i_5 ^'i^ v^J^i 

ii2'?nj '2~wy et:-!"? .«A-Ji^' ^j. -n^n-'i ^-j;, (^ *n"'N"'' -;nc!:2 aix"" 

iV ICC'"'! mN'D n"'N"' TIDTp 2Tp *-Jj t^ \"I3"IN 3"1N J-*-J»^' J-^^l 
xo JUu ;jl jy?? *>^^ i<-f^ AiV*X^ UJi Ji y^r'iS^^ !yjù_5 v^Jiii 

5^x^>r ^ l_A_S'^!j 2"'~iNn <^-£l ^-«a-ji J.-A.Jij^i>-i f€w.3 (_^ Aji 



maintient To/ç/'de la première personne, landis que \'àlt'f(\n pre- 
mier radical est changé en ivâw; puis le participe ôsér = ômch', au 
pluriel hâ'ôserim {Amos. m, lo), puis le nom ôsàr; enfin, \enifal 
l/é'âsér {haïe, x\ii, i8). 

Arab. Racine omise. Cependant voyez Deut. \ix, ii; Lam. iv, 
19 ; Josué, viii, 4,9; puis le futur tjeërob [Ps. x, 9), wayyé'érebou 
(Juges, IX, 36), comme ivnyyéhé'cdon [Gen. xlu, 28), et en 
pause : yeërôbou{Prov. I, 18) avec holém; l'impératif. Juges, ix, 
82 ; l'infinitif be'orbâm (Osée, vu, 6) Aeârob =schâmôr. 11 y avait 
aussi dans l'origine une forme lourde, êréb, érabtî = Icêrèb, 
ki'rabtî, et aussi yé'ârêh, me'ârêb, d'oii me'ârebhn [Juges, ix . 90), 
dont le résch devrait avoir un dâgèsch. — Sache que xvayyàrèb 
(I Sam. XV, 5) dérive de celte forme lourde : c'était à lorigine 
wayye'fh'éb sur le modèle de xvmjyegârésch ( (ieu. \\\.9.(x), waiiyebârél. 
{ (if'ii. Il, 3 ); seulement, une fois IViVe/toinhé, on a, |)()iir rii|i|»elei- 
(•('Ile Icllif. reporté sa vovelle au i/àd. Mais n'diiijàn-lt |)uui'rait 
aus.si |ii(i\('nii' d Une Miilre division de in fonn*' ioiirdt', de lié'rvih . 



'2U OPUSCULES 1) IB.N DJA.NAH. 

^LxJi !_>-53.-^3 ouî^i S_^>^l3 'nvîi ;î:n'"; ^j, <^ nn2_5 nz'^j ^^i 
2")"'* y_j^UÎ3 ^ycpJl j-^r-S' iC-^-A.X!î oj)j.iI -«^Xjùj iJ il y!:pJij 

^i»! (j«.ls** ci*n 2^"''; J^ Vos 

JJi_j ^c_'U:i\:i iii^îl jUii)! i a:^^-! J^i ^l^ ^l^ ^\^\xi\ Àx^W 

' D. 37, 1. (lit.; .\. 19, a 6. — - Vers, liébr. ciP 'v (J 5am. xxvii, i:>.). — 
■^ D. «09, i/i; N. 69, 1(5. — * D. 37, 22: N. 19, 22. 



bien que nous n'en Irouvions aucun exemple; wayyàréb .sérail 
alors comme ivayyasél {Xomb. \i, 25), qu'Aboù Zakariyà a cité; 
c'est-à-dire que la forme primitive aurait dû être wayya'àréb 
comme wayyaàmèn [Ex. iv, 01); seulement, après avoir adoiici 
XnléJ. il a fallu donner au yod un kàviés, parce que les lettres 
douces ne peuvent être précédées que de cette voyelle. Quant à 
une assimilation de ce wayyàréb au ivayyâréb qui se lit Ex. xvii. 
•3, ce serait un raisonnement dilFérent^ 

Atâli. Cette racine aurait dû être mentionnée également ici 
avec les verbes au premier radical faible, bien qu'Aboù Zakariyà 
l'ait mentionnée parmi les verbes au troisième radical doux; car 
le premier radical se trouve adouci Micha , iv, 8, et adouci et 
retranché à la fois Deut. xxxni , 21. Aboii Zakariyà a lui-même 
ajji ain>i pour rt/fl/' ■ T' •' '' '"Jt'' parmi les verbes au [»remier ra- 

' \ pr>. lîébr. : r':r n3=) rj" r^r. Vov. Kamhi. Mil I Sid». xv, 5; la version dr 
Jonatlian, qu'il rapporte pI qui diflerp de reljp de nos édition.-, paiait mettre rolr 
à cnfp le.« dpir; npininn- 



kir A 15 \I,-.M(IUSTAMIIK. 25 

c:,u:iVll a^ajUI Jlxi^t A:?: 'i Là,! s^i, »*U J^Ajx^ ^!>^UJî 

' I). io(), ô: M. (19, 6. — '^ D. :ii l't 107; iN. li et 67. — ^ D. '17 et 160: 
\. 26 el 110. 



dical faible, et qu'il a répète' parmi les verbes au troisième radical 
faible, parce que sa dernière lettre est une douce; pour âbâh , 
qu'il a e'galement cite aux deux endroits; pour yâlal, qu'on lit 
parmi les racines ayant yôd pour lettre douce, à cause du premiei- 
radical, et qu'on relit parmi les racines ge'mine'es, à cause des 
deux lettres semblables. Cette critique ne porte que sur une né- 
gligence et sur un oubli; et je n'eu parle que pour te donner l'é- 
veil et pour t'inviter à être minutieux dans tes recherches. Aboù 
Zakarivà a commis, encore ailleurs qu'à la racine duîh, ce genre 
(le négligence. 

DES VERBES QUI ONT ïôl) POUR PREMIKR RADICAL. 

Va al). Hacine oubliée. Elle existe Ps. <:\i\ , 1 3 i . Le lulur sérail , 
d aj)rès l'analogie ijl'nh. comme ijibasch, i/irascli . ou bien, i/é'nh 
Mir |p mndèlp dp ijp'ntnii Iflrn. wxiv, :i:>). 



:26 OPUSCUI.es D'IBN DJA.\AH. 

D-'nr'?"; d^did'? »_;5^j ^ 3:^ 
N*? "!''u?i'n'? i'iTi '7X "J\x nn ri*;"' n'? w'-jpz "Tii'j"' »>So<o ^ y:)i 
*UJI ^^ AliiJvM ».xiyjo ^^ JUJUA».!!i\I ^UJi ce:? ■;>•:"''! y:"»'* nVi î^y' 

»iLj»-JI (^ c'TiJb l^-^sj U Urj,<uÀ/o <\aaJ i_5!j ^UJi <-,JJu 'r^yDn 

' Vers. hébr. cifc à Ih place : ••j rj-r •■:. — - D. h'.i , 3 ; .\. 2 'i , 1 . 

Yâgab. Oublié. Voyez II Rois. xxv. 19. 

Yâga\ Racine omise. Elle se trouve Ps. lmx, 6; Josué , xxiv, 
i3; Job, IX, 39; Prou, xxiii. k; haïe, xl. 98; /é»-. li, 58 {vueyi- 
ge'^ou)^, où le yôd est pour le futur, et a métég , pour rappeler le 
yôd adouci , qui représente le premier radical ; enfin haïe, xl, 3 1 , 
où yîga'ou est en pause. Le qualificatif se lit Dent, xxv, 18; le 
nom haïe, xlv, t4; Deut. xxviii, 33. A la forme lourde, quand 
elle est hifil, le yod est changé en wâw doux précédé d'un hôlém, 
comme c'est l'habitude dans les formes hôdia, yodta (voir haïe, 
XLiii, 23 et 9/1). L'autre forme lourde se rencontre Josué. vu, 3. 

Yâda\ Aboù Zakariyâ a passé la division piël de la l'orme 
lourde [Job , xxxviii, 12) et le hitpaël [Gen. xlv, 1; Nomb. xii, (i). 
Dans ces deux exemples, le yod du premier radical est changé 
en xvàw, comme ^fins wehitwad^âh (Lév. v, 5). 

' C'est bien 1p passage de Jéremie et non celui de linljakonlv (11. 101 qne 
l'auteur n en vue. O dernier s'écril avec deux i/nrl. (Voxoz K;imlu' et ia niassme 
inarginalo, (kI Jercniie, /. t. I 



KHAU AI,-M()l!ST\MIIK. 27 

JuùJt fis ^$ 4^1 *UI i AJi*Ki.« c^UJi *L -ly Sn'T s Jt- ^n' 

_« U . H jU Liijj iil; 'i'n" A_j^ Ti-lw'Z'l D"": ■'"'i: t-j^— —i U ^^ 
l*>w_<û rns"'*. J^A-* JLxJLil _j,^» -iii' Hr."'"'"! Ul_5 my J.=-i tr^ *^^ 

'72J* JowJL JotjJi ^»X.r»- AJ»*jiL«j (jvj^XjO^ 1^*1? ^Uv»-^ Aiûl^ 
' D. -')6 , 7-1 i ; i\. 3^ , 29-30.—^- La vers. hébr. ajoute r:cr r-i'P. \ oy. Hayyoudj. 



Yâzam. Oublié. Voyez Cîen. \i, 6. 

Yâlial. Aboû Zakariyà dit : «Dans wayyâhél {Gen. viii, 10 ), le 
yôd de la troisième personne a été inséré dans le yod du premier 
radical, d'après ce que j'ai expliqué \iO\\v wayyabbeschêhou (Nah. 
I, 6); il devrait y avoir yeydhél; mais après que l'on a ajouté la 
conjonction wdw pourvu d'un palali, le premier t/oc? devient quies- 
cent, et est ensuite inséré dans le second. Ce yôd n"a l'accent 
qu'à cause de 'ôd. Quant h ivayyiyyâliél (Gen. vni, 19), c'est un 
nifal comme ivayyikhdrét. Voici une réponse pour celui qui adres- 
.«»erait une question au sujet de ces deux mots, w — Merwân dit : 
Puisqu'il faut absolument placer woyyâhél dans celte racine, je 
préférerais le prendre pour un îiifal aussi bien que woyijiyydhél : 
seulement le yôd du futur auiait été retranché dans celui-là, 
parce qu'on n'aime pas la rencontre de deux yôd pourvus de dâ- 
ffèsrh. Lu cas exactement semblable se trouve Isaïp, l\i\. f) . où 
nanunhél . de la nièmp racine (\\u' Liiihôl (ihid. \\\iv, (i), psI pour 
ivanmiindbéi , cl a perdu If prf'iiiior nonn . Ip imiiii du futur, à cause 



28 OPUSCULES IJIBN DJANAll. 

^j Lkà_)l JjJiJi Ij^ii J.iU Jy»l cj5 j^^ AkiLJl J^^l fjyj ^}s. 



de la rencontre des deux noun iiourvtis de dâgésch; le kàmés a (•!(' 
maintenu tel qu'il était primitivement dans wanninnâhél. Mais le 
«0M« retranche' pourrait aussi être le premier radical, dont on 
auiait reporte' la voyelle au préfixe pour rappeler la lettre tombée; 
on pourrait alors en dire autant de ivmjyâhél, c'est-à-dire qu'on 
aurait retranché le ijôd de la racine et qu'on en aurait fait re- 
monter la voyelle au ijùd du futur. Si, pour chercher une dil- 
liculté, on demandait pourquoi wannâbél et waijyâliél ont l'accent 
à la pénultième, nous citerions Gen. vi, ("• ; vu, 2-3; 11 Sam. 11, 
l'y; Nomb. xxv, 3; Gen. xlix, 3^:, Exode, wii, 8. et un grand 
nombre d'autres exemples qui sont tous mille'^èl. 

Yàham. Aboû Zakariyà dit dans ce paragra[)he tjue hannéhâmlm 
{haïe, Lvii, 0) est un nifal et que le premier radical a été adouci 
entre le noun et le Ijét. Je n'approuve pas cette; 0[)inion , parce que 
des verbes au pi'emier radical i/(id<m\, au nlfnl . pour la |ilu|)ail le 



klT\i; M.Mnl STALIIIK. :>9 

l-fk-i *LjiJI |*li:>l <^ *.w^!^ vj**jv> c^_7=?-^ NiTj^j y'wi: J^i-o D'rnJL» 
^jK U ,^^1 v^*^^ ^'^■'^ Jl*Àj| jj^ cjL ^^ 3n^ 2ï: J^"-* «*Xx) 

;^t>_c (jv-J_j J'ouLii)! ^j^ (^jV:> â^l» i-*-»^ L» *L» \jbp\i jUi^l (j^ 

cLiL i i^j^;^» JoUJi ^Ij ^^ (^I pLJI tj^j yi J^'i^t i^i^ ^^ 

l»Xiû i j^*i^ DPnDC'D b'J ''h'^D'^' JUxjiJi ^-^^'5^ ^zv ^dis "ri' n'?'» 
p-''V"! □"'3T CD '?" n:: lU,* ^ij^'^s nnirr a"'î-;N3 n::ipD y^S^'t^UIi 



cS 



' I). /i(), .'i ; N. rjf) . -jf). - - n. 'ifi, 8 f>f siiiv. : N. 2.5, 98 o( suiv. — ^ I). /i{i 



ifôd changé pu wdiv précédé d'un liôlém, coinnie nôschd\ nôra ; ou 
hien , dans un potit noinlue, le yôd ost inséré par un dâgêsch dans 
la lettre suivante, coniine dans nissâb (haïe, m, i3); mais il n'y 
a aucun exemple d'un Jiifal dans cette classe de verbes, savoir 
«lans les verbes (jui onl tjôd pour premier radical, où cette lettre 
ait été adoucie entre le noun du nifal et le deuxième radical, 
comme le [)rétend Aboû Zakariyà au sujet de hannêlidmhn. Aussi 
je pense que, si ce mot est en effet de cette racine, il laut expli- 
([uer l'absence du prenùer radical par l'insertion du tjôd dans le 
kêt, d'après le modelée de nissâbîm (I liois, v. 7); seulement le 
dâ^rèsrli ne se fait pas sentir dans le lièt. 

idiad. AlioA Zakîuiyà a passé deux Ibrmes : le passif [den. 
M.vi. 'î^; L, ^î3), et le hitpaël (iXomb. i, 18). Aboû Zakariyà traite 
dans ce paragraphe des mois mekounant [Jè'ém. xxn, 93), yôschabt 
( ibid.), schôLant (ibid. li. \',V), weifàladt ( Gen. xvi , 11) qu'il consi- 
tlèr<' comme des c<un[>osés de deux loiines, qu'il explique ensuite; 



30 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

*^j-*ii tr-* ^A-J^-« A-Awtf'U iilxii j^j-^ (j^ PibiVj n2t:;v_5 n:2iw 
L.^-Jé' L«,_ejj j,}.»-! bij \ny-v n^-!y:n nxi pnnx "'î3Die;D'7 '^nîSDii:' 

n:D"îC' (j^ *jS^_r*^ rtjJipD ^r-* A-A-jUJi (j3^Ji ii5^ i_jAaJu«i 

auJ ^I_jj i^v-^i -cUs- ^i_j ' c._jjJl 1^^ i Jt;^ "iZ" N'"' ~ "':\-i", aK^'j 
' D. /i8. ".<?.■. N. «î;, 19. —- D. '48. 7; N. 27, 4. — ^ D. '18. .,: N'. 97, .">. 



ou bien, pour les trois derniers mots, comme des féminins du par- 
lait de la forme po'^èl; exemples : UmeschôflJ (Job , i\ , 1 5 ) , et yôdnUî 
(I Sam. XXI, 3). J'admettrais volontiers pour tous ces mots la possi- 
bilité qu'Ahoù Zakariyà lui-même a admise pour tôsf [Prov. xxx. 
6), où il explique la suppression de la voyelle du sâmék par le 
désir de rendre la prononciation plus légère et plus coulante. 
Je dirai donc qu'on a supprimé les voyelles du second iioun de 
mekounant, du noun de schôkant, du dâlét de yôladt et du bêt de 
yôschabt pour alléger et faciliter la prononciation, et qu'il a paru 
encore plus aisé de mettre patah sous les lettres qui précèdent à 
la place du ségol quelles devraient avoir, \oici l'explication que 
je crois la plus acceptable. 

Yâsad. Abou Zakarivà a passé, dans le premier des deux sens 
de celte racine, la forme passive (Fzra. in. G). Puis il dil : "On 
trouve le nom avec un iroir doux ( Isnie . xxviii. 1 ti ). où le premier 



kITAB AL-MOllSTALHIk. 31 

pU j.LP^_iii ^TV-«JI i3s.-i.ii JUJI3 i^i Oi-oUH Jjiil IDID 1D10 

^j^ ^^ xJ^ jjsy,- U^ ty nc^ cMiîlj Jiï ^" JyiÀ^ ^ cWJ' 
iJ U l»X-d>^ «-XsÀi^ ij-* Jyi«-« s^XAi: iOs-idi -ce jl ^xî yûLib 

•^•:!: u-wc yio 

^1^ yr^ HT> îli""' N"? AJ) i^c '\C N"? DIX -îw'^ "Ji'^vXo ^ -jC^ 

' I). l'i, 3 1-3?.; N. 12, 3'4-35. 



nwusâd , sans dâgêsch , est u n nom , et le second , moussâd . avec dâgèsch 
dans le sameX- par suite de l'insertion du premier radical, est un 
participe passif. 15 H ajoute : ^La forme lourde se trouve Psaumes , 
VIII, o.y> Par ses paroles, on pourrait supposer qu'il a commis 
l'erreur de prendre moussâd avec dâgêsch pour un participe passif 
de la forme légère, ce qui est impossible; puisque Aboù Zakariyà 
lui-même, dans l'introduction de son Traité des lettres douces, dit 
que la forme légère a été ainsi nommée parce que les participes, 
actif et j)assif, restent sans mèn, tandis que le hifîl est appelé 
forme lourde, parce que ses deux participes, actif et passif, pren- 
nent la lettre mém. Or moussâd avec dâgêsch a un mem; il est donc 
une forme lourde du paradigme hifil : conjugué régulièrement, 
ce mot donnerait AoMSSrtÉ? au parfait, youssad au futur et moussâd 
au participe, tout comme houssab (AW«. 11, 8), youssab et moussàb 
{Juges, IX , 6) forme semblable à moussai [Zak. m , 9 ) et mouggâsch 
{Mal. I, 11), dont les racines ne renferment pas de lettre douce. 
Yâsak. Omis. Il y a rependant ylsâk {Exode, \\\. 82), d'après 
le modèle (\t> tfi'af ol ylgà' ( Isaïe , \i, , 58 j. .Sache, ù mon ami, 



32 UPUSCILKS iriB.N DJANAII. 

-jcr (^i-*-^ "p-'"' N'? y^;> ^ji UïjI (ji^-tf_j «x-si-!^ 14Ujc« il tidd 

"HT'I (j-« JwA-JLjiLJi A-A-A.J ^^ (:J>*5i J-Xx-x) aKaIj |cwo ^ U <^N-fiî 
JjCj»-« AÎv^lî j<w.J y^ U aNjÏU^ cK^AJ C:VrXÎI JJL*^ jJi j^JsJi "jC" 
DCn A_A-j A-s-^l ^Ls |nN3 □u"'''"! 4tJ^\ ^j^A, j.A^^^^ JyvJCï (jv.xJî 

,j,.>^.Co _j_tf> té'XJi ";nN"!D trw'D nn'ù'D p tv^ji Jy>i_5 r:D'? D'vm 
"•3 nncT nnîi J^-^ |<\-Ii ca-js?' yor-^ nnu-'D _jS in*i:D '7^ 3dc*c 

' D. 97, 2: N. .-.7. -Ml. 



que 1/JsaA; peut présenter un mol ou mik' racine à part; ou bien, 
être une métatlu'so de sol: [Daniel, \, 3) ])uisque tous deux onl le 
même sens, ou bien, ijîsâk sérail le passif de la l'orme lourde (lun 
verbe au second radical doux , et aurait le sens de yousak, comme 
wayyâsék (Il Sam. \n , 90), qui est aussi la forme lourde d'un 
verbe au second radical doux. Un autre exemple d'un passif de 
cette forme, qui présente un i à la place (fun ou, se rencontre 
Gen. L, 96, où wayyisém est pour wayyousâm. Si Aboû Zakariyà 
avait pensé à yîsâk, il n'aurait pas rejfardé comme inacceptable 
de comparer wayyhém à xvayyousâm [Gen. xxiv, 33). J'ajouterai 
que mischhat {haïe, lu, i/i) est aussi un passif, malgré le hirék 
du inêin; il devrait avoir sclwurék, comme mouschkah (Il Rois, iv, 
3'î), ou /romes comme moscMai [Mai i, ih) et moschliâtâm [Lev. 
XXII, 25). puisque toute autre explication est impossible. Dans ce 
dernier passage, mnsrhhntàm diffère de moschhàtà)» {h.rode, \i.. 



kITVIl AI.-M()I'ST\LIIIK. 33 

l^l_j nnnun \v::b [ ana Dnnc'D "•: ^^ arn^'D on'? rvn':' J^l 

il L<H^ ^iwiyuil i ni'.CtrJl w-.o»-'ui? ^-*^»-i vXJtîj J-«l \*i j^lj 

«>jJa-L^ U i-N-^r: rw'D pnc'T p_y.wjLj. "•ro'-'? nns ^^-^n Ig^ jli 
aLcIj xu^ ^ tsJJ! .WH ii '"^^'j^n fjj^ ^ t^oJi J.AAiJ! J.*.iîi 



' Ajouté d'après la version liebraïqiio. — - D. 'i8. iTt: \. ;^7. i3. — 
' I). '19, 15; N. •y.'-j, .'."). — * Voyez Bikmnb , 92, âi-.'^â. 



16): car. dans !«' premier, le mm est leltre forniative, comme 
Anns mouketdr moufr(râsch (Mal. i, 11), et la racine est schàhat , 
tandis que le second vient de mâschah, où le inêm fait partie de 
la racine. Aussi, Tauleur du Mosoràh les a-t-il bien distingués 
par la note suivante : "Mot qui se pre'sente deux fois, mais en 
deux sens différents.^ Le verset d'Isaïe signifie : frSon aspect nVst 
plus celui d'un homme, et il en a perdu les attributs.^ 

Yâsnf. Aboû Zakariyâa passé une forme : le nifa([Prov. xi, o.lx). 

Yà'ad. Aboû Zakariyâ a passé, dans le premier de ses deux 
sens, le passif de la forme lourde qui, d'après l'analogie, serait 
hou^ad, nwu'^âd , et dont on trouve moibddim [Jér. x\iv, 1) sur le 
modèle de hammousahn (Ez. xiv, 29). Apprends que ces formes 
n'appartiennent qu'au passif du hjfu; car les passifs, qu'ils dé- 
rivent de la forme légère on de la fftrme lourde. iTont presque tou- 



:3'. OPUSCULES I) IllN TUANAIl. 

2VJ -)''j pcn •^'•^: p^-N -: *j; ^ ^^ wX-^-^il ^j^ j^ ^^ J^'*^\ 
D2ZZ' ah i-i-:\x ^SS^ -r.iAÀi^ [^2rjj] yza -c^: ,j^ 1$ ^^^0^51 

jj__>jv_tf> çj^ JolXx-*m41_5 czriN' r*;:'N" ér« ""'"^'^ ^*^''^'"' "^wZn Sr^: 

J'vï "2 ~2-"w czrz *-;:■' wX'^ *j; (^ VwZ' np*?' zii"' z'î^y ^jlUoII 

^_^ ^^i '->iîj! Joijciii ^.^ ^\^ ^J\^ ^^Ui ^ IjySly:^!^ JUix^i)! 

' Ainsi dans la version JR'braïqiiP. — - \ous n'avons pas liouve ce passage 
flans les traités de Hayyondj. Ibn Djanàli, de son côté, loin de combattre l'opi- 
nion énoncée ici, que le pou al sert également comme passif du hol et du piél. 
l'adopte franchement ( Rihmdli , (j-2 . •.». i et sniv.). 



jours quun son tonré pour le premier radical. Ainsi , noutiâsch et 
"oiizzâb {haïe, \xxii , i/i) viennent de la forme légère nàtasch 
(I Sam. \, 2) [et "àzab]; sclioiikkabt {Jér. m, 2), de la forme lé- 
gère schâhab; wehukkah (ibid. xxix. 22), de lâkah; zounnâh (Ez. 
XVI, 34), de zânâh; rouou[Job, wxiii, 21), de râ'âli; 'oubbacl 
(Dent. XXI, 3), de '^âbaâ. Le passif, dérivant du pië}, ressemble 
tout à fait à celui (]ui dérive de la forme légère : bouschschâlâh 
(Lév. VI, 21) vient de bischschèl (voy. I Sam. 11, iZ)\wé'ousclischar 
{Ps. XLi, 3) de ive'ischscherou (Mal. m, 12). Le futur, dans les 
deux cas, est tjenonUascli, i/e'^ouzzab, yeloukkah, ijebotischschal , d'a- 
près le modèle de yenoiigga'ou {Ps. lxxiii , 5) et schéyyedoiibbar 
{Cant. Yiii . 8). Aboù Zakariyà dit de même, que le futur de 
zounnâh (Ez. xvi , 3/i) est yezounnéh, comme celui de rouou {Job. 
xxxiii, -j 1). yérov éh : et les passifs des deux formes se ressembiciil 



Kn\l5 \l,-MOlISTALHIk. 35 

p-)C*J!_j YDpJt (jl» picJI j\0) yop-? mon ^j\<' ^j^^ nn:t: n-^:n 

inz"! '?2 D^r."' m-"' nSu"" JUjccu.^1 '-i^-^^ cA^ ajilS^^ *UJI^ *UJî 
nDV pi*";"' i^j-Jti! Jfi JJil o^;-^ S ^W» ,^r« n-in"« i x^^i JjUj 
C'zc: "izcm ^^ Lié (ji*xJ5l n:in3 *:nn ;: ur\i -jC -IwN Uy-^^*^^ 
onsD "]'?!:'? ~3"'1 Liol Uy^-A-«j ■j"'n:n'? c\v v*?:; nn^V -i"'-2:<' "iDTin 
in"* ""-T i^ Nj np"' i (j-LiJl yû^ ^«^nn •''7 -i:n n'? n:n"i ,j^ i_^i>-Ui 

' Ainsi dans Ip tpxle arabe, qui est (roué à cet ondroil. 



au fuiiif aussi bien quuu parfait. Mais au passif du /uyiV. (ju |)jencl 
la forme lioufal comme housak [Ps. xlv, 3), wehoukah {Job. xxxiii , 
Hjj, d'après le modèle de houschlak-, liokrat [JoëL 1 ()). où le 
kàmès remplace le schotirék, parce que, presque partout, ces deux 
voyelles sont identiques, comme également le passif lioscMaklt 
{Ps. XXII, 11) et aussi honhaltî {Joh, vu, 3) avec kâmés. et scho- 
(ledâh {]\ah. m, 7), où le kâmés tient lieu du schourék. Au futur 
de cette forme, on retranche le hê et Ton rejette la voyelle sur 
les préfixes; exemples : yoiischlak, yokral, ijàhôram^ {E:ra, x, 8). 
où, comme d'habitude, Vo du yod a été reporté sur la lettre gultu 
raie; yousak. youkah; de même, youssak {Ex. xxv, 99), de welm- 
sikou {Jér. xxxn, 99); touttekou {Ez. xxii, 22), de Inttikou (11 Rois. 
XXII, 9), et de lehantik {Ez. xxii. 20); puis woyyouggad [E.t. 
\i\, S), <\e houggad {l Uois, x, 7). et, d'après cette analogie, 
youkkah {Gen. xvm, 6), youttan {Lév. xi, 38), etc. La forme pri- 

' Telle est la fausse prononciation d'Ibn Djanâh (/?i7.waA, 101, a'i et suiv.j. 
de Hayyoudj ( D. 6'i , 1 3 ; N. 38 , .32 ) , et aujourd'hui encore des juifs de ["Orient. 

3. 



36 OPUSCULES 1) IH.N 1)J A.NAil. 

-jzin'' y"^n^ ri-'^zn' -'?rn"' '^-4->~J J— o^i^ '>-vy->--iS t« J^ i_5 □"'i: 

A^ooi_5 (j^j*'uJî <Ji Wy^ <WAiii <-^Xjij_5 ^I*l4ii oJ^ji ;n:n"' in- 

2'n:*D ri^-'j'i2 n^ït: ^4:^^ n:*^ -r"": p^D "'^■'i^cn ^aJo ^^^ ^^i 
n:*-»: -l'inc pi'nD W/-*J J^oiJi^ d'^^cî: 2:c'î: -iy^'C m:c io) ^^ 
Ui^ji ri"'2!2 ""'ïp-' :,'"'ïpn u^ ^^ ^5^-^' ni>!;pnc io) ,_^ n-'rb'^'n'^ 

X2wJ ;n:'' np^ ^n^^ np-' i Js_-«iil (j_j-Q ;ji cj^Xjî U J-'ei Ji* 



rnilive avait yclioitschlak , ijclioukrat , iieliousak. yelimtssak Axec dâ- 
/y<Wj. dans 1os/h, lelwuttckou avec ilâgésck dans le <aa', parce que 
ces derniers verbes ont pour premier radical un noun qui a été 
insëre'; youhhah est de même pour t/ehottlha/i , el youttan pour yc- 
hounlan; seulement le hè en a été retranché et la voyelle loncée 
(lu Ile a été portée sur le yôd; de plus, le lâméd a été inséré par 
un dâgèsch dans le Uôf, et le noun, par le même procédé, dans le 
lûw. Le participe passif de cette l'orme, c'esl-à-dire du hifil, est 
donc moumh, mon^àd. moukùh , au j)luriel tnousâkhn, moiiâdhn. 
nunikàlpm , comme inokrih, mouschlâk (H Sam. xx, 21), mouschkâb 
( Il Rois. IV. 39), mousclilâkm [Jér. xiv, 16), d'une forme primitive 
mckousâk, mehoii'ùd, mplwiikùfi, niehouschlàkim , sur le modèle de 
mehonkesaôt [lu. \i>vi, '.îs) qui dérive de hiksVa, yaksfa [Lév. xiv, 
/il); seulement le Ae a été l'etranché et la voyelle en a été re- 
portée sur le noun. Lexemple d'Ez. xlvi, 99 , prouve que partout 
tfoufal et moufâl proviennent de yeliouf^al et mehouf^âl. Mais 
qu'est-ce qui empêche, pourrait-on nous objecter, déconsidérer 
comme forme primitive de ymdkali el youftan plutôt yeloiikka/i cl 



Kirvr. \I.-M()l STAI.IIIK. 37 

^^»UJI Je \^:y^ \^\3 U^ ^Jy'^\s P^^ï iy^>^ '^i ^^ 

^^ ^j^ u_5 ;s^ anpai d2:n2: hsips idpd cni'D ■jSd'? in b*>^=^j 

J^ ^3 D't: ;n' ':i i^ c: *J"C n: np' j aaX» U J.xAi ♦>^_%rî ^^ 
jj\^ Lfl^ n-;::: n^îNii UJL:^ ni:: ""^ï: .th"; Uii^^^ Wy**^' *^ 

lo <-■-». b "ri^ "i2w A-jj t^ M~: (J-* a31.^ ^ _j-6~>9 ""îjD uL n:,*"!,-) 



ijcuoutlu)! . tiaiis lesquels 011 aurait retrancli(' le làniéd et le «o«// , 
et rejeté la voyelle sur le yod? Nous répondrions qu'en granimaiic 
il laul ju{{ei- les formes rares d après les cas plus fréquents, 
et. apri's avoir cité tant d'exemples de cette forme qui appar- 
tiennent au Itifîl , nous soulenoiis que ces deux mots a|)j)ar[iennenl 
aussi au hij'il. (ie qui doit du reste donner plus de force ;i 
notre opinion au sujet de xjoukkah et de youltan, c est le mol 
mouddàh (haïe, xni, iZi),qui dilVère du mot meliouddàh [ibid. 
VIII, ââ), parce que les formes dont ils dérivent dillèrent; moud- 
diili vient de wehiddî'ah (11 Sam. xv, 1^1), et menouddàh est évi- 
demment de niddah, d'après le paradigme de schibbèr et dibbér. 
Heliens celte règle que j ai expliquée en attendant; car je prévois 
(jue tu en auras besoin en diilérents passages de ce livre. 

YVi'a:. Racine oubliée. H v ;i nô'àz [haïe, wxiii. nj). ((tinmc 
nùsthà'^ (Ps. wxiii , 16). D'autres |)iétendent ' que le noua de ce 
mol est premier radical et leuiplace iiii Ithnéd . de niaiiièiv que 

' Sn'iKlin lr:i<liiit : iiijjl .^i'L ( \ ox . IImi K/,i ;, . n,l h. /.i 



38 OPUSCULES D'IBiN DJANAH. 

*jjl4-3l l«a->l Jlij_j ^lïJl ^j^ yDpJi ^5_5 rj)h ^.^ ;j^ J^ yûj 
yDpj îi*'ij_5 nnîj ~2N* ^J^ yi^ n*ïy "i^^v *-jj (^ îi'**? ,^i— *_/» ^ 

(__^ Jj>.x_i-<» r|i-|T: (j!_5 4^L*-ii i»XJ>_5 J^^oi^l lj^^ ^r* ^ji*"':: î]l*"lD (j^ 
"!p'2 □~N'i ioj, t^ p^i ï]>'"2 (jU IDi:!: 'P^* 2: wÎ: P":.*"D n^NTl *J; 

:>l--i.Jl (^ ^>(l *U- Jvs^ ^t_>Uil ijsjû ^ Jlijj <Xj*>w.iiùJl (^rv*5l S 
' D. '19, i(|; N. -i.S. 9. — - I). r,o, 1 ; .\. 98, 3. — ^ D. 03, :'. : .N. 38, 

II. 



nù^àz serait pour /o^er , bien qu il y ait de plus kàmés au lieu de séré. 
On a également dit que nô'^âz est une variante, dans le sens d>' 
lô'^éz et sur le modèle de ôbad [Deut. xxxii , 28) , malgré le patah 
qu'a celui-ci et le Wimés qu'a celui-là. C'est par suite de cette ponc- 
tuation que je préfère lopinion que j'ai émise la première. 

Fâ"^a/l Aboù Zakarivà n'a mentionné qu'un sens de cette racine, 
savoir : Isaïe, xl, 3o, et il en a passé une autre : to'âfot [Nomb. 
xxiii^ 22; Ps. xcv, h) à létat construit, comme tose'ôt [Prov. 
IV, 28) et to'âj'ol [Job, xxii. 25), comme tôs(Vôt [Ps. lxviii, 21), 
à Tétaf absolu. Je pense, que mou^àf bfcif [Dan. ix, 21), appar- 
tiennent à cette racine et à ce sens; mou'^àf est alors un participe 
passif, comme momàk, inoiischkâb, et bi^âf e^l un nom sur le mo- 
dèle de bikàr [Ps. xlix, i.3). 

Yà'^a.s. Aboû Zakariyâ a passé le hiipaël[Ps. lxxxiii, !i), où le 
deuxième radical devrait avoir un dâgêsch. Il dit dans cet article : 
«L'impératif présento la forme insolite "^^ww?/ {h. vin, 10). an 



KITAB AL-MOUSTALHlk. 39 

aKj»-:^ y^^ yv tr» cj^AjU (jOrJ<-î5 J^^-^ j-^^ X^^ U-* ^^i"-*^ (jl 
"|*V>^ *WI 1 •►•'^^ *^^ *^ O.X^ "iTiC" Ti*:î -i^j t^ "^IV" AAJ ^ji 

nnx'?n cnn hîc ni^iTi n*"? en 'uieu"" S-^ ^ cbnJ^ yi<-* piw'JU 
rc;: *-A.i -î^-r-jJi ^jl n:n vù'j & J_j-ï' ji-]»Ni_5 nVnil ^J^ pTùV 
u.";;*. *o ^^j (j^*'! JsXjt* n:n r^'i J^*-> cj-« ^'j u^*"" '*^'* <>j*^-^ 

X_jij-A-C L^kLa-Ï jùLi^i:». 4jw« c._^ "!Sy WU (J^ 0*^=^ J»-;?'^^ .j4* "î-^' 

JJiXjS' (j\<r lils VC: A-J; c^ o^** *^*^'* "^"^ '"*^'- "^'-'^ *i_j-J^J 
' Ainsi vers. hébr. et le lexli- de liayyoïulj. — ' Vers. liéLr. 



lieu (le VïsoM ou ya^âsou.-^, Mais je ne sais ce qui a empêché Aboù 
Zakariyà d'attribuer cet iiiipératil" à une autre racine qui aurait 
(tour deuxième radical une lettre faible, par métathèse deytVas, 
ce qui ferait disj)araître ranomalie. H y aurait encore une autre 
manière acceptable de juslilier cette forme, ce serait de dire que 
'^ousou est pour ije^oimii, d'après le modèle de zekorou (Ae'/t. iv, 8 ) 
cl de "àmôdou [Nalioum, ii, 9), que le premier radical, savoir 
le ijôd a été retranché et le Itôlém remplacé par un schourék , 
romme cela a lieu dans yisckpoulou [Ex. wiii, 26), ta'^âboiirt[Rutk, 
n, 8), tittoum [Ez. xxiv, 11). J'expliquerais de la même façon 
gvschou [Jos. ni, 9) en le prenant pour negôschou avec le noun re- 
tranché. Le grammairien ^ qui a dérivé ce dernier mot d'une racine 
au deuxième radical faible, et qui Ta réuni avec gousch [Job, vu, 
ô) manque de sens ; car gouscit, dans ce passage, désigne une es- 
pèce de reptile, comme l'indique l'autre membre de phrase. 
'Oi/soucst donc form(' comme /toac/iom. et ne présente aucune irré- 
j{ularilé. 

' Menalioni, Mulilienl . p. (In; LiLLi^uIr LiKhiuinu'il . (1. 17'!. 



Z.0 OPUSCULES D'IBN DJAINAH. 

(j- "js^j '?"'S"' y5 1^ *>v-=*l3 r:J^_5 ni^*"» (ji_5 2"'2jn ^m ^^Uju**^ ^yO 

AX_X_;i_li ij^ rii:"'_5 iT'C^^j ^u"'^ 3"'w'"' wi).J*îv5^ s^\y^ idLJi Jlx9^\ 
^ U _j_£&5 i»Xj»-îj v.*a_=d^ ç-^^'l i«X^ cr«Jj^ tM^ij *X-î»-l^ (J>Jt5i 

nn"?; lïm i<—>j (^-s i*ïn a)^-^^ rs^-j ^ l-»_j ~jn '7";Nw rii'"'ïNi 2"'^"' 
'■'"'^'' (j^ '-^* *^J can*? :;:;'» nO"! >ï"' "j\-i-n ^^^ J<j>xXm»X\^ Hn'?:.*n 
ri"": "r^ -!2c iij) (^ JlAJuL-«,!i\I «-^*«yJ_5 Jo»à]î .«^'j *UJ1_5 ^joU Joo 

' D. 5u. I 'i;N. 2.'), i6. 



Yàsah. Aboù Zakaiiyà prend yasscb [Deut. \\\n, 8) jioiir un 
iiilinitif. Mais je pense ([ue ce mol peut être le futur de Imsîh, et 
que yassîb et yasséb ne font qu'un, comme, parmi les verbes sans 
lettres douces, yappîl et yappèl; comme yàscfiîb elyâschèh, yâmît et 
yàmét parmi les verbes au deuxième radical faible. Aboù Zakariyà' 
a passe aussi un exemple, savoir : le passif du liifll {^all. ii, 8). 

Yâsa". Oublié complètement. Cependant la forme lourde est 
usitée avec le premier radical inséré par un dâgêsch dans le sâdè, 
comme dans hisstb. Tels sont : yassl'^d {la. lviii. iï) sur le modèle 
de yassib {Jos. vi. 96) et a^sfàli [Ps. cwxix, 8); puis le passif 
houssa", sur le paradigme de weliomsab [l\ah. 11, 8), au futur 
youssa^ [h. xiv, 1 1; Est. iv. .>). On a pris ce dernier mot pour un 
parfait, et le yàd. non pas pour le préfixe du futur, mais pour le 
premier radical sur le modèle de souggar (Is. \\\\, 10)'. Les deux 
opinions sont enraiement bonnes et admissibles. On rencontre aussi 

C'est l'opinion h iHqiifile llm Liwi ^'t'>l arrêté. 



Kl TA H AL-MOLSTAIJIik, k\ 

^^yj s-jj ^ n'TJ "'Vi'À"' c^'^^i o-*-^^ >-J^> CiT^r-Jytll !^j NUD 

^yAJL^ \j\ 'Wi"" »s J^ u' J-H*^ '^i "'^"'*"' '^^/'T'nisî DN "'"inD'i 
n:innnn y"'!:\"i «.^^-x-li ij^-rf>_j J.-^iJi \ù^ji> ^j^^ ^-và^^ J.*» .^^^ 

n'?vjn '?i" ipi*"' "Jisj n"''?^ p*^''"! _^-.^_j los-s.-!^ Uy xo^^ p*' 

*LaJI (Jw ijiv-J J^xjUt *i ^ji_5 JLoÙ^lliM v^ÀijXi AJI dUi (ji_5 

' D. ji, i3; .\. -'9,5. — - I). •">!, i/i ; dans .\. 3y, 5, ou a remplacé iiolro 
exemple par cKPb (pi'i (H Rois, iv, 4o), en ajoutant : «que le ip5'» de I Roù, 
xviii, 3'i, ne devrait pas a\oir gaya, parce qu'il est comme ccd {Ex. xi, ai)." 
L'observation d'Ibn-Djanàh n'aurait plus aucun fondement, et cependant la di- 
vergence est encore mentionnée pai- D. Kamlii , Lexique, rad. pi'. Ce changement 
provient donc d'un nouvel éditeur, on plutôt on a fondu dans le texte une glose 
de R. Mosé Hakkohen. 



le nom yesou^i {Gen. xlix, 6; cl". Ps. lxiii, 7) dapri-s meroudl 
{Lam. m, 19); cependant ce mot pourrait bien être le participe 
passif de la forme légère. Pour la racine et le sens, il faut encore 
citer ici kayyàsi'a (l Bois, vi, 6) et hammassà'' (Is. xxviii, 20), oii 
le premier radical est inséré dans le deuxième, comme dans 
madda et mamih. 

Yàsak. Aboù Zakariyà ny mentionne qu un sens, celui de 
weyàsak {Lév. 11, 1), puis il ajoute: rW'eyisehou (I Bois. xvni. 
3/1) avec le yôd pourvu d un arrêt {mélég).-^ On connaît l'habitude 
de notre auteui; cpiand il dit d'un verbe au premier radical //ô^/ 
((ue celte lettre a un arrèl , il entend par là que c est un iïilurel 
t[ue larrét est placé sous le yôd pour faire reconnaître ce temps.; 
le premier radical, son Houx onire le piéfixe et la lettre sui- 



42 OPUSCULES D'IBIN DJANAH. 

^^fy^ mz'^ tî")"' i Jlï l^*W ^^•^ ^-«^^ JJ<Xv_j »^X:o ^*x.ll <j>j.=l^ 

i 2(ij-i (j^j_54-i^ JJij ^UJl^j *loi_5 y^-iJij Ul^^\ g^ JUjUaw^ 

(jlî J<aJLa.n*iw« Jm ipy^i 4^1 iii a<XA*^i t_>l_jAaJI fc*i.^^ (^ii 
Ipl*"»"! i -«'l.-^Jî (jl ^ JU» iUjij-« «yoljj)Ji *iyL) Joj«-« UAc JoCil 

' D. 5i , 3; N. 3o, 25. L'observation ne se trouve pas pour les trois autres 
racines. — ^ D. Zi5, (i; N. 25, 3. — ^ D. r)-2; 7 ; X. 29, 23. — ^ D. r)3, 9: 
.M. 3o, 8. Depuis ^^ jusqu'à <_>L.aJf manque chez ce dernier. 



vante, est alors indique' par cel arrêt, comme Aboû Zakarivà le 
constate e'jjalenient pour yéreclou, yèscliebou, etc. Il en dit autant 
de wayyîfebou {Gen. xxxiv, 18), weyikesou {Hab. 11, 7), et ne parle 
en ge'ne'ral de l'arrêt qu'à propos des lettres ajoute'es pour le futm% 
Vâléf, le 7ioun, le yod et le tow. C'est ce qui re'sulte de ses paroles 
dans la première section de son livre sur les lettres douces , dans 
un passage où il traite des verbes qui ont pour premier radical yod 
et de ceux qui ont pour premier radical âléf : r-Dans ivayyîre'ou 
[Ex. XXXIV, 3o), wetîre'ou [Jér. li, A6), yîre'ou {Ps. xxxui, 8), 
les lettres comple'mentaires doivent avoir un arrêt, et quiconque 
ne l'y met pas ignore ce qui est vrai et juste, n D'après Aboû Zaka- 
riyâ, weykckou est donc un futur. On pourrait cependant arguer 
contre nous des mots : rLes lettres comple'mentaires doivent avoir 
un arrêt, 17 que si l'auteur, comme je le pense, avait voulu dire 
(jue le yod de weyuekou e'iail ajoute' comme marque du futur, 
Aboù Zakariyà se serait sprvi de lexpression : «Avec la lettre mm- 



KITAB AL-MOUSTALHIK. /»3 

J^jIjvJl *lfci^^^ aJs.>i^ ^JisAXj oj.^-' Aj^VaJI a*Xj£» q£ «jUxli 
J^j aj U.i=?^i t^«xi<^ ««xSiyi Jju ^j JoijiJi ^Ijyft iUSU. *U 
Vna yopj y-H» t^*x-JI 'vt*" i Jli^ l'^vs"'"! a-jj^j ^ji Jiïj aà-« *LJî 

iDK^i D^i'vn '?i*"i n'jiyn h^ ip^j^i d"'D anD n^mx in'jd Jyij »l^ ^i 

' D. 52, 6; N. 39, :!9. — - l). 38, 98 et suiv.; i\. 20, 17 et suiv. 



piémentaire pourvue d'un arrêt, w tandis que les mois raveclej/oV/, 
etc.'^ prouvent qu'il a regardé celte lettre comme taisant partie de 
la racine et nullement comme lettre comple'mentaire. A cela nous 
re'pondons qu'Aboù Zakariyâ a employé (dans la règle générale) 
le terme tries lettres complémentaires, n parce que les exemples 
cités présentaient deux xjoà et un tàxv et quaucun autre terme 
n'aurait pu s'appliquer à la fois à ces trois lettres. (Dans le para- 
graphe yàkas) Aboû Zakariyâ dit que dans wcyikesou [Hab. 11, 7) le 
flôd a un arrêt destiné à indiquer le yod quiescent du premier ra- 
dical ([ui suit le préflxe, et il ne dit pas tria lettre complémen- 
taire,'? comme on nous roj)|;ose. Aboù Zakariyâ dit encore (à un 
autre endroit) : rtLa preuve que wayyêde^ou [Gen. m, 7) avec .seVè 
est un futur du modèle de xvayyife'alou consiste dans l'arrêt dont 
le yod est pourvu, tandis que wcyàdeou avec kihnési est de la l'orme 
wefd^alou.v Donc weyùekou est pour Aboù Zakariyâ un liilur. ce 
que je ne saurais approuver; car, dans h passage, il n'y a [^^^ 
place pour un futur, mais poiii- un impératif, comme on le voit 



Ulx OPUSCULES D 11]\ DJAMll. 

(jajï_> ^^ AAàxj Ci^^ûJi^ j.^\ J.fc^ïlî VuViyi W^^' "JDiV"! TJC;"'! i:*i' 
iijl Ixl ^j\^ o'^^-*' 'P^""' u^ c^ '*^^ ^ c5>»' U^^ (J^ ^•» 

Le! J^ »j^_;-^ '^'^ JS syi-Xj- ^i il! iot>Ji (>:|;^ (j- V^ ^^^ ^ 
U)^ ji-Ji ^j^ J.JCjil U j5Aj«:Ai (^j^uJ^ (^r-^i c:>!ji> Làjij ;j%Jîl 
iZ^C n pîJ"' Cil X»o'i\ j_^ ^l=- ^ill_5 i^X^ô .Xjtj *i_ji \yo\ »JvAaxj 
' D. ;ji, i5; N. 3y , y. 



par toute la teneur du verset : tr Remplissez cjualre cruclies. etc. ^ 
C'est toute une suite d'impératifs, et il n'y a pas de preuve plus 
concluante pour l'aire de weij'mkou également un impératif. Si en 
outre Aboû Zakariyâ, tout en étant de notre avis, avait voulu 
nous faire savoir que le yod a un arrêt, c est là un sujet qu'il se 
serait dispensé de traiter; car il n'est pas habitué à nous indiquer 
les mouvements des accents quand ils n'ont pas une raison gram- 
maticale, à moins qu'une nécessité particulière ne l'y oblige. Sa 
méthode consiste plutôt à diriger notre attention sur les phéno- 
mènes provenant du point (|u'il traite, c'est-à-dire des lettres 
douces et des racines géminées, et à faire comprendre les irrégu- 
larités qui en résultent, mais certes pas à nous faire remarquer 
que le tjod de weyisekou a un arrêt. Une autre preuve qu'Aboù Za- 
kariyâ n'a pas songé à faire de ce mot un impératif, c'est qu'il 
dit ensuite : •• L'impératif conserve toutes les lettres de la racine, 
connue dans ijesôlf (E:. \xiv, 3), on ne les conserve pas comme 
flans */?/*: (11 Rnis, iv. 'ii)-" '-erfes. si Aboù Z;ikaiM\;i avait pris 



klTAIl \I.-M()l S l'A Ml Ik. /if) 

^jS-i i^^J "i iS J.^o>i ^ Aji \*hj\ *ly (j^^ D-'C '2 pï'' CTi^^i 
>iji J^AJÙ**^ Joli »JvÀ£ Aji ^^ Làjl J>jJ*xJi_5 ipy'l (jvj^ n pi"> 

Ljf^ j.Lt:>l ^Ajc>_j -UiL jt Ax^ J^AJÙ^I yi Ujytj AjL D>D pî'N 
^JsjLc- i*X-gJ *>v5j A^^j^ *iUot>-»»i( xa3 iUùfiill IJsJû <îvsXc ^3Ji3^' 

a_jU '-vd "iir.'j; LjyJ.A-«_5 j->ol Lf& ^jj*)s.J3î d^dcd ^n^m cj-. aiî.- 

,j-. (j^-*J oiJs-J>_j-^l l*X^ J»A-*j «^■î'i» tXi^^ j^i _j^^ (J>-^5 v.jiij-« 
^-*>^Ji y^jmJ'yJi Ui^ cj^>^' tjliï=i IoUàa-wÎ (jw« aàjT Aji>îî iotAAU 

' 1). .')!, l'i; N. 39, s. 



xrcjiiscl/ou pour un impératif, il se serait passé de citer yesok, et il 
uauriiil pas ajouté que ce mot conserve les lettres de la racine, 
puisqu'il n'y a pas de différence entre yesôk et iveyisekou. Une der- 
nière preuve enfin que notre auteur a pris weyisekou pour un 
futur, ce sont ses paroles, après qu'il a donné cet exemple : crOn 
rencontre aussi le futur avec insertion du yôd dans le sàdè; 
exemple : éssâk [h. xliv, 3);" ce tjui veut dire que le futur 
se trouve avec et sans insertion, pensée qui est confirmée par 
l'emploi du mot r aussi, 75 II y a donc, je crois, erreur et négligence 
de la part du maître, et c'est l'arrêt du yôd qui l'a trompé. Cepon- 
tlant cet arrêt sous le premier radical, même à l'impératif, se 
trouve pareillement sous le mêtn de mischekou [Ex. xu, 21), sous 
le kàf de kircou dans le verset qui commence par wattiktôb ( 1 Bois . 
xxr, 9), qui sont tous deux des impératifs, sous le schi7i de i'im- 
pératif «cAîArt^oM {Job, vi, 29), etc. etc. Ces arrêts ne proviennent 
pas de la nature du langage, mais ils sont des inventions de ceux 
qui ont placé les arccnis; les arrêts, au coniraire. qui proviennent 



h6 OPUSCULES D'IBN D-IAf^AH. 

JouLii *lï^ ts<xJi »*Xxj j^*kJI (^y^sL^JI ^^ Jliyl» (^jjl 'n 

Ajjj^ <x^.i Jls^ vh'J p •J'^ nV n>V:? pS"'"! ^ <^i oiaà^ J-xiJi j^asi- 

(-:\yni\i npSID p"'!*!'' p^2Jin J^' Jj« Jw^^i i^ Jli /o^' 2DC'n -i^w*."! 

jiaAJU) y5 ii J.aaaJ| ^JlÎI \Sjî> jj^s^ j, p^jin JLi-^si ^j^ l-ci iit 

' I). 53, iH; i\. 3o, l 'i. — - 1). 01, 17-19; ^. aç), ui-ia. 



(le la nature même du laaga{>e , tels que celui du yod de we]jireou 
[Is.Lix, 19), indiquent le premier radical quiescentqui suit cette 
lettre. — Y esôh , yisehou , tous deux des impératifs, ont la forme de 
schemôr, schimerou; le premier radical yôd est également conservé 
dans yerou [Ps. xxxiv. 10), qui, d'après Aboù Zakariyà, est à la 
place de yire'ou sur le modèle de schimerou, imerou, et dans yerâ- 
schàh [Dent, xxxiii, 23), oiî le ^e est ajouté à l'impératif, et qui, 
sans aucun doute, au pluriel aurait yireschou comme schimerou el 
imerou. Aboù Zakariyà place, dans ce sens, housak [Ps. xlv, 3) 
parmi les exemples de la forme légère comme Lév. 11, 1; Nomb. 
V, i5, et dit que ce mot a la forme de houschlak, houschkab. 
Puis il poursuit : «Dans celle racine il y a aussi la forme lourde 
h6sik,yôsîk, àontmôsékét (II Rois, iv, 5). ■'7 A la vérité, housak aurait 
dû être rangé parmi les exemples de la forme lourde dont il dé- 
rive; car. comme je l'ai (ail remarquer dans le paragraphe ijcYnd , 



KITAP. AK-MOUSTAUIIK. 

■^ (j^ jii l'Ai" y t;>ww ^w ^jw 

1 



J 

L,jL* aK^Iî I^wj ^ u ^i *L» Ljl*lj (JiJ\ Jl«i)l ^4: L»^ ^S^»- 
(Pl p2»iri M¥^ m' '-^^ *>*'*^ ^ ^i*yS*^" j^ {j^ ^-^^^^ -îSV^' »4>a6 (_^ 
j\ Lo_> Joco 45JI Jl*»i)t »«Xi£> ^^ *l^Jl Jj^i (j^ *i \àX» Iàaa^ 

' n. Al, » 6 : N. 99 , 2f>. 



ce modèlo n'apparlieni qu'à cotte forme. C'est donc encore une 
erreur qu'Aboû Zakariyà a commise. On pourrait, afin de nous 
prouver que housak vient d'une forme légère , nous citer les pa- 
roles suivantes d'Aboû Zakariyà , qui dit : « Les verbes au premier 
radical yôd changent au passif cette lettre en wâiv préce'dé du son 
ou; car chaque passif a loujours sa première lettre pourvue du 
son ou; exemple : hourad {Gen. xxxix, 1), tourad [Is. xiv, i5), 
mousft {Gen. xxxvui, 25), liammousâ'îm [Ez. xiv, 22), mouda'at 
{fs. xn, 5). 7) Comme cette règle est donnée d'une manière géné- 
rale pour les passifs de tous les verbes au premier radical yôd qui 
sont ainsi formés, qu'ils soient de la forme légère ou lourde, rien 
ne s'opposerait à ce que housak fût une forme légère. A cela nous 
répliquerons : le lié, dont les verbes cités par Aboû Zakariyà soni 
pourvus, prouve quils a[)|)artiennent au hiJ'U, qui est une forme 
lourde, et Aboù Zakariyà lui-même ne prétend pas, comme on 
voudrait le faire croire, que ce paradigme puisse se rapporter 
également à la forme léffj'n» ol à la forme lourde. Notre auteur 



48 OPCSCliLES 1) IBN i>JA\AH. 

^ l^J *lLi.il >iUi ^^ JoJjJ!_5 iCols». Jy^Ji'iM 8J0LC J J^^ LJ^\ 

ib"' cr« ^^?^-*lî f<^*^-j >«i ^ ^^ ï]cr ■':-i3 '-^i* nb^ □nî5D3 ih ih^ 
v-Àxisw -!!;■« (^^ AKfiU jlewo ^ U _j,d)_j i-îi"" □''D'' l»Xiû J.a^_5 oUiil 
(j^ ïlDV ^D-12 S:? n'"'^ lS -i'?^ -)U?N y^.j yj ^_yXx *Xi Joli Jlï yU 

]- pïiM \\ J..^il (jt b»-5i l.jj ^jb *>sJu9 rjc""» "i2"!2 '?!• Tib"' Jui t^ 



considère au contraire co paradigme comme parUculièrement 
affecté à la forme lourde, et ce qui le prouve, c'est qu'il assigne 
à homal/ la forme lourde du hiftl. \ous avons donné la preuve 
de l'emploi spécial de ce passif à celte forme lourde dans le para- 
graphe yâ^ad. Nous ajoutons ceci : Pour les passifs de la forme 
légère des verbes au premier radical yôd, on ne se sert pas du hë; 
ainsi youUad [Gen. xlvi, 27) , yoiilledou [ibid.L, 28) sont les passifs 
de la forme légère yâlad, comme yomsùrou {Ps. cxxxix, iG) est le 
passif de la forme légère yàsar; car il est impossible que youllad 
et rjoidledou soient passifs de la forme lourde hammeijallédét {Gen. 
xxxvm, 28), puisque celle-ci (qui fait accoucher) doit être dis- 
tinguée de la yôlcdet (qui enfante). L'acte de la meyaUédét ne va 
pas au delà de celle qui accouche, pour se porter à l'enfant; 
youUnd et youUedou se rapportent au contraire (comme passifs) à la 
yolédétK Qu'on compare, pour en être convaincu, rvattélêd^al birkai 
[Gen. XXX. 3) avec l'expression yoiilledou 'aJ birhé Yôsèf (ibid. l, 

' En d'autres termes, le passit du pièl se rapporterait à ta femme qui a été ac- 
coucliée, et non à l'enfanl qui a été mis an mondf. 



kll\r. \l.-\l()l SIAI.IIIK. .'l'J 

j.^\ L-V.A3 9_j^il IJsJt» .j-* J-ÀiS^ ^.^ *^À^ ^-^^ >j»iJij»An- i 
nx ipï'i r"'***' P'''^''^ y^y A.À.A-£ i J-xil! *U AÀ>» A^il J^ajiaJI cj^ 

'npS"'2 Cp'-»*' "i'^'^'"' Qp*^*"' ^>^'' ItX.-^ ^_À;jvA<aj» ^jjlxo» ;j>stj_»..l 

nx ppï^j^*âil_j bvjz Wljw *"''''^"»"i nbî3 pr:i"'T px "iOD pvj" "is'*? 

aK-aU jCw_j ^ U j-iw^l^ n^"!^ ^212 ^r nb^ J^A^ TTi^ C^TD^ _^.«Û^ 
"^IXw' ^X ~X A-3) t^ ■]^'7y "ÎJJV ''?- Vr ^_5 J^AJiiJi AAÀJ (j^ l«ij! 
' I). âi. 17: \. •>(). 10. f.a lor-on (In 11. PsI riiainniso. 



•?.H). Il re'sulle de notro raisoniieiriciit qu'Aboù Zakariyà a coininis 
une néglijience en plaçant hamnk parmi les exenqdes de la fonne 
légère. — Aboû Zakariyà a en onire, dans ce sens, passé une 
partie de la forme lourde, où le premier radical a été inséré 
dans le deuxième : waiii/nssikon (Il Snm. xv, 9 '1 ) ; ivoiinamknuin 
(Jos. VII , 9.3 ), daprès le paradigme de wai/ijambnil ( Lam. m , 1 è5 ). 
Enfin, Aboû Zakariyà a fait enirer dans ce sens le verset ifesoukini 
btsoukâtà (1 Rois, vu, 'î/j) . qui est sans doute d'un autre sens, bien 
que les deux sens se rapprochent ^ Voici les différentes formes 
qu'on trouve de ce dernier sens : yesâknm { ihid. vu. 'ili ): ijcmikhn 
hhonhàto, yàmuh et ivetiâsoul/ (Job, XM, lOj, de la iovme. pâ'oiil; 
1 inlinitif làsékét (Ex. xxxviii. 97) connne lârédét, et le passif du 
lùfU : mowiàh (\ fiois. vu, 93). comme mouschiâh, mouschkâh. 

Vâsar. Aboù Zakariyà a passé deux formes ; le passif de la forme 
légère i/oimârou ( P.i. cxxxi\ . 1 G j . comme youlledou(Gm. i>, 93) et 

' \'<>\C7. Kitrîh (il-ou.yiiil . roi. ■>f)'î, 'i-(i. 



f)!) OPUSCULES 1) 1I}.N-I)J A.NAIl. 

D^2n r"!'ï <5^-^i (:;^r*î' J^xiî (j-* ^\ y^'j "lïv s ^aj «xj»^ "ii "in 

i:; -pin nzîcn cn* JvoiiJî 
ai" (j*W-5' -^ J^AJu*«Iij "'~:j:'7 "fin *l:~:' "'::5/^a»I »^Os> ^ •^"^■' 
(j^ ':ï:-:i n^vc": ■'""' ■?"" yî i^^ij. ~^"' iuj <ic i:*:"' _5i V)^'' ajj ^^ 

JiX.AJ v^jUiycii *'^>3i ^ '^is-^j.^i ^jS cX-V_j c^^l i.XJÛ_j Jwtf,iJl I.XJÛ 

^j_. J'jJi/j**^ J^xi ^^XÀ^ Aj'i ~!rx'? nî" cv~ "j"n3 riz*?© "•iic"; aaà 



1p passif rie la forme lourde yousar (Is. i.iv, 17). romme tourad 
{ibid. \iv, iB). )ousar ost regarde' par d'au Ires comme dérivé 
d'un verbe au second radical l'aibie. relui dont est lire sourat 

(/iC. XLHI. 1 1 ). 

Yâkad. Aboû Z;ikarivà a oublié le passif de la forme lourde 
toukad [Lév. vi, 2 ). 

Vârat. Oublié complétemcul. \oyez yàrat {^on^b. xxii, 39). 
D'après lanalogie. le futur serait yirat, comme yîrascli ou yêrêt, 
comme ynrd. Le mol yirlènî {.}ob,\\i, i 1) doit être cité ici pour la 
racine et pour le sens. On dil que le yod devrait y avoir un arrèl 
[métég) pour indiquer le premier radical (omis); mais quon Ta 
suppiimé pour alléger le mot. On pourrait aussi supposer que le 
yôd, premier radical, aurait dû être inséré dans le rcsch âuyirtênî 
{)ar un dâgèsch, comme on l'a fait pour le yôd de yâsar dans le 
RÙdê de yisiserèhou [h. xliv, 19), mais que le rèsch n'a pas permis 
le dàgcsch. A mon avis, il faudrait appliquer la même interpré- 
laliou à woijhsrrèm iihid. vin. 1 1 ) et le prendre pour un futur de 



klT\li AI.- Mol M \l.lllk. ."il 

t nrr-'l m^'* xj^ '<i*a'j| m_^j_j J-^-*j ^^^ Jjù '^^ "'j~c""i li J--»-» 
'oè^ 4J3 ':'^n2' ':'-2m i^ m!.*:- -zn '■;; ■': j ^^-Ji (j\<^ nrE;J! ^,\^ 

n-!N"i jUjsS^ p")"- nnnK >!* Uv.1 j_j^ tj\ j^^^ crn ioj ^^ p^' 
*jj> (A' ^1p^p"l"' Jtf oLA-)c>ajiJi AAj J>,«.x;uMi Jo^ w "1^"'' pi"" zip^ 



i/àsar. dans lequel le premier radical aurait e'té inséré dans le 
deuxième, comme dans ymeréhou. Un en lait ordinairement un 
parlait d'une forme lourde, où le sérè remplace \e pata/i, connue 
ailleurs le pâtah lient lieu du sèrè; exemples : ôbad {Dent, wxii , 
'.i8), ifabdilani (Is. i.vi, 3), etc.^ lirfèm est suivi d'un complé- 
ment direct, landis que ijàrat {\oinb. xxii , 82) n'en a pas, de 
même que nàuili est sans réfrime (./ér. xiv, 8) et se trouve avec 
régime (Ex. xxxiii. 7). 

) àroh. Aboû Zakarivà ne mentionne qu'un sens, tveyàrehiili 
Deut. XXV, 9), et en passe un autre, savoir le nom Joyêràkàn 
{ Jér. XXX, 6), comme schibbâron, zikkàrôn ; l'adjectif yrt>7f/.- (I Rois. 
XXI, ■:î), comme hâhàm. Ce dernier peut être aussi un nom. 
comme dans Prm. xv, 17. Yàroh [Job, xxxix, 8) est un nom de 
la forme svhâJàin, ou bien un qualificatif de la forme de kàràb. 
ràliùk; la chose qualifiée serait alors retranchée, et ce serait 
comme s il avait dit : tnnkôm jfflràk. On rencontre de cette racine 

' Voir ]f Kiti'ih al-fiuxoiil . cr>\. aS-. oy-;}] ; Sa'iifli;i : is\j ^L. 



52 Ol'l SCI LKS 1)1B.\-1»JA.\ AH. 

L.<^jl K-clj ^g J-^\ ^^t (j-« ;jjv-S! ^J J-^^ J^-ovi p"l"l "iDCTi nV "'pi 

pi*"" <_j|j s^ -y"» c_>L i \.Àiy> (j^ -j^xj U !_pii> <j\^ ^t-* *XÀ£ 

Jû nZ' j-^^^^ Nï' r~' A-jj ^ j..xiJi t'|i [■ ij5»x=îr] nc" JjJLx*»fciU 

oisyi J.>i .j-« v^P '^'"^ u' -^^ "^ ~'>^" '- """' *^'"' '^^""' '^"'^ P^' ^> 
-|3")p; "mw"'": ^yi_j "2^3 '"^ ■'"" 'N'^* ^jj tA^ ni2y:"; Tw i^^^^^ 

' l). 5'i, 10. (Ihez N. ilo, Jja, les deux derniers mois sont remplacés p.ir \<: 
c> (■?"'■ *■" M"' ""^"^ l'observation de notie auteur superflue. Le changement est 
probalilemenl du traducteur. — '^ D. 05, 5-(); N. 3i , 16. — ^ Vers, hébr.: r;r3. 

aussi la lormo redoublée yerakrakkôt [Lév. xiv, 07), comme àdam- 
dammot {{b.).— khon Zakariyà ajoute dans ce paragraphe : ff Mais 
ijàrôk[Lev. .\v, 'è),wûrôh [h. l, 6), roukkî{Job, vu, 19), rôk [ihid. 
xvx, 10) viennent d'une autre racine;-^ mais il n'explique pas de 
quelle racine. Le dâgcsch dans le l/6f {(\e roukkî) prouve que c'est 
d'une racine gémine'e. 

lâschab. .\boii Zakariyà a cih; dans ce paragraphe ivcliou- 
schabU'in [Is. v, 8) parmi les exemples de la forme le'gère, bien 
que ce mot appartienne à la forme lourde. Cela est prouvé d'une 
manière évidente pour quiconque se rap[)elle mes observations 
dans les paragraphes yiVad et yùsak. 

Yàschah. Racine omise. Les transformations quelle subit d'après 
l'analogie sont yàschalt . au parfait, comm*! yàda" ; yêschah . au 
futur, comme yèda". yêsê^ avec omi.ssion du [)remier radical: à 
l'impératif, sc/mÂ, comme sa/.- (II Bois, iv, 61), râsch(Deut. 11. 
•2U). qui a un kàmés à cause de la pause, et rrcda^ (Job, xi. G); 
au féminin, schein (Is. u.-lii). sur le modèle de se'î. de^î. redî , 



kITAl'. \I.-MUUST.\1,II1K. 53 

'ne v-''*«>-*J w^J«x5» ^JJ ^k>lJ-« vA* kilÀ^ /A.<\-« viL^i «JûUb jXa-** 
^_^jU:i:iwl _j-jû lJsJ^ jJ^aAa j,_^ ç^i=»~ U! ^_^yjkiijc:<l_5 ^^lolia^- f-Ti;i*:i 
w"; JJl« nnc" .j^ ^j_^ yi Tiu; i jUic" t>r^^ iriU,*-'! ij -nw* i 

If <îw) »^ (j»^-ilj ne '_j-l^ Jyj n:D"' n:î:n ^oj ^ nnz'^ nnrn 
oj*>^l IûjLWI t^ »_jjljI jjy.w»iiJi Jl »j-*Ui>i Uo 2:î 'l'N z:î ;d^i 
aSJ;^ Jjusf.j *UJi -<jjb ino""" XX3 A=>-y'!j 'n'i*""! S^^JU» oUaJLl j-<^ 
■•nDri i *l-*Jl yl Jlî ,_j- ^_i)*K-« ^ v,':»"i '-'N y:r'?r: c:PN£:m 
■•nirr *L» Jj-^-i J-o ^J^ -sot sJJi^ -^l^Ji y£>^ j<xjô\ r»^ ,j-* ^ù^a^ 



\ l'i's. li(.'br. : 7c>: n: ^;'^l. 



fichebi; lo nom çsl VL'ciji'svIiehûkà [Micha , vi, i /j ) . coiiinie ivei/i'schc- 
"àkd [Ps. Lxxxv, 8). Le sons du verset est : Ta misère, tou abais- 
sement est dans ton être, c'est-à-dire se monire sur loi, se dis- 
tingue en loi. s'enijiare de toi sans le lâcher; de même, 1»' 
verset d'isaie veut dire : Eh bien, abaisse-toi et humilie-toi de- 
vant nous, pour que nous passions sur loi. C'est là Topinion qui- 
j'adopte sur ces deux mots. Un autre grammairien ^ préfère dériver 
schelù de schàhàh, comme re'i de raàh. 'asi de '^àsùli. cl prendre 
ivryé.sclieljàkn pour un futur du /*//'//. Il poursuit : rOn dit yéscliali , 
en retranchant le lie, comme ijt'jcii {.lucres, xv, 6), et en y ajoulant 
i<! suffixe on a conservé la forme apocopée, comme axant l'addi- 
tion , el Ton a prononcé Wf J/cW«p//«/i:rt , au lieu de iveijascliehàkd avec 
un paUtli pour le ijod.-^ Puis il coiiq)are iéiitlii [Jcr. xviii, 23), en 
suivant Topinion que le i/od à la lin de ce mot remplace le hé. 
troisième i-adical, et comme c'était U'iikiIi avant qu'oii y eût place 

' Nous ne savons (|iiel f>st lo fjriimni.iii-ion lionl Uni Djiiiiàli cilo iri lt'\tiiftlie- 
moiil les pHiolos. I*arini los |i(ist<i icnrs. I'. .Iii-r|(li kiunlii ;i(|op(e icllr opinion. 



h'i Ol'USCl LES DIBN-DJA.NAH. 

''ncn ^^ Jj»-^3 '^■^•^ J^ ^^ u^ ^ i^ Wl^•=^^ ^^-p J-s* ~wn 
5 n^rn nriC" iintrn ^^i-s! J^-v-*-^' J>-«-» cj-« ij'-^^^^ ""^n nî^n 'i'N^ 
kiUi i ^*-^j T~' ^"''^ "^'^* "-"'' ~-'~ ^~'?^' -"^ri n^*^'' nnin i_j,ilr 

'?;C i^^— *^ ;;5vJ«;_5j._i^ ^jvJLsû ik-*s>là».j LiSjtj I^ajixj uyi^iL jlkA^L 

cjl^-kâJl ^^ ùs-uLi j^ ^^ jU JyJl i juû ^î Jy^i Lt^ '!'*-;: nnD_5 

' I). ia5, .'i: N.88, 'i. 



le (/ô^/, on a cuiisoivi" la im-iiif luiiiie a|)ro> quo le ^ô<:/ a été 
ajouté; témin el frâ/fl/< (Ae'A. \iii. i /i ) soul donc tous les deux de 
la l'orme lourde, coiiuiie téréb (Ps. lxxi, 21) et téref [Josué, \, 6 ). 
Il allèjfue eu dernier lien les |ierninlalions ([ui ont lieu entre les 
\oyelles et j)articulièreinenl enlre le ségôl el \e patalj. Selon moi, 
cette opinion ne s"e'loigne pas de la ve'rité quant à Tanalogie, 
mais elle ne s'accorde [)as avec le sens; car il convient que 
weyéscheltùhà ne soil pas un verbe, mais un nom; et cela doit être 
L'vident pour quiconque se rappelle le verset. Je soutiens donc 
jue schehi et weyéscliehàkâ sont de la racine yùschah. Aboû Zakariyà 
.egarde /cW« comme une forme légère, puisqu'il lui compare téscht 
{Deuf. wxii. 18). Eu effet, il dit dans le paragraphe nàschàh : 
"Dans tésch! le nouii est omis et remplacé par une quiescente 
douce, comme dans témhi.v Cette comparaison avec iésvhî prouve 
qu Aboù Zakaii\à prend liui el l'iiulre poui' des formes légères'. 

' \o\. Itiknuili. .ît'. , i-j-if): n>'\. 2-'i: •2i>t. .'•('> et 5iiiv 



KlTAIi AL-MOlSTAIJllK. 55 

•j-'C'V *J''w'n □'7nj aX_a_j U U^-^.Aà.^ A-iLxJ l_5l_5 *U3l <)<AJ w--Aju 

"!"iv"i -"•ir imn is— y, ^ -^izn 'cz'V, '\'7'cn T:^ 'j'îrr -cw': ~:'^ 

2"'!: rinri:3 

^ cjj-5i *xi yljn-* J^ *'^i >_-0»^ □'7*:; dj*;1.* 'ijZ"'' yz'T^ nD*? 

i<Sj^\ Mi'^^', vj-r-, Jj<^ i Jyij i)^ p";nJL Ui_j ^-!:;J'^ Ul <\^,j;^ 

D'?">' rio'i' 'yz"''\ <i La-£ûUî> *i_5.j»j *UJl \x£^ L^l '7"i-;: ycpj •*'UJ' 

' D. .").") , 1 ^i : .\. .'! I . •' 1 . Dans los deux versions, les deux derniers mots onl 
disparu, et l'exemple i:i kzv est placé après ceini do 'n:r': c'est une rectification 
où Ton a tenu compte des observations de notre auteur. L'original arabe de 
Hawoudj est d'accord avec notre texte. 



iàscliai. AI)où Zakai'ivà ne irientionue pas cette racine. Nous 
11 en possédons du reste que la l'orme lourde, forme dans laquelle 
le ijôd se change en un wmr dou\ précède' d'un holém : ijôschit 
(Es. IV. Il) et wayyâschéf (Ibid. v, 2), comme wayijôréd [Ps. 

LX.WIU. 1 6). 

\ (îschén. Aboii Zakariyà donne comme exemple du |)arfail 
ijàschanti {Job. 111, i3); puis il dit : " \\ ayyîschân (Gen. \li, 5), 
tisclian [Ps. XLiv, 2^), el wcyàschenou {Jév. li, Sg), dont le yod 
est pourvu d'un arrêt.? D'après ce que nous avons exposé dans le 
paragraphe yàsak, on sait que l'auleur entend par ces mots : f? dont 
le yàd csl pourvu d'un arrêt,- ([ue le yôd est le préfixe du futur 
suivi d'une quiescente flouce qui est le [)remier radical; ce yàd 
est alors pourxii diin .srVc'ou dnn Inré};; car il ne dirait pas d'une 
lr>riii(' (■(Himic /iv';/^/sr'o» 011 irpiinde'oii . où le //ô,7 ;i iiii /,y//»cs . que 



56 UPLSCLLES 1) 1B.\-DJ A.N AH. 

4^ ■?".■; X'Op y^^ p'-J ^LkJ\ jy^Si^ ^ Aj'Ui ^ Jysi^ Oti^ <xjî 

^'_j ycp ri\-^*2 p^'? A-A-^ r^"izdi_j y!:p V^n 2-^3 vc"!: ^L- «Xa^îL 

priPD 2 i'w*: *—*-■» J^^ .i>i P'^ICDit i j^i_. dUi_5 DPî "2 "ÎTIJ 

' 0. ').) , >.'.]. \. iJi, ."52. — - \ ers. liéhr. : •?;•.:" bjT;;, ce qui s'accorde avec les 
fleiix traductions D. et N. Afais voici lo texte arabe de Havyoudj : -':p r 'j '; 'r p 
jL*iJl «vj^ rPD 'j '; ' ^JjJû^ 4jjy. Le texte a donc été cnrrifjé. 



cette lettre a un ;iiivt. Jl re.sulle donc de ce qu il dit (jue le yod 
{Jér. Li, 3(j) a un arrêt, quAboù Zakariyâ y a lu ivctjisclieitou avec 
hirék. Mais c'est iveifàschcnou avec kâmés , comme wezâkei'ou ( Ez. vi , 9 ) . 
\ofre opinion, d'apW's laquelle l'auteur aurait pourvu le yod d'un 
hirék comme préfixe du futur, est confirme'e j)ar la place qu'il a 
donnée à cet exemple à la suite des autres l'utur.'^ (Gen. \li, 5 et 
Ps. xliv, 2/1), qu'il mentionne après le parfait. 

) àsrha'^. Ahoû Zakariyâ dit dans ce paragraphe que Ps. .\x\iii, 
1 6, on lit nôschn\ avec patalj , parce que c'est le parfait du nifal, 
tandis que. Is. \lv. 1 -y, il y a nôschà'^ avec kàiiuh, parce que c'est 
un jiarlicipe du nifal. Mais c'est le contraire : le passage des 
Psaumes a un kàmés et le Masôràli annote : «■ seul exemple avec 
k(iiné^;-r et celui d'haïe a un patah et le Masorâli leniarque encore 
clairement : -Il v a deux exemples de ce mot a\pr patah , Deuf. 
wMii, '2(). et [.s. \i.\ . i-j." Du resle, nou> avou'- Irouvé ces deux 
1110I5 rcnlv i\r r^'[\p himn ii;uis tou."^ les cxf^nifiifiiif.'^ cori'ccis df la 



Kl TA 15 A L- MULETA LU Ik. 57 

l^iû fj^ U.;,^ mcci! i LiJO^ LU^^^i yt»^ n-TN*. nt'ZN r^ico 

^ «-LaJI :>\jj .Xi_5 '*L, L^Uli ^^Ji JUiili ^ J-ST p^iA^ <Vo ({^ 
Pi*" PT^ P3w JU»^ iùaJjUJi *UJ' U-* U»^ Jlxiill SJsJÛjilAa-* 

liû^ih C »i A^ji^^jU**^^^!^ aaXc ^.^j^ ^io\yi kiLi Jo (jUaJùJl 

' D. ;iq, 9/j; N. ai, 8. 



Bible, et la leçon est ainsi fixée dans le J/rtsôn/7< Oldàh iveokUlhK 
qui, selon moi, est le plus exact que nous possédions. Peut- 
être cette erreur dans le livre d'Aboû Zakariyà xienl-ellc du 
(•oj)is(e. 

Aboû Zakariyà, dans la première section du Traité des lettres 
douces, à la fin du cbapitre dans lequel il parle d'une manière 
générale des verbes qifi ont yôd pour premier radical, dit ce qui 
suit : "Dans les infinitifs de ces verbes, on ajoule quelquefois un 
tàw en remplacement du yod tombé; ainsi : schébét, redét, dtt'at.r< 
Il |)ense donc que les tâw remplacent les yôd qui soni premiers 
radicaux de yàrad, tjàda", yâschab. Pour moi, ces tâiv ne tienncnl 
la place de rien qui manque, mais ils ont été sinq)lement acceptés 
<'l apurées ainsi, de même qu'ils ont été ajoutés aux mots tohélél 
( Proi\ XIII . I â ) . molédét { Lev. xviii , 9 ) , etc. où rien n'a été relran- 
t'hé; et si Ton objectait que, dans ces deux noms et autres seni- 
lilablf's. le premier radiral étant uin- lettre douce. If uhr pourr;iil 

' \<)V. I>ns Jiurh (h-liln ]\r'':cliliih . [iHV l<'ivii';rlniir ( i S6 'l ), n. -«'l. 



58 OPUSCULES D IB.N-DJ AN AH. 

n^n^Cj nSu nD yls Lajî^ *l*Ji L<y^3 i^^ij »Xi_5 c:*lé[yj^V-« cji^Lli 

J»vJLajI a.a.àaJ ^^Xas-* f^<>j^ ^ n""^s PN* n"?!"! ia^l i*x^ ,^j^» 

r^'ji^ 7^2'c m i W^'^l?j (ji t^ J^^îi l*X43 r»':'pn n'? 'jpnm ■j-'-dv'? 

jJJ*>>5_j S^uV '?";zNn JsiL» '?",r'* <^ *K=^li v* -^UJi^ (5»>«-»-£ '-^y^^ 
w2\'i u'i^" JJLo 'vris' j^ *Xiwii *jçj ^LxJl jl l:'!2iT Tw*:' i J^l 

' D. 66. « : i\. a5 , a5. Ce dernier porte bncr cr, correttiou du Iradiicleur. 



bien y remplacer cette lettre qui ii est pas apparente; nous cile- 
rions yekôlét [Nomb. xiv, i6) et yebôscliét [Gen. viii, -j) <jui .sont 
deux infinitifs, dont aucune lettre n'est adoucie ni omise, puisque 
le premier radical y est apparent et vocalise, et oii cependant on 
a ajouté lo tàiv. Comparez encore mnljâschébét et mdàréhét, lornu'. 
comme màlédét et tif'érct, formé comme tôhélét, où partout le tàiv 
a été ajouté. Dans cette voie, houUédét (^Gen. xl, 20) est, selon moi. 
rinfinitif du passif de la forme lourde: c'était avant l'addition du 
tàiv, houllrd, comme houggéd (Jos. ix, 2^ j et liolitèl [Ez. xvi, /i). 11 
en résulte (|ue le tàw dans rédét, schébét et da^at, etc. n'est pas 
destiné à suppléer quoi que ce soit. — Aboù Zakarivà prend yekôlét 
pour un nctm. mais je crois quil est plus juste de le considérer 
comme un inlinilif; le tùiv s'est ajouté -dyàkôL qu on trouve .\omb. 
xxii, 38, de même que yebôschét (Gen. vin. S) ses! formé, par 
laddition du t(hv. de yàbàscli {/arli. \i. 1 - 1. Il en est ainsi des 
mois pp.'irhnliih . 'nnili et liâgàràh (la. \\\ii. 11); <"|-. rniiiiiH' nu le 



KITAB AL-.MULlSTAIJIlk. 59 

'^•=> ^-^^ li^ ^^ '^J-^ U3^3 J-wiJ! ,ic 5*^^ 

■ HDni'c "lin -j''3N* PN* :w "in ^t>j«JI ,j1<I -.^vàJL cycr.^ pn :,*-in n 
"'•w'n "|PN n*j:\-i Jwtf.iJÎ ^ i^UL* AÀx.^i)l *;> Lfjj ^ci- pn* wX^'im 

V— «i)l ^j^ Uil'ii Lj..Ai> *5Jv ^j (jNj^^AÏlJl ^jjOsJÛjS jvî "jm ''jdV 
il r^N-:^ >-«i t*Xtf> r'-:*" PlDp: "^N IjJlï ^^^^l laÀAj *iàxl ^^jL-o 

zz'n v^N*n l:c1w Xw:n s-vx^ Jyu »I^j i)î <^j4i i (^^ -î^^*^ ^ 

' Jusqu'il la lin du païajjraphe uianque dans la version hébraïque. 
• N. 32 , 1 }<; I). i ) , I I est incomplet. ^ Lis. pir, comme vers, liébr. 



.sait, le li(' (;l le tow sont traités de la mèine iaooii. Cependant il 
ne serait pas impossible que le tâw de ces inlinitils cités par Aboù 
Zakariyà lût mis à la place de leur premier radical retranché, 
comme il l'a prétendu; alors le maintien du premier radical dans 
ffekôlét et yebôschét serait une exception. Peut-être aussi ces deux 
mots o.nt-ils conservé la formation primitive; tandis que l'omission 
du premier radical , bien qu'irrégulière , a été consacrée par l'usage. 
Aboù Zakariyà dit encore dans la première section : r L'impé- 
ratif" de hôd^a, hSschra. etc.. est liôscha^ [Jér. xxxi, 7), hôda^ (Ez. 
X VI , 2 ) , avec pàtah par linfluence du '^ayin , hosclièh ( Gen. xlvu , ). 
Iiàrêd [Ex. XXXIII, ô), hôsé' (ibid. m, lo); quelquefois le yôd de 
de la racine reste, comme dans hayesê' [Gen. vin, 17), hayeschar 
[Ps. V. ()).T) A ces deux formes de rimjx'iatil. Aboù Zakariyà 
aurait dû en ajouter une troisième, cpii ressendjie au parlait. 
Ainsi, Iwfi'a (Ps. xciv, 1) est évidenuncnl un impératif, <ar b' 
•^eus M adini'l pas de pailail. piiis(pif' ce iiinl csi suivi d nim' si'i'ic 



60 OPUSCULES 1) IB.\-DJA.\A11. 

'•m nzr "■? J5— »-j âi^j ill ua-^ j.^\ Uàji S*xj£) nn (ps*') ps:'? 
1-«2_>I j_i£.^ SA^^I U-d>U ^^Ao^ <^^x^ :i) riy? |''3'' ]'Q:h rrzm', ciy* 
t^^Ji ij^ià ii^l ^5*x^ j.^ Uj cmnx Vi^z'-r, ^^^^Ui lixl ^^ 

"'?' c-jI» (j^ " j€w.JiJi l*X-d> <jl ajL, (^^ >KaK» yii_5 w«^ Xtf\-*où JsjLc 

' I). .'17. .'1: N. 26, 9. — - Vors. lic'br. .ijoiile ^r^bcr. — ■ D. i3, 28-1 'i, (>; 
N. i-!. (i-i3. 



(laiiires impératifs; cependaiil il pirseiile la lonno du parfait 
(et. Deut. xxxiii. -2). De même, hùkiah [Prov. xix, aô) est un 
simple impératif, comme le |>rouve le contexte qui ne permet- 
trait pas ici de parfait; cependant, c'est encore la forme de ce 
temps (cf. Gen. xxi,- 96). Rien ne me parait interdire l'emploi 
constant de cette troisième espèce d'imj)ératifs dans tous ces verbes. 
Je ne soutiens pas non plus rjue cette forme ait échappé à Aboù 
Zakariyà, puisqu il la remarque dans le parajjraplie yàlad, où il 
dit que l'impératif du liifll est Iwicd ou liôlld. J'ai fait surtout 
celte observation, parce que dans son livre, la division des formes 
de ri mpéralif n'est pas complète, et que peu de personnes rap- 
pellent cette espèce par le ])aragraphe yâlcul. 

Lauteur remarque aussi au connnencemeni de la itieiinerc 
section, (pic \ (iléf (\{ii siiil le nthv dans lièliàlci.'.nC {Jos. \, 2/1) el 
(ihnii [Is. \\\iii, \ •> ] ('laii rfMiondanl. landis ipio le ivàir (pu le 



i 



KIT m; \I.-\I0I M\I.IIIK. G1 

JLxJii; i j^^ If L^^I^U Jws»! ^ Uijl J^>)l ^Ui! SsXiû ^ ^jj 

' Vers, lu'br. jijj. 



précède marquait le plurit'i, ot (ju'il serait impossible que WUéf 
remplaçât ici le wâw du pluriel et que le wâw fut redondant. 11 
argumente ainsi : Le tvâw se trouverait placé entre le troisiènif 
radical et le signe du pluriel, si ïâléf remplaçait le wâw, et, 
telle est l'opinion d'Aboù Zakariyà, jamais aucune lettre ne 
doit séparer la racine de la marque du pluriel dans aucun verbe, 
qu'il soit au parfait ou au futur. Nous trouvons cependant le mot 
tâmenou [Lament. m, •29.), où le troisième radical est séparé du 
signe du pluriel, puisque la forme exacte serait tammoû, comme 
on le reconnaît par le mot kâlou, qui suit dans le même verset ^ 
D'après ce que nous avons déjà remarqué, Aboù Zakariyà 
aurait dû placer dans cette première section les verbes au premier 
radical yod qui ont à la fois une lettre douce pour troisième 
radical, comme il l'a fait pour les verbes au premier radical àléf 
qui ont hê pour troisième radical et aussi pour la racine yâlal. 

' Iltn Djanâii no comlwl qiif rarpiinienlaliori, rie même qu'il promc ailleurs 
que la rompaiaisori des formes arabes, telles que \ a^^xf, 1^-,-q-> {^^- i'i.6: N- 
\'2 . 1 3 ) est fausse. ( \ ov. à la fin fie re volume un passage inédit du Rikinah. ) 



&2 OPIÎSCIILKS l) IRN-DJAN \H. 



jv' o^r^>- U^l-*-*;* ,s^^ Jlxiiit 



^^ can PD-'i* j-:r 1^ c^!:wS' rSy c^ n':\y j-:r ^^ u^z^n -^v:; 

n'OD ii-j) (^ |<vwl n:;: *-5^ <>oi a-^j J^aj t:^^^ n"~*j nz!:* ^^^r 
^i iU Uwi nzD ^^ ^ ii J^ji cs*^-** □"''7i:_j l:'':*ù; J^ a)v-î-_j 



DES VERBES (MI OXT TNE LF.TTliE DOLT.E POI U DKI \IKME IIADICAL. 

On. Racine oubliée. Elle existe cependant. Lament. m. 39; 
Nomb. XI , 1 . Te'ounhn (Ez. xxiv. 1 *? ) esl jiour te'oumit, sur le mo- 
dèle de tebounâli; seulement le pluriel a reçu la forme du mas- 
culin, comme sclunuih, pluriel schcintm; millnh, j)luriel millîm ; 
pinnoh [Jér. wxi, 38), pluriel pinmm{Zacli. xiv, 9); m«A, pluriel 
èmim [Job, xx, 2 5); "ârèmat {Cant. vu, 3), pluriel 'àrémlm {.1er. 
I. , 26). Je prends de même hammaidîm (II Rois, iv, lô) pour 
le pluriel de makkàli [Is. i, 6). On a voulu en faire un pluriel de 
makkéh, comme malU'Ii^. Mais je préfère traiter ce mot comme 
sclwntm el milliin, puisque makkéh. comme nom, ne se rencontre 
jamais, tandis qu'on trouve un grand nombre de féminins singu- 
liers qui forment leurs pluriels comme des masculins. J'ai dit 
que te'onnîm esl pour teounôt. et (|u'il fait supposer un singulier 
te'ounnh. comme tehounàh. parce que, parmi les noms dérivés des 

' Jacob ben El'azar et R. Josophlyamhi ont adopterelle opinion ( voy. D. kamlii . 
Lexique, rac. r;:). rontro fhn Djanàh. (\ov. aussi Hikin. •.>.'.'io. ()-io. f.oinp. 
fi-dessus, :").'), 'i.) 



KiT\i! \i,-\i()i >r,\iJiiK. g:j 

(jv-xJl 'ji\ji*i\ *i>fw^l (J.4 Uw! sX.:»! ^ (ji) n:i2P ajj ^^ .■i:iNn 



racines an deuxième radical laible, il n'en existe pas d'après le 
modèle de teoiini mais ceux qui commencent par un tàw finissent 
nécessairement par un hê. On a prétendu que le tàiv de te'ounîm 
lait partie de la racine; il n'en est rien, puisque, dans la Bible, il 
n'y a nulle pari de mot de ce genre, et c'est un tort de vouloir 
prendre une racine qui n'existe pas à la place d'une racine qui 
existe. Qui plus est, l'exégèse vient à l'appui de l'opinion qui 
donne à te'ounîm le sens contenu dans mifônenîm. Ce dernier (Aom/>. 
XI, 1) veut dire: se plaignant, car le peuple se plaignait, était 
mécontent de son état. De même, le verset Lament. m, 89 a lo 
sens : Pourquoi se plainl-il de son élat, l'homme qui persiste dans 
ses péchés, qui persévère dans son impiété? Les Israélites avaient 
accusé comme injuste l'arrêt, cause des malheurs qui les frap- 
paient; le prophète leur adresse alors ces paroles : Pour(jNoi vous 
plaignez-vous et accusez-vous d'injustice cet arrêt, puiscpie vous 
vous obstinez dans vos péchés? etc. etc. Màh, dans ce passage, a 
jp sens de làmnh . rommf^ h' contexl»' I indiquf: il en csl ainsi de 



6/1 OI*(!S(;ilLi:s DIBN-D.IANAH. 

%.Ao] c:a^*«HS-Î □''jINT i ^l-A-î' y^ ^ *>«-** "IN''?^ niyn S^ ^ Ui-MMJ^ 

rhmT\' Jis xs-j mpp -snp yù'i mx mD3 piosJl J^i i *i^ f^ 

-|:uv nncnD yu» ^^î iyiJI 
jUil^j S^ri rp"i2 nwn l4*Ksi>! (j^^y J.As?iii î*x^ i j5i tin 
nx -iN^i_j.d>_j J_ji)i *y>î 5^-é L'iîb Uy J«à*î_j DjH ti^îd nwn x'?" 
"iiyy niranx'nix na'ù'DJi i J^i t*x^ (j^^ ^:-i:^'3 -ix n'?^'?! nS'^-i 

' D. 70, 96: N. /13, ly. — - Voy. leliouda ilin Koreisch, 26, où so trouve 
égaiement ^J'J^t5 sans lâméd : toutes nos éditions portent rJTîfîb. 



màli [Joh, 111, ta) ({ui est pour làmâh, comme le prouvent les 
mots: maddou%, etc. qui précèdent. Enfin te'ounîmhéle'ot signifie ; 
ffElle est fatiguée d injustice et d'impiété';^ voyez dans le même 
sens Jév. ix, h. 11 est donc évident que le tâw de te'oimîm n'est 
pas radical. A la même racine et au même sens appartient onîm 
[Prov. XI, 7), qui veut dire, ffles injustes, les impies; a c'est un 
qualificatif sur le modèle de tàbîm. Le commencement du ver- 
set : ffSi un homme méchant meurt, etc. ,^ prouve assez que le 
mol àiiim de la seconde moitié signifie les injustes, les impies, et 
non pas les forts, comme on l'a prétendu. Le nom estawen [Job, 
XI, li); avec suffixe, le wâw s'adoucit et l'on a ônél: (Jér. iv, lA). 
Or. Aboû Zakariyà cite dans cette racine deux sens : Ps. xcvii, 
/i et Mal. I, 10. Il en a passé im troisième, qui est l'opposé du 
premier : Ex. xiv, 90 et Ps. cxxxix. 1 1 . De là dans la Mischn'ih : 
Or arhn'^fih nsàr {Posninm . inil. ) 



Kl l'Ai; \I.-Mnl MAI.IIIK. Of. 

cyj«^jLx_ci ci*-jjJ^ *'o J^ li5;--i t^ À^S^Lu, \"^N"p'? nNzn 3, 4^! 
^UAx*«i TiVam i ti^iij Ui^ i^!i*>>^ i)lAA;u<l nrixi^r d J^^l \-^Jl 
nrN'ZP «^^>-!S»li> u^^-* (j^U-*^^^ *'j»A^t='^^* ^ U'-V"* '^'^ ''^j_^'« 
npN'on <i UJI (jî »i*J:> jAAs^^ UftjSi -<xjui! L^^l ,_| -^^U^ 

• D. 7:>, S; N. /|;!, :>fi-^io. — - \ "Tsion iK-ipraKiiir" : i:- rî;':rrb, roinnif s"il v 
nvait <_;jl/.j ^c ! 



^0'. Voici ce qiip dil Aboû Zaknrivà dans 00 paragraplio : "En 
voyant lo dernier tàiv de tàbà'tàh [Ikut. xxxiii, iG), avec hàmh, 
comme chaque tmv qui marque le masculin, on voyant ensuite 
ie dernier tàw de waltàbdt (F Sam. xxv, HM sans voyelle à la 
façon de tout tàiv qui indique le féminin, j'ai [)ensé ([ue le pre- 
mier tàw de tâbô'lnh e'tail le signe du futur masculin , et que celui 
tlewattàbôt était le signe du futur féminin. •» Mon avis est que tous 
deux sont des futurs au féminin, et que ce genre, dans tàlmUih, 
sert à comprendre ensemble les choses qui viennent d'être men- 
tionnées. Je m explique : le /u* de tàbo'tâh a été ajouté à Uîbo't, 
comme on a l'habitude d'accumuler les signes du féminin dans 
fjeschou^àtâh {Jon. 11. to), le nijleatàh (II Sam. i, 96), héhbe'âtâh 
(Jos. VI, 17), etc.; on a donné une voyelle au tàiv à la (in de tà- 
bo'tâh pour éviter la rencontre de deux lettres sans motion. Le hé 
de ce mot peut aussi être une addition à tâb6'âh{\o\ez Is. \ , 1 ())', 
la rencontre de deux In' privés de voyelle a dii produite le change- 



G(3 Ol'LSCULKS 1» 1 H.\-I)J.\.\AII. 

A^ ,>ia^Jl Jî^J ^J^iî 

J^--«lî c:r:i3t: ""'Hî! ro*2: ji^v" T-ym en cdis: ■^psmyiri^: 
^jj_j_j c^:*:: rn en e^: "î^: ^ji;_5_5 □"'Î3D r c'jb*? 1:13: "iDin: jji)^.* 
j^l t-jl-A-ïTi iJv.iî> a*>J^ ^ Sily, JJi ^j_j.5ÇJ ^,ÎJ L^x3 J"^^ Ail ^^ 

' D. I 1 O, o.>; Ai. -o, (). 



mont (lu promier en un tàw quOn a pourvu d un homes, comme 
il doit en èlre pour toule lettre suivie d'un hê doux; \àh'^f a e'te' 
ensuite adouci pour faciliter la prononciation '. 

Bouh. Dans la troisième section de son Traité des lettres douces , 
à 1 article hâkàh, Aboii Zakariyâ dit : cf Quant à nàbohou [Joël, 1. 
18), neboukîm (Ex. xiv, 3), nâbokâh [Esth. m, i5), mehoukâtâm 
{Mie. vu. /i), ils appartiennent à une autre racine et à un autre 
sens.^ Mais il ne s'explique pas sur la racine de ces exemples 
et ne les mentionne p;is à lendioit qui leur convient. Ces mots 
ont le deuxième radical faible, et le nonn est le signe du ni- 
fal. Ainsi nâhôkon est comme nâkonou [Prov. xix, 29); neboukîm, 
comme nekônim [Ex. xix. i5); nâbokâh , comme nâkonâh (I Bois. 
II, 66). En critiquant Aboû Zakariyâ pour ces mots et autres sem- 
blables, je ne prétends pas l'attaquer comme je le fais pour les 
oublis, et en les mentionnant, je ne veux pas dire que l'auteur 
ait commis une erreur. Mon intention est d'auf^menler l'utilité' de 

' r.os floiix opinions son! ri'Siimôos Bikm. 'i!>, i. (n'i il f;iiif liiP pfjn» sans Iip. 



klT\M AI.-MOlISTVI.IIIK. 07 

DISn J^ <^i OiAi=i J^AJ>- i C31D ~I3D2 lJ^\ I JsJÛ j J-i^i! 02 

(^ JJI i^vv,ASI 0;-=^ {J^ Wj3 lîU^v^i J^a3 i:p-Ti N'S i:3D^ ->o, ^ 

' I). 7;'., 1(1 : N. 'i.'{, -Mi. Dans les deux versions, l"ci rciir ri ('li' n'parce par ii>s 
tradncfpiiis. 



mon ouvra|[o. en njotlanl à la place qui lui convient clia(|ne 
chose qu'il n'y a pas mise; puis en le complétant, de peur que 
tu ne conserves quelqiu' doute sur une racine, ('ar je désire 
épargner à ton esprit les fatigues de la réilexion. 

PtoiiH. Moubâ.s (Js. XIV, 19) est cité dans cet article comme un 
verbe d'une l'orme légère, c'est-à-dire avec Prov. xxvii, 7; lu. 
XIV, îi5. Mais c'est la l'orme lourde du liiftl, comme on le recon- 
naît par ie mém qui est ajouté. Ce qui prouve qu'Aboù Zakariyà 
s'est trompé, c'est qu il dit ensuite : frEt la forme lourde est hô- 
sesou (/s. lAiii , 1 8). fl 

(îoud. (Jublié. Cependant on tiouve nepoudéiuwn H ytigond ((îen. 
XLix. 19), dont la racine peut avoir un radical faible, et qui seraient 
alors comme i/esoudénnnu [Pfi. cxl. if») el yiUoiid [Lev. xvii. i3). 
Peut-être aussi la racine est-elle géminée; dans ce cas, ycffou- 
dénnou devrait avoir un dàgésch dans le dàlét, comme yesoubbènnoa 
( Jer. 1,11 , i> 1 ) , ypdoukWvnou ( Is. xxviii , 28) . el on l'aurait supprimé 
[lonr alléger le mol. Il se [tenl ;iiissi que la lellre douce, (pu 



68 OPISCUUlS 1» IB\-l)JA.\AH. 

>.Aj.i ^ Jov c^U^\il aJ.^J5! JUii)! i _^iûj JJ.^Ji J.iil ^ Jov^ 

J^iiW u?\v "•:•:!: rrp Nb jl>Ji» \"^i3 p"? a:? (:j^.ffy ^ J^^ -">: 
'îP"'D3!:2 "inrcN''" 4^j«-^ J^*^ sLjLh^ "it:in3 in"";;"' _ft^« VXlj U^^i 
C";^\-^"; î:- 'pi* *!:^i v_A-^Uii^ aj! 5)1 ,^^Otlt \>yjt>» J.-*s-!!)i io^ii» ^^» 

' D. 7.S, i/i: N. /l'i, iH. 



esl le dpii\i('nie radical, romplaco dans ces mots un dos doux 
radicaux spniblal)l(>s. (^oninip il va èlre expliqué dans diilV'ronls 
ondroils de ce livre, Peniploi d une leltre douce à la place de Imu 
des deux radicaux semblables est très-fréquent dans les verbes (jui 
présentent une leltre douce pour deuxième ou troisième radical; 
seulement le deuxième radical faible remplace le |u'emier des deux 
radicaux semblables, et le troisième radical faible le deuxième 
de ces deux radicaux. Le but eu tout cela est Tallégement du mol. 
(iour. Aboû Zakarivà donne deux sens : (iev. xxxii, 5, et Deut. 
I. l'y. Il en a négligé un troisième, yeg^orèliou [Hah. i. i5), dont 
la signification est déterminée pai' le passage suivant du verset. 
Pour la racine et le sens, à part le redoublement du troisième 
radical, il faut ajouter yltgànirou {Osée, vu, i/i), qui veut dire : 
Ils se réunissent pour manger et boire afin de me contrarier et 
de m" exciter. Le même sens se trouve à peu près dans ijàgourou 
[Ps. LIN. h) : Ils se réunissent contre moi. Le nom est wc 



klT.\l5 VI.-.MUljST.\i,IIIK. (\9 

^<\^A3i)l 0;.=I *X-*-« U>_jOsX ^iJI I^K^J .\^j^ ,<sii »Js-£Û ^.^liTj M\^ 
-o-yA^ÛJ^ ^J^^ i^Xiû^ «=wwi)i JJ^i^i ^ iljJ jJ\ ^î I^aA* I^Xi^ii 

Lû_5^>L<i j^fXks^^ U6^y> /•.-^rils nN'rpD n:n ,_,-* ^l^Ji j^j^-ùo ^j 
nanOi s J^' i'^^ (j^-« iy^l '>^J>3 nsNi ':^y »^'5'jv ^ ^wV- 



gouvàh; vo\ez //o^". n, kj . Dans mammegourôl {Joël, i, ly), le 
premier mèm a été ajouté à megouvàt, pluriel de mcgouruh; car 
le mèm prononcé au singulier de ce nom s'y est attaché au point 
d'avoir été considéré comme lettre radicale; ensuite on y a ajouté 
un second mèm, comme on le fait pour les noms qui n'ont encore 
subi aucune addition au commencement, puis on a donné un 
dûgèsch au mim, réputé radical. Ainsi s'est foimé le mot mamme- 
gourot, avec un dàgésch dans le second mèm, connne on a placé 
un dàgèsch dans le mèm radical de mimmerômim [Joh, x\xi, 2), 
après l'adjonction du mèm (pion ajoute au commencement des 
noms. On a agi de même pour le làw de maltclaàh {Mal. i. \ù\. 
on le tâw est pourvu d'un àèigèsch, parce que, pris par erreur 
pour une lettre radicale, il a été traité comme tel. 

Du ah. Racine passée. Il existe cependant daàbâh [Ps. lxxxmii . 
10), et avec adoucissement du deuixème radical, mcdihôt {Lev. 
XXVI. 16). .le [jense rattacher à cette racine ivvla'adih (I Sam. 11. 
.>3 ) t'u icgjirdanl l'rtVf/comnie une lettre redondante, ainsi <pie 



70 UI'LSCLLES D'IB^-DJAN Ail. 

(jl(5 iV^n 2"*^;."! \jj (^ 2"'~n (^ Jyuù<y«^ -^a'îJ rx snx'?"! ^^i 
CD"?!" p~ï s:":!""?' □rr'DDD 3"«c'n""i i^j ^^ Tiro' ^-i J^-*»i)! 

ii^2"? i<-J^ t^ 2"'"!'?' j'^A^S-i -^î (^ *>a5^-^ <->-Uj_j s^l^l\ c.*X-i 

i AjVJL* 3"'-'?* pi) i (j^^ (ji t^jsf ^J\^ t^iJi yDfJi (jl i)l DD"'CK 
Lfjj, v^Jili _^iû_5 ■ Jd^ *^J-^ â^ ^s-yi^i ws^i nb^S IDIN N*"'^'? ^^ 
'"!2N*- i (^S- ^ (S^-^\ ^ --Ji)i ^ji ^^L^i n2N"î (^-^ (j^ ij^Jto ^jW 

' Vers. hébr. 7'nj' -j'D. (i'est une inadvertance inconcevahle ilMbn Djanâh. ( \ ov. 
Riirtb al-ouéoul , 31, 9-20.) — - Vers. hébr. rrp r»r f lollre durer) , probablement, 
t|ni no produit pas dn son. 

dans àclôsch (h. .xxviii. 18) et ivi'hé'ézenlhou [iliid. xix, 6). Weh'âdib 
est doDc im l'ulurC^) du hifll hèdîh , comme héscliîb , hébV, pour 011- 
lefiàdlb , sur If modèle de ouhkâschîb [(îcn. \lii, 25) et de ouleluibt' 
(Dan. IX, 2/1), dont on a retranché le hè en faisant lemonter la 
voyelle sur le làméd. de manière à former welùdib, comme làbi' 
{Jér. XXXIX, 7j. On a ajou((> ensuite l'âléf, comme dans âdosch, 
ivehé'ézenlhou, cités déjà, et dans àsfjf {Jér. \mi, i3), en adoptant 
l'opinion d'après laquelle ce mot serait de la même racine que 
âsifèm, qui le suit. Seulement, le haines que le làméd de lâdib 
devrait avoir tout aussi Lien que celui de lâbi a disparu, parceque 
cette voyelle précède une lettre sèche, savoir 1V//p/. Ce mot pourrait 
aussi provenir d'une mélailièse de daab, et alors ÏAUf, deuxième 
radical dans daâbùh, serait devenu premier radical ânnnvela'âdlb, 
et tandis que le [)remioi' mol est de la forme leVère le second 
serait de la forme lourde. Quant à medxbot . il \ienl dune racine 
au deuxième radical faiblr. rounue mrlvài ils. xwii. 1 1). 



KITAB AL-MOLSTALllIK. 71 

"xiJliJi A^Uil ijXji i2ip ^'^z' ah' in- c,-^-^' '«^-^^ J^i.-:>i nn 
A_jl ^^_5 ':vyi2 ôi^-'-J ^jiâ' IjcI A3i ^^ JvaJ:> l^M* '■"^■' u-* ^^ 

^yj<s. ^ p-.c'J! J^i^ im i n'rnJij v-» *Xj4X*i.Jî j-^iai im ,j^ Ui 

' D. "ih^-tx^.hh, 1..8. — - N. 72, \U.^' .\. 7.'}, i;>. 



Don ah. Aboù Zakariyà cilo dans cet article lUWum. (Ps. \\x\i, 
i3), et nie dans la troisième section que ce mot puisse venir de 
dâhâh. Ceci prouve qu'il a lu ce mot avec l'accent sur la pénul- 
tième et qu'il l'a pris pour un parfait de la ("orme tôbou (Nomb. 
xxiv, 5), oi'ou (1 8(1)11. xiv, 29). Cependant, dans une bible 
écrite en Svrii', nous trouvons laccent sur la dernière syllabe; 
d'après celte leçon, ce serait un passif delà racine dàhâh, comme 
rouou [Job, xxMii, 21) est le passif de runh. Seulement le hét de 
dàhou empècbe la présence du dàgésch, le hôUni y remplace le 
scliouréJc, et le holém étant d'une prononciation plus facile que le 
sclioiirék, ce mot a pris une autre forme que les aulres semblables. 
Douk. Dans [article dàkàh Aboù Zakariyà dit que dak [Ps. 
Lxxiv, 91) eidiikoubammedokàh {\omb. xi, «S ) ne peuvent pas être 
de cette racine. Mais II n'explique pas de (|uelle autre racine ces 
mots dérivent. Ils dérivent, je pense, d'une racine au second ra- 
dical faible. Cependant il ne me parait pas impossible que dak 
««oil 1111 (pialilicalif ahrf'jjé de do ko h . cdiiinu' nr ( />. \vi. (i ) de 



1-2 UFLSCULES i) ICN-Di A N AH. 

iiX*)! j^STj ^i t^vM^3 oiiili j.îr-1 ,j^ "x': x: 3, <JL3j.iI ._*,ik;ci».u 

t. J^^ \-i:r:-'D p%"i \-iN* t_^'li *-^»Xs*j ji) yii-iij n:-; ^^^ y_^ 

^j^_j rùT -Ji-iJ (^ âb*Xls»-^ Ltli tjbJîl j ^^li !*X-tf) ^j^ Sô^S"» 

i ci^'»^ c:jv-*-^î J^xx^ l<v,i <s..j! \"^:rwî2 i JyM ^! ;t-j^ y<^ ij^ 

' I). 7'i, 20; N. A5. 6. — - D. ôt), 0: N. 'i.'). 09. 



gaàh, seuiciuciU la voyoilc vari(; dans ce dernier mot à cause de 
Xâlfj'. Il se pourrait alors querfaA; eût un patali, précisément parce 
que la racine ua pas un second radical faible. Quant au mol 
dfîkon, rien n"emj)èche qu'il vienne d une racine au troisième ra- 
dical faible. Medôkàh dérive peut-être aussi de clàkâh; car nous 
ti'ouvons meschougàtl (Job, \i\. U), qui pourrait bien, il est vrai, 
provenir d'une laciueau second radical faible, si tous les exemples 
de la Bible dans ce sens, ne se rattachaient pas à schùgàli. J'en 
dirai autant de meschô'àli [Job, wwiii, -j.-j}. 

Dousch. Aboù Zakariyà a passé un exemple, savoir : le passif 
de la forme lourde (7s. win. a-j). 

ZoiJ. Aboù Zakariyà mentionne un sens Is. xlvi, 6. Mais avant 
trouvé que zàlèl {.1er. w. tc)) s'accorde pour la signification avec 
hizztlouhà iLum. 1. 8). je pense que la racine de ces deux mois 
pourrait Hussi ètip la même . r't qu il vaurait un second sensàajoiifcr. 



KITAH AL-iVIULSTAIJlIK. 73 

If aL_c j_A_«J <>oL« ^ijjJI l_5:>0v.-ii>-» n*3^w'n mr^cn mx^nn iLis 

jJJij JocLli fi{s i, A^}\ J^XJ ^JJI ^JvJ^Xjiil jjL^-kOj a]_^^^Î jJ«;«- 
^j «==^L>wJ riTH^ '7"'Tn UyXo Jytxli j. ,v »..4 à , > Jj_oj.iî ^^a^ JoàJi ^i 



Je m'explique : le U'iméd de co/e7 est redoublé, comme le mèm de 
romemâh [Ps. cxviii, 16), et le mdè de là.seslin [Osée, vu, 5); zôlêl 
vient doue d'une racine au second radical faible. Quant à hizzî- 
louM, û esl jioxiv hézdouhà =^ liébi'ouhâ , liëmltouhà , hëscidbouhà ; le 
tayin a reçu un dàgèsch sans [dus de raison (jue le sàmék de liissi- 
toukà (Jir. \x\vni, 99) qui, sans aucun iloule, est d'une racine 
au second radical faible, comme on le voit par wayyàsét (II Sanu 
\xiv. i) cl qui aurai! dû être licslloiikà. Je suppose qu'on a accordé 
un dàgèsch à ces deux mois, parce qu'il est pennis dinsérer dans^ 
le premier radical la lettre douce quiescente, ajoutée après le hè, 
tant que le verbe est sans suffixe de régime; car cette forme est 
hêzxi . hêsit, avec une douce quiescente après le hê, selon le modèle 
de licscldb, hémlt; puis l'on dit hiziîl, Itissk avec dàgéscli . <mi insé- 
ranl la quiescenh* (l;tii- le premier radical. Ainsi on ;i bissltott 



7/1 OPUSCULES D'1BN-L)JA.\AH. 

n"'Dnj b''în ^^^-^si -in"'Dn_5 n';'?''*.-! îjj.->i »*^-i~e i«Xiû J^iU jU- l^i 
iZ'îJ!; i>l-^ i yi' -«^L. !_5._4i>lj a"'ïï "'^VJD■•. t^i? *>yJj_5 ^j-_)i vXui.il 

jLùIav »XjiXuijJl J^Aj "]";ri"'cnji m'7''in i ^^ <>iji j-^Xx^i ji ^Ui 

c:*UL^^Jl iXjtj «<x.jjli (^^5i_^î ^Uj^iii s:>yti\ JUiiii cj!*b 

Jlxiiil J«AJ ^i^^ S:>jÀi,\ Jbw^Jl* l^ '*-^A-iUj ^ I^aJ- ^U^3ii 



(II iSa//«. xn. 3i) à cùlé de àsilénnàh [h. xxvii, /i), massit [Jér. 
\Liii, 3) à coté de wayijâsét, inassit [Ei. xxi, 3), yallîzou [Prov. 
IV, ai) à côté de oumlozhn [ibid. u, i5). Ceci accordé, on a traité 
kizzîloulià et hisslloukd comme hizzîl et hisstt, avec dâgésch. Do .?t5 
on a tait de même smtm (I /?o<>, vi, i8 el passim), en insérant le 
yâd dans le .Wd'e , et de oubezil/ât {h. l, 1 1 ) , zikkîtn ( Prou, xxvi , 1 8 ) . 
en insérant le yàd dans le Zoy. Qu'on ne me prête pas en cela la 
pensée, que hizziloului el hissltotikâ, avant d'avoir un dâgésch, 
avaient des lettres quiescentes douces; je dis seulement qu'une 
fois qu ou pouvait donner un dàgèsch au premier ladical du 
verbe sans suilixe, en y insérant la quiescente ajoutée après le hê, 
on se le permettait aussi pour le verbe avec sulfixe, non point 
par l'effet dune insertion, mais par analogie avec la forme simple, 
et en traitant le verbe au((uel ou ajoutait les pronoms de réginn' 
de la même facun (piOn {".ivail traité auparavant. Il en esl de 



KiiVM AI.-M(U.STAIJI1K. 75 

:>^^! J>wj«_«JI iji*>ui lii /c^li (j^y*^ iS^^ aJ^-jJl i y>^-? ^ 

ijX—X-i ^_^_tA_) kXj A-/L>o ^^JÎ>i Oï>^*" (^/-* '5<^"»>**J' tyXCj a] LwijjXJi 
^V:-^ «->iji J'mJii! i I^AxS' AJj^Uij ji^^>^ 

jp..<Jç>ij JsJLi IN'SV "'n'72'? Ji» *jl^ J^A*>*ii ^^A» ^i aK-cI; rfwj ^ 
'iN'7D"' A.A4B *=?-^î yi2^ "MiblD "'3 irm t_yil5_j ^J'^)^DV Ao «^s-^i -p:"" 

tj5_x-C« yû JJ«x5^ nci'"' ^i «->j-îîj a'^n •p'?:? nci* rr-m î^^is^ 

' Depuis i^yjf^ manque dans l.i vers, liébr. — - D. 76, la; N. '46. 1 . 



même de certains dâgèsch (jiii servent de compensation; un verbe 
sans suÔixe, avant ële' pourvu d'un dâgèsch pour compenser une 
lettre retranchée, conserve souvent ce dâgèsch, quand même la 
lettre retranchée a été restituée. On trouve beaucoup d'exemples 
de ce procédé dans les verbes géminés. 

Zour. Au premier des deux sens de cet article, représenté par 
Juges, VI. 38, Aboli Zakariyà a négligé un exemple : zôrou (/*•. 
1,6), qui est un passif, comme on le reconnaît par les deux 
passifs qui suivent. Il se pourrait qu il en fût de même de bô'ou 
[Jér. XXVII . 18), qui serait un parfait du passif, ayant le sens du 
futur ijoubd'ou; cet emploi du parfait à la place du futur est fré- 
quent, comme zekâràrwu {Ps. cxv. i!?). \\our yizkerénoii; màle\m 
\\ Chr. wii. I i|. pour ijimlcou; "onHdmi ( /•:. \i,\ii. in). |)0ur 



7G OPUSCULKS DIB.N-DJ A.N A H. 

J^-iL»^ vjTDZ'^ i^.=?-y.i\^ ;',î:t' □"'Di' li'Du; 1^^^ TiOi' slyiii jl i)l 

"•JD*?! (;j:ï-*-5i J^-»-^ aK^Ij Jtwwj ^ U nî N"? J^_5 □"''pdA! -»>ou» 
^\s yls \-^V'?in r"ii'23 "'jD'? L«a-j!^ ■'pV'7in noinr jw:: Liji aKJl*^ 

"•2 J*-A_^ O^^ ^^ à^ aK^'^j Jîw-j >é) U y'» j«.aJ l-iî NT yl Job 

j^-j ij^ jLiJi ^_^-àJI i ajCL. U t^ ci/c*") nî yû Jo n; n"? yi> 

' D. 70,-2/i; N. i'!, 17. 



ija'àmdou, qui est la leçon écrilo, tandis qu'on lit '^âmedou; schà- 
meou [Ex. \v, i/i), \)ouv yischme'^ou , etc. Je nio suis cependant 
servi de l'expression : r il se pourrait 1? pour bà'ou, parce que Fin- 
fmitif conviendrait mieux dans ce passage; en effet, il serait permis 
de prendre bo'on pour l'infinitif io" et d'expliquer le wàiv comnu! 
un pronom suffixe qui précèd(! hakkéllni^. Au passif zôVom, dun 
verbe au second radical faible, on [)eut comparer hôlàleu) [Job. 
XV, 7), comme on le reconnaît par le premier membre du verset, 
elholâletî [Prov. vin. 2 4 et ao). Si l'on nous objectait que zôrou 
n'est pas un passif, mais un parlait, comme àrou (1 Sam. \iv, 29), 
en citant à l'appui les paroles même d'Aboù Zakariyà dans l'ar- 
licle ôr : ff J'en dirai autant de bâschou, zorou, lôbou, qui sont des 
parfaits; 11 nous réj)ondrions que le zorou cité [)ar Aboû Zakariyà 
n'est pas celui iVls. 1,6, mais celui de Ps. i.vin, /i . ([ui se re- 
trouve clairement marqué par r;iut<nif dans le second sens fie zdr. 

' \o\. Hikiii. lin. iç)-9:!,oii Ibii Djiuit'ili njoiilc ([Ile //o'o» <vst al(ir> jKiiir /io'r(//i. 



Kl TA 15 \L-MOi;STAI.IIIK 77 

nr: -Jot=>^ "nN"^ \-^"'\-i "^nc ^^ J^i-i' àajv> Je aK^I? JJwj ^ 
^J_^.ÀJl (j_j^ A^i UsjI j)^>! bij jliJi c._^l IJ^iû ^j^ ^JuÀjl iinx 

zzi^'Ov "ib^n^ ^jEC Liû^.^i tlyl ciOXj ' t_r.À4 '«^^ i j-^ "7^ 
'?Ti"' 'pv.n n^^ J^JiJiJi^ nVi:'? n'?n ''d V'n"' '7rf l^*Xj*.i (^i:_^ *.à-« 

' I). 7<), i8: N. /4(i,ô. — ' r>. 7<i. iî^; N- ^'O, T). — ' 0. 77, 8, la, i.'); 
N. /i6, i5. iS, ...o. 



Ijc mot :oroM, dans /s^i>, so rapporte kpêsa\ etc., et signifie : on 
n'a pas pressé ces blessures de manière à en (aire sortir le pus. 
Au second sens, Aboù Zakariyà a [)assé le passif de la ("orme 
lourde (Ps. lxix, 9). L'auteur donne nâzôrou {Is. i, k) pour un 
nifal de ce second sens; mais le noun pourrait bien faire partie 
de la racine, et ce mot sérail alors le parfait du même verbe que 
a^eyinnàzêr {Ez. xiv, -y). Il suivrait alors le modèle de kiit/mVi 
(Gen. XX xn, 11), ijogôrtî [Dent, ix, 19), yàhôschtî (.1er. l, 9Û), 
ilàkâltî {Juges, VIII, 3), yàkâlou [Ex. viii, 16). 

HouJ. Aboû Zakariyà donne de cette racine trois sens, repre'- 
sentés par Joël, 11,, 6; .fér. xxiii, 19,6! Prov. viii, 2/1. Il en a 
passé deux autres : d'abord hàlâh [Micha, 1. 12), avec la forme 
lourde ivayyàhilou (Juges, m, sf)^ et peut-être wayyàhél {Gen. 
viii, 10). .le ferais volontiers entrer dans ce sens wehithnh'l ( P.«. 
xxwii. 71, de même que ivelnthôiKnitd (ihid. 10) est en rapport 



78 OPL'SCLI.KS IVIHN-DJANAIl. 

^yJU PI* b:n r^-^-î i'?"'n> idim '7^.'' n'^ p 'jy ^^LuXi t*x^ cj^ <r*:?>>* 

JuL*î^ 'rVirinD Nin ^"^i-i ^d^ Vd Jlx>:ii)l y^J t «x»-!^ Uais^ J^iJI 
««xiij ^jsj -p'i-aJu ioLo 3.^_j «pN* ^'?';n 'nx •':2"7D *jç^* J^ j^Jî^ 
n'^n "«^ cj-« (i^'^' ^^^' f j"*-^' cj^ {jf^^. {j^ (j^-f *>*^j V"'''^* b~vn yû^ 

' I). 1Ô7, 1 '1: N. i..f). 1. — - I). 77, 19: N. /iG. ^3. 



avec hêbîn; mais Aboû Zakariyâ le compte parmi les verbes gé- 
minés. ] nhîl (Job , \\ , 21) e[ jinhîJou [l's. x, 5) approchent, de ce 
sens. Le second sens oublié est celui de lâhoul bummeliôlàt [Juges, 
XXI, 91), et avec une forme lourde et le troisième radical re- 
doublé, hammehôJeUt (ibid. f^3). Dans le premier des trois sens 
qu'il cite, Aboû Zaknriyà a, en outre, oublié le hitpaël mitliolèl 
[Job. XV, 9 0). 11 a ])assé dans le troisième sens, représenté par 
hoïaltî [Prov. vm , :t/i), une partie de la forme légère qu'on re- 
connaît clans houlî [Ps. cxiv, 7 ), qui est un qualificatif suivi d'un 
i/ôd redondant^; puis le passif de la forme lourde, hàifouhaJ [Is. 
Lxvi , 8), qui pourrait bien entrer dans le premier sens, comme 
hâlâh, qu'on lit dans le même verse!. 

IJour. Aboû Zakariyâ ne donne qu'un sens. !s. wiv. 6. et en 
passe un autre yélieworou (ibid. xxix. ^^î); liovr(Esth. i. ('» ) el 

' Ainsi F^asctii : r")\">- -"'v pfr V:irrr. (Cf. aussi llin Ezia. oil h. l. t 



KITAB .\L-MOl'ST\f.llIK 71> 

;^^lxj l<yj iijj yi ^_^ ce; ;\vi n^-^in n^-^in p l^àji^ ^-m c-nx* 

ir^u"» ^iVS"* io) ^^ jp-'n"' mDna -c;t nTP r-'nn »>5jw >«î mn 
Je Jb jLii^^ *i^.^ïj«-j îIj^V tM»^ ^ii-t^Jà ^Jl »j-A-«.ju^ -jOD"» p:3'? 

La_a_aw til-^Ji M*^ C^^*" iM^J JivJ' •y >ii*-j5 ^J*rî *jlji*^vi; A^sib 
' D. 77, at ; N. /Jli, 3.J. 



peut-èlre aussi Aonri' [Is. \ix. f)),/;oV/m ( AVc/. \, 17) Pt liàreikà 
[h. xxxiv, ta), en entendant par là les hommes blancs, les chefs. 
Ce sens est en rapport avec le syriaque, oii làban est traduit par 
hnvdr. 

Houscli. Âboû Zakariyà cile wehàsck {Deut. xxxii, 35). mais il 
a passt^ un autre sens, celui de yàhousch (Eccl. 11, t>5). 

Hout. Oublié. Cependant le hifil de cette racine existe Habac 
n, 17, où xjehîian est comme yebfan, yesîman^, et le noun se rap- 
porte à behéivot. \ oici IVxplication du verset : Après avoir dit au 
roi de Babylone : Ton injustice envers les habitants du Libanon te 
rouvrira et retombera sur toi; il poursuit, par comparaison : L'a- 
nimal nuisible ne cesse de nuire jusqu'au moment où Ton se ras- 
semble et où on Tabal. T^e prophète applique cette image au roi 
de Babylone à cause de la violence de son injustice et de sa haine, 
et il lui dit : Tu ne cesseras pas d'être injuste, jusqu'à ce que ton 
injustice eniraine ta perte, comme les domma^jes que cause la bète 

' Ihn Ezra, ad h. l. , compare aussi ces deux mots, ({iii ne se trouvent pas dans 
rKciiliire. et ne sont qne rie simples paradigmes. 



80 OHUSCILKS DIBN-DJWAH 

^(JS^_J^3 \JuiÀ^ wwx.^ ^^^^ u^.^ iS^'^ *y*-^u' ^ <^'»<^r^ 

fj\ l-cl,; CTÙ"' □"'"133 ^'iL'i mir D''i"ù'1 "ia Al_j.JiJ (3-jlix« i«X.d)^ 

jrT'n"' i (;;>X!i Cîj-s»- ei?^- u' dj^^ nrnt: <^^ v>*'>* ''^"'n"' c^-* 
|r 2^::;i 3i^n iu) (^ V'^s"' '?''Dn _j^^ ÎJs-s».!^ Uy a;-* J^iii '7*: 

y^ Aji) pT.m Aas^ (^*NJi n:: PwX p:vi vS_j pd'* z'Z'^'i i J^ ^ 
N'Sn ij^ *.-j^ s^'LD'TT) AL«oi t^*>J5 nu;Nn PN 3Î3TI tS« 'V "np:\-i"; 
Ajii S"'î"''i Ak-Asi <^ jJi n^nbs 'n ^ï:'''! i Lwiaji ^i^ l^ 13"^""' "'"2" 

(j-« Joiffi^j p-12 ;i*i:'? "T'IînS ci^m tJs_£i_5 J.^:*ii l*>sJÎ)^^_j ''7''r-ur^ 
'^D'JD Nim ,^-^^ LÀ-^Lcà.^ lJv.jfc.i3 ^--f^»*-^ -M-» »^i tS*^^ ^^■•*"'' 

' [). 7.S, ,7; \. /,7, 7. 



féroce la conduisent à sa perle et à sa mort. La pensée est ana- 
logue à celle exprimée Prov. \xi. 7 et xi, 3_. Le sens de yehitan 
peut aussi être rapporté à celui de meliittàh; en ce cas, la lettre 
douce serait à la place de l'un des deux radicaux semblables de 

iToîi/. Aboù Zakariyà a négligé un sens, celui du hifil âhélhà 
{Ex. xxxiii. 3), cpji devrait être àkîlkâ = âschîbkù, et d'où l'on 
a retranché le yod, pour rendre la forme plus légère; comme 
wayyùschéb, wayyùmét, waltènék (T Sam. i, 98), ])0}ir wattènik , de 
ivehènikihou [E.x. 11, 9), wnttêtéb (II Rois, ix, 3o) pour wattètîh , 
de yêtîbou [Micha , 11 , -y ) ; wayyappêl ( G'ew. 11 , 21), ])()ur wayyappîl . 
de hippîL Le même sens et la même racine se retrouvent dans 
leMkîl (Ez. XXI, 33). Dans le sens qu'il rapporte, Aboû Zakariyà 
a passé la forme redotiblée. kilkp] (]\ Sam. \ix. 33). kolkél (.In-. 

XX. f)). 



KITAP. Al.-MOUSTALIIIK. Hl 

□"•iDID ~Cn2 jnm A^^^U j|cw^ ^ iOv-^-i^ UaitfJ' aJL« JoUt pD 

ySb^ \ù^^\^ Uo-a^ y^^jUI i^X^ ^ jUJi ^_^l ^ Joi*! "p'? 

^j^j— ^5 i 3^^'' ij-S:>lî Puisp i<^j j^s i'^ui'?^ (j>^ yi -M (j^ 

' D. 78, 20; N. ^7, (j. — - D. 79, if); N. 67, a7. — ^ Deux fois seulement 
le dàgêsch est précédé du ir«(r, r:i':r> (far. xvi, 12) et cwibr» [Nomb. xvii, aS). 



/voH/i. Aboû Zakariyà néglige le passif du MfU (Is. xvi, 5; Ez. 

XL. /l3). 

ZoMjj. Aboû Zakariyà a négligé un exemple du second sens , le 
njfal ivayyillônou [Ex. xv, 9^) , sur le modèle de yimmôtoii {Ps. cxl, 
11), ijinno'ou [Nah. m, 12). Je pense que tehumiot est de celte 
racine, et que le dàgésch du noim vient de iïnsertion du deuxième 
radical dans cette lettre; tehunnôl est donc pour tehunot, formé 
comme tebounot, et le wâiv a été inséré par un dàgésch dans le 
noun. .Te rattache aussi maUmim {Ex. xvi, 8) à cette racine; car, 
puisqu'on peut, au singulier, dire maïlin pour mêlln, en insérant 
par un dàgésch dans le làméd la douce quiescente qui s'ajoute après 
le mèm, comme on Fa fait pour massU {Jér. xlhi, 3), on a dit de 
même au pluriel maUmim. avec dàgésch, en le formant sur le sin- 
gulier où le dàgésch est ])eiinis. On peut discuter el dire que nud- 

C 



82 OPUSCULES 1)'IP,N DJANAU. 

j.A*^ lçyjP'j\y=' J-=^\ (j^ ^-^r^'j l5&*Xr^t cj^ Vjh')^ Dl'blZ y_jJ^^ 

r'^n J-M.iJI_5 -i'ibs ;"'3C nD':,'! iv':'"! iriu'i :^^a»I «jS'^xj ^ i*"i'? 

' D. 79, 19; N. /17, 3'i. 



/mmt cl ivmjyilônou ne dérivent pas d'une racine au second radical 
faible; mais ce qui, à mon avis, rend cette origine absolument 
nécessaire, c'est que nulle part on ne rencontre ni une racine y<1- 
tan, ni une racine milan, dont ces deux mots pourraient venir, el 
qu'en outre l'analogie permet cette dérivation de loun, comme je 
viens de l'expliquer. 

Lou'^a. Racine oubliée. Voyez ce|)endant : iveht'ou {Obad. 16), 
beioékà [Prov. xxni, a) ; lornie lourde yàla"^ [ibiil. xx, a 5), comme 
yàrah [\ Sam. xxvi, 19), yàna'' (TI Bois, xxiii, 18); seulement 
l'accent de yâla'^ est sous le yod, à cause du mol hldésch qui est 
mille'él. Il faut aussi rapporter ici yéafou [Job, xxxix, 3o); le pre- 
mier Uiy'm est le troisième radical redoublé qu'on a mis en tète; 
le paradigme est donc yelaf'alou. La vraie forme serait yelo^â'oii, 
comme yekonenoii, yeromemou, mais la réunion des deux 'a^jin a 
semblé lourde, on en a mis un en tète, et le second radical a 
disparu dans cette formation. 

Lous. Du premier des deux sens de cet article, représenté par 



klTAI{ AL-MOUSTALHIK. 8:{ 

^jy^. ^ji i'I ^•^r-W' N^n l'j'? '"li"?! oLa-*-^ JuuUl ^i y>i7> 

f- 
Uî^ A^[;ii3 p^JWl JUûJ-i i Xil l.«y«, iJ (^J«J1 iXxxi! JIjw^M pj^Mi 

ajU pnS cm JXo (j^Aiit cj>iji ^j>« Is^Js-si ^J^^\ Î*X^ (]i (jl< U 
L|^_^ Jy*.J^i ^I ^AOÀx.^ aKaûx^ mîî'Dp Î^Kji l^jlî "iTiX -jCi iiJ) 



/Voi^. m, 3A, Aboù Zakariyà a negligo la |)artio do la l'orine légère, 
tvehsu'i (ihid. i\, if?). Ou hion, aiiiail-il rrii pouvoir se passer de 
ïiKMilioniior relie lonife. |)aroe (pril eile le qualificatif (lès) qui 
en est dérive''? 

M011J:. Oublié. Nous trouvons cependant oînnàk {Lév. xxv, 67) 
et yàmnuk (ibid. 35). Je rattache ces deux mots aux verbes qui oiit 
le second radical laible, et je ne place ni yâmouk, bien qu'il res- 
semble à yàronu [Prov. xxix, 6) de yâràmiou (/s. lxi, 7), à côté 
de irayyânwkkou [Ps. cvi, ^3); ni oumàk, bien qu'il soit comme 
welam [Lev. xxvi, 9o), parmi les verbes géminés; car oumàk a 
kâmés même au milieu de la |)liiase, d'après la règle suivie pour 
les racines au second radical laible, tandis que pour la forme 
abrégée les racines géminées prennent toujours pntah, comme we- 
tam, à moins que le mot ne soit en pause et à la fin d'une propo- 
sition. Les autres racines, c'est-à-dire celles qui sont sur le modèle 
de oumàk, sont toujours pourvues de kàmés, en pause ou hois de 
pause, à de rares exceptions près, comnu' hi/i (Js. xliv, 18) el hn: 

G. 



84 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

l^^i ^i •'n -lu'N D-N ■'C"' ^2 i ji *j>=T- U ^^ Hîn (;j-. lij*)v^ W^ 

□ j1>*2 "IZD"'* (JJ^ «Xj»-i ij^ ilJo -jTtN' -jli:"" ■'Dl 
' N. 77, 5. 



[Zac. IV, 1 o) , qui onl un ^jo/fl/t lout en appartenant à cette classe de 
racines. Telle est la raison pour lacjuelie je regarde oumàk comme 
ayant le second radical faible. Le mot baz pourrait bien être un 
adjectif apocope de bàzàh, comme gc' [Is. xvi, 6), semblable à 
dak [Ps. Lxxiv, 9i), que nous avons aussi cru pouvoir prendre 
pour un qualificatif apocope de d(\hâh\ Ou bien, haz serait un 
parfait raccourci de bâzàh, comme Aboû Zakariyâ l'a admis pour 
hay {Gen. v, 5). Ma première opinion me paraît cependant préfé- 
rable, parce que le plus souvent bouz est construit avec làmédel bâ- 
zàh sans Idméd. On a aussi soutenu que oumàk, ayant kùmés au mi- 
lieu du discours, est une forme irrégulière à côté de wetarn, comme 
tah et baz, qui oni patah, sont irréguliers par rapport à la classe 
de verbes à laquelle ils appartiennent. Peut-être aussi la douce 
quiescente qui est le second radical de oumàk et ijàmouk doit-elle 
remplacer une des deux lettres semblables de wayyâmokkou. 

' Voyez ci-dessus, p. 71. 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. h:^ 

j^xj Jls AsJ n? V"?!':.-! '?ir2"» sion '71D: Jljùji)!^ "cjUJ! l4>s-d> i Jlij^j 
iJl-ji^l s'ujoi^. ^j_^ j*waJ^ ^irrn'? ':"''7N vj^Z'D ah dnt n'? l'^vrn 

Jo-Jt^ ^j^ iJUxil y,Di ^^ yi jjls-l ,Xi _jjû^ ^70: ij-* <5oi ^3î '7D 
^Ijkjû^ ^A a^>K^^ v_ÀkAÎi ^i_5 iJÎ l'71d_5 '71D'' C:J?o wM'j (iJ>*^' 

' D. 80, 7 ; N. /48 , 8. — - D. 80 , 8 ; N. 48 , 9. — ' D. 80, 1 9-1 9 ; N. /i8 , 1 -2-1 8. 

MoiiL Aboù Zakariyà a passé le liitpaël {Ps. lmii, 8). Poiii' le 
7ij/rt/ il cite himmol, yimmol [Gen. xvii, 10 et 1 3) cl himmolou [Jér. 
IV, k); puis il continue ainsi : r Wayyhmnolou [Cen. xxxiv, ai) 
n'appartient pas à cette racine, mais à nâmal; il se pourrait qu'il 
eu lut de même pour himmolou [Jér. iv, /i) et pour lehimmùl [(joi. 
xxxiv, 17); seulement le sens ne serait plus celui du tiifal, si ces 
mots dérivaient de nàmal.v Ce sont là ses paroles oiî je n'ai abrégé 
que ce qu'on pouvait laisser de côté, sans que l'omission mutilât 
le sens. Eh Lien! je voudrais bien savoir pourquoi l'auteur décide 
que wayyimmolou est de nâmal, tandis qu'il admet que yimmol est 
le MJ/h/ de moul. Ces deux mots dilîèrent-ils autrement, que par la 
conjonction wihv et le signe du pluriel qui se trouve au premier, 
deux éléments dont l'absence ne lait pas qu'un mot change de 
racine, pas plus que weyikkonou {Prov. \vi, 3), tiij'al d'un verbe 
au deuxième radical faible, s'éloigne de yikkôn [ibid. xii, 3). J<' 
n(^ prétends pas dire que ivayi/immnlou ne |)uisse venir de nàmul , 



86 OPUSCULES DIB.N DJA.XAH. 

Dinrù"! A.KjiL« jl j_^lj *aaaJ! oJsjû ^■>^js- ^ 2Jy»t^ l*Xi&Li ^^^^ 
U ^^ -n-: *UJî J^ U^U ^j\<_^J -soi) bJt yi^P ^j^ cUtjl i) 

cK*ÂÀ^ Dinnji viiJjO ^i il; "(jsMî (J;^>.=^ cjIxj ^i jî AjLaj «Xi 
' I). x,|, I ',: N. /i8, l'i. — •-' I). ;55, 80 cl suiv.; N. 1 8 , i i et siih. 



et je suis daccord avec Aboù Zakariyà pour aduieltre égalemeiil 
(|u'il [)uisse èlre !<• nlj'al dv otimàl {Deuf. \\\, 6). Seulonieiil Ahou 
Zakariyà aurait dû d aboi'd placer ivaijijimmôlou [)ariui les nifal tic 
cette raciue, et ensuite faire ses reserves pour ce mol, comme il 
Ta fait pour himmôl, yimmol et d'autres. Aboû Zakariyà dit encore 
dans cet article que nimmôllm {Gen.xwn, 92) est le participe du 
nifal, sans citer aucun exemple à l'appui, bien cpie cette tormc 
soit étrange. Je comparerais volontiers wenahtàtn [Est. vui, 8) , <pii 
est lin partici[)e du )iifiil , comme le prouve niklàh (qui le [)rc'- 
cède); le tàiv de ce dernier ayant kàmés, ce mot est un participe 
et non le parlait du nifal, cpii, d après ce qu expose déjà Aboù 
Zakariyà dans son Traité des lettres douces, serait niktah avec patah. 
Na/itôm est donc un participe du nifal de la forme nij'61^^ comme 
l'est nimmoUm d'après Aboù Zakariyà. — Un contemporain, dont 
la science minspire une grande confiance, veut (jiie le noun fie 
nimmàlim suit le preniiei' radical, et que b' mot >()it un qualili- 

' Anv. Rilitnàh . (\'A , 'Sl^-.i-^. l't Kilrili fil-oiisnitl , rut. '11 t. I. i-i <■( siiivjinies. 



KITAi; AI.-MOl STAIJIIK. «7 

J^/JxJU« ^**«..=£\.*<»^ Jj.3 \xi ^j-^'à l*\Jt_j C^'^Mj^ D''"n2w *J; (^ 

A^_j5} jji'n lie:* -c'"!:^ n"? ^ □^niî:i'n nx ^:u;"'t:m j^i-il aie 

' Le texte ajoute j^Lo (ms. ^s*"*-*)' *-*^ 4"^ "'^ P*"^ '^^ sens, et que ia version 
liéhraïque n'a pas. Voy. Kitdb al-ousoul, 9 5(5, où se lit encore une autre explica- 
tion. — - D. 8 1 , 1 : N. n'a pas cet exemple ; tout ce qu'on y lit depuis 7P appartient 
an traducteur. — ^ Ainsi la vers. hébr. ; le texte arabe porte r>f>. 



catif, comme schikkorim, gibborim. C est en etlet une bonne, une 
excellente opinion. Aboù Zakariyà cite à Tappui de nimmol [Gen. 
wii, 96) les mots niscICàl (I Sam. .\x, 6), wenischlo' ah [Est. m. 
i3) et iveuahtôm (ibid. vjii, 8)^; mais nimmol est un parfait du 
nifal, tandis que, parmi les exemples, les deux premiers sont des 
infinitifs, et le troisième, comme nous venons de le dire, est un 
parlicij)e. 

Mouk. Voyez ie hiJU {Ps. iamii, 8). 

Mousch. Aboû Zakariyà place .luges, xvi, 2G, à côté d'Ex, xin, 
'J2. Je pre'fère prendre wahàmischènî dans un sens différent; car, 
Aboù Zakariyà aurait raison, si ce verbe était construit avec él, 
et Ton traduirait: Laisse-moi aller vers les colonnes, tandis que 
le mol et. (jui précède lià'^ammoudhn, étant ordinairement placé 

' Ibn Gikatilla a, en eiFel, remplacé ces exemples par itrr;i (I Chion. v, :>o). 
.N. 'iS, ir,. 



88 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

n: nu?: oi^i- çj.àJî i*N-£'' i^ l'ù'n rù'w'C"» w^<>««« <_^c -ju?n •C''D"'i 

i)^.j Jot-iJi (jv£ ^^i ^yJt i<Xiû j, (^J o;.r^ ij^ Uj^j -jUDNI 

D\"iDDn nmc nnx îi*\y nDr 

nx nnyï"''; px^in ncV. nmN rr'DN N^:n dni »)-5*x-> ^ xi: 

Nsc^ ^bv n"!iXi:n jn Tix'îjn 

D\nD;y n"": nt:2n m:"» 

' D. 81, 3; N. /i8, 26. — - D.81, 11; ^./i9, 1. — ^ D. 81, i5;N. /u),3. 



devant le complément direct, on devra traduire : Laisse-moi lou- 
cher les colonnes. Sans être de la même racine que mischschaschtâ 
[Gen. XXXI, 37), puisqu'il a le second radical laible, il en aurait 
la signification. Au même sens appartiennent encore weyùmêsch 
{Ex. X, 21), auquel il faut comparer yemaschescliou [Job, xn, 26) 
et la forme légère waàmomclikâ [Gen. xxvii, 21). Peut-être aussi 
la lettre douce, c'est-à-dire le second radical, dans ce sens, rem- 
place-t-elle une des deux lettres semblables de mâschasch. 

Moût. Aboù Zakariyà oublie le passif /to«<m<oî< (11 Sam. xxi, y), 
puis : I Sam. xi, i3; xix, 1 1; II Rois, xi, 2. 

Nou\ Racine oubliée qui se trouve Nomh. xxx, 6; xxxii, 7; 
XIV, 3/i; Joh, xxxHi, 10. 

Noub. Aboù Zakariyà donne un sens, Ps. lxii, 1 1, et en passe 
un autre, Prov. x, 3i; /«. lvii, ly. 

ISoud. Un sens est donné, Gen. iv, 12; mais un second sens 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 89 

mJDD D^DN y! »x-A_:.L^I_5 nn'? i:d bid ■j'? ii:"' "'Di rn-'iD ^d ih 

u' jy^3 "'"i3:'7i ■•j"':'?'! pD'^ -«^jj c^ Jlxol "IDC ;i:"' »p ♦xj ^ p: 

nr v'^ <J j' AK^iw^i *Xij pjD riNT' AÀ^ U^^" 

-Vw*"' *l-> ^^ n::n ij-* y^^ r'îîiV ncci p";"' -«^Is- 1? (j-Viil «^i^ji 

-n"13 tj.« _^_5 P"1C'-J HT "TD nX in'?! ""IIC' cj-* .J-^^ pTû'-J □nn!.* 
' D. Ha, 8; N. 4(1, i(i. 



est négligé, Jér. xlvih, 17; /s. li, 29; AV. xvi, 5; je pense ([iie 
mitnàdèd [ibid. xxxi, 18) rentre aussi dans cette signification. 

Noun. Racine oubliée. Cependant, il y a le nifal rjinnoun [Ps. 
Lxxii, 17) comme yikkoun; puis ouUenlnl [Gen. xxi, 28), et peut- 
être mânon [Prov. xxix, 21) quAboû Zakariyâ a placé dans le 
paragraphe de yânâh. 

.\oiis. Aboù Zakariyâ cite dans cette racine Is. xxx, 16. Mais 
nànou^ pourrait bien être de misas et dans le sens de mitnàsesot 
{Zac. IX, iG), qui a la signification de k briller, chercher à s'é- 
lever,!) d'où nés {Jér. iv, G); tout en étant ainsi d'un verbe gé- 
miné, iuhious a un schourek, comme yâroun [Prov. xxix, G), de 
irnànàli; yàsclioud (Ps. xci, 6), de scliàdéd [Jér. xv, 8); ivelùbour 
{EccL IX, 1), de bdrour [Job, xxxiii, 3). Cette explication me pa- 
rait meilleure, car le sens de fuir rendrait la phrase languissante, 
et il n'y aurait pas de raison pour dire : rr Pourquoi l'uirez-vous," 
à des gens (jui. (Taprès Aboù Zakariyâ, ne deinanderaienl pas 



90 



OPUSCULES D IBN DJANAH. 

-j^\_:cJ Uji) ;^^jt A-*.3 !ii jLaJI ^^Luii IvX-gi c*:: me 'jy i_jJUi 

]z *~?" n'/yj u"û '"?" cj-« ^fl.-ii *iDun p ?" c*4J c*c /i* yi ^^i-*» 

j«ry*^^^Jl_5 ^Ux^iii ^^^f\*s> ^^-sîi -L*si ^j^ jÇWjiJi i*Xd>_j l'CljP 

^Li-A-w^i ij^-^fc J^i^^ ÎJvs» /j,<M*.£^»*k«-« ^LxUJîj ^LiklaiiL ù^£ ^^ 
nx \-nDm La^i-jU "did îD"D d; I^^^-j'^ '"!:;■" n-'h'J '2'cu p^c'n^ 
l.>v_ià Tpyn ]npi"i Ui^i^ T'isnn lîi' n-îDv''? n^ns l-AiLjij cm^ 

p '?i* m:: me '?i* "T N"? •nDxm □n-'^x nSi □rmi^j n\-in nn'jam 
(j^j-A-A-k-- i_^\<r ^^j) JyiJî S<Xiû i jp^' '^i 32-): '^p '^i'i pm:n 



mieux, et auraient déjà dit : ^Fuyons à cheval.^ Ce second sens, 
au contraire, est plein d'énergie et est surtout conlbrme au con- 
texte; ie premier membre rrnous sauterons à cheval w se lie au se- 
cond, "nous monterons sur des coursiers légers. n Le mot nânnus 
j)ourrait donc être remplacé par nà^àUh; mais, sous le rapport de 
l'élégance du style, il y a une grande différence entre le choix des 
deux mots, et le premier, suivi de tenousoum vaut mieux. Cette 
ligure s'appelle en rhétorique la paronomasie [ischtikàk et tadjtils); 
elle est recherchée par les prédicateurs et les orateurs. On en 
trouve des exemples, Jér. xlviii, 2; ibid.; Ez. xxv, 16; Mie. 1,10; 
Seph. II, /i. C'est là mon opinion, bien que le premier sens, en 
dépit de sa faiblesse et de sa laideur, ne soit pas impossible. Voici 
la pensée exprimée dans les versets 1 5 et 16 : Le peuple cher- 
rhail les grandeurs, il voulait s'enorgueillir en montant à cheval 
el cliorchor son |ioiiil d'appui parmi les habitants de l'Egypte; 



KIT\r, \l.-MOUST/\IJIIk. 91 

(«xÀJUo aMI ^jU tK-si-l* \yijLi iij (jv*-*-! (j\-*^ ^y^^^ *^ l_jjujl_^ 

Jot_»- 2Di: '7P Sin ci:: did "7^ l_y!l*j l_>ji Uo iiv nCiV: n'?'i sdhj 
ys_ft-j AjjLJi iv_yJuJL. ijiJoi □D-'cn-i V'?p'' p '7V pn:n p '^i* Aiy» 

j. iwl Ls.y JoLii_5 nD'jn ins"':"'! y'>_j l^x^i-ij Lcy <!*^3^^ r]"i: 

L.^A-J j, ,^ A-) ^l(j ■'33u'D ^nCJ er* DN-l'7N f]^jï\ P'Si: GC'j (ji 
' I). ,So. i(i; i\. /19, ;i3. — - D. 8-j, 19; N. 69, 95. 



alors le prophète leur dit : Soumettez-vous à Dieu, soyez Immhles 
et doux; ne vous fiez pas aux chevaux. Dieu vous donnera aide et 
assistance contre vos ennemis {Osée, xiv, h). Mais le peuple ne 
voulait pas; il s'écria : rr Sautons à cheval, montons des coursiers 
légers; 75 et le prophète répliqua : tf c'est pounjuoi, etc.,Tîen leur 
annonçant le châtiment qui devait les atteindre. Si nnnoiis 
voulait dire cf fuyons, n cette fuite, recherchée par le peuple, ne 
serait plus un châtiment ; il faut donc rattacher ce mot à mitnosesàl ' . 
Yoj//. Ahoû Zakariyà cite un sens, celui de Lév. vni, 29, mais 
il néglige na/tî [Prov. vu, 17). Mon maître, le scheikh Isaac ben 
(iaktilàh, reportait à ce dernier moi tânîf[Ps. lxviii, 10), et les 
expliquait tous les deux dans le sens d'arroser. T«n^ serait alors 
la forme lourde de naftî. 

' Celte explication trouva d'ardents adversaires, cités plus loin dans le Risdial 
it-lutihih. Voy. aussi Kitàb al-omuul, 617, 8-9, où lbu-t)janàli dit que sa démons- 
Iralion "excilail la colère de ses cuNieux et réjouissait ses amis.?? On voil encore 
des traces d<' la vivacité de ms rriliques chez D. Kamhi, Lexique, R. =>;. 



92 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

(j-«3 V''^"' ''^"'^ □"'i*'?'? QN ij- ^ i5*^i c^'^'ï"'? nx i L|-iLglA>);-,^> 

V*ï'':b (ji ji a_jL> ^ ^jJi --"': iLjjj (^ '7"i'?i*D _j.-i£> t^*>^i y*'»"':'? 

,^ LifcLix* -VvyJi SJsJÛ ^^ ^j\< U ^^rîTj nDD'Hj □■'2i2J"î'?_5 Q-irii:! 

(jv.A*U ^ t^Uu? (jv.*J! «Xjjdi 

i"?""!") rr^iwn -pm tsi-i^^ x-^n j^ p'^:*' p"':n s^,— 5'*x_j ^ pi: 

' l.e ins. et la vers. \\éhv. insèrent nt. 

Nous. Aboù Zakariyà place dans cette racine Cant. vi , 1 1 , mais 
il en éloigne la forme redoublée nôseshn [Ez. 1,7). Cependant, à 
mon avis, le .sàdè redoublé de ce mot est pareil à la même lettre 
redoublée dans losesîm [Osée, vu, 5), de yiilis [Prov. m, 3Zi) et 
titlosàsou [Is. xxviii, 22), et au mêm redoublé dans romémâh [Ps. 
cvviii, 16), de râm, qui sont tous deux des racines au second ra- 
dical faible. Une preuve que nomhn est de nous est le mot lenUàs 
{Is. i, 3i), qui est de la (orme Ji^lol comme nîhôah. Ne se rappe- 
lant pas lenîsos, Aboû Zakariyà s'est trompé et a placé nôseshn 
parmi les racines géminées. Sache que nosesîm, losesîm, rômèmàh, 
et les mots qui sont ainsi formés parmi les racines au second 
radical faible, sont des qualiflcatifs et non des participes. 

Nouh. Oublié. Voyez cependant le hifïl ivaUenîkêhou [Ex. 11, 9), 
comme waUebièhou. Ce mot pourrait aussi être expliqué comme 
une métathèse de yânak. 

AoMsc/i. Manque. Cependant waânotischcih [Ps. lxi\, -ji), 
comme wé'Akoumàh (Il Sam. wii, 1). 



KIT\n \[,-MOUST\MIIK. 93 

t_jjJi ! JsJi ^^ Lij! Joiilj -]Di cjL s 3ui aj^SÎ <^*>J! *^s-_^) j^ 
/A_)t_> (v_£fc<>s-J! j^*— * (il_L/« c:^! Jià_i\SI i <Xi& wa*mJL)j /wjfitXji j<vui 

/j_£Û»xJ1j ^^jmJS J-*-^^ vii.L« CXJÎ Jo j-xX*? ^J,*^J^ LJ^.ji*éJ >i JjJ'J 
"i^N* IIP^ AAJ Lt^i JliJ ^ <>oLi..i (i\là;»JcJi J^ufL-w t^ 3112 »Uv« Lfl^y 

<>Lj^JljiJI jjoLasï'^îj -}i.ia-*w«-^î j-^^^^ ^-^ «^^-^ nDSinn u\v 
oLo-^ nDCDj nC'DD Jî ol-»^i^ t5«>^À* 3"1"'3-» ^1-^ ^ *yj^j^î 
' 1). 84, 3; N. 5o, îu). 

5oufc. Dans le premier des deux sens donnés, Aboû Zakariyâ a 
passé la forme lourde wayijâsék (II iSr/wi. xii , 20), et peut-être yîsâk 
[Ex. xxx, 82) d'après ce que j'ai dit ci-dessus dans le paragraphe 
yâsak. — Il a encore négligé un autre mot de ce sens que je veux 
rapporter à cause de sa forme étrange : c'est un nom dans lequel 
on a redoublé le troisième radical, hassôkêk [Ez. xxvin, ik), que 
je dérive de sôk [Dan. x, 3) et traduis par l'huile. Le sens de la 
phrase est : Tu es un roi de l'onction avec l'huile, c'est-à-dire 
avec l'huile dont on se sert pour oindre les rois et les chefs lors 
de leur installation; en d'autres mots : Tu n'es pas un chef 
insignifiant, mais un roi puissant, oint de l'huile. Il nomme 
ce roi Knoub pour le glorifier, et il continue de même : Tu 
marches au inilieu des pierres de feu, ce qui veut dire, sans 
doute, parmi les substances simples, les êtres célestes et spiri- 
tuels. Keroub est donc annexé à mimschah\ et celui-ci à hassôkêk, 

' C'est lin 7nasdar. on infinitif, d'après Ibn Djanàli, Rihmah, 89, i8-33, dans 
le sens d'un participe passif, J^Ày» ^J\.si^, comme dirait un grammairien arabe. 



9Zi OPUSCULES DIBiN DJANAH. 

A_:c_sL»i (^ cK-A-Ji nrr n'ô'DC y^jS^ d^'-ïd •O'^Drù"?* i lIvc -^Uo 
-•^' ■'::n -i-'ic ^2^- _^_5 îvX-=i-t_j Uy (j*JiiI I Jsj& ^^^ Joiil ^ ->",c 

1 J^^îj Lcîifi^ (_^4i ^^ & ^j^^ (^*iJ' (jr**.^J5 tr* J^^' ^y-î' 
' D. 8.'i, 19; N. r)o, 10. — 2 D. 8/1, 8-i(,; N. ôo, 9o-;î7. 



qui signifie l'huile pour oindre; sokêk est pour sok avec un kaf 
redoublé, comme scholéf [Jos. xxiii, i3) de schô! avec un ijl re- 
double'. Le patali de mimschak prouve qu'il est en état d'annexion. 

Soiir. Aboû Zakariyà a oublié un sens, celui de sôrêr [Lam. m, 
11) et celui de sîrîm [Osée, 11, 8), dont sorêr dérive; car, j'aime 
à considérer sônr comme un parfait avec le troisième radical re- 
doublé, comme kônén {Is. li, i3). — Dans le premier des deux 
sens qu'il donne, Aboû Zakariyà a omis le passif {Dan. xii, 1 1 ; 
haïe, XVII, 1). 

Sont. Aboû Zakariyà dit dans ce paragraphe : rr Sache que le 
(làgêsch dans le tàiv de hèsattàh (I Rois, xxi, 20) est contraire à la 
règle, car la forme régulière est hesat ou hésît pour le masculin, et 
hèsatâh^ ou liésitàh pour le féminin sans dâgèsch.v Cependant un 

' lUhnâh, lii, 3(1 . il Inut iijonlfr après -Jiib, les mois m rncr». — Nous avons 



KITAP. AL-MOUSTALIIIK. 95 

xjçjb iU^X* nncn <^ I^^Xi-^i «o-^jî ^' nncn c>,3jJS^ _^5jsJ^ ncn 



(le nos contemporains, dont le savoir mérite confiance, veut que 
ce dâgèsch soit reconnu comme ayant sa raison d'èlre. Il dit que 
Il ifa I csl une des formes lourdes du verbe ^; exemples : Imay, hèfar: 
on peut donc supposer hèsal au masculin, et hcsotâli au léminin. 
Seulement on a ajouté un second signe du féminin, changé le 
premier, qui était hê, en tâw, ce qui donnait hêsat-tâh avec deux 
tâw, dont le premier, troisième radical, a été ensuite inséré dans 
le second, premier signe du féminin , et Ton a ainsi obtenu hèsattnh 
avec ihigêsch. Ce même grammairien poursuit : ff Un exemple sem- 
blable est héhbe'atâh {.los. vi, 17)-; le parfait masculin est héhlnV, 
fém. hehbe'dh, auquel on a ajouté, comme dans hèsattâh, une se- 
conde marque du féminin; le hê de hehheah a été changé en tàiv. 
et Ton a obtenu hehhé'atâh. Un autre exemple est nijleotâli (II Sam. 

ponctué hésatdh, bien qu'il eût été plus correct d'écrire liesplâh, et d'admettre, 
selon Ibn Ujanàli, un clianjjenient de l'e en n, à la suite du (l(li;rsrli insi-ré dans 
le tàir. .Mais notre auteur aurait alors indiqué cette translorinalion. 

' Celte opinion , approuvée ici , révoquée en doute , plus loin , dans le trailt- Al- 
lahth wat-lashil, vers la fin, est définitivement rejefée, Rihmdli , ^lo, 3(5. 

- Avec pulah sous Viil<jf.( Vov. Minljal Scliaï, ad li. 1. ) 



96 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

^jLd>^_5 (:3>j«-îi cKiJw (^»XÀA ^;^ '*^^ '^'"'^ î^^'"'"' syS'^N? x*î îû"'r 
<îujIs ^Lr»- Lj£>-cIî ^jI^ U Qùjtj i)l 'n "li'v, -;i-j p|y<,i ^t»,"] Qp^. jot^ 
î3"'i' ^^L_x_-« (j^ cna l:""'"! 4^.x-« t-^ Lc;^_5 (jv*Jl Jjcx* _^^ nnc 

^;_A_ j ^_>w._i_j jjl ^^->ia4 t5*>'Ji n'^'LÎi'^ ^^-iN dd'ju? <>xx> (j^ -!;^i 



I, 96), où le Ae s'est ajouté au frîn' l'éininiii qu'on rencontre dans 
rnJlât[Ps. cxviii, 28). 7? Eh bien, cette explication me parait bonne. 
'//. Racine oubliée. Cependant wayyâ'^at (I Sam. xxv, ili) me 
paraît venir dun verbe au second radical faible, car le ySd a un 
kâmés, comme, en général, les préfixes du futur dans ces verbes; 
exemples : ivayyàkom, ivayyàschob, ivayya^af (Il Sam. xxi, i5), 
wayyâ'^ad (II Bois, xvii, i3). Quelques verbes seulement, qui ont 
pour premier radical hêt, font exception et prennent pour les pré- 
fixes un patah, comme xvallahasch {Job, xxxi, 5), 011 le tâw Apalah, 
malgré le second radical faible. Le sens de waytja^at se rapporte 
peut-être à celui de ayit, qui désigne un oiseau; le verset signifie : 
Il se mit en colère contre eux, cria après eux et les chassa. Il 
n'en est pas de même de tvayya'^at (I Sam. xiv, 32), qui est de 
'^âtâh, comme he^ôteyâh [Cant. 1, 7), qui peut signifier : penchée, 
baissée. On le reconnaît par \q patah qu'a le yôcl, comme c'est l'ha- 
bitude dans cette classe de verbes; exemples: wayya'^as , wayya'^on , 



KITAi; AI.-MOUSTALIIIK. 97 

xjls JL^ajUNI^ v_jLij.Jl li ^1 i<ié cjLaJ! ^>^I ijsjft ^^^ nn" n:y 

D'^^'^n'? ">c;î: nc^i* t Liû^x-si-i çlyl cyi^' (j^uUi i 4XJ^ i j5i r^i:; 

ù_jio yl ^»XÀc c_>^i)l_5 iD y:"'" Fi''i?nn ^*^ (j-« nD"'i? iriu' nc?y 
i^-r^lj Lt^j nriDi' yix nc-'i' ^nu-* nc*y y_^j ijl JJi_j (j>-*y 

nDî" "TN (^L-x_^ *X_^ "i'^j'^y f]"'i*Pri (^-x-» (j_^Xj_5 7DN "ICD *ijj> 

^o *^ •'-? ''^•' ^v^-***^" cS'^"'' n\~ip ip3D riE}"n 4^^ (j-« x»! (^>s.\ 
t_A_^.:; sUjt^_j ^n^n •'DD'ii'2 "TCDlir ï]D"ii* ^^ JoùJl -^J oCtUi^ 

' D. 85, 18; \ .■)!, l'i. — ^ D. 85, 23; N. 5i, 



18. 



waita^ad [Os. 11, i5), qui dérive de Vf5a/<, '^ânah, '^âdâh. Tous ces 
verbes suivent celte règle, excepte' en pause et à la fin du dis- 
cours, 011 Ton met un kdmés. 

'^Ouf. Aboù Zakariyà cite trois sens, représentés par/eVem<e, iv, 
3 1 ; Prov. xxiii , 5 , et Ps. xci , 5 ; il admet que "éfâtâh [Job , x , 9 2) ; 
et V/rJ/t [Amos, IV, 1 3) puissent se rattacher au second de ces trois 
sens. Il me parait plus probable que ces deux mots ont une signi- 
fication particulière et qu'ils désignent l'obscurité , comme on le 
reconnaît pour V/^Vi par la comparaison à' Amos, v, 8, et pour 
"êfiiUlh par les mois qui suivent dans le même verset; tandis que 
hàtà^îf [Prov. xxiii, 5) aurait le sens opposé, c'est-à-dire celui de 
tn^ouj'àh [Job, xi, 17), qui veut dire briller, éclairer. H existe donc 
un quatrième sens, auquel il faut rattacher la forme lourde au 
troisième radical redoublé be^àfefî (Ez. xxxii, 10), qui signifie 
briller, étinceler: et de même, he^af^appè [Job, xm, 10), oi'i le 



98 OPUSCULES D'IlîN DJANAlrl. 

^i■^i iàjMXKj X:s^kj â^AwJUJ f^'^^ ^Js-iû 

^_^ JUiil Aji -jLAj Jlij^ rz'-p ]rjf2't2 iiv: "t i»x^ i J^^^^i -iii* 
-)C'i<3 ■j'? "•P^p"' ?]CT' S:"» N'bi \">jt:p A-j) t^ L-A-AiU :5A.xj u^^ 

' D. 80, 10; N. 5i, 27. Les mois ;i::. i^t: iij; ^^W manquent dans les deux 
versions; mais ils se trouvaient dans le texte original de Hayyoudj. A oyez Biknuih , 
6i, 3i: Miklàl Yôfi, ad li. I. 



second radical s'est perdu à la suite du redoublement. Si liàtâlf 
et "èfàuih, comme le prétend Aboù Zakariyâ, avaient une même 
signification, il laudrait expliquer le verset Prov. xxiii, 5 : Sa 
perte et sa disparition ont lieu dans un clin d'oeil. Mais tâ'^oufàh, 
be^ôfe/î, ke'afappê forment alors un quatriènie sens, qu'Aboù Za- 
kariyâ a passe'. Si liâtà'ifesl reporte' à ce quatrième sens, le verset 
veut dire : Ae jette qu'un regard sur lui, et il disparaîtra. 

^Our. Aboû Zakarivà a placé dans cette racine le mot nê'ôr [Zac. 
11, 17), qu'il prend pour un nij'al, comme nà'ôr [Ps. lx.xvi, 5) et 
nâkôn. Il vaut mieux considérer le noiin comme premier radical, 
et le mot comme un parlait ' de la l'orme kiUôntt [Gen. xxxii, 11), 
yâkâl [ibid. xlv, 1) , yàkôschtî [Jér. l , 2 Zi ) ; scliàkôltî ( Gen. xliii , 1 i ) ; 
la vovelle du premier radical a été changée sous finfluence du 
""aym, influence qu'Aboû Zakariyâ a dû aussi reconnaître pour 

' Kamln, Le.riqtte, R. iv:, attribue l'anssement à nolii' ;nitcur Topinion que ce 
mot était un qualificatif (npr>). 



Kirviî \I.-Mul STALIIIK. 99 

(jaA^Jl tjsjû ^ Vw'-p ]vj^f2 Ti": T 4^j«-«j nccn nu-'i-'? "i'?^'' nSt 
U lovgj "i>*i: """l'Tn t^^Ui Uàjl (J-a^àJI i Ui_^A,«jùL»vl_j iùil!l a^xjt» 

J 

^j^ JoLii^ L»! i<JjSl> j^OvJl jUJl A>_^l I J\_Jû Jwtksi Jo AAi y& 
v*»-_£&i LicLii^ ikXj»-!^ lAnitf^ ^j««.À=?' tjsJft kj iîOCaAjC>I (_g«xJl ç-y^^ 

Ijlj^JiLJûI jJiL4.j^ Lt^Abl (->jia*h3 *jl^ »^^cwjij' U!« SwSis cu^X^aï 
' Babli Beràkôt, fol. ;j ri. 



juslilicr son opinion. La racine na'ar signifie rugir, crier; elle 
s'emploie pour le rugissement du lion {Jérémie, li, 38), où na^à- 
rou répond sans doute à yische'àgou pour le sens, et à tjâhehu 
(Nomb. i\, 6) pour la forme. La pense'e du verset de Zacharie est 
exactement celle (jui est exprimée Jéirmie, xxv, 3o. Les anciens 
sont allés encore |)lus loin et ont employé cette racine pour le 
braiment de l'âne. Telle est mon opinion au sujet du mot 7iâ''ôr, 
sans que je veuille accuser d'erreur Aboii Zakariyâ pour la place 
qu'il lui a assignée. Seulement, je crois que mon explication 
vaut mieux. — Aboû Zakariyâ a aussi passé dans ce même sens 
un exemple que j'y place, savoir la forme redoublée, qui, par 
suite de ce redoublement, a perdu son second radical, "^«jVt 
tifar^ar (Jér. li, 58). Le premier de ces mots est un infinitif, 
comme kalkél [ibid. xx, 9), et l'autre, un hitpaël , est l'exemple 
que je voulais mentionner. Le sens est : Ils seront secoués et 
ébranlés, et le verset de Jérémie répond à celui dKzécbiel. wvi. 



100 opuscuLKs i) \n^ djanaii. 

"n-i""n nNm'i^r ex c-^i^n i'?:.*"'* T!".^*"' v^v -;"!"r": -":; "'3'?*jLo Ui^j 
Ui L=:n^^"i:'D '-?^- 'i2^-:r> yj!:'"? mi"i .Tlîl'd j-^^^i-î U^3 (j^i-ii 



10 — 11 faut encore rapporter ici hà'^ar''ar [Ps. en, 18), qui est le 
redoublement de "ér {Cant. v, •?.), bien que la voyelle soit changée, 
et qui désigne rhomme qui consacre ses veilles à l'étude. Les 
mots^êr/ârér [haïe , x, ^6);ye'àrou{Joël, iv, 19); taîrouei te'ôrerou 
{Cant. II, 7) ap])artiennent à un même sens, parce que tous ren- 
ferment ridée du mouvement. — Aboû Zakariyà a négligé un 
autre sens, savoir celui de ive^orâh {h. xxxii. 1 1), et de me'ôrêhém 
{Hab. II, i5); le premier mot est un infinitif sur le modèle de 
rô^àh {Is. XXIV, 19), infinitif de terô'èm {Ps. 11, 9), avec un hè 
ajouté comme dans peschôtàh et hàgôroh qui raccompagnent; 
me^ôrèhém est, selon moi, le pluriel de ma^ôr, comme mâkôr, màgôr, 
mâlôn. Ma'^àrêk [Nah. 111. 5) est d'une racine différente, d'une 
racine au dernier radical faible, de he^ëràh (Lév. xx, 18). Sans 
suffixe on disait peut-être mcCar. comme mimmaal [Ex. xx, 6, et 
passm), de "àUh; ou plutôt, ce (|ui vaut mieux, mnàrrh, comme 



KITAT. \L-\10USTAIJIll>. 101 

n-j'w'D ;jl i)l ^-^Jîi_j tij^Ji _j.-;i>^ ^- J^^.i .x^i_5 n-yn mpD ns- 
^j\^ ^_5 -!^\II "iKxM -j-î^Cj n^i'H^ tjvjJt "^iKjLx^ crr-Tiri: b>'j nti'i 

j.^JI ^IJî -^'JZ' '»^j ^ ^rD iol^ài)! JwAi ;j\(5 :^^i pi'C i (<Nii 



■mààsèh, mar'éli, el eu ajoulaiit le [)ronoiii ma'àrêk, coiiimo marèk 
[Cant. II, i6). Lin autre grammairien a pris le mêm de me^ôrêhém 
et celui de ma'àrék pour une lettre radicale, sans rattacher ces 
mots à une racine connue : selon lui me^ôrèlién est le pluriel de 
nui'ar = scha^ar. Ma méthode, à moi, consiste à rapporter un 
mot inconnu à une racine connue aussi longtemps que l'analogie 
et l'induction appliquée aux formes grammaticales ne s'y opposent 
pas; nous avons ainsi reconnu le rapport entre me'orèliém et "ônlh, 
et entre ma^àrêk et hé^ênih, d'après une analogie grammaticale 
exacte. Les (|uatre mots ont la signification de mettre à nu, dé- 
couvrir; seulement,, les deux premiers viennent d'une racine au 
second radical faihle, et les deux autres d'une racine au troisième 
radical faihle. Du resie, si le nièm de mn^àrék était uiw lellie ra- 
dicale, et que ce mol, sans sulfixe, fut itia'^ar, conjme sclui'dr, le 
pluriel serait i«t''m«m, e(, avec le sullixe de la Iroisième personne 



102 OPUSCULES DIBN DJANAll. 

^-A-jLJI *l; A_AJ oi-sUaj t-*:^^ iXi»-i_5 (jai^ (j^-*^ t«XlÛ ,^^ ji 

A_x_j *!^ii '?*'?yï: <\3j ;^ TiiNî rÀ2p □"'jD '?2 iv^ J^^^l l*>^-d> i 
^.i£)i> .xj^ en;: iddn □"•2213") i ^^^ Js-l\<' -^nNs: lîinp c*:^ V: i 

^j|j Jl_^^l ^\ ^j^ 1 JsJÛj Tn23 "!N S'Ji^ ^l^wXS r^2p yl <jl r*^ 
' D. 8(i, i3: N. 5i, 33. 



du pluriel, ma^àrèhém, comiuc srhrnrhn , sclia'^ârèlu'm (E:. \xi, 'jo). 
— Daus le sens ([u Aboù /akariyà menlionne dans cet article on 
rencontre une renne qui redouble son |neniier radical d'une uia- 
nière étrange, savoir î/e'^o'e'roM (/s. xv, 5). 

'^Oiit. Dans le premier des deux sens, Aboû Zakariyà a oublié 
le hitpaè'l [Ecd. xn, 3). 

Pà'nr. Oublié. Cependant on a la Tonne lourde pe'flw^- (7«. i.v, 
5); futur, yefâ'ér, àfacr [ibid. lx, 7); infinitif, lefaêr [Ezra, vn, 
27); nom, tif'àràh {h. xxviii, o) et tif'àrél (Er. xxviii, 9); hitpnël , 
yitpâ'ér [Juges, vu, 9), liitpnér [Ex. viii, 5). Vâléf s'est adouci 
dans paVowr [Joël, 11, 6) d'après le paradigme pa^/ow/, avec redou- 
blement du rêscli, comme dans sclia^ârourlt [Jér. xviii, i3), de la 
même racine que basclisclwàrim [ibid. xxix, 17); le sens de Joël, 
II, 6, ressemble à celui de Joël. 11, 10. On a voulu comparer ce 
pàrour avec bappàrour (1 Sam. 11 . 1 /i ) ; c'est une opinion absurde et 



KITAH AL-MOUSTAIJIIK. 103 

njDixm rnsî n^'D^- T""^'^* "''^*-'"' ^*'^^"=*"' ^y-^ ij^^ i^ JU^iil 

JL.»..m-:.:-^wi Ui_5 1-'?'' rmND nnm cDw'n r]iy h2 i::p rnDi'ca 
"'jpzn'? Lwà-jlj Ijû^-w-5j ^xillift ^j ^^\ iDïy înnxn nn nrcw "]'7D 

' l). 87, /i; \. :)!>, /i. 



uiu* coriiparaison détestable^. — - Un atilre sens de la racine se 
trouve dans tefaêi- [Deut. xxiv, fîo), pou'ntk [h. x, 33), jooVofmi' 
(£"3. XXXI, 5); ce dernier mot signifie : les branches, et lô' tefuér : 
ne ramasse pas les olives qui sont restées sur les branches après 
la cueillette, de même que de la vigne il est dit lô' te^êlêl [Lév. xix, 
10), ne grappille pas. Le sens de^;o'ro( est attesté par Et. xxxi, G, 
oij ce mot répond à se^appôtàw; celui de /o' tefà'ér, pour intei- 
dire de prendre ce qui est resté sur les ^6'rd?, branches, repose 
sur un idiotisme de langage, qui est un des plus concis et des 
plus élégants que les Hébreux emploient. Ils disent de même 
"isseiiid [Jér. h, 17) pour casser, briser les os; lihbablint [Cant. iv, 
9), tu m'as enlevé mon cœur et mon intelligence; wiujijezannèb 
{Deut. \xv, i(S) el wczinnabtém [Jos. x, 19), pour attaquer l'ar- 
rière-garde. 

Pouvait. Dans le premier de ces deuv sens, représenté [lar Caul. 

' Uounasclt , p. oj. 



106 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

-ibv ^'jj Ti-'-^n yb'j m:i< n-'S'' nîn ^<.^J^ j^LoiJtj JvxJiJJ! J.xiJI 

L-ff_^ J^-t-*î_5 ^VIN*? Tip"'!:,-!"; _^-£l!>_5 Ijv-s^i^y Uy <îOç3^5i 'pVi* 

^^Ji u*^-? -'*^'"' '''^'"' '^^^J? tA^ '"-" F*^'^ n'Z'm: pii*^ pNiyûj^^i 

Jytî! ItX^ !o^r=» Axi ^**^^.^î bij yrj'r ah 

t;.wra-!jJS (j>A!i ^^j^rLJl |?ji (j^£.\ pS c-jL ^ i(.j^5i. ^^»xJi <^>jJi 

' l). 8ç), 16; \. 53, ;5i. 



11, 17, Aboù Zakaiiyà a passi' imc partie fie hi l'oi-int' lourde 
Ez. XXI, 36, cl Cant. iv, 16. 

6om/.-. Aboiî Zakariyji donne un sens [haïe, xxix, 2), et en né- 
glige un autre, yàsoiih {Job, xxviii, 9, et x.xix, 6), comme yà.soui; 
yâschoub. Le schaikh Ls.iak ben Gaktilàh croit que sàkoun [Is. xxvi, 
16) est un pluriel du parfait d(; cette racine que nous complé- 
tons; le noini est ajoute' comme dans i/àde^oiin (Dent, viii, 16). 
J'approuve fort cette opinion'. 

Su. Racine passée. Nous trouvons le hipl : (hltéiuuih [Is. xxvii, 
U), comme àschîbénnnh. Peut-être liissltou (Il Sam. xiv, 3i) vient-il 
aussi de cette racine, comme nous l'avons expliqué dans rarlide 
Loun, c'est-à-dire que la douce quiescente qui, après le hé, doit 
remplacer la lettre omise, et qui est ajoutée dans hésehibou, hè- 
biQu, hékîmou, se trouve ici insérée par un dàgéscli dans le sâdè-, 

' Voy. liikmàh, 36, 3. Sa'adia Iradiiil éj^alouieni : U~5 L l/J 'yy^- — -D'après 



klTAH AL-MOUSTAUIIK. lOf) 

^1 Las-jI ij-^,^ AlS^l JsJL^\i "H'-ïn ,j-* :>l>waii i *^^jl l^'^p."!;, 

yt ^^ "iPîi"' CN^ i^"»- '^2232 n*jm ^j-« <\-il-u, ^JLx-ii H^ït: in''i*n 
^yS-j^ f\j Lift^lî 4^Ji JL».ii/l ,j^ "îp':,*"' Pîim n^i'c Tn"'i'n (j^-r? 
nïT"! iLo i A^cXÀA) _j^ j)J Js.5j, 2"'^?^^ *2"'ïn t^ j^ ^^ ^L-w^Ji 



ou bii'ii il va melathèse de sît [ijàiial); la lettre qui, dans âsttén- 
nàh, était second radical, est devenue premier dans hissîtou, qui 
s'est formé alors d'après hissîbou (de yâsab). Memît {Ez. xxi, 3) 
admet les deux mêmes analyses que liissUou. Ces trois mots, àsî- 
ténnùh, hissîtou et massît pourraient aussi, comme wattissat [Is. i\, 
17) et yissattou (ibid. xxxiii, 12), dériver d'une racine sans lettre 
faible {nàsat); le dàgésch, qu'on devrait alors trouver dans le sddé 
de àsltennàh, aurait été supprimé pour alléger la forme. Tous ces 
mots ont peut-être aussi yâsat pour racine : àsîlénmVi proviendrait 
alors d'une métathèse de yàmt; dans liimtou et massît, le premier 
radical aurait été inséré dans le sddé, comme dans hissîbou, mas- 
sib; on aurait procédé de même pour wafteaf et yissaltou, comuK.' 
dans éssâk (Is. xliv, 3) yisseréhou [ibid. 12). Mais quelle que soit 
la racine de yissattdu, le ddgésch du tdw provient de la pause. 

Ilayvoiidj (D. .'39, 13; N. ^{'i, l'i), Ibn Djanàii (Rikmàh, 78, 27) el les aiilres 
{{rammairiens anciens, Va long dans des exemples comme jfrikouin {pour ijilavôin) , 
f'I Te long dans licliun (pour hikyîin) renferment des quiescentes donces, alijf et 
ijôd , destinés à compenser le second radical omis nii privé de sa voyelle. 



106 OPUSCULES dii;n djaaah. 

(jU nN2 DZ-'TnvX "'::n iiJ) (_^ nxp -^'ùw: vW'i î>>^-* i Ji* xip 
J^A_^ ^î Jyu ji ._,^j^ ^\^ Lfîj ioLo un; il hn:: [:2"'""riw\' "zznj 

JV-ji A_J iijii (j\^ ^i^ i.ÙA~>^ ^\^ Jo« _^ <J«>^^' "'? "3"'? "i*? "'2 
^^ *Xj !i\i Lxi-jij v_A-*.*« 4^»J*-« vji-J»XJ mN'^ cr"'"iriN* "'jjn J<jiL/o ioiiAs 

nxp iS'^n Tw'n:; IiÀA!i iJ^ifc iuiïi 
□n"':-^2 *L:p:"i 'aa^ JlxAjiJI (_j!j ^ ^Uil AJUii j Js.o ij5^ •l:"ip 
v_àjU^ Aii^i i aj! ^_^ ^!_5 cK-s-'i l*x-û^ c^'lTîw D'y'?'? •:':: %^ 
i i:>3^-i.w« sbo^.^j J.JJv5^ liÔ^*iw« sbi^ Uiî ^^ UI3 *LkJi 

y^ ^ùS ^j^ (jl; ^Li ^^i)i_5 «S'j-^ l^Ov.ja-i ^rv..Sf;.jS:o (JV«-SÏ^ 
' D. 8(), 21 ; N. 53, 17. qui n'a (jut- Je mol rr;. — - I). 6(), /i; N. ^9, 11. 



koxi. Dans cotte racine, Aboû Zakariyà coni[)ai'c kaàh {Lév. 
wiii, 28) à bà'àh (I Sam. \\\\ kj). Sil veut dire pur là que kù'àli 
est un féminin du pariait ayant le sens du futur ', la comparaison 
est fausse, puisque baàli est un qualificatif; il aurait dû comparer 
bthàh (Il Rois, \i\, 21), (jui es! Lieu un féminin du parlait-. Si, 
au contraire, son intention a\ait été de prendre kaàh pour un 
qualificatif, comme baàh, il se serait arrêté à un sens peu accep- 
table, et kà'àh devrait être précédé de h". 

kout. Dans Tintroduçtioti de la dernière section, au chapitre 
du nlfal, Aboû Zakariyà place œenàkôuou [Ez. vi, 9) à côté de 
nàhùnou [Prov. \ix, 29). Cela prouve d'une manière évidente 
([u il avait lu ce mot sans dàgèsch dans le têt. Nous le lisons avec 
dàgèsch et le trouvons ainsi dans deux bibles correctes. Tune de 

' En elFet, les Chananéens eux-méinos n'élaienl pas encore expulsés. 

- On le voit par laagdli , (pii suit. Bdzdli esl, en outre, le seul exemple certain 
«le celte l'orme ayant raccenl sur rnitiènie, et «|ui puisse servir de modèle à kâ'dJi. 
J^'auleur du 'En hakkàrr' rappelle en ([uelques mots les deux opinions de Hayvoudj 
et d'ibn Djanàli.(Voy. aussi Likkoutè Kadiiwn. j). 70. ) 



KITAP. AL-MOUSTAIJIIK. 107 

i)v>o ^jv^ Dn*L:p:T iyû ^^o^Jl (jsWI (jS'L^Jl ^^ ;jl t^-c_j ji 
j^jfcS^j 4^*-« li (^X.oi bj5>j ^i tk^ji M^^-^j lîûpj" t.^-*^ Os.»-! (j~* 
cji-Jî i'?CD •Jïip"' ic\v nû'oipriNi an*i2p:i -in^ 'oipx <^-« ^ji ^^1 
^i_ji (j^ 14 ^J\^>^\ ^ct: napj on"':î2 rjp:i c^ij«i^ ej>*^' ^Xxx^ ^^ 

' 1). (J6. i5; N. 09, ao. 



'Irak et l'autre de Syrie. 11 dérive, dans ce cas, d'une racine gé- 
niine'e, comme wenàgolloti [haïe, xxxiv, k). Mais, sans dàgêscli, il 
\iendrail de loiit, comme Abou Zakariyà le croit. A rap[)ui du 
dàgéscli vient ndketàh [Job, \, 1), que je considère conmie un nij'al 
de kâtat, de même que wenàsehàh [Ez. xli, 7) vient de sâbab, et 
wenâhelâh [Gen. xi, 7) de bcdal. -— Ounekototém (£":. xx, /i3) dérive, 
selon Aboû Zakarivà, de koul; mais ici encore, la douce quies- 
cente qui, dans ounekototém, est second radical, remplace peut- 
être une des deux lettres semblables de wenâkôttou. Il pourrait y 
avoir aussi deux racines dans le même sens : âkoiil [Ps. xcv, 10), 
ounekototém, ivaétkôlàlàh {Ps. cxix, 108), yàkôt [Job, viii, ih). 
(pii, dérivant de kout, auraient le même sens que ivenàkôttou cl 
nàkelàli, i\m ont kàtal pour racine. Cependant, si le têt de wenâ- 
kôttou était sans dàgésch, alors nàketnh viendrait de nâkat. — Un 
lecteur me blâmera [)eul-è(re de ce que je mets en doute si, dans 
Et. VI, (), le tèt a un dàgésch ou n'en a pas. (ju il sache (ju(! ce 



108 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

^jw. <»,_j! <x-*-9 i-^xia-*.' di.ii ^_^^ ^xi\ j, ff.xAoyJi_ cr^*^j c^**»^ vi 

v^.&.'.x2-li (j-« ^ Lci -<\.:^«JcJi ^j^ »b>Kju^! jJ;5l jj! ,_^j^a£ <_jwo1 

"|''\S* VT'"! ^^J ^-"-t»!; ^^ lM^'^ """JH VT~ '^'"^ ciA-iLoi^y "iVO \"'ïp 

"pn N2 y\.***xj^ Mj'ï'nn njizTn ^jj (_^ iiÀ^c "j'ï^pn ^y^ ,j^x3 
U»l_j (jsxJ) tK**»* VT~ (j*^ if'jJt-i ^j~* Aji /c^ii cv^j yp ^*-« (j-« 
Ui_5 ci5>^' *>^-5^! j.liJsji) viiJi^ -2:p "'^.•p *,:;p Jli^U-i^JL* axLo 

' D. (p. :i; N. 5^, :U). 



(loule vient du respect qu'Aboû Zakariyà m'inspire el du rang que 
je lui connais dans la science; autrement, je me serais prononcé 
cate'goriquement pour la racine hàtat. Ce qui me lait en outre 
hésiter ici et ailleurs, car avant fout je tiens à affirmer la vérité, 
c est que les copies de la Bible sont notre principal moyen d'éta- 
blir un texte correct, puisque les maîtres pour nous enseigner et 
nous instruire l'ont défaut dans notre temps et dans ce pays. 

hous, Aboû Zakariyà mentionne trois sens : Is. xviii, 6; Gen. 
wvii, Zi6; Il Bois, iv, 3i. Il en a passé un quatrième, le parfait 
liéids [Ez. vil, 6) , et le qualificatif /m/.7.7.so/ia// [Ex. xxvi, Ix), d'après 
la forme de hattîhônàli, huhUonàh. Le passage d'Ézéchiel veut dire : 
Il est arrivé le terme qu'il l'avait fixé, la limite qu'il lavait déter- 
minée; hélh emprunte donc son sens khès, sans être à mon avis 
de la même racine, car celui-là est de kom et celui-ci de hàms, 
comme on le voit par le dogéscli inséré dans le sodé dès qu'on 
ajoute les suffixes : kissà. I/Issi, his.scl,-. Le mol hriLI/tsàiiàli . que 



klTAi', AL-MOUST.M.IIIK. 109 

Hf * iwo i-A-3 ^.xJtî S«x.iû jj-» A-ji XAj UAi 0\.ji Iào (jI^ rijiï"'pri 
i^J^^ ^^ 4^1 cU^^Vl oj^i ^l?Wlj ij*xii ^ji ^ ^it AAJ^k'l 

iS^jt^ j, C'i'n c "iipc ;«-* nr.i npi v'-^-^' ''^■'^ ^ J^i-:>i "!ip 
iCi*" "«D i»-i-p "':•:'?'; <^L)c<i ,^^ cm -;p^ ^Ji/ (jUi*^ ^j »Xù-!j 

w^iNTi A.V_i-«_j ^-)*x-ijJl ^!j.Ji i J^oi)î_j r|-iri'' -soi "'wT: ^''iN* 

' I). 9 1 , ()-i o ; N. .")'! , 3.')-;{f). — - D. 92 , 1 1 ; N. 5.") . i 8. — M). 92 , 1 7 ; 
N. 55, 9 '1. 



nous avons rattaché au même sens, signifie ce qui est à l'extié- 
mité, car le terme et la limite dune chose, ce sont les extrémités 
qui en sont les limites. 

Koiir. Ahoû Zakariyà a réuni ivekôr [Geit. viii, 22) avec mekôr 
{Jér. II, i3). Mais ce sont deux sens, et le premier se rattache à 
kârâtô {Ps. cxlvii, 17) *• 

koiiscli. Ouhlié; cependant voyez Is. xxix, 21. 

Houm. Ai)où Zakariyà dit dans ce paragraphe : r Sache que erô- 
màm [Is. xxxiii, 10) est pour étrômâm, et le résch devrait avoir un 
dàgêschk cause de l'insertion du tàw. v II ajoute : r II en est de même 
de ijh'addof[Ps. vu , fi ) , qui est pour yitraddôf, et où le rèsch devrait, 
avoir un dàfjésch, et de haiddàrosch iddàiésch (£:. xiv, 3), où, 
selon moi, r«/ç/ indique la première personne, et oij le dàgèsch 
du dàlét provient de l'insertion du Uhv.-^ Je n'approuve pas cette 

' Voyez Kit. al-ousoul, rac. Tjp. ttayyoudj n'a pas cefto racine: lt>n Djanàli 
paiail ici la rallacluM- à ^)p, c{ no la rionimo pas plus loin parmi les racines onliliécs. 



MO OPUSCULES D'IBN DJANAIj. 

yjpL^JI ^Unst-S i^j-* (j^*->W! i^ ^.^iwi ^j *l^l JIo^jI fj\ \^\jj, 
ricx"" ï]DNn "'-?:n'' '"'zn" cNi ^nr |n:n ^: i^) ç^j^-ao^ z'^in 

i^i Jyii bî^ -iDcmn "Cîzrn^ iT:î:rn^'i n-rn -inD ic"^n cnx 

' I). ()3, i: N. T)."). .i."). 



opinion, qui est évidemment fausse, si Ton veut bien l'examiner. 
Je pense que ïàhjfde ha kldàrùsch remplace un hê, et que la forme 
primitive aurait été liahiddorôsch; mais il a paru })lus facile.de 
prononcer un àléf au lieu du hé que de réunir deux hè consécu- 
tifs. Ce mot est donc l'infinitif du nlfal, précédé d'un hé inter- 
rogatif, et est formé comme hinnâton [Jér. xxxii, U), hé'âkol [Lév. 
vu, 18), liêWsôf {\\Sam. wii, 11), et les deux derniers exemples, 
-sans l'influence de ïâléf, auraient un dàgêsch comme hinnàtôn. — 
Aboû Zakarivâ dit encore dans le même paragraphe : « Sache que 
wayyérommoiif [El. x, 10), yéràmmou [ibid. jy), hérôminou [Nomb. 
XVII , 1 o) sont pour wayyitrômemou , yitrômemoti et hkrômemou. -n Mais 
ces mots me paraissent fort bien appartenir à des racines gémi- 
nées, comme je 1 expliquerai dans le paragraphe râmam. J'y expo- 
serai en même temps sur érômâm mon opinion, qui diffère de 
celle d'Aboù Zakariv.T. 



KITAP. \L-MOUSTAMIIK. 111 

N"? i Sy-i\ (ji j_^->?5 "i'T» N'? aK^U ^j ^ i Js-s-lj Uaidi' ^''C'"' 

ny"i v'^ ^i -^k? ^-*^^' cM-' ij-« V^r *^ "^^^ t5*^J' j'-^' CiT^*^' 

' D. 9;!, iS: N. ôf), 8. — - J). 1.38, 3; \. ()5, .{. 



Rou'a. Dans le second sens, représenlé par haïe, xlii, i3, el 
Ps. Lxv, i/i, Aboû Zakariyà a oublié le passif yerd*^^/' (/s. \vi, 10). 
qui peut être le futur d'un verbe, dont le troisième radical sérail 
redoublé, et dont le sujet aurait été omis sur le modèle de yekô- 
nên [Jes. lxu, 7), yeschàbéb [Ps. xxiii, 3). Le 'ayin devrait avoir 
un potali, à cause du second "ayin qui le suit, mais il a kômés 
par suite de la pause. — Dans le paragraphe rà^ih, en traitant 
des verbes au troisième radical faible, Aboû Zakariyà dit : k Quant 
à rê^îm lehilro'è^a [Prov. xviii, 9Û), târfî r^a [Mie. iv, 9), ils ne 
sont pas de cette racine.- Mais il n'indique pas à quelle autre 
lacine ces exemples.se rattachent. Je pense que c'est à loii^a, el 
j'ajouterais même que tùrfî rê^a a la même signification que yrtrffl 
[h. XLii, i3) et beré'oh [Ex. xxxn, 17), où le lie est un pronom 
qui se rapporte au peuple et lemplace le tvàtv; et non pas le sens 
(le /f"»»( leliilioè'^a , comme Aboù Zakarivà le prétend. Le mol irii 



112 OPUSCULES DIRN DJANAll. 

ne'? fj^ (^ iJ^'-^J—^^i "Î^^J "'^^ '''■'3 "''^ """'''^ ""'"' wV-i— o (:tv-*-j' 

-p'^î-n ">r »«x.j»_j *i^ -""ï"' r]N i'n"» D"n y^'»* (£^x^ ^j^ v. ^i'^^.t) 

n-'?r: b^n 

""îan Vn '?j'?jn y-i:"; ^^*, *>à^ i>_ji»lXi JUÀj!ïil» 
i^^LJLJ UiJ^\ »4X_rii l_^3i)t »x_5j •ù'!::2 *l:nw2 HjSù^, ^ axî:* 

' D. ()?i , 9; N. •>5, f>.'i. 



l'a induit en erreur et il ne s'est pas rappelé ie passage de l'Exode; 
cependant le paradigme ré' a et rè^ô, pour la racine au second 
radical laibie, se retrouve dans rêah et rêho, zêr et zéro, nér et 
nêro. Une preuve que dans le passage de Micha cette racine ja ie 
même sens que dans Jos. vi, 90 ef /*. \lii, i3 est la tin même 
du verset de Micha. 

Rous. Dans le second sens, pour lequel est cite' Juges, ix, 53, 
Aboû Zakariyà a oublié la forme légère, haïe, xlii, Zi. Ou bien, 
aurait-il cru pouvoir laisser de coté cette forme, parce qu'il mon- 
tionne le nifol {EccL xii, 6) qui en dérive? 

Schâ'af. Oublié. La racine se trouve Ez. xxv, i5, et avec oléf 
adouci ibid. xxv, 6 et xxviii, 26. Le mot hasclischcVlim, dans ce 
dernier passage, ne doit pas être comparé au même mol qu'on 
rencontre ibid. xxvii, 9G. Celui-ci se rattache au mot mâschôt {ibid. 
xxvii, 99), aviron et signifie les rameurs; l'autre est homogène à 
un mot syriaque qui a le sens de insulter, niépiiser. En effet, le 



KITVIi VL-MOIJSTALHIK. JKi 

(j\<3 wv îDiS*u/i 'C/y n"»! Dij-in^ jUus^i)!^ *l;i.j^ii sU*»^ jl?^**^ 

nDC? J^JLvO ^..^.J^î l^X l^AJ J.A3i)I_5 U>JvXJ (^Ji AAA-^iL Oj-S^^i 

Vj3 ly'j"' imjI !5X._.viJ» i)l «x.<i._> ^ ouJifi yî ^1 "13"! i<jj i^ bau 
l»x_tf> hiac ij^-:>. ^j^ (j^-ç: ^^ (j5 ^M^î^ "^^Ks l'^iXC?"' ViNL' i^vu;") 
Jc_j r2"î^ "131 -Jijji (^ ibav^ hMi^* ij^.y^ ^^ otAiil Jj«xM i:><xx<o 



(argoum de wmjyihéz [Gen. xxv, 3/i) est weschat, et liaschschatîm 
ôlâm [Ez. XXVIII, 27) veut dire : Ceux qui les insultent. 

SchiVal. Racine passée. En voici des exemples : Gen. xliii, 7 ; 
Exode, xiii, ik; Juges, viii, 2U; ibid. xiii, 6, où sche'iltîhou a 
/t/re/i sous Wiléf et ressemble à yelidlîhou (Nomb. xi, 19), yelidtlkâ 
{Ps. II, 7); I Satn. viii, 10; ibid. i, 28. L'impératif est sche'al, 
scha'àlou {Ps. cxxii, 6) avec patah sous le «c/i/?*, de même que 
tri'àmou [ibid. xxxiv, 9), rahàkou {Ez. xi, i5), qui sont aussi deux 
impératifs, ont le premier radical pourvu de patah. Le patah qui 
nlfecte ces lettres et d'autres semblables provient des lettres gut- 
turales qui les suivent; la forme primitive est partout avec hirék, 
comme schimrou, schitri^ou, imroxi. Le nifal se rencontre Néh. xiii. 
0; I Sam. xx, 28. La forme lourde est weschi'élou [Ps. cix, 10), 
comme dibber, à l'exception cependant du dâgèsch, que Wiléf ne 
prend que rarement, ou h\en, schaôlyeschaàhu (Il Sam. \\, 1 8). Ce 
motsc//^/'o/. qui n'a ni hx forme de dahbêv {ibid), ni celle; de mà'èn 



ll'j OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

^^s-Ji ^(^ Itf^ Ajj^ ^_^^ JsxÀj J^xiJ j Js-c2.^ I^j! aXjLo^ Jv*^**j^î 
nN "]"i3 'm i*x-ik<a..4 <xJi) DDnN "j'in "i^''"! *>^^ i»j j^j«x-i»jJi <\aj 
,\JXjL=^j!^j~w^i ^^ L^U lw-i3 AAJs^t ->uiUi »jsJ^ /c-^lj nninx 
»ajî> i^jJajUivi «xi_5 n:ap nruv n'jwS'w" |*w^i^ *UyJt!i ij^jjJiS ^js 



(£"0^. xxii, 16), pourrait èlrc allribué à la (ornie légère. Il pt'ul 
aussi être un infinitif de la forme lourde, weschi'élou; dans ce cas 
il devrait avoir un (làgésch dans le deuxième radical, et serait 
comme yassor [Ps. cxviu, 18), qui est aussi un infinitif de la 
forme lourde; mais Wtléf n'admet pas facilement de dâghch. Un 
exemple pareil d'un infinitif de la forme lourde, qui est ainsi 
vocalisé et (jui est sans son dàgésch, est xvayycbâréh bârok [Jns. 
XXIV, 10), qui est l'infinitif de bèrak {Geii. xxiv, 1). Cherche à 
comprendre et à retenir celte rare particularité de la langue, car 
elle fait partie des mystères que bien des hommes intelligents 
ignorent. — Le nom est scheèUh (I Rois, n, 20), et schêlàtèk 
(I Sam. I, 17), en supprimant l'rt/e/" dans l'écriture et dans la pro- 
nonciation à la fois, et en reportant la voyelle sur le schin: ou 
bien, sans que cette voyelle soit reportée de Y <Uéf sur le schtn, 
puisqu'on trouve scheëlàtî {Job, vi, 8). Schêlàtèk serait alors pour 
ficitr'ëhilék, et après avoir adouci Vâléf. (ui aurait donné au schIn un 



klTAU \l,-MOl STALIIIK. 115 

yDp Uî (^-ji'DpJï j-f^s. i^JoJîl oj>^ f»«>^^ v*î -^î -\JvsMi oLÎMi 
i j^iû (j-. >-^jH> sUjc«^i^l <^^ot* J^Asii! i^ "^i!: yûj j'jp Ui^ '?•)-!: 

D"':i:/2 iNw*: JLx-i-jiiJI^ ^^u J^-*j iiapn "ixc »j.5\x_j ^ tnu,' 
(^jy^i ^ ^Y^^j^ !y^'^ ^^' »*^ iy.x=w U; jo^i ^i 'T^v 

' Ai7. nl-(imiiul, roi. (îpS : jX >.>i^. 



.sere, à cause de la douce quiescente qui se trouve entre cette lettre 
et le lâméd, savoir IVî/e/" adouci; ces lettres douces ne peuvent être 
précédées que par un grand kâmés ou un petit Mmés, c'est-à-dire 
un sèrê. — Il existe de cette racine un autre sens qui se rapproche 
du premier : le hifil, I Sam. 1, 28; Ex. xii, 36, et la forme 
légère, 1 Sam. i, 98 ^ Je rattacherais volontiers à cette significa- 
tion I Sam. n, 90, que j'expliquerais : Il le bénit pour le remer- 
cier du présent qu'il lui avait fait, c'est-<à-dire du fils (ju'il lui 
avait donné. 

Schaar. Racine passée. Voyez cependant le parfait I Sam. xvi , 
1 1 ; le nifal, Lev. xxv, 59; Nomb. xi, 96; Jér. xxi, 7. Le nom est 
sche'èril; et en supprimant \iiléf, et en rejetant la voyelle sur le 
srliin, schéril{\ Clir. xii, 38). La forme lourde se trouve Er. \. 1 9. 

Sou. Omis. Voyez Ps. lxxxix, 10; Jnh, xx, 6. 

' Ce sons est celui de *_>>s''j- (loniuT. Vnv. Kil. al-inisovl. roi. (if);"). 

8. 



116 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

nne "13 i JUj yl ^jST^ Jo_5 -pb p"!î t>-«j ^^V ]ri'îi' cj-* l^l^ûJcT 
J^_Ai.iJi jjî^ "innw* rnnn 4^*i (:5^.)^ll t^iji ^j^ ^I nn"3 mD bx 

r:D'7 □îyv* yL^ p"iN*3 □u'-'"'" (j_^j yi (J\jà\ î js>tf) li j^5jI me 

' D. 97, 2; N. 57, 32. 



ScJwu'ah. Passé. Cependanl schâ/uih {Prov. 11, 18) csl, à mon 
avis, du sens de schouhâh cl schîhàh (fosse), et le verset veut 
dire, au fifruré : Celle femiuc a creusé sa maison et lui a donné 
une issue vers la ruine el la mort. On peul encore rallaclior à 
cette racine bischehouto [Prov. xxviii, 10), où le ivmv et le tâw 
sont ajoutés, comme dans eijaloutî {Ps. xxii, ao), gêrout {Jér. xli, 
17), '^('dont [Ps. XIX, 8); seulement, dans schchout, le second ra- 
dical a disparu comme dans sesàn [Ps. cxix, 111) el zedàn (Jér. 
XLix, 16). Il se pourrait (pie schâhâh fut d'une racine géminée, 
comme Job, ix, i3, et que le hêt dût avoir primitivement un 
dâgêsch, comme hattâh [Jér. xiv, k); mais je préfère le rapporter 
à schouhâh. Il n'est pas impossible de dériver schehoul de la racine 
schâhâh, el de le comparer à re'out [Eccl. v, 10). 

Soum. Aboû Zakariyâ nie que wayyîsém [Gen. l, 26) puisse 
être pour ivayyoïisâm [ibid. xxiv, 33). A mon avis, cela est admis- 
sible. Voyez le paragrapbe yâsak (ci-dessus, p. 32). 



KITAli AL-MOUSTALIIIK. 117 

y*ù'n Vi^'j'i Ul^ euU^M! iiXjDcU Jl«5J\ ^j^ ni'ir <_"^ i J^ ^'i*^* 
^_5 nr^DX! "'^TDD vjn "(^-* ^^ ^Lîj^^ J^^i)i i<x.ii ^^^ (j*^^^ 

^D Jlï If nro v:''in Jlï xil^ Nn"'2 ri"' i*iî:"'i n-'an nx n*i:i m:np ^jU 
(jAAipi npSzNi '•jDD yc'n^A*.-jb (ji Jyi J.itx5^ □n-'j-'i* mx-ir: n*o 

,-nrjm e^b (^xx>^ ^Jiï ^:j p-^'s Y'?!^'? n-jm sinp n'?i uivan 

' D. i/io, 12; N. 97, i3. — '' D. i4o. lA; N. 97. l'i. — ■•' D. 97, 1;^; 
N. 58, 10. — '■ D. 97, -u; N. 58, i5. 



Schou^a. Dans le paragraphe scha^âh du chapitre des verbes au 
(roisième radical Faible, Aboû Zakariyà dit : rHàscha" [Is. vi, 10 
et Ps. xxxix, iZi) n'est pas de cette racine;'' mais il n'indique 
pas de quelle autre racine ce mot dérive. Je crois qu'il vient, dans 
les deux passages, de schou^a, d'après la forme de hâschab [Ez, 
XXI, 36), et, bien qu'Aboû Zakariyà les cite avec deux sens dif 
férenls, je pense que tous deux ont la même signiûcation. Le 
verset d'isaïe veut dire : Et obscurcis sa vue; la racine est congé- 
nère à une racine syriaque, puisque wetàh [Lév. xiv, 62) est tra- 
duit dans le targoum [)ar wîschoiCn, et c'est comme si le prophète 
avait dit ive^cmlw {ou'ah, comme haïe, xliv, 18. Le passage des 
Psaumes signifie : Abaisse ton regard; c'est-à-dire soulage-moi, 

Schour. Aboû Zakariyà cite pour le premier des deux sens qu'il 
iiuli(jue Ps. VII, 1 ; pour le second Nomb. xxiv, 17, et Is. lvii, 9. 
il ajoute : ff L'n troisième sens se trouve dans outcschounili (1 Sam. 



118 OPUSCULES D IH.N-DJANAH. 

(XJoiljû (S^Jf^. 7DC*2 ~'?D'7 VuP"! -«^^ (J3^ (j' ^■*^:> ^ aj«X^ &j 

^^ Jv^JjJi^ ravj! i^j (^ 4^>-«ii iis^j Jwoi)i iJvifc (j^ nani iou» 

' D. 97, 36; X. 58, 18. — - Vers. héhr. : mr ic; cnu'c or. 



!\, 7).'' 11 ne me paraît cependant pas impossible que ce mot se 
rattache au second sens, savoir à àschouréunou , et désifjne le sa- 
laire dû au prophète pour sa ff vision r> et pour le conseil qu'il allait 
donner^. Si, au contraire, teschouràha un sens particulier, comme 
le prétend Aboû Zakariyà, et qu'il signifie cadeau; alors ivat- 
tàsclwurî (/s. Lvii, 9) peut aussi être traduit : Tu as fait un ca- 
deau, un pre'sent. Dans aucun des deux mots, le tâw ne fait 
partie de la racine -. 

Sour. Pour le second sens, Aboû Zakariyà ne cite que mesourûh 
{Lév. XIX, 35). Il aurait mieux fait de donner un exemple qui 
indiquât un verbe, puis(|uil ne s'attache dans ce livre qu'aux 
verbes. Je pense que soràh [haïe, xxviii, aS), égal à làbàh, et 
qualificatif de hittàh, est de celte racine et de ce sens. Les mots 
qui suivent le prouvent, puisque tous renferment l'idée d'une 
mesure. 

' Mot à mot : Et pour le -regardrî qu'il allait jeter sur leur aÛ'aire. — - Ihn 
Djauàli coinpièto sa critique Kitnh al-nnsnul . col. 71 1, 1. 2 ô et suiv. 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 119 

^ cOND rn^i mDwnD a'jDC cwp' cWi'^n 5j^«Xj ^ cNn 

n^TJ ^UwXP *i_^ i ;;;^il oj.^ Jî V^P^' JU^jI^ v^P^' ti^ c'^nJi 

J.-oiJi S*>«_d (^Tv-MI J.i^:s O^i^ n"'2!i "'CNn i^jJliJ S^il^ài li_5 D"»pin"! 

LyjcS^ '^-^^j D^jTiN'n oLii îy^i iy^ u' (j^^ n-'Du"! i^^Ui 

' D. Gi,93; N. 36,6. 

Taam. Aboû Zakariyà passe celle racine. Il y a cependant le 
hij'il, Cant. iv, 2. Puis on lenconlie la forme to'àînîm, Ex. xxvi, 
96, qui est un nom ou un qualificatil, comme on le reconnaîl 
par le cliangemenl du hàlém en kàmés el la rëpélilion de ce hàmés 
sous la lettre gutturale, lorsque le mol est en ëlat d'annexion; 
ainsi on dit ta orné [Cant. vu. i), comme ùhôlé^ {Ps. lxxxiii, 7). 
Cej)endaut il y a aussi des exceptions à cette règle, et l'on dit 
wetô'àrù [Is. lu, i/i), oupo'àlo {Jér. xxii, i3) avec holéni, tandis 
que ces deux mots devraient suivre l'exemple de pâ'^ôlékâ [Ps. 
Lxxvii, i3)-. Quant à te'dmlm [Gen. xxxvni, 27), cette forme est 
sans doute un qualificatif, comme këràbîm, relwkîm. A l'étal d'an- 
nexion, on a luômè {Cant. vu, h). La racine a été adoucie dans 
tàmîni [Gen. xxv, 2Û), oij WUéfsL été retranché, ou bien, adouci; 
dans le dernier cas, sa voyelle est remonté sur le tdiv poui indi 
quer Vdléf, el le mot est ainsi devenu làmlm. 

' Sur relie prnnonciali'tn vov. ri-dessus, p. .3.'), noie i. — - Vov. Rihn, 126, 
7-13. 



120 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

(jvJj.xx/9 □",ri^ y,z tK«-=^ D*n nu; :"ic 'J2V^ rDTit: culijutii iOocxll 
cX-^'"* (j:r-^-^^^l -^Wu-Î tj-« i^ru-i ^*>v£ ;'? JiD^ ciw'Vù'n n:*c JXo 
(^>X-A-^ _j-|^ Cm uij n':!- n::u; nn:"' yixs "•"iic! ."rnc* nh: 
jj jl w.vd>»x^j c'^riJ 3Vi2^ P"ic*j cin (j^ (jî_5 ^Vt: ioj (_^ riuJ iU^ï) 
J^J<>Ji^ Uiji 2^ 31D i_j ljAij^l=- JJ.Sj eu bu? Igji nT:n_j .-nie 

' D. fia, 7 et suiv.; N. 36, 18-20, où l'exemple niB manque. — - D. 108, 
/i; ^. 68, 1 G. 

Dans riiilroduction tic la seconde section, Aboû Zakariyà cite, 
painii les parlicipes passifs des verbes au second radical faible, 
les mots soug [Prov. xiv, 1/1) et houm {Gen. xxx. Sa) à côté de 
sougàh [Cnnl. vu, 3). Mais soug est, à mon avis, un participe 
aclif, comme xvesouràh [h. xlix, 21), wesouraï [Jév. xvii, i3), ihu- 
màh [Ps. xciv, 17), Puis Itoum est un qualilicalil" de séh, sur le 
modèle de tdb, bien que l'un ait un schourék et Taulre un Iioléin. 
Aboû Zakariyà regarde sourâh et dounuîh, comme des qualifica- 
lifs; ce qui est possible j)0ur ces juoIs aussi bien que pour soug. 
Mais liouin est certainement un qualilicatif, comme le prouvent 
les mois nâkdd et tâlou' qui précèdent et qui sont autant d'épi- 
thètes du mot séh. Dans aucun cas, il n'y a de raison pour que 
lioum soit un participe passif. 

DES VERBES QUI ONT UXE LETTRE DOLCE POUR TROISIEME RADICAL. 

Awàh. Dans le premier des deux sens de cette racine, Aboû 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 1-J1 

■I31DD niNP nxiT'i D"'iNnDn Di*n nx mxp mwxnn JLoiJi)! ^^^ 
js-Axj Jviij J^*»i)i l*x-tf> tj^ an^iNnm yl J-*i_5 nxn v'^ i^ J^/i 

JlitXil Aj! Ayij bl JyjU tiJii ^iû J-*3^ (^1 (^y^JU y^^ À^ i^iû j.i^ï 
(S'-x^ ^\ viLJi ja_A_ai^j d"*?!!? HVDa DIND "y ^^vX-Ls- ci^^UJl 
IkXft ld>:>jJv&. ^_xail^ JU^ ^^l?^ ^Xxji c^jiAj ^î (Ji (_5*L»I c:>'i^ 

.-1-12: DV2 n''D")nn 

' D. 1^9, i(j-i3; N. 98, '1-8. Tous les deux ont en lèle dp au lieu de 7hr>. 



Zakariyà a passé le hitpaël, qui se trouve Prov. xxi , 2G; Yo/»/». 
XI, 3/1; Ps. cvi, 1^. — Dans l'art, tâ'âh, il s'exprime ainsi : trOn 
dit que ivchit'oœœllém (Aom6. xvxiv, 10) est de cette racine, mais 
cela est tout à l'ail invraisemblable, car je n'ai trouvé nulle part 
dans l'Écritui-e une forme wehif^aUtém. Il vient donc d'une autre 
racine. w Ce sont là ses paroles, mais il ne dit pas de quelle autre 
racine. Je crois que c'est le hitpaël de âwtih, dans un troisième 
sens, qu'on retrouve aussi dans tauivat {Gen. xlix, 26). Je m'ex- 
plique : wehit'awwîtém signifie : Vous limiterez, et le passage de 
la Genèse veut dire : Les bénédictions de ton père dépassent en 
grandeur et en magnificence celles de mes ancêtres, au point 
d'atteindre les limites les plus éloignées et les points extrêmes 
des montagnes par leur bauteur et leur élévation. C'est un sens 
figuré que la langue bébraïque permet comme les autres langues. 
Le singulier aurait été hit'awivUà, comme hiCannità (I Bois, 11, 
2O), liiliapplui [Prov. xxiv, 10). 



122 OPUSCULES D lBi\-DJANAH. 

nrDNn yDn 
□■•îs: DNc: 'i"':"'i'3 nîs: JUàj^I yû^j i<xj:^l_j l^oi^ ^joco Jjïiî '\-iî: 
mT3nb nîD"' 'nî2n _^iû^ J.AJiiJl Joclli ^«w^ LijS \x^ J^'^j □"•Vdc"! 

wwJC-S'nîDis c^ Hjdn \-i^:2 ^j <ic na^x Tfa^ »^'S"*i^j ^ .Tl:: 

wXÎiJi j\<x) *l>^it w^JcS^ xmp Ajj 4^ ^^i cji^i> 4j^ 
i\-s.x^ CJ-* u^^-^ u^ (:j^"f^ "'"lî^ 2DD nnr nSt SjSjvj ^ nn; 

' D. io8, i:i;x\. G8, 28. — ^' D. 109, 5; A. 69, G. — ' D. 110, 7;N. 69, 
3/1. — ' N. 7^, 4. 

Anâh. Aboû Zakariyà a passé le passif ^/e'oM/meVi {Prov. xii, 2 1). 

Afâli. Il a [)assé le yij/'rt/, Lév. vi, 10; xxiii, 17. 

Bâzàh. Il a passé le nifal, Ps. xv, /i; il/a/. 11, 9. Puis une partie 
de la forme lourde leliabzàt [Eslh. i, 17), comme leliarbot. 

Bâtùh. Racine omise. Cependant bàtéh [Prov. xii, 18) est écrit 
avec hé, ce qui prouve qu'il ne dérive pas d'un verbe avec àléf. 
11 se pourrait aussi quil dérivât d'un tel verbe, comme kàrè\ et 
que le hé fût écrit à la place d'un âléf. 

Gâhâh. Passé. Voyez yighéh [Osée, v, i3), el peut-être aussi 
géhâh [Prov. wii, 22)^ 

Gùrùh. Aboù Zakariyà a passé un sens, celui de gérâh W yiggàr 
[Léo. XI, 7); ce dernier mot est pour yiggârék; c'est, par consé- 

' Vov. hildh ol-oiisoiil. roi. 136. 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 1i>;i 

«xXxA^sw (j^^Cj y>AjLll cjiji tj^ b_^j yi ^UiiÀAli yUi£> cK«v^ 

^ -ip (^,j_5l_jj »x-j*x*;»aJI *iyi j, J<^'i\ ^i^j^ n3C <Njj ^^ m; 

3-)'? 131^1 »j5jv ^ Hj- 

DTîN AKiU^ JUxji yû^ "Tiirù? b: mix i_5.JU3 JI<xJl ^ i^Ul ^:>\: 
CTiN i j<S-ii ;ji cJ»._LjJ v^js-^ J_j-JiA» Jî (^^tXxAj iJ JUxi^i ;jî 
' I). iG-'i , 2/1 : N. 1 i3. •-?. — - Ajoiilé d'après la vorsion liébraïquc. 



queut, un nij'al, comme yiggàl pour yigPiUéh, et gérâh a la loiine 
de kèrâh (II Rois, vi, 28). Ces deux mots peuvent aussi venir de 
gârar : gèràk aurait alors la forme de sibbâh, mais sans dâgésch, 
à cause du mc/«, et yiggùr celle de yissar, à rexceplion du kihnés 
qu'a le premier par suite de la pause. 

Dâgàh. Passe. Voyez pourtant Gen. xlviii, 16. 

Dàdàli. Aboû Zakariyà nie que éddaddéli (/s. xwviii, i5) soit 
d'une racine géminée, mais sans indiquer une autre origine. Je 
pense qu'il vient bien de dàdâh, dont il est le hitpaël, pour étdad- 
déli; seulement le tâw a été inséré dans le dâlét^. 11 en est de 
même du mot éddaddcm [Ps. xlh, 5), qui est primitivement étdad- 
dèm, et le mèm y est suffixe pluriel du régime. A Tobjection que 
le hitpaël ne se construit pas. activement, et que le mêm de éddad- 

' Kilâh al-iiuxoul , col. 1 53 , 1. \li; sens : ^ «^ f » *5 jj I • <''osl aussi le sens de 
^OOkl dans la version de Sa adià , donnée par Ewald , Beiudge. 1 . p. 3/i.(Voy. Schro- 
(or. hrilik des Dimasch , n" ib.) 



12^ OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

yi' ■''?D b:i D''îl' nU^i'D 'jDT "IIV "''?D Vd"! "!2D VdI AKjix.^ A>;Xi: n'i^nn 

iNîonnn _j-^_5 J»*.àJî ç-yy ^-w Jy<Â^ l^X^U-i^l »j^* 'Ntirinn 
JLxJci! j«XA<aL^ t5»>^À^ ^\i "3:n DN DDDH nnx ^i cKji^3 ^^* 
aK-Sl-oj ^-It c3Dn ?->>^ *j J_j*x^ i?3:n nx *iy>_j aK^Ij ^j ^ 
L<y-cj (jv.jLMi i.ttXx-ii JUxil Içyjl ^^ JyJ>x3î^ iriwS' c^rn Uaji 

' Vers. hébr. : j'P3r, ce qui vaul mieux. — - Vers. hébr. : Dipiv. — ' Depuis 
Jj5 J jusqu'ici manque dans la version hébraïque. 



(îèm no peut donc pas être un suffixe, je réponds, en citant comme 
hilpaël construit activement, hiigaUehô [i^omh. vi, 19), où nizro 
est évidemment le régime auquel se rapporte l'action .exprimée 
par liitgallah; puis tithaHaou [ibid. xxxi, 20), où toutes les choses 
mentionnées dans le verset sont le régime de Faction indiquée 
par ce verbe; de même houkkabbés [Lév. xiii, 55) et le même mot 
[ibid. 56) sont, à mon avis, des infinitifs du passif du hitpaé'l; 
tous deux sont suivis de leurs régimes directs, et le dàgêsch du 
laf^ prouve que c'est du hitpaël pour hotkabbès, où l'on a inséré 
le tthv dans le kaf. Tous ces exemples présentent des cas, où le 
hitpaël est incontestablement un verbe actifs. Ou bien, pour hit- 
gallehô suTlout, quelque homme obstiné voudrait-il maintenir l'er- 
reur, malgré l'évidence? On pourrait aussi citer comme hitpaël 

' D'après la vers. hébr. : «Du bêt.» — '^ Voy. d'autres exemples Rikmâh, 96, 
y- 1 o . — Dounasch ( Critique de Menahe'm , p. 2 7 ; Kritik des Dunasch , n° 1 5 ) sup- 
pose la racine dvm , avec redoublement du ddlét. Pour la forme, il cite également 
essaie-, et Dounasch pourrait bien èlre compris sous le mot x,^ ; voy. p. io3, 
note 1. — D. Kamlii {Miklol, 86, G) persiste à considérer Te hitpaél comme 
neutre sans admettre aucune fxception. 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 125 

I ^ 



r|T)n"' *-A-J J<-oi)i (jl /o^j ji jU ""ù-'d; 2"'in «rn^ Uaji ^*xaalI! 
JljJl a J^ Jokj (j^ JyJi i*>sj£> -y^j UaiLU iUsi a>j ^fUi l^jt^i 
JLn-ijI -inDN_j "î^zNj (jJjj»-i^ 1^1 (jlj m-wS* J^ JUxi! m-x 

ij\^ LjCjj îr'?^'? nciN \mrù* Sd mix yj^jj anV 'jU/'^ □'jï.'s i 
<^ i?*ù'T nn"!"' nm: JUijJ^i ^^ûj I Jv^^î^ l^ai^ xx^o Joiii 'nm 

^ D. 92, 18; N. 55, 9/1. — - \. 7-î, 9.8. 



suivi d'un régime le jnot yiraddof {Ps. vu, 6) qu'Aboû Zakariyâ 
lui-même croit être pour yitraddàf. Des gens qui ignorent la con- 
jugaison prétendent quéddaddém a la forme à' éhkàhki [Lév . x, 3), 
éssàtêv [Gen. iv, i4),en regardant le mt'y» comme radical. Mais l'er- 
reur se reconnaît nécessairement par le dâgêsch du second dâlél, 
tandis que le hét de éhhàhêd et le tàw de éssâtèr, qui lui sont assi- 
milés, n'en ont pas. Il est donc clair que éddaddi'm est un hitpacl, 
comme éddaddéh = éddamméh (/s. xiv, 1^), et que le méin indique 
le régime, tandis quékkâbéd et ésscUér sont au nij'al. Ce régime 
peut être indirect comme celui de bischschelâm (I Rois, xix, 91), 
c'est-à-dire que le mém peut prendre le sens de làhém, comme 
dans Texcmple cité, ou bien il peut exprimer un véritable régime 
direct. 

Dâ/iâh. Aboû Zakariyâ a passé le nifal ijiddâhéh (Prov. xiv, 82), 
comme yimm/ihch [Deut. xxv. G), au pluriel yiddahon {Jér. xxni, 
1 9), qui devrait avoir liâmes et être mdlera", connue yinimà/toii [Ps. 



UG OPUSCULES D'IBN-DJANAll. 

o:5Viw Je b^^biDf npc *l=- à^ □^"'n ^ddd inD"' i^j ^ ynSt: Sn;) 

ilJv_j -j'? ^D- ^X i p^ ^^ t^*>Ji C:J>-MI Oj.:^ y^^ (ji (j^^^ ^'^ 
' \. 7:5. 19. — ^ N. 73, 39. 



Lxi\, 29); mais il a patah et Taccent à la pénultième, contrai- 
rement c\ riuibilude ol à l'usage consacré. Quant à l'opinion (]ui 
voudrait prendre ce mot pour un futur de nàdah^ et lui attribqer 
la signification de mdhc [Ps. cxlvii, 9), elle ne conviendrait pas 
pourle sens, qui doit être celui do Ildhot {ibid. cxl, 5) et de dàholi 
dehhanî [ibid. cxviii, i3). 

Dâmuh. Aboû Zakariyà a passé, au premier sens, le hitpaël 
éddammék (/s. xiv, 16), pour étdamméh; si c'était un nifal, le 
dàlét devrait avoir un kâmés et le méin rester sans dàgcsch, comme 
xvelbbànèh [Gen. xxx, 3). — Aboû Zakariyà a encore négligé un 
quatrième sens : Ps. lxxxiii, 2; h. lxii, 7; Jérémie, xiv, l'y; Ps. 
XXII, 3. 11 se pourrait aussi que la lettre douce, troisième radical 
de dômî, eût été substituée à l'une des deux lettres semblables de 
dchnom. 

Hàgàli. Al)oû Zakariyà ra|)[>orl(' un sens, celui de Ps. lxxvii, 



KIT\I5 AL-MOUSTALIIIK. li>7 

njn J<-iwii jl (jî k>ftij r]D2t: □''2"'D un njn"' njn y£>_5j-i^l Ixy 

inna nsn^ ividd "lai: njin -lûwz 4^-*l Ov_=wi^ c^-x-* li cjv^x-î 
JUijiil yû^ t Jvj>.i_5 l-»âi^ <»'.*£_5J cj^ Jj^i ?->>-5' (j-« J-*i' 'n\"i 
' D. ii4. Il: N. 8o,ai. — ^' N. 7/1,5. 



i3, et on néglige une partie de la l'orme lourde, qui devrait être 
hohgéh, yahgéh, sur le modèle de harbéh, yarbék, et dont il existe 
ivehammahghn (Is. viii, 19), comme marhhn [Ex. xxxvi, 5)'. — 
Aboû Zakariyà a, de plus, passé un sens, savoir celui de lutgô 
[Prov. XXV, U). Il a joint hâgâh [Is. xxvii, 8) à wehâgUt {Ps. lxxvii, 
i3); mais je pense qu'il l'aui le rattacher à Mgo [Prov. xxv, h). Il 
dit, d'un autre côté, dans le paragraphe yàgûh, après avoir cité 
Iwgàh (II Sam. xx, i3) : r.Uàgàh est regardé par quelques-uns 
comme la forme légère du même sens, où le premier hê a rem- 
placé un ydd.-n Un tel changement est parfaitement admissible : 
il peut y avoir deux racines différentes ayant un mémo sens, 
liùgàh, nougè [Seph. 111, 18), et hàgàh, Itàgô. 

Hàyâh. Dans le premier des deux sens manque la l'orme du 
ni/ai , Deut. xxvii, 9; Juges, xix, 3o. 

^ \o\. Hilpiidh, 71, 17, ib. 



128 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

^j\ ^j.^\ v_ÀAXi AÀ_« ")23 mn yl^ yli J~s=«- Aji "!'?m Tnm <^-« 
is>^DNJî » Jsjû^j ")33 mn -dn — '7"''7m *2 ih^i cv "zx^ Jyij &\jj 

J._filj ^^ Jot_i J^_j,i_3£' iJ <XJi) (Xj js.^ jj\.s- Lci^ J^Li!! o<x^ 

-Ji'vn '''72 PN ■13C"' -'JNr l>^i_5 anpaD ^mnn c'T^n' gn^j^axJI 

A_A._'i i_5-»r> *^ ^*y^ cr*^^ -^^ A)^ "i2p"'* Jotili^ o_5'>^-^ tKcLiîl 
(jUjI l^lï n2p"'"! ^ n2p''i Ajl i *X^li dUXi.Jo- ^^ ^.ju»^ *Jwo 

' N. 75.5-6. 



llàràh. Aboû Zakarivà a mis ensemble, avec la même signifi- 
cation, hôràh {Joh, 111, 3) et watlahar i^Gen. xxxviii, 3). Je ne com- 
prends pas comment il a [)u se permettre cela; car, comme on 
sait, wattahar, qui précède wattéléd, signifie elle devint enceinte; 
si donc Iwrâh avait le même sens, comment aurait-on pu savoii-, 
au point de l'annoucer, quel sexe avait reniant; qui était encore 
dans le sein de la femme enceinte? On voit que, dans le verset 
de Job, le verbe àmar ne se rapporte pas à Job, mais à celui qui 
donnait la nouvelle, comme s'il y avait âmar hammebassér; seule- 
ment le sujet a été omis, ce ([ui est possible, parce que tout verbe 
suppose nécessairement un agent, qu'il soit exprimé ou non. Ainsi 
yahàrôsch (^Amos, \i, 12) suppose halwrésch; yischbàr [Jér. xix, 11) 
fait sous-entendre îsch; iv'aijyikbor (II Rois, xxi, 3 6) n'a pas non 
plus d'agent, le verbe se trouvant seul sans que rien le précède, 
à (juoi le pronom {)uisse se rapporter, et il ne peut venir à l'idée 



KIIAIÎ \I.-\1()I'ST.\IJIIK. 129 

-33 1PN ^^r^-! jliJ^J Sj-^^ i (J*" v^^i '^^ liï^V^i wN-pdi d 

S 123 mn (jl J_^lî "iDî p 1^ -i"?^ "iCN^ '2N nx ^w'2 icn o'wn 

^^ yU^i^ -IZÎ p -]'?-'?"' ."T'D")"' Jlj 1^ 133 ■:'?"' Jii *^\<» "i'?"' 4^^-»^ 

S' i"'33 "f^N* r:i3 cjLJTi J_^3 -133 -'?"' <>Jt« iS ~)33 mn (ji J^Ji 
j^^ j\ ^j^ ij^^â -î^ni ^x^ i i)i ^^^sTj (ji j^ 

' ^. 75, s. 



de personne qu'il l'aille lire ivayijihberou au lieu de ivayijilbàr, car 
il y a dans l'Ecrilure deux exemples de ce mot : celui donl nous 
nous occupons et un autre, Deut. xxxiv, 6^, que le Massôràli réunit 
en ces termes : t^Wayjiihbàr àtô deux fois. Dcut. xxxiv, 6, et lï Bois, 
XXI, a6.^ Je crois donc que Job exprime la même pensée que 
Jérémic, xx, i5, que horàh a le sens de yoidlnd, et que l'un dit : 
ff Un homme t'a été enfanté,» comme l'autre dit : ff 11 t'est né un 
enfant mâle;» le sens de hdràk est conflrmé par le mot horay {Gen. 
xLix, 2G), qui sijTnitle : Ceux qui m'ont enfanté. Enfin, on trouve 
ivatlahar (I Chron. iv, 17), qui ne peut avoir d'autre sens que 
celui de watlèléd. Aboû Zakariyd s'est donc trompé. 

Zcikàh. Aboû Zakariyà a négligé un exenqile, le hilparl ///:- 
zakkou {Is. I, t6), qui remplace peut-être liilzakkou, et où alors 
le zayin aurait eu un dù^èsch, parce que le Uhv y aurait été inséré. 
Je présente cette explication comme possible, sans la donner 
comme certaine, par condescendance pour l'opinion Ȏii('ralo, 

' D'après le Kilàh al-omoul, 70, 'ji, raf;cnl dans ce verset est exprimé; cV-st 
Moïse, iiienlionni' dans le verset .'>, et qiii s'est creusé sa loiiihe lui-même. 



130 OPUSCUI.es DIHN-DJANAH. 

ivsL*.4^ u-.vû«Xl ^^ ajSîLws^ %lii jJ^s- ^j^ (jl5^xii)L JfcJiJi î*Xib Lj^kir 

j-AfS- yji ^<^^\ (1$^*»-*J (J"^*^ A}vAÀ9t^ <\Aà S«XJiAil 4^<>^Ji (jlî *JS* 

ij l-è-À-^ t_^^jLj_. j^^^ <^^y>- li^JiAAj j^ ii iUaJI^ C:J>*»<^i rr^ 

(jv-iJl^ iUaJl^ (jv»«-n ^^ \jà.Ià^ JUxjiJl *b ^J^^ (jv*Jl ^r*^' 
pin:»*: nî: i_jJlJij iUaJL ^Loi^J J^*v>aJ j^vi^ lg.Â^ \_^»Xji <^\9 



bien quo ma comiclion, ma préfeieneo el le penchant de mou 
àme lui soient contraires. Je vais ici exposer clairement ma pensée; 
écoule donc et suis attenlivenient la chaîne de mon argumenta- 
tion. Comme le zayin se prononce par le même organe que le sà- 
mék et le sàdè, ces trois lettres étant des sifflantes, et se rappro- 
chant aussi du schîn pour l'émission, et que, d'autre part, le tàw 
du hïtpacl se place après le sàmék, le sMé et le schîn, quand ces 
lettres sont premiers radicaux, le za>iin doit également précéder 
le t(hv du hitpaël; puis, comme le Imv du hitpacL après un zayin ^ 
lui donne le son d'un sàmék, la langue ne pouvant pas émettre 
un zayin quiescent suivi d'un Unv, il a fallu, après le zayin, chan- 
ger ce tàw en dàlét pour i'aciliter la prononciation, comme on la 
changé, dans le mémo but, en U'I après sAf/c'; aulrement nislnchlàlr 
[Gen. XLiv, 1 (')), ivayyislayyàrou [Jos. ix, ti) , liislayyadnou [ibid. i ■?.), 
sonneraient comme nistaddak , wayyistayyàrou , liislayyadnou, le sàdè 



KITAB M. MOUSTAIJIIK. loi 

A-xl.kJc-*».l il :>^ ipiN* "i:~\"'cn "n\"'C-''î p-nc: (j_^ ^j^a laXMi »s 

«^LxJ! J<jf,:» ^\jJl ^^laJ^Jl ^e-^;^ ^^ ^\j^\ 0^ i ^UJi Ij,^^ 
tLxJl l^^Aj jl i^yi; irrcn (j_^yM îyl^j Ià^^ (Î^^ '-^^ ^^-^^ 

^^»-i Jlji-iLjiiî tb ^jl< l.xl_j ir'Ji'n y_j5o (jKi i:>'wtf> t^lj.]) :>UJ 



se transformant on snmék à cause de la clifTirulté qii\'|)roiive la 
lan<|U(' à l'aire sentir un sitdc quiescenl, suivi d'un tmv^. De ces 
deux prémisses : i" que le tthv du hiîpacl doit se mettre après le 
ziiyin, et 2° que cette lettre doit, dès lors, se changer en dàlét, 
nous concluons que le vérit.ible hitpaël de zàkàli est hizzaliou. 
Voici comment : le tàiv place après le zayin empêchant celte lettre 
d'être prononce'e autrement quun sùmék, on aurait obtenu Jiis- 
takkou; il a donc paru bon de changer le tùw en ddiét, ce qui a 
produit liizdahJcou; car si, en suivant Texemple de nisiaddàl-, on 
avait substitué un lèl au Uhv, le zaïjin aurait j)ris le son d'un sàdc, 
et on aurai! obtenu liisiakkou. En outre, il convenait mieux de 
soumettre à un changement le tâw du hitpaël, lettre étrangère à 
la racine, que le premier radical qui y est primitif. Puis le ddlét 
lui-même a été changé en zaï/iu , l'un des deux zayin a été inséré 
dans 1 autre, et on est ainsi arrivé à hizzakhoii. La |)ermutation 

' Ce rnisonncmcnl, à pari son npplicalion à hlzuil.hni . sn |j| (l.'j:'i,'i\ilmi(lè Me 
naiit'iii.p, !>7-'iri. — Poiiila pronmicialioii spt'rialcrtd.sc/n'/; .vny. liil.iiiiih .t't, i 'i . i .'). 



132 OPUSCULES Dl BN-DJ ANAII. 

*-W<— »«l j-sw (J-» JLjcJLj^i i U^y^ Sî;-*^^ "^j-*^^ li ^^ -JixjjjtJi 



du tnw du hitpaël en É^f/eï après le zayin, et en /eY après le srt<?e, 
est commune îi l'he'breu, au syriaque et à l'arabe. En arabe, on 
dit bien de sumi^a, à la builième lormc, ùtama'^a et moustami'^oun, 
mais on dit de .sabara. istabava et mouslabiroim ; de zadjara, izdn- 
djara el mouzdadjiroun; ce proce'de' est ge'néralemeut connu et n'a 
pas besoin de preuve, puis(ju'il appartient au langafre répandu et 
usité. Pour le syiiaque, nous citons yislaba'^ [Dan. iv, 3o) de la 
même racine que mesabe^hi [ibid. 92), et où le têt remplace le iàw 
du hitpavl: hizdammlntoun {ibid. n , y ) , de la même racine que zimna 
[ibid. ni, 7, et passim), où le dàlét remplace le tàw. En liébreu, 
nous avons expliqué le mot 7iistaddàk; mais, pour le hitpaël d'une 
racine qui a zoijin pour premier radical, il n'y a dans l'Ecriture 
aucun autre exemple, à part hizzakkou et hizdammintoun. Si ce der- 
nier est syriaque, la racine nen existe pas moins en hébreu, 
puisque nous rencontrons zemfîjt (A'e/t. 11, 6), bkemannchém [Esth. 
IX, 3i), el même le verbe mezoummànhn [Ezra . x, \U): le liitpaël 



klTAi; M.-MOUSTALllIK. 133 

;i:t a-« J^*^^lî a"':DTD D\"ir'? \^^ ^Ui aa^ ^^^X^xx^'^ □n"':r:î2 

l À A .*v 3! Ua^ (jyCj JoCJ J^ *lî (jw« IjyAÂ ^UJi j^iwb (j^ JlxAiill 

' Talimid (le Babvlouo, /Je)-«/.o/, 96 b. — - Sanhédrin, !f2a. — ' Ihid. 3o«. 



sérail donc, sans aucun doule, le même en syriaque el en hébreu, 
la [trononciation étant identique dans les deux lanjjiies. Le hitpaël 
avec didét, après le zayin, est né(|iient dans le lanjjaoc de nos an- 
ciens, p. e. nizdammèn , nizdakkm, nizdakhch, tous ces mots sont 
du pur hébreu. Mais quand même nous n'aurions pas rencontré 
chez nos anciens le hitpaël de zdman, ni cehii des antres racines 
(|ui ont zayin [)our premier radical, il nous serait encore [)ermis 
d'imiter en cela la langue syriaque, qui est une sœur jumelle de 
la langue hébraïque et qui lui ressendjie pour la j)lupart de ses 
racines. Remarquez dans les tleu\ langues l'emploi presque [)ar- 
tout S(MubIablc tlu kùmés et du palah , l'accord pour la vocalisation 
lies lettres àUf, hcl, lié, 'aijiu, enhn [)0ur la disposition du Itilpacl, 
où le idiv est placé après le schîn, le sdmclc et le sddè, lorsqu'ils 
sont premiers radicaux, puis changé en u'i après le sddè. Observez 
aussi ([ue les ih'brcux meticnl h.'s deux idiomes sur le même [(ied 



UU OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

j[^_jiJl \^hy "12: "TIW* "13: nnDw'n "'- □"'Dr i2j nv ': ts: k^» 

»^-=^îj <x_x_J l_i^_5<X_n_9 *ni2"!2 bi' y2 NiH nn^2^2b'j '::^2 ]^^'l 

'T p -)2 nci HD pi*i n^nV y^z- h2 l-Ai^l ^jJi;^ xrù"''? b: ^o^-îyij 
''-'i* an^DNi --^y n^ >2 '-^'j ne j:d"'C1 ynD-a ni2 '21 ]''i'Dp ['ni 

ÎJ^_^ J^-«^ <ji^**^i Jo^^» jl^A-^Ji l_jAi=-:>l5 VJDn ni2 "'D \"iNÎ2n 

(jw« (j>-^-s? ^ (^jvAjij-fcxîi ^^U^ ^j\^ iobUait »«Xiû HyJiS^ (jUj^I 



dans le Massoràh. Ils disent : '•Gehar se Irouve trois l'ois, Ps. xviu, 
96; Dan. II, 2 5, et V, 1 1 ;^ ils mêlent ainsi Thébreu avec le sy- 
riaque, à cause du rapport qui existe entre l'une et Tautre langue. 
A Tarlicle Birhaijim, ils remarquent : rDans tous ses emplois, ce 
mot a un dàgèsch dans le kaf, excepte dans deux passages : Juges, 
VII, 6, et Da7i. VI, 1 i.i^ Par leurs mots : ffDans tous ses emplois, 71 
on voit bien qu'ils considéraient les deux langues comme n'en 
faisant qu'une. Ils observent encore : ff Avant tout mot, commen- 
çant par liét ou "^ai/in, on dit méli et ouméh, à lexception de sept 
exemples, dont cinq avec kdmés et deux avec patah; il y a Lamés 
dans GeiK xxxi, 3 2; II Bois, viii, i3; Mal. n, i4; Ezra, vi, 9, el 
Dan. IV, 3'2; les deux exemples a\c.c pnlah sont Gcn. xxxi, 36, et 
Job, \xi, 21.^ Ici encore le syriaque est cité à côte de l'hébreu. 
L'accord des deux idiomes est très-fréquent dans diverses classes 
de mots, et c'est par suite de cet accord et de ces rapports mul- 
liples que les Hébreux distingués tenaient à savoir le syriaque, 
comme on s'en aperçoit par la façon dont, dans Daniel et Ezra, 
ils le mèlenl constamment avec l'hébreu, sans aucune nécessité. 



K1T\U \L MOUSTALIIIK. U") 

■33;n j, jU x^jSi ^JJi iJ^iûj ^0.^^ UL*:^?v»«,i J.J »j^,.Ab ^,-A^J 

' Pout-èlrc faut-il : Ja2i.^ ^. 

et seulement parce que cela leur plaisait. — Ce que j'ai dit sur le 
chaUjO-ement du dàlét eu zayiîi et sur Tinsertiou de Tuu des deux 
zayin dans l'autre, au sujet du mot hizzukkou, est admis et ap- 
pliqué aussi ailleurs qu'eu hébreu. Je citerai, à cette occasion, des 
exemples pris de la langue usuelle, de l'arabe, non pas en vue 
d'emprunter à cet idiome un aqjument pour l'hébreu, mais parce 
<|ue je sais que beaucoup d'Hébreux n'ont jamais entendu, ni ne 
connaissent une pareille opinion, et quiconque entend émettre 
une idée nouvelle, est porté à la rejeter au premier abord et à 
la déclarer l'ausse et tibsuide. Aussi ai-je voulu rendre mon opi- 
nion sur Idtzakkou plus claire et plus évidente, en renvoyant aux 
pratiques des Arabes dans leur langage. J'ajoute : ils disent d'abord 
à la huitième l'orme de sauna, istama^a et moustami^oun; de sahaïa. 
islabam et monsudnvoun , en changeant après h; sàd le (n en ta. 
coninn' loni les ih'brcux pour msladdàk; puis d»' zàua , i:d(hui et 



i:)6 OPUSCULES D'IBN-DJANAIU 

/jV***-'' ù^,ù>Jii^j ;t.fu.^ t^l«aj j^^iï.^i ^ ^r^ÀA*^^' t5»>»-=»-l USi^ 

^■r-'^^J^o j'>_5 ij^'^jr-* JÎ-^ cT* ^^*^^'j iLaJî Js.j .X^AJ »JkAâ^ i^Ui 
i_5-JUj t^_^^:^'l i C:J>jiyi 4^->^^t '^-^^J Uv»* vX^5^ jk cj^ Lij 

a^^j-x-^ j"ir:î:în ^*î -\jiJ5l »j^_iû c^-Lx-^ ^^^^^ l»[; pn:îDiîn 

mouzdànomi, et de zadjara, izdadjara et mouzdadjiroun , en clian- 
fjeant le f« suivi du :«»/ eu f/^f/, encore comme les He'brcux pour 
nizdamnièn, hizdammintoun , nizdakkcli, 7nzdakkétî, et pour tout ce 
qui est analogue. Mais lorsque les Arabes suivent notre proce'dé à 
nous pour Ibrnier hizzahkou, ils changent encore le ta de mousta- 
mi'oun en sin et insèrent ensuite un des deux shi dans l'autre; ils 
disent ainsi moiissami'^oun , avec un taschdkl sur ie sîn; ils font de 
même du ta de mouslahiroun un sâd, et, après avoir inse'ré l'un 
des deux sud dans l'autre, ils forment moiissabiroim , avec taschdkl 
sur le sàd; ils suivent le même procédé à l'égard du dAl de mouz- 
dànoun et de mouzdadjiroun, qui deviennent mouzzànoun el mouz- 
zadjiroun. Considère ces exemples, qui te feront paraître mon opi- 
nion plus acceptable. Peut être le syriaque lui-même se modèle-t-il 
sur le hizzakkou hébreu, el hizdammintoun est-ii la forme écrite et 
non la forme lue; en d'autres termes, on aura changé le dàlét 
en zaïjin, inséré cette lettre dans l'autre zayin, et on aura ainsi 
lu hizuimmintowi , loul en conservani laulrc forme comme forme 



KITAB A L- MO II S TA LU IK. lo" 

(j. . i! Jwii^ cjrs-'i -^LJJt Jv_Ji ^a:^_5-a>^ aKj»-* ^li <^ JUxiiit 

^^j-^L:*r J-.J cjs^i o^ iï »_^îi5_^J nrjaiPw'm .s (^*UaJi 
ij -^M^ 5J^_tf) J^_j».i .\>o«_» e^ ^^_, ^ Ls Uàji Jv-«i jii»>>55 

j, \yUS>0^ ij\ -o^vXc Jii.-i JJi> (j\(5 (j^j JlxAi^i *b ;^ Aa)] 



écrite. — • (Icllc rèj^lc que le tàiv du Inlpnël suit le premier radi- 
cal, lorsque la racine comincuce par un schln, un sàinék, un zoijin 
ou un sàdc, est toujours suivie en hébreu, à l'exception d'un seul 
mot où le Uiw précède le premier radical schîn; c'est ivehitschà- 
tatnàh [Jér. xlix, 3); le concours du tàw avec deux (et aurait 
rendu ce mol trop dur à prononcer, si l'on avait dit hiscldôuiliiàli. 
car la lettre douce ne l'orme [)as une séparation assez solide. On 
trouve aussi une exception dans un hitpaè'l, où le premier ra- 
dical, sans être une de ces quatre lettres, précède néanmoins le 
tàw, et se rattache, par conséquent, au hilpaël des verbes ([ui 
commencent par sàméh, schîn, zaxjin ou sàdè; ce mot est ivattèlamib 
{Ex. Il, II) y car la lettre douce qui se trouve entre les deux tàiv 
est bien le j)remier radical, et le mot aurait dû être ivallitijasséb , 
coniuK! (Ml dit ivuiiyiliiasséh. si l'on n'avait [)as avancé et adouci le 
ijôd. En ellét, les Hébreux aiment à introduire dans la plupart de 



138 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

i j~^ U ji tjlî n 'b2 \s-ù': n^n JJU Vi'bo q^Tj ^^j :;-)St^ aj^^JT 

^cn .sx-^2^Jl u~IajiJ! ^^ JUijiii i J^jû ^j^^iii 'jiï -13: ^^ <-jJl 
^î -ji-fiL^-.i _ji_^-j c^Juajl iiî_5 -n^n DDin 33cn J.-tf>^i_5 ^3n Q-n 
n^n 3^1 (^...^5l_<u,3 (jv._j»x_ii>_j "iD-n i^zn t^jJli civ^UJI *Uj 

J_j-*lî m^n -'DDin ■'32cn m^n iDDin i33Dn J-vs^ili^ n^n S^l 
nsn "iD-n ii-3; <_^ Sy^D ^jLSf -]:* JUàj! ,j^ i^i -1:1,-1 y^^ ^j' 

' D. i5i, 23-97; N. io5,()-i/j. 



leurs mots un allégement des lellres douces. — D'après Aboû 
Zakariyti lui-même, hizzakicou ne saurait être le nifal de zàkak 
et appartenir à la même racine que zahkou {Job, xv, i5), parce 
(|ue hizzakkou a l'accent sur la dernière syllabe, au lieu de l'avoir 
sur ravant-dernière, comme hibhiirou [h. lu , t t). \ oici ce qu'Aboù 
Zakariyà dit dans l'introduction de son traité des racines gémi- 
nées, en parlant des nifal de cette classe, qui suivent la conju- 
gaison de nàbar : f-L'impéralil' du ?<//«/ est, d'après la règle exacte, 
hissab , Itiddcutt, liihbar. pour hissdbèb, hiddâmnn , hibbàrêr, suivis 
du ivihv, qui mar(|ue le pluriel, ou du yôd, qui est le signe du fémi- 
nin; ces mots deviennent : hissabbou, Itiddammou , avec deux dàgèscli 
et une quiescenle |)rolongée (par l'accent) hibbàrou, où le second 
dàgésch manque à cause du irsch; puis hissabbî, hiddammî, égale- 
ment avec deux ddgèsch et une (juiescenle prolongée, et hibbàrt; 
toutes ces formes sont pour hissàbebou, hiddàmcmou , hibbàrcrou, 
hissiîbebi, etc. ■» Donc, si hizzakkou était l'impératif du nifal de 
zâkak, il devrail èUe mille i-l. (t)])]mv liiddammou, hibbàrou, puisque 



klTAIÎ AL-MOUSTALHIK. 13'J 

JLx_l_jl ^^ ^Tv.XjUi ^!^:> JUii^i JUjbl ^ ^x:!)i ^^^ ijjCiû 

12* *W._5 "i:"''7iV "ijjnnnn ^i.x$^ IslÀjkv^vwî «iJ^j jo^^iJi «J_j^l 



cest la règle des nlfal des verbes géminés et de ceux qui n'ont 
pas de lettres faibles, comme liischschdmerou [Ex. xix, 12), hiin- 
mùlelî [Zach. 11, 11), d'être mille'èl à l'impératil", au [)luriel du 
masculin et au féminin du singulier. La vérité de cette règle 
donnée par Aboû Zakariyâ est prouvée par tous les futurs du nifal 
des verbes géminés que nous rencontrons dans l'Ecriture, qui 
ont aussi tous deux dàgèsch et une quiescente de prolongation; 
exemples : Jér. xxxi, 87; ibid. l, 3o; ibid. li, 6; haïe, xxx, 16; 
Osée, VII, -y; Jév. xxiii, k (dans ces deux derniers, un dogéscli 
seulement, à cause du hèl) ; Juges, xv, 1 i ; Lév. xxvi, 89 ; Ez. 1,9; 
Eccl. XII, 6, oiî, par suite du lièl, il n'y a qu'un dàgèsch. — fliz- 
zakkou ne peut pas être davantage le hilpaèï de zàkah, parce que, 
dans ce cas, les deux lettres semblables seraient apparentes, la 
première d'entre elles étant même habituellement pourvue d'un 
dàgcscfi, comme Jcr. iv, •?., à moins <pron m; l'ait suppriuK; |)()ur 



UO OPISCULES D'IBN-DJA^AII. 

sV "'"T'ZN •!'?'7inw\x M-i;n"'i ]:inw'N \-irb2i H'bisn"' xin rc'îTN'nm 
V-9 ip:n T?rn •'?;n J^i^ y'op ^^i^î^ ^A^-ii- o^i ^jl)!" ji^^ xiU 



alléger le mol, toinme dans Gen. xlii, 91. H existe, il est vrai, 
pour cette classe de verbes, une loriuo sans dàgêsch, par exemple 
Is. XLVi, 8; Os. VII, 8; Ps. lxxui, 91 ; I Bols, xviii, 28; Ps. lxxvi, 
6; mais, dans Tune comme dans fautre formation, les deux 
lettres semblables doivent, être apparentes. — Enfin hizzakkou ne 
peut pas être un nlfal de zàkàh, car alors le /.tt/" n'aurait pas de 
dogêsch, et le zayhi serait pourvu d'un kùmés, connue higgàloa [Is. 
xLix, 9); hc'àlou [Nombres, \vi, 26); hinnâkî [ib. v, 19). 11 doit 
donc être absolument le likpaël de zàkàh, comme je l'ai expliqué, 
à moins que le hê, troisième radical de zàkàh, ne remplace le kaf 
de zàkak, racine de zakkon [Lam. iv, 7). Mes observations sur hiz- 
zakkou n'ont été j)résentées par personne des Hébreux avant moi, 
et j'espère que les bommes modestes et bumbles qui verront mon 
opinion et ma comparaison des procédés en usajje dans la langue 
arabe ne me les reprocheront pas, car je u ai [»oint invocpié le 
témoignage de la langue arabe poui- fixer ma manière de voir 



KIT\r. Al. MOUSTAI>lllk. l'il 

l0^_£û J^A_-« cL.«v« i^:>l_Xjcj ^ (j^j\j.\xj\ ^j^ i^i-^ ij^ er« '^■' 

Jb^ -jà-T'si nnx r\^rt\ _^», ' io^..2*i^ Uy (j«"*4^ ''>^* ij-^ n-'n 

' Ce mot a été ajouté d'après la vors. héhr. — - Le passa{;e du Conimenlaire 
de R. Sa'adià est cité Jour», asinl. 1870, H, p. T)!.") et suiv. [Manuel du lecteur, 
p. 207 et siiiv.) — 2 N. 75, 27. — ■■' N. 77, 3. — * N. 77, /i-8. 



d'après elle, ni parce (jiie l'hébieu aurait besoin du secours de 
l'arabe, mais seulement, comme je l'ai déjà dit, par la raison 
que, la plupart des Hébreux n'ayant encore entendu rien de sem- 
blable, j'avais à craindre qu'ils ne fussent disposés de prime 
abord à rejeter mon opinion. Je leur montre, du reste, que 
H. Sa%idia, dans son commentaire sur le Sijjer ijesiràh, à l'endroil 
où il parle des habitants de Tibériade, qui prononcent djlm le yod 
pourvu dun dàgésch, mentionne aussi le même usage chez les 
Arabes, et invoque le témoifjnage de ce qu'ils ont avancé à ce sujel. 

Zârâh. Aboû Zakariyà a passé, dans le premier des deux sens, 
le nif(d, Et. xxxvi , 19. 

ÏJiiijàh. Aboû Zakariyà ne cilc (piuri sens, Jér. xxxviii, 1-. Il 
ajoute : «On rencontre aussi celle racine sans hè à cause de son 
enq)loi fréquent; hmj [(îen. v, T)), ivnliaij [Lév. xviii, 5), qui de- 
viaicul èlrc (loi/nli. rvàhàijàh; puis wà/iàijdli [Ew. 1, iG) pour ivà- 



Ù2 OPUSCULES DiBN-DJANAH. 

aIsU^L Uiji e>.j^i ^AiU j l_jJij J.xiJÎ j.:!i JoU^L jSù^l\ ^^U 
^_ii -ïiX-ijT îTjtsCjS (.^z^yj îtXj»j *35,j^ «^^>*AJ ^^ a3»Jj ^J ÎJs_ri> 

^À^ *XjJvwii..AJi A-Aj J.Asi'lî n''m U!_5 n^n nV* riD'^Dri nrù* t^* 
nîi'n i ii3^ 1^ lîU-jsr>.»^l A-*.i kilJi (iJ^j ^^ nnni s^ccn nw"':n 



hihjeUlh, où Ton a négligé au féminin ie troisième radical, comme 
on avail déjà eu l'habilude de le reirancher au masculin. n Ce 
sont là ses paroles, el cette opinion n'est pas tellemenl inadmis- 
sible qu'il faille la rejeter absolument. Mais je n'en trouve pas 
moins fort bien de rattacher ces mots à une racine géminée hâyay; 
les deux premiers exemples seraient alors, d'après la forme de 
tam [Lamcnt. iv, 92), de tcmmùh [Lev. x\v, 3o), et celle de rah 
(II Bois, XXII, ic)) de vouhkeMh [h. i, 6); dans wâhûyàh, on a 
supprimé le dûgêsch que ce mot devait avoir à l'égal de ivàhûliâh 
[Jér. xLviii, 1), pour l'alléger comme dans hê^hàh [Prov. vu, i3) 
de '^kzoïiz [Ps. xxiv, 8) et de wé^èumzô [ihid. lxxviii, /i), qui devrait 
avoir un dàgêsch dans le zaïjin, comme hrljèllàh [Juges, xx, ho). 
Il est vrai que le hê, qui est troisième radical de [làyàh, peut rem- 
placer une des deux lettres semblables de hoyay. — Aboû Za- 
kariyà a négligé dans ce paragraphe un autre sens, qui se ren- 
contre Il liois, viii, 8; Is. xxxvm, 21 ; Josué, v, 8; peut-être aussi 



K1TAI5 AI. VlOliSTAI.IIIK. I'i3 

(;JV«s•:s^Jl^ ^«(s-A-^i..:«-i! ^j^ \j\x5 _J.i^^ \.oji c-yXl] ! <Ki6 ,j-« nn'n 

z:^•^r{^^ n rcîD pn* nd")'" ^j}^ nb'cn'' niDn"? n2"~iN nn'ji'' 
J^-^o^t i J^_t6 e^ j«v.jiutA.à n:n: ne Ut^ vW'i '*>^ i J^ 'i^n 

4^ n::n: a_a_» a>_^I u^j^ j:n ^r* u^ u' o^ u^7'* Jiï y^ 

' D. 111, 4; N. 78, 3o. 



Ex. I, i(j, d'après le Torgonm. Ycljoyyéh (I Chron. xi, 8) a, sans 
aucun doute, le même sens, el sijjnifie relever et fortifier une 
conslruclion, comme le démontre Temploi analo{|ue que l'Ecri- 
ture fait du mot aroiikâli remède (II Chr. wiv, i3, el Néh. iv, 
1) et du verbe wayyerajjpc' il guérit (I Rois, wiii; 3o). 

Hànùh. Aboû ZakarivA dit : nNchant {Jcr. wii, 98) ne peut ])as 
être de cette racine, car il faudrait nihnêt, comme nil^vl (/s. xlvii, 
t3), nihnèt {Jér. xxxi, 6)." Aboû Zakariyà najoule pas à quelle 
autre racine ce mot se rallacbe. Il pourrait bien, comme je Fcxpli- 
querai plus bas, venir de hànan, et être pour néhnant. Mais rien 
ne s'oppose à ce (\\xq nvhani soit bien réellement poui' iièlintH, typo, 
nil'èt et nibnèt; seulement, à l'exemple de ce que j'ai dit précé- 
demment (p. 3o) sur yoladl {Geii. xvi, 11), yàschnbt {Jcr. \\\\. 
93), schôkottl [ibid. li, i3), le noiin |)eut avoir perdu sa voyelle, 
pour alléger le mot, el le Itet avoir reçu un pala/j , parce cpie celle 



\liU OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

i)j^_o r:n: cK-ol >j -i) j^ 4^! ^À.A«Mi ^l^Ji ^^j (jl <^ (^Uî 
-nn Lj[, i Jlï *J; J'>j«àj\ nni mDîjrm vW^' '*^ '^ J^" '■•"""' 

iiUi>_5 mn cjl? (j-« Aji ^à vii*i ^4^J^JI <J~AJiii JUxiiJi Jjiii *xjls 
i P^^j-^ t5*>Ji *W-^! y^t> (j' i^-^.: 1- c^irùn '^zyî' JUxii)! 

nnnn aaj Jl- jliJi ç_y^Jij tcn") '7^ nnn nriN c^bn: t v^a nDwn 

' Cet exemple manque chez N . Dans D. 1 1 2 , 2 o , on doit , d'accord avec le texte 
arabe de Hayyoïidj , rétablir hrto pj nv, et biffer les additions de l'éditeur; 1. 29 , 
il faut efljicer ces mêmes trois mois qui y sont répétés. — ^ D. 1 r)9, 1 ô; N. 1 o() , 
37. — ^ D. 1 13, 8-1 2 ; N. 7g, 3o et suiv. , est corrigé dans le sens d'ibn Djanûli. 

prononcialioii aura paru j^lus lacile. Toul en (-lanl de la raoincî 
hchiâh, le mol peul avoir \o sens de niljnant, de luhian, cl le hè 
lenir iieu du noim ^ 

Hàràh. Aboû Zakariyà prend ici yèhùrou {Ez. wiv, 10) pour le 
nifal de celle racine; ensuite, dans le para^jraphe hàrar, il dit 
que ce mot pourrait èîre le nifal de celle racine et que le rcsch 
aurait alors dii avoir un dàffèsch à la place de deux lettres sem- 
blables. Mais il a passé le véritable nij'ol, qui est incontestablement 
de hârâli, Is. xli, 1 1. Le hé peut aussi, en ce cas, être à la place 
du rêsch de liàrar, 

Hihàh. Aboû Zakariyà cite deux sens de celle racine : l'un, à 
la forme légère, Prov. vi, 97, et \xv, 29; l'autre au hjfll , yaljU'lâ 

' Voy. Menalièni , p. 1 .) ' : l)ounaP( b , p. (i/i ; Talmidé Menaliém , p. '1 2 i Talmîd 
Doiiiinsrli . p. 3/. 



KITAP. \I.-M()UST\LIIIK. U5 

♦■•aDa i~nv3 nr.p \a^^ "ipu"' "jis"' JU» ^_^ '?nNr: -jnc "i "i»-in"' ■'n\"inn 
ii^ ^_À-« w*.:^5oJl S'^y jl^ -iJy» (j^ ^^^ v-V'À^ nr.nn a)^-«oI 
^Uxi! J^*:< (jl^ nnn JJl« Uxii- -jnn"' J<x^. ^ji y-* ''^'*-* ^ ,fc>*^ 
o«-x-À_i^ »»Xxffyi) (^4xJi c'\S' nnn"'n »s aX>^ UI J^s-i ^^^ *ljJi 
yn"! A^iu^ D'ICI on'? ncn"» ^vr': ^'î'^n njn"' x'? poya nsn"" i a^x^^ 

-j'in'^^^-A-^ ^^ U ^^lâ^l (J! yn-'i ^5^-*^ u' ^•^-?^'^~=^^ y^ ^^ *^^' 
j_^iL> ^1 -nn^ i J^-^iJI ^ji(j p2?:2 myj nnp nnn o« -jnn^ 

' D. IIP., lo; N. 79, .'). 



[Ps. LU, 7), lype yafrekâ [Gen. xxviii, 3), yaschkekà. Il ajoute : 
ff T(>'/iflt [Prov. XVII, 10) pour («i^fe'/j est la lornie légère de ce der- 
nier sens.n Je suis fort étonne' et je comprends difficilement ce 
qui a pu empêcher Aboû Zakariyà de prendre yalitekà, tout aussi 
bien que téfiat, pour uih; l'orme légère, mais où le yod a patah, 
à cause du hêt, comme dans hàyahtéli [Prov. vi, 27), qu'il donne 
lui-même pour une forme légère, et comme Job, xxxix, 21, 
Ezécli. XLiv, 18 et IV, 17, et Gen. xxxiii, 1, où le mot ivayyahos, 
d'après Aboû Zakariyà, est pour wayyihas avec hirék sous le yod. 
Certes, personne ne doute qu'ayant besoin de construire ce mot 
avec le suffixe de la seconde personne, on n'eût dit yahsekà, tout 
comme yahtekâ, et de même que celui-là viendrait de hàsàh, 
nous soutiendrons que yahtekâ est une forme légère comme tê- 
hat de luttàli, bien que yahtekâ soit pour yihtekâ, lype hàyirsekâ 
{Mal 1,8), hàyikrekâ {Nonib. xi, 28). Outre l'évidence qui ré- 
sulte de notre argumentation, cette opinion se recommande en- 



146 OPUSCULES D IBN DJAxWH. 

AÎijjij, 0;-> ,J^=^^ C^-* ^^ ''••«y^T' ^^* ^ Jv=wl_j ^y \4 jl ^^ 

cn^'?N "i:^t'::'î \j\ ^^ Li2^yj'2 u-C'^:: ûcl:: »^^j >*5 hdî: 

^j^ ^^i <_^ ij. *w. j < ^.w»>.^ J_jj Ajj J^ .XJ^j ÎIDun "!2N C")"'j' jSi 

Jy»l ii^ ^j\AJî-l5 c:.»!^^ J^^ CJ^' ^j>>''*' (^ vJ-* ^-^-^ i*X-«* (j-« iP 
' Celte cilation manque dans ie texte arabe et dans les versions de Hayyondj. 



core par l'absence complète du liifîl d'où ynijlekà pourrait déri- 
ver. 11 est encore bon de remarquer que les deux sens mentionnés 
par Aboû Zakariyà n en l'ont qu un et ne présentent aucune diffé- 
rence, puisque tous deux sont : emporter, faire cesser. 

Tàmàli. Passé. Voyez cependant le nifal tiitminou [Job. xviii, 3) 
= wenigllnou (I Sam. xiv, 8). 

Yàràh. Dans une des nombreuses copies du traité d'Aboù Zaka- 
riyà. nous avons trouvé ivonnmhn [Nomb. xxi, 3o), cité dans ce 
paragraphe. On y émet l'opinion juste que ivannîrdm est de cette 
racine, et Ton ajoute : r Cependant il pourrait dériver de ràmam.n 
Je soutiens que cela est tout à fait impossible, et cette supposi- 
tion n'a pas besoin d'être mise à néant par des preuves pour 
quiconque possède quelque connaissance des lettres douces et 
des verbes géminés. Aussi je pense que cette remarque n'est pas 
d'Aboû Zakariyà, mais sans aucun doute de quelqu'un qui, en 
étudiant ce traité, a mis son propre avis, en noie, à la marge 



KITAB Al.-MOISTMJIIK. 147 

Jj_i ,^j^ »*X_*_j ^^ AA3 xXjIj t_^JJ! cjUJji liviî» j*.^ j, «^JaJi 

LXÎ_5 X— ei^^Ji (_J**.ÀJ tj-« Igjl (^ AAJ <— OUa. *XJ 6«X-*».0 U-il ;JsMi 
l Q » < jb'^ («■^ -îUi^ JsxJ^ (_j*J»Xji)i J^i ijàjtj c^sX^I ^^^ cxjfe' 

j.-X-S' i «Xr:-^ ^ JyiJi iisJft (jl ^;*.IjsaJ1 I*X-^ i<^^ lie J.Ai*XJl^ 

w*i»w^AÀj^ (^f*,UJI ^À£ liai:! wûJCÀAJ <_>lj«jJI iiUi (j^ *^y-S*^ >r*J j^r^ 
lîjJs^ ^[xij\ aKjc>_5 cnD \"l'7N'7 ^ZH tJ^i '<>^ j J^=»"^' '"122 



d'un exemplaire; puis un copiste ignorant a l'ait entrer la note de 
la marge dans le corps du livre que j'avais sous les yeux, en la 
mettant sur le compte de l'auteur. Ibn Noûmi m'a raconté qu'en 
Egypte il avait vu du Traité des lettres douces des copies qui con- 
tenaient des choses fausses qu'on y avait ajoutées, eu les attribuant 
à l'auteur, tandis qu elles provenaient de quelque Andalousien. 
Je l'avais déjà bien reconnu. Il me fit voir des passages de cette 
nature recueillis pour son propre usage, lorsqu'il les avait jugés 
Taux. C'était le cas pour wmimrâm, d'autant plus que cette re- 
marque se trouve dans un seul exemplaire, et que les théories 
d'Aboû Zakariyà sur les verbes géminés la démentent et couvrent 
de honte celui qui voudrait la lui attribuer. Je n'aurais pas l'ail 
cette observation dans mon livre, si je n'avais pas craint que l'on 
ne fit de nombreuses copies de cet exemplaire, et que l'erreur ne 
se répandit et ne fut imputée à l'auteur'. 

kàfàh. Aboù Zakariyà mentionne dans ce paragraphe ikkaJ\Mic. 

' Rihn. 93, lO : El lorsque nous tirions sur eux, ils »'taient perdus. 



l/IH OPUSCULES DMBN DJANAH. 

^y\ bi^ nh:r\ ^^*s\ ^^ù^l\ -nni; b^n cXa» .iddn ^.^Asi ^jl Jlii^. aa^ 

nPî; A-J_jJi dlii^ ^_^=?-' □"'DIDZ ^ (j-« (JV^il' cjii^is 4J-. AJjJ yî 

yl -:i\Ii a;X_:c_jU.i JUjiJi er» J^*À^^Î i il^ia^)! ii ycp (^ >ft)j 
f^^j :^\ Ub ^\< ji Uaib JUju^Ji J.J-> ^1^ ynp ajL* JœiJi -«^U ^j^Tj 

^i <>oi-A~c eXjw i *>s-is> Uls ^ :>i^i)l i J^i£) ^j£. *X^ ylî y^lN*? 
aiDiy ne L>À_ji b>x_=-_5_j -dd ra ibs:! "in""' b*>v_=-_j e ^U- à-«!!J 
i iJ! nrî^b a_x_9 iij-Lsiilj (jv.JlaJLI c^i^i ^^ JLx_iiil U!^ nr? 

' D. 118, 1 9-1/1; N. 83, l'a-iG. — - N. loô, 8-9. Dans D. le passage est 
tronqué. 

VI, 6), el dit que c'est un nifal abrégé de ikkaféh, comme dggâl 
{Is. XLVii, 3) de tiggàléh. Je préfère le rattacher à kàfaf, de ke- 
foufim [Ps. cxLvi, 8), à cause du patnh au lieu du kàmés. C'est 
une règle généralement suivie dans le nifal des verbes au troi- 
sième radical faible, que le premier radical prend kàmés, que la 
forme soit apocopée ou complète; on voit cela aux mots tiggàl, 
tê'^âs [Esther, v, 6 et passim), à coté de tiggàléh et de tè'àséh, puis 
Exode, xin, 7; Dan. xi, Zi. Les verbes qui ont hèt pour second ou 
troisième radical font seuls exception, comme xjiddahou [Jér. xxiii, 
19), yimmah [Ps. cix, i3)'. Les racines géminées, au contraire, 
ont toujours patah, excepté en pause, oij il y a kàmés. Pour cette 
raison, mon opinion sur ikkafest plus conforme à la règle. Aboû 
Zakariyâ, dans son traité des verbes géminés, établit lui-même 
cette différence entre ijissab de sâbab, yimmah de mâkak, yimmas 
de mâsas, etc. et tiggàl, wayyikkàr [Nomb. xxni , A ) , de gâlàh, kâràh , 

' Voy. ci-dessus, p. laâ, 1 2(3. ♦ 



KITAB AI.-MOUSTALIIIK. l/i9 

«"112 QnS niDn jLa.j!^ n"'"iD d-jîn liè«Xn-i (j>r*y ^o^S'i niD 
pm"i a~iDO th:! ddnd •"i::n □"'D a:'i Li-Jb l-cj_j S-x.s\^ nVna 

Jt »yU>l Lto njpD^ Dm^xV iO) (^ moi: ^^ ^i (jX^ eJUJJ 

m2D D")DD Î_^li5 ^jljJt «Jvss-i^jJi j.jç«.^ (ji^ t^UJi %^. yK.t.^ 
' D. ii8, i5; N. 83, 17. 



que les uns avaient p((«A seulement au milieu de la proposition, 
tandis que les autres prennent kiimés, aussi bien au milieu qu'à 
la lin de la proposition. Je ne sais donc pas ce qui a lait com- 
mettre cette erreur à Aboù Zakariyà, à moins qu'il n'ait, comme 
je le suppose, lu tkkàf asec kàmés. Quelques-uns ont mis ikkaf en 
rapport avec kaf, la main, et ont traduit : Que lui apporterai-je 
dans ma main. C'est possible, mais peu acceptable. Il se peut, 
du reste, que le hé de kàfùh, dans ijikpéh [Prov. xxi, ih), tienne 
lieu d'unie, troisième radical de kûj'af [Ps. lvii, 7). 

Kârâh. Aboù Zakariyà donne deux sens, l'un , kilrîtà {Ps. xl, 7), 
et l'autre, wayyikréh. . . kèràh (II Rois, vi, a 3). Mais il en a passé 
un troisième, llkrou [Beut. 11, G), niikrâm [Nombr. xx, 19) et mi- 
kràli [Proo. xxxi, 10). Dans ce troisième sens, le nom, sans être 
annexe' à un pronom, peut être mikrâh, type mikncik [Gen. xxiii, 
18); annexe' au suffixe de la troisième personne du masculin plu- 
riel ou au sullixe de la troisième personne du féminin singulier, 



150 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

rijD *X_A£> «>»-À£ V*'^-J cnns y_^^j y' ^ ^=^^^ ^j^j criD nvn'? 

ni*: nr)'?^ <x_> hï: iCLo «XjLc i^li^ nni!: ^^ ^^V^ '"""îî^ v^Nt: 
*x_=fci_^Ji j_A..^Aiîj ci^ii* PDTC ifXks *XÀ£ Lajl t^^ilïj nni*: x=^^]^ 
^^ A_j| aiDD i Jyi (jï j(^"=^j in:*c' *'>jJ5_5 n:rù' cw t-olxîi 
j-s<Mé (jl syl^ii USi nmD n:3C n:pD iij) <^ ,-n:D iiïLoiil J^s 



le mot est devenu mikrâm et mikroh, parce que, avant de le mettre 
en état d'annexion, on a supprimé du nom le sig-ne du féminin, 
comme souvent dans ce cas^ Ainsi péliâh, avec le suffixe de la 
troisième personne du pluriel, devient p7«am [Néh. \, iZi) pour 
péhàtâm; pinnàli, avec le suflîxe de la troisième personne du fémi- 
nin, donne pimiâli [Prov. vu, 8) ])Our pinmttàh; middàh devient 
middâh [Job, xi, 9) pour middàtàli; nmàh, avec suffixe, nissàli 
[Gen. XL, 10) pour nissàtâh; sàkat [Juges, ix, /i8), avec le suffixe 
de la troisième personne du masculin singulier, forme sàhi {ibid. 
^9) à la place de sdkùtà. Mais il se peut aussi que mikrâm, avant 
l'annexion, ait été mikréli, sur le modèle de miknéh, mibnéh, midhéh; 
puis, en ajoutant le suffixe du pluriel, on aurait retranché le hé, 
troisième radical, comme rôdèh [Is. xiv, 6) devient, avec le suffixe 
du pluriel rôdém [Ps. lxviii, 28); hamma'àlch {Jos. xxiv, 17), de la 
même manière, par la suppression du hè, hamma^àlém {Is. lxih, 
' Rihmâh, iSg , 33. 



KITAB \L-M()USTALHIK. 151 

iJs-d) ^ |,!>\li Joc-x-l! ij^ □-i:d ^jiSj-j "imn 'ù'r rc:.'n i_^JUi j^I^J! 

n:p i<-x.} ^ii "<s njpiS*' <^*-* i "''? msNi (j5 *^AS-i ^J»>^i *jpn 

U-^^»^ (j_^l-io -y^ pi* "lip"" nN* i^iij If (j«U)iJi^^ J-«3 "'V r-nDN") 
»*x-£û ^jl tj_jJyM^ nriND iidd didd "tid:! cj^ m^D □•':'':dd pmi 

^*A!Î sJuû o_^3 ^^ù^xs. j\s- i:pn ^^ot* ^ nsn ;ji o^* Uo bl 

' Vers. hébr. : crv 'bj ^ipr C'J7r3. 



Il); "ose/i, avec le suffixe de la troisième personne singulier mas- 
culin, hâ^dsô [Job, XL, i(j). Mikrâm serait alors formé sur le mo- 
dèle de minlâm [ibid. xv, 99), qui dérive, comme je l'expliquerai 
à son endroit, de la même racine que kanneldlekà [Is. xxxiu, 1), et 
c'est, à mon avis, l'analyse préférable. Je rattache à ce sens du 
verbe kûrilh , waékkeréhâ [Osée, m, 2). Je m'explique : tikrou [Deui. 
11, 6) ayant le même sens que tiknou (vous achèterez), waékkeréhâ 
équivaut à ivaéknéha, car kânîih qui a, en général, le sens de 
acheter, acquérir, s'emploie aussi dans le sens d'épouser [Ruth, 
IV, 10). Le dâgêsch du fc«/"est une irrégularité, comme dans yik- 
kerèk (I Sam. xxviii, t"o). On a nié que mikrâh {Prov. xxxi, 10) 
pût avoir la même racine que mikrâm et tikrou, on a soutenu 
que kànlli ne se disait que de l'achat de l'eau, et l'on a regardé le 
7iièm de mikrâh comme une lettre radicale. Mais je crois ([ue, 
puisque kàràh a le même sens que kànah. il s'applique i\ toule 



152 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

^j^ A-jjXi iijwîvXiî tK Uiî*X^ ^^j ^ yi_5 J_^aJ! !s\.i&^ T>2n »Jtl 

jji »X_x_ji U» 4^—=»- i^ii vxt^ ^^■^J^ Siw*î_j *L» (J-» (i^AJij U» ,_^ 

Ixijî >i^jij IawIaï c_>L-jc5ij ^Uxiî yû Wi pnï fjODS mzD bi* *i^J> 
(jvs>_àJI *X-5^I ^j^ J>AiI_5 d-iSt ;]D:n m:p'7 ^^^i i*Xiû J^^ i 

n'?:"' nbjj -Jo) (^ r\nv re/i*? mD-" 
3^» U^^ rj"»:? mj<"i dn "«d io) (^ d-tidc* mî"?! »;5'*Xj ^ nîV 

y_jJlj_5 l^:':?!: "iî'7> "JN (j^ CJ^-*Ji Joot^ DTDD' mîb'! y^^ y^ 



chose achetée, tout comme kânàh qui s'emploie même pour en- 
fanter, Gen. IV, 1. Les mêmes personnes ont voulu faire dériver 
waékkeréhâ de liikhir; bien que cette opinion ne soit pas complè- 
tement à rejeter, je n'en préfère pas moins le rapporter à tikrou, 
d'abord à cause des mots rpour quinze pièces d'argents qui 
suivent; ensuite, parce que nous ne rencontrons nulle part hikklr 
dans le sens d'épouser; enfin, par la raison que kârâh, comme 
équivalent de kânâh, se dit de tout ce qu'on achète, de tout ce 
qu'on acquiert, par exemple, eau, femme, enfant ou quoi que ce 
soit. 11 ne me parait donc pas impossible que mikrâm [Amos, ii, 
6) ait aussi la signification d'acheter et acquérir, et réponde à 
liknôt, que le même prophète emploie [ibid. vin, 6) dans le même 
sens. — Aboû Zakariyà a passé dans le premier sens qu'il men- 
tionne, le nifal, yikkâréh [Ps. xciv, i3)^ type yiggâlch. 

Lâzâh. Racine omise. Cependant, on trouve oulezout [Prov. iv, 
26) comme l'e'out {Eccl. v, 10). Lezont pourrait aussi venir d'une 



KITAB AL-MOUSTALUIK. 153 

JlaxJLI ■^3'? p-iî ^J^J ■'d'? ]rc;c' (j-« l^U»x5'a''nDC* mî'?! ^r* ^a^û'-^ 
,r^^ u^^i^' '^^■* (j-"^^ *^ '"^'^'^ '^"''"' u' s^^J »j^j >^ n'?^ 

*i /»_X_j ^ ^j<aji^_5 "i'i"' ^j^ U\)-^ A)ot> tjia-«A-' (j9/-=*-^î *^ i 
A_A_j i^éL^Ji J^j i^:>j\ *X_aJj <i>\_A.3^l «^->**»Ji jiÀli iCo.j^xjl 



racine /omz, comme Prov. m, 21, et le wâw, ainsi que le fait', 
auraient été' ajoutés comme dans ëyâloutî [Ps. xxn, 9o), "^(Y/o/it 
[ibid. XIX, 8), begérout {Jér. xli, 17), qui ont des racines au se- 
cond radical faible; seulement, dans lezout, le second radical a 
disparu, comme dans seson [Ps. cxix, 111), zedôn [Obad. 3), et, 
comme je Tai déjà dit dans le paragraphe sc/iowaA (p. 116), au 
sujet de bischehoutô [Prov. xxviii, 10). 

Lâlâh. Racine passée. Pour le mot lâlat (I Sam. iv, 19), les 
anciens interprètes ont pataugé, et les modernes ont cherché en 
vain une solution; les uns ont considéré ynlad comme un élément 
de ce mot, les autres n'ont trouvé aucune issue. Une telle lutte a 
dû nécessairement se produire, car lâlat est difficile à expliquer 
et malaisé à comprendre. Aussi aurais-je voulu ne pas en parler; 
mais ayant promis, dans l'introduction de cet ouvrage, d'ajouter 
tout ce qu'il me serait possible de réunir et de ramasser parmi les 
faits qu'Aboû Zakariyà a omis, j'ai cru devoir mentionner aussi 
ce mot, rassembler tout ce qui s'est présenté à mon esprit. Cepen- 



154 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

Ul A^^i cy5\S «Xr^i tj^ _jAis? ^ nbb yi Jy>li jU*M.Jij ij«Ux!t ^^^ 
in nc'y ^:''^'7 ruv^ ^nx dx j-'^d x'^'i m2U?T i_^L« If *l^î cj^, ii*Xj 



(Uinl, jfï déclare de suite que je n'ai aucune opinion arrêtée et 
que je ne possède aucune preuve décisive pour en déterminer la 
racine. J'indique seulement différentes manières de voir, sans me 
prononcer plutôt pour une racine que pour une autre. J'exposenu 
donc ces explications, en m'engageant seulement à ne m'éloigner 
dans aucune explication de ce que permettent l'analyse et l'in- 
duction. Je dis donc que lâlat n'admet que les trois explications 
suivantes : il vient d'une racine au troisième radical faible, ou il 
vient d'une racine géminée . ou c'est un nom qui n'est pas dérivé 
d'un verbe. Dans le premier cas, il y a deux possibilités : Ou 
bien lâlat, qualificatif de hâràh, est pour lâlùh, comme dâwâh, 
bâlûli, avec le hè remplacé par un tâvo, comme dans ouschekourat 
(/s. LI, 21), schenat [Ps. cxxxii. h), méat [Eccl. vni, 12); car 
tous ces uhv tiennent lieu de hé. Le second làméd a patah, à cause 
de l'intention qu'on avait d'annexer ce mot, comme cela est arrivé 
pour schenal et autres qui ont perdu le kâmés, parce qu'on y avait 



kITAIl AL-MOUSTALHIK. 155 

nSTni i Aki* <!ui <»>aft«xii (j_^^ vio^jJL Ua^U !5\*» (j^^ o' ^'^ 

(jvXiJli cjl^i (j.* ^j\^ (ji^ nn'jim nncyi n*:;"im nu-'yi i a>-^JI 
ny'? JsA-« j^^ J^i ^j-. i3.A*i»^ ^^ ^l^ j!^ înb cd*? -i^j) lic r^' _^ 

i . - 

uj-? <i^ m3:nnD "-iDn m!; cdvs n^cnrin iLJj ^^ nVi-j n"'3:nm 

' D. lua, i8;N. 80, i/i. 



supposé une annexion. Ou bien, lâlat pourrait être Je féminin 
d'un parfait et suivre, comme modèle, wehirsât (Lev. xwi, 3i) 
et we'âsAt [ibid. xxv, 2t), de sorte que la forme primitive serait 
ïâletâh, de même que, dans les exemples cités, elle est wehirsetâh, 
we^àsetâh. Dans le second cas, lâlat serait un nom, comme lamas 
[Lament. i, i), lâhaz. Dans le troisième enfin, ce mot ressemble- 
rait à la ad. Voici tout ce que je puis dire de lâlat. 

Nâbâli. Passé. Le verbe est conjugué comme les verbes ayant 
«/(/pour dernier radical, à l'exception du hitpaël, I Sam. x, 6, 
type hitrappitâ [Prov. xxi\, lo), et I Sam. x, i3, type hitgallot, 
qui se conjuguent comme les racines au troisième radical lié. 

Nâwâh. Aboû Zakariyji a passé le liiftl, Ex. xv, a , où ive'anwèlmi 
suit la foruie de ive'arbèiiou [Is. li, a). 

\âlâli. Passé. De celte racine dérive kannclôtkâ (Is. \\\ni, i), 



156 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

nnc'? nnDn au) ^^ m'7:n jOv^^l^, -pi: nx mc^ n-iDn *jj ^^ nV:" 

P"''?^ nnc'? J^-A-o^ 'rr,22 ^:^'j niiub J^-i^ UJL^ ^^^^L ^5 *^^î 
"!'':yn'? A)v.-oi t5*xJl ""^Dn n"»: nx ^^2i•'? "^LgJi o«x.i>- i n-isa 
J<5'ii Jij ^j'b lg,)ciL«^i5^ N'^zn'? aK^I (^.>J! n'?33 umx iVa"? l>^i_j 

i D. 1U9, 5; N. 86, 5. — ■' Oïl s'attend à eUj-^. 



qui est un /(i/ï/ de la forme yamréli (Jos. i, 18), ayant à linfniilil 
hanhk, type hamràt, d'où hmrik (/s. m, 8). Or, Aboù Zakariyà dit : 
ffLe />rtffl/i du lâméd dans lamrôt prouve que c'est un hifil pour le- 
liamr()t;-n de même, moi je dis que kannclôtkâ est pour kehanhkkâ, 
dont le modèle se trouve dans keliaznôt (II Clir. xxi, i3), kehafnôtù 
(I iS'flm. X, 9), keha^ïlôt {Ez. xxvi, 3). De plus, le dâgésch du noM/i 
est irrégulier, à l'égal du dcigêsch irrégulier dans le mèm de oube- 
hammerôuhn [Job, xvii, 2), qui devrait rester sans dâgésch, comme 
îanirot [h. m, 8, et Ps. lxxviii, 17), où le lie est supprimé, aussi 
bien que 11 Sam. xix, 19, Jér. xxxix, 7, et ailleurs. Ces exemples, 
dira-t-on, ne présentent le retranchement du hé qu'après lâméd, 
de telle sorte qu'il n'y aurait point parité absolue entre kanneUtkâ 
et lamrôt. Mais nous ferons remarquer qu'on le rencontre après 
bét, dans baglàto [Jér. xxvii. 20), évidemment pour behaglotà, ou- 



KITAH \L-MOUST\IJIIK. 157 

>nn:i i^^ tl^^^ cb:c yis*'? rtu' itb'i (^^-*-ii 5*>^^ J^Asi'i Ijsjû 
A-Aj LàJ_^ tj^ -.Joij U ^^ nriND non D'^d ^:^ cj-« v^-^-i^' m-c 

ji jo._S^ U ^^ U^Àj^^I iaJUwlî <Xj»X**a^I aKa»'^ (V^Xiii t_:ji_ji (j^ 

' Celle cilalioii ne se lit ni dans Toriginal arabe, ni dans les denx versions. 
On remarque au conlraire que to, dans ce verset, est une forme lourde. — ' Ce 
mot manque dans la vers, hébraïque, et ne se lit pas dans ce passage de la Bible. 



hikkâschlô {Prov. xxiv, 17), qui ne s'explique que par oubehikkâ- 
schlô; et nous Irouvons le hè également omis après kaf, dans un 
cas tout dift'érent, dans kayijom pour kehmjijom. — A la même ra- 
cine et au même sens appartient minlâm [Job, xv, 99), comme 
mikrâm [Nomb. xx, 19) de tikrou [Dcut. ii, 6), voyez kârâh. Voici 
connnent je m'explique le rapport qui existe entre minlâm et kan- 
nelotkâ : en comparant les deux membres du verset, haïe, xxxni, 
1, on ne doute pas que kanneJôtkâ n'ait un sens analogue à celui 
de kahàtîmekâ qui, comme kehâtèm{Dan. vin, 28), vient de tâmam, 
avec suppression du ddgèsch pour alléger le mot, comme le croit 
Aboû Zakariyâ (r. tàmam). Le verset de Job est donc à traduire : 
Leur perfection et la réalisation de leurs projets ne se^a pas 
atteinte dans le monde; en d'autres mots, ils seront exterminés 
et leur pouvoir ne durera pas. 

Nàsàli. A bon Zakariyâ dit : frNissé' (Il Sam. v, 19) est pour 



158 OPUSCULES D'IBIN DJANAH. 

iniD^D nVi'i:'? pnc': ^: _5_^ ^ JJ! □^c\-i n^- j ^3 ^^ JvJ! lijOiSi 
eA-fcjUJl iw^SA^ axaj^ JlxÀji nu;: ^î _5.i^ nxc*:: <xa* «^^t-^!' yl? 
A_A_i^ cnx N^D ii-i_; t^ ^t^U S-jt-i HZ': L6i_5 idsVddJ *-«j!;^Mi 

^lî nrïn ""'"'" j-'^j i*yoij UJ^ U^jJ L4J ^5;^^ j»*xaj ^i A.:^*\Ai( 

' D. 133, ai ; N. 87, 9. 



ninsé', et <î/ç^a été écrit à la place de hè.-n Cette explication peut 
s'appliquer au passafje dos Chroniques où il y a Jiissc'l (I C/tr. 
XIV, 2) pour ninsè^'t; mais si ;nW était un nifal, mamlaktô, qui 
est un féminin. exi|>;eiail à la fin du verbe la manpie du féminin. 
Nous prenons donc nissê' pour un parfait de la forme mille' [Ex. 
XXXV, 35), et le pronom qu'il renferme se rapporte au mot Dieu, 
qui précède. Cette erreur a déjà été remarquée par un de mes 
contemporains, un homme d'une science solide. 

i\âs(ih. Dans toutes les copies, nous avons trouvé pour celle 
racine deux sens indiqués, d'abord Lam. iv, i5, puis iVomè. xxvi, 
9. Dans une seule, la même dont j'ai déjà parlé plus haut (racine 
râmâh), nous rencontrons encore un troisième sens, savoir tménâh 
[Jéi\ IV, 7). Que ce soit Aboû Zakariyà qui ait fait ajouter ce troi- 
sième sens à son livre après l'avoir publié, ou que ce soit l'addi- 
tion d'un autre, en tout cas la division de l'article nûsàh en ces 



KlT\r. M.-MOIISTALMIK. 159 

x« ^Lxîi^ sj^jj».^! :>L2J| ^ KKi'v^-^.-o JoùJ! ^l-yû (^JJl (jyJi_5 
«-*ii Lfl jl ^i_j -i-^yn nn:3:") iyj ^^ nni*:: A^l (j_^jj (^*ll 

^ t^*xJl uy^'-5 JLxàj:5\! iD2i: ^ «y£>UaJi ^JyXl\ -ce* tr» nDC?: 



trois seus est une division exacte, car tissénâh a pour tvpe ivetis- 
sénâh [Jér. ix, 17), de nâsâli: j'ajouterai même, dans ce sens, le 
)iifal 7i{ss}m (/s. xxxvii, 2G), où le noun est le signe de cette forme, 
le noun du premier radical se trouvant inséré par un dâgèsch dans 
le sâdé, et où le yod marque le pluriel, tandis que le troisième 
radical a disparu; tiissîm est donc pour ninnàsim, type, nischmârtm. 
Mssetàh [Jér. i\, 11) dérive peut-être de la même racine dans le 
même sens, pour ninsetâh, type nibnetâli [ibid. xxxi, 38). J'ai 
dit peut-être, sans décider ni trancher la question, parce que 
j'ai vu que les Hébreux mettent quelquefois à la place du hê de 
nàsùh un lûw , et traitent cette dernière lettre comme si elle nétait 
pas seulement le produit d'une permutation; ainsi nissetouh {ibid. 
II, i5) vient de ndsat, type nisclwierou; le noun visible est le signe 
du nifnl, le noun du premier radical étant inséré dans le second 
radical sàdè. et le tàa' (jiii lient lien du /h' est le troisième radical. 



160 OPUSCULES D'IBN DJANAU. 

-)2-DD [nnï:_5] nnï: iny c^^i u^b^ (ji*>^ (_rwAjj mou,': aj) ^^ 
L$ J^ l-sv^ f»jj> (>^ ^ *">^ CJ-* -^j *^'^* 1- ri"'ïc "':jn ^^vx^ ^^^ 

■)3î? 'hi'O nry ^b3D Uyp^ *iy jUi ^> J>aJ<x]|_5 
kV jLajIj r\irû "n^'U?: liè.Xjs-1 (jv^^y (_r^ i»>^ i^^ nî:-: 
^^î ^L^Jl AJS-» coL-LJLji Ullï Lsi^j AJL« J'Xfrtj "«D rù': xb* \~i''C*j 

' D. 195, ."î: N. 88, 3. 



C'est pourquoi j'ai déclaré seulement que nissetâh venait peut-être 
de nâsâli, car il peiil loiil aussi hieu dériver de la même racine 
que nisselouli et être pour nimelâh, Ivpe nischmerâh. Ni nissetâh, 
ni nisselouh ne sont en rapport avec massît [Ez. xxi, 3), qui, en 
dépit de l'opinion contraire \ présente un autre sens et une autre 
racine, mais ils ont le sens de tissénâh et de nissîin qui renferment 
ridée d'être vide et désert. Le contexte le prouve, du reste, dans 
les deux passages, par les mots : sans habitant [Jér. ii, i5), et : 
sans passant [ibid. ix, ii). 

Nâsckâh. Aboù Zakariyâ fournit deux sens : l'un, Lam. m, 17, 
et l'autre, Jér. xv, to. Il en passe un troisième, où le hé, troi- 
sième radical, remplace âléf; c'est lehasch^chôt (Il Rois, xix, 26), 
si on lit ce mot avec patali dans le hé et dâgésch dans le schîn'^. 
C'est alors un hifil , forme de khallôt, et dérivé de la même racine 

' Cette opinion se trouve encore cliez D. Kam\iî, nous ne savons d'après quel 
ancien iexicograplie. — - On peut voir les différentes manières de lire ce mol chez 
Norzi, Miithat Schaï, ad li. 1. (Voy. ci-après, p. 171.) 



KIT\i; Al. MOlJSTALMIk. \(\l 

^-»X.il -rv-iJi i JxàJI cl^yû (^jJI ,j_^J! -o^ili mcSn!: io, J^ 
L(5_^,^i^ J-oiil o»-!! iy:!ii ^-^ii) -Ti px mi^n'? \jj ^ pvz':nh 

■5^1 zrriN rv2n ipnc nSi hnc* i^j t^ v«^Jiil __^Lg.îii ^ -^^r^^'j 
D"''?"'x mr inc'C l_5JLjii LojI rivVu v_xll ly^l If syiil ^\ 

' n. laO, 19, qui est (raccord avec l'original arabe. N. 89, 3, a conlondii 
les deux sens en un seid. — - D. ia6, 1^; N. 89, 5. 



que lemaschschou ot [Ps. lxxiv, 3) pour IcmanschoxCôt, tvpo rnoli- 
loiimôt: le noun est inséré par dàgéscli dans le schhi. second radi- 
cal, romme cela s'est fait pour maddouhhn [Lain. 11, iZi), mahbon'^a 
[Eccl. XII, 6). Lehaschscliot est donc pour lehansclwt, comme Jelio- 
brôt (lï Sam. m, 35): Yàléf radicaï a élé adouci et changé en hè, 
car la forme complète et parfaite serait lehansche'ot. Dans cette 
racine, Vàléf s'adoucit quelquefois sans permutation, exemple : 
liaschsclièt [Lamcnt. m, k-j), qui devrait avoir un «/ç^ prononcé, 
comme se'èio [Job, xiii, 11): mais cette lettre a été adoucie, de 
même que dans missèlô [ibid. xli, 17). 

'^Awâh. Dans le second sens, il manque le nifal , Ps. xxxviii. 7; 
Prov. xii, 8. 

"Aldh. Dans le |»remiei' des deux sens, il manque le hijil be i-tilà 



162 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

nuv niai* aK^U 'JIïwj^ I^Xs^U Uai^ ^yJ! i j^^t» (j., Liijl Joiil^ 

nVjD nnD*n iu.3 ^^ nro'? ntovc 

_^3 JLxXjill jUlJ!^ nbrn "•j'en ":j:n dn"; y>j JuuajI ^^ aK^Ij 
x^i-st (j-Uiii_5 JLxxiiil cxJLiJij ^-lacc "l'ii?- inb"."!:* pi'n nVi*:* 
"^-jj t^ o3*^«-^_^j n'^yn*' aK-«»I ijncn '7::?n"' bi(' nb^n"' nb>*nn 

n'73n"' Ak^i t^JJî bin"' 

CM^N n:i*D ]\\' "'2 "'p'^n -'jN «in n:i?N J-;«->_5 nji"' xS ans- 31 n 
n:yN ^i ^UàjS^ L.c^ j_^«xi! -ijjlîi ji ^3! Ui^ 5>hsaj ^>*Ji '»>^-''' 

' D. laO, 1/1; N. 89,8. — -^ N. 89, s2. — * N. 89, 25. 

[Ps. Lxwix, /i6), modèle hé'ëh'tâ [ihid. xxx, /i); puis le passif 
me^outtâh [Ez. xxi, 9o), modèle megouUâh [Prov. xxvii, 5). 

^4/rt^. Dans le premier des deux sens, Aboil Zakariyâ a passé 
trois lormes; le passif du hifll, Juges, vi, 8; le nifal, Nomb. ix, 
91, 22, et XVI , 2 4 , et le hitpaèl yiCnl [Jérémie , li , 3 ) pour yifalJéh , 
abrégé comme yitgal [Gen. ix, 21) pour yitgalléli. 

^Anâh. Aboû Zakariyâ a passé, dans le premier sens, le nifoL 
Ez. XIV, 7, et ihid. xiv, 6, qui emprunte son sens à we^ânHâ [Deut. 
XXVI, 5); le futur est yè^ânéh {Job, xi, 2). — Aboû Zakariyâ fait 
de a'^ànch [ibid. xxxii, 17) et de nui'ànêh [Miclia, m, 7) des hifil. 
Il paraît plus juste de les prendre pour des formes légères, puis- 
qu'on ne rencontre pas de forme lourde dans ce sens. Aboû Za- 
karivà a été induit en erreur par \e patah: mais cette voyelle, qui 
affecte TrtVc/de a'ânéh. se retrouve aussi dans xveahdelàh [Job, xvi. 



KITAB AL-MOUST\UIIK h'>:{ 

^ l<vwl _j-g-j D\-i'?N* nii't: ;\v "•: Ul^ j.ÀiI o^Jl J.=^l ^^^ jUi^ 

DDn iuj ^^ iii^ _j-tf>^ ""IND VJi' yûj Jj^l ç_j-iJl ij- >-r^j^ 7^}j 9-y^ 

,^^ J.X-) v:- i ji_»Ji_5 rD~ n:*:;"' ~ipw p^S v:i' J^^ û''!2:n ajj 
c^jv-À-^sL-^Ji ^i r:-^ v:!' ^ JLju ^ji j,_^ ^xi^j n:-; pn'"; v_j«.JI 

' N. 89, 28. — - Ibn-Djanàli cite toujours le Uetib. 



6), forme légère de hâdal; dans a^àléh [Jér. xlvi, 8), forme légère 
de V//flA , el cela à cause de la lettre gutturale qui suit Xâléf; quant 
à ma'anêh, c'est uji nom comme ma'âséh et ma^àlèh (h. lxi, 3). — 
Dans le troisième sens manquent deux formes, le passif *om7<mp<j 
{Ps. cxix, 71) et te'onnnéh {Lev. xxiii, 29), puis le hitpaè'I, I Rois, 
II, 9 G. — A cette racine on pourrait rattacher un quatrième sens 
qui se rapproche du premier; c'est le mot "^(hiàw (Nomb. xii, 3), 
qualificatif de la l'orme luikdm, et oii le wuw remplace le troisième 
radical hé, comme Ahoû Zakariyâ lui-même explique kimiahnwè 
(Gen. XXI, i(j), scitùknvtl {.loh, m, ao), scliâUw [ibid. xvi, 12), de 
schâWi. Le pluriel de Wnàw est \hidwhn, type hâkdiuhii. A '^Anâw 
peut être comparé dakhhv {Prov. xxvi, 98), où le vcdw remplace 
['dléfde dahkd' (/«. un, i5). Il se peut que les douces quiescentes 
placées devant les wâw de 'ândw et dakhâw représentent le troi- 
sième radical, ol que les aw y s(tienl expléliCs. comme le ivdiv 



16i OPUSCULES DMBN DJANAH. 

inn nriM ci^-in i J^j t5*>Jl jl»;-»»*^ u*^j^^ t^*^^* nnny ni': 

1 ]V. 90, 3. — - N. 90, 25. — ■' N. 91, 16. — '^ N. 91, 33-3/1. 



de mekallelâwnî {Jér. xv, 10); cette lettre, dans ces trois mots, ne 
servirait alors qu'à renforcer la l'orme^. 

'Arâh. Dans le second sens manque le liitpaël [Lament. iv, ar). 

Pâlâh. Le ni/ai manque; wenijllnou {Ex. xxxiii, 16), type 
weniglînou (1 Sam. xiv, 8). 

Pâtâh. Au premier sens, Aboû Zakariyà a passé le passif j/e/bui- 
téh [Ez. XIV, 9). 

Sâdâh. Aboû Zakariyà place nisdou [Zeph. m, 6) à côté de sâdâli 
{Ex. XXI, i3), sôdéli (1 Sam. xxiv, 1 2) et sediijyâh {j\'omb. xxxv, 20), 
comme s'ils avaient le même sens. Mais, à mon avis, ce sont deux 
sens; car nisdou a une signification en rapport avec le syriaque, 
et tàlioii [Gen. 1,2) est rendu dans le Targoum [)ai' sâdya, le verset 
de Zephania répond donc à celui cVIsaïe, \\\iv, 1 1 . En outre, iva- 

' Voy. Rikmâh , -îd , 36-37- 



klTAU AL-MOUSTAIJIIK. 105 

JX« jy^r. ^^ DiT'iy IDw*: Diiny Ti!;: ^^x^ (jK* n'Ti' ÎTî'J^I Ni'IN 

V"iN'n I J^i tf 2'cv |\xi: C'w ^b^c □n"'-iy m^î: Jy> n'j: i ^^is^ 
»jj^->lj □"•'^DH 'jN inrSii n"'Dïi i_j-Jl* /b-^jî ^i otJ^i cjiji ^^ 

PTICI iujj ^ ^^L^il ci>i_5i ^^J.S^ 
''jD'? "nNJp2 i^li ^l-^Ji c^i^i tà^-rSÎ *3^"=?-' ''*^-* ^■^■^^ •^l o»-îi)i 



hàscliimmôU et weschâmemou (Lev. xxvi, 82) sont aussi traduils 
dans le Targouni par we'ésdè et wisâdoun; nisdou est doue égal à 
nàschammou. Cette signification ne peut s'appliquer aux trois 
autres exemples, qui présentent le sens : se proposer, projeter, 
avoir Tintention. Mon opinion est confirmée, d'une manière cer- 
taine , par une comparaison du verset de Zephania avec Zach. vu , 1 6 . 

Schmih. Passé. Toute la conjugaison de cette racine se fait 
comme celle des verbes se terminant par âléf. Cependant, on 
trouve wesàndt [Biitli, n, 9) comme ivescluitil, qui a la forme d'un 
verbe ayant /«' |»our troisième radical, 

kihulh. Racine oubliée. Elle se conjugue comme les verbes, 
finissant en àlcf, excepté quelques exemples qui sont formés comme 
si le troisième radical était hè. — De ce nombre est hehamwtà (Il 
Sam. XXI, 2), type ^aœa-oto [Lev. vn, 38), bien que ^'(dé/y soil 
écril comnic Vboù Zakariyà la signalé dans liauTtô [Ez. xxxiii. 



166 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

Làoi ^j-s- J^JciJI <j-j.i»"S ^«wjj ^y.JI ijvjû i_5 inxDn nrn i ji 

iL3) Ja i^i n:pî:n yi J<-xj *>wi_5 mûri?'? nVddi □■'la'? n-^jC-'C ajj 
y^S^i:) ^j-, .5^1 n:pcn i J^s» Uj^ c^^xll? (^\ ^^'c -^j^j npu;t: 
Jov-i If vn*nï'ND nn n'S'.d l_^lï «xii» *L^ \>yS^ (jl^ (ji_5 otliil 

jiJ_j l'CiS' "mpi 4^i.^i -«^l-^Ji c_>l_5is (j-« Aji cnN N")pm i J^ <>^ 

' D. 130, i8; N. 85, 9. 



19). Ensuite le \i\j\\ de ce sens, hammalnéh [Ez. viii, 3), type 
hammavhêh, qui est aussi traité connue un verbe terminant en hê; 
car avec àléf, ce serait hammakn", comme masgV [Joh, \ii, y3), 
majl" {Juges, xiii, 19). D'autres prennent hammaknéh pour un nom 
de la forme de maschkéh; mais il convient mieux pour le sens que 
ce soit un partici[)e. On a aussi dit que hammaknéh, bien qu'écrit 
avec hè, provient d'une racine se terminant par àléf, de même qu'on 
trouve Hwse" [Ps. cxxxv, 7), ivaltôsè' {Gen. i, 12), qui ont àléf ])our 
troisième radical, puis taihchè' [ibid. 11), ivattakré' [Jér. xxxii, 
93) , dont les racines se terminent également en âléf^. D'un autre 
côté, on a mis wattahré' en rapport avec ivehâmhou [Gen. xliv, 
99) -, qui finit eu hè, et si nous avions trouvé moyen de rattacher 
de même tadsche à une racine en hê, nous le dirions. Quant à 
Hto.se" et tôsè\ qu'on a aussi considérés comme ayant hè dans l'ori- 

' Seiilemeiit le .seVe remplace le ségôl sous l'influence de Vâlef. — - D. i32, 
10, el N. 108, 'j I de la tiadiiclimi nn|jlaise, cilent par i^renr Gpit. xliv, 29, à 
la |>lace do xlii, .'{8. 



K1TAI5 AL-MOIJSTALIIIK. 167 

JIJL) yl Ijoû ^j^ i^.i>- jl jtouisX» aii^'c n:3i:': Aiyo »X4-i*A^I^ 

^JvJl •^'rDn TN PTJdJ ^v;;-^ '^ wS'îivJ i^v-'^H^ u^-^'' U^J^^'-^^ 

HTinDu; nx nsim nxinnn dn nc-'yv J-*3 dU*x5^ *^>-c 
j-i^^ Li^-j J^À^i_5 □"''73"i n*jpc yû^ Ijs^^I^ Uy <XAjj.5i> ni'p 
j_*,<.JL) r\^2n DU mïpn "'■inN*_;J^*i3Li!_5 i2;pn icx iDyn riwX _^3 
U I^A_i_5^ p''"!2i a"? riuSTH <^-J;<^ ^^-^' *-^-» '>^^^-5i^ -«^L^Ji 

' D. i3i, i3;N. 92. ;U. 



gine, en invoquant le témoignage de schéyôsâ' [Eccl. x, 5), il vaut 
certes mieux les ranger parmi les verbes en âléf et expliquer yôsa 
par yose'àh, où Vdléf de la racine, après s'être adouci, a rejeté sii 
voyelle sur le sâdé, puis a disparu, et oiÀ l'a/e/" visible est à la 
place du hé. Il se peut aussi qu'il soit arrivé à yosa ce qui est ar- 
rivé à meschàrat (I Rois, i, i5); le signe du féminin a été sup- 
primé et le troisième radical privé de sa voyelle, qu'on fait re- 
monter vers le second. On en a fait ainsi pour ive^àsàt [Lév. xxv. 
91), wehirsùi [ibid. xxvi, 36). 

Kàsâh. Aboû Zakariyà cite un sens [Prov. xxvi, 6) et en passe 
un autre, savoir hihou {Léo. xiv, ki) et l'infinitif /ulso< [ihid. 63), 
avec i sous le hé, à la place du patah, puisque c'est la forme de 
hak'ôt {Ez. xni, 22). Cet emploi du liirék pour patah est fréquent, 
surtout à l'infinitif , exemples : hmil et himlil {h. xxxi. 5), (|ui 
dcvraioni iwo'w paloli . coiiimc hamhlih cl harlith: ni'és (Il Snin. \ii, 



168 OPUSCULES D IBN DJANAH. 

U_5 oLji_)i mi'Cpj "jip"' (jjXj ^ iS ^>ss*j J>-ii>_j oUJî »-j.x:ui^ 

^C "îCn'»! tr* '^-^^ (j-^^^ \syJu*é.S 1;LjLs\^I o^JiJî CJ-* PlîîDpil 
/^ii »^^ l^kju».! "Aaj Jl- DW'Jn •rCD'^ JJLo ^_^j (ji Axi A.r=-jJ5 

' I). i.Sa, r);i\.()3, ."i. — - D. 178, 5; N. 120, 6. 



ih) qui, à cause de l'a/ç^, devail avctir kàinés, comme ma en {Ex. 
\xii, i()); liisclimidô [Deut. xwiii, /i8), où le hirék est pour palali. 
hàràli. Aboû Zakariyà dit dans cet article : rtOn prend yihlcrvk 
(I Sam. .\.xviii, 10) pour un nifal, et on explique ainsi le dàgésch 
du kôf; cela me paraît étranjje, puisque le kôf n'a pas de kâmës. 
Je ne crois donc pas qu'il vienne de cette racine. n Pour moi, 
non-seulement je ne trouve pas cela étrange, quil vienne de 
celle racine, mais encore ce mot peut très-bien être un nifal, et 
si le Mmés du kôf de yikkerék a disparu, on trouve également un 
exemple de la disparition de la voyelle de prolongation dans 
waijijittemou {Dent, xxxiv, 8), qui, d'après Abou Zakariyà lui- 
même, est le nfal d'un verbe géminé, et devrait être yittammou, 
comme Ps. civ, 35, car Aboû Zakariyà dit : ffLe dàgésch du mém 
et la voyelle de prolongation ont disparu pour alléger le mol.-^ il 
ne me parait donc pas improbable qu'on ait enlevé de même la 
voyelle de prolongation dans yikkerék. pour alléger le mot, bien 



KITAI{ AL-MOUSTALIIIK. 1G9 

j! Xo ^^i U Je pHN C""'"! ^j^ A3i) 1î:-> AAJ ^j^LaxII ^J^^ ^PiTJ 

JUI w-sjc«? 4^j»j ^yr; nc'pj yû^ I»Xj>.!_j Uai^ aJL« Jàii "nc;p 
o)^ \^} n\Vj:i nx-iit: nn ^^_5 l*>vr.-lj Uy a^o Jàs! ' hni 

' D. i5/i, P.3; N. 107, ii.— ' D. i3.., 16; N. gS, i3. — • D. 183, aa; 
N.93, i3. 



que ce soit ici un kihnés, el dans yittemou un pata h. On a de même 
supprimé le liôlém de prolongation dans yiddenwu [Job, xxix, 21) 
qui, d'après Tanalogie de ivaijjjiddùm (Lev. \, 89), serait yiddo- 
mou; Aboù Zakariyà esl ici également du même avis (art. dâmam). 
D'un autre côté, yikkerêk peut être le futur du kal, avec un dà- 
gêsch irrégulier, comme on Ta soutenu j)our le dàgèsch du A:fl/ dans 
ïiHVékkcréh [Os. ni, 2), qui n'a aucune raison d'être, puisque ce 
inot vient de la même racine que tikrou. Voyez ce que nous avons 
dit ci-dessus à l'article kâràh (p. i5i). 

Kâschâh. Manque la forme nikschéh (/s. vin, 21), qui désigne 
un homme dans un état ditlicile et gêné. 

Haùli. Aboù Zakariyà a passé un sens, celui de moreWIi [Sepli. 
ni, 1), le passif du hifil', le troisième radical y est retranché, car 
le /te est le signe du féminin. Il devrait y avoir un schourék, comme 
dans moujrléh , féminin mmifrlàh . dont hammougUm (Jér. \l, 1). 



170 OPUSCULES D'IBN DJANAll. 

»j>j Js L»à-jt JsAjiJJ! Àxx^ ^j~» i^à.U i^v-! _j43 "inxit: nx T'en* 

Lxa—stf^ yj^i t^*>Jl ^_j-àJ1 er« cM^^J "'NID ITlCù?! /<\^ j.Ajb *jw^ 



nPDnn 
4 



12.*")' r:3 _^^j J^iJi JoùJi ^<wj ^^ J_5:iH c.yJl ,^^ Jjtfri n5{-) 

' La version hébraïque n'a pas la fin de cet. article, depuis JiicL. Le Kitdb 
al-ousoul (col. 656, 1. 9-1 3), qui cite ce passage ajoute : L<r)5 éî^Lo^ Uols» 
)n)f> )rihiz njra )rr)'r;v *JaS *À^ (jo «Nous disions dans le Moustalhik que kir'ôtô 
(H Boîs, XXIII, 29) a peut-être ce sens." Cette addition manque dans nos exem- 
plaires. Le troisième sens est : se disputer, entrer en discussion. — - D. 1 38 , 6 ; 
N.95, 5. — ^ D.i38, i3;N.95, u.— » D.i38, i9;N.95, 17. 



Quant à moureàto [Léo. i, 16), cest également un nom dérivé 
de la forme lourde, comme mouktâr [Mal. i, 11), nom qui vient 
de hihtb'. Dans le jnème sens, on rencontre le nom sans nièm, rô'i 
[Nah. m, 6). — Aboli Zakariyà a aussi passé dans cette racine 
le hitpaël, Gen. xlii, 1 ; ÏI Rois, xiv, 8 et 1 1 ; le hitpaël constitue 
peut-être un troisième sens de celle racine. 

Bfifiih. Dans le premier sens manque le liitpaël, Prov. xxiv, 10; 
xviii, 9. Dans le troisième, Aboû Zakariyà a passé un kal au troi- 
sième radical lié, tirpénàh [Job, v, 18), type tihkénàh [Job, xxvii, 1 5). 

Râsàli. Au premier sens manque le piël, Job, xx, 10, et le hit- 
paël, I Sam. XXIX, h. 



KITAIi AL-MOUSTAIJIIK. 171 

(jviJi (j-ési^j-^ |j-j;l J-ë^^^ mN'ù'n'? v_xîl \y>^\ /o.^l ^* J>»^ 

^jv-AJi Ji t^:^^^ ly^^ ^^i \^hx^\i *UJi^ ^îylj oJ^iJi^ 

»JUisy-« i âbpi *Xi5 ^y Sjls JjO cj-« _^ J-J cX^^^i i*^»^ 
' D. i^g, lo; N. 90, 3i. 



Schâ'âh. Aboû Zakariyâ a oublié d'appeler, dans cette racine, 
Tattention sur leluiscli'ôt (/s. xxxvii, 95), qui est e'videmment Tin- 
fînitildu ItiJ'U, car une fornie semblable ne peut appartenir qu'au 
Itifil, de même que liarbol est l'infinitif de hirbàh, et hak'ôt [Et. 
xin, 22) de hik'âli. — Quant à lahschôt (Il Rois, xix, 26), d'après 
ceux qui lisent ce mot a\ec patah sous le lâméd, et avec hê quies- 
cent, il a la forme de la'ànôt. Mieux vaut cependant supposer 
([u'après l'adoucissement de [\Uéf, quatre lettres sans voyelles, 
scidn, âléf, wâw et tâw, s'étant rencontrées, Yàléfa été supprimé, 
et la voyelle de celte lettre, pour en conserver la trace, remontée 
au sclihi; la prononciation de ce mot a encore paru difficile, et, 
[)our l'alléger, on a rendu le hé quiescent, et l'on en a reporté 
la \oyelle au làméd. Mais si on lit hhaschschôl iwec patah sous le 
hè et (làfrèsch dans le schîn, ce mot n'est plus de cette racine, 
mais (le nàsrliàli. (Voyez plus haut celle racine, p. iDo). 



172 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

l^;£»3 ^^*^^ ^4^ •M'>À>^5 i •*^iais? <^<>Ji *Uaii Jj«^ (jI (O^ 
• D. i38, i;N. 96, 8. 



Schâffàh. Aboù Zakariyà place tisch^ék {Prov. v, kj) dans le 
premier de ses deux sens, à coté de scluigîtî {Job, vi, ^U). C'est 
une interpvélalion qui nie [)arail on ne peut plus mauvaise, et 
tiscligéh ne sauiail avoir le sens de scimgitl , car ce dernier signifie 
pêcher, ne'gliger, comme scluigag- [Lév. v, 18), avec lequel on 
peut, à la rigueur, confondre schàgàh, en considérant le hê comme 
remplaçant le second gimél de celte racine; mais je voudrais savoir 
connuenl le sage (Saiomon) aurait recommandé le [)éclié. Une 
des personnes avec lesquelles je me réunis pour me livrer avec 
elles à l'étude et aux recherches, a voulu défendre cette opinion 
et dire que le sage recommande de faire avec elle (la femme légi- 
time) et pour elle ce qui serait péché avec une étrangère. Cette 
opinion ne s'écarte pas de la première, et en général, ce sens ne 
mène à rien et est inadmissible. Il est donc préférable d'expliquer 
tischgéh autrement que scluigîti et de lui donner, ou la signification 
de samuser, se réjouir, ou bien celle de s'occuper. On a déjà 



KIT.\r. \l.-M()LJSr\MIIk. 173 

J..«N-:s?|j njcn ne*?'. «-«Ij x*^ "Tn nicn ^J^ ^ji ^«ao U Ij-lsj 
^j**i»-l TDP nrù'n (>*^ i <jG^yl iJi Ia^jt (j^^<à*U 

l(,_js: i_5l^ Jc^ilt JcxàJI -^ yû ^ jji l^^ J^^! \y,ki (jv^^^U. 
mnnu-'n !_^Lxj xtJji (j*jb ,^^ t5<xJi o^=^ t$^ hj-^h \^?^^ 
ah i L^5VJL>I< nnu; tr» -^ ^ <^' *^^-5' or* axUà^ Axi ^l^î 
imnn ,V5-«U _^ t5»>^-îi mn -«^l^ ij-« n mû i^ nVc? *liû |^^* "Tiiyù; 
l-Xjj pN"û*j '7'?DN c-*-tf>»x-c (^ jolffUi» niTiPC^'n i *l«-(^-5îj nncc*3 



interprété schigâyàn [Ps. vu, i) par chant, réjouissance. H n'est 
donc pas impossible que tischgéh ail le même sens ^ Quant à tisch- 
géh {Prov. V, 2o), il permet les deux sens; seulement il est préfé- 
rable qu'il ait là aussi le sens qu'il a dans le verset précédent. 

Schâhàh. Racine passée. Elle est très-usitée au hitpaël, avec 
redoublement du troisième radical; seulement, la réunion des 
deux lettres sans voyelles étant impossible, on a changé la pre- 
mière, le troisième radical primitif, en un wâiv pourvu d'un kâ- 
més, et l'on a traité cette lettre comme si elle faisait partie du corps 
de mot. Ainsi, dans liischtaliâwâh (Ez. xlvi, 2), le wàiv provient 
d'une permutation avec le lié de schâhàh, comme le ivâw de schâ- 
Imvti {Job, ni, 26) du hé de schiduh et le wàw de hédivdh du hé 
de Inddâh, qui serait le parfait de tehaddéhou [Ps. xxi, 7); le hé de 
hischtahàwâh serait donc l'effet d'un redoublement, comme oumlal, 
scha'ànân. Peut-être aussi le hé est-il explétif, comme dans schifrâh 

' Vo\. kitdb al-nmniil , col. ~o3, note 88. 



174 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

DDcnD p"î ")i*"'C "i"'în n:î:D~iD"' j-JL^ d^-"'^ ^à_) <j^x»aJL p^J! 
*l_tf> (j-« iL.A_X_j»_Àw<) 3!^! jv._x_) <^i *lJi ■'ri"'"inn*;:'n n*3''îj -idn"'* 
iz:^î:N 'nriw"'! oa — inni:*^ -luW "]U-'~p '7D^~i bx mnrw'x mnriu'n 
(ji ^i n-u;n npVn nx ;p^"i t^^^»x_/> ^ u». ti »>> .U f.!^\li o^ j^^ 

N3C'-J_j *LiI c:.*^ N3*ù'-J tj^-r> y^ o«xiI »Xxj Axi -«.^-yi y^^j» 

v^i:^! xsAi.'lj ji^I J-AÏ U vilj^ ^ji i^lj ^JÎ :!il ji^Ji L.^ {j^j} 

p'? n^D-)- ha i2Z'' hit i^j tk- '->" J^*, JoùJi -^ o*>^ h:z:^ >,\^^\ 



[Job, XXVI, i3), ou yedasclisclienéh {Ps. \x, U)^. Quelle que soit, 
du reste, celle des deux explicalions à la([uelle on voudra s'ar- 
rêter pour celle lettre ajoutée, ou aura toujours fait d'un frilitère 
un quadrilitère, comme yekarsemémiâh {Ps. lxxx, lû), et mehous- 
pâs [Ex. XVI, i/i). Pour hlschtahawètî (II Sam. xvi, /i), le yod qui 
suit le ivàw remplace le hè de liischtaljâivâli , ésclitahâwéh [Ps. v, 8), 
yischtaljâwéli (II Sam. xv, 82). Dans ivayyischlaliou [Gen. xix, 1), 
le troisième radical redouble' est supprime', selon la me'lhode 
qu'on suit dans xvaxjyihén [ibid. xxxiii, 19); seulement, le rvàw 
qui termine ce mot est en re'alilé le Itê de schâhâh. Complet, le 
mot serait ivayyischtahàwéh, et abrégé, il aurait un scheba sous 
le hèx et un autre sous le wâw; pour faciliter la prononciation, on 
a mis le son ou devant le wâw, comme on a fait pour tjehou' [Eccl. 
XI, 3), qui est pour yihwé' avec ségol sous le wâw; seulement, le 
troisième radical ayant été supprimé, il est resté tjèhw == yèst [Prov. 
VII, 25), qui était difïiciie à prononcer, et a motivé le schourék pour 

' l*our ce mol , llui Djanâh a abandonné ceUe analyse, Rikmàh ,81, 1-10. 



KIÏAIl \L-VIOUSTALHlk. 175 

a.X-=^i_j iJû-il ^j "5^i JoiAJi t^lî^j.iC» ^<^J! 05^^^' -^Xa^j \j>ô^ji^ ^ 

(^^ JL-$-Jl 4^ \-i^"!nnc'n3 P<w^i_j pî:5Mi joib n!i-)N -j'? mnnc'n'? 
t^ nnc*n c>^ >^^ ninc*"" w\x rbs n:iN-! ^xli ! Js-tf»^ J^^aVi i Js-rf> 

JUjci^t yfcj î Jvs-t^ Uois^ AA^y (j- J^j^l ^^J! (j-« Jsxs.\ r\:u 

n'im'n' a: •'Dip 

' I). i3((, i3; N. ()(),. "{/i. 



le /<e, car le scliourék est par rapport au ivàw ce qu'es! le hirél/ à 
l'égard du yod et le ywfrt/t pour Yâléf. Au pluriel, on emploie 
ivayyischtaluïwou [Gen. xlii. 6), en laissant tomber le troisième ra- 
dical redoublé; autrement ce seval[ivayylschtahweyou,ty\)Q xvmjyh- 
paHelou, eu égard au Uhv du hitpaèl, qui ne précède le schhi, lors- 
qu'il est premier radical , qu'en un seul mot, savoir wehitschôiatnàh 
[Jér. XLix, 3). Le féminin tvatlisclitahàwénâ [Gen. xxxni, 6) est 
complet et a pour modèle œnltitpa^lahw. L'infinitif ]ehischUihaiv(k 
[ibid. XXXVII, lo) n'a pas le troisième radical, et le nom beliisch- 
tahàwâyâiî (II Rois, v, i8) est complet. — Pour la racine et le 
sens entre ici le hifll yaschhénnâh [Prov. xii, 9 5) comme anhénnàh 
{Job, XXXI, i8). Peut-être l'aut-il reporter à cette racine aussi, el 
presque au mémo sens, schchout, sur la forme de reout. (Voy. 
p. ii6.) 

ScMnàh. Dans le premier des deux sens on a négligé le hitpaël. 
1 Boia. XIV, 9. 



17G OPUSCULES D IBN DJANAIl. 

(j^ *>_ji xjui J_j.^î bi^ _)! J_^i ijoj t«x^ lîlij^^-u-! n^Cj nnpx ^J^ 

CIM T UJtr »XAj Uaxj lg*iîxj j_jJC*j i^'l^\^ ljJs.=>-j kXi ii^ (^V;-^ 

bjXj ^ji Lçyfwj ^^_jJi_5 - npN ûN-": ]^V2 ]^'j -)'aii n^^ba nx-i: 'n 
Lià-jl JocjLL* n nnx hn'"": Ivàji Ai_^*_5 Jotx»-* iil ^^j JocLÎi c^j^ 

' D. 160, ii-18; N. 97, ii-18. — - Ajoutez (J>-û^!, d'après ia vers, liébr. 



Schà^àh. Aboù Zakariyà dit : rDe cette racine nesl aucunement 
weésch^àh [Ps. cxix, 117), qui ressemble à xvcékhàh [Gen. xviii, 
5), ««/«A («7>îV^. XXXIII, 19), et que je suppose dériver de ndscha'^ 
ou de hischa"; le premier radical, pour alléger le mot, n'a pas été 
inséré dans le schîn, comme on a supprimé, pour la même raison, 
le dàgèsch dans ék/uîli et nis'^àli.^ Voilà les paroles d'Aboù Zakariyà. 
Quant à moi, je soutiens que wé'ésch^ùh est, sans aucun doute, 
de la racine schn'oh, puisque nous ne rencontrons en hébreu, 
nulle part, ni nàsclia", ni hischa" comme verbes. Mais nous voyons 
souvent uu échange entre les voyelles : ainsi, tiir'âh [Lév. ix, k, 
et Nomb. XIV, ik) est pour niréh , car la forme du kàmés étant le 
parlait et celle du ségôl le participe du nifal, le contexte des deux 
versets n'admet que cette dernière forme, puisque, dans l'un et 
dans l'autre, il s'agit d'un fait qui ne s'est pas encore produit, et 
nir'àh ne peut certes s'appliquer qu'à une action accomplie. De 



KIT\M \L-:\I()l STAIJIIK. 177 

.■cJ v^^^l jV^ ''W'^' cjl^i (^f~* Aj^ '^JCj ;j_J^ (jl 'V-» 

Lg^^ji ^l\ iiljiJVI s^iû i ycpJl J<i^i l$^i ^Va»I 4^xJLI ij^iû ^ 
'?;c_) nvwNi (j_>Xj yi xxi xr^_^Ji jjl^j ajK^ i"!:»"! ypn: ni*u,\yi 
"•bi'D IDD -p-ii "•j-:"'? "i'w'\-i 'wci-j'j niijSb iX-â U j_^ a^Vum mcD 

>j jî Li^^ji ^-Ji c.îj»ji)! Ajtjji jj-« <j^'-j5 ^V*^^ c^-«-< CJ-* (jj^ 



iiièmo f//.7((7( (I /^o/s, wii, 16) devrait élrc tiklêli, parce que c'est 
un verbe qui se termine en /«? et ne s'emploie jamais avec âlef dans 
oe sens. Donc, de même que, dans ces mots, le kâmés a pu 
prendre la i)lace du ségol , ce qui ne me paraît pas douteux, il en 
a été ainsi pourn'e'm7(^/7/, (jui est pour a'e''fWt'^c7t avec ségôl, comme 
we'érséh [Haggai, i, 8). Nous avons déjà cité des exemples où 
des voyelles se remplacent mutuellement, comme hisîl et himJtl 
[Is. XXXI, 5); en voici d'autres : hayschar [Ps. \, q), harhah [Job, 
xni, 21), hain'ad [Ps. lxix, 26), 011 il devrait y avoii'seVe, comme 
dans haschlék [Ps. lv, 28), ha^amèh [Is. vn, 1 1), hahàzék [Prov. iv, 
i3), harlïèk {ibid. v, 8). Voyez encore, dans le même genre, obad 
[Dent, xxxii, 28), hëkhiaui (1 Ptois, n, 26), ivayyôsclubani [ibid.), 
yabdtlanî [Is. lvi, 3), yosbi'ani [Job, n, 18), où partout le pntah 
remplace le sm'. Le sens de ive'éscit'âh peut être celui de V Exode, 
v, (), (jui est cité pour la seconde des quatre significations men- 



17H OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

^_jt_,« ^^ (^»x-»-i _j^_j 'li^wD x'in nrci w"'"! Ajj (^ ncù*: in b" 

■'? "'b" 1-12; ^n Si* 4^^*x^ j^ □"'Tw* 
i'7nj ci^n cnu.' nbn: JUijili y£>^ iJs-s^ij Lai^ *jLo Joiil ■'n'?n 

N2w*-j □''"in: -j*"-*-» J^^i)! ^Jy^, u\ (^v>.Ài *>^j<^j ^3 ''cixj cnx 

' D. i4o, 7; N. 97, 10. — - D. 1/10, 18; N. 97, 19. — "■ D. lia, i5; 
N. 98, 11. — '' D. lôa, 7; N. io5, 98. — ^ D. lao, m ; N, io5, 33. 

lionnées par Aboû Zakariyâ, nu bion il ofîro iiout-olro un cin- 
quième sens ^ 

ScMfûh. Aboû Zakariyâ a passé le nifal nisclipéli, [Is. \iii, 3), 
comme Ji/s/^c'A [Prov. xiii, 9 3). Il emprunte, à mon avis, son sens 
au mot schefàym, cl le verset répond pour le sens à h. xl, 9. 

Tàlàh. Aboû Zakariyâ a passé le nifa], Lamenl. v, 19. 

DES VEKBES GÉJIINÉS. 

Arar. Aboù Zakariyâ a oublié le passif du liijH, Xomh. \\n, (j. 
Il a, on outre, nié que nê'îirm [Mal. m, 9) soit de cette lacine. 
Cependant, je ne suis pas éloigné d'y voir dans Forigine la forme 
ne'arrim avec scJieba sous le noun cl dogésch dans le rrscli, type 

' C'est le sens de se réjouir, se délecter (»«j^'L ^IjoJjf), qu'llin Djanàh, 
Kilàb al-ousoul, col. 786, 787, donne corairte cxpliration à notre passnge. Il dé- 
signe, par inadvertance, ce sens comme le quatriime, et en ajoute un cinquième: 
rrflc:) (/s. XLi, 23), qu'il dit avoir passé dans le Moiistallnh , et (pi"il expliqua 
par Taraméen u'rrfi (6'e/). xxxvn, 10), raconter, s'entretenir. Sa'jidia on fait au 
tant on liaduisant jj.iLs^Jj. (\oy. Gesenius, Comment, ad. li. I.) 



KITAI; \L-\li»UST\LlllK. 179 



"ÎÎT2'i 



3 

rij'iî n-2"; ""î": p2 ""-"i^nn JLxJCjiii _j.a_j i j^ji-î_5 \*aJài' ^y.\\ l«Xift 
iit "i:"''7i* '?'?3Pn'7 n-z '"^"'^jnc ^-i..^ JLcaà^Ij D''D-3 nbhvjD \-iV7i3 

' D. i53, 91 ; N. loC, 7. — - D. i53, 3; N. 106, 11. — ^ D. i53, 03; 
N. 106, 26. — * D. i54, 3; N. iof),3o, — 5 D. 69, 10; N. ^i,5. 

tmnoHIm [E:. xxxiii, 10); seulement, après avoir allégé le rêsch, 
ou a doniK' un serc' au »omu à cause de Yâléf. 

Bàza:. Il manque le passif, Jév. l, 87. 

/>«7a/. Dans le premier de ses sens, Aboù Zakariyà a omis le 
hltpavl. Osée, vu, 8. 

Giidad. Aboù Zakariyà donne le sens, Ps. xciv, 21, et en passe 
le hilpacl, Miclia, iv, i/i; Jér. v, 7. Il omet un second sens du hit- 
paël, Jér. xvi, G; I Rois, xviii, 28; Jér. xli, 5, et xlvui, 87 '. 

Grt/a/. Aboû Zakariyà a laissé de côté une partie de la forme 
lourde du modèle de gôlèl, Is. ix, /i, et le hitpaël de cette même 
forme, II Sam. xx, 1 2 ; Gen. xliii, 18. 11 y a bien fait allusion au 
commencement du second livre de son traité des lettres douces, 

' Oïl peut s'olonnor que ni ici ni dans le Kit. al-uuxoul, Ibn Djanàli ne cile 
Deiil. \i\, 1. 



i80 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

w.A_& (j-« Igji ^^ w-^i *Xi Uaj^ \\ J.xj^ SOsjij Q^ I^IàJiî^OUvÎ 
^^1 Ji ]^Ji i>Ux£^ ^V^J u**"^^ ^-^^ '~^^^ «-V^^ '^ CiJV^i^ *-i>iji5 



mais ce n'était pas une raison siilTisanle pour ne pas les ajouter ici , 
puisqu'il ne les y avait mentionnés qu'accidenlellenient et hors de 
leur place. Aboû Zakariyà a aussi négligé la forme redoul)lée we- 
gilgaltîM [Jér. li, 2 5), avec son hilpaël liitgalgàlou {Joh, xxx, ilx); 
car, dans cette forme, le troisième radical est retranché et les 
deux autres radicaux sont redoublés. On nous opposera peut-être 
que les deux mots ne sont pas, comme je le crois, redoublés de 
gàhl, mais une racine particulière, et Ton voudra apporter comme 
preuve, que d'après nous-mémc le troisième radical aurait dis- 
paru, et ensuite qu'Aboù Zakariyà ne mentionne ni cet exemple, 
ni d'autres semblables que je considère comme des formes redou- 
blées des racines géminées. Nous répondons : l'oubli d'Aboû Za- 
karivâ pour ce modèle et' d'autres analogues n'a rien d'extraor- 
dinaire de sa part, puisqu'il a passé tant de racines, tant de sens 
et de formes que nous avons ajoutés après lui. Il se peut aussi 
qu'Aboû Zakariyà lui-même ait pensé, comme notre contradicteur, 
que ces mots ne dérivent pas de racines géminées. Mais il n'en 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 181 

A_:<l j_^ \j\..J>j.} ^kx^' fj\ o\^> U Ui^ iJ^^J^ ^^^ f»^J U**-^-^ ^^ 

<s^s.\ cjLviJ ^>S3 ijijJl i j-«<-^' l-^»'» ibVnn-' mci* msT "'?':nnn 

^j^ LiÈw.A_s ^_5:> W-r" ^-^ i_^»Xjî \xi_5 '^-<r>> l^!*Xi*.î (j-« i_^Joî 



résulte pas pour nous roblijralion d'accepter cette opinion, qu'il 
n'appuie d'aucune preuve. Si ion voulait prendre, comme preuve 
en laveur de la critique qu'on a dirigée contre nous, notre asser- 
tion, que le troisième radical a disparu en même temps que le 
redoublement avait lieu, nous ré[)liquerions que cette disparition 
du troisième radical dans ces verbes et ce redoublement n'ont rien 
d'étrange, parce que l'identité du troisième radical avec le second 
en a facilité la suppression dans la plus grande partie des formes 
du parfait, ainsi que dans ces formes redoublées. On peut 
aussi supposer que liitgalgàlou est pour hitgallelou, avec dàgésch 
dans le premier lihnéd, type yilhnllâlou (Ps. xlix, 7); que la réu- 
nion dans le mot des trois Uméd, savoir, celui qui a dàgèsch et 
compte pour deux, et celui du troisième radical, a déterminé le 
changement de Tune de ces lettres en gimél, et que, parmi les 
lettres, on a choisi de préférence le gimél, parce qu'il faisait déjà 
partie du mot. De la même façon, ivegilgaltîkâ aurait pour origine 
ivegllhdllkii , sur le modèle (\o liillaltihù {Ps. cxix, i()6), en suivant 



182 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

J._A_>» i J.h»j»Xm*^ jSli=- jU'Jî Jj.JiJI i»xd)_5 "i'7ys;rinj î^jt*.*;- U ;?o 

(j^yû_5 iiXj:^'!^ Lais? j^^Àil ivXiû cj-. jUJi cy.JÎ cj^ Jjic\ -n2 

U'J'cï Lcy 

^ D. i54, 12; N. 107, 1. — - D. loi, 21 ; N. 107, 10. 

le même procédé employé pour hitgalgàlou. Cette secaiide expli- 
cation est admissible, appliquée aux verbes de celle nature en de- 
hors de rhébreu \ et me paraît meilleure et préférable; je le 
pense aussi pour tous les redoublemcnls de celle espèce qui se 
relient aux verbes géminés. Du reste, d'après lune et Taulie des 
deux analyses que jai données pour hitgalgàlou, ni lui, ni ses 
pareils ne se détachent de leurs racines géminé.'s, el la vérilé de 
notre raisonnement est prouvée par Taccord enire la dérivation et 
les sens. 

Gârar. Dans le second sens de cette racine manque le hitapël 
de la forme lourde, Jéi\ xxx, 28. Peut-élre présenlc-l-il un troi- 
sième sens '-. 

Dâmam. Dans le premier de ses deux sens, Aboû Zakariyà a 
passé une section de la forme lourde ayant le type poël : domamtî 
[Ps. cxxxi, 2). Je préfère donner à ce mot un troisième sens. — 

■^ De Sarv, Gr. ar. I, § Z179. — - Celui de séjourner, (kniiilii, Lciù/ui; , s. v.) 



KITAi; ,\L-M(»I STAIJIIk. IS;{ 

'.nj: pi nvran -irez: "îS^j'i S^ <^ ^■y^^^ JU.oiJI ^. t_j^XI »ySi 

v-*HS-*-=^j î-xr ■;!:"'' 1_jJIj .xi *^i iii -cj.^^1 ,j«LJl!I^ '•"*-^^' ^^ 

D3 ^jlî JJ»xS ^Jv.À.* LawwAj-^ Js-s»-!^ (S'X'O i 5*XA£ pN2 "ÎD""'^ 

^.x_i_£ l.iii.ji ;iy??_5 jliii i->yàl\ ^^ ir^T'j JUxj^l ^j^ Jv^-i^i 

' D. ii(), i3-i(i, où lo texte est incorrect; \. io3, iG-iç). 



Aboù Zakariyà, dans rinli'oduclion de son traité des verbes gé- 
minés, en mentionnant l'espèce du iiifal qui a pour type nûgôUou 
[Is. \\\\\. li), 7iàff6z:ou (^Nali. i, 12), s'exprime ainsi : r-A celle 
espèce du nlfal appartient, à mou avis, tiddoinmî (^Jér. xlviii, 9); 
car c'est la forme régulière et exacte. Mais on trouve aussi yidde- 
mou (Ex. \v, tG), oii le mi'in a perdu son ditgèsch el coniple néan- 
moins pour deux inéiii, et où le wtav de prolongation a disparu; 
on s'est fié sur le dàgèsch du diUét (\m indique le nlfal. ri Marwâii 
dit : Il paraîtrait, d'après ces paroles, qu'Aboû Zakariyà a pris 
tiddômiiii el yiddemou dans le même sens : ce n'est pas mon avis. 
Le premier doit èlre placé à colé de wenâdamniou (^Jér. xxv, 37) et 
ifiddammou [ih. l, 3o), comme on le voil par les mots qui le suivent 
dans le verset. Le mieux est de le comparer à yiddammou, avec 
la diiïérence que tlddnmmi est de la première, et celui-ci de la 
seconde espèce du nifal. Selon moi, tiddàinmî pourrait être aussi 
un futur de la forme b-gère, comme Aboù Zakariyà la admis lui- 
même pour yissnh (I Sniti. v. '^), (pi il considèr»» commis le futur 



l8-'( OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

^■^slî n: V^n3 l'^nn \''b~n diin 'i'?n"' x"? -nN* bnn S""' ^2 "'n"i'7nnj 

ii-A_À_AJi S»X_iû (j^ n: ibn^ »*S--£û ^^ A^j.£i\lb (j-o Aj (jlaj U 

' D. 1G6, i5; N. ii3, 3/1. D. 1G6, i3, il faullire w pour C.1, ot supprimer 
l'addilion do réditeur. — - D. 155, i5; N. 107, 99. — ^ D. i&5, i5; N. 107, 
29. — ^ D. 69, 8; \. ^11, 3. — ^ Ainsi dans la version hébraïque, D. 155, 
19 et IN. 107, Sa, et dans l'original arabe qui ajoule encore 'br? après ibrr». 
Chez N. il manque l'infinilif ibrj, auquel se rapporte la crili(pie d'ihn Djanàli. 
Parmi les cxompios donnés par Hayyoudj , nous avons chorclié en vain ibrfl br? 
e. 'br?; ils se trouvaient peut-être dans (pielque composition néohébraïque. 



de la forme légère (rac. sùbab); le dti[r('sch du (làlét serait alor^ 
par compensalion, bien que l'une des deux lettres semblables qui 
a disparu dans yiddôni soit revenue dans lidddmmî par l'insertion. 
J'expliquerai connneul cela est possible dans l'arlicle schàmam. 

Hàlal. Dans le premier des deux sens maïujue le hitpm'l, Jér. 
IX, 23, Ps. xcvu, y; dans le second, une parlii; de la l'orme lourde 
liôlcl, yeliàlél (^Eœl. vn, 7) et le liilpaël œaijykhàlrl (I Sam. xxi, 16). 
Cependant Aboù Zakariyà l'ait allusion à celle dernière section 
dans l'introduction du second livre de son Iraité des lettres douces. 
— A la fin de cet article, Aboù Zakariyà donne comme troisième 
sens le hifll, et cite ydlu'l [Job, xxxi, 2G), tâhél [ibid. xli, 10), yâ- 
hélou [Is. xiii, 10) et enfin behillo [Job, xxix, 3). Ce qui contribue 
particulièremenl à faire supposer que l'auleur considère bchillô 



kl TA H AL-MOUSTALMIK. ISf) 

»tX_iî) ^j~* Sv^ï^ Liy^^y ^^-f^ dj"^- -^3 W'*^'^^ i> A^iwii b>\ »^X'àI\ 

iSnn2 ^JlSi Vst ^^^ aj! ^pJ^j -^^crD^ y^v^:! p"" □'?d: '7ipî: n irjD2 
^l_^i^Jl^ r]3:n '?nn axàj ^j^ yji ^5^' n*c;y'? aVrin iij) ^^ ^^*L^ 

ins nx S'?-»-! ha ip'Jt'' i'?'?m n-'n^ '?'?n ': ^^.-^^ 2!iJL«._*.A-«,î^3 
^ji ^^JLcj nD2n n'ùw *jj ^^ nb'^m n:"iî Hu'N vdn "'i^'V^'' ibbn^i 
^n: -2 ^*ù.'-pD ^N U5_j yo"n bbn nriNi ?-^-a-^^ \^_^ cj^ u^-^-- 

' I). 107, i; N. io8, 27. — - D. 157, 9; N. 108, 34. 



toniino Ji[)partenanl à celte forme lourde, c'est qu'il le place 
|)aruii les exemples en g;e'néral, sans le distinguer des autres mots 
qu'il a réunis sous ce troisième sens. Mais, à mon avis, il n'en 
est pas ainsi : hehillà est l'infinilir de la l'orme légère, d'après la 
forme de ouhejilhl ( .VcVt. viii , 5 ) , bcjig'o ( Nomb. xxxv, 19), niphn 
{Jér. XLix, 21), hilhêk {ihid. xlviii, 7); si hehillo était un hifîl, il 
faudrait hehahillô avec deux lu', comme hahiUàm [Gen. \i, 6), de 
hèhcl [Nomb. xvii, 1 1), Le iviUv de behillo est un suffixe qui se rap- 
})orte au sujet , et nèrà en est le complément. 

Hcuhid. Le passif du hijîl manque. Et. xxi, 16. 

IhUal. Aboù Zakariyà donne dans cette racine cinq sens, et 
en a oublié un sixième qui est d'un enq)loi fréquent Mal. 11, 1 1 ; 
Ez. wvin, 7; Lév. xix, 29; I Cliron. v, 1 ; puis hnUUàh [Léo. \\i, 
7), ty|»e, liahàmùh (11 Sam. xiv, 9). et peut-être liàlàl [Et. \\i. 



180 OPUSCULES DlBiN DJANAH. 

,^ (jl^ U 7rj5^-=»- " '*-*^j5 _;-^j ct^'û'n "iscr V^JjI JU^ j,^ u^^- ^ 
^_^\ jy^X'i i->jj^\ losjù Uî_j >rc -^in^ ce: JLi^ Ji ce: JU'^ 

A_^LLi.AJiJ (3^A*«»li ç^_^Â.J! iiXiC) (^;^ JUàj! Aji vAff '?-: t i Jy>^ 
lis U 4^-jt_ll ij^^j JUxiiJI (jw. t^^^Ji ! j^d» ij^ riJn: nt: (j^^^j 

' 1). l'icj, 20 el suiv. ; N. io3, 20 et suiv. L'exemple cilé ici ne s'y trouve 
pas. — - D. 1/18, 26 et siiiv.; N. 102, 32 et suiv. — '' D. i5o, 10; N. lo-'i , 1. 

3o). Je regarde nihàl [ibid. xxv, 3), comme le nij'ol de ce sens, 
pour niljhU^. Aboù Zakariyà, il est vrai, ne mentionne pas celle 
espèce de nifal, où le iioun a hirék, pour les racines géminées; car 
il n'en énumèrc que deux espèces, qui onl. Tune comme l'aulre, 
kumés pour le nomi : ce sont les formes nâschammou [Joël, 1, 17) 
et nâgollou [haïe, xxxiv, h), et, comme exceplion à la première, 
nàmês [Ps. xxii, i5); mais il passe complètement toute espèce qui 
prendrait hirék pour le noun, et, à ce que je présume, elle ne 
serait pas pour lui un njfal. Cependant, je ne saurais faire de niluU 
autre chose qu'un ))ifal de ce sens que nous avons ajouté, à cause 
de la façon dont il cadre ainsi avec les mots qui suivent dans le 
verset. Je pense que niluir [Ps. lxix, U), pour nihrar, est un nifal 
semblable, dans le même sens que hàréiîm (^Jér. xvii. G). Peut- 
être en est-il ainsi de même pour nchanl [Jér. xxn, 93), égal nih~ 

' Ou plutôt nchldl ; de uièine plus loin nchrav, nchunnt , couiiue mliHchab. 



klT\r. AL-MOIISTAMIIK. 187 

5w_A_Ji <\Ji ^^t xxJLyo »*Xiûj yjXjtss'y'j »XÀ£. vii-^A^ ^^À^ii^ i_Ajvlai»- 

J^-oi)l p n'pn:'! Aki,*^ V'rSn:! aL«oI cn-'w'-pD ibn:! n::nj 

âLLx^ v_iJto ^_^ JJi i ^i£_5 ip'^n rrnn^ rx n Vn:! (^-tl (jy 
Uij J-A^l <jk.Aj ^yiJl yl Jlîj "i:r: "^n: i dU^'S^^Ui Uj^ L.jyjv» 



tiaut et le sens serait : Quel avait donc été ton bonheur, pour que 
la douleur que lu éprouves t'ait atliré tant de connniséralion! 
expression forte pour dire, que ces grandes souffrances avaient 
excité la pitié de bien des personnes. Ensuite ivenihâlou [Ez. vu, 
-iU) \)our iveniljlelou , cl wenihalt [ibid. wii, i6) pour ivcniljlalt, si- 
gnifiant : Tu seras méprisée et avilie dans ta personne. L'n in- 
terprète en forçant les sens a expliqué 7iili(il et nihâlou, comme 
des nifai de la racine 7iàlinl {Zacli. n, iG), et s'y est obstiné 
malgré la faiblesse du sens qu'on obtient ainsi dans les deux 
passages, et il en a fait autant pour le noun de niliar, quil a 
[)ris pour une lettre radicale. Mais, pour wenihalt, personne n'a 
pu s'empèclier de reconnaître dans ce mot le nifal de ce sixième 
sens que nous avons ajouté à cette racine; il vaut donc mieux et 
il est préférable pour le sens de traiter de la même manière tous 
ces mois ayant le noun pourvu d'un liirél/ et de voir dans ces 
exemples une troisième espèce du nifal pour les verbes géminés. 
On j)eu( oxpli(|uer égab^nent ainsi nilmt {Mal. ii, 5) pour nilitat. 



188 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

^^ù^Àff■ _jjî)3 ^3^^o:**il c^Jî iovià (j^ aJLsî ^^i m:îb bnp ""^ Ui^ 

^^^il (.K^JLxJî isxij ^^v»«ki! j 4>s.AaXl b:>_j.=^_5 ''^^•jJS ijsjû «XjftJ^j ]jiD^ 
^_££) ^, *X_Aa_ii >iUi_5 *^^^'5 c*-^ l^aji •'-l'i'j »Iàx>o j *L^'i »il>jj 

1? ij*XAn» ^l< (ji_5 S-n \~)'72V (jî l-£i_5 □"'•'EN nP"' '?-"' 1\S* A-J) (_^ 

i (jSo ^ yî_5 nb:* bnn JJ:^ -«^igJi mïirp <^s» A^yi (j^^j ï]3jn 



dontt/('/<rti (/s. vil, 8), t('lj(k {Deut. 1, 21) et ijéhattou [Jér. xxui, /i) 
seraient le futur. — Le mot k'Ijél [Lév. xxi, 9) est sans aucun 
doute aussi de ce sens ajouté, mais il comporte deux explications. 
11 peut être le futur de la forme lourde hà/u'l, type, lutséb, de sorte 
que régulièrement il laudrait tùhêl avec kàmés, comme tàséb, tâgèn; 
cette explication s'appuierait sur l'emploi dans ce sens d'un infi- 
nitif de la forme lourde, avec un hê pourvu d'un sèrè : cet infinitif 
est hèhél (iiz. xx, 9). Ou bien télièl est un ni/ul pour tèhal avec 
patah sous le hêt, comme yéluil (7s. xlviii, 11), yéhal {ib'id. vu, 8). 
Il est bon de remarquer que hêhêl [Ez. xx, 9), que nous venons 
de citer comme infinitif, a la forme d'un parfait de la forme 
lourde de ces mêmes verbes, comme hélicl [^'omb. xvii, 11), et 
doviail avoir kdmés, comme luihél {I Sam. m, 12), bien que ce 
dernier soit dans un autre sens. Mais on a suivi la voie des types 
liisU et himlit [Is. xxxi, 5), qui sont aussi des infinitifs ayant la 
forme de parfait; il en est encore ainsi de lehcdalc (Il Chr. xxxiv. 



KITAH VI.-M()i;STAMIIK. 189 

."ijDt: ppnc". J-A_^ pin"? *-*-* ^^^y-^ uK? cs'*=''"^' ^-^ ^_^^-^a2^ 

-JsJl» Jvj_j "i'?n"'* li'Du ''V "ib '?'7innm 'nV □")- "yû t_(«^ i.>s-û i ji 
y^ iSn"'") Ut_5 (jvxJI J.:ùi» (j^j (j' jj^ ^j' "'? b'jinnm i Uy» 
l'jn"'! "•'? nîSDD l'pn"'* J.-S-^yt'j sjlï ■<^Uil_5 JoJlî ^U J-xj ^os-i^ 

' Depuis Lû-jl U''^. jusqu'ici manque dans ia version hébraïque. L'exemple 
e nous avons ajouté manque dans noire texte, — - D. 107, 1/1 ; N. 109, 1 . 



que 



7) qui, comme infinitif, devrait être îehitdèk, comme Et. xxx, 36, 
mais qui a également la forme d'un parfait. — Lehèhallà [Lev. xxi, 
h), qui entre dans notre sens ajouté, devrait aussi être lehahiUn, 
comme on trouve, dans un sens différent, hahiIMm [Gen. xi, 7) '. 
Cependant, il peut être un nifal selon le modèle de Uhisch- 
schàmdùm {Ps. xcii, 8); il pourrait en être ainsi encore de hè/iél 
{Ez. XX, 9), qui serait abrégé de hcliâlêl, type hihhârèt [Nomb. xv, 
3i). Le passif de cette forme ajoutée est hamehouUûl {Ez. xxxvi, 
23), — Pour Tun des cinq sens rapportés par Aboù Zakariyà 
dans cette racine, il cite Ps. xxxvn, 7, et Job, xxix, 2 1. Mais nous 
avons déjà dit ci-dessus (p. 77) ([ue wehitholcl peut dériver d'une 
l'acine Ijoid. Quant à ivaijyihélhu, ce mot est, à mon avis, le par- 
fait d'une forme lourde de yàhal, comme weyihâlou [Job, xxix, 
23, cf Ez. xiii, 6), à la différence que le hêt a un scrv en pause. 
Aboû Zakariyà n'a été trompé que par le dàffèsck du hméd; mais 

' Dans ce cas ie siifTixo aurait un sens réfléclii. 



190 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

nru;: ncî:3 uzvù'b nr:-;?: dUjsS^ i_Àij-.V5 »xjj>^-ijc]ij 'tzr^z ~"':"!2îy: 

cji^yi tj^ A_ji ^^ (jv_xJl Jjc_x_^ /<voî m'oint: y! J^ ^^^ tJ>*^' 

' l). ir)7, 1 ! ; N. io8, 36. — - D. 167, 12; N. 109, 3, 



le diigcsch est Teflet de la pause, el on reinj)loic fréquemment 
eu pause dans des mois qui en sont ordinairement dc'pourvus. 
Exemples : hàdclou. . . /jodéllou (^Juges,\, 7), 011 ce dernier a un dà- 
gêsch dans le Uméd et un sêrè sous le dàléi, à cause de la paiise; 
nâtânnou (^Ez. xxvn, 19), màrâttâh {ihid. xxi, i5 et 16), nàschùtlàk 
[Is. XLi, 17) et ])ien d'autres mots ont dâgésch en pause. — Dans 
le second des cinq sens mentionnés par Aboû Zakariyà manque 
le passif de la forme lourde houhal [Gen. iv, 2 G). — Dans le cin- 
quième sens est oubliée la forme légère kehàlelim (Ps. lxxxvii, 7). 
Peut-être pourrait-on l'attacher à ce sens hammclioklàt {Juges, xxi, 
28), qui en serait la forme lourde. Quant à hihouî {Juges, xxi, 
21), bien que Tanalogie permit de le dériver de MM, comme 
ireldbour {Eccl. ix, 1), il vaut mieux le prendre comme dérivé de 
houl, parce que mehàlàt ((|ui l'accompagne) est de cette racine. Ce 
dernier ne peut pas èlre de holah d'abord [>arce qu'il faudrait, 



klTAH AL-MOUSTALIIIK. 191 

ni'îr (*-i^^-^ i 'i^'C f'IiS d^xAM^ AiLoi)! *XjLc ^^aJ (j^Aii! cj^î^ji 
ij^-ci.^ HSn ^fiî J^Xj xwi i2~)p2 b'^n "•2'7^iÛ5 \J>jS^t> 45JÎ ^îyiJI 



dans ce cas, diro meliilldt, type, mesibùàt, comme on Irouve ce 
mol dans un sens différent, Is. 11, 19; ensuite, parce que mehôUl 
est le pluriel de mâhôl, qui, à l'état construit, se change en wp//o7 
[Jcr. \\\i, /i), comme m/thàr en jHe/.oV (//w/. 11, 1 3), ce qui prouve 
qu'il appartient à une racine au second radical faible. Si mtiljdl 
venait d'un verbe géminé, comme tnà'^ôz, il resterait invariable 
à l'élat construit, comme celui-ci, Is. xxx, 3, Jcrémie, xvi, i(). 
Lùhoxd élant, à mon avis, de la même racine que mchdhlt, dérive 
donc de hotil. — Il est permis de faire venir aussi hamme/ioklàl de 
Ijoul redoublé, et même keholeltm pourrait en être, comme. /ow- 
sh)i. — ■ Knfin, on pourrait jtjoulcr au premier dos cinq sens 
(juAboû Zakariyà a donnés, et pour lequel il a cité Ps. cix, 95, 
une forme lourde, savoir la racine houUal avec dàpcsch dans le là- 
méd: car meijoulelè (i:. \x\ii, 96) se lallaclie bien à ce sens et 
point à celui de hillèl {M<d. 11. 11). Le premiei- hUurd d{' nicijoiilelè 
devrait avoii' un doi'rscli. 



J92 OPUSCULES D IBN DJANAH. 

nïDp-j kiiJi (_^ J»x:c^lj "'J^DC* i^j (^ o»jjl=». J.x» qj^ <\ji ,\Ai 
"Ti^cn *: '7N ^:"i^*w y^-<i «->-^> 'jn -"cn "'2 t-:: mcù; (j^-i^ <-u^" 

^jvj ^Aj jJy (^i^Ji Y-'"'~î^"! "i"^"'"!: i |_v>s^ i^ycpii _^^3 (jvJ 

' D. i58, i5: N. 109, 19. (Cf. Kanilii, Mihlôl, p. 1/47 b.) 

Hànnn. En iiicnliomiaiil la forme lourde de cette racine, Abou 
Zakarivà dit : rHùnenènî • (Ps. ix , \h) devrait avoir un dùgesch dans 
le premier noun, mais on la supprimé pour alléger le mol.'» 
Maruàn dit : Mais un de nos contemporains le prend pour une 
forme le'gère, type scluiinenhiî [ibid. xvi, 1), et cherche à le prouver 
par le Icàmh du Ijct et le ga^yàh dont il est pourvu, exactement 
comme le schhi de scluhnerâh [ibid. lxxxvi, 2) et celui de schàmerènl 
[ibid. XVI, 1). Cette analyse n'a rien d'improbable; cependant, on 
peut arguer en faveur d'Aboû Zakarivà et soutenir que le kàmés 
s'est produit sous le hél à la suite de l'allégement du noun et par 
le gd^yàh. Le noun ayant été privé de dàgèsch et le hèt prolongé, 
il est résulté entre le hct et le noun une quiescente douce, repré- 
sentée par le kàmés, comme il est arrivé pour mehàresamk [Is. 
XLix, 17), où, entre le hè et le rêsch, s'est produite une quies- 
cente douce, savoir le kàmés, par suite de la suppression du dâ- 
gésch dans le résch et du ga'yàh, et encore pour meàsejàw [ibid. 

* Ibn Djanâli suppose celle orlbograplie; mais à la vérité Hayyoudj lisait palalj. 



KITAB AI.-MOUSTAIJIIK. \\):\ 

v_J».-A_jLjf J.-3-i ^j^ OîV..A-wJi_; v-A.^i)i |^J^,Jl ^^J^Ji y^pil _^^_5 ^jvi 

^-*x_À_* ^Ji j,i_j.=- j5j ^;^L* -^xÀ:; iXij AÀ^ p;n: nî2 ^)^ rijn 
p::n: .v^i (j_j^ ^\ ^^ j:n (j^ (j^^STj (jl Uiji qCc^ 

ipn"'! ^DC2 în" 'C pnv pmn <>i_A_A-c j^LvJlJI^j J.-oi.iJi ioi<ço <^ 

L^Jli' l^Ai Ar>^l yL- C2pn yj3 pm -jpn ■'r yiN ""îdid ipin^ ["^^ 
-jpn ^1 _j.J_j ot-jUsi xj| iJl i*?!: incu"' "jîi's "pn (jj_53 ^j*x*ijJi 

' 0. lôg, (J ; N. loy, 3i. — - Ajouté iraprès la version liébraiquo. 

LXii, 9), OÙ la quieseenle douce qui est kàmés s'est placée entre 
IV/c/" et le sàmél: par suite de l'allégement de cette dernière 
lellre et du ga^yàh. Telle est du moins la leçon de l'exemplaire 
de Syrie, et, en effet, le sàméh devrait avoir un dâgêsch, le 
mot étant à la forme lourde, bien que ce ne soit pas là une con- 
dition imposée à tout mot qui a perdu son dâgêsch ^ — Aboû Za- 
kariyà, dans l'article, hîinàh, regarde comme improbable que 
m'hant {Jér. xxii, 93) soit de cette racine; nous avons avancé ci- 
dessus (p. i/i3) que cela nous paraît admissible et que ce mot 
peut aussi venir de hânan et être pour nihnanl. 

Hàkak. Aboû Zakariyà a passé une forme, savoir le passif de 
la forme lourde, weyoïihâl/ou [Job, xix, 23), qui devrait avoir dâ- 
gêsch, et qu'on a allégé comme behoukô [Prov. vni, 29), Ijolekâ 
[Lév. X, i3), hokekém [Ex. v, 1 /i), qui tous devraient avoir r/<ï^cW<; 
car, à part cet allégemeni, hohekâ est du type de be^ozickâ [Ps. 
XXI, 2). Cependant, ces mots ne peuvent pas appartenir à une 
racine au second radical faible, car alors liokekâ et hokekém au- 

' VOypz S. BiTP, Lihir Jf-iaiw {[À]iS. 18-^0),^). 81. 



194 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

"jnCNi "jiuS' nb'C -(^.in' ■;- "in J^-i-^ nbnj bl-ÎS (jvxit ^.u*^ c^pn^ 

(j! (^jJl-Cj (;jv-«-M Jvjc^! j.i;^i :>jiaj ij^ (_^x.i c::Dï DV^ p 

_j^ t5«xJI (jvAîi è^îi (j^j ^J\ i^ (j^^^ (J^Xjsx) "ipn:^ ipn^i y_^j 

Ppn (j-« {j>^'ii *s..=»-i ,^jw« iJjvj Iç^ (j^^' 

n"ic")'?ri2 ■':nrn'i _^^^ ^ajij ltXr»-U l<wJ> aa^ Jàii nnn 

i_j„XXj î_5*x^ ib^SD"! "npDnn UsLia^ iv^^i_5 Uy aà^ J-à^î "''7'7: 

:>iwj A-j^ ^2 t$*>^.*-c l^>^' ^^*'^' i<Xiî> (j^3 AKié XW.J ^ U ^J>^ 

J^i yK-9 »^A_.«*_x.j t5«xJi nm:T Vpî: n\-ii br ^-.^^ ^y.»-«~kili (ji 

' D. t59, 18; N. 110, '1. — 2 1). i()i , 1 ; N. 110, 3/1. 



raient Ijàlém, comiiu! hodchâ {Ps. \lv, U), ôrehà [ibid. \liii, 3), 
sômehém [h. lviii, 3), et la plus grande parlio des mots qui onl 
le second radical faible. Cependant iveijouljàhou et hchoiilo pour- 
raient dériver de houl;; seulement, la lettre douce qui forme le 
second radical tiendrait alors lieu de Tune des deux lettres sem- 
blables de hâkak. 

Hâtai. Tl manque une parlie de la forme lourde. Jnh, vn, 1/1. 

Kâlal. Aboû Zakariyà a laissé de côté une espèce, la forme re- 
doublée hotpâkcdou wekolkelou (I Rois, xx, 27), ce qui signifie : 
Us ont été comptés el complétés; c'est un passif. Le mot kol entre, 
selon moi, dans ce sens, puisqu'il indique la colleclivilé; on re- 
connaît cette origine par le dâgésch qu'il prend aussilôl qu'il se 
joint à un suffixe. Kol a la forme de kol dans Jér. in, 9, versel 
qui signifie : L'acte le moins grave et le moins vil de sou iucou- 
duite consiste d'agir comme suit; kôl peut aussi èlrc com])aié 
pour la forme à 'o7 [DciU. xxvin, kS). 



KITAH ALMOLSTAMIIK. 195 

Aj^ ni:*n:n '^iti: »ip:'i aaàj (j^ (j*»-^^ "i"w p^"* (j'31^ J^ "^^'îi-' p-** 
'?'?P'' n:u; nxt: p v"'''^'^ cppSn '?'?p»-i i^j ^^': pp:"' (jUTa^ u^^' 

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vj^ ^i*îr pr"* Ljc!^ <_a_A_s l^npp*?- '?'?pp iC-j) <_^ pd^-' ^jL* aILsî 
^ûn Aj) <^ pzn ,:^i *t.g-5S »^1?)j <^*J^'' tKv*^' ûr« t^^-=>"' "J^^^^ 

(jtjû^i ^joLJ U 4^ --iin" "î^l/'hI^ PP2'!n> Is^fo J^^iJi ,jl iJi ajL 

' D. lOi , i5-i 7 ; N. 111, 10-1 2. 



Kàiai. Aboû Zakariyà s'exprime ainsi : rrLa forme lourde est 
n'ekittat (II Bois, xviii, 6) cl le passif i/OMMai (/s. xxiv, la), où 
une seule des deux lettres semblables est restée, et oii le ddgcsch 
du Âfl/" compense celle qui manque. ■» Mais youkknt n'est pas de la 
même forme que kittat, car alors on dirait yekouttnt, comme tekoul- 
lal [Job, XXIV, 18), yekouUâl (/s. lxv, 20), yerounnân [ihid. xvi, 10); 
car le passif de la forme klitai ne peut être au passé que xvekotitte- 
tou (II Clir. XV, G), comme weoussefou [Is. xxiv, 92), ouboiitzâzou 
(Jér. L, 87); ce dernier, il est vrai, dérive d'une forme légère. Le 
futur serait donc, sans doute, yekouttat, type tekoiillal, comme 
je viens de le dire. Aussi youkkat, qui, complet, serait youktat, 
type youschlak, est-il de l'autre forme lourde, du hifil Itckèt, type 
lu'sèb, et ressemble à yoitssâb (/s. xxviii, 27) et à youddad [Job, xx, 
8), qui est pour yoiindad, comme je l'expliquerai à la raciiui ««- 
dad (p. 20A). La foiino primiti\e était ychotiktnt, yehouscidak , ye- 

i3. 



196 OPUSCULES D'IB.X DJANAH. 

4X_3^_<iwj Jot.i=- fcSjj A-AJ L^iji Jlïj Cû"''?" ^VwN ~'?!2 "'? 2Cn" 

ç nzn is»x-A..o (j-« rr' J^ 22c ";"i2>2'? ^^*^ ij-* ^c (j»*»-^ «^^^ >* 

i^-Si-lj LiniSÏ^ ^Lij! jUJi ^y^\ i^ SxS-\ >J^IJS^ C'CC' TiC CN 

swilij mpcn -t:-' y2: JlxAji)! l4os„s^l c:5>-*^2^ <;u^ JJs-\ -zd 



> D, 166, 5; N. ii3, 26. — - D. lOa, 5; N. m. 99. — ^ D. if^S, 1, où 
il faut lire pj*); \. 111, 95. 



houndad, comme nous l'avons prouvé dans l'article ya'ad{p. 36). 
Aboû Zakariyà lui-même (rac. sàhah) place youssàb à colé de hésèb 
[Esra, VI, 22) et ajoute que le dàgésch du sâuiék est en compen- 
sation de la lettre qui manque, rcomme dans youkkat.v II est 
donc prouvé que, selon lui aussi, youkknt ne vient pas plus de 
vcekittat que youssàb ne dérive de sabbèb (II Sam. xiv, 20), et que 
youkkatMenl de liêkêt, comme youssàb de lièséb. Le rapport qu'Aboû 
Zakariyà a établi entre youkkat et ivekiltat est tout simplement le 
résultat d'une inadvertance. 

Màdad. Il manque, dans le premier des deux sens, le nifal, 
Jér. XXXI, 87, et dans le second, le nifcd également, Osée, 11, 1 ^ 

Mâkak. Aboû Zakariyà a passé le nifal yinmuik [Ecd. x, 18) et 

' La dififérence entre les deux sens consiste en ce que le premier sens est : 
mesurer la superficie, et le second : mesurer la capacité. Ihn Djanàli (Kit. al-oii- 
soul, col. 36!i, 1. 7 dit avec raison que ces deux sens n'en font qu'un. 



kITAI'. AL-MUIISTALIIIK. 197 

n*,r: n-Tw' i_j-)ii t>^ o^^l, j-«iyLI ^i^»i i pnc-'Jij V^P^^ ''^"^^ 

l_i^_À_5l-«,i^ ljUj^:^^^i (JsLJîl ^j^,iiJ '_5^j^ pTÙ'Jt (j^-« L^j' V^P^ 
.\_.L-<) lyX^i t^'JOl iJUA3i (^^K' ^jl_5 ^Z': "12^ ion"'! <i lyti^© If i^vll 

' 11 iiiiinque ici /^ *^^t- 



le passif de la forme lourde ivehoummekoii [Job, \xiv, a^i), qui de- 
vrait avoir palah sous le mc'/n cl dâgèsch dans le /ifl/", à cause de 
l'insertion de l'une des deux lettres semblables, comme hâsch- 
schaiHinâli [Lév. xxvi, 36). Ce dernier a, il est vrai, un grand 
kâmés^; mais cette voyelle se confond presque partout avec le 
schourél/, comme scluiddedàh [Nah. m, y), où le Arômes tient aussi 
lieu d'un schourék. En supprimant, dans ivehotimmekou , le dàgêsch 
du hnf iti la voyelle du mm, pour alléger le mot, on a agi comme 
dans ivayijiUemou [Dent, xxxiv, 8), qui, tout en étant un nifol, a 
[lerdu la voyelle du Iniv et le dàgêsch du mém. — Notez que le 
dàgi'sck du mcin dans irehoummekou, et celui du schîn dans luisch- 
scluimmùli , ne se placent au singulier de ces deux mots avant 
qu'aucun suHixe y ait été joint, que par compensation; car le 
singulier de l'un devait être Iwnmkak, et celui de l'autre homch- 
main . type, housvidak, et, après avoir supprimé l'une des deux 

' La vers. hél>r. a siippriint' le mot :nj. Nous avons déjà vu plus haul (p. 35, 
n. I ; 1 18 , 11. i) la confusion <pie fait souvent Ibn Djanùli entre à et 0. \oy. en- 
core plus loin, [). o l 'r . où li' Udmêx est cgalemenl suivi tlii dâgpxih. 



198 OPUSCULES DIBN DJA.\AII. 

ij J_j.i jji Uiji l'-ffi_5 'îrir'' ô Ls»Xa^ ^''^^^ *^ '^^^ '^^ liaiL*, (j\<r 

^j jjS c^b <^ >-* ^' T-- ^ J^A-»-^:-*-* J'^*À3! Xi! mpcn "i:^ 

")2: Dw': iiJj (^ t^*>>Ji JljiÀji)! ,j^ <tL)"^' o »;r^-«' (5«>Ji (j*^-*'! 

"l")"' ÎS"! "Dn"' 2*72 Cm"' "W ^pi'' ""121 ^T J^ ;j\-^^ c:>i^i> o^-*^ 
CCn^ '?'?" ^j-« ^■A.. i >,J>L.>M^.o 140! l^ Jyb ^! LJ J^Ua- AiU □223'? 



lettres semblables, on a place dans cliacun de ces deux mots un 
dùgèsch comme compensation. Quand ensuite on a ajouté les suf- 
fixes, le dùgèsch est resié à sa place, bien que l'une des lettres 
géminées, tombée dans hàschschom, lut revenue dans hàscliseliam- 
mdh sous forme dinsertion, de même que le dùgèsch de compen- 
sation dans youkkal a été conservé après Taddilion du suffixe dans 
youhkattou[Jér. xlvi, 5), quoique la Ici Ire tombée fut rentrée dans 
le mot par l'insertion. — Notez encore qu'en disant ([iio ylnnnak 
est un futur du uifal, j'ai suivi seulement favis d'Âboù Zakariyà 
et la règle qu'il a établie pour l'espèce de )iif(d. dont nùscham, 
nâbar sont le type. Mais n'ayant trouvé le parfait du nifal ni de 
ijimmal\ ni d'un grand nombre de racines géminées de ce type, il 
nous est permis, pour tous ces futurs de verbes dont le parlait 
du 7iifal n'est pas employé, de les considérer comme a[)partenant 
à des parfaits de la forme légère; ainsi nous pouvons prendre 
yiddal (Is. XVII. 6), ijè/iùm [Eccl. iv. ri), i/èliammou (Osée. vu. 7), 



KH Al? AL-MOUSTALHIK. 19!) 

v-A_>r N2'^v 1-1" nrrn^ '?'?"!"• u^^ u' ^^ ^^ J-oi)l ^jS^ -]:i_j 

^ x3l Jyl ^Jj^ iJuxli^ AiL-.J5 JUiiii i UUxx^l l^cjUiii 

*x_xj ^iT"' :i:\s"i:n "iDD"' y3-Cj_j 'ji^D'' r|C2n nn""! ^J^S-J^ inz'' 

"•^IN JolLoj P^C'^j rSC'-^ Iw''^ lu*" Joë If JLo^l ijaxj i ^UxXjS? 

Dju ri"i~: ij-* JokJ»-A.*-w« Jot» Ajli ■':''yc "ryc "!~r"! nux^ï 'n pn*' 

' Ici cl plus bas manque dans la citation le mot 'rbrî. Cet oubli est d'autant plus 
snrprenaiil tjue T>Wji 'rif' 'r est une manière de nommer Dieu, affectionnée par- 
liculièrement par'Amôs. 

yèrak [Jér. li, 66) pour les futurs de dâlal, liâmom, rûkak, de 
sorte quils seraient pour yidlal, ijUjinam, ytrkak, avec scheha sous 
le premier radical, à l'instar de yéhenan [Amos, v, i5), et le dâ- 
gêsch qui se trouve dans le premier radical compenserait Tune 
des deux lettres semblables. Pour ces verbes, comme pour les 
verbes sains et les verbes faibles, on emploie des futurs, yifal 
et yijol ' ; yiltammou [Ps. civ, 35 . et .\omb. xiv, 35) peut donc aussi 
être futur de la forme légère tàmam, et le même raisonnement 
qui sert à expliquer la conservation du dàgcsch dans le kaf de 
youkkattou s'applique au ddgèscit qu'on maintient dans le tàiv de 
yiltammou; ce dernier mot aurait le futur en a, de même que 
wayyhlôm [Gen. xLvii, i5) présente le futur en o. Ces deux formes 
se trouvent réunies dans certains verbes, comme on dit yischclwk 
(Eccl. \, 1 1) et yiscliscluïk (Prov. xxin, 32), yisclibôt et yischbal (cf. 
Gen. n, 2 et Lév. xxvi, 'Sk). — A xjéhënan ressemble ivatiiddad 
(Gen. XXXI, ho), futur de mdedàh {Esthcr, vi, i ). Au futur du 

' Voyez Rikinâh , p. 8'i , I. (i cl siiiv. 



200 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

TsiTw "Tiju ""în d J^-o!^i_5 Dt:: J^AJix»*^ ^i5 4^*>Jî cyn 22b et:*''! 

'7"i"| i J-o.^! (jl^ A.jl La-Aj U» (_^cj pri"» AJjj (2-s UL?"*''' (-Ajsr N3CV 
*îyî_5 *UL_5 Jî J^Ji <_j»^" N2uJ "p-"'^ DCn''^ V'?"!"' y_^ ^J\ "jl-'j CrP;) 

~i3: b~^"i i (^^iJi s«x_-i*Ji j-A^ \-ij'c' --m i (^cJi s^*i.j| (ji iJl 
ij^ \-*à-Js 'if^^:s..M*^ L4.3Î iDu' "!!:"' dj nn-î2: '?pn"i n-'ri'^ '"^pNi 

' Ajoutez l^ii>». Lu vers. hébr. porte crim. 

nifal, il faudrait dire tvattinnad, en conservant le premier radical 
comme dans ivaj/iinmas [Jos. vu, 5), fiilur de ndiiu's [Ps. wii, 10); 
mais ivatliddad est pour ivattindad avec scheha sous le ?*oh», d'après 
le modèle de yéhënan , et semblable au scheha , qui devrait èlre placé 
sous le premier radical de yidlnl, yilimam, yirkak, s'ils n'avaient 
pas été changés en yiddol, yèluhn et yêrah. Seulement, il y a une 
différence enlre la signification du dàgêsch dans ivattiddad et celle 
de ce signe dans yiddal; le dàgêsch dans celui-ci, comme nous 
l'avons dit, est par compensation; celui du dàlét dans ivatliddad 
vient de l'inscrlion du premier radical dans cette lettre. — Il se 
peut également que tvâ'èhal [Gen. xvi, 5), ivatléhd [ibid. U), yêmar 
(/s, XXIV, 9) soient aussi des futurs de parfaits de la forme légère, 
mais sans dàgêsch de compensation. J'expliquerai aussi êtâm [Ps. 
XIX, iZi), de la racine tàm [Job, i, 1), en considérant le yod comme 
lettre explétive, tel qu'on le rencontre dans la scriptura plena. Les 
trois verbes cités seraient donc poui' êklal . liUal et yimrar, sur le 
modèle de yéhënan. 



KllAIJ AL-MOllSTALIjIK. 201 

J.J JsS" J^Aj^j jl »pi ^^»>Ji ç._^3! jj v_X*Àiw ^ï <^;-« Iciis:^ ^_^j 

piiL ^1 A.iJ'oiHSÀ^ cUàJ^ cr^ ''^^ '^ «;53. ^^i! ^_^l 
wT: rrt: ": "j~~c rn x») ^^ id aà-« oi^^* ^/ijlH^ x*» iUxaJI^ 

>i Uj'uwo^ifcl Uy en cnc ""-y^j \MjS^b> (^*>J! c^-Jl ^j:> i 

' D. iG3, (j; N. 111, 33. — ^ D. i63, 3^i;N. iia, li. — ^ D. iCi, 6; 
dans N. cet exemple a été supprimé, mais ii se lit dans l'original arabe. 



MiUiil. Il inaiiqiio un sens, celui de môlêl {Prov. vi, i3). Peut- 
être aussi ce mot est-ii la forme légère du sens mentionné par 
Aboii Zakariyâ, mais pris au figuré. 

Màrar. Aboû Zakariyâ a passé le sens de tamrourîm [Jér. vi, 26), 
type lahnounîm, dont on rencontre le hitpaël de la forme redou- 
blée wayijitmarmar [Dan. viii, 7). On peut aussi dire pour ce mot 
ce qui a été dit sur œegilgaltikâ (art. gàial). — Dans le sens 
qu'il donne, Aboû Zakariyâ cite le nom et le qualificatif, mais il 
passe la forme légère dont le parlait est mar, comme hat [Jér. l, 
a), màràh (I Sam. xxx, 6), avec l'accent sur la pénultième, comme 
Ijànili [Job, xxx, 3o), ce qui prouve que ce mot est un parlait. 
Dans les deux verbes, le n'sch devrait avoir dàgi'sch , comme Ijalliilt 
{.1er. \iv, /i). — Aboù Zakariyâ a, en outre, confondu avec le 
sens de màrlni (/i.r. xv, o3), celui de mcrimU [Joh. \iii, 2(1), qui en 



202 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

(;^Lx-) ,v^i~x-li !.Xi£> (j^ xjl ni") mD <s Jyjî jX^SS^ 0^=»- ^i ^^i 

"T (^-X~^ S ^'^'f-^ uK-*-^ j' (jî ^^ *-:>'_;-^ O^ii- <jii Uj\^ Ijyj! 

uDcn Dm A=- If v_xsjJi Js>î (j-« ycp -«^U- ^ùiT JsjiijI Aji) nnD 
-)D'' (j^jXj (jt ^j^-c_5 nnD (j^5C> ^jî <x.=>-_^it_5 v_Ài_^ pf>-ll vt:p cd:i 



diffère, et qui sigoifie, selon moi, se révolter, s'opposer, comme 
le montre le contexte, car il n'y a aucun moyen d'expliquer le 
verset par le sens d'amertume. 11 en est de même du mot mémér 
[Prov. xvH, 2 5), où il est dit que (un fils sot) est une contra- 
riété, une révolte pour sa mère, en d'autres termes, une cause 
de contrariété pour elle. J'exj)liquerai encore dans ce sens moral 
rouah [Gen. xxvi, 35) en traduisant : Les deux femmes (d'Ésaù) 
étaient en opposition avec son avis (l'aNis d'Isaac). Mais Abon 
Zakariyà a réuni tous ces mois sous le sens de mclrîm. Selon moi, 
ai lamnièr bà [Ex. xxuî, 21) doit aussi être traduit par : Ne l'oppose 
pas à lui; c'est une l'orme lourde comme weyattêm (II Rois, xxn, 
A), ivayyassêb [Ex. xni, 18), et le dâgésch est par compensation. 
A mon avis, le ni/ai du même sens se trouve Jér. xlvhi, 11, où 
mhnàr veut dire que (l'odeur) n'était ni changée, ni altérée, ni 
transformée, type nâsab, nùkal; et si le mêm a ici, à la troisième 
personne du parlait, hâmés à la ])lacc de patah, c'est par suite de 
la pause, connno ivenâmûs [Ex. xvi, 91), où le mèin a Imm au 
lieu Aq paUih en pause. — Le mol yèmar (fs. wiv. ()) peut être 



Kir\r. \L-MOUST.ViJIIK. 203 

J^-^^ .j-* ^ySi: ;iL^ A~'i ^^ ni'ip n \\* -i2-'7i ;j\_5 (^ imi rx 

Juoiji J.X9 yûj l*>s_=^î^ W.*o -V^-s^j CJ-* -^j^' ^>*^' cj^ J-Àil "-13 
Jo:.*.^ ■-':") ^jl <J! (•_jj k^iûi> »xs_5 ~~^:^ nw^t udc; 'jiMC ^jj t^ 

c^J^_:r-^ ^_Jjjji_^_4i (j^ w^-JJJ9 J_^iJi i^NJÛj p!^,\J! oi-^Ui^ cj^«J' 

' Depuis 35-^.3 manque dans la vers, liébr. — - D. iGi, 17; N. 1 13 , 3i. 

le futur de ce nifal, avec suppression du dùgèsch, mais il appar- 
tient au sens indiqué par Aboû Zakariyà. — Le hè de màrâh (I 
Bois, \\n, 26) me paraît mis à la place de Tun des deux rêscli de 
màrar, et le sens être celui que nous avons donné pour tammèr et 
mémér. — Moral pourrait être de ce màrâh qui procède de hiinrou 
{Ps. cvi, 33), et avoir la l'orme de tà'^âh [Is. xvxn, 0)^, avec cette 
dilîéience que l'accent de moral a passé sur la pénultième, sous 
riniluence du voisinage du mot rou'ah. 

•Sfhiad. Aboû Zakariyà a passé dans le premier des deux sens 
la l'orme lourde de la l'orme po^o/, wcnôdad [Naît, m, i-j). On a 
pensé que ce mot venait de noud, avec redoublement du troisième 
radical. Cette opinion me parait presque admissible. Cependant, 
j'ai trouvé tous les parfaits des verbes au second radical l'aible, 
011 le troisième était redoublé, avec ce troisième radical pourvu 
du sèrè; exemples : hoschêsch [Ex. xxxn, 1), konèn [Is. li, i3), 
%»m- [ihid. \, 2G) et les l'ormes lourdes des veibes géminés, (pii 

' Moral esl à Télal consliiiil de relie fonne. 



204 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

Sm nnS:» JUii (^ t^«3Ji (;j%J^i c^l^yi ^j^ J^aaJ! cj^^^j Tiii'* 
<JI --i:! d ^^u*-jL3 c^U ÎvX-^U ^h bbu* i*wX ■':vù"7 rnn Dom 

jA»._A_A_i /jv-LiL^i c:>îji (j-« <s.jS IàJ ^ yi CiJ>r''*J^ JsXx^ yl^ ^-^j-» 
;j>xJ' -J^XXxii (Ji ^jvÀaI^ c;>iji ^i ~"i"ij"; (^v^î <-b"^ ^*^^' ^"/"^^ 
,x_âï- SiX^ )tJa«iS Ci\-**J_5 ""ilil Jsi>o (jvxJi i^A*iî t^ '^^^ (S-^^ 

ÎVîn: "i""'"! ^^--^^ ''>^-^ ij J.i^:>i_j ■"TjJi (^ (jvxii J.i:*ii csijJoi' 

' D. 1G6, i8;IV. lia, 3t. — - D. i6i , 1 (j; N. 1 12 , 35. 



avaient cette l'orme alFeclée de/xïta/*, comme iverùmam [Ps. lxvi, 
17). ^o7<// [Lam. i, 19); cela m'a fait pencher à voir dans wenodad 
un dérivé de nàdad. Cependant, j'ai rencontré avec sèrè ive^onén 
(II Bois, XXI, G), qui parait bien être de "ànan, car les deux lettres 
semblables se retrouvent dans tous les exemples de ce mot, bien 
qu'il puisse être néanmoins de "oun. Mais fût^il même prouvé que 
"ànèn vient de '^ànan, il n'en résulterait pas que wenodad dût passer 
de la racine n'\dad à la racine noud; pour cela, il faudrait trouver 
un verbe au deuxième radical faible (avecjjafa/t), comme wenodad. 
Je ne veux pas conclure de cette démonstration qu'une forme 
avec imtali soit impossible dans les racines au second radical 
faible, puisque le sèrè et le palah se remplacent souvent l'un 
l'autie; seulement, j'ai préféré une telle manière de voir, parce 
que, dans les verbes au second radical faible, le sèrè est la règle 
généralement suivie. — Aboû Zakariyà place ireijouddad [Joh, xx, 
8) à côté de nàdcdou {Os. vu. j3), c'est-à-dire dans la forme 



kITAi; \L MOUSTAMIIK. iiOj 

n'?"''? p-în: ','"'1 J^-=w*x-j ^ji L^\yj^\ ^^y 'r\iy h2r\Vi 'p'":.") i:." 

l_^L-^ JisxJi i --;:i^ ,j^ ^,_^Jî i_^SiL- -':'-^'r "j'^rin i«o, jjc --:v 
::-- J^-A-J» '^ cc" "i-:*"". c:'?'?^ ^rn' i^j <^ ~~:i JlJiJ yj^ i^j ^^ 

Ajj j^ ^>^^^ tN^^-^i^ >->*j ~j'^ j^xiL«*»JLi_j ^j Jv,<ixj ^Axj ~j*n <^À»« 

' Ajoute d'après la vers. hébr. — - D. i (56 , 26 ; N. i l 'i , 1 1 . 



légère, et cito ensuite, comme exemple de la forme lourde, Joh. 
xviii. 18. Il aurait été plus juste de ranger wayyouddad dans cette 
dernière catégorie, dont ce mot est pris, puisque le type primilii" 
est houndad, youndad, comme houscJdak, yoiischlak; on a inséré le 
noun dans le dàlét et l'on a dit wayyouddad. Le passif de la forme 
légère ou du piël aurait été wenouddad, comme we'oussaf[Is. xxxiii, 
/i), treschoiippak [Zeph. i, 17), oubouzzazou (^Jér. l, 87) et iveknut- 
lefou^W Chron. xv. G). — Mounàd (II Sam. xxiii, 6) pourrait être de 
cette racine, sans cependant suivre l'analogie de ivcyouddad, puis- 
qu'il est dun parfait liounad et d'un futur rjounad sans dàgésch, 
comme yoiidàk [haïe, xxvui, 28); le participe passif de ce sens, 
mounad, suivrait alors le type mousah [Ez. xli, 7). Il peut enfin 
aussi être de noud, comme tenidénî [Ps. xxxvi, 12). 

Sàlal. Aboû Zakariyà ne mentionne qu'un sens, Is. lmi, 10, et 
en néglige un autre, celui de sôUnu (Ps. iaviii. 5). louer, glori- 



206 OPUSCULES D'lB>i DJANAH. 

JUjùiill^ ^a5ocJ\_5 <xa4:^xJî_5 ^^xii sl-U^^ P"2^y2 2:n'^ ^bL yî>i 

n"2 V'^i^nc io) (^ 'p^'Dn!: ^■■'j^^ ^■^^'> '^'-*^ dlii^j ajU; ^^^ 

nbccn *hz V^cJ U.Jb Uy ^j_^j ^S y6_j i<>-A=- l^j^^i^i \.^^_5 
pînnc Ji* 'î'-j^ i^y-*—^ \C>*'-<\-o yj-v«*Aj y_^^ nsi^z zn'? "ibcJ^ 
:i:2 p^îni: --ni'" n'?i:'"'? nnN ]Nr: cn' ^: Jt* U <> □n"'?^ \"i^;'? ^Dyz 

n"'^'? m'rcî: L:^t:i3VNn -'"ii* rx -{"l'en u,'i*''T t^^^-À^ c^*i^ ^^■^ cr»^ 
J^^^bJl ijvjû iC:^ <^i JyJ*>JS_j d.'L^ ^Ui c^Uj -'7i:n n-isbi 'n 



fier, exalter. Le hilpaël mistàlèl {Ex. ix, 17) a cette signification, 
s'enorgueillir à leur égard, s'exalter, tirer de la gloire pour soi 
de leur captivité, en d'autres mots : (Pharaon) faisait accroire à 
son peuple qu'il était assez puissant ])our faire opposition à la 
volonté du Créateur de délivrer les Israélites, afin d'augmenter 
ainsi son autorité auprès de son peuple. Le type du mot est mit- 
po^él, comme mitgàlrl (II Som. xx, 12); seulement, le Uhf! du Inl- 
paël ne se place pas avant le sâmék, lorsque cette lettre est pre- 
mier radical, il y a une autre explication non moins bonne de 
mistâlêl, qui présenterait aloi's un troisième sens après celui ô'Isaïe, 
Lxu, 10, et celui de Ps. lxviii, 5; il signifierait : Tu retiens mon 
peuple, comme si l'auteur avait employé mithazzèk, ainsi que 
dans Ex. ix, 2, et dans II Sam. iii, 6, qui est à traduire : Abnêr 
retenait la famille de Saûl. Mistdiél se rattacherait ainsi à mcsillàt 
(II Chr. IX, 11), qui signifie, selon moi, des supports j)0ur re- 
tenir, explication dont la justesse est prouvée par le mot mis'àd. 



KITAH AL-MOUSTALIIIK. 207 

JJi ^ oi-^^Jï îj'^^-^^ lj^.r.-^_5 LA--i D'D;\S'J) (J-. ^« Ui (j\^ 

CN ■'■;■; 'O'j b'j ij-yc 'n -frjz;^ îriT* czd"? "ni'C'i nyuix"! ■'^-yo 

' Ainsi avec raison ilans la vers, liébr. Le toxie arabe porlc cdv '")j7. 



onij)loyé dans le premier livre des Rois (x, la). Comme on n'a 
fait du bois d'Aigoumim qu'une chose, et que cette chose est 
désignée en deux endroits différents par deux mots distincts, ces 
deux mois doivent, sans doute, se rapporter au même objet, el 
mis^âil et mcsillnl avoir le même sens. Or, on sait que mis^âd signifie 
appui et force, comme on le reconnaît par les passages, Ps. c\i\, 
ii-j; Gcn. wiii, 5; Ps. xx, 3; ibid. xli, /i; ibid. xciv, i8; celui 
de mesillàl doit donc aussi être appui et force. C'est là la démons- 
tration la plus évidente que mislolêl signifie retenant, et je choisis 
de préférence cette interprétation. Quant à algoumhn et almoii- 
Uhii (employés l'un dans les Chroniques, et l'autre au récit des 
livres des Rois), ils désignent la même chose, comme simhih el 
salnuili, kébés et késéb, et ne te laisse pas égarer à vouloir voir dans 
mis'àd et mesdlot deux objels différents ^ — On a aussi rattaché 

' L'explication par 0-9 i^v <"' (_>ï.«JI «^^^i^ -liois tjiii soulionl le toit" est 
donnée aussi Kil. kI-dusouI . col. '1S/4. I. 10. 



208 OPUSCULES DIB.N DJANAH. 

i^\ A-A-9 J-*^î (3^ iii j.ol==- vAi2jî jl^ij ^c»W,J (J^J^.^^ /©.^^Ac (ji;^^ 

~~*"njT "jDp ';n:Ni aàa) JUAii)!_5 n cijy ~~"i"D "i~"i""' msd'tn* 
'^nn i^j J^ Vjï:2 'jV) u-'\s* î^n J^oiiJi JjtiJi ^cwJ> aJL« JjU! îî^ 

1 D. 167,7; \. ii/i, 17. 

mistolél au premier sens et altribue' à he'amml le sens de '«/ '«»(»;? 
en traduisant : Tu marches sur eux et lu les foules aux j)ie(ls. 
Cette opinion est aussi admissible, mais j'incline davantage à re- 
porter mistolél à mesilUt. — A ce même sens, mais sous une forme 
redoublée, appartient, selon moi, salseléhâ [Prov. iv, 8), c'est-à- 
dire retiens-la (la sagesse), et le second membre du verset vient 
à l'appui de cette opinion. La forme du mot s'explique par sal- 
lelèhâ avec dàgêsch dans le premier làméd, où l'on a ensuite rem- 
placé le dàgêsch par le sdmék, comme nous l'avons dit pour liil- 
galgeJou (p. 180). 

\Adad. Oublié. On rencontre surtout la forme lourde, Ps. cxlvi, 
9, et cxLvii, 7, et le hiipaël, ibid. xx, 9, 

'^Azaz. Aboû Zakariyà a passé une section de la forme lourde 
hê'éz [Prov. xxi, 99), type, hêhêl (^Nomh. xvii, 12) et hcsèb [Ezra, 
VI, 29); au féminin, Iwèzùh [Prov. vu, i3), qui devrait avoir 
dàgêsch connne hêhcUàh [higes, xx, /lo), mais qui a été allégé. 
Celte manière d'alléger les racines géminées est fréquente, comme 



KITAIÎ AL-MOUSTA!JIIK. 200 

"12" Ajj 4^ '?'?:; 4^*i l^^ JvaJij wi-i j<wJii 
Q"'::ii'Di i::iiT n'?i C'n:i ]:vJ^ J^o^ij n::y ^:2i □"tiU/'Sdz c>::i*i 

ijsjù jj ^S. x=s~j ii_j aUiijj -!<>. wb''^^ j~fi^J>-j (j^ A.À-**^^w«,l li 

' D. 167, lô; X. 1 1 7, -io. — - D. 1G8, 7; N. 1 17, ;>o. 



ivenobôzàh (I Sam. xiv, 30) el d'autres exemples cités ou non dans 
ce livre. 

^4/rtZ. Dans ie troisième sens, celui de Lam. i, 29, manque le 
hitpaèl, Ps. cxLi, h. Quant à hW^aJIalti [Ex. x, 2), c'est un liitpaël 
d'une autre partie de la forme lourde, savoir de "illèl, type dlhhèr. 

''Anan. Aboù Zakariyà donne le sens de Gen. ix, lA, mais il 
passe celui de "dncmm [h. ii, 6), ^ôncnàh [ih'td. lvii, 3) el; la l'orme 
lourde "ànèn (II I\ois, xxi, 6), te^ônênou [Lév. xix, 26), me'ànenlm 
[Micha, V, 1 1). On a aussi dit que les mots offrant ce sens étaient 
dérivés de 'oun avec redoublement du troisième radical, à cause 
du sènK (Voyez l'article nûdad, p. 206). 

Pàlal. Aboû Zakariyà place dans cette racine wenijlnl [E:. xxvin. 
23) à côté de biftlim [Ex. xxi, 22), ce que je ne saurais approuver. 
Ce dernier mot a le sens déjuges, arbitres, qui ne parait pas 
applicable à xvenijlal, à moins de traduire : Le carnage el le 



210 OPUSCULES D'in.N DJA.NAlj. 

'jd: CJ-* 'j'tdji (^>^ bhz' a-j) <^ bbn (j^j-^^ p*-^! ^r^ i^JUiîJt 

V'jDN p^Mi -jjLcUm i^AS-i^XlI! Jboill ^j.. Aio^ ^rcn^ '?2^D_j hzbz^ 

^^i f^*^^ '"^-^ u-* cM^'j cii'C'n cikVPr /©-frîy* p^^t v_A*Uiî^ 

«xSjl j-s^l V&y J^i_j i'*'?^ nvi*.* y£>, I^Xjs.!^ Lc^ aaï vSi nnï 

U§^ n:; -iw "''?^' n*i* en: <s-L«j nbii' my^î inc JoL* n'inc *ni' aa^ 

' D. 1 fiy , 1 .") ; \. 1 1 5 , 1 5. 



meurtre y deviendront les arbitres, de donner au qualillcatif/zr/Ai/ 
la valeur d'un nom abstrait et de le considérer comme appartenant 
au type schàUl. Mais il vaut mieux dériver mjlal de nàfal, de sorte 
que notre verset réponde pour le sens à Ez. vi, -y, et xxx, h. Je 
m'explique une telle dérivation par le redoublement du troisième 
radical, ce qui a lieu quand on veut donner à un Irilitère la 
forme d'un quadrilitère, tel que kirsèm, h'ûkêl, hrbèl et hîspés. 
C'est ainsi qu'on a redoublé le troisième radical dans oumlal {Nah. 

I, h), schn'dronril {Jér. xviii, i3), qui viennent évidemment des 
trilitères amoxdâh [Ez. xvi, 3o), hasrhsclifj^àrîm [Jér. xxix, i-y), par 
le redoublement du troisième radical. — Il manque encore chez 
Aboû Zakariyà, dans le sens de biJlUhn, le hitpaé'l yitpallél (I Sam. 

II, 25). 

Sâhah. Aboû Zakariyà cite seulement un sens, celui de se/ii'ah 
[Ez. XXIV, 7), et passe un autre sens mieux constaté sahou [La- 
ment. iv. "-•). type srhaJiou (^Hnh. m, 6), d où dérive sah (^Isaïe, 



KITAH AL-MOUSTALIIIK. :211 

c^jL^VM « l^VJLo^ l-^H^sUj ijr-~'_y^ ~^' ^-^■*-«>»'_; j«(^<w.j| _j-tû^ ^J! ^^ 

làjtWI <>o ,;^^ n"n*j -;3"î'7 t^'.i^^ LcijI ç-_jxJi I J^û ,j-.^ I^XxjIÎ ncn 

liSwiiK^ ^j^^mni' (J-. *lil (j(<« i'_5J_5 m!:u 4^ 
t^ *"':îwV ^r^' n:'''?î:n lycw' '?: 'ihb'i hiî'h yt»^ UJb Uy S^s.\^ n^D "îi'd 
^**jij' ^j r'y'^^ ij^^iaJî yû^ Jv^•^•*=' *_/'!S****J3 '?"'^':»' n:m ^_j^^ 5*>^ 

• 1). 169, 16 et '.w; N. 1 iT), iG el iS. 



xviii, /i), qui, coiniiie laiabe ad-clUjIiou, désigne le soleil, ainsi 
uommo à cause de sa blancheur et de sa pure clarté, de même 
qu'il est noninu' liaininàh , h cause de l'action (calorique) qu'il 
exerce. Dans ce sens, il faut ranger aussi le mot snlifU (/s. xxxii, 
U) qui signifie la parole exprimée avec une prononciation pure 
et une ])arfaite clarté. Sahdt peut être un pluriel féminin de; la 
forme gannôl, sàrot, ou bien, c'est un infinitif comme hannôt [Ps. 
Lxxvn, 10) et comme schommôt {Ez. xxxvi, 3), qui est un infinitif 
comme schd'ôf, auquel il est lié par la copule; seulement, a cause 
du licl, saliôl est resté sans dogèsch. 

Sàhl. Aboû Zakariyà donne deux sens de cette racine, sileJc 
(Jér. VI, li) et sâlàlou (Ex. xv, 10). Il en a passé un troisième, 
sàlelou [Hah. m, 16), tesilUnàh (l Sam. m, 11), comme tvattcljil- 
léndh [Gm. xli, 5/i) et le nifnl tismhiàh (Il Bois, xxi, 19) comme 
iimmahmh [Zach. xiv, 1 9). De là le mot selîl [Juges, vu, 1 3), qui, 
conmie l'arabe mlHoun, signifie bourdonnement. On a produit 
bien des absurdités pour expliquer re mot, mais le passage de 



212 UPaSCllLKS D'IBÎV DJANAIl. 

TIDÎT "ib'^ï b'i'p'? a3_j_ï (^jd^ls \.j\ ^^ J<.A.I>>^1\» j-a^LS yb^kiû Si'i^" 

^jLS'Ltf Hjj^ ^jx^ t^ÀJi i*x^ Q-^ j' *^-*^ cj^ c-s:s5o:)t ji5i) ji^ 

I4J Jlxi! ^i ^i *lî^i)\ » J^] s^i ^^ l^i J^jèi i) ^i :«^U-:iii 
^^Ji A_^ <^Iliî ^_^JsJt_5 (j~Wi o_5;-=»" t->LjO jj J^Ji \Js.£i JXo Uiiji 

J>Aij niDI^D iVyj ^fi' jUJi ^_y^ »j^i> ♦>^À* Jiï^ »;j^xi d).ii> 

' Depuis ^oiij manque dans la vers. In'br. Voyez le A(7rt6 al-lastviijci , à 
la fin. 



Habakouk prouve que selH a l)ien ce sens. — Je suis forlement 
élonné qu'Aboû Zakariyà ail laissé de côté ce sens, et d'autres 
sens d'un emploi rré([uenl, et mentionné silelè, en taisant des ef- 
torts pour ciler presque tout ce qu on trouve de ce sens, sans tou- 
tefois en citer aucun verbe; il n'avait pas besoin de citer un nom 
qui n'a pas de verbe, puisqu'il ne promettait, dans l'introduction 
de ce traité, que l'ensemble des verbes géminés. Et cependant, 
non-seulement il ne les cite pas tous, mais, au contraire, il nous 
fournit ce qu'il ne s'était pas proposé en écrivant son ouvrage, à 
savoir, les noms qui n'ont point de verbes; puis, en mentionnant 
ces noms, sans y avoir été obligé, il ne les donne pas en entier 
non plus. Il a agi de même dans son Traité des lettres douces. Je 
présume qu'Aboû Zakariyà était préoccupé par la nouveauté de 
son entreprise et par l'importance de son œuvre, et qu'il peut y 
trouver son excuse. — Dans le second sens, Aboû Zakariyà ajoute : 



KIIAIi AL-MOUSTAIJIIK. !213 

^Uiwi M\ J.:^^^»! bi_j y'_j_^ Jl* □^uTi'' ''".vc ^hh'i "!wN: xà^ ^5 

a^D -ny J^UJI_5 cn^ ^tj ^'2 _^^_j l->J'o U_ji J-iii^ nrri' m'?:'^ 
an-ixt:'! □"'i'psDi Ti-nvj -nii* J^ ^^J<i\ t*Ktf> i^ 2-ip: 

ylj,^^ Jb pp <^i ^;~:i-l J-^U '''7 "ijSpl Lvi_j CJ'UJÎ i J>.iî> j, Jli ■ ÎZp 

^ji (j\-jçjîj^î Silfi j^^j m ::p 2C ^U-*iiJL xxX*» J^^ *Xr»-!_^! 

' D. 119,31; N. 1 15, 18. — - D. 1G9, ai ; N. 1 13, ai. — ^ D. 170, 
1-2 ; N. 1 15, 27. 

ff Quelques-uns placent ici le sâlelou de Néh. xiii, 19." Marwàii 
dit : Je préférerais lui attribuer le sens de silelé et expliquer ainsi : 
Lorsque les portes jetèrent de l'ombre, c'est-à-dire le soir, quand 
le soleil baissa et que les portes lurent dans l'ombre, j'ordonnai 
de les fermer. 

Siirar. Aboù Zakariyà donne deux sens, celui de Nomb. xxv, 1 7, 
et celui de Lév. xviii, 18. Il en a néglijjé un troisième, sàrar 
{Prov. XXX, U); participe sàrcr [Job, xwi , 8); participe passif 
serourâh (I Sam. xw, 29), serourùt [Ex. xu, Six); nom serôr [Hag. 
1,6); enfin, la forme lourde oiimesàrârîm [Jos. ix, /i). 

kàbab. Aboù Zakariyà dit : rMais wehobnà [\omb. xxm, i3) a 
une autre racine, savoir làban.r, .Marwàn dit : Quant à moi, je 
ne le détache pas de kàbab et voici comment je l'explique. A l'im- 
pératif singulier des verbes géminés, on retranche une des deux 
lettres semblables, et, avant d'y ajouter un sulhxe. on dit • sùb. 



214 OPUSCULES D'I15N DJANAH. 

S-ji-^ Vi":! v^r^ '-P *-;s-^ cj^*^' J_j^^ cK>-» <M* -^^^jJî o^ "''^ 
L^_i — pn -iDD h'j'i J>-i-^ pTùv isp ji -ji": "'n c""C-iy *,!:: mbc 

*La_J! 5»X_^ x_^ -o-ô-a-Lc Aj (^io-À-il Jjij »*x5iyi 0_^Àii l_j.).iwiî 

i^ pî:"!p"' pNi3"> psrù'"' ^ ■» -[i i ij^^-'^-?. •^•5 u^>> J^ -^^ ^l-^^ 



/to7>», (/o/«; puis, cesl une habitude chez les Hébreux de placer 
souvcut, à la lin des verbes, des infinitifs et des qualificatils, un 
noini explétif. En ajoutant au mot kàb un tel noun, et ensuite le suf- 
fixe de la troisième personne, on a wekobnà; sans le 7iotin, on au- 
rait eu kàbbô avec grand Ldmés, connue sàUoiihâ [Jér. l, 2G), 
gchzî (^ibid. vn, 29)^ ou koiibbo avec schourék, comme hoiiklàh (/s. 
x\x, 8). Mais, avec le noun explétif, la prononciation du dâgèsch 
dans le bèt devenant diflicile, on a allégé le mot, et c'est comme si 
le noun compensait ce (higcsch. Voici des exemples du noun explétif: 
au parfait 2/«rfe'oî<;i [Deut. viii, lO), yisserannî [Ps. cxvni, 18), 011 
le dûgêsch dans le noun vient d'un noun explétif qui y a été inséré; 
dànannt {Gen. xxx, 6), qui est dans le même cas; tamnou pour 
lantmou [Lam. m, 22), oii le noun a été ajouté après que le mém 
eut été privé du dùgèsch qu'il devait avoir. Au futur, ce noun est 
si répandu et si connu qu'il n'a pas besoin d'être démontré; ainsi, 
au pluriel, ijeschouboun , yebô'oun, yekoumoun; au singulier, yekab- 

' Nous suivons lorijoiirs la prononciation de noire anleur. 



KlïAi; AI.-MOUSTAIJIIK. 215 

"^nDUwV A-j) <^ "iPk^JN -J^Hs-i -««-r-^-îi ijpnN DVD ''2 t^i^j •'::-32'' 

iniTi^ ^-Aia-t?î^ 1^7'"^^* Î^Uj xV_AJi_A_**_li JljtiNi Je L-^iLj 

^■i^'? ri2U?'? ioj ^^ n:n'? y^iî «il»j Jsaï ^ -j^^?-^^^ d^i'^nh p^x 
Du' îPrV î_^JLii_i p^n JoiaJ! /jvt j^ ^î *-LJî c^-js*' ^^ JJî "rjcii 

' Lisez ? r>->ij. Voy. ce passa^je cilé d'après noire vers, liébr. , Ma'àsè Ej'àd, p. 5o. 



diinetiî {Ps. L, 93), tebdrakannî [Gen. xxvii, 19) qui, comme le 
premier exemple, devrait être tebùràkânenî , si le noun explétif 
n'avait pas été inséré par un dngèsch dans l'autre noun; éUekénekù 
[Jér. xxn, 9Ù) pour éntchckà , type éschmcréJcâ de la racine nâtak. 
Juges, XX, 3i ; le premier radical noun a été inséré, comme d'ha- 
bitude, dans le second radical Uhv, et un noun ajouté comme c'est 
permis au futur; puis yisscrénehou [Dent, xxxii, 10). A Tinlinitif : 
be'àhdan {^Est. vin, G), we'abdàn [ib. ix, 5). Le noun explétif dan^ 
l'infinitif se trouve aussi dans letiuèn (I Rois, vi, 1 q); sans ce noun, 
ce serait làlénél = làschébél, làrédét, et, avec la voyelle changée, 
làta^at, lùkahat; a\cc noun, la prononciation étant devenue dilli- 
cile, le làniéd prend scheba, le noun troisième radical est inséré 
dans le second lùw, c'est-à-dire le tàw ajouté pour l'infinitif, et 
le tàw second radical chan'je son ségôl en hirék, ce qui (h)nne 



216 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

j^ ii<x_*ii— « l-Aiî^i 0_^^j_j J^xiîi ^i) ^rrib d ^j^àJ! ^j_5.5o (ji LajijI 

□bnJi îy»Xj5j yyJî l^jily lîTi" ^f^i, ««^^î i:d:; 13-"' d'ù'i '!:xi'D"' 
tS<^-s^r t^-î^ "îj2p" ^■^' woiJ! (j l^'iuj ^j^ /v*M.j».j^x*«*j 5Aj (j_%ÀJ) 



letittin. H est vrai qu'on n'emploie pas /«tewei, mais Wfc't; mais ce 
dernier est sans contredit abrégé de Mténét, à cause de l'usage 
fréquent de ce mot, ce qui est attesté par le Mgèsch place dans le 
second itm à cause de l'insertion du noun dès qu'on ajoute un 
suffixe, II Sam. iv, 10; Deul. xxvi, 19; Jér. x, i3. Pourtant le 
noun de letiuèn pourrait être le troisième radical, le premier iâw 
serait alors explétif pour l'infinitif, comme dans taschbès [Ex. 
XXVIII, 4), le second tà^v serait deuxième radical et aurait dngèsch, 
parce que le premier radical y serait inséré. Le }wun est explétif 
dans les qualificatifs comme rahàmânlyyot [Lam. iv, 10), et même 
dans les particules, Osée, xii, 5, où'immânou est pour *^mwMO, car le 
noun a été ajouté et le hàlém changé en schourck pour que le mot 
ait une forme Iiabilueîle. Je n'ai pas cité tous ces 7ioun explétifs 
parce que j'y étais obligé, mais pour les faire connaître à fond et 
aussi pour en montrer Temploi étendu, afin qu'on ne trouve pas 
étrange l'addilion du noun à l'impératif ivehohnô: Ce mot admet 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 217 

Jyxx[,\ j.A^As \AS ^\^\^ Ut^' u' 4>^^ U^ J.Ji^ j.iwi \ii=r^ 'l'jZp' 

cLil ca-À-SIa-!^ (.5v-j^ -U-« c^^l;^ U^^^' i->jiÀi£- *lii riV::?2p_5 
^jvowO j^ Aj*>>i^_jj JljiÀji)! ^i- AÀ^ UjL» ^_5 5^5 «Xj ^ irî2p 

^c?DJ r\'^['j j^i^i^ D"'D*jn ")DDD i'?^:! ^j ^^ nn^iD^ Virp:-; l4<>.*-S 
□ni'D nn np2:i dc? n'?^:'. nb'JW n:D:"i i^jj ^^ 



encore une autre analyse : le noun et le iviiw peuvent être le suf- 
fixe du ré[jime, et la l'orme primitive de ivehohnà serait ivckabhènnou , 
avec diigèscli et sèré pour le bét, et avec Mgèsch et schouréh pour le 
îiOM», comme yesoubbcnnou [Jér. m, 21), ^jedoulkènnoa [Is. xxviu, 
28)^; le /(('i ayant été privé de son diîgésch et de sa voyelle, il 
lallait alléger aussi le noun, puisque, autrement, il n'aurait pas 
pu être prononcé après le bèt sans voyelle; ensuite, on a changé 
le schouréh en holém. Ou a suivi presque le même pi'océdé à l'égard 
de yàhnekà (^Gen. xliii, 29), car, d'après Aboû Zakariyà, le noun 
de ce mot devrait avoir ilàgrsck et le hèt kàmés yelumnekâ; mais le 
noun a été allégé et remplace les deux noun (de hânan), le hèl a 
perdu sa voyelle, et cette voyelle s'est portée sur le yod. 

Kiitat. Manque. Nous n en trouvons que le nifal sous deux 
formes : l'une, Ez. vi, 9, ivcnAkoUou, d'après nàgôllou [Is. xxxiv, 
h), et l'autre, nàhelàk (^Job, x, 1), sur la forme àe wenàsebàh [Ez. 
XLi, -j), xvcmibclùk [Gen. xi, -y), xvenâbehàh [Is. xix, o)-. 

' Ces deux mois ont srfiôl diiiis nos oïlilions. — - Voy. ci-dossus, |). i()(>. 



218 OPUSCULES DICN ÛJ LXAII. 

J^aJLaJî JoUJi j<wjj -^ribp jn yû_j ajl^ J^iii ^yJ! ,j^ Jâi-i ' VVr' 

Jbejcj^iîj z:"':»--^ bpbp yî>j U^lô-o Uu^ 'rn c^'^p ^sSi^ xL* jUJi 

^ i>>vj».îj U^-^ nbVpm nzirn _j^_5 aàx eJViJi ç._jjJi ^^ Jjiiij 

w^"*"! ÛCip"* S^Js» ^ uCp 

»x_i j! cxji_;_j n^'^ -«u-d: l'pn p ^->*x=-j ^ j'^ s^'S'jvj ^ ri'p 

' D. 1 70 , 1 5 ; \. 1 1 (i , 1 8. — - N. 1 1 () , t! 1 ; D. donne comme exempk ioh, 
Nxiv, 18, qu'lbn Djanàli lui-même parait avoir eu sous les yeux, Kxlcih al-ousoul, 
col. (;35, 1. 2.-3 D. 171, 5; N. 116, 22. — » D. 171, 7; N. ii6, 2a.— 
' D. 02 , 3; .\. 21), 20. 



Kîihû. Au premier sens, représenté par Joh, xl, i, manque 
une forme iourde, hèkal i^Is. vni, 28), infinitil' /t7w(7.c7 (/Y'/V/. wiii, 
9). Au second sens, celui de Lam. iv, 19,8 été oubliée la forme 
redoublée /.///,«/ [Ez. xxi, 26), liitpaël liitkalkiUou [Jér. iv, 2^), 
forme qu'on peut exj)liquer comme hilgalgàlou (voyez p. 180). 
Au troisième sous, pour lequel il cite Deut. xxx, 1, Aboû Zaka- 
riyà a négligé le \tass'ii yeloullâl (^Is. lxv, 20) et tekoullal (Job, xxiv, 
18). Enfin, dans le quatrième sens, pour lequel on donne Ez. i, 
7, il existe une forme redoublée Mlhal [Eccl. x, 10), (ju'on j)eut 
aussi analyser comme hilgaJgàJou. 

Kùsas. Manque. 11 se trouve cependant Ez. xvii, 9. 

Rd'^a^. Passé. Lorsque j'ai trouvé téka^ (Jér. vi, 8), et vu qu'Aboû 
Zakariyà, dans le premier livre de son Traité des lettres douces. 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 'J19 

iL-À-jkJ i^l^ *LiJi <JU> w^Aiuj (^<x)t J^AJOui J<xx}\ i)l J^-ki^iJl l-Xiû 

••dd: i'pn |D tj_^X-) ^1 (^\v^-c o«ii v^'rj ni-'p: -iu-'n: n''^:*D ^-j-:: 
Jlxiit *ji Spm i Jls ,^r« .^^Xwo ^^ nm23 '^pn Jsi^ ■'C*-:: i*ppi 

tj^ IgJÎ J.>Jj U^,_5 o^-:»-i)i « Js^ 3> *XJUXr> U Jjl ÎJs^ n2C:i Cw' 

«^î^ji (j-«' ^î1?2j i.*pm (j_^— X-j yi vii— îi_5 yvJ.,oi !5L*.=» l-f)_j n'^j 

' La vers. hébr. porto plus coiiij)lélement : bj^bn j'pni) jnto bpron 'D bj'' 'jf'). 
Nous avons partout ajouté le ivdtv qui manquait dans Tarabe et dans la version. 
— - D. ia5, .'i; N. 88, !i. 



article y«AaS s'exprime ainsi : crNous n'avons rencontré de cette 
racine que la l'orme lourde, où le tjôd est changé en wàw quies- 
cent, II Sam. x\i, 6; ib. x\i, 9, et Nomb. .\xv, /i,^ sans mentionner 
téka^, j'ai reconnu avec certitude que, d'après notre auteur, ce 
dernier mot ne dérive pas de yùka'^. En lisant ensuite Ez. xxiii, 
18, wflWeA-a\ et un peu plus loin naÂe^/Vt, je me suis dit : Peut-être 
tèka'^ et watléka", bien que ce dernier ait l'accent à la pénullième, 
ont-ils pour type ivallêlal (^Gen. xvi, 6), selon l'opinion qui fait de 
ivallékal un 7iifal, et nùMàh a-t-il la forme de (l'espèce du nij'al, 
représentée par) h. xix, 3, Gcn. xi, 7, et Ez. xli, 7. Et je pense 
que c'est là ce qui convient le mieux pour ces mots. On a dit 
que nàke^ih provient de nàka^ avec premier radical noitn, et 
que, dans ivallèha'', cette lettre est tombée sans être insérée, par 
suite d'un allégement, conune Aboû Zakariyà l'admet pour ihcln 
[Deut. xxxii, 18), qu'il dérive de nàschàh. On en a aussi voulu 
faire deux racines, de façon à ce que iraltêka'^ lut de »/«/.«% lype 



-220 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

Ljtwo !5\-Ai_5 ij^^^^ «^Iji (j^ ili'pj y_^^^ n"D" ''j"'i' "^m J>-»^ U'5 

IgyLàÀi S^^^J lièUîC* (jUj!!) 

^-jj ^^ "i~)~ ^^-A-Xs (j*,UjiJi^ J^ajiaJ! JsrâJî jCwj aà»<( Joli! "lin 
b'Ji tZ2^2r:n Vr ti"'1 "i"' J.-A-*-^*-Jii_5 bpn i^) ^^ "nn ji zen 
^ c*— iû^k-iî ia-^M— j *-3Î -\.A-» ^^»-*i^ i^i*>»-?j "'"'''1 j-^-«*^^^ micrn 
iv,_Js_i!_j.wo ii_x_A5i «♦xji>_j npnDn ^i? i^'^lD sni ncï' J^ t* ,ji;_jJuJt 
Jl? Â_i><j pc'l3 pT'-T D^ns "'i'ipn ni-ni "lyp'T'i c•;:^^l ^^l^ jl»;-»»*^ 

^^:!:^ ^-j) ^K? •"'^'•^ '^^* i'^^»"' cj-« ^ c^-^-î' d^d ^j) t^ "^"it: y^ 

' D. 17-j, 7; N. 117, 3. — => D. 17-2, i'i;.\. 117, 9. 



ivattèrad {Jér. xiii, l'j), cl nâWâh de ««Ârt%- ou les aurait em- 
ployées à la lois (clans le même verset, Ez. xxiii, 18), parce que 
les sens s'accordent et que la prououciation des deux mots est 
presque la même. 

Itàdad. Aboù Zakariyà a laissé de coté une ])artie de la forme 
lourde hèrèd, type hèsèb ou hèrad, type hékal, dont le futur est 
ivayijâréd (I Rois, vi, 82), qui signilie : Il étendit. Le sens du ver- 
set est: Il étendit l'or sur les sculptures, comme il est dit ver- 
set 35, oiî Ton emploie tvesippàh. Cette racine s'accorde avec le 
syriaque, puisque irayijerahke'ou [Ex. xxxix, 3) est rendu dans 
le Targoum par iveradîdou, etrikkou'^è [Nomb. xvii, 3) \ydvredldîn; 
rvayijàréd est donc dans le sens de wayycrakha'. 

Ràkak. Aboù Zakariyà dit : tf Je ne pense pas que màrék [Lév. 
XXVI, 36) soit de cette racine. i^ Il en est assurément, selon moi. 
Ce mot peut être pour /»eVe/;*, type mékés [Nomb. xxxi, 28), de lâ- 
kossou [Ex. XII, U), et méinér [Prov. xvii, 25), de merorôt [Job, xiii, 

' Vov. Rilpiiàli , 3f), 07. 



KITAU \L-MOUSTALIIIK. 221 

TIC i J— «i)l ^\ iil prit: "i^v snrn ^: vj^j—'^ «^^^^^ imVr'? 

L»s3-i; ij^ ^i ^^JXx 1";!: i '=i^^Ji_J ^^ii c^jvj c5^I (^jvAîî ^Sl^Jt 

i^ ^:rù*'7 nnn ncm J_x-*-i*-îî^ 'cn -"^ cs^Ij tiwn nx-n y^^ j.i-î 
«.>~-»«^^ Dî:"i"!n N'b p '?:.• □en*' n^ ~rp JwoiJc*m_5 "''7 '7'?iy ic'n aj) 

-JoifiUa^ C:J>*J' *.XiJt* CCnn CCI"!"' CCm 4^i 0).i>-l io^iJi »*Xjû 
' I). lOi, .'); N. 111,;».. — - D. l()'i, 7; N. 112, 21. — ^ D. 173, l5; 

N. 117, -ih. 

26); seulement, mhët est primitivement niirkak, comme Aboû 
Zakariyà dit de mékés que la forme primitive en est miksos, el de 
mémér qu il est pour mimrar. On sait que, pour l'abréger, on com- 
pense souvent un mot tout aussi bien par des quiescentes douces 
que par des dàgt'sch, connue Abou Zakariyà l'expose dans ses deux 
traite's. Donc la quiescente douce qui se trouve entre le mèin et 
le rèsch de màrék peut y être en compensation du kaf tombé, 
puisque, d'après ce que nous venons de dire, 7n6rék serait pour 
mirkak. Mais cette compensation de ce qui a été retranché n'est 
pas une condition obligatoire pour chaque mot qu'on a abrégé, 
et bien souvent on s'abstient de compenser. Sache-le. 

liàmam. Aboù Zakariyà cite bien un sens, celui de Joh, xxr, 96, 
mais il en passe un autre, celui de l'ûmmou {Job, xxii, 19); à la 
forme louide, l'ôinam [Ps. lxvi, 17), type 'àlal [Lameiil. i. 12), 
au futui', ijerihm'm [Os. xi, 7), Icvôiiicn) (Joh. xvif, /i). Ces trois 



222 OPUSCULES D'IBN DJANAIÎ. 

î <X££i iLk^si tXÀX /e-g.i^ ^j' i^h> ^^ J«^J l^j <\jt>sjCO» %jsi liiXjj 
in")~C""T ii— ij i^ ,:>^-Xiw« ^Jç\^ Jocj î2i'D "DT j:;^i^,.>-«ai2o J<xx}\ 
ioJ^x-A-o js^ff L^l ^o-aJ liUJ^j SJsJÛ kiij j.^w*il ^ji jo^ »^_5 *3"n 
jL*J J, tK>_5 /eJà«* ■'^Vù''? nnD C?2"i"!" j-a->*»Âj ^1 J^ili c^a-Xj U ^^ 

^^Ljo y.jtJ! (jl ^\juù^\ S>^^9 ^^Olîl^j <:5^>^^, y^^À^ t^^i 



derniers mois ne dérivent pas de roitm avec le Iroisièmo radical 
redoublé, comme ârominthà [Ps. xxx, 2), wîrômcmouhou (^ihid. cvii, 
Sa); car ces deux mots sont transitifs, tandis que les trois précé- 
dents ne le sont pas. Une autre preuve, c'est l'existence du parfait 
rômmou {Job, xxiv, 2^1), type ivàràbbou (Gen. xlix, 28), où, par 
suite de l'addition du suffixe pluriel, on a mis un dàgésch dans 
le mêm. Je vais donner l'explication des trois versets oij ces mois 
se trouvent, pour qu'on voie que, comme je l'ai dit, le verbe y est 
intransilif. Ainsi Ps. lxvi, 17, veut dire : Il est exalté et jriorifié 
sous ma langue, c'est-à-dire je l'exalte avec ma langue. Le pas- 
sage (ïOs. XI, 7, signifie : Tous ensemble ils ne montent ni ne 
s'élèvent, et le verset tout entier doit être traduit : Mon peupbî 
s'opiniàlre à lutler contre moi, à me contrarier; les prophètes 
rappellent vers la hauteur, c'est-à-dire vers l'obéissance de Dieu, 
qui est le degré le plus élevé, mais tous ensemble ils ne mon- 
tent ni ne s'élèvent. Nous avons rendu "^nl |)ar hauleur, comme 
mè^ol [Ps. L. 6), d'après Tusago fri'quenl que font les Hébreux des 



KITAP, AL-MOUSTALIIIk. 223 

Hjm -i^yi pin rPïND mvnD') y'^i'* ^''î^''^ ti'N") (^*i i>»'>^ <:^-*^' 

□"•3^:1-1 iDnn □niN* "îDn^ niT» en: ^^r-Li-lî i^\j^ i j\ »^b-^ 
liLiJi)! » jsjû i ^:>lJU£i I Js_£û rNîD n-i'jn -jinD iDTn n-în ^^i^ 

a:>*x-iw« ibîj □"'TH cCu'n idd^ "ib::! ^3^1 'vù: pi cj*Xj=-^ li -susJ 

*l9 j>._>o^-i.-jL-. bv h:' îP J>.ajLc.^!^ "^î: Vj: tj: ^-^^^ u^^^i 

' D. i/i8, îîG et suiv. ; iN. lo-j, 32 et suiv. 



noms abrégés de racines nu troisième radical faible, connne uhv 
[Ez. IX, /i), .smr [fs. wviii, lo), kaw [ibùL). Le vers(!t de Joh, 
XXIV, 9/1, doit être traduit : Ils s'e'lèvcnt un peu, puis ils dispa- 
raissent et périssent, et ou ne les trouve plus. La même pensée 
est exprimée Ps. xxxvii, 35 et 30. — L(! iii/al de ce sens, d'après 
la règle établie par jVboù Zakariyâ pour les racines géminées, est 
nârôm, yèrom; ainsi yèrommou [Ez. x, 17), wayyèrommou [ibid. 1 5), 
impératif /jcVo»i»?o!< (AV)m/>. xvii, 10). Mon opinion au sujet de ces 
mots se fonde sur l'avis d'^Vboû Zakariyâ, dans le cliapitre du nifal 
des verbes géminés; il s'y exprime ainsi : « Ayant trouvé nâgozzou 
[Nah. I, 12), wenâgôllou [Is. xxxiv, h), nâzâllou {ihid. lxiv, 9) avec 
dâgésch, j'ai su que ces mots étaient des nifal des verbes géminés, 
et que le singulier sans suflixe devait en être régulièrement nàgôz, 
nâffol, unzôl. Le futur est yiggàz, yiggôl, yizzôl avec dàgêsch dans 
le [)remier radical, à cause de l'insertion du noun qui marque 
le nifal; avec les siillixcs, la lellrc finale prend aussi di)g('sch. 



224 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

•bîM "i'?;n n:n JvAii:cii_5 b'n '^jH î;n^i)l^ *'?î"' 'ibi"» nP Jyij ^K If 
c:>i.i (j^ i)Lx_À-ji Liû*Xj^' ''7:n ib:"' b:"' i «^S^j *iy> J^jc; "jirD 

i^\ J_^i c:a - ^ - J^ CI")' □") c^—S-S (^Jt!i JoCx^ J^xi ^j^ JlxJCii lg.j! 

t^l-iAxîl AXxxii J'oo^î i iD~n ]D"it: □: jl J^i^^I <xjj^ cj>UxxJ! 

' D. 76, 19 (incorrect); N. 65, a. 



parce que i'addilion du suirixe fait repaïaîlre la lettre sem- 
blable tombée, mais le dàgésch qui suivait les préfixes n'en reste 
pas moins. On dit donc i/igi>()::oa, yiggàllou, yizzàUou. j^'impé- 
ratif est higgo:, ^tigfjàl, hizzàl, au pluriel hlggôzzou, ItiggôUou, liiz- 
zôUou.v \oilà texluellement les paroles d'Aboù Zakariyà. En ap- 
pliquant, que Dieu te guide, à waijijîrommou, yérommou, hèrômmou, 
le jugement qu'il porte sur les formes dérivées de giilaL lu vois 
que ce sont dos nifal de ràmam. Cependant Aboû Zakariyà, dans 
le second clia[)ilre de son Traité des lettres douces, les prend pour 
des hiipaël de roum. Je ne veux pas soutenir que cela soit impos- 
sible, mais puisque la racine rûmam se rencontre avec le sens de 
roum, nous avons cru devoir y ranger ces mots, d'abord parce que 
lanalogie ne le défend pas, ensuite parce ([u'on nemploie pas 
l'insertion par dâgcsch du troisième radical redoublé dans les 
verbes au second radical faible. Cependant, on pourrait nous op- 
poser le mot luhlômmt {.1er. xlvhi, 2), qu'Abnû Zakarivà ]>lace 



KITAB AL-MOUSTALHIK. 2i>5 

jJoJLÎI (^ ii y\<_*^i ^AA^ j^ *]l5 Jo Aa* <_>,-iyi l»K^ J^^r? ^ 

^jîj »*K_jL_C <x_A_i t^i^Jl 1 J^^ oijtAà (^ J^Xj l^_5 iJiÀASI aJs^J 
IDDD l"?;:! fjj^ ^ t5^^' JLnJUiil (j^^ «_v^AàW sySi Js.;Ls c^XxLî 

aX_)1_>Î il| A-a_jÎ JU AÀliî U_5 5^«vi ^ji AAÀ t^ij-Jl IvX^^ SiUjCi! 
' D. i/uj, i3; N. io3, i6. 



dans la racine f/oj</H à côté do kedoummûh {^Ez. xxvii, Sa), on ajou- 
tant que la lonnc priniilive serait titdoinemî , type IdpàUcli. Nous 
répondons qu'Aboû Zakariyà n'a pas donné celte opinion comme 
décisive, mais seulement comme possible, ainsi qu'il est écrit 
dans le second chapitre du Traité des lettres douces, à l'endroit 
où il mentionne ce mot. Mais ce qui prouve encore davantage que 
lui-même considérait cette opinion comme faible, et qu'il pensait 
à cet égard autrement, ce sont ses paroles dans le chapitre du 
iiifal du Traité des verbes géminés; car, en donnant l'espèce du 
nifal qui a nâgôllou pour type, Aboû Zakariyà ajoute : tf Je pense 
que tUldommî est de cette espèce, car c'est la vraie explication et 
la règle.'' Ces derniers mots, tr c'est la vraie explication et la 
règle, fl montrent bien que c'est l'avis auquel il s'est arrêté, à 
l'exclusion de l'autre, et je pense que la raison de'terminante 
pour lui a été celle que j'ai mentionnée, à savoir que les lettres 
ainsi redoublées ne s'insèrent pas. Si l'on revenait encore à la 




OPUSCULES D'IBN-DJANAIl. 

(^ c^' UJ-^' '^ ioUUîil (jyJi !^ilî (jL-Jîi (^ U^lftlil JoiS- 
":'!■:;'? rnn cDm (j^ ^L*:cii m^'n -inî: "iCin c^rzn *di^") cnN 

!t *iyi i J^iJi ^j^j^ J^iJI ijsji. ^ ^iUJLil 



chargée pour nous citer tekôiièimùh [Ez. xxxii, 16) comme exemple 
d'une insertion dans un verbe au deuxième radical faible et au 
troisième radical redouble', nous répliquerions : dans ce dernier 
mot, il se trouvait trois noun re'unis, le tioun troisième radical, le 
noun du redoublement et un 7wun qui marque le féminin; il était 
donc difficile de les prononcer sans insérer le iioim du redouble- 
ment dans celui qui désigne le féminin; il n'en est pas de même 
pour hêrSmmou et tiddommî, où Y une des deux lettres géminées est 
insérée dans Tautre. Notez que yérommou, ivmjyêrommou et hê- 
rômmou ne peuvent pas être non plus des hitpaël de râmam, car 
le hitpaël des racines géminées, n importe à laquelle des deux 
espèces elles appartiennent, doit absolument montrer les deux 
radicaux semblables sans insertion. Voyez ci-dessus, à la racine 
zâkâh (p. 129). — A mon avis, êrômâm [Is. xxxin, 10) est un 
nifal de cette racine, où le rèsch devrait avoir un dàffèsch, et où 
la racine restée complète présente les deux radicaux semblables. 



KITAIJ AL-MOUSTALHIK. 227 

3Vi i:îiy c\-i'?N'7 1:"»:-!.-! J^-vi'^i ^^ »-l=- Jvv^aJI^ JIï A:i- nn*- p2 c'tn 
A-jl y_5 ]"'"'D îj"nnD pnnn xi^ Jl)cciiit_5 pn*' pn «xaX^ (j*,UJiJî_5 

Jji □'jN ]rù'h pPi (s-jt^j-^-^ iJ T''^ î:"i"!nD 
p~) *2un n:'? 3în pT» ■•:'; j-iû_j |.x._»-i^ Lff^_i a_à^ jjiil ppi 

' L). 17:'., 17; N. 117, 27. — - D. 171! , 21 ; N. 117, 99. — ^ D. 173, 
i ; N. 1 18, I . — ' D. ô'i , 10-1 1 ; N. 3o, 32-36. Voy. ci-dessus, p. 53, note 1. 



Rchimi. Il manque le passif yerounnân (/s. xvi , 1 o) , et , d'un autre 
coté, mitrônèn [Ps. Lxwni, 65) est placé avec la forme légère ive- 
larôn (/s, xxxv, 6), héron {Job, xxxvni, 7). Aboû Zakariyà ajoute : 
ffLa forme lourde (du hijil) régulière se trouve Ps. lxxxi, 2; Job, 
XXIX, i3, et fautre (du piël) Jér. xxxi, 12.75 Je pense fjue mitrô- 
nèn est une troisième espèce de la forme lourde et présente le 
hitpaël de rônèn; car, de werinnenou (/i/V/.), on dirait milrannèn, 
type miihallcl [Prov. xxv, lû). Je crois aussi qu'il est préférable 
de donner à mitrônèn un autre sens qu'à ivetàrôn K 

Ràkak. Aboû Zakariyà a passé un sens qui se trouve Lcv. xv. 
8; Job, XXX, 10, et VII, 19. Il a bien remarqué ces mots dans 
son Traité des lettres douces, mais il ne leur attribue pas de ra- 
cine. Cependant, le dâgèsch dans le A-^de roukkî prouve la racine 
r(tkal\ 

' Mitrônèn nVsl pas citi' clans lo Kitûb al-ousoul ; mais on peut voir Kamiiî, 
Lexique, s. v. 



228 OPUSCULES D'IBN-DJANAII. 

ii-j) (^ iTjn Î^JliCÎ nxiD -TC (J-* Jjjix**ii ij^jiji y /c-gj^ 2niî: 

^Ljj ^^ ~"iCri ""wH A-A_9 j>_oi)! "lîT'H "wu"! 4^fil -^^^1 ^-^iJ)-^ 

ly'ù' nD"' ^c pDD li' AkA^5 -jbu'n iVù'n 

Js_x_>._5 <îU-« p-lU-*"'"! DU-"' j_jXj (ji (j5lc_5 HDDC' IDX'? CDî^D |r2î 

> D. 173, lo; N. 118, 9. — 2 D. 175,0; N. 118, U2. — ' D. 175, 19 el 
et suiv. ; N. 118, .3o et siiiv. 



Schâdad. Aboû Zakariyà a laissé de côté le \)ass'ii schouddad [Jér. 
XLViii, i5) et touschscliad [Is. xxxiii, 1) pour touschdad, type toii- 
schlak, où le ddgèsch du schîn doit compenser Tune des lettres 
semblables qui est tombée. Bien entendu, touschschad nest pas 
de la même forme que schouddad, car le futur de ce passif serait 
teschouddad, comme sclmjyedouhhar (^Cant. viii, 8), tekouUal {Job, 
XXIV, 18), mais du passif de la forme lourde, avec hè préfixe, 
hoiischschad pour hnnschdad, etc. type, hoiischlak, etc. cojiime yous- 
sab et youkkat. 

Schùhah. H manque une section de la forme lourde, lu'schah 
[Is. XXV, 12), et \e hitpaël (\e la forme lourde du type poV/, lischto- 
hâhî [Ps. XLii, 6). 

Schihnam. Aboû Zakariyà cite de cette racine Job, xvii, 9; Jér. 
11, 1 2 ; Loin, v, 18; El. XXXV, 1 2 : puis il s'exprime ainsi : t ) isch- 



KITAIi \[.-.MOUSTALlIIK. i>2'J 

«_À.-« Uj i'i I^xjû *x^I U_j ^jv^ii ooùii JJJJ^ cDvùTin cdvû'd 
(jvAj (ji aaXs »-a>jJ niûavw'nm Jsiu liLi s^xà* y^^-» ^Xii^ 

' D. ya. 16; N. 35, aS.— ' D. oi , a; N. 28, 32. 



schôm [Jér. xix, 8) peut être de la même racine et le dàgèsch du 
scinn compenser lu lettre qui manque; mais, dans tisclischomàn 
(Eccl. vil, 16), le dàgèsch du schln provient de ce que ce mot est 
pour iitschomèm. -^ Dans le second livre de son Traité des lettres 
douces, article roum, il dit également que tischschâmém est pour 
lUschàmém. Marwàn dit : Cependant, d'après la règle générale- 
ment suivie en hébreu pour les verbes dont le premier radical est 
schtn, le Uhv du hilpaël doit être placé après le schln, à l'excep- 
tion d'un seul mot qui, à cause de sa singularité, est retenu et 
cité, et qu'Aboù Zakariyà lui-même donne comme exception dans 
son Traité des lettres douces, à savoir wehitschôtaUuih; comment 
alors l'auteur a-t-il pu dire que la forme primitive de tischschomèm 
est titschômcm, et attribuer à cette cause le diigêsch du schin? C'est, 
à mon avis, une inadvertance et un oubli de sa part, car, s'il avait 
considéré ce mot comme irrégulier à l'instar de ivehitschotatruih , il 
aurait dû le dire clairement. Mais ce qui prouve qu'il n'y a rien 
d'exact dans ce que préloud Aboii Zakariyà, c'est que nous avons 



230 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

^*x_;>_£ X-ë^-^ c^rrrr y! Jy'ij -Nncn Vr cDircxi -'^'j cDirrù'i 

^^:H-i- myù'n cnr"! i_j spN* nD i^ ]^rrû 'dh rzxi i_5 pTù'^* eu-"' 

s. 

ji Jli Ijfl^ <>LÀ-4 Loj^ a*x^ii s^njû u^-* u^ cj^"*^ (j^*-* "^^^ 

' D. 17G, 1: N. jiS,3o. 



des exemples du hitpaël re'gulier de schàmam, où, d'après ce (jui 
est juste et nécessaire, le schîn pre'cède ie tàw : yisclitôméiu [Ps. 
cxLiii, /i), iva î'sclitômèm [Dan. viii, 2 y). Je pense que tischschàmnn 
peut être explique' régulièrement de deux manières : le dogésçh 
peut être signe de compensation, comme dans Jér. xix, 8; Deut. 
IX, 21; j\oml). xxni, 8; Gen. xlvii, 18; Nah. m, -y ; ou bien le mot, 
comme je l'ai dit pour hizzakkou (art. zâkàh), est pour tischtomèm, 
l'orme régulière du liitpaél, dans laquelle le tàw suit ie premier 
radical parce que c'est un schîn; seulement, après avoir changé le 
tàw en schîn, on a inséré Tun des deux schîn dans l'autre, ce qui 
donne tischschôméni avec clàgcsch dans le schln. On objectera : Com- 
ment peut-on admettre que le dàgèsch de tlschschômêm soit signe 
de compensation, puisqu'il ne manque rien dans ce mot que le 
dàgèsch puisse compenser? Si Aboû Zakarivà a dit du dàgèsch 
de yischschmn qu'il sert à compenser, c'est que le troisième radical 



KITVB AL-MOUSTALHIK. 231 

Dî^n i <->^l^ 45iJI «.x_i»Jl \yjt^\ cDiu-Ti l_j.JUj Cwn 'Jyvs' '^-^^ 
kj»L>^i JJLi! 5jij^ iCftl^:! ^\^ b^Lo^ u AJ ioiLJi JJtil (^ 

' D. i(3i, 17-30 ; N. 111, 1 i-i .'{. 



manque; mais tischschômèm est complet, rien n"y manque, et le 
dûgêsch doit donc y être pour une autre raison. Je réponds : Une fois 
que le dàgèsch est placé dans yischschom et tischschom en compen- 
sation d'une lettre qui manque, on laisse ce signe à sa place après 
avoir complété la forme, connue dans tischschômèm, bien que la 
portion absente ait été restituée. Aboù Zakarivà dit lui-même : 
irDaus youkkat [Is. xxvi, 12) , on a mis dans le knfie dâgésch des- 
tiné à compenser celle des lettres semblables qui manque, dà- 
gèsch qu'on a conservé dans youkkattou (^Mich. 1,7), bien qu'après 
l'addition du ivàiv pour le pluriel on ait restitué la lettre tombée 
en l'inséranJ, comme c'est l'babitude.'^ — f?On a encore fait de 
même pour wayyassèh [Ex. xni, 18) : le dàgèsch doit y compenser 
la lettre absente; puis, après l'addition du wàw pour le pluriel et 
la restitution par l'insertion de l'une des lettres semblables tom- 
bée, on n'en a pas moins conservé le dàgèsch, qui, dans wayyossèh, 
n'était qu'un signe de compensation; et l'on a dit ivayyassèbou (I 



232 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

«i jjl t^l^ î*Kji> "Uij^^ c>-3l^ (^J! »*X*Jî c>.AJij_5 Iso^JLo (jUaJiJi 
i «.X_*i.Ji yl bi Jj.-il JJ^X-Xli l^^A-^i U J^ t5_5 liUJi)! »js_tf> 

aI La-A-ï Ci»,-! TiV c^-i'7^* nci b<x>_j \f^ -yc riD"" b*x>j I^Dw'n 
nv bi_jw>5-j »>Ji-!b »b«xs-j ^xJii J.xÀJb c'jn *X3c' ^ l^'S'tji 

'^k.tJtJiM*^ nCw'n «x^ j U (j^Uxîb D'ôTijl *^^^3 1^ DÎT" en b:»_j^^ 

' L. i65, 29-25; \. ii3, 20-26. 'r est pour ^fnv 'rif?. — - D. 17G, /1-6; 
N. 118, 35 et suiv. 

Sam. V, 8). 17 Un exemple est encore fourni par hoschschanmuih 
{Lév. XXVI, 3/1); f-]e ddgèsch du scAîn compensait, d'après Aboû 
Zakariyà, ce qui était omis dans hoscJischam; puis, après avoir 
ajouté la marque du féminin, on a donné un dàgèsch au mêm 
pour rétablir par l'insertion la lettre qui manquait, mais le dà- 
gèsch de compensation est également resté, w C'est l'avis d'Aboû Za- 
kariyà pour tous ces mots et pour tous ceux qui leur ressemblent. 
Je soutiens de même que le dâgèsch de tischschâmêm , qui devait 
suppléer à la lettre qui manquait dans tischschôm , a été conservé 
tel qu'il était, malgré la restitution de cette lettre. 11 est vrai que 
nous ne rencontrons pas le mot tischschôm, comme on trouve 
youkkat et ivayynssêh; mais s'il ne se ])résente pas en fait, il 
n'existe pas moins en puissance, par yischschôm et éschsch'om (/s. 
XLH, i/i), surtout que le raisonnement nécessite une forme tisch- 
chom et nous la fait découvrir dans tischschàmém , comme Aboû Za- 
kariyà lui-même a supposé Iwsrhscham. après avoir trouvé Iiosch- 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 233 

p^Vl (joib U'C" ^^i "'Din p-D CJ i_j '?r_5 î:'' i jl Jyu Wy^Vi: 

nb^p^j ^jaib imi:.' V^n ^jl l(j cDrwX i JJ cj^ l^5^l<'cDiun_j 

lui:! iojj t^ v";Nn '?: ncu.*: D"':n:n •;!:::•:"! <^l jUJi <_>;-w=2JI Je 
□ce*"' j! eu;"' e).?-^-^ u' 'r-'"^ ^' '*^'* '-^^ Jsoco«*ilî mbu/n mxj 

^_j_^LIÎ J^_*_.iJl (^ Jii -"•'?N* -)2- "':N ")wN ^3 PX LjLii^Xjs-^ y! 



schamnuih. On peut aussi prendre yischschôm et tischschômém pour 
des îii/fl/, en leur appliquant ce qu'Aboù Zakariyà dit de ijiggàz, 
yiggôl et de thidômmî; seulement yischschôm serait le mot abrégé, 
et tischschomcm le mot complet, comme nous l'avons dit pour èrô- 
mèm (p. 226, fin) et connue tiggàl (/s. xlvh, 3), qui est abrégé, 
se trouve ainsi que tiggàléh [Ez. xvi, 36), qui est complet. On 
pourrait nous faire remarquer que le nifal de scJumam ne suit 
pas ce modèle, c'est-à-dire, n'est pas nàschôm, pour que le futur 
en soit yischschôm, tischschômém, mais qu'il suit l'autre modèle we- 
tuischammou [Jér. iv, 9), luischommàh (^ihid. xii, 11), selon la forme 
de wenâdammou [ibid. xxv, 3 7), et le futur devrait donc être yisch- 
scham ou yischschàmèm, comme yiddammou [Jér. l, 3o), tiddammou 
[ibid. Li, 6). Nous répondons que, tout en ne trouvant pas le par- 
fait de cette forme du ni/ai, il ne nous est pas moins démontré 
par le futur; ainsi dôbêr [Ex. vi, 99) suffit pour démontrer l'exis- 
tence du parfait de la forme légère, bien qu'on n'en rencontre 
aucun exemple; puis tiddômmi, qu'Aboû Zakarivà prend pour un 



23i OPUSCULES D'IBM-DJANAH. 

(j^j (ji L$w>c^ cDVù'D nsc'Ni Ticorc; ccv:; x^s^ o-WJ^ij bi'iD 

î»X-J>-Ij L^a-iC ipc" "T'i'D _^^ xLo J^iJI ç^^j-^Ji cj^ Joii! ppC? 

J.ÀiI^ -nnrn C3 u''by "inncn "'^yûj iJ^j»-îj Uy ajs*^;^ " i"!'^ 
niE/'cn i »o^_uiJ! -iVvi'Cn b-jn"- dn n-!3î22 -îC'^t _^-d>j j-i-t l*y 

' D. 176, 31 ; N. 1 19, l/|. — - D. 177, 3; N. 119, 19. 



fiilur du ni/ai, exigerait aussi la supposition duue lornie niddôm 
pour le parfait, bien que nous ne la rencontrions pas, car tiddômmî 
ne pourrait pas être le futur de wenàdammou [Jér. xxv, 87), mais 
bien le futur de nodàm. — Aboû Zakariyà a passe, dans cette ra- 
cine, une forme lourde du typepô'e/ qui, daprès l'analogie, serait 
schômém, schômamtl, mescliômém [Ezra, ix, 3). Peut-être tiscfischô- 
inêni serait-il le Jiifal de cette forme. 

ScJuiliah Aboû Zakarivâ néglige dans le premier sens, repré- 
sente' par yàschàl/Lou [Joël, 11, 9), le hitpaël d'une forme redou- 
blée, yischtalschekoun (Nah. 11, 5), que j'explique comme hitgal- 
galou. Une des deux lettres semblables de yâschôkkou a été changée 
en lettre douce dans schôkàw [Cant. v, i5) et sclwkayim [Prov. 
XXVI, "j). Aboû Zakariyà ne mentionne pas ces exemples. 

Sàrav. Aboû Zakariyà cite un sens, celui de yiomh. xvi, i3, et 
en passe un autre, celui de ivayyàsar (I Chr. xx, 3) et de ham- 
massôr (Is. x, i5); le dernier mol me parait avoir un dàffésch en 



KIT.VB AL-MOUSTALHIK. 235 

biaD t^*^^-^ aK-a-*^ »x_=.-I^ l5è^A^ D"?nj iiu;i:_j pi'cv '?i'?cd (j\^ 

A_i;, (^ V'ibnî: iiîVD itic?t: L^X l^i J^^^i^i^j "iv^'cn i nj^^iiS' 

w (j:.*Ji J^xx^ ^j^ Aji ^^ <\jLo^l tXÀ^^^juijJi (j^ xc\.a:w«I (jvAiiî 
nriN pyc fi^^j^ i ]^v^ j^a5~ i<i\^^\ .y^ks. j.axx1 -j.i aaj ^ 
'jNi >i_jj» i -)V212 y-Js-kJsJ^^ □"'"'n n^D nipD /o-4-U-ï i ^lpD j-wij^j 



compensation de la lettre qui manque, et être pour masror, sur 
la l'orme de masloid [Is. xvxv, 8), qui est le même type, bien que 
celui-ci ait schourék et l'autre holéni. Je range sous cette même 
(orme mabboul [Gen. vi, 17), que je dérive de balloti {Ps. xcii, 11), 
belouUih (Le'y. 11, 5, et vu, i-y), puis wrfos [Is. xxx, 3), que je 
dérive de 'îzzouz [Ps. xxiv, 8) et qui, sans le '^ayin, aurait dùgèsch 
comme hamtnassôr. La forme primitive de tous ces mots est mas- 
ror, ma'zôz, mablouJ , comme inasloul et mokhidlm (^Ez. xxvii, 2/i). 
On reconnaît que «w'oc vient de âzaz , parce qu'il reste immuable 
à l'état d'annexion; car s'il avait pour racine '^otiz, comme on l'a 
prétendu, il changerait tout aussi bien que mà'^ôn, à l'état d'an- 
nexion mé^on [Nali. 11, i'_>); màhôr, qui change en melxôr [Jér. 11, 
i3); iniisàr, qui devient inesàr [Ez. iv, -j). Une preuve plus con- 
cluante encore pour l'origine de ma'zôz, de ^dzaz, est le dàgèsch que 
prend le zmjin, lorsqu'on ajoute des sulllxes, Is. xvii, 9; Jér. xvi, 
19. A mon avis, le Uméd de mabboul prendrait aussi bien dàgèsch 



236 OPUSCULES DIBN-DJ ANAH. 

(j^ w^-v-^j ^_jàj^>*XM ^j.^.*»»iijL> AJCA.*£> J.AJJ ^.«^^ »X.i».i^ ja jj CiOl^ 
ppC; (j^ t5*>^-^ -îsjlj □'^23 puDD (J:^l c:*!_5i j, UijI ^jj^i I JsJÛ 

A;V^i».i! viL.Jjs_5_5 yL^OjijJi ^j^ JJÔ-J^-X-XJÎ ^^ iXÀ-it Xij ««X-ïJî^ 

tjUJi i jsJ^ i *i Ailii-:»! ij ji (jo^ (j5o ^ *j| !_^5j)_j ^_^j *-=-jj 
3iX*Jt jj Jyi-« J_^Ji-î! Î*X^ y! Jy>l; (j^r-^-Ui i^î^ji (j^ A.J^ci)*XÀ* 

' D. 1 7G, 2 1 ; N. 1 19, i/i. 



que le zayin de maot, si Ton y joignait des suffixes pronominaux, 
et l'on suivrait encore ce procédé pour massôr, si le rvsch admettait un 
dûgèsch. Le dùgèsch du hêt dans mabboul et celui du sîn dans massôr, 
qui ont pour but la compensation, subsisteraient, comme youk- 
kattou [Micha, i, 7) et xvayijassêhhou (I .Sam. v, 8) conservent tous 
denx le dàgêsvh qui, avant l'addition du suffixe, compensait la 
lettre absente. De ce type, appartenant aux racines géminées, se 
rapproche kemaschschak (ïs. xxxiii, h), que je dérive de schâ- 
kak. Il devrait v axoir kemischkak , type inikïal [Ps. l, 9), et mahà- 
liUo [Prov. xxvii, 21); seulement, le schhi a un dâgèsch de com- 
pensation pour la lettre qui manque. Aussi Aboû Zakariyâ le 
cite-t-il dans la racine schàkak. Cependant, on a nié cette origine, 
sans nous donner aucune explication plausible : on prétend 
qu'Aboû Zakariyâ ne s'était pas proposé de rattacher maschschak à 
cette racine, et qu'il ne l'avait cité qu'à cause de schàkèk qui le 
suit. Pour celte liaison, je veux expliquer le passage pour bien 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 237 

5j-x-*-wij 12 pp'J D"'33 pC'DD 4,^£ jJfJ^ Jls ^- «j.aS'^^^Lrj t^'^i^Jl 
<>> x ^ .owA^ <>to»wj*XÀ^ aI'ij 8^*»*Xj t>'^5 nppVù* IwDjI A)0iL«_5 JsjiÀÀ^ 

tù'DjI ïTii' n:m ypm >iy» nppvù* j, «jUxli «4X^5 ié^ ^^ Jy.Jj^Jl_5 
^vj^' /» fl y -is-tv.^" i J-^i)t 1 Ja6j ï]^:; -fijU nppVw' cK»=^_j npplD' 



établir que masclischaJf vient de scliûkaL 11 s'agit de Tennemi qui 
a été mentionné auparavant, et auquel se rapporte le premier 
verset; (le prophète) s'adresse à cet ennemi et lui dit : Votre dé- 
pouille sera entassée comme s'entassent les petites sauterelles, 
c'est-à-dire en aussi grande quantité; puis il dit d'eux : Comme 
sont foulées les sauterelles, ils y seront foulés, c'est-à-dire dans 
cet endroit. Nous apprenons, par cette dernière phrase, la fai- 
blesse de l'ennemi, qui n'a pas la force de se défendre. Le mot 
schôlck a bien la forme d'un participe actif, mais il a le sens d'un 
participe passif ou d'un participe d'un tiifal, comme sclwkèkàli (Is. 
XXIX, 8), qui veut dire que son cœur est oppressé, brisé, et là le 
contexte prouve bien la vérité de la signification que nous don- 
nons à ce mot, placé parallèlement à '^(iy(f, qui sert primitive- 
ment à dénommer la terre stérile qu'aucune pluie n'a atteinte. La 
dérivation de maschschak de scluikak, que nous adoptons, doit être 
évidente pour tout homme le moins du monde intelligent. Quant 
au changement (jue fait l'orateur en ])assant de la seconde per- 



238 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

bis xp (Jv-A-i^Lw u (^ c:jv^A.l5 ci>l^i (j^ "ir^'Cn y_p jXjI ^^^jiT 
J>>U .-n3D3 "lu-'i i^ -^rw'cn i SjS^t> t^ Jo JvS U JlXl Jî ^xSlc 
iDN riDN"! d ji J^j-JiJ LT-*^ -^Tiîi'Dn "nc^Dn J, A>_^J! yi Jyi yi 

J^jLx-« b\^ ^ji_j <î^À-« UsjI ni:n nx nî'^T n-'bx nci ^Iàx«\(j -jn'jd 

' I). i6i, i,-?; N. 118,8. 



sonue employée dans la première moitié du verset, à la troisième 
personne employée dans la seconde moitié, c'est une figure de 
rhétorique appelée iltifàt. Je me suis laissé entraîner loin de 
mon attaque obstinée contre ceux qui ont nié que hammassôr 
dérivât de sàrar, comme je le rapporterai encore; je vais donc 
maintenant revenir et compléter ma pensée sur ce mol et sur 
waijyâsar. En disant que hammassôr est pour hatnmasrôr, je suis 
d'accord avec l'opinion qu'exprime Aboû Zakariyà au sujet de 
ivaékkôt {Deut. ix, 21) pour ivaéktàt. On devi'ait prononcer tra?/- 
yâsêr, avec kâmés pour le sîn, type ivayyusèh^\ mais le rèsch est 
un empêchement, comme il l'est pour wayyâsar [Osée, xii, 5), 
puis pour ivoyyâsar [Juges, iv, 18), ivoyyâzar [ihid. vi, 38), ces 
deux derniers des verbes au second radical faible. Telle est ma 
pensée, puisse Dieu t'indiquer le droit chemin, sur hammassôr et 
hammabboul. Un auteur a placé hammassôr à côté de moiisar [Deut. 

' Uni DjanAli oiitend ici le pplit kâinr.^ . on sère. 



KITAB AL-MOUSTALIIIK. 239 

^^jL.-j <_Aj|_j c^Cw "''73:1 (j^ '?i3i:n cK*-^^ 3"in:Dj Ajjyj_5 x>j J<xx'A 

<^i <j! *^t viUi^ J.J; cjUi«.Jl (^fi iLjU.'S' vilJi_5 ^liji □"'Dw "''73:1 

J^ aJI JU (j>Aift«xIt 

A-A-x.^lIûJi inc Vtn'o''? ^s*2i2 DiTiD D'IDES inî^ »>5jsj ^ nnc; 

' D. 17, ()-i 1 ; N. 119, âG-27. 



XI, 9) et l'a expliqué par un fouet ou quelque autre objet qui sert 
à corrigei', en attribuant le dàgèsch du sîn à l'insertion du pre- 
mier radical et en lui donnant ])our type make'ob. Le même a 
dérive' mabhoul de nihlè [Job, xxxvni, 37). Toutefois, le mot massôr 
étant parallèle au mot garzén, il s'agit sans doute d'un instru- 
ment analogue à la hache, et le contexte s'accorde avec cette 
interprétation. Quant à niblè, ce sont des outres, et le mot dé- 
signe, au ligure, les nuages. Adopte celle des deux opinions qui 
se recommande le plus à ton intelligence. 

ScMtat. Manque. Cependant schattou [Ps. lxxiii, 9, et xlix, i5) 
paraît être d'une racine géminée. Peut-être aussi le dùgcsch sert-il 
à l'insertion dans le tàw d'une quiescente douce, qui est second 
radical dans scMlou [Ps. m, 7). 

Tàlal. Après avoir cité tel [Dent, xiii, 17), tillàm [Jos. xi, i3), 
tillàh [.1er. XXX, 18) ot t(U(nd[Ez. xvn, 29), Aboû Zakariyà ajoute : 



2/iO OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

A==-j i^\ (^ to^>i ^ jl ^ij ^ilj bi Ui^ *J^ï jaj l*>»j£> <\>^i)l 

iL-i-o aSJL«j mN'»*n mcb jo*i *W5 c^iji ^^^ a-^a^^ ^aX^Î^^-^^ 
b^L-u, JyL> *>-^ ^^ U^l_5 »;-^*^Àj i .xju^l_5 nc'inD ■i"'DC?3 

m~\>2 A-j) <^ DDnnn a-^ J-o^! ccnr n-iDn idj d:; JLxJcj^I 

' D. 178, 7; ÎV. 1 20, 1 1. 

ffll se pourrait que wetâUUênou [Ps. cxxxvii, 3) fût rattaché d'une 
manière quelconque au sens de ces mots, a Pour moi, je jure par 
Dieu que je ne sais de quelle manière ivetohilênou pourrait avoir 
la signification de tél. Aussi, je ne pense pas du tout qu'il soit de 
cette racine; mais, à juger d'après ce qui est possible et probable, 
je pense qu'il est de la racine et du sens de yUeUtàh [h. xv, 8);. 
le làvo est une lettre accessoire, comme dans le nom tosaol [Ps. 
Lxviii, 91) et l'adjectif iôschâh (Lév. xxv, /lo), qui dérivent tous 
deux de racines au premier radical yâd. Je traduis : Notre gémis- 
sement est une joie pour eux. Le Psalmiste dit : Ils nous deman- 
dent des chants, alors que nos gémissements sont une joie pour 
eux, comme on sait que les malheurs d'une nation font plaisir 
à d'autres, qui sont leurs ennemis. 

Tàmam. Il manque, dans le second sens de ce chapitre, une 
forme, à savoir le Ititpaël tittammùm [Ps. xvin, 96) avec dâgèsch 
dans le second tâw pour thtammûm avec deux u\w consécutifs, 
comme thhalUl [h. xli, lO), tltluuhlar {Prov. xxv, G); seulement, 



KITAT. AL-MOUSTAIJIIK. U\ 

iiUCiai Jl«iil v'«^ 



\o tow du hitpaël a été inséré dans le frtw qui est premier radical; 
de là le dàgcscli. Aboû Zakariyâ ne cite dans ce sens aucun verbe 
et ne réunit que des noms et des qualificatifs, bien qu'il ne se 
soit proposé dans cet ouvrage que de s'occuper des verbes. J'ai 
trouvé une forme lourde qui serait, au parfait, fictrm, type lièsêb 
ou hétani, type hékal, au futur lattém [Job, xxn, 3), avec tUgèsch 
dans le iàw par compensation d'après le modèle de ivaijyassêb 
[Ex. xni, 18). 

DES VERBRS D'UNE ORIGINE OBSCLRE. 

Weli'té'ttlià [Is. XIV, 9 3). Il me paraît le plus probable, sans 
(jue je veuille rien décider, que ce mot est un verbe indépendant. 
Cependant, on fa rapprocbé de tît, ce qui n'est pas impossible 
d'après l'analogie '. 

WekilkaUî (Gen. xlv, 11), oulekalh'l (JRuth, iv, i5). Ils peuvent 
être le redoublement d'une racine au second radical faible, sur 

' Voy. Kildb al-ousoiil, toi. ^70, où Ihn Djanàli prétend avoir dit ici, au 
contraire, ([iie celte dérivation est impossible. 



2^2 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

n'72'72"! i u^-A-i U J^ <î(aj J^ u^ jy^ *^j ^T' ~""'i^ n'?n'7nDD 

î]j:D;:n in^CN a^^nî:-"! □"•Di*Di*cn 
i*'i*>n y^i*' -iDNT Pw"; c^i"? :,'*i^ ^^1 -«^L. «Jlj J.jtj ^^^ ^j^-^ u' 



le type metaltékhi [Is. xxii, 17), ou bien aussi le redoublement 
d'un verbe ge'miné, comme salseléhâ (Prov. iv, 8). Peut-être aussi 
de'rivent-ils dune racine à part. 

Rarkar. Voy. Il Sam. vi, iG. 

Kemitlahlèha [Prov. xxvi, 18). 4 ce mot on peut appliquer tout 
ce que j'ai dit au sujet de wekilkahî. Probablement il est en rap- 
port avec wattèlah {^Gen. xlvii, i3). 

Waijyitmahmah [Gen. xix, 16). Parfait, ibid. xliii, 10; infinitif, 
Ex. XII, 89. 

Wesihsakti [Is. xix, 2), yesaksèk [ibid. ix, 10). 

Hammesafsefhn [Is. viii, 19), iesofsèf [ibid. xxix, k). 

Sa^àsou^îm (II Chr. m, 10). On peut lui appliquer toutes les 
explications de kemitlahlèha. Peut-être aussi ce mot a-t-il yod pour 
premier radical; voyez Est. iv, 3 ; Is. lviii, 5; I Rois, vi, G. comme 
sé'ésà'im [Is. xxii. 2 4), qui, à mon avis, de'rive de y(îs(i\ 



KITAH AI.-MOUSTALIIIK. !2Zi3 

-)p -ip-ipc n'ù' ■'jd Vd "ip")pi 
'jri A-fili ^«w^ ^ U_j ''c-r;: •iyc'i'C"' ""V'ù'iX' "]niin p:v i'Ci'Ci 
Ak^-s^i U J^ J^-^j? ^wiTiu-w "jTipn^ Juoii^ij iyu?i'C?n 0^212 

■•jc^jurn i^o: nvn jî^jc? 
cK-^^i r^y^ia D'^yn^nDi JLxjcj^Îj ynynDD r:''^^ ■'ni'm rnyn 

^^ Ax (^^L« i\,4x=»-i *Xjtj tdJi (j^ j' W^^5 (^j^\ (jJ*^^ U>**^' 
' Le texte est corrompu. Nous proposons et traduisons (j'cVi (J>^l . 



Wekarlar [Nomb. xxiv, 17); mekarkar (/s. xxii, 5). 

Woscluâscha^ [Is. xi, 8). Voy. aussi Ps. cxix, 77, et xciv, 19; on 
trouve le passif, Is. lxvi, 12, el le hUpaël, Ps. cxix, 16. Pour la 
racine, on peut admettre tout ce qui est permis pour kemitlahléha. 

Sigsèg. Voy. Is. XVII, 1 1. 

TiUa^ se trouve Gen. xxvii, 12; hitpaël, II Chr. xxxvi, 16, où le 
utw du hitpaël est inséré dans le premier radical. Pour cette racine 
sont encore admissibles toutes les explications qu'on peut donner 
pour kemitlahléha. 

Marwàn dit : Voici, que Dieu te comble de bonheur et de féli- 
cité, ce que j'ai recueilli et ajouté de ce que j'ai trouvé épars dans 
l'Ecriture, et comment j'ai complété les deux catéfrories de racines 
étudiées par Aboû Zakariyà. xMcs elForts ont été proportionnés à 
mes facultés, à mes ressources, à mon état actuel de préoccupation 
et d'abattement. Je puis, moi aussi, avoir laissé de coté mainte 

iG. 



2/j/i OPUSCULES DllîN-DJANAIl. 

(jAKJ tiiaji (>^ Ià;»ajo «Xi (j^^ ^j'i iS**^^ Ji_j.J»-^l <_»j^^Ai;l_5 JU-ii 
^3ji Js ,^^« kilv] AXiUo_j U ^M jiJ JJ IjLx) iXAOJij ^ AâU^OU-i b:>jî U 

-jj^j ^^ JJi c:.'_jÀj l^U ^/VjJj l^A^ *-J*X>^ U^i» ^v-^"5^5 ^'3 ^'>>-^ 



chose que j'aurais désire ajouter, non pas à dessein de ma pari, 
mais par suite de ce que je t'ai raconté de mes noirs souris, de 
mes soudji-es préoccupations et de mes voyages continuels, pour 
la plu|»art Ibrcés. Cependant, si tu rencontres des sens ou des 
exemples que je n'aie pas ajoutés, cherche-les dans les introduc- 
tions des deux traités d'Aboû Zakariyà. Tu trouveras alors qu'il y 
a touché à la plupart de ces mots, et j'ai cru dès lors superflu de 
les ajouter. Pour les racines, j'espère bien que tu n'en rencon- 
treras pas en dehors de celles que j'ai ajoutées, bien entendu, en 
suivant la condition que j'ai posée dans la préface de cet ouvrage. 
J'ose espérer que, pour les sens aussi, tu n'en découvriras pas 
d'autres que ceux que j'ai cités. Tu pourras bien trouver de rares 
exemples qui, à cause de leur grand nombre et de leur res- 
semblance mutuelle, échappent à celui qui désire les embrasser 
tous. Dieu sait que ni la bonne volonté, ni l'clTort sérieux pour toi 
ne m'ont fait défaut. Pour rassembler ces mots, j'ai relu avec soin 
huit fois l'Ecriture entière; ceci prouve assez de soin et d'ardeur. 



KIT\r. AL-MOUSTALIIIK. i>'jr> 

>J ^j) (:j>>^*-^^ c^ Uu^Xh ^.v>^i I^aJ! ^Ui >(_5 jt U^5j^:: ^ ^Ji 
^^ v.jtx.;L9 JUi^i pl^-^i^ ^^:>lir^(| Ul^ l^y cj^^-*-^ .^^=^* ^ly^l 

^l_X— < ^ S.X^ (Jjw-ii*_A-w Xili tiLiiÛi «î^^ÀJ iX.;^)^ \1Xm*JJ â3\yÂJ 



Aussi mou livre renferme-t-il dans son ensemble cinquante et 
quelques racines qu'Aboû Zakariyà n'a ni mentionne'es ni même 
cdleure'es. Si je m'étais borne à laire entrer ces racines dans mon 
ouvrage, j'aurais déjà l'ait une œuvre très-utile. Mais il y a encore 
environ cinquante sens et plus de cent exemples et sections de 
verbes; puis, une vinjjtaine d'explications admissibles que j'ai ajou- 
tées à celles ([u'Aboù Zakariyà a déclarées possibles ; enfin , une qua- 
rantaine de questions que j'ai soulevées contre lui, sans compter 
d'autres développements utiles qui n'entrent pas dans ce compte. 
Si je n'avais pas désiré t'accorder l'objet de tes vœux, et si je 
n'avais pas eu à cœur de me préoccuper surtout de ce que tu 
aimes, les accidents qui me frappent auraient pu m'enqjèclier de 
terniiner ce travail et me détourner de le rendre aussi com{)let. 
Maintenant, adonne-toi à la lecture de ce livre et applique ton 
esprit à l'étudier, car, grâce à lui, tu t'éb'iveras jusqu'à la solu- 
tion de questions importantes et l'éclaircissement de mystères dé- 
licats, ce qui, de jour en jour, doit augmenter Ion envie de le 



2^6 OPUSCULES D'IB.N-DJANAH. 



connaître et ta joie de le posséder. Je prie Dieu qu il veuille t'aider 
par son assistance et prolonger tes jours par sa toute-puissance. 



lus AL AT AT-TAMJIII. ^H 



JykXf M\ ^jy\ OtJ^^i ^>y^i^ w^ji^i 1^1 liloUj ji^j U Ajl 

^,_««il| ^^j.jwbl ^ J^^.X.£. ajçXc J^Lo Jys:r_5 /o-fJ »L>i J.À-03 

' Peut-être raanque-t-il ici (_^JnaJÎ. 



H. 

RIsAlAT AT-TAISBIH ( TRAITÉ DE L'AVERTlSSEMEi>T ) 

ADRESSÉ PAR ABOÛ \-WALÎD MARWÀ.N BEN DJANAH À UN DE SES AMIS. 

Mon seigneur noble et instruit, puisse Dieu l'accorder toutes 
les joies, te donner tous les bonheurs et te re'vélej' tous les secrets! 
J'ai reçu la lettre dans laquelle tu me demandes de fenvoyer le 
Moustalhik, qui, à ce que tu crois, fa e'te enlevé en route avec 
bien d'autres choses dont tu as e'te' de'pouillé. Tu ajoutes qu'une 
se'rie de socie'te's, nos amis parmi les hommes de lettres, [)uisse 
Dieu les conserver! attendent ce livre, et je ne doute point que 
c'est par suite de l'éloge que tu leur en as lait et du bien que tu 
leur en as dit. J'ai donc immédiatement douné l'ordre de faire 
une copie et de te l'envoyer, enipressé de salisl'aiie à ton désir et 



248 OPUSCULES D IBN-DJANAH. 

ji^i 4.^,-*«JLÎÎ^ i^AaJL^I AJd!_5 AAï^i iOLs^i (j^ Ij^JLaj aXS! »Iv=-! 

Js_'!^l [•'—*—• sLjL_i"l iL^I U-lr>: 0>-''>r'. l-^— ' iJ>J..i^ (j! 

»X-5 -e^-g-xJl (^•)«XJ TiXAi^^s t-JJsiil J-iftil i>L^Air& aMÎ lil'vjbl <\jl^ 

^ J^6-4 ^«s^ ^'-^ ^^P' CiT* 'j^J^ ^^> u-^' CiT* i^^j^ ^J\ 
(3~-*— '5 j— A_& sL»jt_^j (^^-A-w^ j.jLft AlàjiJ LLxj l^jxJî Sjiaj^ ^^y^^ 



d'accomplir ton vœu, plein de zèle pour le contenter et pour exé- 
cuter tes commandements. J'ai eu égard à la sincère amitié, à 
l'affection pure et aux rapports littéraires que Dieu a l'ait naître 
entre nous; ces rapports rapprochent plus les hommes que toute 
autre parenté et les attachent entre eux par les liens les plus so- 
lides. Ainsi dit le poêle : 

Si nous ilifîéroris de race, les lettres nous réunissent et remplacent pour nous 
le père. 

Que Dieu te conserve comme un soutien [)onr les hommes 
instruits et un appui pour la société intelligente. A peine étais-tu 
parti qu'on entendit des murmures et des chuchotements aux- 
quels, présent, tu n'aurais attaché aucune importance. C'est qu'une 
tourhe ignorante et une masse de gens vils, ignares et pleins 
d'envie du rang élevé et de la haute réputation que mon ouvrage 
m'a valus, ont composé un livre dont le style manque de précision 
et dont le fond est sans valeur. Ils ont cherché à ajouter des verbes 
que, d'après leur avis, j'aurais négligés, et que, selon eux, j'aurais 
du ajouter aux verbes donnés dans les deux ouvrages d'Aboii Za- 



HISALAT AT-TAi\BlH. -2'i9 

l.jy**3L:=»- Iv^ n^E l"N3l ^h'J l'iîNn '?N_5 TH^'D V^?!" r):N ■>: JJLo v_xîi 

s >U^ii J^)U^^! ejO^>j u ^)! o«Ji l^l*'j <^J! Jljoi)! o-l^-^^ 



kariyà el dans le Moustalliik. Ils ont conçu une haute idée de leur 
travail, en exaltent la valeur et le tiennent en grand honneur, 
comme si j'étais un homme qu'on abat avec des cailloux ou ([uon 
terrifie avec un bâton. Que cela ne le trouble point, ils n'ont ob- 
tenu ni succès, ni victoire. 

Ils ont ajouté aux verbes qui ont pour premier radical àléf 
âkaf[Prov. xvi, 26), tetar [Psaum. lxix, 16) et des exemples ana- 
logues. Ils n'ont pas compris ce que j'ai dit dans l'introduction 
du Moustalliik : tr Parmi les racines qui commencent par lUéf, je 
n'ajoute que celles cjui, dans l'un des sens, présentent une irré- 
gularité. 71 Or ni ces deux mots, ni leurs pareils, n'oH'rent aucune 
irrégularité au premier radical. 

Pour les verbes au j)remier radical ijôd, ils ajoutent hcliiUjahsihn 
(I Chron. V, ■y), mitijahâdim [Est. vni, l'y), sans fjiire attention à ce 
que j'ai dit dans la même préface : ff Quant aux racines dont le j)re- 
niier radical est //o<^if, je ne les ajoute que si les formes sont irrégu- 
lières, ou bien doivent l'èlre dans la conjugaison , alors même (ju'on 



250 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

j^_>L^ iLA-*..j_5 ^XjiLx.^ Niprii 3, «^^r-^r! y^ (j^ (ji_5 AXjw0.j ^j *1 

^iî Jlxj^i ij^ 5_^A^s:u«,i U U!_j *XjïiI »«x^J «JUjil jjçè ^^xlii>5i 

J_^Jj 4^^-« ^JJ*^ -^J >';! ''2 'iXD tKii *-V)iJi CJ^j-s^' Js-=»-i lg.jUA^ 

^j "cx^ '•;^:>>-S>- <-jUJii dUi j»Xa3 ij Jj^ 4^^-< ^_j-«y-*J >*î ^' ^-^' 
' p. 9, 1. 6. — 2 Ibid \. 10. 



ne les rencontre pas dans rÉcritiire.n Eh bien, les deux mots cités 
n'entraînent point d'irre'gularilé. 

Us ajoutent aux verbes dont le second radical est une des lettres 
faibles mè'èn [Ex. vn, iZi et passim), ffàwa^ [Nomb. xx, 29), sans 
comprendre mes paroles en tète du MouslaJInk : «Les racines et 
les sens des verbes au deuxième radical faible n'ont e'té ajoutés 
qu'autant quon y trouvait un adoucissement; mais je ne me suis 
pas inquiété des verbes qui suivent la voie des verbes sains et 
présentent leur second radical sans le soumettre à aucun adoucis- 
sement, comme schaaj, schaag, schaah.-^ 

Ils ont recherché tous les verbes qui ont àléf pour troisième 
radical, parce qu'ils n'ont pas saisi le sens de mes paroles dans 
la même introduction, où je dis : ff Parmi les racines qui se ter- 
minent en âléf, je ne cite que celles dans lesquelles cette lettre a 
la propriété de se changer en hê.-^ 

Voilà la route que ces gens ont suivie pour les racines et les 
sens. Pour les exemples, ils se sont mis à la piste de tous les noms 



RIS AL AT AT-TANBIH. 251 

i La^-jI o.J-i_j r'^D n"'n2:_5 mcD^ nnu ^i.^ L^i Jl«l ^ ^^Uwl 
c:>LjL*âJI_5 *Lfw^l UU "<_>L;J^I kixJijj^A» (_^* ,^^i^ l'i^^j-^r^ 

i ».La_3? il^ L^,JiLa.à_)I o^^X-^"^-=»-I »yi-M \^i ^XA jj^S- ^^\i y>i\», 

lJsJ^ Ujcij 5«x^ (j-« ^t^jl 5<x-« tjl Igx^Àjl oiV.Ai».l v5i^ Ijûj,x2.i— 
2-^-^ ^*l ^ jiJjs5^ c^_^l IJs-d)^^ jÏ Là^ ^Ji ^J_55o ^1 i^ims.^ 

' P. 7, 1. 1 1 et suiv. — - P. 1 3 , i. H et suiv. 



faibles et des noms se rattacliant à des racines géminées dont il 
n'existe ni verbe ni forme conjuguée. Ils n'ont pas voulu faire 
attention à ce que j'ai dit dans ma préface : trDe mon côté, je ne 
me soucie pas de réparer les omissions qu'Aboû Zakariyâ a faites 
de noms renfermant une lettre faible ou deux lettres semblables, 
tant qu'ils ne présentent pas des éléments de conjugaison; mais, 
dès que la racine présente un verbe et une conjugaison, je com- 
plète ce que l'auteur a négligé, puisque telle est la méthode qu'il 
suit lui-même dans ses deux ouvrages. 11 s'est oublié néanmoins 
dans de nombreux passages où il fait figurer des noms dont il 
n'y a pas de verbe, par exemple teriyyâh, maswéh, sehîah.-n Plus 
loin : rrJe ne me suis [)as préoccupé des noms, des (jualificatils 
ni des impératifs, à cause de la grande diversité qu'offrent leurs 
formes; pour réunir et citer des types aussi différents, il aurait 
fallu plus de temps que nous n'en avons maintenant. Peut-être 
le ferons-nous a un autre moment. Je ne fais pas plus d'ellorts 



252 OPUSCULES DIB.N-DJANAH. 

l^j ji *5^1 l^jJiS\ i ^v^Lou'i :>\jL'i^ \^ji^' '^AXjjJi,\ JUôNJI 

JJi y\< U^3 J.J j«.i ^ IjLujiwIj bl**.£r^^l (^Lû^Si <_^^jjJi ^ii 
^ UaA^ t_.,«„«*^ i)^ l,jA*aJù^ »_^'Ua» (^aJU^j l^-^ -xajI ^ù<i Sjj,jjk^] 

ij^ L»à-»! i_5^j:-»«i^ c-u-'D "p-Ti:; dS-c ""j-ir:: ni'it:*ù* |"'2"' "^d nxi 



pour les futurs qui sont aussi nombreux et suivent presque tou- 
jours re'gulièreuient l'analogie. En revanche, j'ai ajoute' quelque- 
fois des qualificatifs et des noms, bien qu'ils ne se conjuguent 
pas, non pas que j'aie e'té obligé de les citer, mais pour mon 
plaisir et par mon libre choix, quelquefois même par suile d'une 
circonstance qui m'y obligeait. Seulement, qu'on ne me demande 
pas d'être complet sur ce point et qu'on ne me reproche pas en 
cela une contradiction avec le principe que j'ai posé plus liaut. n 
.Malheur aux gens (jui lisent des passages aussi clairs et aussi nets 
sans les comprendre! C'est d'eux qu'il est dit : A qui peut-on 
enseigner la science, à qui peut-on faire la leçon? Est-ce à des 
enfants à peine sevrés, qu'on vient d'ôter de la mamelle? [haïe, 

XXVHI, 9). 

Ils ont aussi recherché parmi les exemples que j'ai passés sous 
silence ceux auxquels Aboû Zakariyà a fait allusion dans les cha- 
pitres placés en tète de ses deux ouvrages. Tel est le mot yikkàmu 
[Jérémie, xxxn, i5), nifal de Lànàh, etc. L'intelligence du Motis- 
ialljik aurait appris à ce monde que ] ai dirigé l'allenlion sur de 



lilS\L\T AT-TANBIH. i>53 

Uû^JlS] Jl JljLtf» ,Uil Jo SJv:*:' jJolijI jL^S" cjiiU^ j^O^^ ^ 
Ui^ "«_aA3 <.i*JS=»- c-jUM! lfcX-tf> j.i»-l j, l»Xi6 (jw4 t-ij^ JviLti »Xi iil li 

U ^^.fyÀJO (jbL^i /c«-^-*^ tij"*^îj C:,rîi3U**^' ji'^^ÀX.u.l lii /Oi-^j! 
^j3<Xf iJXjJO aS /^r-ViLi cijtji tjULj^ (JS^i 03 vo- c-jU-j ,j J^vi 
' P. 'îi't , I. 6 et siiiv. — - /iîV/. I. 9 et siiiv. 



j);ireils exemples, en disant à la fin de ce livre : fcSi tu rencontres 
des sens ou des exemples que je n'aie pas ajoutés, cherclie-les dans 
les introductions des deux traités d'Aboû Zakariyà. Tu trouveras 
alors qu'il y a touché à la plupart de ces mots, et j'ai cru dès lors 
superflu de les ajouter, w Je poursuis : Quand même ils découvri- 
raient quelques exemples auxquels Aboû Zakariyà n'avait pas lait 
allusion et que je n'aurais pas ajoutés non plus, je ne devrais 
encourir aucun blâme, puisque je m'en suis excusé à la fin de 
mon livre, er) disant : ffTu pourras bien trouver quelquefois des 
exemples qui, à cause de leur grand nombre et de leur ressem- 
blance mutuelle, échappent à celui qui désire les embrasser 
tous.n Mais ces gens n'ont rien compris aux deux traités d'Aboû 
Zakariyà et bien moins encore au Moiislal/iik , dont la lecture doit, 
dans l'ordre, succéder à celle des deux premiers ouvrages; car, si 
ces hommes trompés par les démons et dominés par le mensonge, 
avaient eu l'inlelligence de ce qui est dit dans le Livie des lettres 
douces et dans le Livre des racines géminc'es, s'ils avaient ensuite 



25/1 OPUSCULES D IBN-DJANAH. 



' D. f)ç), 9; N. 6o, /i. — - Ci-dessus, p. 3, 1. (j et suiv. 



tondu la main après le MoustaJIiik pour s'en approprier le con- 
tenu, ils se seraient peut-èlre jjUiéris de cette manie de maltraiter 
et de porter le trouble partout. On peut leur appliquer ce qui a 
e'té dit de quelqu'un : 

Il touche à tout et ne fait rien de bon; il ne croît pas en savoir, il ne croît 
qu'en erreur. 

Eh Lien , Aboû Zakariyà a fait allusion à la l'orme ijikkànou dans 
la préface du tioisième cliaj)ifre de son Livre des leltres douces, 
011 il dit : ffLe nifal est nibnàh, niknàh, au futur yibbànéh, yihkâ- 
néh;-^ et dans la préface du Moustalliih, je me suis enoagé à ne 
pas mentionner les mots auxquels Aboû Zakarivà avait touché. 

Je vais t'élonner, toi l'homme instruit et sensé, par les passages 
où ces gens sont venus en aide à Aboû Zakariyà contre certaines 
difficultés que j'ai soulevées contre lui. C'est là que s'est déchiré 
le voile de leurs vices, que s'est dissous le tissu odieux de leurs 
machinations, et qu'ils se sont 1 end us ridicules et risibles, puis- 
qu'ils n'ont ])as compris les paroles crAboù Zakarivà. 



RISALAT AT-TANBIM. 25Ô 

f-\j-l\ S S-^)f\ ctriTiN >-i-* DcrN nny ^i ^tw-£i_5 ' en <_>L ^ 

-Lc»x_j^J JlJvJi so^^^ wU=>U^^ (^•>^->^ w'")~N* i v_jUi)l cmx 

cL^^Î (0— ^>-» îrij' îr'^i "'3 *-J; t^ c'";~nn A-^l ^^lî^j ^Liû ,j-« 

*L^! «i'j;^ i^n-xn ouîl i)l (jvA5! ojj^-s^ cjUlS' ^j^ a^j^^j J^ ^ 
»iL-i^ ^jl y-X_4: J-^j) Jlxt3i yû^ iiLxxiî cn-N i_jA*is- jo^yj' ^I 

' Voy. ci-dessus, p. ioq, ito. 



Lorsque riionimo n'a plus ses testicules (qu'il estcliàtré), c'est son langage 
qui atteste l'état de ses parties honteuses. 

Aboû Zakariyà, dans le second chapitre de son Traité des lettres 
douces, au parajjraphe roxim, dit : tr Sache que èromtîm (/s. xx.xiii, 
lo) est pour étrSmâm, et le réscli devrait avoir un dùgêsch à cause 
de rinsertion du tàw.-n 11 ajoute : f:H en est de même pour i/iraddnf 
{Ps. VII, 6), qui est pour ijitraddàf, et où le rèsch devrait avoir un 
dàgèsch, et de haiddàrôsch iddârésch [E:. xiv, 3), où, selon moi, 
r«7e/' indique la première personne, et où le diigèsch du dàlét pro- 
vient de rinsertion du tàiv.-n A cela j'ai fait observer dans le Motis- 
talhik, trque WUijf de lia idddràscli remplace un hè, et que la forme 
primitive aurait été hahiddàrà^ch , forme comme hinnâtôn (^Jérémie, 
xxxii, A)." Ces pauvres gens ont prétendu qu'Aboù Zakariyà a 
entendu parler de Vàléf de iddârésch et non pas de celui de ha'id- 
dàrôsch. Cependant, on n'ignore pas que toutes les copies du Traité 
des lettres douces portent ha'iddàrôsch , avec l'addition du hè. Ils 
font ainsi (Viddàrôsch un hitpaël à la place dun niffil. Mais, dans 



556 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

iJ CmN' oiJl^ 5^js^ AAi viLio yi ^j: JàxJ i i)i _^*js?Ji i<k^ *JàiJ 
! js-i> (j-. v^b (:y^ '^ ilUilii U^y JLxxi^i j, iiA-^ ''OCxÀj (j!!i 
■'D ^i 5^^*^^r! ^ Mr^^ ^•^ 'y^y ^"^'-5 ^^^ '-^ ^TClV\ tj_^J 

' D. 87, i(j-i8; N. 53, 1 3-1/1. 



ce cas, personne au monde aurait-il pu douter que l\?/e/'de îVMrt- 
roscli fût la marque de la première personne, pour (prAboû Za- 
kariyâ eût eu besoin de déclarer: rr Selon jnoi, lV(/e/' indique la 
première personne.'» Une observation semblable ne se fait que 
pour un mot pour lequel le doute est possible; il ne lest pas 
pour IV/Zç/" de iddànlscli , (ju'on prenne celte forme pour un nifal 
ou pour un hitpaè'l. Aboû Zakariyà n'a donc eu en vue que haid- 
dârâsch qui, s'il est un hitpaè'l, comme Aboû Zakariyà le croit, 
présenterait, en effet, une forme étrange. 

.le suis surpris davantage encore de les voir combattre l'opinion 
d'Aboû Zakariyà au sujet de pâkou [Is. xxvni, 7), qu'il considère 
comme un verbe au second radical faible, de même que yôfîk 
[Jérémie, x, h), ouftk [Nali. 11, 11). Ils prennent jDflA;oM pour un 
verbe au troisième radical faible, en s'appuyant sur l'accent qui 
se trouve sous le kàf. Cette erreur provient de ce qu'ils ignorent 
que sàmou [Gen. xl, i5), tàrou (^Nomb. xni, 82), tâhou [Ez. xxii, 
28), 7i(i'^ou (/sfli'c, XXIX. 9), mhnoK [Ps. lxxvt. G), i^àmon (ihid. 



HISALAT AT- TA i\ 15 m. i>:)7 

jÇ_5 vihr: j-f^ L^.**.^.^ (j^ ^^j-*!^^ W^ '^'i' "1^^"" n'^* ^^y^' ic: 

\^\j Li A_j i_^_jl U k_.w^.^ (j^j yiVo '^_j (j>-*-î^ ^-Vxjw yLo^ 
«L^-*-* yi _jJ ' dy^-? Ci:: ci: (^ ci:: no Sy s^j-i»-' i J^^^^i 

pDi:n p Si* /o-^ -^wl J_jj ^x^ diJi yi UXaûj !_^Jl«_5 ij^=^j i_^y£> 
li, l^ -yJ! J<Aiw i_>U5l t_>^AjiJi yl jJL^I U Ia^ i j^jû (j\^ y'j 

^.^jL*.Ji -^'La-iUIj ;>LAJ»Jajkll v:i>U<XAii 4^« (XaaAa^I U i_5.<v«J*J ^ 
' Ci-dessus, p. i o(>. — - P. (ji, un pou ciiangé. — ^ 1*. i.'5o et sni\. 



cxxxi, i), (il d'auh'es mois semblables, ont également l'accent sur 
la dernière syllabe, bien qu'ils dérivent de racines au second ra- 
dical faible, et que ko'àh (Lev. xviii, 28), bâzàli (II Rois, xix, 91), 
tous deux féminins du parfait et dérivés de racines au second ra- 
dical faible, ont aussi l'accent sur la dernière syllabe. 

Voici encore une opinion étonnante qu'ils ont émise : j'ai dé- 
taché de nosnànous (II Sam. xviii, 3) la forme nànoiis [Is. xxx, 16), 
en disant : fcSi ce dernier voulait dire : Fuyons, Dieu, en répon- 
dant à ceux qui choisissaient la fuite : C'est pourquoi vous fuirez, 
ne leur infligerait pas de punition. ii En voyant cette argumenta- 
lion, nos adversaires ont soutenu que le ch.Tliment de la fuite 
consistait en ce qu'ils devaient se sauver à pied; c'est là, ajou- 
tent-ils en voulant être spiiituels, le sens de la parole de Dieu : 
C'est pourquoi vous fuirez. Si cela était vrai, certes, une mala- 
die mortelle devrait avoir atteint tous les chevaux de ce monde. 

Ils n'ont rien compris non plus aux prémisses logiques, aux con- 
clusions rationnelles ni aux preuves matérielles que j'ai données 
dans mon argumentation pour [)rouver que hkzakhnu (Is. i, iG) 



58 DFUSCULKS J) im DJAWII. 

J.-«^A**o (ji ji_^>? oLp i_^liji J_^Ji3! t *k^ ç-l^Jl ri^ ^:^^"^ "'^"'^ '^''^~ 

• P. 98. 



est pour hizdakkou. Aussi disent- ils loiil courl ol avec l'autorité 
de juges, que la forme primitive no peut èlre que liitzakknu. Nous 
excuserions leur ignorance el leur j)eu de savoir s'ils ne faisaient 
pas les insolents et ne visaient pas à l'esprit. 

Ils ont encore traite' d'erreur mon opinion que nê'^or [Zacli. 11, 
17) est de la même racine que na'^nrou (Jérémie, li, 38), qui a 
le sens de schaàgou. Ces misérables se sont attaqués à un point, 
à l'endroil où je dis : "Les anciens sont allés encore plus loin et 
ont employé cette racine pour le braiment de Tàne (Beràkot, 
fol. 3 a), n Les sots ont trouvé mes paroles honteuses, (lomment, ont- 
ils dit, serait-il permis d'attribuer le braiment au Créateur? Mais, 
leur a répondu un de mes disciples, comment attribuer à Dieu le 
rugissement, comme dans Jérémie, xxv, 3o, puisque c'est là le 
sens primitif et propre de rufàrnu [ihid. li, 38)? Les anciens ne 
l'ont appliqué au braiment que par extension; seulement, vous 
n'aviez pas compris le sens du mot tr extension •« appliqué aux ra- 
cines, et ainsi vous ne le comprendrez pas davantage. 



nisil.AT \T-TAM5III. l>r)!) 

j_Ljj nnuj NÎDS3 a:iE/*S d-id inu;:i cj-« n-iDV ^33 Je aj! I_5;*xj 

rn" DM"»! *iy» yûj lfr^« «-^JjJ' ili^i yijil S^i ^\ l^^sl^il J^i 

JoJÙA.-*^ Jo»j _jiû '7u?''j ■jrT'î '?C"' ""^ -jiDn n'? P'O't -j'7"i3:i S:;n Y'' 



Leur suprême science s'est montrée en dérivant nôschetnh [Jér. 
Li, 3o) de nàschàh, type (fsetàh, sans se douter que le type est 
'^(îberuh, comme on le voit par wenischschetou [Is. xix, 5) et nàschât- 
tâh [ibid. xli, 17). Dans leur désir d'ajouter toujours, ils ont rat- 
taché îiàschhn à nâschâh et hânhn à hànàh : ce sont là de malheu- 
reuses extravagances que la langue se dégoûte de mentionner et 
que les pages se refusent à tolérer. 

Dans leur folie, ils ont prétendu que yischschal[Detit. xxviii, Ito) 
est un ni/ai de schàlal, d'après le lype yissab, de sâbab. C'est l'expli- 
cation la plus absurde, car le sens du verset est que le peuple sera 
privé d'olives, parce que les fruits se disperseront, se détache- 
ront et tomberont avant d'être mûrs, en d'autres termes, avant 
l'époque de la cueillette. Ce sont les paroles de l'Ecriture : Tu 
auras des oliviers sur tout ton territoire, mais tu ne t'oindras pas 
avec leur huile, parce que tes olives se disperseront. Yischschal est 
le futur de wenâschal [ibid. xix, 5), passage dans lequel le verbe 
est intransitif el qui signifie : El le fer s'est détaché et est tombé 
du bois. Yischschal dérive donc de nàschal, connue wayijiddar [Gen. 



2G0 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

Tij (j~* npi*"' "i~^l j<jio '?uj ij~» 'l*C' ijjj^ i_j,xjl t^j^ tXj*>»=a. li2.^M,^ 
J^ùkJ^ ù>Jt^ Lo^jo:^ -"':dc cm n^ij hul^ ijij U /c^i dLiî U_5 

aK^Iî -o^j ^ U (j! tj'' t_>u j (j_jjj Ijij l^ ^ivjoL^ »,x5- _j.iù ^^«xjM 

J._x_i (j.« i_^iwU Ajî '_jJii^ f*"!''*^ "^Ir-^ ri7u3 d <^AàiLi^ ^y*-^^ 
'?u*2D b*w2"i l'^ïp b'Cl ^2 >»..^jlkX-=-_jJ ^Ji (^ \^J<JiM\^ v_>-AÀi». 



xxviii, 2o) de nàdar. Sans aiituii doule, cest ivenàschal [Deut. vu, 
i), qui est transitif, (jui los a éloignés de rattacher à la même 
racine l'intransitif yischschal; mais ils n'avaient pas remarqué we- 
nàschal [ibid. xix, 5), qui est également inlransitil". 

Au paragraphe ya^ad, je dis : nLe passif" dérivé de la forme 
légère ressemble à celui qui se rattache à la forme lourde du 
piël. Ainsi noutiàsch et '^ouzzàb [Is. xxxii, i6) viennent de la forme 
légère nàtasch et "àzah, tandis que bomchschùUh [Lév. vi, ai) et 
we ouschsrhar (^Ps. xli, B) viennent de keboschscliêl (I Satn. ii, 1 3) et 
de measchscherim [Mal. m, i5),qui sont tous deux des formes 
lourdes, -n En voyant cela , quelques-uns de ces ignorants ont cherché 
à me contredire pour bouschsclwlàh, qu'ils dérivent d'une forme 
légère, en citant à l'appui bàsrlial [Joël, iv, i 3), oitbàschél [Ex. xii, 
()), beschèWi [Nomb. vi, 19), qui sont des formes légères^. Mais 
ils n'ont pas su que les exemples qu'ils citent comme preuves et 

' I^es deux derniers exemples ne son! pas des verbes. 



KISÀLAT \T-T\.\KIII. 2r.l 

(^_ssk_X_^ij f^r^ ^ v-Ji^i»- ijuftj \x^ ^.xji^ y.AS-^ ù^xX^ iii ^^ 
^j-Jt ]ri' '2D iLJj ^}s: icn ^jlJ ccn ^r* (f>ï-*4^ ';~*^ u^-?-^ '*^' 

jjvJï J.JO»» Jot» ,j^ i^l (j^_^^ DDT <j-«yû t^<>J5 1Dn_5 320 ,j^ 

^_j\^ _^_j ")N2 J^ "ion _}! iDip 12Vù; -iO) ^k i Js-iw« j-si icn-i (jViî 
^yl n"! J<-i-« l *.^ .>! i.x-ij^j-** icn ^Iw *UJi J^ju^ J>« ^^^ ij-«i 
'j3 'n'? i2n J<_i— « (j>_*>*.Ji i*Xwiiw«^^ ^''i'-'^ :>_5*x^ "cn ^1 isî!/* 



comme arguments sont inlransitifs, tandis que bouschschâlàh est la 
troisième personne du fe'niinin du passif. Si ce mot de'rivait d un 
piY^àUh intransitif, connne ils le pre'tendent, tout en étant à la 
troisième personne du fe'minin du passif, il serait à la fois transitif 
et intransitif, ce qui serait une contradiction impossible ^ 

Ces ignorants ont encore ajouté lias [Zach. n, 17) et hassou 
(Néh. VIII, 11), et conclu contre moi, par le ddgésch placé dans 
le sàmék du dernier mot, que l'un et l'autre ont une racine gé- 
minée; ils ont donc considéré hassou comme un impératif pluriel 
de hnsas. Ces pauvres esprits ne savent pas que hâsas ferait, dans 
ce cas, hôssou, comme sàhhou [Ps. xlviii, i3) de sâbab et dàmmou 
(I Sam. XIV, 9) de dàmam. Comme impératif d'un verbe au second 
radical faible, ce serait hoiisou sans dàgêsch, type schoubou, kou- 
mou, ou hàsou, tvpe bo'ou; comme inipéralif d'un verbe au pre- 
mier radical faible, ce serait hàsou, également sans dàgcsch, lype 
redou, schebou, ou hàsou, avec a long sous le hé et sans ddgèsch, 

' Le texte est apparemment incorrect. Mais i'ar{[ument d'ibii Djanàli est juste 
et revient à relie simple vérité, iprnn vcrlir iiitransilif ne peiil pas former im passil. 



^62 OPUSCULES l) 1B.\ DJANAII. 

vV^oJ *V! a-y^^ '^■'j-^ l_^XjiAAAvl \\ /CK^ili 2n^ u- ^ ^"^^^ Q'^^N 

^£ ^=^l"=w "icn y^<' L^ Vw': mP iuj ^_^ Uàj^ ^jlw ^l*». J^ t^ 

j^julc Xlli^ }i\j.^ iiijls?'^ J.*À^I (^^ ^y*oy^ ffJ^ \^^ jLxsiiL 
^^x_ii^ i_j-jL5_5 i^JcX.A«-i TCn ^_5vXA) (jt jiJi_5^>^Ji (j-« l^Ai Le 
tJ^xii S^)v^j" (_$'XJi ^xi^ _5-d^ en JjJb (j_jAjij_fcfcli j_5»>s^ t^*^' 



dans le sàmék, type Artiojt (Ps. xxix, i), de la racine yâhab. Car, 
trouvant la ponctuation avec scheha et fatah d'une prononciation 
trop dilïicile, on a formé hàhmi d'après le singulier hab, type ila'^, 
de même qu'on a fait pour le féminin singulier hâhî [Ruih, m, 
i5). Comme impératif d'un verhe an troisième radical faible, on 
obtiendrait itàsou, d'après les types '^àsou, benou. Enfin, comme 
impératif d'une racine saine (avec tioiin poui' premier radical), ce 
mot serait sans dàgêsch et suivrait le type tenou, geschou. Puisque 
liassou ne suit l'analogie d'aucun verbe, il m'est permis de sou- 
tenir que bas est un mot indéclinable qui ne dérive pas d'un verbe , 
et que, dans hassou, on a ajouté le pronom du pluriel, comme on 
le joint aux verbes, parce que hassou, tenant lieu d'un verbe, est 
traité comme tel, et renferme la notion d'exciter. Car hassou signi- 
fie : Taisez-vous et abstenez-vous. En effet, les Hébreux expriment 
par le mot bas le même sens, pour lequel les Arabes emploient 
sah, qui veut dire : Tais-toi et abstiens-toi. Le dàgêsch dans le 
sàmék de hassou peut bien provenir de ce que la phrase [)résente 



i;iS\L\T AT-TAMnil. ^J^i."} 

ii^?^j en Jii eî*^^^ ^^^^^ 2'?2 cnn UIj\j-<^Vm>U t_>U5'i c^pi 

j->k_^ A-ia-À-J m (jt t^ CH'^i i_jJL* /0..J en ^j^Ajtj.**!! Jli 1? x«o 

-«^-ji en i Jljjj î!?""! u>"'T ^-Jj <^ l-*^Àiw '^kjSs.Mt^A >V«i cn^i ^j_5.'S 

' Ci-ilessus, p. 1 90. 

une séparation, une coupe à ce mot; le zàkèf est un accent qui, en 
bien des endroits, indique une séparation, et en pause on ajoute 
souvent un dàgèsch, comme je l'ai dit dans le Moiistalhik. Quant à 
ivayynhas [Nomb. xni, 3o), il signifie à mon avis : Il dit lias; en 
arabe, on le traduit par sahsaha, savoir : il dit au peuple sali 
(silence)! C'est un accord admirable entre Thébreu et Tarabe. car 
les Arabes pensent que sali est un mot indéclinable qui ne dérive 
d'aucun verbe, et ils emploient salisahtou dans le sens de j'ai dit sali . 
de même que les Hébreux se servent de lias, puis de wayyalias, 
bien que lias soit indéclinable et ne dérive d'aucun verbe. Telle 
est, à mon avis, la vérité sur lias, hassoti et wayyalias. Cependant 
un homme qui mérite ma confiance pour l'intelligence des conju- 
gaisons a eu l'idée ingénieuse que wayyalias i^M le futur de la l'orme 
légère (d'un verbe luisah), d'après le ty{)e de wayya^as, wayya^an, 
et que lias vient de la l'orme lourde de la même racine, connue 
saw; alors hassou serait le pluriel de l'impératif, qui devrait, il est 
vrai, avoir son accent sur l'ullicmc niais(pii l'a sur la péuullième. 



26^ OPUSCULES D IBiN DJA^AH. 

(^ ajIî '^ ri3p_5 ■''7 niN dU«>s5^ ^Xj^y^MU^Ji c.1jU^I J->-S ^j-» jJ-Ji^ 
cji^i ^j^ cri"'* *cn en (^— c' /©-■f^-j^3 U>i_j iv>l>~»- ^jis L^Cj Jl;»- 

i«uù'j oLiill i^^ ^ U "z'^N ,j-4 '?"::: 21"** (j^jS^^L^^i)! ^^1^ -oc 
■ï^^i ,j_ /(>.^ji>) ^^ ^_j '7:;n' c:j^ yc> <^*xJi y^vS'"""; v^S cyLJLS'iail ^ 

' Peut-être faut-il lirp l^«i^ — - P. -^'-i. 



à cause de la pause, comme kàlou[Ps. xxxvii, ao) prend son accent 
sur la pénultième sous l'influence du sàf-pàsouk. Cette explication 
aussi est re'{j[ulière, bien ([ue nous rencontrions seulement quel- 
ques verbes ayant au parfait Taccent sur rullième ou la pénultième , 
tels que kàlou, schattou[ibul. lxxiii, f), i^t xlix, lo), etc. et que nous 
ne trouvions rien de semblable pour rimpératil". excepté dans des 
mots comme '"àroîi (^ibid. oxxxvii, ■j), où le mille'èl s'explique par 
l'impossibilité d'y mettre le dùgi'sch, et puis dans àràh {\omb. xxii, 
G) et kàbàh [ibid. 1 1)^ L'explication peut donc être admise; mais 
I opinion de ceux qui se couvrent de bonté en soutenant que lias, 
hussoa et waijyahas appartiennent à une racine géminée, est inad- 
missible, parce que liassou n'a pas la forme de 'sôbbou. 

Les mêmes sots nient que wayyàréb (I Sam. xv, 5) dérive de 
drnb, parce qu'ils ne voient pas dans ce mot Wiléfécv'it, comme il 
l'est dans ivayi/frsél [\omb. xi, aô), de la racine àsal. Ils n'ont 

' Sur la forme étrange de ces deux mois, voy. Olshausen , Lekrbuch , p. ùgS. 
Pour l'accenluation, ils sont mal ctioisis, puisque, liés par makkéf à II, ils n'ont 
pas d'afcenl, mais ont réguiièiemf^nt métier sous la pénultième. 



RI SALAT AT-TAMUH. i265 

^1 -lov^iJi ^__^l_5 ul.I\ jjJu yûj ^HiX ^j-. ''3-iy dï; bn"' nSi ^i 
Tîir'' 4^«i cjv*.Ji Jux.0 Joù ,j^ Ixfc'^jx-* "ly^rnn ")y~iy (_Ujtis- 

Jlxs^l »i^i£> i Jj~«-j yi j^ j^^ U'îj ■j''2?î2?îD ':":;îïd''1 ■'j-idiï:"'* 

iyjLM ijUiLii)! 5i_j>»-_5 ;t-« (jv*-Ji ^JCx« Jlxi! ^j-* iCÀ^UaX^ L<,jî 
' P. 99-100. 



donc pas les sens assez fins pour s'a[)ercevoir que ia prononciation 
l'ait connaître l'omission de [\Héf; ils nonl pas remarqué non plus 
que yahél [Is. xiii, 20), de âhal, est e'galement sans àléf. 

Ces gens inintelligents me reprochent d'avoir pris 'ar^èr tifar^ar 
[Jérémie, li, 58) pour la forme redoublée d'un verbe au second 
radical faible, c'est-à-dire de la même racine que né^orou [Joël, iv, 
19), tà'^irou et te'^orerou [Cant. 11, 7). Je dis à cette occasion : rrLe 
verset de Jérémie : (Les murs) seront secoués et ébranlés, répond à 
Ez. XXVI, 10.'» Ils rattachent "^ar^ér tit'^ar'^ar a'^àrou [Ps. cxxxvii, 7), 
poussés à me contredire par la sottise qui ne leur a pas permis 
de reconnaître le grand nombre de verbes au second radical 
faible qui adoptent un tel redoublement, tels que metaltélkà taltélâh 
(h. XXII, 17), waitithalhal {Est. iv, U), wehalMlàli (\ali. 11, ii), 
le/iarhar {Prov. xxvi, 2 i) , waijefarperènî {Job, xvi, 12). waye/aspe- 
sêni {ihid.) , meza'^ze'^ékà {Uab. 11, 7). Aboû Zakariyâ a pu reconnaître 
ces verbes comme des formes redoublées de racines au second ra- 
dical faible, car, en même temps qu'il leur trouvait ainsi une dé- 
rivation, il reconnaissait l'emploi fréquent d'un semblable redou- 



266 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

IgjL* CJ»Kr=-_j U v_:>ySi *Xij v.jLAJtAiAJi itXit JjL« L^AJ w^»****^' ^ 

cjj^r>-j yj^jjsAS'^iûj dlii i^ i'nyDD: i'C?ynu\\* "j-'npn^ n'^n'^ncD 
ç.Lsi^iî p<y^Uc> J>4-=»- (_^ ^"V^' (^.^ocawJII <_>Lo >«Xao J_j.*a9 aLîû^ 

' Il faut lire i. 

blemeiit pour ce genre de verbes, tandis ([u'un tel redoublement 
est fort rare pour les verbes au troisième radical faible. J'ai men- 
tionné tout ce (|ue j'en ai rencontre' dans l'Écriture à la fin du 
MoustaUjik, où je les ai re'unis avec les verbes d'une origine obs- 
cure, tels que kemitlahlélia [Prov. xxvi, 18), éschia^àscha'' [Ps. cxix, 
16), kimta'^tè'^a {(kn. xxvii, 19). 11 y avait pour ces mots un grave 
sujet de réflexion, car s'il m'avait été possible de les rattacher dé- 
cidément à des racines au second radical l'aible,je l'aurais tait 
volontiers, à cause de l'emploi fréquent du redoublement \w\\y 
les verbes de ce genre. 

Voici, mon seigneur, ce qui m'est parvenu au sujet de la guerre 
que ces gens me font. J'ai voulu l'en instruire et t'en informel-, 
pour que tu voies avec surprise leur ignorance et leur peu de 
pénétration. Ce traité servira, en outre, aux jeunes gens qui, au 
moment où une fausse opinion pourrait commencer à se former 
dans leur esprit, n'auraient pas encore reçu les chapitres de Tln- 
troduction de mon Mousialhik; il éveillera leur attention sui la 
stupidité de ces misérables et leur profonde négligence. Je te fais 



RISALAT AT-TAiNRIH. 2()7 

(jl fi-Y^"* ^-^"^ jU^i tjaxi Jl »_j>C3 *\jUA^i/l v^^ i*^^^ 

fî^-^ ^ ^^jr^^ir^^ "u^^V fv^-*-^'" «^^^ M" nr*^ ^ 

If a^^A-^ jo-rAo> 0-* ''^ ^ <i^ x*iLi.-=»- A>i ,j-. J^ jX2>.Uaj^ 
V^^i vJJi ^ iyJL) ^LJ! tji^^i- S^Ov:^^ "^^jJt^ »^' y-«-> 

' Diwàn de Nâbiga, i, :î6. — - Lisez plutôt • {^^^y^^ f-^'^- — ' Le ms. 
porte au-dessus de co mot un équi\ aient hébreu : pti rurifle.- 

savoir que ces sols ont surnoininé leur ouvrage i- Livre du com- 
plément {al-istjfâ),Ty en l'attribuant à quelque inibe'cile, de peur 
que, s'ils en assumaient la responsabilité, ils ne fissent tomber 
sur eux la réfutation et qu'ils ne se rendissent ridicules. Us savent 
bien aussi qu'en m'emparant de cette affaire, certes je les dépasse 
Comme prend la tète le cheval de race, lorsqu'il touche au but de la carrière. 

Or, en apprenant qu'on les connaissait, ces ladoteurs, ces 
bavards insipides, eux et pas d'autres, et en voyant tous ceux 
qui avaient encore un souffle de vie éclater de rire sur l'igno- 
rance qu'ils avaient montrée, ils ont caché ce livre, comme la 
chatte cache ses excréments, et ils ont renié l'ouvrage, que le 
monde intitule pour eux r? Livre de la cachotterie («/-/s^/Â/j/JJ).'' Voici 
quelle est chez nous la plus haute science d'un savant, l'intelligence 
extrême d'un lettré : C'est une génération, pure à ses yeux, et qui 
ne s'est pas lavée de ses souillures {Prov. xxx, 12). Puisse Dieu, 
par sa grâce et sa miséricorde, nous préserver, ainsi (pie toi, des 
opinions qui égarent et des passions qui avilissent! 



268 OPUSCULES D'IB.\ DJANAH. 

r 

^-îS^—O^ /O^^Ji JjU-« Joài! /O-;^' J<\^:^ l^ji L» dU 4MI <_.*^3 

m. 

RI SALAT ATTAKRÎB WATTASHIL. 

Traité à l'usage des commençants, où est mis à leur portée ce qui était 
éloigné, et rendu facile pour eux ce qui était dilllciie dans les deux 
livres d'Aboù Zakariyâ Hayyoudj . par Aboû 'l-W alid Marwân hen Dja- 
nâh, de Cordoue. Ce traité a été composé dans la ville de Sarragosse. 

Puisse Dieu te faire parvenir, doux et noble ami, aux de- 
grés les plus éminents de la connaissance, l'assigner le rang le 
plus élevé de la science, te faire atteindre ce qu'il agrée et te faire 
servir à ce qui est en honneur auprès de lui. Tu m'as demandé 
d'écrire un livre pour mettre à la portée du conmiençant ce que, 
peut-être, il serait incapable de saisir, et pour faciliter à l'étudiant 
l'intelligence des passages qu'il pourrait trouver difficiles dans les 
deux ouvrages d'Aboû Zakariyâ llayyoûdj, son Traité des lettres 



HISAF.AT AT-TAKRin WAT-TASHIl. i>G9 

ÏL-A-^j A_\.i Js Li »_x-t \A.j\ LfiijU««w« ejjsKAi (j^-Aiil e:ji^j> tjLo» 
ii J«s.*Jl J.AAA». (Ji J^_jJ_5 :>Lw^'i i5-?^ (i5 »j^* ij ciU:> ^J t^L^I 



(jj»X.X-»j ^^ iaJià |<\-« ois nip"* Dp J^A»I ^1 /ft-^_j.ï c^^'-« ^_j-«'' i 

' I). a; N. .'!. I.a citalion n'esl pas litli-ralo; elle le devient p. i^yo, I. '(. Les 
niss. arabes de Hayyoudj portent, i. 7, ;l^l. 



douces et son Traité des racines gémiue'es. Je me suis mis à la be- 
sogne avec empressement et sans hésiter, tant je désire ce qui t'est 
agréable, tant j'ai à cœur de t'accorder ce qui est à ta convenance ! 
Je prie Dieu, dans sa grâce, de me diriger par son inspiration, 
ici et ailleurs, vers le chemin droit, et de me conduire, par son 
assistance, dans la voie de la vérité. 

Aboû Zakariyâ a fait connaître en tête de son Traité des lettres 
douces le motif qui Ta engagé à le publier. Il dit : trCe qui m'y 
a décidé, c'est que les hommes ignorent les règles de la conju- 
gaison des verbes faibles et se trompent au sujet de leurs racines. 
D'après eux, la racine de ham, yâkoum serait kof, mèm seulement, 
et ils ne tiennent pas compte de la lettre faible quiescen'e inter- 
médiaire, pour laquelle on a même écrit un oléf dans wekam 
{Osée, X, 1^), et qui est le deuxième radical du verbe. De même 
la racine de schâtâh serait schîn, tàw seulement, et ils n'ont pas 
égard au hê, qui est le troisième radical dans sclultàh et qui se 
change en tjôd dans sclnititi La racine de watujf-linn (I Sam. \xvni. 



270 OPUSCULES D IBN DJANAH. 

r'^^in »\^ (t)i_5 nDx v_XÎi ^ iUXiU-o inDini ^l^j ^i U-^*^ ^^ ^^^ 

iiU i^LvSj _jj! Jb (jvM' Ojv-s*- c_jLjO i_jLAJb (Jl slfti \.^K«»ôl=s- 

u'j ^\_jJî IslJuvL "insm hdvS* c^r-« JlJM (j^ )^ *5oii kii» nir nnu?"' 
Dip"» np ,.j-« JLi-j (ji. n'irs"' "D'^'C^ ^I u'S"' "tiu-'z C'"'2'in (j^ JUu 
unv "Dw'""' w"!"' 'crr w'- (j-^j ncp"' \n'«Dp nnp _jî □"'pi"' ^"lDp'' np"» 



2Û) serait un pé seulement, et celle de hnbîscli , bel, schtn, el ils ne 
voient pas que le wâw, dans walinfêhou, remplace ïàUf Aq nfàh, et 
le wùiv de hoMsch, le t/oV/ de yàhèsch.r^ L'ignorance sur ce point et 
sur ce qui touche cette catégorie de verbes, et ce qui s'y rattache, 
a donc provoqué la composition du Traité des lettres douces. 

Aboû Zakariyâ poursuit : "Et lorsque l'on soutient que la ra- 
cine de wattnfèhou ne consiste que dans le pè, celle de hdinsch dans 
bàsch, celle de yahoiim dans kùm, celle de yùdouscli dans dùsch, 
et de même celle de schâtàh dans sclmt, on est alors autorisé à 
former arbitrairement de âfùh wailifèhon. en laissant tomber le 
wàw, de hôhîsch basrhti ou bàschttî, de kàm yâhamit ou kàmîtî, de 
dâsch yàdasclitî ou dàschîtî, enfin de schxUàh scliiit ou yàscliat.-^ 

Commentaire. — L'idée que ces hommes se font de la racine 
légitime seule cette conclusion, parce qu'à leurs yeux ces lettres 
qui sont premiers, deuxièmes ou troisièmes radicaux, ne sont que 



lUSÀLAT AT-TAKIUB WAT-ÏASfl IL. :>71 

<x_jl ^^L_fii Ai o_j^,_«-ll /îcXj^^-L j^ "Tr^ W^-^^i *j_^i; -.Jj.Xj L^a^ 

i)^ c'in"' Tw'2 •v:*"'3m-i (:^ ^y nrij" i)« cp^ tz^ip"" cp v^ JLa-j iJ 

AJul* 5AjtJ f^"^ cjvî '>-^..^*" **^ té*^' Jotill (2>^ l«û;i_j^l ^X^ÀJ"^ 

«*lj 5Aut3 ^^w> (j>J ci)-=»- *"V!^ tô'^l cK»*JI^ (j>J ^;-^ ''*^-^ -î' 

' [). ;{. 1-4: N. .{, i'i-i8. 



des lettres compie'menlaiies irapparlenant pas à la racine : aussi 
peuvent-ils, d'après la règle de leur grammaire, les placer où ils 
veulent, puisqu'ils ne les regardent pas comme radicales dans les 
mots où elles se trouvent. Mais, si chaque élément est rétabli à 
sa place, ramené à son origine et remis dans la voie de l'analogie, 
alors chaque lettre sera astreinte à sa loi particulière et ne quit- 
tera plus sa route habituelle; c'est-à-dire on ne formera plus de 
\àm ni yàkam ni hhnâh , de hobîsch ni baschtî ni bàschîtî, de schàtàh 
ni schàt ni yàschat. 

Abol Zakariyà. — S'il en était ainsi, les fondements du lan- 
gage seraient renversés, ses limites dévastées, ses murs détruits, 
car alors le verbe dont le premier radical est une lettre faible de- 
viendrait un verbe dont le deuxième ou le troisième radical serait 
une lettre faible; une confusion analogue se produirait dans les 
verbes dont le deuxième ou le troisième radical est une lettre 
faible. 



272 OPUSCULES DMBN DJANAH. 

»-<^lj t^*Xjl w"'2'!n J^ol yi Jlï (J-» J^ y-C -jjX? ^ (J^r-Î O)".*- 8-^lî 
\-lC*2 <\^~o JUj (ji kJii u2 *ù'2"' (^ AA^iÀii ji^jJ! _j^^ CJrJ c3>-=»- 

(jjO ij>j-s^ <X_^^ ^5! 5-^1; ^_x_s >t=>-^j (j;v.J 0>-=»- <>oL<i <^<^'^1 ^Kj^iî' 

3Î "•DDp"' □p'^ iaji.3 np mp"' cK-oi ^! Jiï ^j^ Jyi ^ UàjI -yiy U 

x>jj (jvJ tj;.^»- -i^^ t5*^î cKxÀil kilJ4X5^ *lyu iijij ''n"'Dp 7)12^" 
ÎIDV J«oi ^1 Jlï (j-« J_ji y.£ -jjAj u» ^^ 0^.=»- ''^^VS* _5Î S-^lî t^JW 

^^ C^x-il J^-is? i)! _^>;i U ^3.-4- ^jJLJcli p^À5U! -Uài^ ^AaxJi 
^* /»>4Àj yî ^ii^j (J~«' f-cli iaJ»* *^Ji :>_j.AaJiXl ,jbuiîlj (_,»^ jo 
' D. 3, 1:5-16; ^. 3, 3o-;5;i. 

Commentaire. — Par les mots : Le verbe dont le premier ra- 
dical esl une lettre faible, etc. il entend la conclusion re'sultaut 
de l'opinion que la l'acine de hôblscli . dont le premier radical est 
une lettre faible, un wàw mis à la place du yôd de tjàhêscli, est 
tout simplement bàsch, conclusion qui permettrait de dire hascliti, 
dont le deuxième radical serait une lettre faible au lieu du pre- 
mier, ou bàscliiti, où le troisième radical deviendrait à son lour 
une lettre faible, l no conclusion analogue pourrait être tirée dans 
les deux autres cas. 

Aboù Zakariyâ. — Je n'ai eu l'intention, dans cet exposé, ni 
d'employer des expressions belles et éloquentes, ni d'écrire des 
phrases bien agencées; j'espère seulement n'avoir pas trahi ma 
pensée, ni manqué le but que je me suis proposé. Ce que je désire 
et ambitionne, c'est quon me comprenne et qu'on saisisse ma peu- 



RISÀI, AT AT-T\l>i;il'. W \T-r\>llll.. '2l:\ 

i^i-Vj^ l (} . ir! g ° j (jvWI o_jyj>- t-jljo ^^ »Xj fZji ivAA-^ '-^b^ ^J<Xj 
-lÀ^Î J-ajL«j J_jJiJi ^fXAx» aS^vj cj^ 3I (j^jlJ>vXcl Jy»il lJs-tf> LcU 

t3j-Aà_j». 45*>sJl (jJi (jJi-i:il -'^Ji pUàJj ^-«aiJ! tXli^ JaxWi ij^ 



sëe, quelles que soient les paroles dont jaie pu l'aire usage, quel 
que soif le style dans lequel j'aie écrit. 

Commentaire. — J'ai été entraîné à parler de ce paragraphe, 
bien que le sens en soit facile à saisir et à pénétrer, parce que jai 
vu s'y glisser, dans la plupart des copies, un mot mal orthogra- 
phié et en altérant complètement la portée, et cette même faute 
se retrouve dans presque toutes les copies du Traité des lettres 
faibles que j'ai eu loccasion de voir. Au lieu du mot aldjayijid , 
ils transcrivent algalr\ ce qui fait contre-sens. L'auteur a simple- 
ment voulu s'excuser de renoncer au beau langage et au style 
choisi, car son but est uniquement d'expliquer clairement son 
opinion, quelles que soient les paroles dont il ait pu faire usage. 
Le mot mil qui se trouve en tète est négatif. Le sens est : Dans 
l'ouvrage que j'ai conf;u, je nai eu l'intention, ni d'employer des 
expressions belles et éloquentes, ni d'écrire des phrases bien agen- 
cées, et j'espère que mon langage, bien que dépourvu de qualités 

' Kn caradères li.'-inciix, ■)M!;^ et Tjbf> se conl'otidenl lacilemenl. Cependant 
les niss. porlent (inetqiielois |i((tir le dernier i->\y^t. 



•J7'i OPUSCULES I)IB\ nJANAH. 

Ai J._> JlS>Ji ^-£ SjZS^ \^y^%i âJu<xj^ '^y.^^\ aJuAjLU ^Uj^ 

Jlr «-jj A_5^j_s»- ^.5^^_sfc Lw_ijr„>» ctVc ni'Zw' ,jv^i J>-tf>i -^j^-c 

' D. 8. 07: \. '1, 24. — -^ Ms. iir. <le Havyoudj : ^-a_J' sj^— ' 0- -^ 
3o; i\. 4,26. 



supérieures, ne trahira j)as ma pensée et m'aidera à l'exposer avec 
clarté selon mon désir. Aussi Aboû Zakariyâ ajoute-t-il : ff Et peut- 
être celui qui étudie mon livre m'accordera-t-il ma grâce sur ce 
point ou sur toute erreur qu'il remarquera. ■« C'est d'un homme 
bien élevé; car on ne saurait guère avoir langage plus j)ur, ni 
phrases mieux agencées! On ne peut donc lui faire un crime des 
erreurs qu'on peut rencontrer dans son livre, car l'être humain 
est faible, et sa nature incapable de perfection. 11 faut au con- 
Iraire le combler d'éloges pour ce qu'il a créé, el lui être gran- 
dement reconnaissant d'avoir si bien devancé tous les autres, 
(rest lui qui est notre bienfaiteur et nous rend ses obligés. 

Afior Zakariyâ. — Ine lettre mue est une lettre prononcée 
avpc l'une des sept voyelles que les hommes de l'Est appellent 
les sept rois. Après les avoir énumérées. il poursuit : Une lettre en 
repos est une lettre prononcée sans a»icune de cefi sept voyelles. 
Puis l'auteur s'arrête court. 

Commentaire. — Le commençant doit savoir que la lettre en 
repos est celle qui est pourvue du schehd' pur, cest-à-dire le schebii. 



MISAI, AT AT-TA K II 1 1') W VT-TASII I L. 1)75 

*[* «..>^_3C'^ 33';:'^T OV-^ '-^-^3 ^Dl^l *[; c>wj^' ^^ JJl ^VDcJI J-i» 
Ul_5 pS ;Ni' PS' p-C"»! oli^ (j>.^ <--*-^J 2p>""'D "iin Jii_j -fij «---^^ 

viLJi^ nPDJi_j pirJI^ pic?Ji (^^ l^ji-* ci>>,^" cjI^,.». ja^JI sj^i& 
iL5^-j>- 5«X-£û_j vilXjLÎi _5-*? W^^^:» O^J^' W-* «jtij^ii jU! /vjS^ 

aSyJl ui. ;;ijJi ji ^utj^j n^ iU^UJi iiJiii ^j^sj -^a^i i piu^-Ji 

dont le son n'est incliné vers celui d'aucune voyelle. Un le! scliebà' 
ne se trouve jamais au commencement il'un mot, mais toujours au 
milieu ou à la fin, comme le schebà' sous le rêscli ôetvayijirkab, etc. 
ou les deux scheha sous le bel et le kafde wayyèbk [Gen. xxix, 1 1), 
sous le rêsch et le dàlét de weijèrd {Nombres, xxiv, 19), sous le 
schrn et le hof de rvaiiyascltk [Gen. xxix, 10). Mais le sckebcV place' 
au commencement du mot est mû, comme Tont expliqué les gram- 
mairiens les plus éminents et le plus autorisé parmi eux^, Aboù 
Zakariyâ, en tête du premier chapitre du Traité des lettres douces. 
Parmi les sept voyelles, il y en a trois primitives, le schoiirék, 
le hirék et le patah. Celles-ci répondent aux trois mouvements na- 
turels qui existent dans le monde : celui qui part du centre, celui 
qui y aboutit et celui qui tourne autour. Le mouvement qui part 
du centre est celui du feu s'élevant, par sa nature, de la terre 
dans la direction du ciel : c'est là le mouvement du scLourék dans 

' Le ms. a : 'i ijiS r->D orb'pp'. Faiidra-t-il transcrire ^^X^aJ", et traduire 



Et A. Z. leur ressemble sous ce rapport? 



18. 



•27G OPUSCULES D'IP.N DJANAH. 

»_^JLÎi L^-aJI <_>.i£>LÀ.3 j^i Ajl<|_\JI ^Xj tii ^^w»- Axflo ^Axj L.**<»ji 

nnc (j^ c -àa^ j*op nnr _j.it^ ts^-^' VodJI^j ycpJS (^^.i oSnJI^ □'7n^i 



le langage, car l'organe qui le produit élève le son vers le haut. 
Le mouvement qui aboutit au centre est celui de la pierre lancée 
en Tair, et qui, contrairement à sa nature, s'élève par suite d'un 
offort violent; puis, lorsqu'elle est arrivée au point extrême où 
expire la force motrice, elle tombe en bas conformément à sa na- 
ture. Tel est le mouvement du hirèk dans le langage, car l'organe 
qui le produit pousse le son vers le bas. Le mouvement autour 
du centn^ ressemble au mouvement du ciel, qui tourne autour 
de la terre. Le patah a ce mouvement dans le langage, car l'or- 
gane qui le produit lui imprime un mouvement de rotation. Ces 
trois voyelles sont les mères de toutes les voyelles et sont seules 
primitives; les autres en sont les filles et en dérivent. En d'autres 
terme? . le hàlém et le hùméii dérivent tous deux du sclwnrék, puisque 
le damma est par rapport à eux trois comme le genre par rapport 
aux espèces; seidement, il y a une gradation : le scitourék est au- 
dessus du hdlém, et celui-ci au-dessus du kâmés. Le ségôl ou patah 
kouhi dérive du patnfi g<\M , puisque le ségàl. dans la prononcia- 



Kl SALAT AT-TAKHir. \\AT-TASHiL. i>77 

ij^ t^À_A_j; >^3•Ji Ui_j ^^-^^ i^-tf» t>^> Uj cp'^^y D?"'':'N □-'?1P 
^J^^ p^nJl^ Jsî-j nnD^l ^/-^ (J>^ ial^y:-* a>^ (jI ^i^ pnnJi 

Di'DD n^m JOi^ io_j^^i iOvAjiA**ii jUi:!^! j »l^ *J^j-=!^3 p^nJl 

{jy*^: il ;JVAsji^^Jk*Jl (^1 *jAff v_ÀJlJ^ Aij~XJ ji w^^ Ltf^ ji Jiî 

' D. (),8-io; N.G, 5-7. 



tioii, incline vois la patah , coninie on le reconnaît dans kôlkém, 
àlékén, '^àlèkéin cl autres mots (lu même genre. Quant au sèré, 
il de'rive du hirék, car son émission est intermédiaire entre celle 
du patah et celle du hirék; selon moi, elle se rapproche davantajje 
de celle du hirék , car, dans bien des cas , le sèrè est employé à la place 
du hirék, et comme lui dans les verbes au futur apocope, comme 
dans wattékah [Job, xvii, 7), wattélafi [Gen. xlvii, i3), ivaltèta 
[ibid. xxi, i/i), etc. Si Ton veut soutenir que le sèrè dérive à la 
l'ois du hirék et du patah, entre lesquels il lient le milieu, ce 
n'est pas impossible, et cela mérite réflexion. 

Aboù Zakariyà. — Il tant savoir et retenir que les Hébreux 
n'ont jamais trois lettres de suite vocalisées dans un mot qui ne 
renlerme ni gutturale ni lettre géminée. 

Commentaire. — Aboù Zakariyà veut dire» qu il ne peut y avoir 
trois voyelles de suite dans un mot (jui ne renlerme ni gutturale ni 
lettre géminée, mais qu'on peut en trouver trois réunies dans tout 



:278 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

aaJI a..j_^ji ^ U iil L^-^ Jo L^-> cj>^ÀJi (jN-Aili IxJi (j^_5 y"n"ri"N 

' Ms. o^L 



autie mot. En recherchant les mots renfermant une gutturale ou 
une lettre géminée, dans lesquels trois voyelles se suivent, j\ii 
trouvé que la plupart d'enlre eux, tous même si ma mémoire ne me 
trompe pas, contiennent scliebà' et palah, scliebà' et ségàl ou schebâ" 
initial. Il n'y a pas d'exception à cette règle. Exemples de mots 
renfermant une gutturale : wae^ëmod ^âlâw wa'àmàtetéliou {II Sam. 
I, 10). Dans w(Ve^ëm(kl, trois voyelles se suivent, dont l'une est le 
scheba et ségol sous le ^ayin; il en est de même pour waâmôtetèliou, 
où le wnw a palali , Vàléf schebâ' etpatah et le mèm holém. — Le palah 
du wâw est dû à une cause inconnue à tous ceux de nos devanciers 
dont les ouvrages nous sont parvenus, .le l'ai découverte à force 
de recherches, d'études et d'efforts persévérants pour m'expliquer 
ce qui m'était resté obscur. Je te ferai connaître cette cause à la 
fin de mon traité; j'aurais craint, autrement, de rompre la suite 
de mon exposition, puisqu'ici il n'en a été question qu'incidem- 



RI SALAT AT-TVKIUH WAT-TASHIl. -J7!» 

»x_ji-3 nnnc'? 'n "i:n'?t:;"'T aLJl^^ u^uj x5JL^ ^oil^ nps^ N3C'j 
Jo_j cUi cj^-sr nnD^ iS'sc' Ulos-s»-! t-^i^y-*- ^_;i nrnc**? i oJly 

i c^i_j-j i^sj; □■'Vnî; inDD' cKii ^rvXjîJl! ti«l^i ^^ idL*3l j^i' 
r'?^"' "''^Sd ''h'i) aK_a_^^ nnD^ Nnc L_ iûlJ^;s-i i^^j.^>~ i±>^Vj •i'?'?^; 
L>^.;L^ cyl<^-j»- t_.j! aa* '-^^1>> □"'"m'ia vù'wD"' Dnr n'7'7p D''y"in 
(j% A-ii o»-^' nnD_j nse;^ UJt c:a-^" nncJij ci3j^ ^o Ijo:a^ n3w 

' D. 5, 11 ; N. 5, if). 



ment, et cependant je suis trop de'siieux de t'ètie utile pour ne pas 
y revenir. — Autres exeni|)les : leschahàiàh [Gen. xix, 1 3) renferme 
quatre voyelles consécutives, dont un sclieba eipatah sous le liét,el 
le sclieba initial qui, on le sait, est mû, de sorte que le làméd em- 
prunte sa voyelle au schîn qui le suit; dans mahâlaVèl{Gen. v, i 2) une 
des trois voyelles consécutives est encore scheba eipatah. De tels cas 
sont trop fréquents en hébreu pour qu'on puisse les énumérer. 
Exemples de mots renfermant une lettre géminée : silàlà [Job, xl, 
22), avec trois voyelles de suite, dont l'une est scheba elpatah;gi- 
lâlay [Néh. xii, 36); milàlay [ibicL); yilàlat (Zach. xi, 3); kilàlat 
[Jug. IX, 67); yemaschàschou [Job, v, i4), où se suivent quatre 
voyelles, dont scheba' initial, mû par un patah, sous le yod, scheba 
et patah sous le schîn; kinànou [Ezéchiel, xxxi, 6), avec trois 
voyelles, donl Tune est scheb.i' el patah. Telle est la pensée 



i>80 OPUSCULES irim djanah. 

i-LJLA.Ji ,^^^ ^''n'Ti'N (J-. A-IL*», Sjjt.io culi^ c:>Js-s-_j »xjs_5 (_^T:-XAi,! 

''jN" *Jfc~i ^r^^ *«-'*^^ (**o'3 vjl^-=*- cj^Aj \a^ >^j>jt4i\.s>-\ (j\-iiii 



(FAboù Zakariyà dans les jjaroles que nous avons expliquées et 
où se trouve implicitement exprimée l'idée que les Hébreux ad- 
mettent trois voyelles consécutives dans les mots qui renferment 
une gutturale ou une lettre géminée, comme les exemples cités 
(Ml fournissent la preuve '. 

Le point où. à mon avis, il sVst trompé sans aucun doute, c'est 
lorsqu'il nie que trois vovelles puissent être réunies dans un mot 
ne renfermant ni gutturale ni lettre géminée. Or, j'ai trouvé de 
nombreux mots de ce genre, où trois et même quatre voyelles 
se suivent. Exemples : kiràbat [Ps. lxxiii, 28), avec trois voyelles, 
dont l'une est scheba et patah sous le rêsch; ketimàrdt [Cantique, 
III, 6)^, avec quatre vovelles, dont scheha el patah sous le mêm; 
laschschàfannîm (Ps. civ, 18), où Tune des trois voyelles est schebiV 
et patah sous le schîn; weVischàhènmj [Ps. xxxi, la), avec quatre 
voyelles, dont un scheha initial sous le wàiv, mû par un patah et un 

' Voy. Rihndli , p. 98. — - Cet exemple est mal choisi, car, comme la mas- 
sore l'alteste, il faut 1111 */of/ après le tdir (cf. Minhat Schai sur ./oé/, m, '^ ). 
Partout cù dans ce mot le i/'îf/ niaii(|ne, lo mêm a ftngèsrh. 



UIsALAT Ar-TAKIUn VVAT-TASIIIL. :>8l 

nnD_5 ai'c^ ^\^\ <->^< nncil» ^J^ -v \>yjjLA st" l^< ^jI^^j». 

l_iûi.X-»-l L_>l<,_»- c:>>x»5 aa3 (_^J!y "iDV'ù'" r-: o^J^ <-^ nrc_j 
^\^_a- ii>>>^- -\-A^ «-aJI^j ncN*"' p"'ï'?* Ji^Ji CA-:^' nnr_5 n2C' 
cy>V_-i Ans-» c-*JI_^ n*c'3 CDt3-) j.!:5^Ii c:-»-^' nn^j N2Cr UIJs.»^! 
l_xJi wi'Dn n'?'! "'Cp^n'i •'^UiJI «->^;^ nrc_5 xrj UI*Xr^l ^^j^ 
-■^Jl i Lcî_,l ÎOs^j lilj-^ C:J^r*-Jl "in'?~ ")3D1 nnDj N*3iyj ic5^ 

' D. 5, 11-12; N. 5, 17-1». 



scheha et patafi sous le scliin; oukàràb [ibid. lv, 22); nklàrou {ihid. 
i.xxvi, t 2); oulàsiyyon [Ps. Lxxovii, 5); routàfasch [Job, xxxiii, 26); 
outàboukscln{Ez.xx\i, '2i);oiisàg6r{Is. xxvi, 10). Beaucoup d'autres 
exemples encore se trouvent dans la langue hébraïque, etjenesais 
pas comment ils ont pu échapper à Aboû Zakariyà; mol aussi, j'ai 
omis d'exprimer à ce sujet mes doutes contre lui dans le MoustaUjik. 
On ne saurait objecter et dire que l'arrêt^ précédant la consonne 
affectée du scheha et du patali dans chacun de ces mots et autres 
semblables produit cette vocalisation. Mais qu'imporle si cet effet 
est produit, oui ou non, par l'arrêt; ce qu'il suffit de lemarquer, 
c'est que les voyelles se suivent et qu Aboû Zakariyà n'a statué 
aucune exception résullanl de l'arrêt. Ce ([ui plus est, nous 

' (_^ « "plarnr un irakf^^ ou lui météj^. 



282 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

riNT* JJLjo o«-ijii iJ:j^ *Xjtj U «iLjj^ j^xj xHy^ «_>U^ btX->-3 

i_^>j-* Aa»Uj uÀAiycJl ! jsJ^ jl Uîj! l^ryw ^_5 "lî^^wl TTîj (j^o^ TDu'D 
iobj.li Oj)j^ SJsJi *>Oïj (ji J_^J yi L<À>i J^jLx^ U**-^^ A.*ii=>-i:> 

iND ^:D'yr'?i pi'^, '2b Dipi ^i^_j iDt:'D |rfv-«5 iD^u'i m: y_^ <^^l 
c^T^_5 i._3Loi)l -iJ^ ^ ,h « il .Ij, ^xj ^i5J^^)l i JUiili c:*i*lî 

ItXjÛ i_A-XAiîJ ^_X*iaJ i^iJCoj ^*i-=*. (^vio C>-Ajjl >Xi jl jUsl Ijl^ i<^<^ 

jjl 4^^«xJl »«x^^J J5UJI [•>X)^ Uiû AiUi <_Aolj i<x>(^j 'î^ c^y-^' 

avons renconlré des mots où la présence de l'arrêt n'empêche 
pas que la consonne suivante soit dépourvue de voyelle; par 
exemple, ijiyat [Prov. viii, i3), mischhou [Exode, xii, 21), kir'ou 
(I Rois, XXI, 9), etc. Cependant il n'y a pas de différence entre 
mischhou et nidârou. En outre, cet arrêt lui-même se rencontre 
tout aussi bien avant la consonne vocalisée dans les mots qui ont 
une gutturale ou deux lettres géminées, et y suit donc la même 
règle que dans les autres mois. Ainsi tombe l'objection. On ne 
peut pas non plus soutenir qn'a[)rès ces consonnes pourvues de 
l'arrêt, savoir le noiin de nidârou, le mt'm de misclikou, le wàw de 
oûkàrab, le liîm de welischàkènaij, etc. il faille sous-entendre des 
quiescentes de prolongation , puisque nulle part les lettres de pro- 
longation ne sont placées apiès le |)remier radical de l'impératif, 
ni après le wàw copule, ni après le làméd préposition. En don- 
nant ces explications, je n'ai cru révéler rien de caché ni dire 
rien d'ingénieux, vu la faiblesse de l'objection et de son auteur; 
mais j'ai voulu eu |iail(M' ici, parce que j'ai été (ontredit par des 



RISALAT AT-TAKH(I5 VVAT-TasII il,. ii83 

^:>j-i\ aMI viLçA-s- ^-tlj ^-»^^ ^j^3l_j-*« -N^Aii! '-'ij^^ y'n'n'N 

yj,_^Jcio ii^ D'''?'?C/ Dn3"l □"'DDn JoL* i ej>l(,j»- e>>>o ^^ ^i (ji 

^L«*J! _yl^yO! -l.^fJl (^^^-iJL! tK^I *l.aNj o*^*:" *î>» t^ j».i^Ui ^^ 



personnes peu versées dans celte science. Du reste , pour être con- 
séquent, ii faudrait que notre adversaire supposât également des 
lettres quiescentes après les consonnes pourvues d'arrêt dans les 
mots renfermant une gutturale ou une lettre géminée'. 

Sache, ô mon ami -, que des gens parmi ceux qui prétendent 
posséder la science du langage ne se sont pas aperçus des trois 
voyelles consécutives dans les mots ne renfermant ni gutturale ni 
géminée que j'ai cités comme exemples, et s'imaginent néanmoins 
qu'il y a trois voyelles de suite dans des mots tels que hàkùmîm, 
debârîm, sclielàlîm. Mais ils oublient la quiescente indiquée par le 
kâmés, parce qu'ils ne la voient pas fixée par l'écriture. Certes, 
s'ils avaient jamais assisté à la récitation faite par un lecteur ha- 
bile de rOrient, doué par la nature d une voix juste et pleine, ils 
auraient distingué la quiescente dans la prononciation, quand 
bien même elle n'est pas apparente dans l'écriture. De même, ils 
ont cru que trois voyelles se suivent dans des mots comme sclie- 

' Cependant la vraie expiication du passage de Hayyoudj csl donnée par 
I^ Mosé Haiilcôhèn dans ses additions, N. i' ,7-16. — ^ Lilleralenienl : Que Dieu 
fasse éviter le mal et If dirige dans la bonne voie! 



284 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

J«w.i_5 j'Lîp yOp ^v^i! A^A-i (^oJt "'-'^iii ^*^^S JijJl (j^îLJl Jl 

!^j| (jUaj i' |î2p yDp^ Vnj vDp (jt iâ^Ai^il i iuXjS' i âj ji Jb» 

y^^jJùj «fcX^L (j^JvAjtj i) (Oi^ji lièt>v.=»-i cJ^-l/'^-' '^^ W^^ l*Xiî) 
■T'2:n •ù'2"' i>i »:>Ov_*i.-i! oy— s.-^! s*X>j£) ^;j.« »X-s».i^ J^ i -o^*Xà^ 
-Pili^ij ÀÀXxji^l iiU^i)l (O^UoXil i c^lxMI t_jljsi°! iou^ia \^s. 

ri2u'p ;j?r--i i i_jJjtj J.JJs5^ tiih=»-^' li (^*W (^*>^*-l ^ys^î^ 

' D. i7(,, 6;IN. i33, 2. 

kènîm, hàbèrîm, sans tenir compte de la quiesccnte indiquée par 
le séré. Or Aboû Zakariyà lui-même, dans son livre sur la ponc- 
tuation, dit : Le kàmés gùdôl et le kàmés hàtàn [séré) précèdent 
toujours une quiescente douce, qu'elle soit apparente dans l'écri- 
ture ou non. Nos contradicteurs prétendent aussi que trois voyelles 
se rencontrent dans ijabhéschét, kaschschébét , daUékét, etc. Ils com- 
mettent en cela une double erreur. Leur première erreur consiste 
en ce qu'ils ne tiennent pas compte du dàgésch et disent qu'il ne 
provient pas de l'insertion d'une consonne sans voyelle, puisqu'on 
ne trouve, ajoutent-ils, aucun exemple analo{{ue d'une lettre in- 
sérée dans ces mots pourvus du dàgésch, car tjàhésch [haïe, xv, 6), 
hikschabtl [Jér. vin, 6), wedàlekou [Obad. i8) sont sans dàgésch. 
Par ma vie, s'ils connaissaient à fond la méthode des lexico- 
graphes, quand ils découpent les divers exemples et établissent 
les différents paradigmes, ils sauraient que les lexicographes ont 
redoublé le bét de ijabbéschét et inséré l'un des deux bel dans 
Paulre, et qu'ils ont l'ait de même pour le scbin de kaschschébét. 



RISÀLAT AT-TAKIUB WAT-TASHIL. l)85 

l^bU U_5 ]pn_j ^rm oi*^ jîN ^lj_j -13N^ -!3D'3 "'2" *'^^ ^P^"^ f^^ 

A-*.-Lc ^lyJI ^^''■^"j ti^ *Xjç^rUl U^Aixj i jiJi aX* ^l< U;^^ 
n3-i3:_j ny-ii' *lj_5 I^Uj^j npH^ nc'3^^ n3c;p (j:o J-tf>^ o^r-^^^' »*>>-^ 

(J^ (j^ k^r'^"'^ P2-'3"'j n3U?p i iiiiXUl ^y^bi^^Ji \j^ np"13 *i;_j <^l»^ 
LUahI (_>>j«JI L.<jA.<^*aJ5 jt-îaU^ w^MfcÀJi t_>l:a:?l 1^<\.aj *ij.r>-i Àj!>Xji' 



le liiiu (le (lallckét, les A^'V de dibhrr. scliibbèr él 'ihhrti , \e zmjin de 
JzzeVi (£cc/. \ii, ((), le l;()/ (\e liikkèr [ih.) et de ï«H"f'" ('Z^-)' ^'*^'- 
Souvent ces dàgèsch sont l'eiï'et, soit d'un renforcement, soit d'une 
simple convention. Comment ont-ils conclu que, dans ces mots 
avec dûgcsch et autres semblables, il n'y a pas de quiescente in- 
sérée, de ce que, dans aucune forme, les deux lettres semblables 
ne sont écrites séparément, et de ce que toute la conjugaison ne 
présente de lettre insérée dans aucun de ces mots? 

Y a-l-il donc une différence entre kascliscliébét , i/abbéscliél , dal- 
lékél, et le sâdè et le résch dans sàra'^at et sârébét, ainsi que le bel 
et le résch dans bârékét, eu égard aux quiescentes insérées dans les 
trois premiers exemples? Certes, si kaschschébét , pour sa divi- 
sion en syllabes, n'était pas conforme à l'exemple de tinscliémét , 
c'est-à-dire si l'un et l'autre n'étaient pas composés de trois par- 
ties, que les ashàb an-nasb^ nomment des coupes et que les Arabes 

' Nous n'avons trouvé nulle part ce terme. D'après un passage, tiré de la Rhé- 
torique (le Mosé heu Ezra, il serait réquivalenl de ^ a/olja^l. Voici ce passage : 

II J^^^l^ «JjLjlII er^^^^ t>A£. j^j :>[:ij^\j i_:,i>.J^\^ jfy^f; 

«Mais lorsque pendant la captivité on s'appliquait à composer des pièces de vers 



286 OPUSCULES DIBN DJANAH. 

-iDti* JoL« i aXJiû Jl«i)! cy!*ls Osjtj ikÀ-4SI (j.:^i^*Jl Ij^l^ If 
tjj-»Àli IJsJfc c:jU'ii kS^xj <\JvJj.A^ ^«^sU-**- Uiïj\ '^■^l^ IDU^ ~3N» 
J^o^i (ji Uîji Jj-si^ U&^ii_5 -!3Xj -)3iy^ -iDC A^xiiJi JUi^i ^j-. 

npHj r>'CT^ n^up JI-a-« <^ Js._j|^.-i.jLJi Dp^33 nni'i^ ninî: j 

i^«XJL^ U^"' U^ W^^j y^ c^' ^^^ j-S*J' (j^ïi_j**Ji (j-« (jo_j^ 



appeilent des cordes^, alors il ne faudrait pas, en face du noun sans 
voyelle de tinschémet, une quiescente insérée dans le schîn de kasch- 
sckébét. Je m'explique plus clairement : d'abord, de même qu'on 
ajoute des quiescenles douces après les premiers radicaux des 
verbes dans leur forme légère, comme schdmnr, àhad, schâbar, de 
même on ajoute, eu les insérant, des quiescentes qui ne sont 
pas douces, après les premiers radicaux de ces mêmes verbes dans 
leur forme lourde, comme schimmér, schihbêr, ibbéd. Ensuite la 
forme primitive de sâra'^at, sârébéi, bàréhét exigerait un dàgèsch, 
d'après l'exemple de kaschschébét , etc.; mais, comme le rêsch n'ad- 
met pas le dà{rêsch,({es quiescentes douces ont remplacé les quies- 
centes non douces qui devaient être insérées dans les rèsch. La 
même chose arrive pour les lettres déterminantes, lorsqu'elles 
précèdent des gutturales : les quiescentes douces sont substituées 
aux quiescentes non douces, qui seraient insérées dans les lettres 

«et à y observer la mesure. !a rime, les cordes el les pieux, ces derniers nom- 
«raés par les Ioniens coupes (jofiai) et pieds, etcT? Voyez aussi SchiapareHi, 
Vocabuîista in arabica (Firenze, 1871), p. 58o, 1.4. 
' S. do Sncy, Gr. ar. II, 61g. 



lUSÀLAT AT-TAKIlil{ W A MA S II II.. -287 

Job Jls ^Jlj JotiJi *Uyc» U*xJm) U^jU, Ij^.»- 'i^« vX^l^ J^ i 



suivantes, si elles n'étaient pas des gutturales, (j'est un fait cons- 
tant et démontré pour les hommes intellinents, que toute lettre 
a\ec dàgèsch est à la place de deux lettres. Si nos adversaires per- 
sistent dans leur opinion, il n'y a de recours qu'en Dieu contre 
leur ignorance. La thèse que je viens de poser, que toute lettre 
avec dâgêsch est à la place de deux lettres, est confirmée par la lec- 
ture avec une motion de tout schehiV placé sous une lettre avant 
dàgésch, comme dahbàrou [Genèse, l, 6), gaddàlou [Psaumes, xxxiv, 
û), etc., de même qu'on a l'habitude de prononcer avec une mo- 
tion ie second de deux srheha qui se rencontrent, comme cela 
est noté dans le Livre des sons et dans d'autres ouvrages. Aussi 
est-il attesté que le bèt de dahbàrou renferme une lettre sans voyelle 
qui, pour cette raison, est affectée d'un patah à côté du schebâ\ 
comme le tàw de yittànou (Exode, xxx, t3. et passim) et le dnlél 
i\e yiddàbérinou (ibid. xxv, a), où personne ne met en doute qu'il 
y ait une quiescente insérée, représentant le premier radical du 
verbe. On dira [leut-èfre : Si toute lettre avec dâgêsch est à la 
place de deux lettres don! la première est sans voyelle, comment 



288 OPUSCULES 1)•1B^ DJANAH. 

jO^^ i ji dlJi tjvj *Xi^ ^%-A^^ "'3t:"' -121"' i t5*>^Jï tXi* J-'^Ji^ 
(jàjsî JwAJii- jljiJi_5 ynz uv"?!:*! nrù'^ nz^"' p^Dz n^i': nnp □ti^n 

CJ^^j-xiJl *X-r*l (j\ ^^ JhS-Î'>^-Î'^ n\13n mCr T 12w'"' "12-^ JXo 
' D. 8, 32 et suiv.; N. >^, 97 et suiv. 



expliquer que des mots coinmenoenl j)ar uue lettre ayaut dâgêsch, 
comme berê'schU [Gen. 1,1); gad de lou (Psaumes, xxxiv, /i); r/oV 
(îèîV/. cxLv, Zi), etc. puisque Aboû Zakariyà soutient que les Hé- 
breux ne commencent aucun mot par une lettre sans voyelle? 
Nous re'pondrons que de tels dàgèscli sont seulement regardés 
comme des dâgêsch légers; aussi ne croit-on pas qu'ils renferment 
une lettre sans voyelle insérée; le véritable dàgêsch est celui de 
yedahhèr, yeschabbér, etc. C'est ce qu'Aboû Zakariyà a éclairci en 
tête de la première section de son Livre sur les lettres douces, 011 
il est dit : Les lettres hèt, gimél, dàlét, kaf, pô, Imv admettent en 
hébreu deux prononciations : l'une légère (6/t, gli,dh, etc.); l'autre 
lourde {b, g, d). Cette dernière, à son tour, peut être de deux 
espèces : espèce légère dans bereschît, tèhàl [Prov. xvii, 10), 
yirbéh, yischgéh, bàièkù [Exode, x, 9); espèce complètement lourde 
dans yedabbèr, yeschabbér, habbatlîm (Ez. xlv, ik). La preuve que le 
dàgèsch lourd dans bàiêkn est de l'espèce légère est fournie par le 



KISÀLAT \ï-T\KHIi; W \T-T \SII il.. 08<) 

y"n"ri"kV o^»-' ij^-^-^ J^^-^ CiTs-Î (>^sL*v j_^ ^j^^'j^ mj *xi 'jn; 

C'^^^-s- cjLiLS'j^;^ <Jj,iJi A]Ui\ ^»x^ ^^ j! jLii lAïji Sj-A*.^ c^*l' 

^^ jLj i! Svil^ ^^i (Jyj^ tljOol AXTT^i j^J^il (_;lJi i (^jviSl 

i)_5 là_xJ!l i I4J (j^^-r? ^5^ (^i^ (s-^ ijs-^-'J ^^j^ "(jvW' «-ij^*- 
y^ n-c'::"' j /o^Ai ^j^ jliJi *.>_5JS^ a^U n"'D'?c n^DcJ! J^a^L 

' D. 181, ii(;N. V. 6. — ^ D. 7, 1; \. 6. -^9. 

/ 



kihnés qui le précède. Sache que le jHitah pre'cède souvent une 
quiescente douce devant les gutiurales qui suivent les lettres de 
la détermination, comme aussi dans d'autres exemples tels que 
scha^ar, nahal, etc. ainsi qu'Aboû Zakariyà l'a expliqué dans son 
Livre sur la ponctuation. 

Telle est également l'opinion qu'Aboû Zakariyà a voulu expri- 
mer, entre autres, dans l'introduction à la première section de 
son Livre sur les lettres faibles, puisqu'il dit dans le chapitre inti- 
tulé : Origine des lettres douces et des lettres de prolongation : 
f^Les lettres douces s'adoucissent quelquefois au point de dispa- 
raître, sans rester le moins du monde sensibles dans l'expression, 
excepte par le son de la voyelle précédente, damma , J'atha , ou 
une quelconque des sept voyelles. ^ 

La seconde erreur de nos adversaiies, c'est qu'ils ne se sont 
pas aperçus de la quiescente douce qui est entre le hét et le sclùn 
de yahhéschét. Par ma vie, celte fois ils sont excusables, car, lors- 
qu'on s'est trompé pour ce ([ui sauie aux veux, on a d'autant [)lus 

•9 



:J!)0 OPUSCULES D'IBN DJANAII. 

j^iùS^ yiyCpii Uv^ Jî^ij ^"^#^^ ^3 c'zn i t^jsJLj ^^A-iî 

;jV_ASi ^^.^L«-.JS J^.=:-î U-* ^-l!.' W^ Civ:^ (j^L (ji ,j\< c^^.>i_j.Ji 
i^j^_-i S^ (_j-_j .XJj yx J^jj (^ 2' _j-^ iS"^^ -^3^' O • '-*'^^"=*~ 

j\ ^ ^^)dD J^i ^1 JL- ^' VN ^_5 ^^.S J^i.^3 '^^ ^ij^ j^ J^ 

' D. iK3: N. V, 7.— ^' 1). fi. i->: \. (). ]<•). 



le droit de se tromper pour ce (jiii est moins visible. Ces gens 
n'ont pas remarqué la quiescente douce de debàrhn, hahcrhn cl 
autres semblables, bien qu'elle soil indiquéi; par le liâmes et le 
sèrè; ils n'ont pas non plus reconnu l;i Icllre quiescente insérée 
dans le hèt de yahhéschét. Donc, leur rej)rocber de n'avoir |)as vu 
la quiescenle (jui est entre le bel et le schin de yabbéscliét, ce .serait 
leur faire injustice. En effet, il faudrait sous le bét un sêrè à cause 
de la quiescente douce qui suit; le ségnl du bpt esl une irre'gula- 
rité qui se trouve dans ce mot et dans tous ceux de même forme, 
comme dans érés et la plupart des mots semblables, le premier 
radical a reçu un ségôl à la place d'un sêrê. Pour la prosodie, si 
l'on retranclie fl'abord la syllabe initiale ijab. ce qui reste de yab^ 
bèschéi a la même mesure que érés. Aboii Zakarivà a mentionne' 
l'irrégularité des mots tels que cm et autres analogues dans son 
Livre sur la ponctuation. 

Aboû Zakarivà. — Les lettres douces et de prolongation sont 
au nombre de trois : àléf, ivàw, ijnd. 



lusÀi, vr M-TAKr.ir, w \r-r\Miii.. ^'m 

^ji) L<^l [.i^jt^ s5Js~j (j! ^j^i 0»"=^^ aa^aJI »*X_rf) ^^ ^*='^'^' i*Xi£> 
y (jOJ! A.3lj tl^^J! Ivlj IxA^r ^i_5 Cij^^î' i iCS^jJCi;-* AiXiJ! »Js-£6 

^1^î:'3 ti33 ^^^ JJLo J^"5^I ^lUi! »*ki£)_^j^^ ^ i^U^o^j jl J.Jj> i 
DDHj -13-3 ^DN^ IDC* d <^i Q.^ji_yu,|'Jl JJL<>i_j -■'iu;_5 •l^-'Vd L»^ 

' 1). 7, r> et siiiv.; N. G, 3/1; 7, 1— j. — - Ajouté d'après rorigiruil Jirabc rie 
Hayyoïulj. — ^ D. 7, 7 et siiiv. ; N. 7, 1 '1 et siiiv. 



Commentaire. — On a reproché celle phrase à Aboû Zakariyâ, en 
lui allribuanl l'opinion que le /</' n'est pas une des lellres douces, 
puisqu'il s'est borné à mentionner \àUJ, le yôà et le ivàxv. Cepen- 
dant, il s'est borné dans le passage cité à ces trois lettres parce 
qu'elles participent de la douceur et de la prolongation, tandis que 
le \n\ tout en étant une lettre douce, ne sert jamais à la prolon- 
gation; aussi ne Ta-t-il pas mentionné. Si on objecte que le hè 
est employé quelquefois pour la prolongation, parce qu'il est 
ajouté à la fin des verbes et des noms, c'est une fausse objection, 
car on n'appelle lettre de prolongation que les lettres ajoutées au 
milieu et non à la fin des mots. Aussi Aboû Zakariyâ, dans l'in- 
troduction à cette première section, a-t-il donné comme exemples 
le wàxv de gibbor, scliikkor, le ijod de pùlk et sûrîd, et les «juies- 
centes renfermées dans sckàmar, àmar, etc. sans dire que le lie de 
èlekàh [Jér. \, 5), nièredàh [Gen. iLvi, 3) serve à la prolongation. 

Aboii Zakariyâ. — On ('cril soiivcnî un lu' à la pliicc (ruiie 

' 1> • 



i>.. 



u 



•29-2 OPUSCULES D ll)\ D.IANAII. 

^^>( jj^aJ ^i^ 1<x> J.Ji^i^'^Ai ^Uv.^l_j -"^Ji^^!^i 
^ iOjJ i=Uû l-i^^jl J^jij yij-^^3 ^^ J<-o^i ^ dJ^aI oi.Ji l^il Jyu 

À^'i (j^j A.A_« pV^^ J_jJi'i i<Xi£> jj ji (_^ Lcijt (jJ«.îs <Xi y^\ Jli 
l.^.X_<k.i Lv y\< iisi AÀA>5i uJtJ^^ ^ aAaAJ! ''•-«^■I^^j ;«-*='_^' I Jsjû^i ij 

^-oï^ viJ«.JJ5 diJ (JS-A*« L>i_j <»»«!^ wj»Xj_5 AJÎ-waj^ ^_jw« <XÀ£ AÀ* v_J«-XÀ^ 
' Le ms. porte riibt'». 



lettre douce, particulièrement à In iiii des mois cl des noms. Les 
cas où le /((''est écrit pour XâUfàoxw. à la lin {\{'^ mots et des noms, 
sont tellement fréquents que, où fun s'imagine que l\î/^/doux est 
radical, Tanlre prétend que le hè doux l'ait partie de la racine. 
CoMMENTAiBE. — ■- Ici cncorc on a critiqué Ahoû Zakariyâ, et on 
a conclu de ce passage et d'un autre où il dit : -Le hè doux est 
au fond un rl/e/doux. lorsqu il est précédé diin l/àmés,r> qu'Abovl 
Zakariyâ ne regarde pas le hr comme une lettre douce, et quà 
ses yeux, dans bmwh, "ànMi. etc. le hè remplace un àléf, comme 
celui de kùrn et hùrcW Par ma vie, l)ien loin que cette conclu- 
sion découle de ses paroles et doive lui èlre attribuée, elle doit 
être repoussée par quiconque lui fait justice et réfléchit sur son 
langage. Je vais te l'expliquer; écoute-moi et prête une oreille at- 
tentive, et ne te plains pas si je m'étends sur ce sujet, car on est 
souvent induit en erreur, et grand est le dommage qui en résulte. 



Kl SALAT AT-T\KIUI'. W AT- 1 \Slll !.. -JH,} 

rwi'i r\:2 s <^-J' 1-4-5' j' Jv^» j' ^Jjv :>^vj ^ ajU «^UwVl^ 
x"!p v_-*-J! JJu »sXj;x L^i_j ^1 ^^ < — AJi5 ;U^\ 'L4j!j s^ hn-^^ 
jj\ »Xc».^ (_r-^ ^^ <-'y^ ^j ^■^•^ ^j^ o».^^ W^v^ NïD^ '^'^^^ 
i A.>H«J '^ ^' Jy»j u'>=^^^ ^' J-*»^'! i ^^- v_aJI Igjl J_^aj 

niirn niicn iTrnwV n*?: JJ;..« j, ^a^^aJI ^i^j ,^'*='j-* ^ ^-^ *^r5' 
^(sC« cj^jcXj I4JI jl Loyti np"^: nrci: n"? c-;:.' .iddut idn"? 

' D. 10, 8; N. Jl, -i-i. 



Par les mois : On écrit souvent iiii /»■', etc. Aboù Zakariyà n'a 
certes pas voulu dire que le /<e de bànàli, '^àsàh, etc. est écrit à la 
place d'un tUéf, comme Wîléf de kàrà', bàra, etc. Car aurait -il 
ajouté : Où Tun s'imagine que WUéf Aoxw est radical, etc. et re- 
connu par là que, dans certains exemples, le hè est une lettre 
douce, et quTl fait donc [partie des lettres douces? Au contraire, 
par les mots : On écrit souvent un hè, etc. Aboù Zakariyà a fait 
entendre ce qu'il a exposé dans le chapitre intitulé : Des lettres 
éhéwi exprimées, où il dit : ff Le hè remplace le ivàw du suflSxe dans 
koullôh ( II Sam. 11,9), âhôlôh { Gen. i\ , 9 1 ) , hâmànôh [Et. xxxi ,18), 
betàkôh {ib. XLviii, 21), ivehkhîrôh (Il Piois . vi. 10), et aussi le 
wàw du pluriel dans schouppekouh (Ps. Lxxm, 2), schanièmouh {Ez . 
XXXV, 19), mschnbouh (Jér. xxii, 6), nlssdtouh (ibid. ji, i5).'' Aboù 
Zakariyà nous apprend ainsi (|ue le hr peu! être mis ;iii lifu dii 



29i OPUSCULES D I15.N 1)JA.\A11. 

nu,*:?"' ne:; "*: nr'^^'n nnu; \'^\\n hn" \-i'';2 nzz i _5i_jJî j-o^-^ i 

,5^^ !o^> J.Ji> yt^ »xxs *LîvwiiL ^"^A^t ^ji^ljî jj <\;^i oiJ^l 

Jj_JLj (jî^^'i^j ^i JmO>^I i ^iAJ v^Ji \^i J^ib ^î J^J*"5^ ,j^A 

' D. i3, 7; N. 11, :jo. — ^ D. 1-j, â; N. 10, ;J3. 



?iv(îr, qui est une lettre doiire. Notre auteur ajoute dans le même 
chapitre : r Le hc est quelquefois substitue' au wàw dans himàk 
(I Rois, VIII, i3), raoli (Ex. m, 7), schàtôli (Jér. XLix, 12), 'fl^oVt 
(Prov. xxiii, 5).^ Nous apprenons donc qu'ici encore le hé est 
mis à la place d'un itvi^r doux, (pii est le troisième radical du 
verbe, et ce troisième radical n'est un wàw qu'à cause du holem 
qui le précède. J'y reviendrai plus longuement après avoir traité 
la question que j'ai abordée. C'est donc là le sens de la phrase : 
"On écrit souvent un liè,v etc. Quaut à l'autre phrase : rLes 
cas où le /te est écrit pour 1'^//^ doux,^? etc. elle se rapporte à 
la double orthographe de (hi'i' [Ps. cxviii. gâ). ijeromchà' (Il Rois, 
XV, 33), a\ec(iléJ'ou hè, comme Aboû Zakariyà le rappelle dans le 
chapitre des lettres éliéwî exprimées. Je considère de même, 
bien (|ij ils ne soient jamais écrits avec âléf. mnh et antres mots 



RISÀLAT AT T\Ki;ii; W AT-Ï \SII il. rJ'Jfj 

ii U aKjL« JI^ is>oû Jlî oiJ^l làÀ>îl ii ^JyJ v_xJi ^j^ i_^a:c5' 

Jyùj «^l^J! cuiji. ,v^ Aj! AAJ (>^*^ JyVî y' J^^^ J"^ JUiiii ,j-» 

%xî:î: ij-* J^juLLj^X^j JuciJî j^r-* '-*~^ '^jCj nNi"» njp"* nja"" ajL^ 
ij-» \"i'7î?D (jls l A>i..;îj J^xJt-M (j:-£ <-^>? Vn: v^P-? î^'T"' î^"^*^"' ^^'^^ 

\'^'?l'5_j \"l''jp TT'C'i' "'ÎT'jS JLa-« j^ ii-^ -^l» '^r^i »_^j AjIj^ n33 
(jl Js._5i-il ij*^"î 3ol (_^ Aj JJsJ:**j U IvX^i \-lX1pj "TINÎ^C Jli^ 



semblables qui oiiL un l/àmés gâdôl, sans que rien indique que 
le Ile y soit radical ou remplace un «7e/" doux, puisqu'on prononce 
un àléf. C'est à de (els exemples et à d'autres dont on ignore l'éty- 
mologie qu'Aboû Zakariyà se réfère, en disant : ffOù l'un s'ima- 
gine, w etc. Car, pour les verbes dont on connaît l'étymologie el 
la conjugaison, il est impossible que les uns les rangent parmi 
les racines avec /te et les autres parmi les racines avec âléf, el que 
les uns et les autres veuillent avoir raison, puisque ces deux espèces 
(le racines diffèrent dans la conjugaison : ainsi, le futur des verbes 
comme bànâh est ijibnéli, avec un ségol sous le deuxième radical, 
tandis que celui des verbes comme mûsà' est yimsa avec hhnés 
sous le deuxième radical ; la première personne du singulier du 
parfait de bùnàk se forme en cbanneant le hê en \jôd doux, comme 
bànîtî; celle de màsà', en maintenant le troisième radical sans 
aucun rliangement, comme mâsâ'li. Gesl ce qui le (léuioiiire I im- 



296 OPLSCULES i)lB.\ DJANAH. 

U L=a-_j.^_5 «^JW '>^"3 ^^-at'îÎ ^ -'^•V:-î ^-^J' ^■^^ ^^^^ "jD V^ li JkJL) 

^j_. i_j^ ^ <>i^ï ;jJ>-Wi o^~s»-i ^j-. Sà^ÀS- *l-(,-i (ji j, jl ^j-4 S^~V?J 

^j^ L^j! l^Ji ^^£ t_j^^i *XX9 X'C'pli» ^j^ ^<y^Ai ^ ij^ '.iî *l-r-:i)i_5 
lii J^jUîi i V^ubi Ui^ J^AS^il i v^iJl J.AS. L^lj (jJSi cijj^a^ 

a:>l£ ^J^^ jotÀJi -ii L^Ji ,-i'?n nz"j n^j" n:2 SJ^-^ '^ '^y*' V'*'^ 

-^ ^-^r-^i (jS ^-«-ir-^ (j>** \i"''?n \-""'u-'':; "'n^:p "'n"':2 l_^Ui ^.^-Uï U 

' I). I 1 , 1 1 ; N. 10, !'..'). — '' D. 1)9, a; N. '^H , 1 1. 



possibilile d(' soiilciiir que le lié de bànùh soil pour àlé/' doux ra- 
dical. Et on voit encore plus clairement qu'Aboû Zakariyà, comme 
nous Pavons exposé plus haut, met le lié au nombre des lettres 
douces, lorsqu'il dit, dans le cba[)ilre des lettres éhéwî expri- 
mées : ffLa prononciation de \oléJ' et du hé doux en hébreu est 
identique, sans qu'il y ait la moindre différence, et cela surtout 
à la fin dos mots el dos noms, lorscjue ces lettres sont précédées 
d'un Lamés. Ti II a donc albrnu' nettement que le hé fait partie 
des lettres douces, qu'il ne se confond pas avec un «7e/' radical , 
et qu'il ne concorde avec lui dans la prononciation qu'après un 
kâmés. Aboû Zakariyà dit encore au commencement de la troisième 
section : tDans les verbes comme bànàh, kànâh. dont le troisième 
radical est une lettre douce, le hé est troisième radical, et les 
Hébreux, à la première ])ersonne du singulier du parfait, chan- 
gent le hé en yod quiescent précédé d'un hirék, et disent bânhî, 
kfhitll.-' Lo hé pouf donc être troisième radical. Abon Zakariyà 



RISALAT AT-TAKllli; W AT-TASII H.. 297 

LjL^ Ia^)! (jvsj "'■!:p 'Vù'i* n-!: ■'1:2 «yftUà L» J_^«xll ^ l^^yJou^j 

np:3 n:2 ^j^ î_jJLA_i b L^,-à-« i_jj^i /•.-^r^ W*'» r*^^i ï_jIaJi--o 
j_^»>Jl (^jvASi ^^y^sLJl (j^ x!.Xx^ bJl nnx"» nx^ ^j^^ r\^i2 J^oi)!^ 



' D. ()(), 7; N'. 58, 2 0. — - D. loi, 3; \. 62 , 5. — " \. 6(j, ;>o. D. es! 
incomplet, mais N. aussi n'a pas les mots : axsi ^j L^l ^ ^jy.>o. 



ajoute : rLe participe actif" est bànéli, kônéh, dont le troisième ra- 
dical est un hé, qui est changé au participe passif en yod pro- 
noncé, comme bânouy, pàdouy.-n Là aussi le hé est évidemment 
troisième radical. Une autre preuve que le hè, aux yeux d'Aboû 
Zakariyà, est dans ces verbes une lettre radicale et non pas une 
permutation de Yàléf, cest qu'il dit au sujet de ces verbes : ^rDaus 
le parfait, à la troisième personne du féminin singulier, le troi- 
sième radical ne tombe pas, mais est remplacé par uu tàw; on dit 
de bùnùh hànetàh pour bàneyàh, de nVàh rà'àtàh, où le tàiv tient 
lieu de la quiesceute douce qui est troisième radical.^ Xe sais-tu 
pas que le tàw peut remplacer le hé, mais non Yàléf? Ce qui peut 
encore servir à démontrer que le hé occupe, pour Ab )ù Zakariyà, 
une place à part parmi les lettres douces, ce sont les passages 
suivants : 1° Racine àtàh : ffDans wayyété' [Dmtéronomc , xxxin, 
•Ji), la quiescenle entre le yôd et le tàw est le premier radical, et 
Yàléf \ft troisième, à la place d'un hé exprimé.'' ()r, si le hé de 



298 OPUSCULES D'IBIS DJANAH. 

Ajl iVri"'! u-i-Ji i JUJ v^Ji ^j^ 'â^<y,M »*XÀft «-«yjt?^ n^py n:2 li& 

,12" V^ »^ ^^-^ ^^î ^^^ 5*X.i* (jv^l 0_5;.i*- i l^î ij\ <^ Ia^ijI 

iy uvjii 2'OD r-'u'i"' nn \vdi dni ixdi nV indi ysn 'm "i:Tn:iyD 

v_A_Ji)l (-i>l^i> ij^ liA^.*ol jL*» 4^a»- ^Y*^ ^J"*!^ J<^XJiMi\^ [^\ çj^ 

LtjfjJti\ <\>_^Ji ^^ '7:Cj NDID JUi I4JI «^l^i CJ-* U*^^ ''^^ ^_xîiii 

î3i'DD ""an nnn v'^ «J 4?-^ ''^-''' cK-a-«^ oi-iiJi ^i (^1 o>j».l 

' N. 73, 1 ; l'arliclo manque chez D. — - N. 70, 9. — ^ i\. 7G, 1. 



hânàh et de kchiàh était, à ses yeux, perimile d'un oléf, il aurait 
dit, au sujet de V(Uéf de ivmjêlc' , que le mol a repris sa l'oruie 
primitive, et il n'aurait pas dit qu'il est permute' d'un hè. 2" lia- 
cine (Uhlh : Après avoir mentionné yidkék [Ps. x, 10), ivcnidkéli 
[ib. Li, 19), dikkitànou [ib. xliv, ao), il ajoute : ffMais medoukkâ' 
(/s. LUI. 5), dokkcà (^ib. 10), doukkeon [Jér. xliv, 10), dakke'é [Ps. 
xxxiv, 19), dakkà' (^ib. xc, 3), apj)arliennent à une autre racine, à 
moins qu'on ne soutienne que \'(UéJ'y est à la place du hè, et que, 
par suite de son emploi fréquent, il est devenu ladical.T» Ne \ois- 
lu [tas que, dans ce verbe, Aboû Zakariyà prend le Ité pour une 
lellre radicale, à laquelle ï oléf se substitue? 3" Même racine: ff J'ai 
atlirmé que medoukkâ' a un rt/ty radical , parce que, avec hé, on dirait 
régulièrement tnedoukke, quand même ce serait écrit avec lUéJ'.ri 
Il n'y a pas de preuve plus l'orle (pie celle-ci. h" Racine hâbâh. 



lUSALAT AT-TAKHil? WAT-TASII ÎL. -299 

L.g_..sA_£ >Xiwl:i ^^\^ 5\^l l^î J^x> .Xxi I4J JUxiU-ill ^^=-^ 

n'?i3"' nx'jD y-ixm Si3D □•'Dir in'?d □d'''?^ p "^y Jiij ^j^ <<>-f^-^3i 
"•JDD i^Dm x'p^n n'"? jnî: nN'?DDD |N2J n'^ddd nn3 □iV'jD nî:'D ■':■!}< 
cji^i CJ^— ^3 v^J^i cylji 0VJ J^-kiix» o'-îi'i cjljji) w^J^•x^ Î*XJ^^ 

' D. 117, i5; IN. 82, 01. — 2 D. 119, 23; N. 8Z1, 8. 



H cite d'abord liâbî [Is. xwi, 20), hébijon {Hab. 111, 4); puis il 
dit : :fA la même racine apparlienneul héhbiânî [h. xlix , 9), 
nehba (I Sam. x, 9>>), ivayyilhabbé' [Genèse, m, 8), hammahàhô'tm 
([ iSawi. XXIII, 28); seulement, iVî/ç/" a été substitué au hé et est 
devenu d'un usaj|e fréquent, ■«lia fait du lie la lettre |)rimitive , qu'a 
remplacée un Méf. 5° Racine kûlàh : fr Dans le troisième sens, cette 
racine se présente sous deux formes, avec hê et Mcf, parce que 
ces deux lettres peuvent permuter entre elles, comme je te l'ai 
enseigné; on rencontre celle racine avec hè dans kâlîtl [Ps. cxix, 
101), keUlinî (I Sam. xxv, 33), yikléh (^Gen. xxiii, 6), et peut-être 
aussi dans hllou (I Sam. vi, 10), et on la renconîre avec àléf 
dans kâle'ou [Hagg. 1, 10), kâle'âh [ibid.), kelâ'èm [Nomb. xi, 28), 
mimmiklà' [flabakouk , m, 1 7), mimmikle'ôt [Ps. lxxviii, 70), dklâ' 
[ibid. XL, 12). 75 Aboù Zakariyà distingue donc encore les racines 
avec âléf de celles avec hé. 6" Racine màlàh : trElle est employée 
avec âléf et avec hé; le plus rarement avec hé^ comme dans ma- 



300 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

J..^!^^ IgJi cjl^i j-As\ J^xA. nbnSn "'jPD in'^d n rDin n'^di 

oL?^Aaj_5 yc'D'' Vu*: nc?N N'w'j"' N'Vù*: "n:? wS'vc;'? n*Vw': apD'?D nx 

t_»3AJ».iî J-ajï i^^LxJl ioi>SI y^^ »i^^ JUj ^_j i/»;-*^] j>s? ^ ^ 
i*n:_5 -iVi: i i^i^ i'?^^ in"' ^U^ Vd^-'^j ^dn^ i Iji^j '^dx idn o«JI 

&;^I *=l^î_j 3rû*^3 Dlp"" i i_j!3 3U<*_5 Dp i t$<xJl (^î (^^sl^Jl^ 

' D. i.')3, 9; \. 9.3, 10. — - D. 19^4, 1 ; N. 87, i3. — ^ D. 10, :î."); 
N. 10, 3. — '* Ajouté d'après les mss. de Hayyoudj. 



lou [Ezéchiel, xxviii, iG); le plus souvent avec àléf, connue dans 
mrt/e" [Deutéronnme, xxxiii, 23). màleou [haïe, xxi, 3).'" Il a de 
nouveau mis d'un côté le hè, et de l'autre WUéf noiwnm radical. 
Aboù Zakariyà a fait le même raisonnement pour liàia et kâra. 
-j° Racine nàsa : ^r Celte racine se conjugue aussi de deux ma- 
nières : avec hé dans ivenâsou [Ez. xxxix, aO), nàsou' [Ps. cxxxix, 
2,0), nàso' yinnosou {.Ter. x, 5), nesoutj [Ps. xxxii, 1); avec àléf 
dans 7iâsà''tl, éssa, waijyissû', nesa [Ps. x, 1 2), ^ Il y a de nombreux 
exemples semblables dans le Livre des lettres douces, mais il ne 
m'est pas loisible de les énumérer tous. Aboû Zakariyà a dit dans 
le chapitre des lettres éhéivî prononcées : tf L'orthographe est inva- 
riable, parce que c'est l'usage commun, lorsque ïàléj' do àmar et 
de âkal se change en wnw dans yo'mar et yà'kal , le yod de yàda 
et yâlad en ivàiv dans nôda'^ et nàlad, la quiescente douce reu- 
fermée dans kàtn et srluih on wmv dans yàkoum cl yàschouh . le hé 



Kl SA LAI AÏ-TAKHIB WAT-TASHÎL. 301 

j t-A.jK <^l ^l_jj! (^$;*l 20'^ Dp ^i_5_j VT- L>^ '?2N* v-àJI ^^^ l^Xxj^l 
»i (V^Jl À^uWI l^Ji^ l^ji JyJ» vXi yl^ jl^ f^^^i O^J'J' Cj^rr" l'Asi)) 

~ Jb 1^ ia_iL i Ljû (^ (^1 HNn^ n^-:? ^s c5^l -i^A5i ^ii|^ Jyij 
^^J^ »J^jL_c ''L^Ji ij_jio ^Y*"^ *'^'* ^^-^^ W^'j' Wî^^ 3^^'^ ^^i 

(j>A!I oj-j^i aX^T 

' Il N il ici uni' lacune; aussi n'avons-nous pas li'aduit ces cinq mots. Il so 
ti'oiivait pcnt-èlre ceci : Bien qn'il ail. ('le dit f|ue la (jniescenle douce renfermée 
dans hdni était un àlpf. En effet, Hayyoudj cite ailleurs c^p) {Ospp, x, i/i). — 
- I). 1 I, /i ; N. 1 , 1 3. — ' Le texte arabe de Hayyoudj porle : crf"» ^ liJl 
ïv.^ so^ J (_$t>jf- — '' t)- 179 ■ 1^ ; ÎV- l3:î . Kl. 



doux de "àsâh et ra'«A en ^oé^ dans '^âsîsî et nf îtî. w li a donc parlé 
de toutes les quatre lettres douces, savoir Vâléf de àkaU le yôd 
de yâda\ le wâw de Âvîm et scluib, c'est-à-dire le wâw qui se trou- 
vait dans l'origine entre le kof et le mém, . . .el \e hé doux qui est 
dans '^âsâh. Si, pour Aboû Zakariyâ, ce dernier hé était écrit pour 
un âléf, il n'aurait pas manque de dire : L'«7g^doux dans ^âsâh et 
raâli, pour lequel on écrit un hé, aussi bien qu'il dit plus loin : 
ffLe wâw de rô'sch , pour lequel on a écrit un âléf, se change en âléf 
doux dans rn'schîm.v Ce qui dégage définitivement Aboû Zakariyâ 
de tout soupçon, en dehors de lout ce que je viens de mention- 
ner, ce sont ses paroles dans son Livre de la ponctuation : wLes 
lettres douces, dans notre langue, sont au nombre de quatre : 
âléf, wâw, yôd et hé.-^ Il déclare donc nelteiiienl (iii'à ses yeux le 
hé fait partie des lettres douces. 



;il)â OPUSCULES L) IBN D.IANAH. 

Y*??* "j"?!"! L^'î (JvAj *L> *Xi -^bn v_J«Jj.iaj ^i J^AÏ jjî^ 't JoijJJ'L 

v^:>)l Ov*j lu'?"' i^s* i t^^xJi (j>^t (j^sl-Ji (j! (^i i:'?"' "ibn it:v 

■jDy "i'7iV -b'"" Li>-^ u' (j-^ «^^ '^•'' 4>^'* "'^'"^ «^ W^' y^ ^-^'j 

iuOiSI ^jÇT i :>^^ia-«3 -iJ^-^i (j*W*Ji sihr"^'* <^ -^^ ^' vii^-»oi 

• D. 7, lo; N. 7, ]',._ 2 D. 7, 11 : N. 7, i6. 

Aboij Zakariyâ. — Seulemont le ^e n'est jamais doux ni faible 
dans la conjugaison des verbes, comme le sont XàUf, le wàw el 
le yod. 

Commentaire. — Aboù Zakariyâ veut dire que le hê n'est jamais 
doux au commencement ni au milieu des verbes ^ comme le soni 
yàlèj, le wàiv et le yàd. Cela est prouve' par ce qu'il dit ensuite : 
rSi l'on objecte que hâlak se conjugue en faisant du hê une lettre 
douce dans èUh [Juges, iv, g), yélekou [Jir. \x\vii, 9), c'esl-à-dire 
que la quiescente douce contenue dans ces deux mois a[)ri's lùlpf 
et le yod est le hé du mot hàlôk, dont ils sont acconq)agn('s, nous 
répondrons qui! y a peut-être là deux racines, hàlak racine de 
hûlôk, et yùlah racine de êlék, yélekou, et qu'on se sert des deux ra- 
cines, parce quelles se ressemblent et qu'en même temps leur sens 
est identique. •»' Cette observation, ô mou ami, lepose sur un rai- 
sonnement sain et est généralement appliquée dans toute la langue. 

' DansN., cette oitsorvalion, faite ('■naiemonf |i.'ir li. Mos/' lîakkùlirii. nVsl pas 
tlt'lacliée (In coi'ps <Ii' l'oinraffe do Havvondj 



MISÀLAT \T-T\KIUI5 WAT-TASII IL :J03 

yCpJL 
^i :>i^l Uij, A^i oJili ^ xÀ>>51 I4J! ^1 *iyti (jO^Si o;^' ^ 
la-iJll i "" Vn'x ^» tj'o i ^*-ii I^mJ a^i J^Ji ^^ J^J^Jl^ 

l^j «-^j»^ yî *JV* 0^_^*^' ^'^^^ ((J^l ^ i >«^i)i wa-CXj ,_AA*«Ji 

' I). 1 , () ; N. 9 . :> 6. — - D. 1 t , 1 1 ; \ . 1 , -^5. — ' Ce passage est corrigi' 
d'après Tarabe de Hayyoudj. 



Aboû Zakariyâ. — Le hê doux est râléf doux, quand le hê doux 
est précédé d'un lamés. 

Commentaire. — On s'est attaché également à ce paragraphe 
pour en conclure qu'x\boû Zakariyâ ne met pas le hê au nombre 
des lettres douces. Cependant Aboû Zakariyâ a seulement voulu 
dire que le hé doux est ^('iléf doux pour la prononciation et non 
au point de vue de la racine. Une preuve de cela, c'est qu'il fait 
une telle observation dans le chapitre des lettres éhéwî pronon- 
cées, et une autre preuve, ce sont les mots suivanis qui se 
trouvent dans le chapitre des lettres éhéwî exprimées : f La pro- 
nonciation de Yâléf et du hè doux en hébreu est identique, sans 
qu'il y ait la moindre différence, et cela surtout à la fin des mots 
et des noms, lorsque ces lettres sont précédées d'un kihnés. Aussi 
écrit-on âléf, où la forme usitée serait hé. par exemple weschinna 
(II Rois, XXV, 29), où l'on devrait écrire un hé, pnistju'il est de- 
là même racine (juc mcschannéh {Job, xiv. ao).- 



:iO!i OPUSCULES D IB.N DJANAH. 

iO<Xx« lXjj<XAaii *U» *Xi_5 "(J>i5i o_5v.=^ c_jIx3 ^j^ xiJliîi AjUil 

lil ^i^lj viLJjv-S^yl^ li>lî m:p mc'i' mNi m:3 J.-a_^ p^Mi ^^^ 
pi) j^ 4^i L^Ji ^^03 JouiJi (^t?-^ ^ 4p.J! y_jjf (jvj (^_5 o^ 

' D. i3, 7; N. 11. ao. — - I). 101. 9; N. (ia, iS. 



Aboù Zakariyà. — Le hé est quelquol'ois éciit à la place du wâw 
dans bânéh (I Rois, viii, i3), m'o^ [Exode, m, 7), schàtoh [Jér. 
XLix, 1 2), ^«s6/i {Prov. xxiii, 5) el beaucoup d'autres semblables. 

Commentaire. — On soupçonne Aboil Zakariyà d'avoir voulu 
dire que ce hé est écrit à la place du wàw de prolongation, tandis 
que le troisième radical serait tombé. Je ne pense pas qu'une 
telle opinion puisse lui èlre impulée, puisque Aboù Zakariyà a 
dit dans la troisième serlion du Livre des lettres douces : ^ On 
renconli-e quelquefois Tinfinitil avec Uiw substitué au troisième 
radical, comme bruôt . re'àl, '^âsot, kenot.-n II en résulte donc que, 
dans ces exemples, le ivdw est à ses veux un ivnw de prolongation; 
d'oi'i il suit que, dans râ'ôh, hànôh, etc., le hè est le Iroisième 
radical écrit à la place d un nuhv, et que ce wAvo est identique au 
hé du paifait hànàh. Car, après avoir placé dans l'intérieur de l'in- 
finitif du parlait bâmlk un wàw de prolongation, savoir entre le 
second radical noun et le iroisième radical hé. le hé doux, n'offrant 



m s il. Aï vr-TAKiiii; wat-tasiiil. :{05 

AaXc A^ii ^.♦^Ij ^^-oljll yÀi=>l i Alay*-.^ kii i_^ kAA«iî ixil 



plus aucun son perceptible, a été changé en wâw, parce (ju'il est voi- 
sin d'un wâw de prolongation doux, précédé par le Iwlém. Lorsque 
Aboli Zakariyâ soutient que le hê dans bàtiôh est écrit à la place 
d'un wâw, il est donc dans le vrai, et il a en vue le ivàw substitué au 
troisième radical; quant au wâw de prolongation, il a été rayé de 
récriture, comme il l'est presque partout, tandis qu'il est indiqué 
par le kôUm. Mais le tâtv de ''âsot, reôt et d'autres mots semblables 
est resté immuable, parce que c'est une lettre solide, sur laquelle 
le mot peut s'appuyer et qu'on change rarement. La preuve qu'on 
change le hê en wâw à la suite du voisinage du wâw de prolongation , 
c'est que, parmi ces infinitifs, quelques-uns sont écrits seulement 
avec wâw sans hê; le wâw est dans ce cas, sans aucun doute, le 
troisième radical, et le wâw de prolongation est à l'état latent entre 
celui-ci et le second radical, comme dans hânôh il était à l'état 
latent entre le noun et le hè. On a pu laisser tomber le wâiv de 
prolongation dans de tels infinitifs, comme on Ta supprimé dans 
les infinitifs des verbes sains; en effet, on supprime plus facile- 
ment une lettre complémentaire qu'une lettre radicale. J'en dirai 



306 OPUSCULES 1) IBN DJANAH. 

^UJI^ ''i:nn Jli-o <^ oiJ^' '-^'^•^ cj-« ^^ ''^^n ixd" v^' ni Uiji 
JL' yi^, A^ffl; nbrn J-A-« n'?nn ^j^J I4J! c:>Ui ^^^ -''pnn (ji ^^ 

U ^i_jj mm NI!.'"! Lylj, -M-» ia-ï (^^J x«5 ^^ <i5 »-^l?>-5' o^^ 

autant de hahàlj {Jér. xxxii, 35), écritavec yôd sans a/^: le tjôd y 
est e'cril à la place du troisième radical âléf, par suite du voisinage 
d'un yod de prolongation, qui a été supprimé dans Técriture pour 
aile'ger le mot. Il en est de même de héhëlî {Is. lui, 10), qui vient 
d'un verbe avec ùléf comme hahàtî, et oii le yod remplace le troi- 
sième radical, à cause du voisinage du yôd de prolongation qu'on 
a sujjprimé dans l'écriture. Or, le yod de prolongation pouvait 
plus facilement tomber que le troisième radical, parce que le 
premier yôd est complémentaire et que le second est radical. Si 
héhëlî était une racine avec hè, on aurait dit héhëWi comme hé'ëîâh. 
Si l'on prétend que les wàw exprimés dans les infinitifs de ce 
genre, qui sont écrits avec wâw sans hé, comme hâkâ [Lam. 1, 
a) et autres, sont des wâw de prolongation, et que le troisième 
radical est tombé, on commet une <'rreur; en effet, jamais ces 
infinitifs no sont écrits avec l'orthographe pleine, c'est-à-dire avec 
wâw et hè. U serait vraiment étrange que la lettre radicale eût été 
supprimée et qu'on eût introduit une lettre complémentaire à une 
place qu'elle n'occupe jamais. Quant à ràso' {Ez. 1. 1 /j ) avec tvâw, 



uisÀLAT Ai-rAkuii; w \T-r\siiii.. .-{o: 

cji^ji^Jl (j! Jb t^^-. J_^ A_j la t «» > Ui. tt'jIî riji: vS ^'_jJ' (*^^ 

onJU ^I kii ^ *U] LiÀXSl i l^ij p^^S i^ j»x^i_j ' J.JUiû *iy 
^L »xJL» m3N b ^yi\ :>^ 1^1 oNj] nix Jyo [làiW* i ^^^'^ ^' 

' D. 107, tîZi, incorrect; N. 68, 8. Le passage a été complété d'après le texte 
arabe. — - D. li, io;N. la, i'-^. — ^ Les deux versions portent i'ni'n)f)D, mais 
le texte arabe de Hayyoudj a Ajblxxil ou «LjI^a^. Voy. plus loin, p. '^h^^, n. 1. 

une fois Vàléf substitué au lie, il est traité comme un verbe sain. 
Du reste, Aboû Zakariyà a exposé nettement le sens de ses pa- 
roles : ffLe hê est quelquefois écrit, etc.7), et réduit à néant l'opi- 
nion d'après laquelle les ivâw de ces infinitifs seraient des wàw 
de prolongation, tandis que les troisièmes radicaux auraient été 
supprimés. Car il dit dans ia troisième section, à la racine âbâh : 
«A l'infinitif, le troisième radical est tantôt changé en un wàw 
prononcé, qu'on écrit à volonté avec hé ou waw, àboh et âbâ, tantôt 
en un tàw, comme àbfk.v C'est là une confirmation manifeste de 
notre argumentation pour Abou Zakariyà, et ceux qui se sont oc- 
cupés de son livre, ne l'ont ni bien étudié, ni compris. 

Aboû Zakariyà. — Aucun verbe n'a moins de trois lettres, à 
moins que l'une de ses lettres n'ait été supprimée ou retranchée; 
on dit alors que le verbe est défectueux ou incomplet, que telle 
est sa racine; enfin on ajoute des preuves et une démonstration. 



;]08 OPUSCULES D IH.N DJANAII. 

»Xj XXjCjm JlxiiJl ^Ji ^yj i)i Ajs» Jt^^JCiw^! /oiàxJ o)-5».i àj^Kj 

]D np L^Jk-^ Jlji^ A^Lw*Ji JLxJiii Ui_5 0)-iI l«x^ %^ c^jïAaJ 
^_^*kJI^ *-; ^li àJI (ji J-A-*^ i) u is^.i^^ iKs»-!^ o^-s» <_^ w»^i 

"IN* T J^iw» (^;s-ij._.»- ^ L^-À.^ »i^>im jUi! oj);-:*- J_j^i Jsii 

d: p~ 



(^OMMENTAiRR. — Lo vcrbe ne peu! déjà avoir moins de trois 
lettres, à cause des suppressions et des retranchements nombreux 
qu'il subit, et si ces accidents lui arrivaient sans qu'il eût au 
moins trois lettres, la racine en serait trop affaiblie. Ne vois-tu 
pas que les verbes faibles soni envahis par tant de suppressions 
et de retranchements que, sous leur iniluence, il ne reste parfois 
qu'une seule lettre, comme wayyéf [haïe, v, 26) ; yak (Osée, vi, 1); 
wayyiz (II Rois, ix, 33)? Si ces verbes n'avaient été que bilitères, 
ils auraient disparu entièrement, y compris cette lettre. Pour ce 
qui est des verbes sains ', on dit kali, tén; ils perdent une lettre 
et en gardent deux. Or, si leur parfait n'avait que deux lettres, 
l'impératif n'en conserverait qu'une, ce que la prononciation n'ad- 
met pas. C'est ce qui a engagé les Hébreux à ne jamais donner 
au verbe moins de trois lettres, non plus qu aux particules déta- 
chées moins de deux lettres, par exemple kt, ak, rak, gam. 

' On sait que les anciens grammairiens nomment ainsi également les verbes 
ayant unmi 011 lihnéd pour premier radiral. 



UISALAT AT-TAkIUI! \\\l rASIIIL. ;U)9 

J_^_*_.i_ilj> î-'nND T^nx'' fnxn J^-iU*-^^ J-JoiJl_j ;nN ^ji ^ Jls^j 

ans DPnU/'D "'d J^ ^^ >f^i J^^*iJi -^^v J^ aK^Ij |<w.j ^ Jycu» 
^j ^ U <\-M-j ivs^-M "^-^^ ^^ **^-* n:Dn mpD nmi mpîJiD 

i_^iwU J_J-S^^ /<U-i ^^Jvi.C AjU u'^lD TîOpD ^-^A-o,; Jv-^aJ! ^j.« AjV-ftU 

"l^iljl ^J ajIî o_jJs>^ o^-o_ji xÀAaj kiLio ^JA^•>J_J "iiDpn 'î^aàj ^j^ 

' D. 33 , 5 , a iiicorrectemenl 7'r:i'>rD ( Il Chr. xvui , 3/i ) ; dans N. 16, 17, leglos- 
saleura supprimé le second exemple, d'accord avec Ibn Djanâli. — -Lems. a Lb^U. 

AboÙ ZakariyÀ dit à la racine àhaz : «La tonne lourde en est 
hé'èhîz, yaâliîz, maàhh; au participe passif maôhûz, maôhâziin 
(II Citron. IX, 18), connue maomâd (I Rois, \xii, 35) et maômàd 
[Ps. Lxix, 3), qui est le participe passif de hé''ëmîd.n 

Commentaire. — A mon avis, Aboû Zakariyà n'a pas ajouté 
ici le second maômàd^, qui n'est pas un participe passif, mais un 
nom de lieu comme mou'ùjils. vni, 23), qui ressemble aussi à 
un participe passif de la forme lourde et qui est cependant un 
nom , aussi bien que moschhàtum ( Lév. xxii ,26), dérivé de Iioschhat , 
moussâb [Is. xxix,3), mousâkôt [Zach. iv, 2) et hammounnâh [Ez. 
XLi, 1 1). Ce sont tous des noms semblables à des passifs de la forme 
lourde. Il en est de même de mouktâr mouggâsch [Maléachi, i, 11), 
que je regarde comme un nom de l'encens, tiré de hoktar, et 
qui ne saurait être pris pour l'épi tliète d'un objet qualiGé sous- 
entendu. Car s'il en était ainsi, on n'aurait pas ajouté moug- 
gâsch, car on sait qu'il n'y a jamais encensement sans olfrande, 

' Voyez Hiktndh, 101, 33 et siiiv. 



310 OPUSCULES D'IBÎN DJAMAH. 

4^-*-« tz:"i"''L:pn"i i viLJJs-5^ •ù"';n* 4^v-..*-« ■!"''i:pm i si Cw^'^m 

>-^*>s_j ^< xi! ^^ Jw*JjJl^ iriNni: DN TTm ^^jcù-*^^ ^K ^U 

□::rN mc"»'? •c'"'N Iu"'-' tô'n: cd^n \-nc"'"i n^ "'j-ic ic 

' Le ms. a ttjs>y — * D. 68, 95; N. 27, 2,3. 



Aussi, malgré le grand iioiiibic des exemples, ne Irouve-t-on 
jamais ivehiggîsch ni œehiggîsclum après ivehiktir ou tvehiktîrâm , 
parce que le sens des deux premiers est contenu dans les deux 
derniers. Donc mouhâr mouggàsch signifie un encens approché de 
i'autei, comme s'il y avait kelSrét mouggéschct , tandis que si moiiktâr 
était un participe passif", nous aurions l'équivalent de ketorét 
moultérét mouggéscliét , ce qui serait un pléonasme qui n'aurait 
pas de sens. Un autre nom du même paradigme, bien qu'il ne 
soit pas dérivé d'un verbe, est mourWlà [Léo. i, 16). La preuve 
qu'Aboû Zakariyà n'a cité que muômàd (I Rois, xxii, 35) seul, 
c'est qu'il ajoute rrqui est le participe passif, w S'il avait cité les 
deux exemples, il aurait dit : qui sont des participes passifs. Le 
second exemple est donc l'addition d'un lecteur qui, par sa cor- 
rection, n'a pas amélioré le livre. 

Aboù Zakariyà à la racine yôsnr : ^La forme lourde est yassnr 



RISAI.AT AT-TAkHiB WAT-TASII IL. .il 1 

J^ii\ ^* -ne nu; dv ^j^ **à^ jjo^ ^_j -nD"» ne cv 3nn 

j*X.Aa-* nO"' ^1 J^ii jiJ»Xj AÀJ^ Jl T^-*^^ ei^^'*^^ o^^-si'j 

JojCMI ^i?^_5 JosJciAî ^»x*a^ ^ii> ^»xJl -nD^b mD-ii'D i'7nn JliL« ,_^ 
ne JoU^ '7N")u?"' Di* 2") nnn niy av 2nn J^^ v^' A.«-io>i^ J^ 



yisseramil [Ps. cxviii, 18), weyissartî [Lév. xxvi, 38), yeyassèr 
{Deut. viu, 5), leyasserdh {Lév. xxvi, 18), t/issor (/oi, xl, 2).'^ 

Commentaire. — Aboû Zakariyâ n'a pas expliqué comment yis- 
sôr est de la lornie lourde, et celui qui commence avec un lionnne 
encore nouveau dans Télude doit le lui enseigner. Je dirai donc 
que yissôr est un infinitif de la forme lourde qui devrait avoir un 
patah sous le yôd, comme yassôr, mais qui est devenu semblable 
à yissôd (II Chv. \\\i, 7), également un infinitif de la forme 
lourde. Le sens du passage de Job est donc : Est-il moral de lutter 
avec Dieu? Hàrôb est employé ici comme dans Juges, xi, 26. Le 
premier radical de yissôr est aussi comme celui de mes (II Sam. 
XII, ilx), où il faudrait tuVés, comme m(Vèn {Ex, xxii, iG). 

DEUXIÈME SECTION. 

On a désapprouvé Aboû Zakariyâ d'avoir reconnu des verbes 
avec une lettre faible comme deuxième radical, et on a soutenu 
que ce sont des verbes bilitères où les quiescentes inlermé- 



312 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

niD <î^Ji*x->^ ^4-9 cj>*^' Jwc*^ j!5Ao' J<xi "i'pin nD u^ ^^ j\ *.j 
It^j] r"''^ ''"• '"'"'•"'"'^ "'^"' ''*'' T"' t^^ *^"''' ^^"^ :i"'u;mj d^dh d'i ^^j tr^m 

^ <;^Ji (;jv~*-ji aKxxX! JLxs^i ^Uv (_^ W'*-* J-«««J^^ Ul O^i*? ij 
' \ oy. D. 67, 1 7 et suiv.; N. 33, 7 et suiv. 



diaires, loin d'être radicales, servent de lettres de prolongation. 
Ces gens, mon ami, ne méritent pas d'être réfute's; mais je 
n'en veux pas moins rapporter ici quelques passages oij Aboû 
Zakariyà fait connaître la désapprobation dont il frappe de telles 
assertions, — il le fait au coniniencenienl de cette deuxième sec- 
tion, — et mettre en garde ceux qui pourraient tomber dans la 
même erreur. Ainsi AboA Zakariyà, pour montrer que met (II Sam. 
XII, 18) est un verbe triiitère, cite m<\wét [Prov. xviii, 21), oii le 
deuxième radical est apparent; de même pour kâm il cite hujyam 
[Esther, IX ,39), lekaxjyêm ( Ez. xiii , 6 ) ; pour sâdou [Lam. iv, 1 8 ) say- 
yâdiin [Jér. xvi, 16), hassnd myid [Gen. xxvii, 33); pour wekâs 
{Is. xviii, 0) kayis [Ps. lxxiv, 17); pour dnsch (l Chron. xxi, 20) 
dayisch [Lév. xxvi, 5); pour dùnou [Jér. v, 28) ledayyân (1 Sam. 
XXIV, 16); en6n pour schâtou [Nomb. xi, 8) schayit [haïe, xxxiii, 
21). Aboû Zakariyà a conclu de ces verbes où le deuxième radical 
est visible dans (juelques exemples, aux autres verbes dont le 
deuxième radical est faible el n'est jamais sensible, parce que 



RI SALAT AT-TAkU(ll WAT-TASIIIL. 313 

-^ AMi J^i^^As! «'■i'^^i o;-=»-i io!^' Jlxs^l Jj-ol J^ïi (j^>«î -''-S» 
' D. 5o, 2 ; N. 3i , 3. L'observation sur yb a été supprimée dans M. 



les uns et les autres ont une même origine et suivent la même 
conjugaison. Nous-même, nous avons déjà expliqué plus haut 
pourquoi les racines des verbes n'ont jamais moins de Irois lettres. 
Les adversaires d'Aboù Zakariyâ ont donc lu son ouvrage sans le 
comprendre, ou bien ils ne Tont jamais lu et se sont cependant 
permis de le désapprouver. Quoi qu'il en soit, il faut leur accor- 
der notre pitié, bien que cet esprit de dénigrement contre les sa- 
vants, sans qu'on connaisse leuis œuvres, soit répandu parmi les 
gens de notre contrée. Je prie Dieu de t'épargner ce malheur et 
de te sauver de leurs errements. 

Aboû Zakariyâ. — ^ Considère que la racine de met, employée 
comme parlait ou comme nom, est nulwét a^ec sèrê, comme luîjés, 
yàbésch, qui sont également noms et parfaits. Seulement, le wàw 
étant tombé, on a su|j[»rimé le kâmés du mém et on lui a donné 
la voyelle du wàw pour (ju'elle rappelât la forme primitive. Il en 



3U OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

jjlj' .„jL^.ÀiI \x^ Jw^aamI y^ '^^b j' (^^^ t5*^' y^ W^ •'l^ 

^j^-\J yh yb J<A»! 4?-*^ *^' ^\ji> cj^ yb AKA=i (jl yV »i Ji* 1^ 
Jlï If yi"? ji^jJL 0_jX-! (j' (j^-i *UJ'kJ (j>^ o^ 1^-=?^' *j' c^ Uvs»- 

JLjw^I »Js.i& ijj^-^ ^ *-»^] ^V •-^'^•^ tr« ^"IC ''^^^^^ u' ^^ '^ 
JIjOLji) i^'uJI L_>t^i> y-, I^jI^ [ji_jJ! t^l^i tj^ L^î Ci5>*lî «Lùdi 



est de même [)our les, de ia lacine Myês, pour rc'Â-, zet/, ^èd, kén, 
au pluriel Ae'/t«m [Gen. xlii, 1 1 ).i5 

On lui a fait un reproche d'avoir dit <]ue la racine de lés est 
lâyés, en soutenant (pi'il aurait dû donner comme racine Mwês 
avec W(hv, de même que màivèt est donué comme racine de met; 
car yiUis est une forme lourde avec yod, et c'est ce mot qui aurait 
égaré Aboû Zakariyà. On ajoute : Si ia forme légère de ce verbe 
était en usage, elle serait yàlous avec wâw. 

Commentaire. — Cette crili(jue ne peut être imputée à Abou 
Zakariyà. Car, de ce que pour lui la racine de inèl est màwèt, il ne 
ressort pas nécessairement que ce soit avec wâw, à l'exclusion de 
mâyét avec yôd, comme l'auteur a donné làyés comme racine de 
lès; et aussi de ce que, pour lui, la racine de lès est lâyès, il ne 
ressort pas nécessairement que ce soit avec yôd, à l'exclusion de 
lâwés avec wâw, comme Aboû Zakariyà a donné mâwèt comme ra- 
cine de met. En effet , dans ces verbes dont le second radical est faible , 
on ne distingue pas s'il est un wâw ou un yôd, parce que ces deux 



HISALAT AT-TAKlllU WAT-TASHIL. 315 

^jvjiJI iCÀA>!l JUiiil »*Xiû v_-«.AJb i ts-*»;^ cr^J^ ^^ '^:>^>!^ aIUIî 

(jv__c x-jl ^^ *AxijJI^ cj>-MI ^j.^L»Jl r^y^ '-J^.y^ (s*^j^ i^ 

_}! mp Dp J-Apt ^jli' ^1 ^^L_ci L j! Jw^iJI X 5^ij ijl^ tj' ^i^«=Saîî* 
JJJ^^iUi iU *iy» JLi l«XiÛ L ^1 \^\^ J^^l i jUji !_^-*o DV 

' D. G9, 25;N. 61, 20. — « D. 64, 9.3; N. 38. 9. 



lettres permutent entre elles. C'est ce qu'il a, d'ailleurs, affirmé 
clairement lui-même à la fin de l'introduction de cette section, 
en disant : trMon but, en e'numérant ces verbes dont le second 
radical est doux, n'a pas e'té de distinguer entre ceux qui ont un 
xvihv et ceux qui ont un yod, puisque c'est impossible pour le 
plus grand nombre, à cause de leurs permutations fre'quentes 
dans la conjugaison et parce qu'ils prennent l'un la j)lace de l'autre 
dans la formation des verbes; mais je me suis proposé de taire 
connaître la place de la quiescente douce et de montrer qu'elle 
est le second radical du verbe, wàw ou ijôd. Car je sais de science 
certaine que la quiescente douce renfermée dans yâm est le second 
radical; mais je ne sais pas aussi sûrement si elle est primiti- 
vement wâw ou yod; en d'autres termes, si la racine de kàm est 
kâwam ou kàyam et peu m'importe de fixer l'un ou l'autre." 
Voilà ce qu'il dit textuellement; il est donc à l'abri tie tout re- 
proche, lorsqu'il dit que la racine de lés est Myés. 

Aboû Zakariyâ. — f L'impéralif de /ie/i?»i, héscliîb, etc., a sous 



'M6 OPUSCULES DIBN DJA.NAH. 

l^^ l*>vXd> pn^ |^:n n^'n^j n^cn Dpn^ □■'pn Jyu Ujkjuj <x^ 

in^'ù- -1'': c^b n^j "1^131 -w^-c ex ^: c:^"!i*3 i:">2 —d ]•''? d-'N -]'? 
yt y^j ^ n"':^ "ih^:»^ vc'ù' ii^Àj c^' *^sjyJ^ » Jsjû jji Je aj'u5 

*>^i^ jTit: n^r îmN •'nn in"' n*? \njT ]- JjJLj :>! _j,..^^Jl l^y^ 



' D. 74, 10; le mot |)76, que Téditeur a biffé, peut être pour p7 if), à moins 
que la leçon ne soit conforme à celle qu'lbn Djanâh cite plus loin; ]N. ^i, IJo. 



le hè un lamés suivi d'une quiescente coniplémenlaire. Exemples : 
/uîkîni et hùkàn, hàschîb et hâschéb, luïkîn el hàkèn. C'est toujours 
AiVe'Â; ou sêrê. Avec les terminaisons, la rèjjle générale est l'emploi 
du hirék, à l'exclusioii du sère, comme hàldmou et hâkînou [Jér. li, 
1 a) , hàsîrou, liâmîtoii. Parfois ou trouve l'impératif de ces verbes 
sans hè, comme sîin (Josué, vin, 2), lîn {Juges, xi\, 9), bînou [Ps. 
xciv, 8), sisou wegîlou [Isaïe, lx\, 18), j»roîi (Jér. iv, 3), scA<<oa 
(P«. XLviii, 16), sî/ioii (Juges, V, 10), dînou [Jér. xxi. ta).» 

La plupart de ceux qui ont étudié le livre d'Aboù Zakariyà 
ont adopté son opinion que ce paradigme, le paradigme de sîsou, 
gilou, nîrou ne peut provenir que de la forme lourde. A mon avis, 
il j)ourrait bien être aussi de la forme légère, grâce à une per- 
mulatiou du ivâw en yod. J'ai frouvé d'ailleurs uw solution ana- 
logue dans les paroles suivantes d'Aboù Zakariyà, à la racine 
doun: ^Dân, dantî, yàdôn (Gen. vi, 3) , àdôn, nuidôn (Prov. xv, i S). 
Le ivâw a été affecté d'une voyelle et changé en yôd dans le subs- 
tautif niidyànÙH (Prov. vi, 1/1). de la forme misclipàtm , et l'iujpé- 



lus il, AT \TT\kKil? WAT-TASIIIK. 317 

jl S^Js U J^xj J-Oli!l ,^^ Ul_j UJ! ^j^ ^I^JI JIJObI ^^ UuÀ^ 
L^_Aii_*-j ij c:**Xi3-^^ p- ^1 p,") ^^^i^ (;i^l j#?^ÀJi (jûAj j {«xXift 
o«»j»_ew yl i)l j! Js«>i) ,3Ji_^ \S^^j pIC^J^ d'pHj p- ji ]Mj^))]^ 

*xjùjç. r, (^i^**j»- j^' •xaJj.ji Li j^uTi iU^i'ij j^oUJi (j^^y^i 

JOwJl Jok-s^ (^ cyUjoJl aXaj»!! JUjiJt jxiT i t*Xi£> j^ ^j\(j 

(jvxJI J.AX* [(^] i^lxiii îi2n î"i::m y-iwvn j'-iZD ^12^ ij»^~j^ 'S^i 

' \fs. ^jl. — ^ D. 07, i(i et t.jH. i3; N. /io, 8 et 106, 19. 

ratif esl àxn ou àon. n Dît) est donc pour lui, comme don, un impé- 
ratif de la forme légère, puisqu'il ne cite dans ce sens aucune 
forme lourde. Dîn et don sont donc considérés par Aboù Zakariyà 
comme des impératifs de la forme légère; il est donc obligé de 
croire que sîsou, gîlou, schîtou, etc., sont également possibles 
comme impératifs de la forme légère et de la forme lourde : de 
la première par la permutation de ivâiv avec yôd, de la seconde 
par le changement qu'a mentionné Aboii Zakariyà. Cette leçon : 
ff L'impératif est dîn ou d6n,-n se trouve dans un certain nombre 
d'exemplaires. J'ai trouvé dans d'autres : "L'impératif est don on 
doun.rt Le passage serait alors d'accord avec le principe posé par 
Aboû Zakariyà. Cependant j'ai entendu le chef éminent, le maître 
parfait Abou'lwalid ben Hasdày soutenir que non-seulement sîm 
peut être l'impératif de la forme faible, mais que yàshn peut en 
être le futur et que cette permutation est applicable à tous les 
verbes dont le deuxième radical est une lettre faible. 

Aboù Zakariyà a prétendu ff que hibbôk tibbôk {haïe, xxiv. 3) et 



318 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

*X-Li ^'kJ pp2 OUvA<a-5 w»>^^^ 1»-^ (Jî-^J cjl_ji cjULS ^ Uiji ^ 

cp A3) j^ piT p:: vXjsf ^^ --"in^ n'ii' rx "rpsi cpps cippi i 

' D. i53, i3; N. io6, 19. — - D. 7^, 5, où se iit p:rt:; N. kh , 3, porte 
ip'j^c, correction faite probablenn^nl p.ir le traducteur. 



hibbôz tibbôz [ibid.) peuvent être des nifal de racines avec second 
radical faible, w Mais il vaul mieux les considérer comme des nifal 
de racines géminées, comme la permis Aboû Zokariyâ lui-même 
dans son Li\Te des racines géminées. En effet, nous trouvons bàkalç 
conjugué avec le vcàw de prolongation dans behikoum bôkektm [Na- 
houm, 11, 3), oubahkdtî [Jér. xix, 7), mais nous n'avons jamais 
trouvé bâk yàbouk, d'après le paradigme de hm, yrlkoum. De 
même, il vaut mieux rattacher hibbôz tibbôz à bâzaz qu à bàz 
(Prov. XIII, i3). Ces mots proviennent donc de racines géminées 
et non de racines avec un second radical faible. 

Aboi ZakarivÀ à la racine ^omz : ~ Gàz , gaztî , gàz {Ps. xv,, 10), 
wayyngoz [Nombres, xi, 3i). U se pourrait que ^dz? (Ps. lxxi, 6) 
fût employé dans le même sens.^ 

Commentaire. — Ces derniers mots ont fait supposer qu'Aboû 
Zakariyà ne considère pas ^021 comme provenant de cette racine. 
Selon moi, Aboû Zakariyà n'a pas en lintenlion qu'on lui prête; 



RI SALAT AT-TAkRIH WAT-TASUiL 319 

^ JoJ*xJl^ J^iil^ ^xLl ^j^ xj\ :>\j\ Ui p^Jtli ^yû \a1\ ^^:> 
n-'j'C yri'^n:-^ n:n in-'r Sn* p^"" n^r n--^ <_»Ij i »^'L *i_jj» J^Ji 

JoLx^ "'î"!3 5*>«oLx wilJ*XJ (jvcîl JjJt^ »*Xj^c Tll^ ^jl l$l» "iTIJ iOj 
^^«Xx;:» U "^J^ '^li'D <^i c:*luaJl ^ J^xil l«Xiû ^! kil^ x-ii:i 

Jl ,yuci^ p'iv^'à picr T-D '7in ^b'''!in^ lylï *^i i)t n-)i:i mw mzi* 

;^T>ÀlâiWI ^ ^^ocLI <-Jj^^ viiJi Jjlr=- IjfS^j AlâiJ ys. (j^ ^j^ (jlj V,;: 
' D. 73, X; ^. 'li. G, où les trois derniors mots appartiennent au traducteur. 



il a voulu dire que gôzî est identique à gaz par le sens et par 
la racine. Il en donne bien la preuve en disant immédiatement 
après, à la racine gî'ah : ft Yâgiah [Job, \l, 28), wattâgah [Ez. 
xxxii, 2), mégî'ah [Juges, xx, 33). Il se peut que gohî [Psaumes, 
XXII, 10) soit aussi de cette racine, ■»> Or, gohîesl de la même forme 
que gôzî; si donc pour Aboû Zakariyà gôhî est d'une racine avec 
second radical faible, il doit en être de même ^e gôzî. — Pour 
ce qui concerne les paradigmes de gozt et gôhî, ce sont des qua- 
lificatifs, de telle soite que ^ôc el gô'ah ressemblent à fôb, bôsch 
[Jér. xLviii, 39), au pluriel bôschîm [Ez. xxxii, 3o), et la forme 
primitive de ces qualificatifs est comme celle de âyâm (Hab. i. 7). 
Les adjectifs de la forme pà'^ôl ont rarement une signification ac- 
tive, et la plupart des exemples ont un sens intransitif. Ainsi 
âdôm,^àr6m,'àk6b [Jér. xvii, g), ^âbôt [Lév. xxiii, ^io), àyom. Mais 
dans Jér. xxii, 3, 'àschôk (injuste) se rapporte à gàzmil (le volé), 
bien qu'ils appartiennent à des racines différentes, ce qui n't^st 



320 OPIISCULKS D'IBN DJANAH. 

:>Ui.A-fti_5 u:jUiA*v!_5 jiij j^.*j ^\ mn '^Cï^i nn*c'n: mn* <j-» \nN 
• D. 77, 19; N. 46, 93. — - D. lÔQ, i5; N, 110, 3. 



possible que parce que le sens des deux racines est presque le 
même; en outre '^oschôk est employé comme gôzî et gôhî. 

AboÙ Zakariyà à la racine liour : « Wehâràh [Ez. xxiv, 1 1), liàrùh 
[Job, XXX, 3o), hàrou {Is. xxiv, 6).ti 

Commentaire. — Aboû Zakariyà, dans son Livre sur les racines 
géminées, à l'article hàrar, après avoii- mentionné hàrèrhn {Jér. 
XVII, 6), ajoute : cril se pourrait que hàrou lût de la même racine, 
et que le rêsch dût avoir [)rimitivement un dogêsch.r> [On a re- 
proché à Aboû Zakariyà davoir maintenu [}Our ivehàràh et^] liâràfi 
comme second radical une lettre laible. Ils disent, au contraire, 
que wehârâh et hâràh sont comme ivàhâttà [Jér. xi.viii, t) et lialtàh 
{ibid. XIV, h), et que la forme primitive serait, dans tous deux, 
avec dàgésch. Par ma vie, cette opinion mérite de ne pas être 
rejetée, et semble conforme à la règle. Cependant, je ne crois 
pas qu'Aboû Zakariyà ait fait une exception pour hàrou par rap- 
port à wehàrâh et hàràh, sans mûre et solide réflexion et sans une 
conviction réelle que ces deux derniers mots peuvent dériver 
seulement d'une racine au deuxième radical faible. Le motif pour 

• Nous complétons ninsi la Janine dans le texte dlbn Djanàh. 



lUSÀI.AT AT-T\Kliil5 W \T-T ASIl il.. .V21 

■i:i* N"? mn J-i-«_5 c"'!:n np "'2 i'?p c'^^rr 'p "':d "i'?p ^ci 3'n 

JXo '7i''?D -'i^^j^i aKïi-vXj (^«xJi CiJ^-*^^ ciui^i ,^^ ijjiil e-ojJL! 



lequel Aboû Zakariyà admet que hârou puisse appartenir ù une 
racine géminée, c'est que ces verbes ont le pluriel de leur ])ar('ait, 
quand il nest pas précédé d'un ivâw, tantôt mille'èl dans Afl/ZoM 
{Job, VII, 6; IX, 20; II Sam. 1, 28; Gen. viii, 1 i)Jiattou [Job, xxxii, 
i5; /«. xxxvii, 97; II Bois, xix, 26), tantôt millera", dans zakkou 
[Lam. IV, 7), rabbou {Ps. l\ix, 5), rakkou [ibid. lv, 22), Ja//o?< 
(/s. xxxviii, 16). Or, liàrou étant miUera", Aboù Zakarivà n'a pas 
été éloigné de le considérer comme provenant d une racine gé- 
minée, bien qu'il pût également provenir d'une racine au second 
radical faible, comme nàmou^Ps. lxxvi, 6), torou {j\ombres, xiii, 
82), etc. Quant au motif pour lequel, selon moi, Aboù Zakarivà 
n'admet pour vcehàràh qu'une racine avec deuxième radical laible, 
c'est que les verbes géminés sont milk^èl au féminin singulier, 
après qu'a eu lieu l'insertion, comme Ijattàh [Jèr. xiv, h), mùrâh 
(1 Sam. XXX, 6), qui de même que hattàh est simplement le fé- 
minin du verbe, et où il faudrait primitivement un diïgcsclt^ sem- 

' \oy. ci-dessus, p. -joi. 1. 8. 



322 OPUSCULES I) IBN-D.I ANAH. 

iô^ù Aji.x>j^ HD") i: mDi** c"c rpi?î J^ <Xj jvxijJt <^k^l^ aKj*^ 

jl^l^i n^'j'w't: n^-"! n2ni*n n^ii -^V:; .-i3T. y-)VD ioj.kx^ JUàiJS 
Uajco aK*=^ Dr'LrJi i i^_j.kj»i! JUiil! sis-gJ Xâ'U^ nr'O'n: n-^n* 
ij^l.^ (jl^ (jl^ nN2 '?m* ^jj j_^ yû il aSs^î- h")- ^C'ji'T J<^ *^' 

D^ùTn nU'*"'3n J^-X-^ ^wiia-j! /vj>)..aJL1 oî^i i^j^ ij^^- u' U*^'*''' «^ 
cyi^i ^j^ t_^-jl ^'»^^ ^^ J^Aj (J^J C:5:^-«^' Aa-x^ l^ji yx "'2u"' 

^xx^i^ iU^^^i i »Xiû IgJ^ 1^x5 *xjiji:^\ 0\j> jl ij^j i^"*^^ ij^)^*^ 



blable à celui de ràbbàli ((îen. xviii, ao) ; ces mêmes verbes sont au 
contraire miller(i\ lorsqu'ils sont précéde's d'un wâiv, comme we- 
rabbâh [Ex. xxiii. 29; Is. vi, 12; Osée, ix, 7). Or, wehàrâh, 
malgré son xvâw, dilFère de ces verbes quant à l'accent; aussi 
Aboû Zakariyà I a-t-il regardé comme ayant un deuxième radical 
faible, puis il a traité hâràh sans wâw de la même façon, par ana- 
logie avec baàh(Gen. xxix, 9) , bien que hârâh puisse tout aussi bien 
dériver régulièrement d'une racine géminée. Wehàrâh ressemble 
pour l'accent à wàhoUoh[Jér.xL\iu,c^), qui est J/iiV/eV/, malgré son 
wâw, parce qu'il est en pause. Voici les arguments irréfutables 
qu'on peut apporter en faveur d'Aboû Zakariyà. Je ne m'oppose 
cependant pas. mon ami, à ce qu'on dérive ivehârâh, hârâh. hârou, 
tous trois de racines au deuxième radical faible, ou bien de racines 
géminées. Peut-être Aboû Zakariyà lui-même avait-il la même 
opinion pour toutes ces formes, et a-t-il cru inutile de men- 
tionner cette possibilité pour wehârâh et hârâh. après l'avoir re- 



R I s À I. AT A T-T A K H 1 15 W AT- TA S H 1 L. :ii>:\ 

U iJt iK-Âs- kiLJi l_À_<»~ï j^ \J>.^ iJlsCji l-<_*_/« i~n (j_j5 yjy^\^ 

JuuU! -ii aa5 «^UJI (^ JJi DIX my*? cj^ (j^ yli Ua:?: (jyg->_^ 
(j^ a1*x_a_^ '*— !V-» ^^-aJIj 'i^vj tj-« ylf^ ^!_j iT'Si* mDD -x-jj_^ 

' D. Nfi, i5;N. 5i,3ri. — ^ 1). iiî(i, j();N. 89, 1.— • I). 87, 7; N. 52 , (5. 



connue pour hàrou, se liant à notre intelligence pour saisir sa 
pensée. Notre de'duction et notre raisonnement au sujet de wehà- 
râh et hùrâh n'en sont pas moins ingénieux et pleins de finesse; à 
toi de le comprendre. 

Aboi; Zakariyà a fait entrer '^âwetâh [Esther, i, 16) dans la 
deuxième section, à côté de léawivêt [Lam. m, 36), et il l'a éga- 
lement fait entrer dans la troisième section, à côté de we'^âwînou 
[Dan. IX, 5). L'analogie autorise à la fois l'un et l'autre : dans le 
premier cas, où le tâw est le troisième radical, ce serait d'après 
la forme schâmerâh, "âheràh; dans le second cas, où le tâw rem- 
place le troisième radical hè, ce serait d'après la forme "âseiàh, 
kâletâh {Ps. cxix, 81). ^ 

Abol Zakariyà rattache hâpê'ah bahourîm [haïe, xlii, 22) à 
happait [Ps. cxxiv, 7). 

CoMsiENTAiRE. — A iTiou avis , il Vaudrait mieux le rattachera 
yâpîhou [Prov. xxix, 8), dont la traduction arabe est nafakha 



32/1 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

^^jJi (j^-x-^ i ^-''^j' V^*^' ^ i> J^^-J*-^"^*— * j^-''^ iN*3nn DW*?: 

vnm^Sm "':^:.' î:*i*:d n:m l^x^ J^i^^i^ n: ]d>"; S-l: yo^i □"'Cn "-jD 
'?K"iîL'"' nx b:!""! "NC "ic:; hn id^i n-in-' nD2 dt't 

' D. 99 et suiv.; N. fio et siiiv. 



ffsouffleni, et dont le sens est f reniera et rr repousser.'» Le hêt 
de hahourîm SQVAxi alors préfixe et point radical. Ce serait alors le 
pluriel de hour (haïe, xi, 8), et hahourlm ressemblerait à haourhn 
(ibid. XXIV, i5), dont le singulier est contenu dans mê'our kasdîm 
(Gen. XI, 3i). Hàpê'ah hahourm signifierait donc : H les a poussés 
tous dans la tanière; ce qui concorde avec la phrase suivante : 
Et ils ont été enfermés dans les prisons. Nafakha est, en effet, 
employé dans la langue arabp avpc le sens de rr renier- et f re- 
pousser. •" 

TROISIÈME SF.CTION. 

Aboù Zakariyà a mentionné les futurs apocopes des verbes de 
la forme légère : ivaijyibén, rvayyikén [Gen. xxxiii, 19), ivayyizér 
{Ex. xxxii, 20), wayylnm {Juges, vi, 38), wayyijén {Ex. 11, 12), 
et il y a joint wattekah {Job, xvii, 7), wattéla'^ {Gen. xxi, i4), puis 
il a cité les futurs apocopes des verbes de la forme lourde : wayyé- 
fén {Juges, XV, h), wayyéréb (Lani. n, 5), wayyéfér {Ps. r,v, 2/1), 
xvayyégél (11 Bois, wii, 6). 



Il ISA L AT AT-TAlyldB \VAT-TASI1(l. ;{25 

'?Dm i'pm nsm (j^ JL/uLx-^ii! o^.^ yl U>(ys-* ^^^' u' |fc^-«^ 

vî:'~) ''"'1X0 [iÙK^^^ DnaiDj D-'priDDj viri ■'^ind u^'>Mii2 j\ JXo^ 

' D. 108, 8; N.68, 23. 



CoîiMEMAiRE. — Plus duii connuençaiit n'aura pas pu distin- 
guer wattékah, ivatiètii^ de wayyéjen, et se sera imaginé, indu il 
en erreur par la ressemblance de la prononciation, qu'il n'y a 
aucune différence entre les futurs apocopes de la forme légère 
et ceux do la forme lourde. Que le commençant apprenne donc à 
faire cette distinction : le préfixe du fulur de ivattékak, waUèta\ 
wattêkél [Ex. xxxix , 3a), wattélah [Gen. xlvii , 1 3 ) , wannèj'én [Deut. 
m, 1), têfén [l\omb. \vi, i5), waêfén [Deut. ix, i5), etc. est, à 
part des exceptions peu nombreuses, vocalisé avec un séré, tandis 
que le préfixe d'un futur comme ivayyéfén a pour voyelle ségvl. 

Aboû Zak\riyâ compare ma'àwayyim, d'oiî dérive ma'àwayyè 
[Ps. cxL, 9), à mamtakkîm [Cant. v, 16) et marbaddîm [Prov. vu, 
16). Mais nous avons trouvé maâwinjè dans un exemplaire cor- 
rect écrit en Palestine, avec kùmé$ sous le wàw, et nous avons 
trouvé la même leçon dans un autre exemplaire correct; le yôd 
serait alors sans dàgèsch^. 

' Voy. Mitihal .S'c/ioi sur Ps. cxi. , g. 



326 OPUSCULES D'IB.N-DJANAH. 

^Us: tg*>ouil^ *UJi ^ib ^^. J\ n'7*P2: ^\s' i ji j^a-» 'nVx 

3*ù'"' tj-« ■'2w "i"^'' cj-4 ■*""> NS"! 

•ap::D Nin n:vxn "': J.*©^! i Jsjû (^^^ "Jlï nix 
idijU!! iOuia- yl dUi^ o^A^' Ji ^^-^^^ <Jyi^5 1*^ ^5 Jl- 



:-wy 



' D. toi), 1 : \. (jg, 3. — 2 D. 108, 16: \. 68, lii. 



Aboù Zakariyà, à la racine «^îA, dit (|ue ëli [Jocl, i, 8) pour- 
rait avoir perdu son premier radical. Mais le commençant a be- 
soin qu'on lui fournisse des exemples; sache donc qu'il a dérivé èlî 
de ijà'al, comme se'î de yàsà', redi de yàrad, schebî de yàschah ^ 

Aboi Zakariyà , à la racine miàh, dit : De cette racine est tô'ànâh 
[Juges, XIV, II). 

Commentaire. — Cette assertion a besoin d'être expliquée. En 
effet, la véritable prononciation serait to'nùh avec un kâmés sous 
le tàw et Vâléf sans voyelle, comme betonmh (Juges, ix, 3i), de 
la racine ràmàh. Les Hébreux reportent le plus souvent le Mmés 
de la lettre où il se trouve sur celle qui la suit, si celle-là est une 
gutturale. Ils ont formé to'ànâh contrairement à cette habitude, 
et ils ont changé le hâmés en holém, comme ôans po'âlo [Jér. xxii, 
i3), qui devrait être vocahsé comme pâ^ôlékà^Ps. lxxvii, i3),et 
encore dans to'àrô (/s. lu, ih)-. 

' \ov. Kitdh al-oiisoùl , (3i, ■2't et siiiv. — '^ Rihnâh, loi, I. 38. 



lUSÀLVr AT-TAKi;ili WAT-TASUil.. 3i>7 

p:t:j ]':y^ l^:p^ y:2 ^j^ ul ' *1_^ i j^ è^ c-o-^*' *^-^^ '"^^^ 
i^t j^»x.À-c ^Aj jjlyjl^a- /jv^-=?-_>J' ^^ l'ri'D ^j)_j J-j J-*J»^ v'pi'D 
J>-A_-« cjLÀ-yjiJl ^oucLcùL/9 ^.XvUc l^^' J^js^i l^Aj j! Jy> (Jl jl 

|^J3_5 |"':p c^it) iX^ <_^ ^JJ^ Jotill 

-!i\llj "•'ri'ii'D SiTii er* '~i:iT ""ji:? y)^ (jl ^Ij niit ^:^Jt J^^ <îù:^ 
A_jj^ ^^*x.J! T;r) ^j.« <_*-waJij If "'•':"i:î -vj J^^^I y\^^ aàx i^^aib 

I N. .^u, -îS. — - i\. 73, 35. 



Racine bàmih. — On a contredit l'opinion d'Aboû Zakariyà 
que le paradigme de hinyân, kimjmi, '^inyân, minyân esl piHa^, et 
on a ajouté : cNon , il n'en est pas ainsi; le paradigme est pt^làn.n 
Cependant, les deux explications me paraissent admissibles, bien 
que j'incline vers l'opinion d'Aboû Zakariyà; car, selon moi, le 
deuxième radical a été redoublé, comme dans hdgigî [Ps. v, 2). 
Je ne t'ai lait part de l'objection que parce qu'elle n'est pas re- 
poussée par l'analogie. 

Aboû Zakariyà à la racine hàgùh : rrOn dit que hàgîgî est de 
cette racine et que le second gimél est le deuxième radical, ré- 
pété comme dans [àmjân et binijun.v 

Commentaire. — On a prétendu aussi que hàgîgî est d'une 
racine géminée, en s'appuyant sur ce que ce mot est semblable à 
zenounê [Xalium, m, k). Sache que le paradigme de zenouné est 
pe^ou^àlè; le troisième radical est tombé, et la forme véritable se- 
rait zenouneijè, de même que hàgîgî a pour paradigme pe^fàli 
et est mis à la place de hàgîgeyî. D'après cette méthode, le yod 
placé enije les deux gimél de hàgîgî est donc, comme le ivmv 



328 OPCSCULES D'IBN-DJANAH. 

?]cr ^::- ^jj <> nb^riD — ^di:^ n^cin ^j_5 ^J\ J_^i ^i dLJi>_5 

' l\. 7/1, .11. Les mss. de Hayyoudj portent : *.a,wJ ?'?:)? 



de zenoiiîiè, une Ici Ire de prolongation. D'après la inélhode d'Aboû 
Zakariyà, à laquelle il ne man(|ue pas dadhe'reuls, le yàd et le 
wâw sont tous deux des troisièmes radicaux. Je n'en persiste pas 
moins dans mon opinion, parce que ces deux lettres sont quies- 
centes et ne sont pas vocalistvs comme le yàd de hinijân et kinyân. 
De plus, ou n"a })as l'habitude de redoubler le deuxième radical 
avant d'avoir placé le troisième; on le fait bien pour le premier 
radical dans yeVcrow [haïe, w, 5). 

Aboù ZakarivÀ, à la racine hmnàli, dit : r Regarde homiyyàh [h. 
XXII, 2) comme adjectif relatif de hàmàh (1 Bois, i, /ii), de 
même que hôhiyyâh [Lam. i, 16) de hôkâh.v 

Commentaire. — Ces deux mots admettent une explication dif- 
fe'rente qui leur convient mieux : à mon sens, le paradigme de 
homiyyàh et hàkiyyàh est pàllàh, comme yàsîf [Is. xxix, lA). Seu- 
lement, comme dans homiyyàh et hàkiyyàh se rencontrent deux 
yod, dont l'un est quiescent, on a inse'ré le yod quiescent dans le 
yàd vocalisé, J'ajoule : 11 n'y a pas moyen de prononcer ces mots, 



UIS.U.AT AT-TAKHil} W/VT-TASIlil,. 320 

t_^àlj ny^D Wy-»j?j jji*x.>JI n^2w' n"':y i /o-^-V-nj ,^^"135 n^Din 
Nî'i'jDn'? ï]"'ci> ■'::n *->) 4^ '^''^iD "'di^^j -'Din n"'D"iD_j n-'Cin j-Sj^-^ 

ma: jw "'d □''Vt miyn «Xr^-i^ ^î |^il_5 t_>lJl ijs.iû i jî Jiï n^n 

' N. 77, 16. Les exemples n'y sonl pas les mêmes. 

lorsqu'on laisse la forme complète et saine, parce qu'il y aurait 
réunion des deux quiescentes douces à la lin de chacun de ces 
deux mots : ces deux quiescentes seraient le yod comple'nientaire 
et le lié troisième radical. Cette formation n'est possible qu'au 
féminin, où le troisième radical est vocalisé; on traite homiyyàh et 
bdkiyyâh comme "àniyyàh {h. x, 3o), schebiyyàh [ibicl. lu, 2), 
dont le paradigme est pe'ilàh, et on insère la quiescente dans 
le troisième radical, dans le yod vocalisé; cette formation est, au 
contraire, impossible au masculin, parce que le troisième radical 
y est quiescent. Mais si l'on a recours à une forme affaiblie, il 
faudra dire au masculin de Imniyyàh et bdkiyyâh, homi et bokî, pa- 
radigme poHl, comme yosîf, avec un changement du troisième 
radical en yod, parce qu'il devrait être suivi d'un yod de prolon- 
gation, qui a été supprimé, comme dans V//i«, nàkî, dont le para- 
digme est pa'îl, où le troisième radical a été changé en yod et 
où le yôd de prolongation est tombé. 

Aboù Zakariyà dit à la racine hûyilh : ffLe singulier de hayyhn 



330 OPUSCULES DIBN-DJ AN AH. 

,j Jlis *-j *'v.x.J) *Xj<x^J J^l^ n^n ct: (ji^j *U'! jy>vXu;;uI J^l< 
j}s (ja-ïb oLA-À-i^ i^'? biV în'' Tim 'û ciN j.:r L»i^ vW^^ ^'^ 
LaJsb Ujlsî. n:n nrn "^3 c^^n Jyu -^\Ji (^>5! c^JI ji o^^*ii ''<>>^i 

v,.jLOLii l^'? biS* ÎD"' ■'nm "T □"N* A.5^ Uij *J_^i li -y* AaXc viiS^i 

' N. 78, (), est évidemment changé par le traducteur. Les mss. de Hayyoudj 
ajoutent à la fin de celte citation : L-^iSlj li^^ii» tt Uij^^L. 



ff vivants n [Ex. iv, 18) est hay (I Rois, xxi, i5), et le singulier de 
haipihn ^x'ien (Prov. wiii, 21) est lié fa/ oh [Gen. XLii, i5). — Il 
faut remarquer que l}ay])im est complet, parce que le yod a un 
dâgésch, comme hayyâh [Gen, i, 90) est complet pour le même 
motif. ^ Puis Aboû Zakariyà ajoute, dans le même paragraphe : 
cfLe pluriel de /mj/rr vivant 'i [Lam. ui, 89) et de hahay [Eccl. vu, 2) 
est privé du dâgésch et défectueux d'après la règle usitée pour les 
racines dont le troisième radical est une lettre douce ; on dit hâyîm, 
et de là hâyôt [Ex. i, 19), qui est défectueux et sans dâgésch. v 
Commentaire. — Ou a soulevé des difficultés à propos de ce 
qu'Aboù Zakariyà a dit : rrLe pluriel de hay et de hahay est privé 
du dâgésch et défectueux, on dit hâyîm, v et on a prétendu que 
cette assertion contredit ses autres paroles : frLe singulier de 
hayyhn est hay. -o On s'est trompé; Aboû Zakariyà suit son principe. 
Pour lui, hayxjim est complet et représente bien la racine hàyâh, 
parce que le yôd a un dâgésch, comme il Ta remarqué dans ce 
paragraphe. La règle, il est vrai, aurait voulu, si ce mot provient 
de la racine qu'il supposp. une forme défectueuse d'après l'usage 



KISÀLAT AT-TAkIlil? WAT-TASII IL. Mii 

mi nn iLij ^_^ rrri aKa»! ^jI ^^ _^_5 jjaib ajI xx» Jlj rrri (j.« 

Ar>_^i ^^ ^jaib v^«-^ii5. I^S S.y «p-i ipH i "in DIN J^ Ul^j *iy» Ul^ 
J-^^l (^ bj\.> y(^ (ji_5 vW-Ji Q* •>^ »*XA^_j-r,i D"'"'n Divjn 

^j jl A_aJ| «.^s-JÛi U i*>w_<_3 aLo! <_^jLi»- iLL^i ^£. iUi <_JjM» 
(j! ,^j^O«l*»m Lj\j^ i KLijSt> LJ<XS tXij lOsj:»- (jvj viijij uÀ^Ài». □"""in 

x\-i ns DNi Dn3"'ni ""n tù'n dix ■'D^ b^ y_^^ ij\ ^*xxc (^j*«.i.-i/i 



adopté pour les adjectifs et les participes de ces verbes au troisième 
radical faible, comme bâlîm [Jos. ix, A) et tant d'autres. Comme 
Aboû Zakariyà a regardé aussi hay (I Rois, xxi, i5) comme dérivé 
de Ijâijàh, il a dit que c'est une forme défectueuse, en pensant 
qu'à 1 origine c'était hâyéh sur le même pied que râwéh et dâwéh. 
Donc, lorsqu'il dit : tfLe pluriel de hay et de hahay est privé du 
dâgésch et défectueux d'après la règle usitée,» c'est qu'en effet 
telle est la règle généralement appliquée pour cette catégorie de 
mots, comme je l'ai dit pour bâllin. Mais hayyîm [Ex. iv, 18) 
est, aux yeux d'Aboû Zakariyà, une exception, bien que conforme 
à la racine; car, bien souvent, ce qui s'écarte de l'usage général 
devient conforme à la racine ^ C'est là ce qu'Aboû Zakariyà a 
voulu dire, et cela est très-clair. J'ai déjà exprimé dans le Mous- 
talhik l'opinion que hay [Gen. v, 5), wuljay [Lév. xviii, 5) , ivâhâyâh 
[Ex. 1,16) proviennent d'une racine géminée. Je dirai de même 

' En d'antres termes : hayyîm, bien que ce soit une forme irrégulière, repré- 
sente mieux la racine hàyâh, parce que le troisième radical /le y est représenté 
par le dâgpsch. que la forme usitée hâyim , où le hè a disparu sans laisser do trace. 



332 OPUSCULES D'IBN-DJ ANAH. 

J.A^ n^inrri aKas.1 ^^^^ (i^^î i->^ cj^ ûi'"it23 Tinn '?n ^j^jXj (j! 
mnnD nnx ^3 a^cinn px mnpn -jw* tj-. ^j^^-^? u^ (j^5 m^nn 

Qiiib _j43 A-ix( fj^ yvj mnn o>-£».i i>i-Jï-J;^ CJ-« J^-**' i^-^_j T"'N3 
^^^^.JC^ii jj IjoUS" j Ia^jÎ ^AÀi aSTaIà^o UjIj l^ IJsJÛ ^\ Jb 

J.iL« J^a^a)! àav t^ î"!N3 mnnc ccicn nx mnnP ~\\* jj! JJi_j 

' Ci-dessus, p. li-i. — - D. ir)7, 3 ; N. 108, «8. — ^ D. 1 12 , 2^1; N. 79, ly. 



pour ces mots hayyîm, Ijay, wehaijijlm, qu'il est plus juste de les 
rattacher à une racine {jéniine'o; du reste, Abovl Zakariyà lui- 
même les a aussi cités dans le Livre des racines gémine'es. 

Aboû Zakariyà dit à la racine hârâh, après avoir cité wayyihar 
elwayyaltar [Job, xix, 11) : «Il se pourrait que tithar [Ps. xxxvii, 
1) ait le même sens et qu il soit pour tithàréh, comme titgâréh; ou 
bien qu'il ait le même sens que tctahàréh [Jér.xii, 5) et metahàréh 
[Jér. xxH, i5), dont la racine est le quadrilitère tahrâh. S'il 
en est ainsi, la quatrième lettre est omise dans tithar. n 

Commentaire. — C'est là une affirmation que j'ai oublié de 
combattre dans mon Moustalliik. En elTel, tetahàréh et metahàréh 
sont de la forme lourde, comme yedaschschenéh [Ps. xx, h); dans 
chacun d'eux, le tûw a un patah comme le dâlét de yedaschschenéh , 
et n'était le hét, ils auraient, eux aussi, un dâgèsch^. Mais tithar a 
une forme tout à fait diftérente, celle de titgâr [Deut. 11, 19); il 

' Voyez cppcnda lit Riliiuih, 81, 1. 



IUS\L\T A'n.AKItÎK W AT-TASll il,. y.V.i 

U| J^t'i Jii? ^jlî :5Xi*©l ninn u-» Lr-v^^ •"'"'^ tj-« "'^î^'^ cV^-* '"i^'"' cj-* 

A_i!sJ_)l .^_rf>»x_x> i j\j~^ ^ ^ \.y^jî> VxX'i ^XxAJ• mnnD^ ^J^ifi^*- 
jùs^to S Jli^ mnn ^^^l (j«jf'=*-' ^j^ Lf* ^^^ -^^^^ ^^ ^X^^ <>^i 

» D. l/i, i8; N. Ii2, 9(,. — -^ I). ll'l, if); N. 80, -27. — ^ I). ifio, iG; 

N. 1 10, 27. 



est un Intpaël de liârâh, comme «//^«r de gârâh, mais il ne dé- 
rive nullement de talirâli. Si l'on demande {)Ourquoi tithar ne peut 
pas venir de metahàréh, comme l'a soutenu Aboû Zakariyâ, et 
être la forme légère, tandis que metahàréh serait la forme lourde, 
nous répondrons : C'est ce que les théories d'Aboû Zakariyâ ne 
permettent pas. Il a jugé que la racine de metahàréh est le qua- 
drilitère talirâh; or, il a dit, dans l'introduction de la première 
section : fcTout verbe qui n'est pas d'une racine trilitère est à la 
forme lourde.^ Aboû Zakariyâ a donc commis une erreur. 

Aboû Zakariyâ dit à la racine yâdâh : ^ Yaddou [Joël, iv, .3) n'est 
pas de celte racine, puisqu'on ne dit pas yiddou avec hirék, d'après 
la formation régulière, n Aussi Aboû Zakariyâ l'a-t-il placé, dans le 
Livre des lettres géminées, à la lettre yôd. 

J'étais présent quand un des docteurs les plus versés dans la 
connaissance de la langue, Isaac iils de Saùl, soutenait qu'il se 
pourrait que yaddou vint de yâdâh; le yôd de yaddou, avec sa voca- 



334 OPUSCULES D'IB.N-DJ A.\AH. 

U^- U^ ij^^- *^J (ij^*'^"^' ^^^.^^J iiUiXAwl^ l;\JLè^-*»(S JuJcùwi)! 
!*>«_* (j^ vXjïaj (j*^xÎ_; a^'^n :2V2 r\'"~\^ " vW '«^ à J^ '""'"' 

Utj k_ii i -«^Lri» -wV^ i _.^^i (jl^ (ji_5 hN"" i aKJl^ JotiJl -^ "nn 
i^.^ ^j^-i ■i'?^''^ '^r^ \'"':m n:n (^ i^^ rn LiÀi ,^ Jj.^::^^ i;- 

' Peut-être famirait-il lire: ^jJoLJÎ (Aj^^ '"" J^^^f ^1. — ' D. iiC, 



lisatioD, remplacerait deux yôd comme ceu\ de yeijaliél [Micha, \. 
6)^ On a laissé tomber, ajoulait-il, le yod du futur pour alle'ger 
la forme et pour éviter la lourdeur de deux yôd vocalises. Tl se 
pourrait qu'il eu lut ainsi; Dieu le sait. 

Abol Zakariyà, à la racine yârâli, cite lehôrôt [Lév. xiv, 07)., 
et ajoute : ff C'est dans un sens analogue qu'on trouve hôrô wehôgô 
(/s. LIX, i3).*^ 

CoîiMEXTAiRE. — Je vcux t'ex[iliquer ces deux mots, à cause 
de leur obscurité : hôrô et hôrôt ont entre eux le même rapport 
que rd'ôh et nVôt [Is. xlii, 90). Le wâw est troisième radical 
dans hôrô, comme dans raôh, où il a été remplacé dans Técrilure 
par un hè. Quant à hôgô, il a été formé sur le modèle de hôrô, 
car il dérive de hâgâh, wehâgitî [Ps. Lxxvn, i3), et il aurait dû 
être hâgôh, comme hârôh [Job, xv, 35); seulement, on l'a rendu 
semblable à hôrd, à causp du voisinage, de même que l'on a dit 

^ laddou serait donc pour yeiiuddon. \ovez ci-dessns. p. 27. \ov. aussi Kilàb 
al-ousoûl, p-6 . 6-8. 



lUSil.AT Aï ÏAKIlill WA'M'AMIIL .riô 

-N'iic I^aJ ^ -|N2D Jw.^ -jx^c nNi -jN";;'!: PwX 

L^Aa»^ liU 'u^tCi |"i:j AJ; (j^ '?"iTJ_j )":1j_5 '?13j (ji *>>J^>-t> ^i J^^ 

<_>ij_5 Jv*x*iijJL ih'Z cnn* ci^u.'n ~)Dcr i'?3:" 12"* m'î: p •.^^ 

' D. loi, 18; \. io5, '.. 



et môsaàkd ive'ét màbdékà (Il Sam. m, 2 5), où aussi le doriiior mol 
a ëtë modelé pour la prononciation } sur le premier. 

RACINES GÉMINÉES. 

Abol ZakariyÂ, après avoir mentionné plusieurs paradigmes du 
nifal dans les racines géminées, poursuit : ff Parmi ces ni/ai, il 
y en a qui ressemblent à ceux des racines au deuxième radical 
doux; mais considère-les avec un suffixe et tu verras la diffé- 
rence, ri 

Commentaire. — Aboû Zakariyà veut dire : Nàgôl, nâgàz, nâzôl 
sont d'après le paradigme de nâkôn et de nâmôt; mais, lorsqu'on 
y ajoute un suffixe, on a nâgôzzou [Nahum, t, 19), nâgàUou [Js. 
XXXIV, h), nâzôUou [ihid. lx'v, 9) avec dâgèsch, et nâkànou [Prov. 
XVII, 29), nâmolou [Ps. xvii, 5) sans dâgêsch; la différence de- 
vient évidente. De même yiggôz, yiggâl, yizzol ressemblent à >jik- 
kon [Proî). xii. 3), yimmot [Is. xli, 7); ajoute-t-on un suHixe. 

' Kn eflet. Ii' kelîb donne exactement -.hr^K mebo'àkd. 



336 OPUSCULES D'IBiN-DJANAH. 

Dn^bi' "j'D"' ■]\")3ï:Tit: 'zz"", '-^^ï^ ^Xj^x^JL ibir i'?"!^'' vrù^ c_*.Aï 
])2n ^jj <^ ^'ùn^ î"ijn_j b'}r\ [(jî^j ] ^àaj ^^^IS ^Lài ^_>^àjs^»JL» D'''?n; 
*x.j4>s«*ijJU "i"'7un_5 "i'7uri^ ni;n c^)'i J-03 iilj V'cn ■j\~i'7iS* nsnp'? 

ji *).Aj ij\^ sXi^ ji^^LaJî iÙjLi. jyi'i «»Xaxj a.^) »jsJ^ ^i Jlï 
' D. 161, 21 ; X. 111, ih. 



on a, d'un côté, yiggàzzou, yiggollou, yiztoUou avec dàgêsch; de 
l'autre, weyikhonou [Prov. xvi, 3), yimmàtou [Ps. cxl, 11) sans 
dagèsch. Enfin higgôl, higgoz, hizzol sont fornie's comme hikkôn 
[Amos, IV, 12), himmôl; dès qu'il y a suffixe, on distingue entre 
higgdzzou, higgàllou, liizzàllou avec dàgèsch, et himinàlou [Jér. iv, /i), 
hikkànoii sans dâgêsch. 

Aboù Zakariyà dit à la racine ^fat : Wayyakketoum (Nomb. xiv, 
/i5) n'est pas de cette racine. 

CoMMEiSTAiRE. — La dérivatiou de ce mot est difficile et obs- 
cure, et Aboû Zakariyà aurait dû en expliquer l'origine, ce qu'il 
n'a pas fait: je vais donc t'exposer mon sentiment à ce sujet. La 
racine de ivayyakkeioum peut être un verbe sain ou un verbe ayant 
yod pour premier radical. Dans le premier cas, le verbe serait 
nâkat et la forme primitive serait ivayyakkîtounu d'après wayxjap- 
ptloum; le </oW aurait été' supprimé pour l'allégement, comme dans 
wayyadrekou {Jér. ix, 2) un hifll. comme l'indique le palah du 



HlS.iLAT \TTAKHil? W AT-TASIIIL. ;{;{7 

1^*^x3 iOi'^I J.)jcj p">:-!n ,j^ ^ ^i»x>Ji non'jDa nnnnN ncn z: 



j/oV/,- dans ivmjyadhclou (I »SrtHi. wxi, a, et xiv, 99), également un 
liifil pour le même motil', et dans ya^schercnnou (l Sam. wii, 95), 
qui est de la même forme que hé^ëschartî {Gen. xiv, 28). Quiconque 
prétend que ya'scliercnnoii est de la forme légère, se trompe, 
car la forme légère n'est jamais employée activement dans ce 
sens, comme on le voit par ^(ischarti [Osée, xii, C)). Si, d'un autre 
côté, tvaiiyahketoum vient dun verbe ayant yod pour premier ra- 
dical, l'analogie autorise deux explications : la forme primitive 
est wayyeiiakhetoum , qui a été traitée comme ivayyaschscherêm (Il 
Clir. XXXII, 3o) et ivayyabheschèhou [},akum, i, h); ou bien, elle 
est ivayyakkîtoum , d'après ivayyassîkoum [Jos. vu, aS), et le yml 
a été retranché pour l'allégement \ Quelques partisans outrés de 
l'analogie ont pensé que ces mots n'ont pas été allégés, mais qu'ils 
sont lires d'une forme ////"«/, comme hèfar [Gen. xvii, li), hèxar 
(Deuf, XXVIII, 59); ils adoptent alors un parlait de la forme hjfal. 
Peut-être ont-ils raison; mais je n'en incline pas moins vers l'opi- 
nion qu'il y a suppression et allégement , parce que je ne trouve 

' Vov. hitdh (il-ousiiùl , .'i3'î, I. 13 el sniv. 



•Mi8 OPUSCULES DIB.N-DJANAH. 

coibj JJU\ dU ^i JJ»! X:».^ t-i>ijl U ^-^i dU oJviil »>o 
l_^ \iyM '^ iiLJ ^J.^3 d)LjL^ 4X51 JoiX) \^^jÎ "-^-yy^ t^*^' ioUJl 

-iCNT Tj-) iCînN"' 2X1!: ^'?\\ pt:i^ c:::- n-cc* yiî^* "ic^'^'^n ir-'c:^ 
Jji_ÀJi -o^-'>.hocuv! Uij liXs- j^i5"yftj cii*!: ^z^c nzDH nb"x 

' Dans ce passage (Ex. m, 17), rbi'f» est un vrai futur: il faut le remplacer 

par cnir:r3 r:î'f' ^brf> ^r:f)') [Juges, ii, i). 



que peu (Vexemples du liifal, comme hèfar et hésar, et que j'aime 
mieux les classer parmi les exceptions que d'en faire une classe à 
part de formes verbales. 

J'ai mené à bonne fin le commentaire que je m'e'tais proposé 
de te donner; puisse Dieu mener à bonne fin tes espérances! J'ai 
atteint le but que je m'étais fixé; puisse Dieu te faire atteindre ce 
que tu souhaites! Il me reste maintenant à te payer la dette que 
j'ai contractée (p. 278), et à t'exposer la cause du pata h sous le 
ivâw de wa'àmôietèhou {\\Sam. i, 10). Le moment en est venu. 

Les Hébreux autorisent l'emploi du futur à la place du parfait, 
que ce futur soit précédé ou non du wâw. Les exemples où il est 
ainsi employé sans ivâiv sont trop nombreux pour que nous ayons 
besoin de les rappeler; citons seulement yekasijouniou [Ex. xv, 
5), tibia' éinô [ibid. 12), yirgâzoïm (ibid. ilx), yo'hàzêmô (ibid. 
i5), a'^àléh [Jtiges, 11, 1), etc. Les exemples où le futur est em- 



p,is\i,\T at-takhIi; w at-tashIl. ivm 

C3C.'r ■i"'2XD imNi cti' n'^iDj "T'cni ^^-«Ul ^j\^ ^-à> ^^i\ 
riw'in: -n*;i!:") -Dnr '-'î^z -"r. nrx nz'^^ ^d ^r^'Jii: s^Xjcj JL- -oo' 

\T':y: npxi TNa i'jd "i"? jdn ans: ynN'b -"'iixi 'îns D'-Di* ciZwS*' 

_ji^ J^JlL^ nrîJl? ày-À. »»xju> (jiJJl nn!:JS_5 NZwJi ^ n2Tj 
crn N2N] "innrDNi vh'J iTDiss'i ^i^ J^-i-» ycpJ'i» ji^l Jj:^ (ji?U 



ployé avec xvàw à la place du parfait sont également nombreux : 
comme XKealàâk [Is. viii, 2); xve'ùsh' [ihid. x, i3), ive'àrhl [ihid.); 
comme we^aschm^êm [ibid. xlviii, 3), précédé du parlait yûse'ou 
et suivi de middaHî, etc. {ihid. A), jusqu'à ivaaggîd, où le ivàw a 
liâmes, ainsi que l'exige le parfait, et hisclimaUîkâ [ibid. 5); comme 
we'édrekém [ibid. lxhi, 3), ive'érmesèm [ihid.), iveijèi [ibid.), we^ibblt 
[ibid. 5), voe éschtômèm {ibid.), we'âbous [ibid. G), ire'orîd [ibid.); 
comme wé'éhah^Osée, xiii, 1 1 ). Tous ces futurs remplacent des par- 
faits. Lorsque le préfixe du futur a scheba et patah , il est impossible 
de prononcer le wâw qui le priîcède avec scheba , et il reçoit comme 
voyelle un patah; ainsi iva'âmôtetêhou (Il Sam. i, 10), (|ui est un 
futur mis à la place du parfait, et qui, s'il était un parfait, au- 
rait kdmés sous le wâro, connne dans wae'ëmdd [ibid.), ivdWbô' 
[Gen. xxiy, A2), ivaaggid [Is. xlviii, 5), d'après la règle com- 
mune à tout wâw précédant un parlait avec \e préfixe du futur 



3/(0 OPUSCULES D'IBN-DJANAII. 

*-*i?^-o i J.aa.x*m.^ <sjiJ jljJi ^Àj inn^Ni "nD-i^NT rnxip inN "^s 
cn2 ^rx TP" ijbU *^i) ycp DiTiDN* d'?:xi in^-îNi cM^ ^-oUi 
(JC.U A_ji) yî:p ;\s*i -•:'? mpx* i>a~s; Jw!.j».:c-m*_* aj^J nnD cbrxi 
l^X i;ja-j,Aii\ cj>!_5iyi » Js-^ ,XAJix>*<-« *ji) nnc dVl: "t "jCu mpx* 

cj!_5l^ ^_ff! LiûjJ^ j.Js.t.xii »-:jî^i_jJl JJLo Xn'wJ IftAÏ Jw^^Jl ^l<' 

^^jjf LgJJL^ l^j^j "i^riwv: -niN] D^cy n'?*^; i^dn'i 'b m-^yNi 

4^Ji ^N3u-Ji Otkxîi _5Î_5 ^i iJ?j^^xJl Aji^i j, J^AA*>Ji _5.i£> î JsXd> 



a/r/. Ce /.«mes distingue précisément le parltiil du futur : ainsi 
xvaabâràkèhou [Gen. xxvii, 33) a lamés sous le ivâw , parce quil 
est un parfait, tandis que wa'àbdrekêhou [h. li, 2) a patah sous le 
ivâw, parce que, comme wearhêhou, qui le suit, il est un futur àla 
place du parfait; de même ivadhallèm (Il Sam. xxii, 3q) a hàmés 
comme parfait, et ivà'àkallnn [Ex. xxxii, 10) a patah comme 
simple futur; enlin waàhawwéh {Ps. lxix, 21) a Lihm comme 
parfait, wa'àkawivéh {ihid. lu, 1 1) a patah en sa qualité de futur. 
Tous CCS irâw qui onl patah avaient à l'origine scheba, comme ceux 
de weaklàh, ive'àsir, ire'ôrld et autres que nous avons mentionnés 
plus haut. Mais il est d'usage en hébreu de substituer un patah 
au scheba sous le wâw de la copule, toutes les fois quil exprime 
le futur et qu'il est suivi de l'^/e/" préfixe ayant schebn et patah. 
puisqu'il n'est pas possible de faire entendre le scheba" sous le 
ivàiv, en même temps que le scheba' et paloh qui vient après; il 



UISÀLAT \T-TAKUil} WAT-TASHIL. 341 

i^]^\^-J\ (j^ ^J^ [^^ y:z' mpxi □'?:ni uni '•îx ^^w^ ins^N* 
,^Ui JsxiJi ^iJi ^A« jj\(5 nnc^ x^'ù'j ^5^^ v_j»Ji ^^ i>j«I_jJl 

oSrN] "in:-'2N" xizn cti:^ ^ji^j J.-i_* yopili «il^-sî _5l_^J! JJ js.3 

c_jLa_J w^.v_:*.Lo J\V.A.£l Ul^ <^*lî t^-^ C1>I^Îj^jL«. JsjLx) NZk^'J 

c'izNi cj>— i"^ nnr-îij "!n-"':Ni (:j^-^_5 ycpJl? 'n2";2N" (j^~j (3/* 
3rj ^2 ip'ù' mpxi c:j>-jj "u'? mpN"! (jv_j^ o'rrN" cjv-jj Dïncxi 



en est de même du wùw de ivaàmôtetèliou, ivaâbàrekéhou, iva'à- 
kallèm, iva'âlfairivéli. Les (raro qui précèdent un àléf \)ouv\u d'un 
scheba et patah, dans les verbes qui ont le sens du parlait, ont 
kâmés pour voyelle, comme waàbâràkêhou, wâ'àkallèm, iiuVàkaw- 
wéh. Les exemples oii le w(nv a patah au lieu de schebâ' lorsqu'il 
est suivi d'un âléf a\ec schebu et palali sont très-fréquents dans 
l'Ecriture : on peut encore citer iva'ûschukrêm [Is. lxiii, G), qui 
a un patah et qui devrait avoir un scheba comme tous les autres 
wâw de ce passage. — Cependant, l'auteur du Livre des sons a 
expliqué le patah du ivâiv dans wa' àmotetèhou par le mensonjje de 
celui qui prétendait avoir tué Saûl, tandis que Saûl s'était tué 
lui-même. C'est là une aberration digne d'un pulmonaire. Pour 
moi, je m'étonne qu'il n'ait pas été conduit à la théorie que nous 
avons mentionnée, lui qui avait si bien établi la division entre 
iva'âbàrckèhou , iva'dkallèiu , iva'àkaivwéh et wirâbàràkèlwii , auFàkal- 
lèm,tviVàkawwéh.Qn\ro le parfait et le futur. Seulement, il ignorait 



342 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

t^ /ev-Là-t .Xjlij *^«-x"'7 li-):xi ^"'7 .-i-^l'N* jl^j JJLo N^'^'j y_^ ^j 

yv-A-oU (jXxj (;5v>? »'^yi^ ^5Ata)Jù**w« *nnnCNi ^^j (j*.Iàj1 o^xj 
(^5^ — =^ ^^— ^— * i^^^^— =»"^^-^ J— «-=7-^ "îîjn npN"! v*?:? "D"N* 4p— si 

i_:a-»,*Uw »iU*XJj (^^Ui J^^j-o i JouU**^ Joti ij l^ii N3U.'J (j^^' 



que ces îivar avec patoli auraient dû Q\cnYschehiV comme ivc\Tidàh, 
ive'()ri(I[Is.L\ui,G). Il a paru difficile à quelqu'un d'admettre que 
vca'àmôtetèhou soit un futur, à cause des deux parfaits entre les- 
quels il se trouve, ivaé^êimd et wà'ékkah. Mon contradicteur me 
fit ainsi la guerre jusqu'à ce (ju'il fût vaincu par de noudjreuses 
citations empruntées à fErriture. Sache que \e patali sous le ivâw 
de iva'àkassék {Ez. xvi, lo) provient de la même cause que le 
patali sous le wâw de wa'ânwtetèliou, du scheba qui devrait indi- 
quer le futur remplaçant le parfait; aussi ce ivâiv a-t-il seul patali , 
tandis que tous les autres ivàiv de ceUc parschà h ont hàmrs, |)arce 
qu'ils expriment des parfaits; mais wa'àkassék est un futur, dont 
le wâw a e'ie' traite' comme celui de wa'ànukeièhou; la Mâsdre dit : 
rll nV a dans le passage aucun autre patah.-, Je ne m'explique 
l'omission de iva'âkassèk dans le Livre des sons que par limpos- 
sibilité de donner ici la même raison que pour iva'âimtetéhou. 



KITAB AT-TASWIYA. :\'\:'> 



JO*.am«aJi v_jIJs 



Uû^.^ ii Os^lyUI ^l^làij ^UJi ^V^> cj'*!;-^' v-Xj-Jb ^^ ^/*-^ 



IV. 

KITÀR AT-TASWlYA. 

Livre intilulé : Le reilresseinent, en réponse aux objeclioiis soulevées 
par ignorance contre certains points traile's dans \e Mouslalliil/ , par 
Aboû 'l-Walîd Marwân Ibu Djanàli, l'auteur du Mouslalliik. 

Puisse, ô mes amis, Dieu nous servir à moi et à vous de refuge 
contre les opinions fausses et nous défendre contre la honte des 
erreurs; puisse-t-il nous ranger au nombre de ceux qui s'éprennent 
de la vérité, la recherchent et la conquièrent! Puisse Dieu me 
protéger pour que je n'aie jamais à vous regretter! 

Les savants se sont sans cesse consacrés à la discussion, et, 
doués d'intelligence, ils se sont toujouj's livrés à la controverse, 
parct; (ju'ils voulaient avant tout féconder les intelligences, cl {|u'ils 
s'apjdiquaienl à réunir les prémisses, à en tirer les conclusions 



3/i/i OPUSCULES DlliiN-DJANAH. 

;»).—«* (j-« *._là— fib /0-g-v» <_^'1*j! )^y^ (jo ^^ Aj jl^ii)!^ ^^^ (Ji 
^—9^-'ô dU<X-> <c>-g.-*_^^* c:*»-J1^ aà^ a.^A'^-^ t^"^ ^ *J^^J t_»îkAiaJi 

HD i:'':''3 ny-: rh mn^: •l:dw'!: pfv-Slil Jl:^ Ljf J^^i^j ^^Ai^j».^. 



et à en nionlrer les applications, sans esprit de dispute ni ardeur 
de contradiction. Ils pratiquaient, au contraire, la justice les uns 
envers les autres, ils se soumettaient à la vérité et la soute- 
naient, sans que la joie du vainqueur fût plus vive que celle du 
vaincu; car leur unique ambition à tous était de découvrir et de 
connaître le vrai et le juste, en dissipant toutes les obscurités. 
Cest ainsi que, cliez eux, les sciences [grandissaient et que les 
intelligences s'épuraient. Notre devoir à nous, ô société d'élite, so- 
ciété vouée aux lettres et à l'étude, est donc d'imiter ces hommes, 
de marcher sur leurs traces, de nous conformer à leur doctrine 
et d'agir selon la parole du sage : r Choisissons-nous ce qui est 
juste et reconnaissons entre nous ce qui est bon-^ [Joh , xxxiv, Ix). 
Puisse Dieu nous accorder son appui et nous diriger par sa grâce ! 
Je me suis rencontré il y a quelque temps déjà, chez notre 
cher ami Aboii Solaimàn ben Taràka, avec un de ceux qui visitent 
parfois cette contrée. 11 a prétendu que dans son pays on aurait 
contesté plusieurs des points que j'ai établis dans le Moustalhik et 



KITÀH AT-T\S\VIVA. 345 

JA_J^_C Jvs-*-*-*-^'^ OUy-iajJi ^^1 kx)l (j_yj tj^ (^iJl i*X-* ylî 



qu'on aurait voulu réunir dans un livre ces objections, si Dieu 
ne m'avait favorise' et épargne'. Puis, lorsque j'ai insisté pour avoir 
(les édaircissemenls, il a prétendu se rappeler seulement quelques 
observations qu'il m'a fait connaître en propres termes, en me 
montrant son approbation pour elles et la préférence qu'il leur 
donnait sur mon opinion. Lorsque j'ai ensuite demandé une dé- 
monstration en règle pour le détourner de l'erreur de ses compa- 
triotes, il n"a montré que de l'obstination. J'ai cru alors qu'a- 
bandonner cette affaire, sans me défendre, serait honteux et 
blâmable pour plusieurs raisons. D'abord, je ne devais ni laisser 
ces gens dans leur erreur, ni tolérer que leur parole fit des prosé- 
lytes parmi les ignorants. Car cette science particulière, c'est-à- 
dire la conjugaison et la formation des verbes, est fort obscure 
pour les hommes d'une instruction solide, qui y ont voué leur vie, 
à plus forte raison pour ceux qui s'en forment une opinion sans 
y être préparés par des connaissances premières qui les y préparent, 
et surtout leur en facilitent la route. Mais on ne peut en jirendre 
possession, en dehors de ce que nous avons déjà mentionné, que 
par un bon raisonnement, ce dont peu de personnes sont favo- 



3/j6 opuscules D'IBN-DJANAH. 

il A (j ,i r » ^ f^^^ (ft-fr'^ (M-*^ C^ir**'^ ^■"*-*^ 0*"-'^' ^^^ à (^ 
^ -ji c^jji^^ ^^ "^^"^ <XAjLxa-- AÀ.C Aaj^U>- U»_j Aj ^aIs^j^ U» 



risées. Puis, il y en a parmi ces hommes auxquels je conteste 
tout jugement sur mou intelligence, bien que je ne prétende pas 
être infaillible ni être à Tabri de toute erreur; mais on s'était 
en outre vanté, d'après des nouvelles qui me sont parvenues, 
d'avoir renq)orté la victoire sur moi dans cette séance. Je devais, 
en second lieu, leur rendre l'équivalent de ce qu'ils m'avaient fait 
et flétrir leurs agissements; car ils louchaient à une science oi'i ils 
ne pouvaient rien faire de bon et s'attaquaient à des questions 
pour lesquelles ils n'étaient pas préparés. C'est là le fruit de l'igno- 
rance et le résultat de l'envie. 

Je remis à mon adversaire un compte rendu de toute notre 
séance , où je relatai littéralement ses objections et mes réponses , en 
faisant des efforts pour qu'on ne pût me reprocher ni altération, 
ni substitution. Puis, à la suite, je répondis aux autres critiques 
qu'il avait cru devoir m'adresser alors, et que, le jour de la séance, 
j'avais laissées sans réplique. Je l'avais adjuré ce jour-là de réunir 
rapidement toutes les critiques dans un écrit qui me serait en- 
voyé. L'engagement en avait été pris, et lorsque mon mémoire lui 
parvint, il remit la réponse à un autre jour, prétendant n'en 



KITÀB AT-TASWIYA. ."îû? 

Nj'i"'î::i mcN D-n'\s*n Na"» "^cn ^«hs* J^ tr« J^ A.'vii jKjiJt Jl 
aj j.5^ aMI ^ ^ N>w'"îp cro'D .Tis -lin xcrj \XD x'jni n"':"'D n*»'? 

^i.X_g-JiL_) il^l <3ol^ Jjî *o ^j\<^ i^:>; t^^ *^^l? C^'*^*" *;-ft*^' 
' Voir Talmud de Bahylone, Makkôt, i5 a. 



avoir encore rien lu. Ces lenteurs trahissaient une nonchalance 
injurieuse à mon e'gard, bien qu'il s'excusât, en disant qu'il recu- 
lait devant l'envoi de la re'fulation , et en m'affirmant dans sa lettre 
qu'il ne m'avait encore rien fait connaître des véritables argu- 
ments. (rJe n'ai, dit-il, cité que de simples observations.-^ Je ne 
doutai plus, dès lors, qu'il n'eût lu mon mémoire, et que, ne 
voyant aucun moyen de l'attaquer, il n'eût eu recours à cette né- 
gation. C'est bien d'un tel personnage que Râbà' a dit: «Par 
Dieu, il l'a dit et je l'ai appris de lui, mais pourquoi en est-il 
revenu? pour une difficulté qu'on a soulevée. n Dieu le sait, et le 
président de la séance, dont le témoignage approbatif ou négatif 
ne sera contesté par personne, ténioignera de la complète véracité 
de mon mémoire et confirmera que je n'y rapporte que les cri- 
tiques qui m'ont été adressées et les réponses que j'y ai faites. 

Parmi les moyens mis en œuvre pour me faire garder le silence, 
il y avait ces mots dans la lettre de mon adversaire : -Mieux vaut 
remettre ta réplique sur ces quelques observations pour le mo- 
ment oîi l'arrivera leur réfutation tout entière. '^ H voulait donc me 



348 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

*.-^^. ,;j_ê \._A^ '^ ij^J yti Aji *3yU (J^àJ ji'^ij ^■'^ 3'^" CP"*^ 

iajjfc l»>aûj jù-^_^. iîwlj ^vii *XJii ijJi c-j^s-^^j ^il iit^ Jj! a5\.:> (ji 



faire peur avec celle réfutation! Pour mon compte, je ne vois à 
un tel retard aucun avantage, et j'aime mieux répondre aux ob- 
servations qu'il a rapportées au nom de ces gens; s'ils les con- 
firment, c'est bien; siis lui donnent un démenti et font valoir 
d'autres arguments et objections, ou j'y répliquerai de nouveau, ou 
j'en reconnaîtrai la justesse. Mais par ma vie, en m'excitant à re- 
mettre la réplique sur ces quelques observations [)Our le moment 
oij arrivera la réfutation tout entière, il s'est mis en contradiction 
avec lui-même, puisqu'il avait soutenu «n'avoir encore fait con- 
naître aucun véritable argument.» Car, dans les premiers mots, se 
trouve forcément l'affirmation que ces quelques observations de- 
mandent une réplique, seulement qu'il vaut mieux la remettre; en 
affirmant la nécessité d'une réplique, on a affirmé que des critiques 
avaient été faites. La lettre est de l'écriture autbentique de notre 
adversaire. Quant à ses menaces, j'y réponds par le vers du poëte : 

Ne me menace point! Certes, en cas de renconire, j'ai avec moi une épée dont 
les coups mettent tout en pièces. 

Je commence donc par tout ce que renfermait la lettre que je 
lui adressais. 



KITAB AT-TASWIYA. U9 

"•jC'jn n'? Vntù"» JJl^j nJiîH n2h dn \-n2c;: tù\s* JoiL*^ nn2:i '73 
Li-tf» L^-^L^I ^£ (^ycu-^ bl -^^;-io a-icriN dddnd lîiVnn JJl<.^ 
J.;u^ J^xj ^^;^ JUxjl »j\ hv^^ p"i2 cw ;n i "»j j' J^Jij cj^^IïùUm!^ 

cjljiLfiL \^.i »^^ »^*>ykJ» viiJi> (^ ^Jj-*^ ^^ <^j^' i^r^'^ »Ujc« 
' Ci-dessus, p. G. — 2 D. 78, iZi; \. ^7, 3. — ^ p. 7. 



Dans rintroduction du Motistalhik , j'ai cité quelques exemples 
de tiifal suivis d'un régime direct, comme wenokâhal [Gen. xx , 1 6), 
nischbarti {Ez. vi, 9), ïmnàschènî (/s. xliv, 21), hêhàlcsou {\omb. 
XXXI, 3), en les accompagnant d'explications qu'il est superflu de 
répéter ici. Je me suis prévalu de l'opinion d'Aboû Zakariyà lui- 
même, qui prend yittàl [Is. xl, i5) pour le nifal d'un verbe au 
second radical faible; j'ajoutais : Si yliuH est un nifal, comme Aboû 
Zakariyà le dit, ce nifal a iyyîni pour complément direct. Mou con- 
tradicteur dans cette réunion me rapporta, au nom de ces gens, 
qu'à leur avis yittàl est intransitif, et que le sens du verset est : 
(Les îles sont) comme la poussière qui se lève. Après l'avoir con- 
traint à s'expliquer, j'inscrivis son opinion, et sur sa demande : 
Quelle nécessité j'éprouvais de noter ses paroles, je lui répondis 
que je voulais conserver par devers moi de pareilles choses. Puis 
je lui dis : Selon Aboû Zakariyà, yilfôl n'a jamais le sens de se 
lever, mais celui de lancer; en même temps, je lui recherchai 
tous les passages que je me rappelai sur le moment , où celte ra- 



350 OPUSCULES D'IBI\-DJ ANAIl. 

">aiNu* c]N"i ha nb"i~3 nn Hi'jn 'm Jwi_« iLxJ5i »*x^ ^j^ o^i^^Ji 

A^kir^ ^^i *>s^ÀAr*. aUx^ U.y^ ^"^^ (S^^ J-^^ cK-oi (j^ (J>^ 

^ Jî AJSJt^ t5*>^i (joAJiJî î j^ii> U t$jji-«i <-vsî ^ cs^'L^^' (^r*^^ '-^ 

' Ci-dessus , p. 1 5- 1 7 . 

cine se rencontre , tels que hêtîl [Jonas , 1 , /i ) , ivahàtîlounî [ibid. 12), 
tvoyijûltlou [ibid. 5), etc. qui tous sifjni fient jeter, lancer, et non 
pas se lever. Le sens du verset est donc, ajoulai-jc, il les atteindra 
et les jettera comme des atomes, ou plutôt, si tu veux, comme la 
poussière. Du reste, Aboû Zakariyà a admis pour î/itto7 la possi- 
bilité' d'une autre racine, savoir luUal, et alors le verset signifie- 
rait: il les enlèvera, comme on enlève les atomes, tant il méprise 
les habitants des îles et tant il en fait peu de cas. Mais d'après 
l'une et l'autrs de ces deux explications, î/2//o7 a toujours pour com- 
plément direct iijyim,el renferme un pronom qui se rapporte à Dieu 
mentionné précédemment. Lorsque la vérité lut manifeste, mon 
interlocuteur s'embarrassa et sa parole devint hésitante, r Ce n'est 
])as, dit-il, comme la poussière qui se lève, mais comme la pous- 
sière qui est lancée, w Je voudrais bien savoir quel est ce gibier sur 
lequel la poussière sert de projectile, une gazelle ou une brebis! 
Après lui avoir ainsi coupé la parole, je l'ai laissé et je me suis lu. 
J'ai rapporté dans le Moustalhik ce que dit Aboû Zakariyà au 



kITAI'. AT-TASWIVA. 351 

"iiSm J^jL* iiSm 4^ju: -Jùli "iVrn -ly:*? ne:?: nt: ^$ xliÀ^Ji ^iUj^ 

*pN3 ~iu.\s'T "):cD Sy njDi nbbp cnc np'?! -iDi'D ddi -]2*ù*i JJl* 



sujet de oukkâl {Exode, m, 2), de loulkàh (II /?o/s, 11, 10), de 
mou'^âdét [Prov. xxv, 19) et de youkâscliîm (^Ecclés. ix, 1 2) , des pe'ou- 
Um , se montrant sous le paradigme jJOM^«/?m, et à côté desquels Aboû 
Zakariyà ne se rappelle pas de cinquième exemple dans l'Écri- 
ture. Puis j'ai dit que j'avais cependant trouvé un cinquième mot, 
hayyoullâd [Juges, xin, 8), qui est un paoul sous la forme du 
pou'^al; car, au fond, il a le sens de hmjijàloiid, comme I liois, m, 
26. J'ai aussi admis pour tous ces mots la possibilité qu'ils soient 
des qualificatifs de la forme ommàn ^ { Cantique, wi, ^) , houtal [ïsaïe , 
XLiv, 20). Mon adversaire m'a annoncé que, selon l'avis de son 
monde, hayyoullâd est un passif, comme youllad [Genèse, xlvi, 
27), ayant le sens d'un futur, tout en étant au parfait. Je lui ob- 
jectai : Ceci n'est possible que lorsque le verbe est précédé de la 
conjonction wâw, comme weschouppak [Zeph. i, l 'j) , iveloulkah [Jér. 
XXIX, 22), wesoiiggerou [Is. xxiv, 22), ive'ouschschar [Ps. xij,3), 
parce que la conjonction tvàiv, placée devant un parfait, lui donne 
le sens du futur; mais, dans hayyoullâd, le hé de l'article ne saurait 

' Voy. Rikmâh, fia, 1 cl 1 '1 . L'auteur ne distingue pas entre hôlem et kâmés hdtouf. 



352 OPUSCULES D'IBN-DJANAII. 

i^i ^:* êi '^^^ f*^^^ (iiy^- ^3 ~2 1-*^' "î*^'^^' °"'7 ^-2"' n'*? •pN*'?" 
*I»j> y-« -^XJij U (_^ ^j Lfi nz "Du Tù'N* ^_jj yi c:aAj>^ ^■:>:>iw9 
^<w_j j^ TD"!'' mD ""D ne'? i**^-i Nin Tûw n*::n ct:'? -idd *.npn n^i 
oUaj!!)î jU n2 "^Dw Tù*N Jvsï jii JJj -»xJi ^jlyà <Xi Aj! iJi ni*-! 

-N-À-c aj («xï^iwî U JX* "ibvn ";":n ^ \x^ *3 t^/^ *^^ li-r^v-'' 
nra'C'D ^jl ^5.^:um i (-^^ »>)^ UbUil dj^^ U! Ailj^.4^. 

* Ci-dessus, p. loo. 



jamais produire le même effet. Mon interlocuteur revint à la charge 
en me citant schouppak {Nomb. xxxv, 33), qui est sans ivàiv, et 
où cependant il s'agit du sang qui n'est pas encore versé. Je ré- 
pliquai : Le mot schouppak se rapporte seulement à ce qui pré- 
cède : Vous ne prendrez pas de rançon poui- la personne d'un as- 
sassin, qui est un criminel méritant la mort; donc il mourra. 
On nomme assassin celui-là seulement qui a déjà versé le sang, 
et c'est à lui que se rapportent les mots : Pour le sang qui a été 
versé {schouppak). Mon adversaire refusa de céder. Sachez, mes 
amis, que Mar Samuel, le Hàzàn, m'a raconté que cet homme a 
eu avec lui, au sujet de hayyouUâd, la même aventure que celle 
dont je viens de vous parler; que ce monde avait re]»oussé mon 
interprétation, en soutenant que ce mot était le pariait d'un pas- 
sif. Quoi qu'il en soit, n'y a-t-il pas là un démenti à ce qu'il affir- 
mait, cet homme, de ne m'avoir exposé aucun argument et de 
ne m'avoir rapporté que de simples observations? 

J'ai dii dans le Moustalhik que peschôtàh, "âràh et hàgoràh (/.$. 
xwii, 11) sont des infinilifs employés pour l'impératif féminin 



KITÀU AT-T\S\VIV\. 3515 

cyLM^Jl 5 j^-d> ^,! ^^Xs. J Jlv» c>.3_^î^ jS'^]^ ^^4^^ <K:^I_^]| 

•jnwvn nriD iDi'/o-^y i^^^xli .Xr^l^l^l kxî^ «i^j^i ov::^i^l 

U^^ U^ U^^^ (*-ft-^^ j.y^ •^ '^^ <J J^ -.i^-ijii *Xd-iyi A-j ^i 
IIDN JsJi_^ *LiJî mi'Dpj bvj'D fjj^ i^^ ^\ AÀAÀii JUiill jiUa^ 

*Xa-C f^^^m »X.=£vJi J-^^' ^t^~o <«J| ^1 liÈ*>sJ«L*.,wo >X^ J^^ ,0^*0^ 
lj*X-caw« ijsJÛ (j^ M^J ''^^ J'^J *3^"^J iiAifc*ik>J l^i 5*5 Hy^^ 



du pluriel, car rinfinilil' peut remplacer l'impéralif au singulier 
comme au pluriel, au masculin comme au fe'minin. Mon adver- 
saire me fit remarquer que les hommes de son pays considèrent 
ces mots d'Isaïe comme des iniperatils au masculin singulier, rem- 
plaçant l'impératif fe'minin pluriel, de même qu'à l'impératif on 
emploie également le singulier masculin pour le singulier fémi- 
nin, comme VmioJ(/j/^es, IV, 2o), hâbâh [Gen. xxwiii, i6). — Mais 
^àm6(L dis-je, est aussi un infinitif, tenant lieu d'un impératif 
féminin singulier! — C'est impossible, reprit-il, car mes com- 
patriotes se refusent à admettre, pour l'infinitif du verbe à la 
forme légère, d'autre type que celui depaàl, avec hmés au pre- 
mier radical, comme âmàr [Yomb. vi, 23), schàmor [Deitt. v, la). 
— Et que diras-tu, répliquai-je, de "âmàd [Exode, xviii, 23); 
est-ce un impératif ou un infinitif? Il rougit, surpris; mais aus- 
sitôt il reprit courage, comme un homme téméraire qui, mis en 
fuite, tente une nouvelle attaque où il montre son impuissance cl 
sa faiblesse. Il dit : Si 'atmâ [Ex. xvni, 21) est un iufiuitif, cela 
n'empêche jtas ([[iQ^dmôd {Jug. iv, 20) soii uu impératif, comme 

a 3 



•3ô!i OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

^^J\ L^i> t^^xiij-^ (/jt^ [-pSx N"i2x x: ri-2rt i (ji aï i^ki^\ 

^Xs. qIïJî iiX^ L2JÙM.J ^j^ U JjCij:*] vi):>li£i er^ ^^^1 U -M^j-J^ AaJI 
j^Ls» A_A_i Ai_jj (ji lillÀ^ c««-L> 'CoN*" J-ji^ oLS^Î ocj^ N2w_j 

jj\ ^^ \-iN i-:nNP <îi-j) (^ ^5X»Jij ^xj (j3^ (ji (S*^^ ^^^} y^^=^^ 
^j%jS~-À^_ [".^^^ u' JoIaJI lJa^ jUi nr^ii (jlS^-« ^x* "'"'*:»'Jl (j».^j 

3? Vi'D _}! Vi'D ^J; <^ ^^ té*^' cM-*^^' J.x)Ui (^j~* J-<jCUJ,I <X>i 

' Le ms. 0. a Js>-i-u.«; mais il l'aut isJL* ou U ë -y , > , comme le ms. P. — 
- Voy. p. 357. — ' Ci-dessus, p. i4-i5. — '' D. Zi3, 98, incorrect; N. 24,20. 
Le passage est corrigé d'après Toriginal arabe de Hayyoudj. 



Iiàbàh. — [Je répliquai : Hàbàh] a un sens différent de celui qu'on 
lui attribue; si je ne voyais pas ton obstination, je te ferais con- 
naître des arguments qui, si tu avais le sentiment de la justice, 
te feraient abandonner ton opinion. Mais je ne suis pas disposé 
à te les enseigner dans cette séance. 

J'ai donné dans le Moustalliik l'avis d'Aboû Zakariyà sur te'èlià- 
hou [Prov. 1, 2a), que ce mot est pour té'liâbou avec ségàl sous le 
tdiv et schehu sous ViUef, comme yé'schâmmi [Ps. xxxiv, 9 3). Puis 
j'ai ajouté: r? C'est possible. Cependant, à mon avis, il se pour- 
rait aussi que ce fût une forme lourde, comme ie'ahàrou [Gen. 
XXIV, 56), de manière que le sêrê remplaçât le patah.r) ]\Ion inter- 
locuteur dit : Mes partisans nient cette possibilité en s'appuyant 
contre toi sur ces paroles d Aboù Zakariyà au paragraphe yàham: 
f Sache que, pour la forme lourde du verbe, qu'elle suive le type 
piél, pial, pêèl ou pèal, que le second radical ait un dâgèsch ou 
(pi'il n'en ait pas, nous n'avons jamais trouvé au futur le premier 



KITÀIl AT-TASWIVA. 355 

l1X_j*X-Lj 2>Ji«-i <;^*-* ^ ^ i—A-AAi J>^î lÀ^a.^ ^jl=-lj c_.'IaJI ^iLi 

«->— rs^ N*2îr-J 1î:n"'^"i aK-oÎ ^jiJ J>Ji> Lx! Jlr ibl/'^il Ajj3 ^jl Jyu 
c^^-X-iNu L^i "î'?!'^^"! y)_5 <^ «XAjliJl -tUil (_x^ r^~-?^ ti^'^i ^W^ 



radicni aiilroment ponctué qu'avec palah, ou avec /.vîwips lon[j sans 
(Ugêsch, au second radical, ("est pounjuoi j'ai soutenu que wayyé- 
hëmou [Genèse, xxx, 89) al ivayyêhamnâh [ibid.^S) viennenf d'une 
forme le'gère.'n Si donc, poursuivit-il en leur nom, te'èhàlwu élait 
une l'orme lourde, comme tu le prétends, WUéfclG te'èhàbou (Icwa'il 
èlre pourvu d'un patah. — En l'entendaut citer le para<>[raplie 
ijaham, je me suis élancé comme un serpent, convaincu que j'étais 
(ju'il élait dans l'erreur pour ce passage. Vous avez donc compris, 
dis-je, ce qu'Aboù Zakariyà allîrme à la fin de ce paragra[)he? — 
(3ui ! répondit-il, bouillonnant de colère. — Mais quel est donc le 
sens de ces paroles d'Aboû Zakariyà : r C'est pourquoi j'ai soutenu 
que ivayyéhëmou et wayyèliamnûh viennent d'une forme légère, 
parce que le yckl, pourvu du dàgésch, et ([ui est le premier radical, 
n'a ni patah ni kàmés long? 15 De quel yôd dans wayyéliëiuou Aboû 
Zakariyà a-t-il voulu parler? — Du yod de wayyéhëmou, répondit-il. 

— Mais, repris-je, comment A bon Zakariyà l'a-t-il entendu, lorsqu'il 
dit que ivayyéhëmou esl de la forme du pluriel de la S*" personne? 

— (kie la l'orme primitive SQva'ilivayyeyiljemou, a\'ec scheha sous 
le premier yôd et hiréh sous le second yôd, [)aradigme wayyif'â- 

•ÏS. 



356 OPUSCULES D IBN-DJANAII. 

*LaJI ov.;si"" p"inj^ (Jji)î -^Ult c>^" N2uV "iCn"'"'! y^iTj ^1 ^^sS 

j^ikiil C^^ l^i*Xr»-i (jvJi^l c>-\jil5^ diJi J! «^^K^ l,^xiis^ 
' Sur i^^, voy. ci-dessus , p, 007, n. 'i. — - Ce mot manque dans 0. 



lou. — Je venais ià d'entendre une opinion dont je n'aurais cru 
capable aucun homme sensé, qu'il pût exister une forme ivayyeiji- 
hàmou d'un paradigme wayyifàlou! Aussi, Dieu le sait, l'iis-je 
pris de pitié pour lui; je me sentis abattu, je suai à grosses gouttes 
et je tombai en syncope comme un épiieptique. Lorsque je revins à 
moi, je relevai la tête et lui dis : mon ami, wayyeyihàmou avec 
deux yôd ne pourrait pas avoir pour type wayyif^alou ! Sans faire 
attention, il m'engagea à écrire les deux mots et à les décomposer. 
Je m'empressai de le faire; j'écrivis les deux mots l'un sous l'autre, 
je tirai de chaque lettre de l'un des deux mots une ligne vers la 
lettre qui lui répondait dans l'autre, et je fis ainsi voir la diffé- 
rence entre les voyelles. Mon interlocuteur ne prêtait que diffici- 
lement attention à ce que je faisais, excepté au moment oii sa 
ruine était consommée, il dit : Ceci provient seulement du hét. 
— Arrivé à ce point, il se tut de honte. 

Ceci forme l'ensemble des réponses que je lui ai faites dans 



KITÂC AT-TASWIYA. 357 

A_)«jt (,^->- «—>'*:>■ (j^l (jv*^ "^T ^ *i i— *.Ai_5 (-xajU AXj_jLs2 4^-*') 

UbLàJl "^ :>j,i Lfi <\ji Aiy» ^ *>SHd>L=>- o«^5^ sXiûLi (j*^^ai! t_>j^ 

JoLJll <^'^J\^ J,î_^> *1»XajI i*Xiû_5 1^^ Ifj.^ *^-=?- *^J^ *^j-=[^ 

■•nn A]_j..jLS'^3n JlJiJ e^J^^ Ji w-^i)! c-v_d>i> ^ ajI; kiUjo^'id 
o^ ^ <s^^ Jlxjiil (j^ ■]"''7N NMDN n: nsH (j5i^ "]"''7if TCW nr.DtoDn 

)t_JL_) *x.i ,.)o«jLJ! i J«v.^_j l*>-!?" ij_^U^^i)l (j.« J^àJI ^jUji tj^y^j 
' Coran, xviii, 73. — - 0. ajoute, comme explication, le mot arabe J(. 

cette re'uuion. Je ne répondis pas ce jour-là aux autres critiques 
suivies d'arguments dont mon interlocuteur me fît part; son obsti- 
nation m'inspirait de la répugnance. Je le jure eu toute sincérité 
par Dieu, je refusai de céder quand il me demanda de répondre, 
en lui disant, devant le président de la réunion : Ma réponse 
n'est pas prête eu ce moment, et je veux y réfléchir. Mais com- 
ment persiste-t-il à soutenir qu'il ne m'a ra[)porté que de simples 
observations? C'est là, certes, un mensonge! Je commence donc 
ma réponse aux questions auxquelles je n'avais pas. répondu alors. 
Mon interlocuteur dit que ses compatriotes considèrent hâbàh 
[Gen. xxxviii, 16) comme un impératif masculin employé poui- 
l'impératif féminin. Il n'en est rien, car pour l'impératif féminin 
on se servirait de hàbl {Uutli, m, i5). Mais hàbâh fait partie de 
verbes par lesquels on ne s'adresse pas plus à un autre qui reçoit 
l'ordre qu'à soi-même, verbes exprimant la résolution et qui 
ont pour uni([ue but d'eujjager à Taction d'une manière générale. 
Ces verbes gardent alors la même forme pour le masculin et le 



358 OPUSCULES D IBiN-DJANAH. 

j..A)i)i !^^ ^ Uj ^i -j-''?N N12N n: n^n <^jaj.xill ^j^:» j!_j.»Ut 
ij"! n:r icw Aa^^ ^i _j_tf> ^^^1 -d^ti ba "^ba m-) iaii <^ yûj 

Jj_^ ÀjLWI J, AÀAJb <-:A.5ji ^^»Xil yi^jJ^Jî i LL IgJ i^l S^-AiS" 



l'éiiiinin, pour le singulier et le pluriel. Voyez hâhàh, Exode, i, 
10, et le même mot, Gen. xxxviii, j6; lehàh, Ecclésiaste, ii, i; 
koinuAli, Juges, xviii, 9. Ils expriment un appel ge'ne'ral et sont 
employés comme les mots arabes sir bina, koiim bina, af^al bina, 
où le verbe ne s'adresse pas plus ;i celui qui reçoit Tordre qu'à 
celui qui le donne. Le sens de hàbàh [Gen. xxxvm, 16) est donc : 
Réunissons-nous pour cette affaire! allons! 

J'admets pour ces verbes encore la possibilité d'y voir des infi- 
nitifs ayant la forme d'impératifs et employés pour donner des 
ordres au singulier et au pluriel, au masculin et au féminin. Ainsi 
redàh dans méredàh [Gen. xlvi, 3), où il est infinitif, a la même 
forme que redàh [ibid. xlv, 9), où il est impératif; tenâh [Ps. viii, 
2) est infinitif avec la même prononciation que tejiâh [Gen. xxx, 
26), où il est impératif C'est que les infinitifs se présentent 
sous un grand nombre de types, auxquels je consacrerai un cha- 
pitre particulier 1 dans le livre sur le langage que je suis décidé à 
composer avec faidc de Dieu. 

' Vny. Rikmàh, 88, a'i; 91, 3/i. 



kl TA H AT-TASWIVA. ;J5!) 

0«-Ji <-:^~-^ nïJi ^jl J^i ^ A.jil J f*j^W ^^ U**-!V'^-' ^=>"_j.'^-«-o 

"TiNnp A_À_x i_j._iwULI J.JsjL»Ji 2r\ti <~j<^ ^5*^' "'"'*^'''' y* i^nN'n 

Oi-Jili -<xjL> l^nNn (j_jSÇ> (j! ^-.•w-S? (j\< ^\ "cxXi *Ki Jo i^iIND'? 

X^^i^ju jya.j ^^j b<x^ U (^ nnîJî ;jl<^ A^i n!;Ji i*Xiû J\^ 

i 

' Voy. ci-dessus, p. 35A. — - Ci-dessus, p. i5. 



Mes adversaires, à ce que prétend mon interlocuteur, ont lire 
un argument contre moi de la règle posée par Aboû Zakariyà : 
«Pour la rornie lourde du verbe, qu'elle suive le type de. pi'cl ou 
pi'al, ou pé'^èl ou pé'^al, nous n'avons jamais trouvé de futur où le 
premier radical ait été autrement ponctué qu'avec patah ou ha- 
ines, v Ils en ont conclu que teêhàbou (Prov. i, aa) devrait avoir 
patah sous Wiléf, s'il appartenait à une forme lourde. Cet argu- 
ment ne s'applique pas à moi, qui n'ai jamais dit que le séré placé 
sous Vàléf de te'éliàbou fût de la même nalure que cette voyelle 
sous la forme lourde ('/««/» (Prou, viii, 17), d'où vient lame'ahàbay 
[Lament. i, 19). Bien au contraire, j'ai dit que YàléJ de tcêhâbou 
aurait dû être aflecté d'un patah, et que le sêrê en tenait lieu, 
d'après ce que nous savons de la permutation des voyelles les unes 
avec les autres. Déjà j'avais aflirmé : 'fQuà mon avis, il se pour- 
rait que ce mot fût une forme loui'de comme leahàrou [Gcn. xxiv, 
56), w paroles qui renferment virtuellement la pensée qu'il aurait 
fallu Ic'ahàbou, sur le type de tc'ahàrou; liiais nou-seulenicnl ils 



360 OPUSCULES D'IBA-DJANAH. 

ci)Ud> <j^i _J.i^J ikM ^jvj! yÊ Le \^yt^ ^ *^I i)| I j^iî» Ji l^j^^L, 

' D. Ô6, i4; N. 3a, 6. Les mois ajoutés proviennent des rass. de Hayyoudj. 

n'ont prêté aucune attention à ces mots, ils ne se sont pas aperçus 
davantage des paroles bien plus claires que j'y ai ajoutées : rDe 
manière que le séré remplaçai ie patcih.- Ces derniers mots ne 
sont-ils pas évidemment l'équivalent de ceci : il aurait fallu 
te'aliàbou avec patah sous XiUéf? 

Pour celui qui veut serrer de plus près cette question, il va 
encore une autre observation intéressante à l'aire, et je la ferai, 
bien que je n'y sois pas forcé. La défense de laisser, dans la forme 
lourde des types pi'él,pi'^al,p^él ou pé'^al, au premier radical du 
futur, la même voyelle qu'il a au parfait, n'est pas maintenue 
rigoureusement par Aboù Zakariyà lui-même. Aboù Zakariyà ad- 
met, au contraire, cette possibilité. Voici ses paroles au para- 
graphe yàschar : r]\aijyischscliarnâh (I Sam. vi, 12), avec chigésck 
dans le schin, admet deux analyses : ou bien c'est une forme 
légère, oii le premier radical yôd a été inséré dans le svhhi qui. 
par suite, a reçu un dàgrsch. d'après le procédé suivi pour éssok 
[haïe, XLiv, 3), essorkù [Jérémie, 1, 5); ou bien c est une forme 



KITAI5 AT-TASWIYA. 301 

l*x_^j--^^ dLîis »Xxj ^]^ jsj A3i) xlsli -j^,\.J crp v^ '^ j' *^^ 
_j.ii» o«-îi)i i-A.^' (^*>Ji ni;]! ^jl \-i-: i^nxp i JUj ^ji ^ii tj-* jW-j 
(j-^ ^^^ji:-»:*^ bi jl iJI JyJUJI (^lii 2nN* oiJi <-*^' t5>>Ji "T^'^i 
-<i-xJi yK-* iznN'n i ■'■'i'-îi ;jS tiyij Ulobs <-*^o ^^l_j <>^ »J^i£> 

AXij A^lyuUv! aKj jj jo-^Ax» /o^aA^ (Sy^^ '«•^^^J («^^J^ ^' (J^ 

lourde du paradigme iva[jijefa'alnàh, qui exige un dàgêsck daus le 
svhin, tandis que le j/oV/ du futur a e'te inse're' dans le yod premier 
radical, pourvu d'un diigèsch pour cette raison. Cependant, la 
première analyse est plus solide, parce que ce premier paradigme 
ne se rencontre jamais avec hirék pour le premier radical, mais 
avec patah.v Aboû Zakariyà a donc, comme vous voyez, reconnu 
que wayyischscharnàh peut être un futur de la forme lourde, bien 
que le premier radical n'ait ni palalj , ni grand l/àinés, mais liirék, 
c'est-à-dire la même voyelle au futur que ce radical a au parfait. 
11 s'ensuit que les preuves tirées par mes adversaires des paroles 
d'Aboû Zakariyà, au paragraphe yâliam, n'ont rien d'absolu ni 
de concluant, puisqu'il cite plus loin une autre opinion comme 
acceptable. Il serait donc aussi permis de considéier le sèrè [Aacé 
sous YcUéf de te'éhàbou comme e'tant de la même nature que la 
voyelle qui se trouve au parfait de la forme lourde êhàb; mais 
je puis me passer de cette explication, et d'ailleurs j'ai nette- 
ment déclaré que le scVe, dans ce mot, remplace un jmlali. Je ne 
vous ai parlé de ceci que pour apprécier équitablemenl leur ma- 



362 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

tj c:^»jSi>j »j_A._A_£i ^^ t_>USii 1 JsJÛ jj (^!^ (j^ (jvj viUis 0!_5 
' La 8" forme iiianijuc dans les lexiques. — - Ci-dessus, p. 23. 



nière d'agir, el pour vous montrer coinbieu ils savent peu appuyer 
leurs opinions, et comme ils comprennent mal les questions. Je 
veux aussi leur démontrer qu'ils ressemblent à des hommes qui se 
réjouissent de se promener dans le désert. Si cet homme en- 
dormi a été incapable de saisir le sens du jjassage d'Aboù Zaka- 
riyà lorsqu'il dit, au paragraphe yàham : fc Parce que le yàd. 
pourvu de dàgèsch, étant premier radical, n"a (dans wayyéhè- 
mou) ni patah ni grand kiimés,- ce n'est pas mon alTiiire de le lu.i 
e\[)liquer. Je me suis pro[)Osé, dans ce traité, seulement de vous 
arrêter aux points de mon Moustalhik pour lesquels j'ai été con- 
tredit et de vous en donner l'explication, bien que mes paroles 
dans ce livre soient claires pour cjuiconque les lit attentivement. 
J'ai soutenu dans le Moustalhik que wayyàvéb (I Sam. xv, 5) 
est de la même racine que iveàrah [Veut, xix, 1 1). J'y ai dit : 
(f C'était à l'origine wayyeWréb, sur le modèle de wayyegdrésch , 
wayyehàrék; seulement, Vàléf une fois tombé, on a, pour rappeler 
celte lettre, reporté sa voyelle au yôd.r J'admets ensuite une se- 
conde analyse : '^ Ce mot pourrait aussi provenir d'une autre divi- 
sion de la lorme lourde, de manière à ce que ce lût à l'origine 



KlTÀIi AT-TASWIYA. 363 

^j^o js.i ^i c>Ai *J- kii (j-« li&jluuvl^ n"nn p ^i'N"»! i i_5Ajii 

^jXjU (^-*-ÎI J-Joi» yû j^JJi Drn ^T»! JJL«^vi>-l 0*^-» (ic ^*i^^ 
,j^ <\_j| 1^1*^ L^-j ^j^l» *-^ ^ l'? 31N1 er* i^^ sSiji -ytll 

2"'X ^j-* \JyS j]^.::»- i_5.J^iaAJ u> ^j^i *^J^ '^ n2"'")Tr A.iî ki ^«v-i 

i) Ltf i jvi5j biw^T o«Ji cjUiS'kil i t*.^ij ^ sjJii! /o^^yij il» 



wayija'àrrb, coimne aiaiji/aàmèn [Exode, iv, 3i); seulement, une 
lois r«/ç/" adouci , comme dans ivoijijasél [Nomb. xi, 20), on a 
£ess(3 même de l'écrire. t> J'ajoutai enfin que, d'après une analyse 
dilîérenle, notre mot pourrait bien, comme wayyâréb [Exode, 
XVII, 9), venir d'une racine au second radical faible. — Mes ad- 
versaires, d'après leur représentant, nient, sans aucune preuve, 
la dérivation de weWrab; ils affirment que wayyâréb a la même ra- 
cine que merîbâh, parce que l'emploi de la lacinc rîb dans le sens 
de l'aire la guerre est fréquent; mon interlocuteur me cite ensuite, 
pour démontrer la possibilité de ce sens, des exemples qu'il pré- 
tend avoir entendu produire à ses compatriotes, comme si je 
n'avais pas dit moi-même que, d'après une autre analyse, notre 
mot pourrait avoir la même origine (jue wayyâréb [Exode, xvii. 
2), ou comme si je n'avais jamais entendu la racine rlb dans 
le sens de faire la guerre. Seulement, ils n'ont pas démontre 
l'impossibilité de l'analyse par ârab. Ils ont bien dit que ïâléf 
n'avait pas été maintenu dans wayyâréb, comme il l'a été dans 
ivayyâ\él; c'est ce qu'il est superllu de prouver; car on peut ué- 
{fliger, dans l'écriture, les lettres quiesccntes douces; comparex 



364 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

pîN ,i olJIj hna^ A)^-«i ts'^^^i co' '?-■' xb" u-* o«Ji)l \^hÀ^\ 1^ 

o^_^_*^ ! j>v-tf)^ ncNC^ aK-oI <^Js.Ji r^^an mcî:^ tj-«_5 □"•^TCNn 

,ja.xxajàOi <JI Ury»»< ^ ^^J Ujbwti' Ji Uj ^jXj ^j Vrij^ 2"^''"! Jf^^i y^ 
q5j ^ 4^iJt* biljî JvJL» 2^N* (j^ Ajjio Ul_j '?nJ2 *i_y» t5»-*i l^jli^ 

' Ci-dessus, p. 27 et suiv. Le nis. porte J-viU^t. 

yahèl (/s. xiii, 20) pour ya'hel; àzîn [Job, xxxii, 11) pour a'zîn; 
Itùsoiulm [Eccl. IV, 16) pour hà'dsourim; benmsôrét (Ez. xx, 87) 
pour berna sorél. Ce sont là des choses connues qui n'ont pas 
besoin d'être appuyées. Mais je dois ajouter que tout liomme in- 
lelligent reconnaîtra l'avantage qu'il y a d'adopter plutôt pour 
ivaijyâiéb la racine àrab que celle de merîbnh. Avec cette dernière 
dérivation, ce mot ne nous apprendrait rien de plus que l'explo- 
sion de la guerre, ce que nous savions déjà parfaitement, sans 
qu'on eût besoin d'ajouter quoi que ce soit. Cette addition était 
donc superflue, et surtout celle de bannàhaJ, dans la vallée. Mais 
en adoptant, comme origine, la racine ârab, l'Ecriture nous ren- 
seigne sur une circonstance qu'autrement nous ne connaîtrions 
pas, savoir, sur l'embuscade qui est un acte de guerre; car on 
ne se met en embuscade que pour se battre, et il convenait, dès 
lors, de désigner leudroit où celte embuscade avait lieu, c'est-à- 
dire dans la vallée. C'est là une argumentation décisive. 

.l'ai cité, dans le Moustalhik, l'opinion d'Aboû Zakariyà que 



Kl TA 15 AT-TASWIVA. 'M',r> 

ci^-A.jLx >^^=^ J^oi)l IJv^^At ^j^ -)ii« '?n"'i (j_55 ;jl JU^ O..XX» 

Jj*J^' *^ ($ (s^^ *W5 (j^^j o' ^'^ t'^y^^ ^"^ '^ Jlou<»«i/t *l. 
(jw^j-àJ! t^o^-i»-! î^ la <i ,*mIj nV^D Vn::! -x-o J-*=>^l yi^ ^dîd nSy 

ivayyâhél [Gen. viii, lo) est pour ivaijyeyâhél , que le premier î/or/ 
a été inséré dans le second qui, par suite, a reçu un dàgésch, 
comme on l'a fait dans wayyabbesckêliou {Nah.\, k) et wayijascherém 
(II Chron. XXXII, 3o). J'ai fait observer, au même endroit, que ivay- 
yâhél pouvait être d'une autre racine, celle de wayyàhUou {Juges, 
III, 9 5), à laquelle je l'ai rattaché ailleurs (rac. hol). Cej)endant 
j'ai ajouté : « S'il faut absolument placer wmjyâhél dans la racine 
yâhal, je préférerais le prendre pour un mfal aussi bien que 
wayyiyàhél [Gen. viii, 19) ; seulement le yôd du futur ou le yod du 
premier radical^ aurait été retranché dans celui-là, parce qu'on 
n'aime pas la rencontre de deux yôd pourvus de dàgêsch.f^ Je 
continuai : -Un cas semblable se trouve Is. lxiv, 5, où ivannâhél, 
de la même racine que kinhol [ibid. xxxiv, Zi), est pour ivanninnûbél 
et a perdu l'un des deux noun, à cause de la difficulté qu'on éprou- 
vait à les prononcer (tous deux pourvus de dâgêsch).-n Cet homme 
m'informe, au nom de ses compatriotes, qu'ils n'admettent rien 

' Ci-dessus, p. 97, I. 1.", l'auteur se décide pour le yôd du fulur. 



;JG6 OPUSCULES D'IBN-DJANAH. 

,^^_^l ,i ^^^=- cj>ÀÎ^i (S*^'"^^^ c:xIaJu»«l LgJ 45JÎ AXjtîi y'ij /jj«^b 

' Voy. D. 87, 2-7: N. 19, '1-10. 



de semblable; ils disent : "Nous n'avons jamais vu de verbe dans 
lequel on reli'ancbe le jm'fixe du futur, excepté dans le cas où se 
rencontrent deux àléf, comme dans xraabbédkà [Ez. xxvni, 16), où 
Xâléf an premier radical a été conservé et où ïàUf à\x futur a été 
retranché.- Eh bien, pour nous qui sommes partisans de Tanalo- 
{jie, il n'y a aucune différence entre la rencontre de deux ùUf, de 
deux noun ou de deux yôd, puisque la raison qui fait supprimer 
Tun des deux àUf csl applicable à deux noun et à deux yôd. Cette 
raison consiste dans la difficulté de prononcer de suite deux 
lettres semblables, surtout si toutes deux elles sont pourvues de 
dàgèsch. Ainsi, dans tvù"^schir [Zach. xi, 5), YàleJ' ayanl été retran- 
ché, on en a reporté la voyelle au ivâw, car la forme primitive 
était wa'a'schir, sur le type de we'ahrib [haïe, xxxvii, 26). On a 
bien, il est vrai, maintenu IV/Vç/" dans l'écriture, mais cela ne 
prouve rien; ce maintien est sans importance, car on se guide 
d'après la prononciation et non pas d'après l'écriture. Il se trouve 
à bien des endroits un grand nombre de lettres douces redon- 



KIT\P, \T-T\S\VIV\. ;îG7 

Ui_5 kiH ^^ Li6jJLj|_5 lajLA!! ^j-» -iTi i-iî TN n:i*N"i (j^ Lrfykjuu,!^ 

iiJ^JV o»-»*yJ »*xii «iiXj_5 nnxS "jipXT ,^y^ UîjI otJ^i^ ^i^î (jvo 
' D. 80. i(): N. l'i, 99. 



dantes qui n'ont aucune raison d'èlrc. D'un autre côté, celui 
qui entend le mol iva^sclnr hors du contexte peut s'imaginer 
que la voyelle du wâw n'est pas reporte'c d'une autre lettre; 
Yâléf écrit reste donc sans utilité' pour celui qui l'entend sans le 
voir. Du reste, dans waabbédkâ, Voléf du futur n'est ni écrit ni 
prononcé, et rien dans la prononciation ne l'indique. Danswa"fl/i- 
néh {IRois, xi, 89), Vàléfnest pas non plus prononcé, mais il 
est maintenu dans l'écriture. Aboù Zakariyà a beau affirmer que 
r«/^"de la première personne, dans wuabhédkà, est conservé dans 
la prononciation et représenté par la lettre quiescente douce, telle 
qu'elle se trouve aussi entre le wâw et l'o/t/ (au même verset, Et. 
xxvni, 16) dans wuàhallclkà, celte prolongation n'a pas plus 
d'importance que celle qui se rencontre entre l'^Vé^et le wàw du 
mot wà'étténkâ [ibid. 18), où elle n'a aucun rapport avec une 
lettre douce, mais provient seulement de ce que Yàléf se refuse 
à recevoir un dàgèsch. Si on allègue le kàmésdii wihv, il ne prouve 
rien, car il ne provient pas d'une quiescente douce qui suit, mais 



368 OPUSCULES DIBN-DJANAH. 

(?} T'u'yN"! v.jlJ!3 nyji<', oL-il ij-^ji-i-X-u.! ^ J^i ^\i iz^isicJî 

' Ci-dessus, p. 333, 1. 1 1, et 33i, note. 

de ce que le verbe a un sens de parfait. Le lamés, dans ces 
verbes pourvus du wâw, forme la distinction entre le parfait et 
le futur, comme cela ressort avec évidence des règles des scribes^. 
Si Ton demande pourquoi on a éprouvé des difficultés pour pro- 
noncer IVî/çy de wa^annéh et celui de iva^eschîr, tandis qu'on pro- 
nonce bien VMéf dans des formes analojjues d'autres verbes, nous 
répondrons qu'il est évident pour tous ceux qui veulent se 
rendre un compte exact de ce qui a lieu, qu'à un endroit on 
considère comme difficile la prononciation qu'ailleurs on pra- 
tique communément. 

D'après ce que prétend mon contradicteur, ses compatriotes 
nient aussi que ivannâbél [Is. lxiv, 5) soit de la même racine que 
kinhôJ {ibid. xxxiv, /i); ils donnent à cette occasion la raison pour 
laquelle le préfixe du futur a été supprimé dans iva^annéh, iva^es- 
clnr et dans waabbédhà. J'ai déjà raconté dans mon traité At-takrîb 
que j'étais présent lorsque feu notre maître Mar Isaac ben Mar 
Saûl expliquait le mot yadclou [Joël, iv, 3) par un yeyaddou 
primitif avec deux yod dont le premier, le préfixe du futur, aurait 

' Voy. ci-dossus, p. 338 et siii\. 



KITÂB AT-TASWIYA. 30.9 

i_j->-_>-« ^^ ^>_^4JC«j.Ai J^oi Ji aK^^ nVy '73J3 (j^ 'jDJI ^1/*-' 
PlV"» n'? JJL« A3! -jC"'"' n'? dix "Tw3 Sv <_»^' ^-^ i oiij ^tJi 

iU-wàJl y\C« Lj^i àj-»»fcwi ^J\ oXi^ piN3 Dî!?"*"'! Aj '^^j^j "jD"'" JoiU 

nnî^D y_^ ^^l «js» *^>-_^i ^jl^ Wy^ inxiD U'iND nnc;D p yl_j 

' Ci-dessus, p. 3i et suiv. 



été retranché. Nous l'avons vu de même affirmer que, dans la 
section de Ha'âzînou, yassèb (Deutéron. xxxii, 8) est pour yeyas- 
sêb, avec deux yod. Quand donc mon adversaire m'eut commu- 
niqué l'opinion de son monde, que wantiâbél n'a pas la même 
racine que kinbol, et que je lui eus demandé de quelle racine ils 
dérivaient ce mot, il me répondit : D'un verbe qui a un radical 
faible. Sans doute, il pensait au type wannâschéb [Gen. xliii, 21). 
Mais, par ma vie, la raison répugne à une semblable analyse, et 
l'analogie grammaticale se refuse de l'admettre; car, détacher 
wannâbél de hinbôl et le rattacher à une racine inconnue et introu- 
vable est une faute grave. 

J'ai affirmé dans mon traité (du Moustalhik) que yîsâk {Exode, 
XXX , 82) est formé d'après le modèle de yi'afet yig(P {Isaïe,xh, 28). 
Puis, j'ai admis aussi qu'il pût être le passif d'un verbe au second 
radical faible , comme wayyâsék{ll Sam. xii , 20 ) , en le comparant à 
wayyîsém [Gen. l, 26). J'ajoutais que, dans yîsâk, comme dans 
ivayyîsém, le hirék remplace un schourék, et qu'il en est de même de 
mischhat [haïe, lu, 1 6), qui doit être expliqué par mouschhat, type 
mouschkab [WBois, iv, 82). Enfin, je déclarais qu'Aboii Zakariyâ 



370 OPUSCULES DIRA DJANAII. 

^ jî Ov^JJu <JI 0_j.->l» i) f»^-55 u' '-^■^^v^' «J^ ""'"'^î^'^ □î!'*'!"'' Jsi« 

iiiNiD u;''ND nni^D p i t-»^î-ji ^-V-xJi »»>ve-j l_^-Lx_cl^ *-»àJl i^ 
i »^ i)^ jjî JsiJb ^) (^ jJâJJ! Jjûî y^^A L, bis iU^ aj! \^\xà 

^i nzcn □" pî"»' io) 4^ Ujîï ;i\jtj xjp ^^^j-xi^ aJ^^U xwo ^ 



n'a pas frappé juste en niant l'égalité entre waxpfmm et woyijousùm 
(Ge?i.xxiv,33).i\Ion interlocuteur me dit que, chez lui, on ne refuse 
pas de suivre Aboù Zakariyà au sujet de wayyîséin, mais qu'on 
n'admet pas, comme je l'ai fait, que yîsâk soit pour 7/oMsa/c. On 
s'appuie sur les paroles d'Aboù Zakariyà à l'occasion de ivayijîsém, 
que tout verbe au passif doit nécessairement avoir pour voyelle 
un Mmés ou un schoiiréh. Aussi, pour la même raison, prennent- 
ils 7nischhot pour un qualificatif. 

Pour ma part, mes amis, je ne suis aveuglément ni Aboû Zaka- 
riyà ni aucun autre, dès que le contraire de leur opinion m'est 
démontré. Il est bon , il convient que yîsâk ait le sens de yousak; 
il vaut également mieux que ir ayyîsém soit un passif qu'un verbe 
neutre ^ du type wayyisék{lRois , xxii ,35), car le passif seul s'adapte 
au sens; l'argument d'Aboû Zakariyà, que la voie passive doit 
toujours se présenter avec kâmés ou schourék, ne peut pas empê- 
cher les voyelles de permuter entre elles, comme je l'ai souvent 



' jif^ doil sigoifier : qui se concentre en lui-même. 



KITAB AT-TASWIYA. 371 

D^janxJI^ c"''?'DdJI <^ ^ij yft ni'sp *ly^ <o-»^'î ^IsCo AAi^^-**iH 

Nipn nrcn cwnn 'i3i n:""n yina mczn yiï If e<j_^i jsja-l_^i ^j* 

D''CTi Nî\-i rjN n::iTi rrrinu? niDDn -ivù' '>b'j mvs n^a r-iu,\x 

' Le verbe ne se trouve que dans le ms. P. 



exposé dans le Moustalhik, et comme je l'expliquerai encore, avec 
Taide de Dieu , dans le livre sur la langue hébraïque dont je vais 
commencer la rédaction 1. Mais voici un exemple frappant : kibbâ- 
sâk [Michée, i, 7) ne peut être quun passif, avec un hirék à la 
place du schourék; car kibbâsâh a pour sujet les sculptures, les 
dons de prostitution et les idoles, mentionnés dans le verset. Si 
pourtant le verbe est au féminin singulier, c'est que l'énonciatif 
se met souvent au féminin singulier, alors que le sujet est au plu- 
riel féminin, et qu'il exprime des objets inanimés au pluriel-. 
Comparez tikrâ' [Prov. i, 91), ayant pour sujet hokmôt [ibid. 20); 
we^ênâw Mmâh (I Sam. iv, i5); puis Jérémie, li, 99; Isaïe, lix. 
1 9; Ps. XXXVII, 3i; Gen.xux, 22; Juges, \\, 29, et d'autres exemples 
réservés à l'ouvrage que je composerai, si Dieu me vient en aide. 
A la vérité, hibbàmh est pour koubbâsou, type houUàlou {Ps. lxxviii 

' Voy. Rikmâh, cbap. vm (p. 5o-52). — - Ibtd. p. 226, 1. 29-33. 

24. 



372 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

njND nN AÎ_^ i t->lA»i_j DijinJi :>l>i *xjiJ^ laityi n:iî pnN lyi 
A_j| ^ «x-a-i dUo cKy* ]nDDn'' Kmrj "'n'?D n"«3'?i lUJDnx Nn"':T 

J_^_j 4^1 ^^^ D-'DîiyJlj D''J:nNJi_j D"''7''DdJI (j-A iD':DnN Jlï Uî 

J.jciJI qI <^ yUû^xJI -l* ^xi» inDDD"' Nm^D •'n'7D ri^:ih'i l^^ 

yl liUi^ ioufiJI ilJUfit yw« ^^x55^ (j***^' ^ t^'V ^*^^ i>UA^i^ 
»yju»*aj_5 c'w nxiDD nn*jD thnid |d aK^I* ^«wo ^ U ajI ^^ »yj'>vjc> 

'iOv-o u?\v nxiDD *i_^j *lJsjo:^l ^j-A-iw nnîTD (j_j5o <x.o »tx5U)l 

' Ci-dessus, p. 33,1. 5. — ^ Lemot <J ji» est impropre; seulement cfrf'nrjo est, 
d'après la traduclion d'Ibn Djanàh , l'équivalent de cfjD. La suppression de l'antécé- 
dent dans le rapport d'annexion, lorsqu'il était déjà exprimé dans un rapport pré- 
cédent, est également usitée en arabe et dans les langues classiques. — On appelle 
sila une préposition avec le nom qui en dépend , par rapport au verbe qui la régit. 



62), de même qu'à la suite, dans le verset de Miche'e, on lit ijâ- 
schoubou. La \ersion chaldéenne traduit d'une manière heureuse et 
juste : rrCar des dons de prostitution ils ont été réunis [itknnschou) , 
et à des temples d'idolâtres ils vont être livrés. •n Évidemment, 
itkanschou est dit des sculptures et des dons de prostitution, les 
mêmes qui «doivent être livrés aux temples des idolâtres, w II est 
donc pleinement démontré qu'au passif l'emploi du hirék n'est 
point impossible, et qu'il y remplace le komés ou le schourék; il 
s'ensuit que rien n'empêche mischhat d'être un passif, ce qui me 
paraît bien préférable à l'opinion qui veut en faire un qualificatif. 
Mischhat est donc pour moschhat, et, comme je l'ai dit dans le 
Motistalhik, le verset signifie : rr Lorsque son aspect s'était altéré, 
et n'était plus celui d'un homme. ^ De cette façon seulement, le 
sens est complet, mmhhnt étant l'énonciatif de l'inchoatif, mim- 



KITÂB AT-TASVVIYA. 37.] 

S-jti\^ ajLaJjI a^Ln-u. aXJI aS'IxjcwI i*>^^j La^l *1 ^J^ {jjj>yxi 
□Dv i-'DP ")">-ivu; inns". /oi.^«aJI (j«-« ^^.Xxc U^^-^^^S'^^l »;_j,**5lii 

fj] cyà^U A x-1 )lj AK.oi ^J_J-^-r! m' ij^^ y^^ ^^i ''^ <^ ''^^' (*-> 



mar'éh îsch remplissant les fonctions d'un sila par rapport à 
mischhat et terminant ainsi Ténonciatif; mais si mischluit était un 
qualificatif, la proposition serait incomplète, puisqu'elle manque- 
rait d'e'nonciatif, la construction du verset ne pouvant pas diiïe'rer 
d'après l'autre interpre'lalion de ce qu'elle est d'après la nôtre. 
Voici, mes amis, que Dieu vous accorde le bonheur qu'il réserve 
à ses fidèles croyants, des raisonnements délicats, qu'on ne saisit 
qu'en déployant de la persévérance, de l'application et de la ré- 
llexion. 

J'avais joint à ces mots, dans lesquels le hirék remplace le schou- 
rék, oufittehou [haïe, lx, 1 1) ^ que je considérais comme un passif 
pour oufoiiltehou. Je trouvai plus tard une autre analyse, sans qu'on 
eût à recourir au schmrék comme voyelle primilive, et j'avais 
l'intention de l'exposer séparément, tout en considérant la pre- 
mière comme préférable et meilleure. L'exemple a donc été sup- 
primé dans les copies du MoiistaUjik, et quelque nombreuses 
qu'elles soient à Saragosse, il ne se trouve dans aucune. Mais je 

' Voy. Rikmâli, 5i, 26-27. 



374 OPUSCULES D'IBiN' DJANAH. 

12: ':2 *nrsi (i'*«>«^^ »>!«^Jij y' *il^ ^ i^nDin "i:: "':2 "):2"i i^s 
A_A_j A-^ f>*-^ v^*-^^t<L;-^^ U rjc N*7 nh'^b' cDr ■"•en in^'u; 

^ (j! I^il;i Ui \y^ (ji_5 ^jjSlc iJ v_xU- î'^-yj "îl^C N*? J^ »>^ 

Lcîi) J-aj l-<_>i i)! kJi* ajs.»-!^ «^ ^i (j^^ i) q"'-'1'C'A5 ->:: "':3 



ne i'ai retranché de mon livre qu'après qui! était déjà parti pour 
la contrée de ces gens. 

Leurs objections se portèrent donc aussi sur l'interprétation du 
verset Is. lx, 11, sur lequel ils ont débité des choses bien éton- 
nantes. D'après ce que nous rapporte notre contradicteur, ils rat- 
tachent ce verset au verset 1 0, où il est dit : El ces fils d'étrangers 
hàtiront tes murs, de sorte que, pour eux, le sens du verset 1 1 
serait sans aucun doute : Et les fils d'étrangers ouvriront cons- 
tamment tes portes; jour et nuit elles ne seront pas fermées. Je 
me demande comment ils ont pu admettre une semblable exégèse. 
Ne savaient-ils pas que, dans le cas oii les étrangers ouvriraient 
les portes constamment, un jour après l'autre et une nuit après 
l'autre, les mots : elles ne seront pas fermées n'auraient aucun 
sens, puisqu'ils ne pourraient les ouvrir un jour qu'après les 
avoir déjà feruiées le même jour? Or il dit : Elles ne seront pas 
fermées. S'ils voulaient nous faire entendre que les étrangers ne 
devaient les ouvrir qu'une fois, mais pour toujours, je voudrais 
bien qu'ils nous fissent connaître celui qui avait fermé d'abord 



klTÀB AT-TAS\VIY\. ;]75 

-JLrwyùLo \jcI:> JLaJ L_i! 4^odï^ Uiaji ô^jçi i eU ci>^5S lf^^-i«JiL 
Lxlj Lv_s!5/V^I Jotj ^sJj lw-j| xs»-yijLo (j_^ 4^-« ^J''^J (3*^ ^3 
4^Js.JI jUJi à^=r^\ Ul^ io».yjL« j-o ^^ ;>Axj ii LjI <^^I 



les portes, pour que les étrangers eussent à les ouvrir! Il faut 
bien qu'une porte soit ouverte ou fermée, puisque ce sont des 
contraires entre lesquels il n'y a point de milieu; les étrangers 
peuvent seulement ouvrir les portes après quelles ont été closes; 
il est indispensable qu'une porte soit dans l'un ou dans l'autre de 
ces deux états. Je voudrais aussi être renseigné sur le genre d'avan- 
tage que nous aurions tiré de ce qu'une fois, pour toujours, les 
portes auraient été ouvertes par les étrangers! C'est là, par ma 
vie, une interprétation qu'aucun homme raisonnable n'approu- 
vera. L'opinion acceptable est donc de donner à oujittehou la valeur 
d'un passif, comme wesoiiggerou [Is. xxiv, 22), et d'expliquer le 
hirék comme dans les autres exemples déjà mentionnés. Le sens 
du verset est alors : les portes resteront constamment ouvertes et 
ne seront pas fermées; ceci ne veut pas dire qu'on les ait ouvertes 
après qu'elles avaient été fermées, mais qu'on ne les fermait pas, 
qu'elles ne cessaient pas d'être ouvertes. — Quant à la seconde 
analyse, d'après laquelle j'expliquais oi^<ne/(o/( sans adopter le svltou- 



376 OPUSCULES D'IB.N DJAI\AH. 

cjUlMI ^ \juà^ *i Jotiï-U«^ jUii^ J>^lj aK>*Ij xwj ^ U XJ^jS' 

(ji;j c^ t5*>^i myi nt]D*D J-A~« (jv-xJî Joui-« Dnnu'D bi* 'L3"'3n 

nî32;D JJL-* (J?r-*Jl JoCjtjo AJj5'jjUÎI liX-* ^e-ç;^ -ytJl jy< ^ 

fmyi] n'i3u;D Jt onm^c iLiLéJ (jw^î ^Ij-li i*x-£û i ^-^Xi^iî 

' Ci-dessus, p. loo. 



réh, je ne crois pas devoir la rapporter dans mon livre, puisque je 
considère le sens que j'avais préconisé d'abord, de prendre ovfit- 
tehou pour un passif, comme meilleur et préférable. Mais j'assi- 
gnerai à cette autre explication une place dans le livre que je 
suis en train de rédiger, s'il plaît à Dieu ^ 

J'ai dit dans le Moustalhik, que me'ôrêhém [Hahak. ii, i5) est 
dérivé d'une racine au second radical faible, de même que we^6- 
rùh [haïe, xxxii, ii), ayant pour type ro'^âh [ibid. xxiv, 19); 
j'ajoutais : «Me'^ôrêhém est le pluriel de tnâ^ôr = mâkâr, mâlôn.v 
Mes adversaires, d'après ce que prétend leur rapporteur, ne 
veulent pas admettre que ce mot soit, comme '^ôrâh, dérivé d'une 
racine au second radical faible, mais soutiennent que me^orèhém 
vient d'une racine au troisième radical faible, comme '^àrou [Ps. 
cxxxvii, 7), signifie : Ceux qui sont à découvert parmi eux, 
et devrait avoir un dâgêsch dans le résch, parce qu'il vient d'une 
forme lourde. Je voudrais bien savoir ce qui les a engagés dans 

' Cette explication a été donnée par l'auteur à ia fin de la première partie du 
Kitéh al-taschivîr. \o^. Kitdh al-ousoûl, SgS, 35 et noire Introduction. 



KITAB AT-TASWIYA. 377 

^^u? r)Ni "iDDH nDDD in:f-i npcD "«in J_^-a-j t^bJTl (jj>;-j •i" J^i 

4^Lju* ^U ^i)^^ t5^ <^i ♦^^j'^ ^' i-^ji so-*-' '^ivm nnN D3 

(j^ L^yv-X.* -lij U: jjUj ^ (j-«_j iDTH i2;n"i i^ di:j did Sy i Jy» 
^nu n:'''72in>-A-j»- i anyu; an*? V^Vs «-»-^ a oI^ a-Lc c:*X*«jJi 

' P. 90 et 129. — ^ P. 967. 



cette lutte ! Ne vaut-il pas mieux mettre me^ôrêhém en rapport avec 
'^orâh, et, quand même on donnerait à cette racine le sens de 
découvrir, regarder ce mol comme désignant leurs parties hon- 
teuses? Que ne voient-ils le sens du verset entier, où il est dit: 
Malheur à celui qui enivrera son prochain . . . pour lui faire décou- 
vrir ses parties honteuses? C'est donc en excitant à l'ivresse qu'il u 
produitceteffet; aussi le châtiment, dont il est menacé, est de suhir 
à son tour un sort analogue. Bois aussi toi, dit le prophète, et montre 
également tes parties! Mais que peut signifier la version : Ceux qui 
sont à découvert parmi eux? De qui prétend-on parler? Certes, 
abandonner la route frayée pour chevaucher dans des sentiers où 
les serpents sont à craindre, ce n'est pas prendre le bon chemin. 

Mes contradicteurs, toujours d'après la même source, rejettent 
mon explication de nânous [Is. xxx, 16) et celle de liizzakkou [ibid. 
1, t6). Pour ceux auxquels mes démonstrations, faites sur ces 
deux mots dans le Moustalhik et dans le Tanbîli, n'ont pas suffi, 
il faut désespérer de les contenter, et nous pouvons passer outre. 

J'ai rattaché selil {Juges, vu, i3) à tesillénàlt (I Sam. m, ii), 



378 OPUSCULES D'IBN DJANAH. 

^j^ ;vAjj (5^7-*-'' ^^^^^6*^5 j>-s=»- CiJ^àIs ^•''* v-*•r^^ ^^•'^^ "^-^V t^ 

(j^ A.iUiJC-wIj ^-MâIo *j^ ^-^ '^^■'' (*~t^' (*^ ^^^ *Ia~I AaJ^^ 



et je l'ai expliqué par le craquement (en arabe salilouti) et le bruit 
causés par le pain d'orge. D'après mon interlocuteur, ses compa- 
triotes m'ont cherché querelle à ce sujel, en disant: Mais quelle 
sorte de bruit fait donc un pain d'orge, et comment distinguer 
entre ce bruit et le bruit que produirait un pain de froment? Il 
n'y a pas de plus coupable chicane, comme si j'avais voulu établir 
une différence entre ces deux espèces de bruits ! Le sens du verset 
est : Le rêveur raconte qu'il a vu un pain d'orge rouler en bas 
et faire le tour du camp, jusqu'au moment oii, arrivé à l'une 
des tentes, il la renversa; ce mouvement produisit un bruit, un 
craquement. Si quelqu'un me demande de lui expliquer quelle en 
était la nature, il fait fausse route et s'engage dans une mauvaise 
voie, car le rêveur ne savait pas distinguer le bruit; il dit seule- 
ment qu'il a été effrayé par un bruit lorsque ce pain, en roulant 
en bas, renversait une tente. Mes adversaires attribuent à salîl un 
autre sens que celui de bruit, sens que nous ne reconnaissons 
pas. Ils le prennent pour le nom d'un corps fabriqué avec ce pain 



KITÀB AT-TASWIYA. 379 

ij^_tf> Jî «-:A^5^_jsr Lcîj ("f^ cj>_j.CJl cjiji JvJiJj <iv^ d ^^ 
/ftiMrjij Llkiw j^:>i) ylî l'>^ j\.X.J jJ^.o i l^j^S^ ^1 »j^^ 

cjv*il ^1^ L?i^^ p^ J^3 ^U-* J.UU JJTbijsx! jJii bu» 

' Sur un bout de papier, on a ajouté au nis. la version hébraïque suivante 
de ce vers : 

\mY) iT»fy ■î)7rb 'bji: jid'DC 'jdicIî yv of» 



et auquel on aurait attribué le tournoiement. Voilà une solution 
absurde ! 

Voilà, puisse Dieu faire durer notre amitié fraternelle et le 
lien solide qui nous unit, voilà comment j'ai répondu à l'ensemble 
des objections que mon adversaire prétend avoir gardées dans sa 
mémoire. Comment après cela aurais-je pu le bien traiter? Dieu 
sait que je n'avais pas pour but de démontrer Tignorance de tout 
ce monde; ce n'est ni dans mon caractère, ni dans ma nature. Je 
voulais même, pendant quelque temps, me renfermer dans un 
silence complet, et je n'ai été poussé à faire ce que j'ai fait que 
par les raisons que j'ai exposées au commencement de ce travail. 
Si l'on renouvelle l'attaque, je donnerai de nouvelles explications; 
sur toutes les questions, je suis prêt à parler; sur toutes les objec- 
tions, à répondre, Dieu aidant. 

Si le scorpion revient à la charge contre nous, nous reviendrons à la charge 
conlr'e lui et nous lui ferons sentir notre chaussure. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



p. 1, 1. 1. Le titre complet est ainsi conçu dans le manuscrit : n-»^v- tf c_>bj 
^f'jjU/'j o-aJ' U Jx. jUxtf c^îj^i^ eJS^I CJ^^ cjîji Jt*it j 

(nv TDDw'j)- <f Livre intitulé TAnnotateur sur les verbes aux lettres douces et 
aux lettres géminées, tels qu'ils ont été établis dans les deux ouvrages d'Abou 
Zakariyâ Hayyoudj, livre dont l'auteur est Marwàn ben Djanâh, de Cordoue 
(que son âme soit au Paradis). n — L. 3 : /»f^f- 

P. 2,1. 1-3. Les mots ajoutés par conjecture entre parenthèses doivent être 
remplacés par les suivants qui se lisent dans le ms. : (jstV^ (J jj*«àj' «oL? 
Q^-lXtl (^î«3 <_)Ui^ (j^î-Of LJ^y^ (;_iUi (jlcf <^yj^ 

P. 3, L6: UyLi. 

P. 4, 1. 5: Il faut lire, à la place des mots ajoutés : IjJ L^.ikl /joiss^t» 

^sl O' ' i9^'^'"^' ^'^^^ ^i^si l'^s "0^^ avons traduit, en suivant R. Zerahyâ 
Haliévi. 

P. 5, \.l\ : ms. »3lj;; mieux : *J.iL^ «yW-î — •• 6 = f^^' — '• 7 = Js>- 
P. 6, L 3 : joyit— 1. 7 : cyo^U. 

P. 7, 1. 2 : oJii ; — 1. 4 : ''3l!73n ; — traduction, 1. 5 : qui, dans ce cas, a 
pour 

P. 8,1.3. Le ms. porte nNî3D. 

P.i3,1.6: JjA^j- 

P. 1 4,1. 5: c>^^«~aJ' 

P. 1 6, 1. 9 : (bUL«, pour qIJCo; — 1. lo : iTD'JX; — ibid. aULo. 

P. 20, I. 8 : yJjo ; — ibid. le ms. porte : vVD^ 71^5. 

P. 21, 1.6: t^; — L7: 1^^; — 1.8,1. ,U ^jJy, — i 10: iiaya. 



382 OPUSCULES D'ABOU 'L-WALID. 

P. 2/4, 1. 8 : /j^ est ajouté à ia marge du ms. 

P. 28, i. 1 : (jJ), pour Jkc; — traduction, 1. 1 : le kâmés a été maintenu 

sur le noun radical, comme il devait Télre dans ; — 1. 3 : yiDp; — ibid. 

^ Jo (_>-?f. (Ibn Djanâli omet la conjonction (j\); — 1. 7 : suis J. 

P. 29,1. 8: loofc. 

P. 3i, 1. 2 : biffez (^^ . 

P. 33,1. 1 . Les mots placés entre parenthèses se lisent dans le ms. ; seulement , 
qU, pour (j.^; — 1. 5 : vsÂ/«- 

P.35,1.7 0_^^î J^ JLUI. 

P. 36, 1. 1 : U«l^I; — I. 10 : ^3^ (M ^0^'- 

P. 38, 1. 9: \o^]y 

P. 39 , 1. 1 . Le ms. a les mots mis entre parenthèses. — Ibid. i^sû^ , pour s [xsu> ; 
— \. Il : jt^à (J-^-^I (jl ; — ibid. *i=^^ *ljl sont dans le ms. 

P. Uo,\. i. Ailleurs, il est dit que 32^ est pour 3îî^^, comme 11"^ pour TI^^. 

P. /il, 1.6: ip5J''1. 

P. ia, noie h. L'original arabe est d'accord avec D. 

P. 44, 1. 4 et 6 : le ms. porte flNT^D, comme p. 8, 1. 3; — I. 6 : a^Î^; — 
I. 8 : Lcçw ^ , pour L«;^. 

P. 45, 1. 9. Vers. hébr. "iND ri3~in cmDn, comme si le traducteur avait 

p. 46,1. 4. La version hébr. ajoute après *lj , D"'3"l7l Ti TN NT'. Il fau- 
drait, dans la traduction, 1. 5: pluriel deyerô' (Prov., m, 7), et qui, etc. 

p. 47, 1. 8 : qI, peur ij». 

p. 48, 1. io:"'D13. 

P. 52 , 1. 3. Vers. hébr. à la fin : ^p")3; — 1. 8. Le mot mis entre parenthèses 
est à remplacer par (jyj; et, dans la traduction, 1. i4, il faut lire "^ adoucisse- 
ments, pour ffomissionn. — Note 1, il faut mettre ffcertainementn , pour rpro- 
bablementji, car l'original arabe est d'accord avec le texte d'Ibn Djanâh. 

P. 53, 1. 1. ïyytiJJV 

P. 56, noie 1. Voy. Introduction, p. cxx. 



\l)l)ITlU^S KT COUHKCTIONS. 383 

P. ()(>, I. -3 : 1^2^ est dans le ms. 

P. 6 1 , 1. 5. Voir nihindii , p. 1 7/1 , I. 11-19; voici le passa[;c qu'on lit à ce sujet 
dans le Rikmâh, à la lin du cliap. xxv: a. 1. gU < V Lo Ja.J ^j /j.jolj 0^, 

ist>-2.f^ is'^v^fj i^iO^ ^ |"inp xbl P^TIDI p'7"'D 'H p in miDD^f 

cjjttNjI; cjUiL -)Nc\xji c'\s*3n Sd n^2Uv i-'nxD imNi MiUTJjl»^ 

-t C^Î-^Uiv-jf »<>-* JJL^ s_i=>3 jj_C La-À^ CX>J oJj V.-««%À>« cV:2..U J^ 

U ^ kJLJ izil J V iiiilf J ^irio Ul ^îy^^ Jà^l J eW 

i^ (jy^ jJVt is'3Lj^ Lys. U«!bf UV Lyjjjî JU cuf^Ljyî »ÔJî) 
CjyJl fcàJ j Jt£U4^ jfj (>«j \J^\ «jj^f (jV ^'^ ^ Jy fjwsb^ V/^^ 

(J-»jJ| qÎ (j-Iijj (JvUUf Jaiàj qÎ q^ ^y*- W^^ cV2>lj Jd (>J«J j[yi 

i^yj=>':^ Lo (J^c J^-aiil IàJî Ujoo fj^tj,^ Aiais. j l^io' u ^^^..aUI 
ciJi iLs ftx^I^ »-^fj-If *-;^-r" j jfj-H Lô^^v«^" (j^Ç^ (j^ du* 

Oi>-^ cjLL^I Lrlj LrJÔ' L^ Jtj^a-hmt ^^ ^^ fj^ dJi j*J 



384 OPUSCULES D ABOU 'L-WALID. 

(^»y«2>> y^i. . La partie raassorétique de ce passage a été déjà donnée, Manuel 
du lecteur, p. 233. — Pour i'explication de Vâléf à la fin des deux pluriels du 
parfait, Ibn Djanâb repousse l'analogie du verbe arabe, invoquée par Hayyondj, 
en démontrant qu'en arabe même cette lettre n'a été ajoutée à la fin du pluriel 
du parfait que bien tard par des copistes qui voulaient ainsi établir une sépara- 
tion entre le wàw se trouvant à la fia de cette forme et le mot suivant, afin qu'on 
ne le lût pas avec ce mot, en le prenant pour le trât» conjonctif. Ainsi, «^v» 3>^-*^ 
aurait pu être confondu avec «^v»^ >ûj ■ I' est vrai que cette confusion n'était à 
craindre que dans les cas, comme jvij . où le wàw est détaché de la lettre pré- 
cédente; mais on a voulu établir la même orthographe pour tous les pluriels. — 
Les mots Ui^l >^/o ne sont pas clairs: faut-il traduire «comme forme vulgaire»? 

P. U,\. 10. Après JjVf, la vers. bébr. ajoute : Dinn bsN \'12Z . 

P. 67, 1. 3-3. Les six derniers mots du paragraphe sont traduits à la marge 
en hébreu : rDcnn r>j?'j>) jim •jb n';rb 'nif^irt . — iVote 1 , ajoutez : "■ elle existe éga- 
lement dans l'original arabe». 

P. 70, note 1. Cependant ces infinitifs, précédés de lâméd, répondent à des 
futurs arabes. Voy. Introduction, p. xlvii, note. 

P. 71,L trydfj- 

P. 7 2 , 1. 6. Le ms. a . m»J , pour t . 

R77,L2:^|yil. 

P. 83, l. 9 : peut-être ^^$\Ji;Calî (?). — L. '4 : (J^«J! aIxaILi . 

P. 90, 1. 1 : Lçu, .^, pour UiJ. 

P. 93, 1. 6. Après lo^Aj , il faut ajouter : ^:s-d" qI AjLi (jjJî lïLLII *^ 
v^VAj ^jJy- — Dans la traduction, 1. 8, après «■ c' est-à-dire 'i, mettez «le roi 
qui habituellement est oint avec l'huile, etc.». 

P. 96 , 1. 1 : ^^^-aJ . 

P. 97, 1. 12. Le ms. porte ici et p. 98, 1. U, ^D^DyS; cette leçon se trouve 
également dans la version hébraïque et dans le Kitâh al-ousoûl, col. 5i 1, i. 17. 
L'auteur avait donc en vue Job, m, 9; et le mot Vj^i'1, qu'on lit dans notre 
texte, provient d'une confusion entre le passage que nous venons de citer et 
ibid. xu, 10. 



ADDITIONS ET COHRRCTIONS. 385 

P. 98, I. ."? : ""DDira ; — 1. <) : nis. tjC* ^/); mais vois, li.'ltr. nî2. 

P. 101, 1. •"? : ^ô-Xw^J , pour w^xc Ji.a.«o ; V(!rsioii lii''lMai(|ui' : IDDD^ ; — 
I. 9 : j.îyftJÎ, pour *L<5ff. 

P. ion, 1. 1 a : «-iJl.. Ibn Djanàli emploie ('({alcMiicnl la rnciiic «-«13, pour 
«isi , plus loin , p. 1 35 , i. H. 

P. io6, 1. C. Après f^vib, ajoutez : o<>A>j[ MySS ^J,'v^ NTl yS^\ ^J'• vj,vj»-LI 
Ijjjb i^ . — Dans la traduction, 1. 8, il faut lire: «peu acceptable; et, pour 
maintenir ce sens, il faudrait nécessairement suppléer le mol ht\ de manière 
que la phrase eût la valeur de ht' kadh.v 

P, 109, 1. to : *ù'"i~N*n ij . Telle est également la leçon de l'original arnije 
de Hayyoudj. 

P. ii3, 1. 19 : îvj^<o.-o, pour t^(>s^, cl p. 1 1 '1 , Iradiiclinn, 1. 1 : frpourrail 
èlre l'infinitif de la forme légères. 

P. 1 17, 1. 3 : l^, pour^ . 

P. 118, 1. 1 : À^-^vik, pour 4jk^; — traduction, I. « : «frattaclie particulière- 
mentn; — •. i. 7 : t, pour ^ . 

P. 123,1. 11. Los trois mots biffés doivent être remplacés par «J-^ ^ ; vers, 
hébr. 1-lDND. 

P. la'i, 1. 6. Après inX, ajoutez: *riN _j* ^--ijî U^ '^.j J^ai-iU , ce qui 
se trouve aussi dans ia version hébraïque. — Note 1 : Dans le ms. on voit qu'il y 
avait d'abord |"'NN2'7N, qu'on a corrigé ensuite en Î"'DND7X. 

P. 12 5, 1. 3 : Lkiij; — 1. li : l.gjLjfo rqui lui correspondent?^ ; — 1. 7, 
vov. Kilàh nl-ousoùl, col. A81, 1. 16. 

P. 128, 1. i : ^uf; — 1. 5 : m^Dxif ; — 1. 9 : TÙWS. 

P. 129, 1. 3 : 2VX (J?^j; — !• ^i- Après "133, on lit, dans le m.s. do Saint- 
Pétersbourg, cité Introduction, p. lix, 1. li: q( \^s.\ l'jni Tnm y^^ y^i ^y 

TD3 mn. — Note 1 : Cf. aussi nilpnâh, p. i85. 
P. i3i, traduction, I. ."i : hizdakknu. 
P. 1 33 , I. 1 : ^J•c• . pour q'» . 
P. i3ri, 1. 8. Voy. ( i-dossus, Addil. p. io>, I. i>. 



38G ÛPLSCULES DABOU L-WAl.lD. 

P. Kii). i. 7. Le texte arabe et l;i version liéLraicjue portent jD, à la place 
lie 'PN: — 1. 11. Après ,J , ajoutez : ^Jx. |^tV-*i--o (J^j-Cj jj] J«VI JUlII 

L/^_j^JiJl ^ ^Uif JUi tM cv .^ JUxiVI ^ c_>_^]| îjoî> t_>=^L 

(j *=»yi^ "iwlp Cu'^ "!^'?riPri (j jj-^-b. Dans la Iradiiction, 1. i3, et p. lio, 
. 1 : tr . . .apparentes"^ ; car la première lettre devant avoir dâgésch , comme l'exige 
cette forme du hitpaël , la seconde doit nécessairement reparaître, comme elle se 
montre dans hilhallelou (Psaumes, cv, 8), où, dans le premier làméd, le ddgêsch 
n"a été supprimé que pour alléger le mot, comme dans beh{thaneni'i{Gen. XLii, 2 1), 
tandis que ce dâgêsch est maintenu dans yllltalldlou (J/r. iv. 9 ) :i — 1. 1 9 : J^Vî 

P. 1 .'10 . l. 1 I : (js.À^m . 

P. iii,l.3. Après Ijjt, ajoutez: [t>>* Jli^ Jjti i>5« Lco«.J y^J^ (J J.,;u^>«- 

— Traduction, 1. 5 : rie leur montre donc qui> ces procédés sont employés dans 
d'autres langues que Thébrou. R., clc.-^ 

P. l 'lii, 1. 5. Vov. aussi, p. 186. I. 1 1 et suiv. — I. m: P''X'?j: — 1. 1 1 : 
P. i/.i,l. 8: ^Jjj\. 

P. 1/18,1. 11 : l^Uilj. 
P. i.n, 1. 9 : jj^l^lj . 

s- 

p. 1.52, 1. 2 : -of. 

p. i53, Irad. , l. 1 1 : L'n tel embarras. 

P. 1 5'i , 1. 2 : Ig^siAj : — ibid. (Ast^^ : — !• «( = » lV^ • pour f J^jfc . 
P. i58, 1. î) : A.^L . 

P. i6i,i.3:yi3:Dn '?i* av.njDi ^^ J-^^VI yiscn '7^ jj cmiDi . 

— Traduction, 1. A. ajoutez : rdont les formes primitives sont inandoulnm et 
iiitmboua". 

P. lOi!, (). \oy. Oiisdi'il, col. 530. 1. 18-20. 

P. 1 05, 1. 5 -.^yj], pour^Jy^jf . La même correction doit être laile dans le 
Kitdb al-ousoûl (col. ^gg, 1. 82). d'accord avec les deux mss. du Lexique 
(vov. ihid. note /ii). 

P. 1O7, 1. G. Vov. Rilmdh , p. 280, 1. i-5. 



\DDITIONS ET CORRECTIONS :;87 

P. 168, 1. I. L'' nis. et In vorsion Iiobraiqin' rilont : CnX C~^Cw'n (Ji>». 
XI, 16). 

P. 1O9, ;$. L'auteur s'anèlo à celle dernièrc npinion, liiki'uih , p. l'iiij. 27 
et suiv. 

P. 1 7/1 , I. ! . Ajoutez ^j, après qI^*; — I. (> : icLsf.; — I. 9 : iJUi . 

P. 17:), 1. 1 : 3f; — thid. ^t l/J — 1. ..! : ^«, pour ^^c ; — 1. 8 : nn:n. 

P. 176,1. u : (j'- 

P. i83,i.5: q:. 

P. i85, 1. f) : bnn ^. 

P. 187,1. 1 :o.Ji-.. 

p. 193, trad. , I. 9 : Cependant, pour suivre le raisonnement d'A. Z., il aurait 
fallu dire que, etc. 

P. 198, I. 8. Les mois mis entre parenthèses doivent être remplacés par 
ceux-ci : tX_io^-iJ" C^'vJ' L^ULàjiL.f L^y>3 cjLaJt. 

P. 19.5, 1. 1. Après cj^aJI, ajoutez J^-JixJf. . 

P. 9o4, 1. "> : *-<7^^ 

P. 9o5, 1. 4 : (jjJl. 

P. 9 1 3 , trad. , 1. 3 : étaient à l'ombre. 

P. 916, 1. '1 :3j^.- 

P. 218, 1. û : l'jj'jjnn . 

P. 919, i. 10. L'arabe porte j.'pn ]Z; la version hébraïque, i'pT*. 

P. 29 Ù, 1. 10 : (_^Là./vLi ■ 

P. 936.1.6: ppC?DD,ct hhîV2 . 

P. 287, 1. 6: Une autre explication se lit Omoùl, col. 7'i2, I. 29-32; — 
i. 1 1 : <L--V2fc. 

P. 939.1.5: j^by 



388 OPUSCULES D' AliOU L-WALID. 

P. 2^0, 1. 2 : ?a:^Jf; — 1. li. Le texlc ol la traduction suivonl la loçon de 
la version hébraïque; mais le ms. do Toriginal arabe porte D/^"' , ce qni est 
moins bien; — trad., 1. 17 : i5 pour 16. 

P. o.'jg , 1. 2 : ^yS^ ; — 1. 5 : M^D^SI . 

P. 2/18, note 1. Biflez (jIlxII; peut-être faut-il mettre tout siinplcmenf dans 
le texte Lg-Jf pour l^JÎ . 

P. 2/4;"), 1. 1(; de la trad. : «el jusqu'à^. 

P. 2/17, 1. 6. Il faut lire, avec le ms. M"^-* , <tu lieu de z*-^ , et traduire : 
«... que les réunions de nos amis. . . sont désireuses d'avoir ce liVrci. 

P. 2/19, 1. 1. Mieux vaut ^..iS,]', bien que le point sur le /.-«/paraisse efTacé; — 
1, ti. Supprimer les parenthèses; ici, et 1. 8, les mois se lisent dans le ms. 

P. 250 ,1.3. Le ms. porte CND , poui' 'ND . 

P. 2 f) 1 , 1. .") : «ly^. Voy. p. 8 , 1. :5 ; p. lili , I. /i et il 

P. 2.0A, 1. 1 : ^Jû,aSiii.xJo: — 1. •> : _;i-jj^J[. — Trad. 1. 3 : «... ol de répri- 
manderai. 

P. 256, 1. 3. Le mot ^f n'est pas daus le ms. Celle conjonction est très- 
souvent omise devant l'imparfait, lorsqu'il est précédé de «_>^. ' (jW"? )t^.' 
et d'autres verbes auxiliaires de cette nature. Nous l'avons quelquefois suppléée 
à tort. 

P. 202, 1. 3 : ^o^J!; — 1. 7 : Jl^V- 

P. 276, 1. 7 de la trad. Remplacez le mot ngrammairiensn par celui de 
nscribes". 

P. 278, 1. 12 : »i3vC • — Trad., 1. h : contiennent au milieu. Ibn Djanàli 
ne compte pas le sclwiva et hâmcs, parce qu'il considère le kdmcs qui précède cette 
voyelle composée comme un hâmés long qui renferme une quiescente. Voy. Rikmdh, 
p. 101 . 

P. 289, 1.8: l^x^î. 

P. 290, 1. '1 : 3f. 

P. 296, trad. 1. 6 : tai'est ici^). Voy. p. 3o/i, 1. 8, Le raisonnement un peu 
difl'us d'ibn Djanàh se résume ainsi : hchiôh, avec /le, présente une orthographe 
irrégulière; il devrait y avoir un ivnw, comme cela a lieu, en effet, dans bâkô 
{Lam. I, 2). Mais ni le ivniv , Inrstpi'ii e.-^l écrit, ni le ///-, qu;uid il le l'emplace. 



ADDITIONS KT COKKKCTIONS. ;581) 

lie sonl dos loUics de proloiijjalioii du Ijùlrin ; ils i('|iii''s('iili;iil le; Iw du lioisièiiic 
radical, i\m s'est (lia njjé, eilectiveiiienl un \irluelleiuoiit, eu wtiw, dans l'iiiii- 
nilil, coiiinie il est devenu iji'id dans le pailail. CI. aussi |i. '.V.i'\, I. H. 

i\ 3oo,i. (): yjcic:. 

P. 3oi, note 3 ; o wvc J? . 

P. 3o(), 1. 1 : ■'iDnn. 

P. 307, noie 3. Voici un troisième e.\em[ile : lUbiuih ,\). 1 '1 1 , I. -^3 est ainsi 
cité par Moïse cbn Ezra : (^I^a^U ^[^^\ qa> (j J^JI aAs. ~a^ <.« 

• -"[ivi sc'v ^D^b h^' Jx/" i'Dî:' nnp j Jl<ij-^( j ^.gjU-vlf 

p. 3iS, I. ç) : Ijofc 



TVIîLi: \Lni VlillTIOlJK 

DES KACINES 

Al'I.KHlKKS l)\\S LRS OPUSCULES |)\\ H(MJ ' l,-\\ A uil). 



DHN 


li. 


IIJ, 


78. 


Din, 


120. 


niN 


120. 


hb:. 


•79- 


mn, 


78,32... 


px 


6t!. 


m3. 


122. 


lyin, 


79- 


^IN 


G/i. 


^■)j, 


182. 


mn, 


79- 


nîN 


i5. 






n^n, 


161, 329 


'?:n 


i5. 


3wS-I, 


Gy. 


h%, 


i85. 


r]'?N 


'7- 


n3n, 


123. 


n:n. 


i63. 


HDN 


i8. 


mi, 


12 3. 


î:n, 


192. 


n:N 


12 a, 3 2 G. 


nn. 


7«- 


ppn. 


190. 


î]CN 


i8. 


in, 


7>- 


mn, 


iZi6,332 


IDS 


92. 


w'n. 


7''- 


-nn, 


320. 


HDiX 


12 2. 


nm, 


12 5. 


nnn. 


l'i/i. 


y^'x 


22. 


HDl, 


1 1, 12G. 


nnn. 


Uj'l. 


3-1 N 


23. 


DDT, 


182, 226. 






TIN 


178. 






NÎ2NÎ2, 


2 '11. 


n*nN 


2/1. 




i2G,3a7. 
127. 


nD'kC, 


1/1 G. 


N'"i3 


G5. 


^S-1, 


i84. 


3N\ 


20. 


T2 


6G. 


nDn, 


328. 


^N\ 


32G. 


D13 


67. 


en, 


261. 


33\ 


26. 


nî3 


122. 


mn, 


128. 


y3\ 


2G. 


•Î3 


179, 3lS. 






m\ 


333. 


naa 


i55. 


Viï, 


72. 


yi\ 


26. 


y^2 


170,23.'). 


HDÎ, 


129,207. 


3n\ 


3.-i7. 


PP3 


317. 


niî, 


327. 










mî. 


l'u. 


or, 


-7- 


i-j 


»7y- 






hn\ 


27, 365. 


nnj 


122. 


-"in, 


i85. 


Dn\ 


28,355. 


113 


G7. 


•^m, 


77- 


n:\ 


5. 



J-2 


OPUSCULES 


D'ABOU 


L WALID. 




-b\ -Mj, 


48. pic, 87. 


nb:! 


, 162. 


-D>, ;3o. 


li'ID 


,87. 


bsy 


20g. 


1C\ 3i. 


niD 


, 88. 


nay 


, 162. 


^D\ 33. 


1:d 


, 196. 


mv 


, iG4. 


-i*\ 33. 


bbi2 


,901. 






rj\ 37. 


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201. 


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102. 


ïl>'\ 38. 






ms 


, io3. 


yy\ 38. 


ni: 


155. 


n^D 


i()4. 


32î\ /lo. 


n: 


203. 


V'JD 


309. 


2?!:\ ho. 


Ni: 


88. 


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16/1. 


p*:i\ Al. 


3i: 


88. 






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-13 


88. 


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i64. 


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89. 


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73, io4. 


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D1J 


89. 


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210. 


p-)\ 5i. 


ni: 


9'' 


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211. 


32?\ 02. 


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91 • 


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i65. 


nv\ 52. 


pi: 


92. 


ysy'i 


2/12. 


oiyv 55. 


2-n: 


93- 


ï12:d2 


942. 


Îïï;^, 55. 


'pd: 


349. 


")-)2: 


21 3. 


V'ù'\ 56. 


n^i 


i55. 








n2i: 


i58. 


33P 


2l3. 


'?13, 80. 


niy: 


.57. 


Nip 


loO. 


pr, 81. 


ne: 


160. 


Î2ip 


io6. 


'jd'?:,.^!. 


yj: 


2 59. 


yip 


108. 


y^D, 19/.. 






Tip 


109. 


nD3, 147. 


D3C, 


23 1. 


î^lp 


109. 


mD, 1/19. 


31D, 


lao. 


tDûp 


106,217 


-)3-)3, nli-. 


TC 


93. 


^•^P 


218. 


nri-, 195, 


•23 1. lie, 


9^- 


n:p 


i65. 




me 


73, 9'' • 


pp. 


296. 


nSib, 262. 


ID-C 


242. 


DDp 


218. 


pV, 81. 


V^C 


•200. 


yyp 


218. 


np, i5-j. 






n:ip 


167. 


y^b, 8a. 


Tii* 


208. 


n-^p 


168. 


'fb, 82. 


mi', 


161, 323. 


ipnp, 


243. 


n'?b, i5i. 


my 


98, 258, 
102. 


265. r\Z'\> 


169. 


"Î"!C, 19G. 


îîi* 


208,935. 


nx-i 


169. 


n^ni2, 262. 


nî2y 


161. 


---), 


920. 


-1D, 83. 


•j^y 


96. 


D-n, 


109. 


b^r2, h:>. 


^nv 


97 • 


yn, 


111- 



TABLE DKS RACINES. 393 

131,330. mc', a3><. vayu;,3/i3. 

□Dl, 110,331. NID, ti5. ilDC', 178. 

pi, 337. me;, iif). -p'-y, 33/1,330. 

DDT, 170. mi:;, 116. -ne, 334. 

nin, 170. yiu?, 117. nnu;, 339. 
Ppi, 937. ne, 1 17. 

Tîï?, 11 H. CXn, iKj. 

îDN'ù', 11-.!. nnu, 173. '?'?»-), 339. 

Ss'c;, ii3. nnu, 32«. ddh, siio. 

"iXC lia. 00^,338. î?rVP, 363. 

î^w , 173. nic, 175. 



TABLE 

DES PASSAGES DE LA BIBLE 

EXPLIQUÉS DANS LES OPUSCULES D'ABOU 'L-WALÎD. 



VIII, 10, p. 27, I. 3. 

XVI, 11, p. a9,i. 9. 

XX, 16, p. 6,l.5;p. 94,l.i2;p.^</u),l. a. 

\xir, i4, p. 6, 1. !i. 

XXIV, 44, p. 6, 1. 4; p. 19a, 1. 2. 

xLix, a6, p. 131, \. 6; p. 139, 1. 6. 

L, 36, p. 82, 1. 6. 



I, 19, p. lia, I. 12. 

II, 3, p. 3 1, L 6. 
IX, 17, p. 306, 1. 2. 
xxiii, 21, p. 202, 1. 5. 
XXVI, 4, p. 109, 1. 1. 

XXX, Sa, p. 3i, 1. 10; p. 369, 1. 6. 

LÉVITIQUE. 
XVIII, 28, p. 106, I. 1; p. 207, ]. 2. 

XXI, 4, p. 189, 1. 9. 
XXVI, 34, p. 282, 1. 1. 



XIV, 45, p. 336, 1. 6. 

XX, 19, p. 149, 1. 8. 

XXI, 3o, p. i4G, 1. 5. 
xxni, i3, p. 3i3, l. 9. 

XXXI, 3, p. 6, 1. 9; p. 349, 1. .'). 
XXXIV, 10, p. 121,1. 2. 



DEUTERONOME. 



XI, 1, p. 63, L 6. 

XI, 16, p. 3 0, 1. 2. 



XXI, 8, p. 19,1. 1 . 

XXIV, 20, p. 103, i. 2. 

xxviii, 4o, p. 209, 1. ;"). 

XXXII, 8, p. 369, i. 1. 

XXXIII, 16, p. 65, i. 1. 



VII, i3, p. 211,1. 10; p. 377, 1. 10. 
XIII, 8, p. 16, i. 5; p. 35 1, 1. '1. 
XVI, 26, p. 87, 1. 6. 
XX, 33, p. 33, 1. 2. 

1 SAMUEL. 

I, 6, p. 31, 1. 1 1. 

II, 35, p. 310, 1. 9. 

IV, 19, p. i53 , 1. 5. 
VI, 13, p. 36o, 1. 8. 
IX, 7, p. 1 17, L 11. 



396 



OPUSCULES D'ABOU'L-WALID. 



XV, 5, p. li 3, 1. 8; p. 2 0/4, 1.9; p. 3Ga , 

1.7. 
XXV, iti, p. 9G, 1. 3. 
XXX, 6, p. 201, 1. 8. 

II SAMUEL. 

I, 10 , p. 338, 1. 5. 
m, 6, p. 206, 1. 9. 
XX, 18, p. 1 1 3, i. 1 1 . 

1 ROIS. 

VI, 3a, p. 320, 1. 5. 
XIII, 26, p. 2o3, 1. 2. 
xviii, Sli, p. lii, 1. 6. 
XX, 27, p. 19^1, 1. 6. 

II ROIS. 

IV, 10, p. 62, i. 6. 
XIX, 25, p. 1 Go, I. 9. 



1,6, p. 77, 1. 1. 

VI, 10, p. 1 1 7, i. 1. 

viu, 11, p. 5o, I. 11. 
VIII, 23, p. 309, 1. 5. 
\, i5, p. 23/1, 1. 11. 
xviii, ti , p. 210,1. 11. 
XXIV, 12 , p. 195, 1. 3. 
XXVI, 16, p. 10/1 , 1. 5. 
xxviii, 7, p. 256, 1. 7. 

XXVIII, 25, p. 118, 1. 7. 

XXIX, 8, p. 287, 1. 7. 

XXX, 16, p. 89, 1. 5; p. 257, i. 3. 
XXXII, /i , p. 21 1, 1. i. 

xxxn, 10, p. 109, I. 7. 

XXXII, 1 1, p. 100, 1. 6 ; p. 3.32 , i. 9. 
xxxiii, 1, p. i55, 1. 12. 

XXXIII, '1 , p. 236, 1. r». 



xxxiii, 19, p. 97, J. 1 1. 

XXXVII, 2G, p. 159, 1. 3. 

xxxviii, i5, p. 1 28, 1. 6. 

XL, 1 5, p. 7, 1. 5; p. 3^9, 1. /i. 

XLiv, 21, p. 7, 1. 9 ; p. 3/19, 1. 2. 

LU, 1 4, p. 32, I. 8; ]). 119,1. /i. 

LVII, 5, p. 28, 1. 9. 

LVii, 9, p. 118, 1. 3. 

Lix, i3, p. 33/4, 1. G. 

Lx, 1 1, p. 873, i. 5. 

Lxiv, 5, p. 27, 1. 8; p. 365, 1. 9. 



II , I .") , p. 1 59, 1. 10. 

m, 9, p. 194,1.9. 

VI, 8, p. 318, 1. 10. 

IX. 11, p. 109, 1. 6. 

XV, 19, p. 72, 1. 1 1 . 

XVIII, 23, p. 53, 1. 9. 

XXII, 3 , p. 3 ±9, 1. 10. 

XXII, 1 3, p. 1 19, 1. 5. 

XXII, 23, p. 99, 1. 9; p. i'i3, 1. .5; 

p. 18G, 1. 11-, p. 193, 1. 'i- 
XXII, 26, p. 2 1 5, 1. 3. 
XXVII, 18, p. 75, 1. g. 
xLviii, 3 , p. 1 83, 1. 5. 
L, 17, p. io3, 1. 8. 
Li, i3, p. 99, 1. 9. 
Li, 38, p. 92, 1. 9; p. 9 38, 1. 3. 
Li, 89, p. 55, 1. 6. 
Li, 58, p. 96,1. 3; p. 99,1. 9; p. 2 6.">,1.3. 



VI, 9, ]). G, 1. 9; p. 369, 1. 2. 

vil, 6, p. 108, 1. 6. 

XIV, 3, p. 109, 1. 9: p. 255, 1. 9. 

XXI, 34 , p. 1 17, 1. 2. 

XXII, 16, p. 187, 1. 3. 
xxui, 18, p. 2i4 , 1. 9. 
xxiii, '18 , p. 19,1. 1 . 



rABLl-: DES l'ASSVr.lîS DR LA IMBLE. 



:\91 



XXIV, Ju, p. 1 /i/i , 1. i. 

XXIV, ifî, p. 6a, I. a. 

XXV, 3, p. i85, 1. la. 

XXVII, ^9, p. 1 ia, \. 9. 
wviii, 1/1 , p. 9.'!, 1. l\. 

XXVIII, a3, p. ao9, 1. 10. 
XXXII, 16, p. aaG, I. 1. 

ÔSKK. 



III , I , |). I (m)< I. Cf. 

III . (), p. 1 n/i , I. 9. 



Il, 17, p. 9(S, I. (). 



III, a, p. tTii, i. (■). 
VII, 1/1, p. (iS, 1. 9. 

XI, 7, p. aaa, I. G. 

XII, 5, p. 2l(), I. 9. 



I, I 1, p. 209,1.9. 

II, 5, p. 187, 1. 1 1. 



I, 17, p. 69,1. I. 

II, G, p. 10a, 1. 11. 

IV, 3, p. 333,1. 8; p. 368,1. 9. 



IV, i3, p. 97, 1. r>. 

V, 10, p. 199, 1. 2. 



I, 7, p. 371, 1. 3. 
VI, G, p. 1^7, 1. 11. 
VI, 1 4, p. Sa, 1. 10. 



XIX, li , p. aoo, 1. 9. 

XX, i, p. 17/1, i. 1. 
XLii, 5, p. ia3, 1. 8. 

XLix, ti , p. 68, l. 1 1; p. 186, 1. 10. 

Lxvi, 17, p. aaa, i. 5. 

Lxviii, 5, p. 20G, 1. 1. 

Lxviii, 10, p. 91, 1. 9. 

Lxix, 3, p. 309, 1. /i. 

Lxxi, 6, p. 3 18, 1. 8. 

en, 18, p. 100, 1. a. 

cxiv, 7, p. 78, 1. 8. 

cxix, 1 17, p. 176, i. 1. 

cxxiv, 7, p. 324, i. 1 . 

cxxxvii, 3, p. a6o, 1. 1. 

cxLi, 3, p. ao, 1. 10. 



PROVERBES. 



III, 5, p. 100, L 10. 
m, 17, p. ao3, 1. 8. 



I, i5, p. 68,1. 8. 

II, i5, p. 100, I. 9; p. 376, I. .^). 
il, 17, p.79.'-''- 



i,a3,p. 1^,1. 9;p. 35A,1. /i;p. 309,1.3. 

II, 18, p. 116,1. 1. 

IV, 8, p. 208, 1. i. 

XI, 7, p. 6l\, 1. li. 

xvn, 9 5, p. 202, 1. 2. 

XXVII, i5, p. 19,1. 1. 

xwi, 1(1 , p. 1 '19, i. 9. 



:}98 



OPUSCULES DABOU'L-WALID. 



F.CCI.ESIASTE. 



III, 3, p. ia8, 1. 1. 

VI, 24, p. 173,1. 2. 

VII, 5, p. 39, 1. y. 

X, 22, p. 97, 1. i. 

XI, i7'P-97'l-9- 

XIII, 26, p. 2 01,1. 12. 

XV, 29, p. 167, 1. 3. 

XVI, 11, p. 5o, 1. 5. 

XVII, 2, p. i56, 1. 6. 
XXIV, ai, p. 223 ,1. 1. 
XXVI, i3, p. 173, 1. 1 1. 
XXIX, 3, p. i84,l. 10. 
XXXV, 11, p. 17, 1. 6. 
XL, 2, p. 3i 1, 1. 2. 

LAMENTATIONS. 
1,8, p. 72, 1. 11. 

m, 22, p. 2ii, 1. y. 

111,89, p. 63, 1.7; p. 64,1. 9. 



X, 5, p. 167, 1. 1. 

X, 18, p. 198, 1. 6. 

XI, 3, p. 174, 1. 9. 



IX, 2 1, p. 38, 1. 7. 

«ÉHÉMIE. 

XIII, 19, p. 2 1 3, 1. 1. 

I CIinOMQIES. 

XI, 8, p. i43, 1. 1. 

XIV, 2 , p. 1 58, 1. 2. 

II CHRONIQUES. 
IX. 11, p. 206, 1. 10. 



TABLE DES MATIERES. 



INTRODUCTION. 

Les Juifs en Andalousie au x* siècie. — Le médecin Hasdài ibn 
Schaprout à la cour d'Abdérame III. — Origine probable de s;i 
famille ainsi que d'autres savanls dans le loyaume des Visigoths. 

— Intérêt qu'inspire l'étude de la grammaire; Menahêm et 
Dounasch 

I. Naissance d'Abou '1-Walid à Cordoue. — Son éducation à Lucéna. 

— Ses maîtres ; Isaac ben Saùl, Isaac ben Gikatila et Abou'l- 
Walîd ben Ilasdàï. — Importance de Lucéna. — Abou '1-Walîd 
n'était pas l'élève de Hayyoudj. — Epoque de ce grammairien el 
origine probable de son nom. — Son identité avec lehouda ben 
David, le défenseur de Menahêm. — Séjour d'Abou '1-Walîd à 
Cordoue et son émigration à Saragosse. — Infériorité de cette 
ville, stigmatisée par Salomon ben Gabirôl. — ^ekoutiel n'était 
qu'un amateur. — Critique de Moïse ben Ezra contre les poésies 
de Ben Gabirôl. — Premier travail d'Abou'i-Walîd, le Moustalhik. 

— Pourquoi les grammairiens juifs ont découvert si tard la trili- 
téralilé des racines. — Ce qui a séduit David ben Abraham, 
Menahêm , et encore Samuel Hallévi, en faveur de la bilitéralité. 

— Différence cependant entre les juifs habitant des pays musul- 
mans et les autres juifs. — Adversaires d'Abou '1-Walîd. — Son 
Tanbîli. — Le Kitâb nt-takrîb. — Le Kitdb al-tasmiya. — Les 
adversaires sont inspirés par Samuel Hallévi, à Grenade. — Les 
Rasâîl ar-rifâk, composés à son instigation; réponses d'Abou '1- 
Walid, dans le Kitdb at-taschvmr. — Reconstitution de cet ouvrage 
perdu. — Fragment de cet ouvrage. — Fragment des Rasâîl ar- 
i"ifdk 

11. Le Tankîh, grammaire et lexique d'Abou '1-Walid. — Ce qu'il 
faul penser des travaux de médecine et de philosophie de noire 
auteur. — Pour la grammaire, il prend pour modèles les Arabes 
dont il connaît les travaux. — Cependant le principal sujet de 



l'a 



ges. 



ZiOO OPUSCULES D ABOU'L-WALID. 

Pages • 

la grammaire dans l'hébreu et l'arabe n'est pas le même. — Les 
points qui distinguent la phonétique hébraïque de celle des 
Arabes, d'après Hayyoudj et Ibn Djanâh. — Opinion de R. lebouda 
Hallévi à ce sujet. — Pourquoi la poésie biblique ne connaît 
pas la prosodie des Arabes. — Importance de la grammaire 
d'Abou '1-Walid. — Certaines erreurs dans ses lois de pronon- 
ciation. — Analyse rigoureuse des mots et des propositions. — 
Les figures oratoires : i" l'ellipse; 2" le pléonasme; 3° la substi- 
tution d'un mot à un autre ; li" les mots irréguliers ; 5° la trans- 
position, et û" l'interversion. — Abou '1-Walid ne se laisse pas 
enchaîner par l'accentuation. — Méthode de son dictionnaire. — 
Il proOte du largoum et de l'arabe. — Les commentaires de 
R. Scherîrà et de R. Hayyà. — Le premier a expliqué les mots 
difficiles du traité de Sabbat. — Un certain nombre d'articles du 
dictionnaire, relatifs aux particules et à d'autres racines, sont 
cités comme exemples de l'exégèse originale d'Abou '1-Walîd . . . i.wiii à cwiir. 

m. Manuscrits qui ont servi à celte publication. — Collection Fir- 
kowitsch. — Les deux versions hébraïques des ouvrages de 
Hayyoudj ; caractère particulier de celle de R. Môschéh Hakkôhèn. 
— Différences dons les copies des livres de Hayyoudj et d'Abou '1- 
Walîd. — Version hébraïque du Moustnlhik, par 'Obadyâh. . . . rwiii à cww. 



OPUSCULES D'ABOU 'L-WALID. 

I. Le Muuslalhik 1 à 2 60. 

H. Le Risâlat at-ianbîh 267 à 267. 

III. Le Kildb at-ldh-ib wal-tashîl 2G8 à .349. 

IV. Le Kilùh nt-taswiya 343 à 37g. 

Additions et corrections 38 1 à 389. 

Table alphabétique des racines expliquées 391 à 393. 

Table des passages de la Biide expliqués 39.5 à 398. 

Table des matières 399 et 'ion. 







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